Le Centre de recherche "Vulnérabilités et Sociétés" ("V&S") s’intéresse, suivant une approche interdisciplinaire, aux rapports entre vulnérabilité(s) et société(s). Il est le fruit de la fusion du centre Droits fondamentaux & Lien social (anciennement Droit et sécurité d’existence) et du centre Projucit (Protection juridique des citoyens) qui ont décidé d’unir leurs forces pour réfléchir aux fragilités constatées dans nos sociétés. 

V&S | Un centre de recherche de l'Institut Transitions

Le Centre V&S rassemble des membres issus de différentes Facultés afin de garantir l’approche interdisciplinaire essentielle à son domaine d’expertise.  Il est composé de 4 unités : 

Logo du Centre vulnérabilité et société

Enseignement

La recherche du Centre V&S nourrit en outre de nombreux enseignements - y compris dans le domaine de la formation continue - notamment :

  • le certificat interuniversitaire en gestion des politiques de sécurité urbaine, en collaboration avec l’UCL et l’ULg, unique en Communauté française ;
  • le certificat interuniversitaire en expertise judiciaire, en collaboration avec l’UCL et l’USL-B ;
  • le certificat inter Hautes-Ecoles et Universités en accompagnement de la grande précarité en collaboration avec l'HENALLUX;
  • le certificat en droits de l'enfant coorganisé par l'UNamur, l'UCL et l'USL-B ;
  • le master de spécialisation en droits de l’homme coorganisé par l'UNamur, l’UCL et l’USL-B ;
  • certains cours à option dispensés à la faculté de droit (droit, genre et société, questions spéciales de bien-être au travail, antidiscriminatierecht, questions spéciales de droit public, etc.).
  •  le master de spécialisation en approche interdisciplinaire des droits de l'enfant, coorganisé par l'UNamur, l'UCLouvain, l'ULB, l'ULiège et l'USL-B ;
  • le certificat en approche multidisciplinaire des maltraitances infanto-juvéniles, coorganisé par l'UNamur, l'UCLouvain, l'ULB, l'ULiège et l'UMons ;
  • le certificat en accompagnement de l'accrochage scolaire et social, en collaboration avec l'ITN.
  • L’option « Vulnérabilités et sociétés » peut également être choisie dans le cursus du bachelier en droit

À la une

Actualités

CAPACITI : Protection ou participation des enfants, faut-il vraiment choisir ?

Droit

On leur demande rarement leur avis. Pourtant, le droit est clair : tout enfant doit pouvoir s’exprimer sur les décisions qui le concernent. Entre ce principe et la réalité vécue, un fossé persiste. C’est ce que le projet CAPACITI cherche à combler, en réunissant des partenaires de la Grande Région autour d’une même ambition : faire des droits de l’enfant une réalité concrète. À l’UNamur, une équipe de juristes s’est penchée sur un terrain aussi courant que délicat, celui des séparations parentales, pour mieux comprendre… et faire évoluer les pratiques.

Capaciti

Supervisée par la professeure Géraldine Mathieu, spécialiste du droit de la jeunesse et de la famille et co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés, l’équipe de recherche de l’UNamur impliquée dans le projet CAPACITI est composée de Manon Brulard, chercheuse en Faculté de droit, et de deux étudiantes-chercheuses, Lisa Salmon et Donaciene Quoirin. Ensemble, elles explorent une question précise : comment l'enfant peut-il réellement participer aux décisions qui le concernent lorsque sa famille se déchire ? « Les effets des séparations parentales sur les enfants sont encore insuffisamment documentés sous l'angle de leurs droits », explique Manon Brulard.

Écouter les enfants… vraiment

Pour recueillir la parole des enfants, l'équipe a d'abord tenté des entretiens individuels et collectifs. Elle s'est heurtée à un obstacle révélateur : l'autorisation parentale. Sans l'accord des parents, pas d'accès aux enfants, même quand ceux-ci se montrent volontaires. « Ça a vraiment posé question, parce qu'on fait une recherche sur la participation des enfants et on se retrouve bloquées par le bon vouloir des adultes », résume Manon Brulard. « Cet obstacle illustre un dilemme de taille : comment assurer l’effectivité des droits dont les enfants sont titulaires dans un contexte où leur incapacité juridique les empêche de les exercer de manière autonome ? » ajoute Géraldine Mathieu.

Une vingtaine d’enfants ont quand même pu être rencontrés via des entretiens. L’équipe a ensuite repensé sa méthode et développé des animations pédagogiques menées directement dans les classes, auprès d'enfants de 8 à 12 ans avec un double objectif : les informer sur leurs droits et leur offrir un espace d'expression. En parallèle, Manon Brulard a rencontré des professionnels de l'enfance (juges, psychologues, médiateurs, avocats) pour interroger leurs pratiques et identifier leurs besoins.

Ecouter

Des droits méconnus, une parole bridée

L'un des constats les plus frappants est aussi l'un des plus simples : les droits de l’enfant ne sont pas connus. « Comment un enfant peut-il exercer et défendre des droits dont il ignore l'existence ? », interroge Manon Brulard. Une analyse menée auprès de près de 800 étudiants se destinant aux métiers de l'enfance le confirme de façon préoccupante : 40 % d'entre eux n'avaient jamais entendu parler de la Convention internationale des droits de l'enfant, et évaluaient leur connaissance de ces droits à 4 sur 10, la même note était donnée à la place accordée à ces droits dans leur formation. « Ces étudiants sont les professionnels de demain. Si eux-mêmes ne sont pas formés, comment garantir les droits de l'enfant sur le terrain ? », s’interroge la chercheuse.

Mais la méconnaissance n'est pas le seul obstacle. Le terrain révèle des tensions plus profondes. La première est presque paradoxale : vouloir protéger l'enfant peut finir par le faire taire. « On veut le mettre à l'écart du conflit parental. Mais dans les faits, il est déjà au cœur de ce conflit à la maison », observe Manon Brulard. Le protéger ne suffit pas, encore faut-il l'écouter. S'y ajoute un rapport de pouvoir encore très marqué entre adultes et enfants. « Il y a une relation très verticale où l'enfant doit se conformer aux décisions sans être préalablement consulté », constate la chercheuse. 

Les professionnels, eux, ont souvent l'impression d'être à l'écoute, mais les enfants ne le vivent pas ainsi. Ils n'ont généralement pas de retour sur ce qu'ils expriment et ne savent même pas si leur parole est réellement prise en compte.

Enfin, les enfants eux-mêmes s'autocensurent par peur de blesser leurs parents. « Ils réfléchissent très tôt aux conséquences de leurs paroles. Ils ne veulent pas faire de mal, alors ils se taisent. Cette peur, on l'a remarquée dans toutes les classes », insiste Manon Brulard.

Des outils pour changer les pratiques

Ces constats nourrissent la conception d’outils concrets. À l’UNamur, au sein de l'Institut TRANSITIONS, l’équipe de recherche développe par exemple un jeu de société inspiré du Monopoly et du Trivial Pursuit, « où l’enjeu n’est pas de gagner, mais de s’exprimer sur ses droits », explique Lisa Salmon, qui a largement contribué à sa conception. L’équipe de recherche élabore également un carnet interactif combinant jeux, mots cachés et ressources pratiques, afin de permettre aux enfants de prolonger la réflexion suscitée par les animations à la maison. 

Chaque partenaire du projet développe actuellement ses propres dispositifs de recherche, avec l’objectif de co-créer, à terme, une œuvre artistique, un jeu de société, un serious game et des histoires interactives. Des fiches juridiques, principalement destinées aux enfants, seront également mises en ligne. Des formations, des modules d’e‑learning à destination des professionnels de l’enfance ainsi qu’un livre blanc de recommandations viendront compléter cet ensemble. Ce dernier s’adressera également aux enfants et aux décideurs politiques, avec l’ambition de transformer les enseignements de la recherche en changements concrets. L’ensemble de ces ressources sera rassemblé au sein d’un centre transfrontalier de compétences, dont la forme reste à définir.

Être étudiante-chercheuse : une expérience hors des sentiers battus

Étudiante chercheuse depuis 2024, Donaciene Quoirin s’est engagée dans le projet CAPACITI après avoir participé à la rédaction d’un article scientifique fondé sur des témoignages d’enfants, aux côtés de Géraldine Mathieu et Bee Marique (collaboratrice didactique). Elle est rejointe cette année par une autre étudiante : Lisa Salmon.

Toutes deux ont animé des séances en classe, conçu des outils pédagogiques et mené des recherches sur les procédures d’audition des enfants en droit belge.

Ce qui frappe Donaciene et Lisa, ce n'est pas seulement la richesse intellectuelle du projet, mais la réalité humaine qu'il révèle. Lors des animations dans les écoles, les enfants se livrent avec une facilité déconcertante. « En deux heures, ils abordent des sujets très sensibles », confie Donaciene. Lisa souligne quant à elle la dynamique de groupe : « Il arrivait que certains jugent ceux qui osaient s’exprimer. »

Une immersion dans la recherche qu’elles jugent très enrichissante et qu’elles espèrent poursuivre l’an prochain, voire après leurs études.

En savoir plus : Quand les étudiantes deviennent chercheuses : l'expérience de Lisa et Donaciene au sein de la Faculté de droit

Le projet de recherche CAPACITI (Participation, plAce et Pouvoir d’ACtIon des enfants dans la promoTion de leurs droIts) réunit 8 partenaires financiers et 19 partenaires méthodologiques actifs en Belgique, France, Allemagne et Luxembourg. Il est financé dans le cadre du programme Interreg Grande Région. Ses résultats définitifs et les outils développés seront diffusés dès février 2028.

Logos du projet Interreg Grande Région CAPACITI, logos EnMieux - co-financé par l'Europe et FWB,

Cet article est tiré de la rubrique "Eureka" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

Omalius 41

Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir

Droit

230 participants, 25 contributions, une conviction commune : les violences intrafamiliales exigent d’être étudiées autrement. Ni marginales ni accidentelles, elles constituent un phénomène social majeur, profondément ancré, dont les manifestations dépassent largement les formes les plus visibles. Un colloque organisé à l’UNamur et un ouvrage collectif renouvellent en profondeur notre compréhension du phénomène.

Caricature des personnes impliquées dans le colloque consacré aux violences intrafamiliales

Si les violences intrafamiliales occupent une place croissante dans le débat public, cela ne signifie pas qu'elles soient pleinement comprises. Au contraire. C'est à partir de ce constat qu'est né le colloque bisannuel de l'Association Famille & Droit, coprésidée par la professeure Géraldine Mathieu et le professeur Yves-Henri Leleu, qui rassemble les professeurs de droit de la famille des universités francophones de Belgique. Organisé avec le soutien de l'Unité « Droits de l'enfant » du Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l'UNamur et du SMAJ (Service Marchois d'Aide aux Justiciables), il a réuni 230 chercheurs, magistrats, avocats, psychologues et acteurs de terrain autour d'une même conviction : mieux comprendre un phénomène complexe pour mieux y répondre. Cette réflexion collective s'est prolongée par la publication de l'ouvrage collectif Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir. Une approche interdisciplinaire et systémique, publié chez Larcier-Intersentia sous la direction de la professeure Géraldine Mathieu.

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Photo  de Géraldine Mathieu, professeure à la Faculté de droit et co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés

« Avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ». 

Géraldine Mathieu Co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés et professeure de droit de la famille.

Dépasser les évidences

« Il existe des sujets dont une société ne parle jamais trop, à condition qu'elle continue à apprendre et à se remettre en question », affirme Géraldine Mathieu. L'un des fils conducteurs du colloque et de l'ouvrage est précisément l'invitation à « avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».

Comprendre, nommer, agir : ces trois verbes structurent l'ouvrage comme ils ont structuré le colloque. Trois verbes qui, selon la professeure, « se sont imposés naturellement », tant ils reflètent une exigence éthique autant qu'intellectuelle face à des réalités qui « résistent aux explications simplistes ».

Le contrôle coercitif : déplacer le regard pour comprendre

L'une des contributions majeures de l'ouvrage est de placer le concept de contrôle coercitif au cœur de l'analyse. « Il nous invite à déplacer notre regard », explique Géraldine Mathieu. « Il nous rappelle que les violences intrafamiliales ne se résument pas à quelques épisodes visibles, mais peuvent s'inscrire dans une dynamique progressive d'emprise et de domination. »

Ce concept permet de saisir une réalité longtemps sous-estimée : une personne peut progressivement perdre sa liberté, sa confiance en elle ou son autonomie sans qu'il y ait nécessairement de violences physiques. Isolement, surveillance, contrôle des finances ou des déplacements, dévalorisation systématique… autant de mécanismes qui construisent une emprise durable, dont les conséquences peuvent être tout aussi dévastatrices que les violences physiques. L'ouvrage explore comment ce concept, désormais reconnu dans le paysage juridique belge, oblige le droit à mieux écouter les victimes et à « prendre au sérieux des réalités qui échappaient parfois à nos catégories habituelles », explique Géraldine Mathieu.

Colloque violences intrafamiliales - Dessin expliquant le contrôle Coercitif

Les violences invisibles : nommer pour reconnaître

L'ouvrage accorde aussi une place importante aux violences invisibles (psychologiques, économiques, administratives ou numériques), celles qui se poursuivent après la séparation et celles qui touchent les enfants. « Nommer, c'est déjà reconnaître. Et reconnaître, c'est permettre une meilleure protection », souligne Géraldine Mathieu.

Ces violences posent un défi majeur : elles résistent aux catégories juridiques existantes, échappent souvent aux dispositifs de signalement et restent sous-documentées. Les contributions de l'ouvrage s'attellent à les rendre visibles à travers des approches statistiques, sociologiques et cliniques, tout en interrogeant les angles morts des politiques publiques. Car comme le formule Géraldine Mathieu : « les mots ne servent pas seulement à décrire le monde. Identifier une violence, c'est reconnaître ce que vivent les victimes et mieux saisir les mécanismes qui sont à l'œuvre. »

Le droit est indispensable, mais il ne peut agir seul

Face à cette complexité, les approches cloisonnées montrent leurs limites. L'ouvrage réunit 25 contributions d'académiques, de magistrats, d'avocats, de cliniciens et d'acteurs de terrain, avec une conviction partagée : « les réponses les plus pertinentes naissent lorsque chacun apporte son expérience et accepte d'apprendre des autres. »

Le droit (pénal, familial, patrimonial, de la jeunesse) y est analysé en profondeur, aux niveaux belge, européen et international, mais constamment mis en dialogue avec la psychologie, la sociologie et les pratiques de terrain.

Le colloque a incarné cette même logique. En réunissant dans une même salle des professionnels qui ne se croisent pas toujours, il a permis l'émergence de nouvelles perspectives. « Lorsque des professionnels qui n'ont pas toujours les mêmes pratiques prennent le temps de s'écouter, de nouvelles idées émergent et chacun repart un peu transformé », observe Géraldine Mathieu. Le résultat a dépassé ses attentes : pour Marie-Amélie Delvaux, avocate et chargée de cours à la Faculté de droit, la journée a été « retournante » : « on repart avec des outils concrets, les orateurs nous ont embarqués dans leur combat. »

L'ouvrage prolonge cet élan en présentant des dispositifs innovants et des pratiques inspirantes pour améliorer le repérage, la prévention et l'accompagnement des victimes. 

Le Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S)

Le Centre de recherche Vulnérabilités & Sociétés de l’UNamur développe une approche résolument interdisciplinaire des situations de vulnérabilité humaine, à la croisée du droit, de la psychologie et des sciences sociales. Il accorde une attention particulière aux populations fragilisées et aux droits fondamentaux.

Sa spécificité repose sur une double ambition : produire des connaissances rigoureuses et favoriser le dialogue entre savoirs académiques et pratiques de terrain.

« Aborder des sujets graves avec rigueur, mais aussi avec assez d’ouverture pour apprendre des autres », résume Géraldine Mathieu, co-directrice du centre.

Au-delà de la recherche et de l’enseignement, V&S se conçoit comme un lieu de rencontre entre le monde académique et le terrain, convaincu que les connaissances prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées et mises en discussion. Une mission pleinement illustrée par ce colloque et l’ouvrage qui l’accompagne.

Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence

Droit
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.

Stéphanie Wattier - Le genre au prisme du droit

Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique

Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.

Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.

L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.

La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.

Un ouvrage pour toutes et tous

Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.

Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.

L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité

L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.

Nos chercheurs dans la « World's Top 2% Scientists list »

Ranking
Institution
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure

L’Université de Stanford a publié un classement prestigieux qui met en lumière les chercheurs les plus influents dans un large éventail de domaines scientifiques. Cette liste, établie sur base de critères bibliographiques, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les leaders scientifiques mondiaux. Il s’agit d’un critère parmi d’autres permettant d’évaluer la qualité de la recherche scientifique. Douze chercheurs de l’Université de Namur en font partie !

Top 2% scientists

Cette liste, créée par l'Université de Stanford et publiée en août 2024 est compilée en collaboration avec le laboratoire ICST d’Elsevier à partir de données Scopus, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les meilleurs scientifiques du monde et de reconnaître les scientifiques qui ont eu un impact significatif sur leurs domaines respectifs.

Bien que cette liste ait été adoptée par de nombreuses institutions comme une mesure fiable de l'impact de la recherche, elle n’est pas l’unique moyen d’évaluer la recherche.  Se basant strictement sur des données bibliométriques, elle fait aussi l’objet de critiques. 

Depuis septembre 2023, l’Université de Namur renforce d’ailleurs son engagement pour la mise en place d’une réforme de l’évaluation de la recherche avec la signature de l’accord « Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA) »

Cet accord engage l’institution à respecter une série de principes, notamment une prise en compte de la diversité des carrières et de la mise en valeur de critères qualitatifs de la recherche au lieu de se baser uniquement sur des données bibliométriques (donc quantitatives). 

Les chercheurs de l’Université de Namur mis à l’honneur

La liste est mise à jour chaque année, avec des données sur l'ensemble de la carrière et des impacts sur une seule année, dans un souci de transparence et de pertinence. 

Les critères de mesure utilisés

Une variété de mesures bibliométriques sont prises en compte afin de garantir une représentation juste et équilibrée des travaux des chercheurs. 

  • Le C-score : ce score composite est basé sur divers facteurs bibliométriques, notamment le nombre total de citations. 
  • Le h-index : cet indicateur d’impact prend en compte le nombre de publications d’un chercheur ainsi que le nombre de leurs citations.
  • Les percentiles des domaines et sous-domaines : les scientifiques sont classés en 22 grands domaines et 176 sous-domaines. Seuls ceux qui se classent dans les 2 % supérieurs de leur sous-domaine sont pris en compte. 
  • L’impact sur l'ensemble de la carrière ou sur une seule année : le classement est disponible à la fois pour l'impact sur l'ensemble de la carrière et pour les performances sur une seule année, ce qui permet de mieux comprendre la contribution à long terme et les réalisations récentes.

L’excellence de la recherche

Figurer parmi ces 2 % de scientifiques les plus performants est une donc reconnaissance prestigieuse de la contribution d'une personne à la science et démontre l'excellence de sa recherche, renforçant sa réputation dans le monde universitaire et dans l'industrie. 

Le classement offre une visibilité dans toutes les disciplines, attirant l'attention sur des travaux qui, autrement, pourraient rester dans une niche ou être sous-appréciés. Il sert également de point de référence aux institutions et aux gouvernements pour évaluer l'influence de leurs programmes de recherche.

De nombreuses institutions utilisent ce classement pour mesurer le succès de leur faculté, ou autre entité, ce qui peut aussi renforcer la crédibilité au sein de la communauté universitaire.

Cette liste encourage les scientifiques à se concentrer sur la production d'une recherche de haute qualité et ayant un impact plutôt que sur la recherche de la quantité.

En compilant des données provenant de tous les domaines scientifiques et en proposant une approche équitable, basée sur des mesures, ce classement ne célèbre pas seulement les réalisations individuelles, mais souligne aussi l'importance d'une recherche ayant un impact sur l'avancement des connaissances.  Il reste pourtant à nuancer, puisqu’il ne tient compte que de données quantitatives, qui ne sont pas forcément représentatives de toute la diversité de la recherche.

D'après une autre base de données, celle de l'UNESCO, le nombre de chercheurs dans le monde augmenterait de 300 000 par an, atteignant aujourd’hui les 9 millions.  Le Top 2% comporte 200 000 noms dont douze chercheurs de l’Université de Namur.

Félicitation à eux pour leur recherche d’excellence et pour cette reconnaissance mondiale prestigieuse !

CAPACITI : Protection ou participation des enfants, faut-il vraiment choisir ?

Droit

On leur demande rarement leur avis. Pourtant, le droit est clair : tout enfant doit pouvoir s’exprimer sur les décisions qui le concernent. Entre ce principe et la réalité vécue, un fossé persiste. C’est ce que le projet CAPACITI cherche à combler, en réunissant des partenaires de la Grande Région autour d’une même ambition : faire des droits de l’enfant une réalité concrète. À l’UNamur, une équipe de juristes s’est penchée sur un terrain aussi courant que délicat, celui des séparations parentales, pour mieux comprendre… et faire évoluer les pratiques.

Capaciti

Supervisée par la professeure Géraldine Mathieu, spécialiste du droit de la jeunesse et de la famille et co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés, l’équipe de recherche de l’UNamur impliquée dans le projet CAPACITI est composée de Manon Brulard, chercheuse en Faculté de droit, et de deux étudiantes-chercheuses, Lisa Salmon et Donaciene Quoirin. Ensemble, elles explorent une question précise : comment l'enfant peut-il réellement participer aux décisions qui le concernent lorsque sa famille se déchire ? « Les effets des séparations parentales sur les enfants sont encore insuffisamment documentés sous l'angle de leurs droits », explique Manon Brulard.

Écouter les enfants… vraiment

Pour recueillir la parole des enfants, l'équipe a d'abord tenté des entretiens individuels et collectifs. Elle s'est heurtée à un obstacle révélateur : l'autorisation parentale. Sans l'accord des parents, pas d'accès aux enfants, même quand ceux-ci se montrent volontaires. « Ça a vraiment posé question, parce qu'on fait une recherche sur la participation des enfants et on se retrouve bloquées par le bon vouloir des adultes », résume Manon Brulard. « Cet obstacle illustre un dilemme de taille : comment assurer l’effectivité des droits dont les enfants sont titulaires dans un contexte où leur incapacité juridique les empêche de les exercer de manière autonome ? » ajoute Géraldine Mathieu.

Une vingtaine d’enfants ont quand même pu être rencontrés via des entretiens. L’équipe a ensuite repensé sa méthode et développé des animations pédagogiques menées directement dans les classes, auprès d'enfants de 8 à 12 ans avec un double objectif : les informer sur leurs droits et leur offrir un espace d'expression. En parallèle, Manon Brulard a rencontré des professionnels de l'enfance (juges, psychologues, médiateurs, avocats) pour interroger leurs pratiques et identifier leurs besoins.

Ecouter

Des droits méconnus, une parole bridée

L'un des constats les plus frappants est aussi l'un des plus simples : les droits de l’enfant ne sont pas connus. « Comment un enfant peut-il exercer et défendre des droits dont il ignore l'existence ? », interroge Manon Brulard. Une analyse menée auprès de près de 800 étudiants se destinant aux métiers de l'enfance le confirme de façon préoccupante : 40 % d'entre eux n'avaient jamais entendu parler de la Convention internationale des droits de l'enfant, et évaluaient leur connaissance de ces droits à 4 sur 10, la même note était donnée à la place accordée à ces droits dans leur formation. « Ces étudiants sont les professionnels de demain. Si eux-mêmes ne sont pas formés, comment garantir les droits de l'enfant sur le terrain ? », s’interroge la chercheuse.

Mais la méconnaissance n'est pas le seul obstacle. Le terrain révèle des tensions plus profondes. La première est presque paradoxale : vouloir protéger l'enfant peut finir par le faire taire. « On veut le mettre à l'écart du conflit parental. Mais dans les faits, il est déjà au cœur de ce conflit à la maison », observe Manon Brulard. Le protéger ne suffit pas, encore faut-il l'écouter. S'y ajoute un rapport de pouvoir encore très marqué entre adultes et enfants. « Il y a une relation très verticale où l'enfant doit se conformer aux décisions sans être préalablement consulté », constate la chercheuse. 

Les professionnels, eux, ont souvent l'impression d'être à l'écoute, mais les enfants ne le vivent pas ainsi. Ils n'ont généralement pas de retour sur ce qu'ils expriment et ne savent même pas si leur parole est réellement prise en compte.

Enfin, les enfants eux-mêmes s'autocensurent par peur de blesser leurs parents. « Ils réfléchissent très tôt aux conséquences de leurs paroles. Ils ne veulent pas faire de mal, alors ils se taisent. Cette peur, on l'a remarquée dans toutes les classes », insiste Manon Brulard.

Des outils pour changer les pratiques

Ces constats nourrissent la conception d’outils concrets. À l’UNamur, au sein de l'Institut TRANSITIONS, l’équipe de recherche développe par exemple un jeu de société inspiré du Monopoly et du Trivial Pursuit, « où l’enjeu n’est pas de gagner, mais de s’exprimer sur ses droits », explique Lisa Salmon, qui a largement contribué à sa conception. L’équipe de recherche élabore également un carnet interactif combinant jeux, mots cachés et ressources pratiques, afin de permettre aux enfants de prolonger la réflexion suscitée par les animations à la maison. 

Chaque partenaire du projet développe actuellement ses propres dispositifs de recherche, avec l’objectif de co-créer, à terme, une œuvre artistique, un jeu de société, un serious game et des histoires interactives. Des fiches juridiques, principalement destinées aux enfants, seront également mises en ligne. Des formations, des modules d’e‑learning à destination des professionnels de l’enfance ainsi qu’un livre blanc de recommandations viendront compléter cet ensemble. Ce dernier s’adressera également aux enfants et aux décideurs politiques, avec l’ambition de transformer les enseignements de la recherche en changements concrets. L’ensemble de ces ressources sera rassemblé au sein d’un centre transfrontalier de compétences, dont la forme reste à définir.

Être étudiante-chercheuse : une expérience hors des sentiers battus

Étudiante chercheuse depuis 2024, Donaciene Quoirin s’est engagée dans le projet CAPACITI après avoir participé à la rédaction d’un article scientifique fondé sur des témoignages d’enfants, aux côtés de Géraldine Mathieu et Bee Marique (collaboratrice didactique). Elle est rejointe cette année par une autre étudiante : Lisa Salmon.

Toutes deux ont animé des séances en classe, conçu des outils pédagogiques et mené des recherches sur les procédures d’audition des enfants en droit belge.

Ce qui frappe Donaciene et Lisa, ce n'est pas seulement la richesse intellectuelle du projet, mais la réalité humaine qu'il révèle. Lors des animations dans les écoles, les enfants se livrent avec une facilité déconcertante. « En deux heures, ils abordent des sujets très sensibles », confie Donaciene. Lisa souligne quant à elle la dynamique de groupe : « Il arrivait que certains jugent ceux qui osaient s’exprimer. »

Une immersion dans la recherche qu’elles jugent très enrichissante et qu’elles espèrent poursuivre l’an prochain, voire après leurs études.

En savoir plus : Quand les étudiantes deviennent chercheuses : l'expérience de Lisa et Donaciene au sein de la Faculté de droit

Le projet de recherche CAPACITI (Participation, plAce et Pouvoir d’ACtIon des enfants dans la promoTion de leurs droIts) réunit 8 partenaires financiers et 19 partenaires méthodologiques actifs en Belgique, France, Allemagne et Luxembourg. Il est financé dans le cadre du programme Interreg Grande Région. Ses résultats définitifs et les outils développés seront diffusés dès février 2028.

Logos du projet Interreg Grande Région CAPACITI, logos EnMieux - co-financé par l'Europe et FWB,

Cet article est tiré de la rubrique "Eureka" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

Omalius 41

Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir

Droit

230 participants, 25 contributions, une conviction commune : les violences intrafamiliales exigent d’être étudiées autrement. Ni marginales ni accidentelles, elles constituent un phénomène social majeur, profondément ancré, dont les manifestations dépassent largement les formes les plus visibles. Un colloque organisé à l’UNamur et un ouvrage collectif renouvellent en profondeur notre compréhension du phénomène.

Caricature des personnes impliquées dans le colloque consacré aux violences intrafamiliales

Si les violences intrafamiliales occupent une place croissante dans le débat public, cela ne signifie pas qu'elles soient pleinement comprises. Au contraire. C'est à partir de ce constat qu'est né le colloque bisannuel de l'Association Famille & Droit, coprésidée par la professeure Géraldine Mathieu et le professeur Yves-Henri Leleu, qui rassemble les professeurs de droit de la famille des universités francophones de Belgique. Organisé avec le soutien de l'Unité « Droits de l'enfant » du Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l'UNamur et du SMAJ (Service Marchois d'Aide aux Justiciables), il a réuni 230 chercheurs, magistrats, avocats, psychologues et acteurs de terrain autour d'une même conviction : mieux comprendre un phénomène complexe pour mieux y répondre. Cette réflexion collective s'est prolongée par la publication de l'ouvrage collectif Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir. Une approche interdisciplinaire et systémique, publié chez Larcier-Intersentia sous la direction de la professeure Géraldine Mathieu.

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Photo  de Géraldine Mathieu, professeure à la Faculté de droit et co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés

« Avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ». 

Géraldine Mathieu Co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés et professeure de droit de la famille.

Dépasser les évidences

« Il existe des sujets dont une société ne parle jamais trop, à condition qu'elle continue à apprendre et à se remettre en question », affirme Géraldine Mathieu. L'un des fils conducteurs du colloque et de l'ouvrage est précisément l'invitation à « avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».

Comprendre, nommer, agir : ces trois verbes structurent l'ouvrage comme ils ont structuré le colloque. Trois verbes qui, selon la professeure, « se sont imposés naturellement », tant ils reflètent une exigence éthique autant qu'intellectuelle face à des réalités qui « résistent aux explications simplistes ».

Le contrôle coercitif : déplacer le regard pour comprendre

L'une des contributions majeures de l'ouvrage est de placer le concept de contrôle coercitif au cœur de l'analyse. « Il nous invite à déplacer notre regard », explique Géraldine Mathieu. « Il nous rappelle que les violences intrafamiliales ne se résument pas à quelques épisodes visibles, mais peuvent s'inscrire dans une dynamique progressive d'emprise et de domination. »

Ce concept permet de saisir une réalité longtemps sous-estimée : une personne peut progressivement perdre sa liberté, sa confiance en elle ou son autonomie sans qu'il y ait nécessairement de violences physiques. Isolement, surveillance, contrôle des finances ou des déplacements, dévalorisation systématique… autant de mécanismes qui construisent une emprise durable, dont les conséquences peuvent être tout aussi dévastatrices que les violences physiques. L'ouvrage explore comment ce concept, désormais reconnu dans le paysage juridique belge, oblige le droit à mieux écouter les victimes et à « prendre au sérieux des réalités qui échappaient parfois à nos catégories habituelles », explique Géraldine Mathieu.

Colloque violences intrafamiliales - Dessin expliquant le contrôle Coercitif

Les violences invisibles : nommer pour reconnaître

L'ouvrage accorde aussi une place importante aux violences invisibles (psychologiques, économiques, administratives ou numériques), celles qui se poursuivent après la séparation et celles qui touchent les enfants. « Nommer, c'est déjà reconnaître. Et reconnaître, c'est permettre une meilleure protection », souligne Géraldine Mathieu.

Ces violences posent un défi majeur : elles résistent aux catégories juridiques existantes, échappent souvent aux dispositifs de signalement et restent sous-documentées. Les contributions de l'ouvrage s'attellent à les rendre visibles à travers des approches statistiques, sociologiques et cliniques, tout en interrogeant les angles morts des politiques publiques. Car comme le formule Géraldine Mathieu : « les mots ne servent pas seulement à décrire le monde. Identifier une violence, c'est reconnaître ce que vivent les victimes et mieux saisir les mécanismes qui sont à l'œuvre. »

Le droit est indispensable, mais il ne peut agir seul

Face à cette complexité, les approches cloisonnées montrent leurs limites. L'ouvrage réunit 25 contributions d'académiques, de magistrats, d'avocats, de cliniciens et d'acteurs de terrain, avec une conviction partagée : « les réponses les plus pertinentes naissent lorsque chacun apporte son expérience et accepte d'apprendre des autres. »

Le droit (pénal, familial, patrimonial, de la jeunesse) y est analysé en profondeur, aux niveaux belge, européen et international, mais constamment mis en dialogue avec la psychologie, la sociologie et les pratiques de terrain.

Le colloque a incarné cette même logique. En réunissant dans une même salle des professionnels qui ne se croisent pas toujours, il a permis l'émergence de nouvelles perspectives. « Lorsque des professionnels qui n'ont pas toujours les mêmes pratiques prennent le temps de s'écouter, de nouvelles idées émergent et chacun repart un peu transformé », observe Géraldine Mathieu. Le résultat a dépassé ses attentes : pour Marie-Amélie Delvaux, avocate et chargée de cours à la Faculté de droit, la journée a été « retournante » : « on repart avec des outils concrets, les orateurs nous ont embarqués dans leur combat. »

L'ouvrage prolonge cet élan en présentant des dispositifs innovants et des pratiques inspirantes pour améliorer le repérage, la prévention et l'accompagnement des victimes. 

Le Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S)

Le Centre de recherche Vulnérabilités & Sociétés de l’UNamur développe une approche résolument interdisciplinaire des situations de vulnérabilité humaine, à la croisée du droit, de la psychologie et des sciences sociales. Il accorde une attention particulière aux populations fragilisées et aux droits fondamentaux.

Sa spécificité repose sur une double ambition : produire des connaissances rigoureuses et favoriser le dialogue entre savoirs académiques et pratiques de terrain.

« Aborder des sujets graves avec rigueur, mais aussi avec assez d’ouverture pour apprendre des autres », résume Géraldine Mathieu, co-directrice du centre.

Au-delà de la recherche et de l’enseignement, V&S se conçoit comme un lieu de rencontre entre le monde académique et le terrain, convaincu que les connaissances prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées et mises en discussion. Une mission pleinement illustrée par ce colloque et l’ouvrage qui l’accompagne.

Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence

Droit
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.

Stéphanie Wattier - Le genre au prisme du droit

Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique

Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.

Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.

L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.

La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.

Un ouvrage pour toutes et tous

Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.

Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.

L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité

L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.

Nos chercheurs dans la « World's Top 2% Scientists list »

Ranking
Institution
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure

L’Université de Stanford a publié un classement prestigieux qui met en lumière les chercheurs les plus influents dans un large éventail de domaines scientifiques. Cette liste, établie sur base de critères bibliographiques, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les leaders scientifiques mondiaux. Il s’agit d’un critère parmi d’autres permettant d’évaluer la qualité de la recherche scientifique. Douze chercheurs de l’Université de Namur en font partie !

Top 2% scientists

Cette liste, créée par l'Université de Stanford et publiée en août 2024 est compilée en collaboration avec le laboratoire ICST d’Elsevier à partir de données Scopus, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les meilleurs scientifiques du monde et de reconnaître les scientifiques qui ont eu un impact significatif sur leurs domaines respectifs.

Bien que cette liste ait été adoptée par de nombreuses institutions comme une mesure fiable de l'impact de la recherche, elle n’est pas l’unique moyen d’évaluer la recherche.  Se basant strictement sur des données bibliométriques, elle fait aussi l’objet de critiques. 

Depuis septembre 2023, l’Université de Namur renforce d’ailleurs son engagement pour la mise en place d’une réforme de l’évaluation de la recherche avec la signature de l’accord « Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA) »

Cet accord engage l’institution à respecter une série de principes, notamment une prise en compte de la diversité des carrières et de la mise en valeur de critères qualitatifs de la recherche au lieu de se baser uniquement sur des données bibliométriques (donc quantitatives). 

Les chercheurs de l’Université de Namur mis à l’honneur

La liste est mise à jour chaque année, avec des données sur l'ensemble de la carrière et des impacts sur une seule année, dans un souci de transparence et de pertinence. 

Les critères de mesure utilisés

Une variété de mesures bibliométriques sont prises en compte afin de garantir une représentation juste et équilibrée des travaux des chercheurs. 

  • Le C-score : ce score composite est basé sur divers facteurs bibliométriques, notamment le nombre total de citations. 
  • Le h-index : cet indicateur d’impact prend en compte le nombre de publications d’un chercheur ainsi que le nombre de leurs citations.
  • Les percentiles des domaines et sous-domaines : les scientifiques sont classés en 22 grands domaines et 176 sous-domaines. Seuls ceux qui se classent dans les 2 % supérieurs de leur sous-domaine sont pris en compte. 
  • L’impact sur l'ensemble de la carrière ou sur une seule année : le classement est disponible à la fois pour l'impact sur l'ensemble de la carrière et pour les performances sur une seule année, ce qui permet de mieux comprendre la contribution à long terme et les réalisations récentes.

L’excellence de la recherche

Figurer parmi ces 2 % de scientifiques les plus performants est une donc reconnaissance prestigieuse de la contribution d'une personne à la science et démontre l'excellence de sa recherche, renforçant sa réputation dans le monde universitaire et dans l'industrie. 

Le classement offre une visibilité dans toutes les disciplines, attirant l'attention sur des travaux qui, autrement, pourraient rester dans une niche ou être sous-appréciés. Il sert également de point de référence aux institutions et aux gouvernements pour évaluer l'influence de leurs programmes de recherche.

De nombreuses institutions utilisent ce classement pour mesurer le succès de leur faculté, ou autre entité, ce qui peut aussi renforcer la crédibilité au sein de la communauté universitaire.

Cette liste encourage les scientifiques à se concentrer sur la production d'une recherche de haute qualité et ayant un impact plutôt que sur la recherche de la quantité.

En compilant des données provenant de tous les domaines scientifiques et en proposant une approche équitable, basée sur des mesures, ce classement ne célèbre pas seulement les réalisations individuelles, mais souligne aussi l'importance d'une recherche ayant un impact sur l'avancement des connaissances.  Il reste pourtant à nuancer, puisqu’il ne tient compte que de données quantitatives, qui ne sont pas forcément représentatives de toute la diversité de la recherche.

D'après une autre base de données, celle de l'UNESCO, le nombre de chercheurs dans le monde augmenterait de 300 000 par an, atteignant aujourd’hui les 9 millions.  Le Top 2% comporte 200 000 noms dont douze chercheurs de l’Université de Namur.

Félicitation à eux pour leur recherche d’excellence et pour cette reconnaissance mondiale prestigieuse !

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Événements

12
2026

Le livre 7 du Code civil : Les contrats spéciaux

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Faculté de droit Unité de droit des obligations

Le livre 7 du Code civil : Les contrats spéciaux

12
2026 13:30 - 18:30
Faculté de droit - Rue Grandgagnage - 5000 Namur
Personne de contact :  Ugeux Damien
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Initiée en 2019, la réforme du Code civil avance à un rythme soutenu. Ainsi les livres 1er, 3, 4, 5, 6 et 8 ainsi que certains titres des livres 2 et 9 sont-ils déjà en vigueur.
Cette année 2026 est celle de l’adoption du livre 7 relatif aux contrats spéciaux.
Ce livre, adopté à l’unanimité par la Chambre des représentants ce 15 juillet, modernise la réglementation que l’ancien Code civil consacrait à la vente, au bail, au louage d’ouvrage, au mandat, au dépôt, à la transaction, au prêt à usage et à certains contrats aléatoires.
Le Centre de droit privé de l’UCLouvain et l’Unité de droit des obligations de l’UNamur organiseront, les 12 et 13 novembre 2026, deux colloques visant à familiariser les praticiens au nouveau droit des contrats spéciaux.
Les colloques seront présidés par les professeurs Bernard Tilleman et Paul Alain Foriers, coprésidents de la Commission de réforme des contrats spéciaux.

Affiche des colloques "Le livre 7 du Code civil : Les contrats spéciaux"

Programme

13h30 Accueil des participant·e·s

13h45 Mot d'accueil du Président de séance

14h00 - 15h30  La vente

  • Introduction générale au nouveau régime de la vente

Catherine DELFORGE, (UCLouvain - St-Louis)

  • Définition de la vente, distinction avec les contrats apparentés et questions spéciales"

Véronique BRUSSELMANS, (UCLouvain - St-Louis, avocat honoraire et juge suppléante auprès du tribunal de première instance de Bruxelles)

  • Les obligations des parties aux contrat de vente

Jean VAN ZUYLEN, (UCLouvain - St-Louis)

Rafaël Jafferali (ULB)

15h35 - 16h10  Bail et prêt à usage

  • Le bail...dans la mesure où il relève encore de l'Etat fédéral et le prêt à usage...plus que jamais aligné sur le bail

Isabelle DURANT, (UCLouvain)

  • Le bail dans le livre 7 du Code civil - focus sur les grandes nouveautés pour les parties à ce contrat spécial

Mathieu HIGNY (UCLouvain)

16h15 - 16h35  Pause-café

16h40 - 17h00  Les contrats mettant fin au litige

  • Les contrats portant sur un litige

Clémence COLASSIN, (UNamur)

17h05 - 18h10  Les contrats de service

  • Introduction aux contrats de service et dispositions particulières concernant le mandat

Patrick WÉRY, (UCLouvain)

  • Les obligations du prestataire et du client dans le contrat de service

Florence GEORGE, (UNamur)

Andréa CATALDO (UNamur)

  • L'extinction des contrats de service

Sébastien DE REY (UCLouvain)

18h15 - 18h30  Séance de questions - réponses


Informations pratiques

Vous inscrire

Les formulaires d'inscription sont disponibles au bas de cette page. La date limite d'inscription est le 5 novembre 2026, sous réserve de places disponibles.

Les droits d’inscription comprennent la participation au colloque, une pause-café, un code parking (Louvain-la-Neuve), les Powerpoint présentés ainsi qu'un ouvrage reprenant les travaux préparatoires, en option.

   220€ : inscription avec ouvrage
   180€ : inscription sans ouvrage
   150€ : inscription avec ouvrage pour les diplômé·es de moins de 3 ans
   120€ : Inscription sans ouvrage pour les diplômé·es de moins de 3 ans
   Prise en charge par l'IFJ pour les magistrats (sans ouvrage)

Mention lors du paiement : "NOM - L1.10104.029 - Livre 7"

Événement exempté de la TVA (art. 44 §2, 4°, C. TVA)

La facture vous sera envoyé après votre inscription en ligne. Elle ne vous sera délivrée qu’après réception du paiement (facture pour acquit).

Votre attestation de présence vous sera remise le jour du colloque ou envoyée par mail selon votre participation en présentiel ou en distanciel. 

Accéder à l'évènement

12 novembre à Namur

Date et lieu : Le jeudi 12 novembre 2026, de 13h30 à 18h30, UNamur, Rue Grandgagnage, 5000 Namur.

L'accès sera fléché vers l'auditoire.

L'UNamur se situe à proximité de la gare SNCB et de la gare des bus.

13 novembre à Louvain-la-Neuve

Date et lieu : Le lundi 22 juin 2026, de 13h15 à 18h00, auditoire Socrate 11 (Place Cardinal Mercier, 1348 Louvain-la-Neuve).

L'auditoire se situe à 500 mètres de la gare SNCB et à 300 mètres de la gare des bus.

Accès et parking : un QR Code à présenter à la borne d'entrée et de sortie des parkings "Grand-Rue" et "Grand-Place" vous sera envoyé avec la confirmation de votre inscription.  Aucun remboursement ne sera effectué en cas d’utilisation d’un autre parking.

Accès via E411: sortie 8a, seconde sortie du rond-point. suivre Parking Grand-Place et Cinéma.

Formation permanente

Ces colloques sont agrées par l' IJE (4 pts), par Avocats.be (3.5 points), par la Fédération des notaires ainsi que par l'IFJ*.

*L’Institut de formation judiciaire ne prend pas en charge les frais éventuels des personnes qui s’inscrivent mais ne sont pas effectivement présentes.
Il est toutefois permis de se faire remplacer par un collègue qui signe la liste de présence mentionnant son nom et sa fonction à côté du nom du collègue remplacé.

Nous contacter

Par email à l'intention de Damien Ugeux : damien.ugeux@uclouvain.be

Par la validation du formulaire d’inscription, le participant s'engage à effectuer le paiement des droits d'inscription. Toute annulation doit être communiquée par email au plus tard trois jours ouvrables avant la date de l’événement. Les droits d’inscriptions seront dus passé ce délai.Tout participant empêché peut se faire remplacer par la personne de son choix, ou recevoir la documentation par voie postale.Votre adresse e-mail est reprise dans nos bases de données. Ces dernières sont utilisées pour annoncer nos activités et organiser nos colloques et journées d’études. Conformément au Règlement Général sur la Protection des Données personnelles (RGPD), vous pouvez avoir accès à cette donnée et, le cas échéant, la faire rectifier ou supprimer.

INSCRIPTION MAGISTRATS, MEMBRES DE L'UCLOUVAIN ET DE L'UNAMUR

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