A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars, nous vous invitons à découvrir les portraits de sept femmes inspirantes issues des sept Facultés de l’université. 

Tout au long du mois de mars 2026, une série de portraits de femmes de l’université est visible dans différents espaces du campus. Imaginé et réalisé par quatre étudiantes de l’UNamur, et coordonné par le Service Vie de la communauté universitaire (VéCU), ce projet offre une vitrine inspirante aux parcours, aux voix et aux engagements de ces femmes qui font vivre l’institution au quotidien.  

Anne Roekens, professeure à la Faculté de philosophie et lettres

Anne Roekens

L’enseignement au cœur de son parcours 

Anne se présente d’emblée comme une passionnée d’enseignement. Professeure d’histoire contemporaine, elle décrit un parcours académique « assez linéaire », guidé naturellement vers les salles de classe. Après des études en histoire, elle s’oriente très rapidement vers un doctorat consacré aux questions de langue et de diversité. 

« Je ne me suis même pas posé la question : je savais que je voulais enseigner », confie-t-elle. 

Avant de rejoindre l’Université de Namur, elle enseigne en secondaire, puis travaille à Bruxelles dans un centre d’étude sur la Seconde Guerre mondiale, où elle gère les archives audiovisuelles. Une mission cohérente avec sa thèse, qui portait notamment sur l’histoire de la télévision et l’exploitation d’archives télévisuelles en recherche historique. Lorsque des heures de cours s’ouvrent à Namur, elle comprend immédiatement où se trouve son véritable moteur : 

« Enseigner, c’est vraiment le cœur de mon travail. » 

Pour Anne, il n’y a pas eu de « déclic » au sens strict. L’enseignement est presque une affaire de famille : parents, frères et sœurs, tous professeurs. Elle se souvient d’une expérience marquante : un jeu de rôle en secondaire où elle devait jouer le rôle de prof pendant deux heures. Malgré un « échec cuisant » et une classe agitée, elle en ressort persuadée :

« J’adore ça. J’adore construire un cours et essayer de transmettre quelque chose. » 

Elle apprécie aussi la dimension de chercheuse et la liberté académique : 

« Je n’arrête jamais d’apprendre. Je sais plus que l’an dernier et moins que l’an prochain. Choisir ses sujets de recherche, monter des projets, inventer ses cours, c’’est un privilège immense. » 

Des recherches variées, avec une dimension de genre marquée 

Historienne des XIXe et XXe siècles, Anne s’intéresse depuis longtemps à l’histoire des médias (télévision, photographie, presse). Depuis une dizaine d’années, elle explore également l’histoire de la psychiatrie, avec un intérêt particulier pour la dimension de genre. 

Son premier projet portait sur le Beau Vallon, un ancien hôpital psychiatrique pour femmes. L’analyse des archives révèle des internements souvent liés à la précarité ou à des comportements jugés « déviants », davantage qu’à de véritables troubles psychiatriques. 

Elle souligne les biais institutionnels du passé : internements plus tardifs chez les femmes car elles assumaient d’abord les responsabilités domestiques, motifs d’internement parfois basés sur des normes sociales très strictes… Un sujet qu’elle juge toujours « passionnant et essentiel ». 

Être femme dans le monde académique : des obstacles souvent intégrés 

Avec le recul, Anne constate que certaines difficultés liées à sa condition de femme ont jalonné son parcours, sans qu’elle ne les identifie immédiatement comme telles. Elle évoque par exemple un règlement qui, à l’époque de sa thèse, ne prévoyait pas de prolongation en cas de congé de maternité ; une mesure désormais corrigée. 

« Le milieu universitaire reste encore marqué par une forte présence masculine, surtout aux niveaux les plus avancés de la carrière académique. » 

Les pressions peuvent être directes, parfois brutales : 

« L’un de mes promoteurs m’a déjà dit de ne pas faire d’enfants, que cela ralentirait trop mon travail. » 

Elle raconte aussi la fatigue immense d’un premier quadrimestre chargé, alors qu’elle était enceinte de huit mois, ou encore la demande implicite de corriger des examens à peine trois semaines après son accouchement. 

« Heureusement, des collègues féminines se sont interposées. » 

Ces expériences, elle les voit aujourd’hui reflétées chez de nombreuses doctorantes et jeunes chercheuses, souvent soucieuses de « faire bonne figure » et de ne pas mettre leur carrière en péril.   

« Le fait d’être une femme a parfois été lourd de conséquences mais, ce qui m’interpelle le plus, c’est que j’avais intégré plein de choses comme normales. » 

« Soutenons-nous. Parlons ensemble. » 

Si elle ne s’est pas engagée dans Université en colère en tant que femme, elle observe néanmoins des liens évidents avec les revendications féministes. 

« Si l’on précarise davantage l’université, les inégalités vont s’accentuer. Et les femmes en paieront le prix le plus lourd. » 

Elle rappelle que même si les étudiantes sont majoritaires, leur nombre diminue drastiquement au fil de la carrière académique. À cela s’ajoute une répartition genrée des tâches invisibles, même dans le milieu universitaire : organisation, logistique, petites charges non reconnues… souvent assumées par des femmes.

 « Soutenons-nous. Parlons ensemble. » Anne insiste sur la valeur de la solidarité féminine dans le monde académique : entraide, encouragement, luttes communes. 

Et un mot pour celles qui doutent : 

« Beaucoup de jeunes chercheuses souffrent d’un manque de confiance. Alors j’essaie toujours d’être dans le soutien. On en a besoin. » 

Des propos recueillis par quatre étudiantes de l’UNamur : Mara Carpentier, Zoé Degraeve, Anaëlle Gonon et Nina Weber. 

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Séphora Boucenna doyenne faculté des sciences éducation et formation

Sephora Boucenna, doyenne de la FaSEF

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Justine Bodart, doctorante à la Faculté des sciences

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Duvernelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique

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