D’où vous est venue cette passion pour la physique ?

Pendant mes études secondaires, j’ai eu un professeur, Matthieu Dontaine, qui a réussi à me transmettre sa passion pour la physique. Comme j’aimais déjà les mathématiques et que je pouvais suivre ce cursus à Namur, je me suis lancé. Au début, je n’avais pas de sujet de prédilection, mais lorsque j’ai commencé les cours d’optique et de biophotonique avec le professeur Jean-Pol Vigneron, j’ai immédiatement trouvé cela passionnant.

Votre parcours semble très lié à la bio-inspiration, à l’étude de la nature. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, la bio-inspiration était une thématique très présente durant mes études à l’UNamur. J’ai trouvé formidable de découvrir des propriétés physiques incroyables directement dans la nature. Je me souviens de Socrate, le serpent dans le bureau du Professeur Vigneron. Il nous disait : « J’étudie les peaux de serpent, car elles ont des couleurs iridescentes, mais aussi parce qu’elles possèdent une structure intéressante qui leur permet de se déplacer ».

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Il nous parlait aussi du Morpho, ce grand papillon aux ailes d’un bleu métallique éclatant. Cette fascination m’a donné envie d’approfondir le sujet. Avec le Professeur Vigneron, nous sommes allés en France, au Panama et même en Bolivie pour « chasser » des cigales et des papillons afin d’étudier leurs ailes. Leur surface est constituée de couches minces successives qui interagissent avec la lumière pour créer des couleurs uniques. 

C’est ce qui vous a mené à votre sujet de thèse ?

Exactement. J’ai commencé ma thèse en 2013, en étudiant les fonctions de surface des matériaux comme l’antireflet ou l’hydrophobicité. Sous l’excellente supervision du Dr. Michaël Sarrazin et du professeur Olivier Deparis, ma thèse a permis de démontrer, en utilisant l’électrodynamique quantique, qu’en obtenant des propriétés antireflets spécifiques sur certains matériaux, on pouvait indirectement améliorer leurs propriétés de mouillage. C’était une approche assez innovante, et nous avons ensuite travaillé à démontrer ces résultats expérimentalement.

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Et à peine votre thèse terminée, vous avez été engagé chez AGC Glass Europe. Votre profil les intéressait particulièrement ?

Oui, j’ai eu la chance de finir ma thèse un peu en avance et, un mois à peine après l’avoir soutenue, j’étais engagé chez AGC Glass Europe comme chef de projet. J’ai travaillé sur des sujets passionnants liés aux vitrages spéciaux : anti-balles, anti-explosion, vitrages-écrans, antennes intégrées dans le verre... 

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Après la R&D, vous avez pourtant évolué vers des fonctions plus commerciales. Pourquoi ce changement ?

Mon désir d’évolution m’a mené, après trois ans, chez Eclat Digital, filiale d’AGC Glass Europe. En tant que business developer pour un logiciel de simulation optique, j’ai renoué avec le sujet de ma thèse au cours d’une période passionnante, riche en voyages et en discussions avec des acteurs industriels de haut niveau.

Mon parcours m’a ensuite ramené au cœur du produit en devenant chef de produit pour FINEO : une nouvelle génération de vitrage isolant. Ce produit innovant allie un design ultra-fin à des performances thermiques et acoustiques exceptionnelles, et est fabriqué selon un procédé révolutionnaire ici, en Wallonie.

Mon cheminement professionnel m’a finalement amené chez AGC Plasma Technology Solutions, où la boucle est bouclée. Nous y fabriquons et commercialisons les machines qui permettent de reproduire industriellement les structures multicouches que j’observais dans la nature. Nous avons par exemple fourni les coaters pour produire les miroirs du plus grand télescope au monde, construit par l’ESO au Chili. C’est, en quelque sorte, un retour aux sources.

N’est-ce pas difficile de jongler entre une expertise scientifique pointue et le développement commercial ?

Au contraire, c’est là que je m’épanouis pleinement ! J’aime vraiment le fait que ce métier allie une dimension commerciale et de solides connaissances techniques. Je continue à voyager, à rencontrer des personnes et à découvrir des marchés que je ne connais pas. J’apprends continuellement, et cela rend le travail particulièrement stimulant.

Avez-vous une anecdote marquante de ces années de recherche sur le terrain ?

En parlant du côté aventure, nous étions partis à la « chasse aux insectes » pendant deux semaines en Bolivie, dans un endroit isolé. Le dernier soir, le gérant du camp nous a dit : « Je suis content, il n’y a pas eu de problèmes, mais cela fait deux ou trois jours qu’un gros félin tourne autour du camp ». Il ne voulait pas nous faire paniquer. Finalement, quelle chance nous avons eue de ne pas nous faire dévorer !

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Pour finir, quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui s’intéressent à la physique ?

Ce sont des études magnifiques qui permettent de contribuer à la compréhension de l’univers. Sans la physique, nous serions bien démunis pour comprendre le monde qui nous entoure. Si les physiciens n’avaient jamais étudié l’électron, rien du monde électronique moderne n’existerait.

Ce que j’ai aussi particulièrement apprécié, c’est d’avoir pu faire mes études à l’Université de Namur, une université à taille humaine. Les promotions sont petites, ce qui favorise une grande proximité avec les professeurs. On s’y sent soutenu et accompagné. Et puis, on y fait de la super science qui ouvre de nombreuses portes ! Qui ne voudrait pas, par exemple, contribuer à développer des anodes 100 % silicium pour augmenter l’autonomie des batteries ? C’est l’un des défis que nous relevons chez AGC Plasma.

AGC Glass +Europe, un leader européen en verre plat

Basé à Louvain-la-Neuve, AGC Glass Europe produit, transforme et commercialise du verre plat à destination des secteurs de la construction (vitrages extérieurs et décoration intérieure), de l’automobile et d’autres secteurs industriels (transport, énergie solaire et high-tech). Il est la branche européenne d’AGC, un leader mondial en verre plat. Employant environ 12 300 personnes, il dispose de plus de 100 sites industriels en Europe.

Pour plus d’informations : www.agc-glass.eu (site corporate), www.agc-yourglass.com (verre pour la construction), www.agc-automotive.com (verre pour l’automobile).

AGC Plasma Technology Solutions

Avec sa division AGC Plasma Technology Solutions, AGC Glass Europe s’est engagé dans champ d’activités proposant ses technologies de dépôt de couches sous vide à un large panel d’industries en dehors du monde verrier. Pour plus d’information sur les équipements et les services offerts par AGC Plasma Technology Solutions.

Cet article est tiré de la rubrique "Alumni" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

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