Les radiotraceurs sont de petites molécules radioactives utilisées en imagerie médicale. Une fois injectées dans le corps, elles peuvent se fixer sur certaines cibles caractéristiques d’une maladie et émettre un rayonnement détectable par les appareils d’imagerie. C’est sur ces molécules que travaille Juliette Liégeois, doctorante au laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO) de l’UNamur, dans le cadre d’une thèse menée en collaboration avec l’entreprise Synlock. “On peut les comparer à des traceurs GPS. Ils permettent par exemple de localiser précisément une tumeur dans le corps humain et d’aider ensuite l’oncologue à définir une stratégie thérapeutique”, explique-t-elle. 

Mais produire ces molécules représente un véritable défi. Radioactives et instables, elles doivent être fabriquées rapidement et dans des conditions permettant de garantir la sécurité des scientifiques. Leur synthèse est donc réalisée à l’aide de machines automatisées capables d’enchaîner les différentes étapes sans intervention humaine directe. Or, une grande partie des automates utilisés actuellement repose encore sur des technologies qui ne permettent pas d’intégrer facilement certaines méthodes de synthèse plus récentes développées dans les laboratoires de recherche. 

L’objectif du projet SMART est précisément de combler ce retard, en adaptant des méthodes existantes afin de pouvoir les intégrer dans des systèmes automatisés et de vérifier leur efficacité dans des conditions proches de la production réelle. 

Adapter les machines aux nouvelles méthodes de recherche

Pour y parvenir, Juliette Liégeois travaille sur deux techniques. La biocatalyse utilise des enzymes pour réaliser certaines réactions chimiques dans des conditions plus douces, tandis que la photocatalyse utilise la lumière pour déclencher ces réactions. Deux méthodes souvent utilisées en recherche, mais qui doivent encore être adaptées aux contraintes des machines automatisées. 

Le projet teste également le Cheminizer, une technologie développée par Synlock. Ce réacteur tourne pendant la fabrication afin de mieux mélanger les différents éléments et de mieux contrôler les réactions. Son fonctionnement pourrait notamment faciliter l’utilisation de la lumière et des enzymes.

Du laboratoire à la production automatisée

Le projet SMART repose sur la complémentarité entre l’UNamur et Synlock. L’entreprise apporte son expertise dans la conception des machines et des réacteurs, tandis que le laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO) de l’UNamur apporte ses connaissances sur les réactions chimiques. 

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Stéphane Vincent

“La valeur ajoutée de la collaboration entre l’entreprise Synlock et le laboratoire CBO est double. Il y a d’abord une synergie vis-à-vis de la ou des technologies développées dans le projet : l’entreprise apporte son savoir-faire dans le domaine des réacteurs, le laboratoire alimente le projet par ses connaissances sur les réactions et les transformations chimiques impactantes pour le projet. L’autre dimension importante est la gestion et l’orientation des décisions stratégiques à prendre en concertation avec les deux partenaires car elles peuvent avoir des incidences économiques directes sur le développement des produits de Synlock.” 

Professeur Stéphane Vincent Responsable du CBO et promoteur du projet

Voir le projet en vidéo

Vidéo du projet WIN4Doc SMART

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