Le Fil Rouge, qu’est-ce que c’est ?

C’est un projet facultaire qui unit toute notre équipe autour d’une même thématique pendant une année. Ce sujet transcende les cours et chaque professeur veille notamment à ce que les différents exemples illustrant sa matière soient liés à ce thème. 

Le Fil Rouge implique aussi des activités adjacentes, la rencontre de personnes inspirantes, des conférences, des concours, des activités communes à plusieurs cours etc. Nous essayons de faire intervenir des personnalités diversifiées qui viennent du terrain et apportent leur regard pratique. 

Nous déployons également diverses collaborations fructueuses (Ville de Namur, Delta…), ce qui permet à notre faculté de rayonner au sein du « tissu » namurois.

Quels sont les objectifs pédagogiques de ce projet ?

Le droit comporte de nombreuses disciplines entre lesquelles il est important de faire des liens, la réalité étant multifacette. Le Fil Rouge est une des manières d’envisager des questions via des focus distincts, tout en sensibilisant les étudiants aux questions et valeurs issues de la pratique.

Ce projet a aussi une dimension sociétale. C’est une preuve que le droit charrie toujours des valeurs et des projets de société ; l’étudiant doit apprendre à les appréhender et à les prendre en compte tout au long de son cursus.

C’est également une occasion en or de confronter les étudiants à des praticiens pour leur montrer le droit in vivo. Être en contact avec les différents métiers du droit et des sciences humaines leur permet de se projeter dans l’avenir et peut redonner du sens aux études entreprises.

Ces objectifs pédagogiques concernent aussi les professeurs car, chaque année, des formations s’articulent tout autour du Fil Rouge.

Comment choisissez-vous les thèmes ?

Ils émergent de la faculté de façon collective. 

Nous commençons par « prendre la température » au sein des « commissions de contact » (groupes de délégués des étudiants) avec qui nous discutons de ce qui pourrait être abordé.

Après cela, nous faisons le tour des auditoires pour demander l’avis des étudiants, par le biais de sondages, par exemple. Lors de cette étape, plusieurs pistes se dessinent déjà plus concrètement. 

Ensuite, nous en discutons en équipe facultaire.

Une fois le thème choisi, nous organisons une réunion interne, un « méli-mélo d’idées » pour réunir les premières pistes d’activités que nous pourrions mettre en place. À cette occasion, nous réfléchissons aussi au slogan du Fil Rouge et veillons à ce qu’il exprime une vision positive de la thématique choisie (« Ensemble contre le harcèlement », « Vivons l’inclusion », « Réenchantons la Terre », …). Cette simple tournure de phrase est une manière de rendre chaque étudiant acteur de la société d’aujourd’hui et de demain. 

Enfin, au milieu du mois de septembre, nous lançons officiellement le Fil Rouge lors d’une activité réunissant toute la faculté. 

Quels critères vous permettent de retenir un thème ?

Tout d’abord, il doit être le plus rassembleur possible car notre faculté aborde des matières très diverses (et pas uniquement juridiques) ; il faut donc que le thème concerne tout le monde et qu’il soit suffisamment transversal.

Ensuite, nous essayons de nous différencier des années précédentes. Nous savons que nous gardons nos étudiants minimum trois ans, donc nous changeons les thématiques pour faire en sorte qu’elles ne se représentent pas deux fois sur un même cursus d’étudiant.

Quels seront les défis à relever pour les éditions suivantes ?

Le premier sera de motiver les étudiants et de mieux les intégrer comme moteurs du projet. Pour s’assurer de leur participation à certains événements et en accord avec chaque professeur, il arrive que leur présence à certains événements soit valorisée dans leur note finale par exemple, ou bien une conférence fera l’objet d’une question d’examen, … Aujourd’hui, les étudiants sont très sollicités par le nombre d’activités qui s’organisent sur le campus, et c’est positif. Le revers de la médaille, c’est que l’engagement est moindre qu’avant et nous voudrions parfois qu’ils se mobilisent davantage dans des activités qui « sortent » des cours ; lorsqu’ils se dépassent, ils sont capables de tout.

Nous aimerions aussi déployer encore davantage le Fil Rouge au sein des cours. En même temps, nous saluons la place que la faculté donne à cette initiative et l’engagement des collègues ; nous tentons d’utiliser à bon escient le temps qui nous est dédié. 

Notre souhait est de garder toujours l’énergie qui pousse à nourrir et concrétiser le Fil Rouge, même si nous rencontrons parfois l’un ou l’autre écueil ;

Vous avez l’habitude de rêver grand. Êtes-vous satisfaites de ce que vous avez accompli jusqu'ici, par rapport aux ambitions de départ ?

Satisfaites, oui, mais nous voulons toujours plus ! Avec toute l’équipe facultaire, nous travaillons sans cesse à faire émerger le meilleur potentiel de l’étudiant, car au-delà des notions académiques, l’Université apprend aussi à dépasser l’individuel et éprouver le collectif. Les rencontres proposées lors des fils rouges visent à rappeler aux étudiants pourquoi ils étudient le droit, et à quel point ils sont capables de faire bouger les choses en tant qu’acteurs de la société de demain. Nous sommes convaincues que les personnes inspirantes rencontrées lors du Fil Rouge peuvent changer un parcours et, modestement, nous espérons ainsi pouvoir allumer une flamme dans le cœur de chaque étudiant. Les anciens étudiants gardent en général un très bon souvenir de notre Université. Il y a même un lien fort affectif qui se crée avec la faculté de droit : certains anciens reviennent nous voir avec des étoiles dans les yeux. Cela fait chaud au cœur de découvrir les adultes qu’ils sont devenus.

Fil Rouge: les moments forts

Elise Defreyne, Maitre de conférences à la faculté de droit et chercheuse au sein du CRIDS : 

L’un de mes plus beaux souvenirs du Fil Rouge, je l’ai vécu sous ma casquette d’enseignante. J’assistais à une Chaire Francqui portant sur une matière que nous venions tout juste de voir en cours. Au moment des questions-réponses, une étudiante a levé la main. Sa question montrait qu’elle avait fait des liens avec le cours et j'étais très fière car, dans ce genre de moment, nous nous rendons vraiment compte que les objectifs pédagogiques sont atteints.

Marie-Amélie Delvaux, Professeure de droit judiciaire à la Faculté de droit : 

Nous avons eu comme intervenant le papa d'Ihsane Jarfi, un jeune ayant été tué à cause de son orientation sexuelle. Cette affaire est allée jusqu’en cour d’Assises où, pour la première fois, l’homophobie a été retenue comme circonstance aggravante, alors que cette motivation est très difficile à établir. Hassan Jarfi, le père du jeune homme, a donc créé une fondation pour lutter contre ces violences homophobes et, de manière plus large, toutes les discriminations. Lorsqu’il est venu nous raconter l’histoire de son fils et nous parler de sa fondation, j’ai été frappée par ses propos. Malgré l’horreur qu’Ihsane avait enduré, il était très positif et empli d’espoir. Les messages qu’il faisait passer n’étaient pas des messages de haine mais de compréhension, de tolérance et d’empathie. Il a ainsi mis en lumière la responsabilité qu’une société pouvait avoir dans ce genre d’événement. C’était très touchant et je suis convaincue que les étudiants ne peuvent pas rester insensibles à pareille rencontre. Il faut aussi savoir que les bénéfices que nous avons générés dans le cadre du Match d’Impro qui clôt chaque édition du Fil Rouge sont toujours reversés à un organisme en lien avec la thématique. Cette année-là, nous avions bien sûr choisi la Fondation Ihsane Jarfi

L’environnement, thématique de l’année 2025-2026

En 2025-2026, le Fil Rouge de la Faculté de droit est consacré à la thématique de l’environnement  avec le slogan "Réenchantons la Terre". De nombreuses activités ont été organisées tout au long de cette année académique. Le programme se clôture le 15 avril 2026 avec notamment un vide dressing et une rencontre d’impro au profit d’une association qui défend l’environnement .