Image
Profile picture of Xavier Devroey

Il y a un peu plus d’un an, un lundi matin comme les autres, le Prof. Benoît Vanderose est arrivé dans mon bureau avec un café et une phrase qui allait lancer une aventure peu banale : « J’ai une super idée pour notre cours de Test et Qualité ! »

Cette idée, née autour d’un café, s’est transformée au fil des semaines en un projet pédagogique ambitieux : réaliser, avec les étudiant·e·s du master en software engineering, un véritable état des lieux des pratiques de test et de qualité logicielle en Fédération Wallonie-Bruxelles. Aujourd’hui, cette démarche aboutit à la publication du SNAIL Report 2025.

Professeur Xavier Devroey Chercheur à la Faculté d'informatique, membre du laboratoire SNAIL et membre de l'Institut NaDI

SNAIL, c’est quoi ?

Le « SNAIL - Software Normalization Assessment and Improvement Lab - Laboratoire d'évaluation et d'amélioration de la normalisation logicielle », c’est une équipe de chercheurs issus de la Faculté d'informatique et du Namur Digital Institute (NaDI) de l'Université de Namur. L’équipe vise à faire progresser l'état de l'art et les pratiques en génie logiciel afin d'améliorer la fiabilité des logiciels, en abordant l'évaluation de la qualité et les tests dans leurs contextes tant humains que techniques. Leur expertise en matière de recherche est combinée à une collaboration continue avec l'industrie afin de cerner les besoins réels et d'apporter des solutions concrètes à des problèmes concrets.

Groupe SNAIL UNamur

Une pédagogie ancrée dans les réalités professionnelles

L’objectif du projet poursuivi par l’équipe enseignante était double : permettre aux étudiant·e·s de se confronter concrètement aux enjeux actuels de la qualité logicielle et produire un état des lieux utile aux acteurs académiques et professionnels du secteur. Plutôt que de se limiter à l’analyse de pratiques existantes, les étudiant·e·s ont été pleinement impliqué·e·s dans un projet de recherche appliquée, allant de la conception d’un outil de mesure à l’analyse et la valorisation des résultats. Cette approche a favorisé un apprentissage actif, centré sur la collaboration, l’esprit critique et la compréhension des pratiques réelles du terrain.

Une construction collective et méthodique

Le projet a débuté par une analyse approfondie de la littérature scientifique et des rapports internationaux de référence sur le développement logiciel. Cette phase a permis d’identifier les thématiques structurantes à investiguer : organisation des équipes, méthodologies, pratiques de test, automatisation, documentation, intelligence artificielle, sécurité, technologies et expérience développeur.

Sur cette base, un questionnaire de 78 questions a été co-construit de manière itérative lors de séances collaboratives réunissant étudiant·e·s et enseignants. Une attention particulière a été portée à la clarté des questions, à leur pertinence et à leur alignement sur les pratiques observées au sein de diverses organisations venues présenter leur approche dans le cadre du cours.

Une enquête auprès des acteurs du développement logiciel

L’enquête a été diffusée entre avril et juillet 2025 auprès de professionnel·le·s du développement logiciel en Fédération Wallonie‑Bruxelles, via des réseaux académiques et industriels. Au total, 52 répondants, issus d’organisations de tailles et de secteurs variés (PME, ETI, grandes entreprises et secteur public), ont participé à l’étude. Le cours étant terminé, les données collectées ont fait l’objet d’un traitement rigoureux par les chercheurs du laboratoire SNAIL, combinant analyses quantitatives et qualitatives, avant d’être synthétisées et mises en perspective dans le rapport final.

Le SNAIL Report 2025 : principaux enseignements

Le SNAIL Report 2025 offre un panorama structuré des pratiques de développement logiciel en Fédération Wallonie-Bruxelles. Parmi les tendances mises en évidence figurent notamment :

  • une large adoption des approches Agiles ;
  • une place centrale des outils collaboratifs et de la revue de code ;
  • une généralisation des pratiques de test et de l’automatisation via des pipelines CI/CD ;
  • une intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les activités de développement ;
  • ainsi que des défis persistants en matière de formalisation des pratiques, de documentation, de sécurité et de formation.

Le rapport met également en lumière l’importance des dimensions humaines et organisationnelles dans la qualité logicielle, en particulier la collaboration, la responsabilité et l’autonomie des équipes.

Une valeur ajoutée pour la formation et la recherche

Au-delà des résultats présentés, cette initiative illustre l’intérêt d’une approche pédagogique fondée sur la co-construction des connaissances, sur le lien étroit entre enseignement et recherche, et sur l’ouverture vers le monde professionnel.

Pour les étudiant·e·s, le projet a constitué une expérience formatrice, leur permettant de développer des compétences techniques, méthodologiques et analytiques, tout en prenant conscience des enjeux actuels du développement logiciel. Pour l’Université de Namur, il s’agit d’un exemple concret de valorisation d’innovations pédagogiques au service des missions d’enseignement et de recherche.