Un thème commun pour relier les cours, les lectures, les films et les rencontres : c'est le principe du fil rouge adopté l'an dernier par le Département de langues et littératures germaniques de l'UNamur. L'objectif est de créer davantage de cohérence entre les nombreuses activités proposées aux étudiants. 

En 2025-2026, le Département a testé la formule avec le thème « Lignes de vie », consacré aux trajectoires personnelles, aux langues et aux migrations. Fort de cette première expérience et des retours très positifs des étudiants, le Département poursuit l'aventure en 2026-2027 avec une nouvelle thématique : “Cartographier des mondes”. 

Un projet suivi tout au long de l’année

Inspiré du 500e anniversaire de la naissance du cartographe anversois Abraham Ortelius*, le nouveau fil rouge permettra aux étudiants de s’interroger sur les mondes que l’on construit, ceux dont on hérite ou encore ceux que l’on aimerait imaginer. Les langues, la littérature et les productions culturelles serviront de portes d’entrée pour questionner ces différentes représentations. “L’idée est de réfléchir aux mondes qui se dessinent et se redessinent, mais aussi au rôle que jouent le langage, la littérature et les produits culturels dans notre manière de les représenter”, ajoute Laurence Mettewie, Doyenne de la Faculté de Philo & Lettres et professeure de linguistique néerlandaise. 

Cette thématique se retrouvera dans plusieurs cours et activités organisés au fil de l’année. Le nouveau cours de Jeroen Darquennes, intitulé « Langue et colonialisme », invite, notamment, à une réflexion critique sur la manière dont les récits coloniaux européens ont contribué, au cours des siècles derniers, à façonner les cartographies (mentales) du monde au-delà de l’Europe. En littérature néerlandaise, les étudiants travailleront autour du roman Jaguarman (2020, traduction française 2023) de Raoul de Jong, sur la recherche de ses racines entre les Pays-Bas et le Suriname, ancienne colonie néerlandaise. L’auteur sera notre invité à Namur lors du dernier cours d’Elisabeth Leijnse. Du côté de la littérature germanophone, Guillaume Etienne et Valérie Leyh organiseront une journée d’études consacrée aux récits de voyages à pied et à la manière dont le monde est exploré sous cette forme de mobilité douce, qui accorde de l’importance au détail et à la lenteur.  Emma-Louise Silva et Lieven Vandelanotte croiseront analyses littéraires et linguistiques de cartographies imaginaires et artistiques dans le cadre du cours Language and Society, avant de faire découvrir des itinéraires inédits lors du voyage didactique à Londres.  

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Laurence Mettewie

“Le fil rouge permet de créer des liens entre ce que nous faisons déjà et de nouvelles activités qui peuvent apporter une plus-value à la thématique” 

Laurence Mettewie Doyenne de la Faculté de Philo & Lettres

Des liens entre enseignants

Au-delà de l'expérience proposée aux étudiants, le fil rouge a également modifié la manière dont l'équipe construit ses activités. Plutôt que de réfléchir chacun de son côté, les enseignants cherchent ensemble les projets, œuvres ou invités susceptibles d'apporter une nouvelle dimension à la thématique. “Cela crée une dynamique différente”, souligne Laurence Mettewie. “On réfléchit à l’apport de chacun à la thématique au départ de nos spécialités et de nos intérêts”. 

Le fil rouge n'a donc pas vocation à bouleverser les cursus. Il vient plutôt colorer et intensifier l’offre existante. En fédérant les activités proposées, il permet d’aborder langues et linguistique, littératures et cultures sous un prisme commun et ainsi ouvrir de nouvelles fenêtres sur les mondes qui nous entourent.