Le colloque anniversaire a rassemblé juristes, associations spécialisées (« Briser le silence » et « Lawyers Victims Assistance »), chercheuses et chercheurs d’autres disciplines, magistrates, magistrats, avocates, avocats, actrices et acteurs institutionnels. Cette diversité reflète la philosophie du Centre : croiser les regards pour mieux comprendre et agir. Les échanges ont porté sur une analyse juridique des violences sexuelles subies par différents publics, notamment les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les victimes de conflits armés ; mais également sur les lieux où elles se manifestent, qu’il s’agisse de la sphère familiale, numérique ou institutionnelle comme l’Église catholique, l’enseignement supérieur ou le monde médical.
De ces travaux est né un ouvrage collectif publié chez Larcier, intitulé « Combattre les violences sexuelles ». Le choix du titre n’est pas anodin. « Nous avons voulu adopter une posture clairement engagée. Le rôle de la doctrine juridique n’est pas seulement de décrire le droit, mais aussi de mettre en lumière des phénomènes trop longtemps tus ou banalisés », expliquent Stéphanie Wattier et Géraldine Mathieu, coordinatrices de l'ouvrage et codirectrices du Centre.
La publication met en évidence deux constats majeurs : les femmes et les enfants demeurent les principales victimes de violences sexuelles, et le droit, s’il est indispensable, reste insuffisant à lui seul. Les contributions soulignent les difficultés liées à la preuve, à la réparation des préjudices corporels et psychologiques, mais également les limites d’une réponse exclusivement pénale.