La Faculté de droit de l’UNamur propose un enseignement rigoureux, enrichi par des méthodes pédagogiques actives et une recherche de haut niveau. Elle forme des juristes sensibles aux enjeux sociétaux, numériques et durables. Elle entretient des liens étroits avec le monde académique et professionnel, en Belgique et à l’international, notamment via ses centres de recherche et ses formations continues. Que vous soyez étudiant, chercheur ou professionnel du droit, rejoignez notre communauté où le droit vise à construire un avenir juste et durable.

Quels programmes d’étude en Faculté de droit de l’UNamur ?

À la Faculté de droit, l’étudiant acquiert des compétences juridiques solides, critiques et humaines. Il est plongé au cœur des métiers juridiques grâce à des méthodes pédagogiques actives, un accompagnement personnalisé et des liens forts entre enseignement, recherche et pratique professionnelle.

La Faculté propose des programmes de bachelier en horaire de jour et décalé, de master de spécialisation, de doctorat et de formation continue. Elle organise aussi un programme en immersion trilingue, un double bac droit-philo, et des formations complémentaires au bachelier en droit en économie, en gestion et en sciences politiques.

Etudes en droit - Professeur de l'UNamur donnant cours

Quels thèmes de recherche en droit à l’UNamur ?

La recherche à la Faculté de droit éclaire les grands enjeux contemporains : droit et numérique, justice sociale, transition écologique, responsabilité civile. Elle axe ses priorités autour de 3 entités de recherche :

Les chercheurs collaborent avec des professionnels du droit, des institutions belges et internationales. Ils renforcent ainsi l’impact académique et sociétal de leurs travaux.

Droit études

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Actualités

Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence

Droit
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.

Stéphanie Wattier - Le genre au prisme du droit

Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique

Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.

Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.

L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.

La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.

Un ouvrage pour toutes et tous

Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.

Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.

L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité

L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.

Quand les étudiantes deviennent chercheuses : l'expérience de Lisa et Donaciene au sein de la Faculté de droit

Droit
Étudiants

Et si, dès le bachelier, les étudiants pouvaient contribuer à de vraies recherches scientifiques ? C'est le pari du dispositif « étudiant-chercheur », lancé à l'UNamur il y a plus de quinze ans. Donaciene Quoirin et Lisa Salmon, étudiantes en droit, l'ont expérimenté concrètement. Témoignages.

Manon Brulard, chercheuse, Lisa Salmon et Donaciene Quoirin, étudiantes en Faculté de droit

Un dispositif né d'une conviction : articuler enseignement et recherche dès le début du cursus

Lancé en 2010 par NARILIS (Namur Research Institute for Life Sciences), le dispositif «étudiant-chercheur » repose sur une idée simple, mais ambitieuse : permettre à des étudiants motivés de s'immerger dans une démarche de recherche dès leur bachelier. L'objectif n'est pas nécessairement de former de futurs académiques, mais de pousser les étudiants hors de leur zone de confort, de développer leur capacité à apprendre par eux-mêmes et à aborder des sujets complexes avec méthode et autonomie. Des atouts précieux, quelle que soit la carrière envisagée.

Aujourd'hui, ce modèle pédagogique fait son chemin au-delà de l’Institut NARILIS. À la Faculté de droit de l'UNamur, Donaciene Quoirin a tenté l’expérience l’année dernière dans le cadre de la rédaction d’un article scientifique aux côtés de Géraldine Mathieu, professeure de droit de la famille et de la jeunesse, et Bee Marique, avocate et collaboratrice didactique. Sa mission ? Recueillir la parole des enfants. Cette année, elle s’est engagée, avec Lisa Salmon, dans le projet CAPACITI, centré sur les droits de l'enfant en collaboration avec la chercheuse Manon Brulard.

Le projet CAPACITI : de la théorie au terrain

CAPACITI est un projet de recherche qui vise à impliquer les enfants dans la connaissance et la défense de leurs droits. Loin du travail de bureau, il implique d'aller directement à la rencontre des enfants, notamment dans les écoles, pour recueillir leur parole et comprendre comment ils perçoivent leurs droits.

Les étudiantes ont donc eu pour mission de concevoir des outils d'animation ludiques, mener des ateliers avec des classes, prendre des notes, animer des séquences

« On a par exemple créé un petit jeu qui s'appelait ‘D'accord, pas d'accord’, avec des pancartes ou encore un jeu des images pour relier un droit à son illustration… Des outils concrets qu'on a élaborés en collaboration avec Manon Brulard », explique Donaciene.

Lisa, de son côté, s'est concentrée sur le développement d'un jeu de société inspiré du Monopoly et du Trivial Pursuit, tout en participant activement aux animations sur le terrain. 

Plus récemment, elles ont aussi contribué à un travail de recherche approfondi sur les procédures d'audition d’enfants en droit belge. Un travail qui permettra de créer des fiches ludiques pour les enfants afin de répondre à toutes leurs questions sur la manière dont les auditions par le juge se déroulent.

Enfant qui s'exprime - Projet de recherche qui vise à davantage écoouter les enfants

Une expérience de terrain qui marque

Ce qui frappe Donaciene et Lisa, ce n'est pas seulement la richesse intellectuelle du projet, mais la réalité humaine qu'il révèle. Lors des animations dans les écoles, les enfants se livrent avec une facilité déconcertante, parfois sur des sujets très sensibles. 

« Ça fait deux heures qu'on est là et ils viennent nous parler de choses très personnelles. Je trouvais ça assez impressionnant », confie Donaciene.

Lisa, elle, a été frappée par le regard que les enfants portent parfois les uns sur les autres : « Ce qui m'a marqué, c'est que même entre eux, ils peuvent se juger. Des enfants qui essaient de parler, pas très sûrs d'eux, face à un groupe qui juge… »

Sur la question des droits eux-mêmes, le constat est clair : les enfants en connaissent peu, ou mal, la portée concrète. « C'est pour eux et c'est essentiel, mais ils n'en savent pas grand-chose », résume Lisa. Donaciene observe pour sa part deux profils : ceux qui savent qu'ils ont des droits, mais les perçoivent comme peu respectés face à l'autorité parentale, et ceux qui n'en ont jamais entendu parler.

Image
Manon Brulard, chercheuse en Faculté de droit

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira. »

Manon Brulard chercheuse en Faculté de droit

Une collaboration entre pairs, une dynamique inédite

Ce qui rend le dispositif pédagogique particulièrement original, c'est aussi la nature du lien entre la chercheuse et les étudiantes. Manon Brulard, chercheuse principale sur le projet, n'a que trois ans de plus que Donaciene et Lisa. Une proximité qui crée une dynamique de collaboration réelle, horizontale, loin du schéma classique encadrant-encadré.

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira », insiste Manon.

Pour elle, travailler avec des étudiantes-chercheuses rompt également l'isolement propre à la recherche : « La recherche est un travail très solitaire. Pouvoir échanger après les animations, partager les réflexions, c'est extrêmement enrichissant. »

Un tremplin, pas une contrainte de crédits

L'intégration du statut d'étudiant-chercheuse dans le cursus n'est pas anodine. Si Donaciene a d'abord participé de façon bénévole sous le statut étudiante-chercheuse à la rédaction d’un article scientifique, la participation des étudiantes au projet CAPACITI est aujourd'hui valorisée dans le cadre de leur stage de pratique juridique, à hauteur de 4 crédits.

Mais au-delà des crédits, c'est l'expérience elle-même qui prime. Donaciene le dit sans détour : voir une recherche de l'intérieur, de ses prémices à ses retombées concrètes, lui a ouvert des perspectives sur le métier de chercheur. Lisa, quant à elle, regrette que le dispositif soit encore trop peu visible : « Si je n'avais pas suivi l'option Droit de la jeunesse, je n'aurais jamais su que ce statut existait. »

Toutes deux espèrent poursuivre l'aventure l'an prochain et peut-être, un jour, faire de la recherche leur métier. Sous réserve, soulèvent-elles avec lucidité, que les critères d'accès à la carrière académique ne viennent pas fermer des portes à des étudiants pourtant déjà riches d'une expérience concrète et précieuse.

Logos Interreg et Capaciti

Des étudiants à la rencontre d’élèves du secondaire autour de l’État de droit

Droit

En novembre dernier, à l’occasion de la Semaine de l’État de droit, des étudiants de la Faculté de droit de l’UNamur sont allés à la rencontre d’élèves de 5e et de 6e secondaire. Leur objectif : dialoguer autour des grands principes de l’État de droit et de la démocratie, à l’heure de l’IA et de la multiplication des dérives autoritaires.

Classe d'étudiants du secondaire

De plus en plus menacé à travers le monde, l’État de droit est une notion méconnue dans ses grands principes et ses nuances. C’est pourquoi le Conseil supérieur de la Justice organise, chaque année en novembre, la Semaine de l’État de droit durant laquelle des étudiants en droit se rendent dans les écoles secondaires pour initier les jeunes à cette notion et les inviter à « un dialogue critique, mais informé ». 

« Dans le cadre de la partie pratique de leurs travaux de fin de cycle, les étudiants de bloc 3 qui ont opté pour un service-learning ont développé un atelier de deux heures à l’attention d’élèves de 5e et de 6e secondaire. », explique Alix Gobert, assistante à la Faculté de droit de l’UNamur. Ils se sont ensuite rendus par groupe de quatre dans des classes de sciences sociales, d’histoire, d’économie et de géographie de plusieurs écoles namuroises. « Cette intervention leur a permis d’échanger avec des élèves qui sont un peu plus jeunes, mais restent quand même dans leur tranche d’âge », commente Olga Thiry, également assistante à l’UNamur. « Il s’agit donc d’un vrai dialogue entre jeunes, à propos de sujets d’actualité brûlants. »

État de droit, réseaux sociaux et IA

Certains groupes d’étudiants ont pris en compte la grande familiarité de leur auditoire avec les réseaux sociaux et l’IA, pour se concentrer sur cet aspect. Ils ont notamment abordé plusieurs faits d’actualité récents comme les vidéos générées par IA à l’initiative du Fidesz. Dans l’une d’elle, le parti du premier ministre hongrois Viktor Orbán, montre Péter Magyar, son principal opposant, annoncer (chose qu’il n’a jamais faite) sa volonté d’instaurer une baisse des retraites… « Ce genre d’exemple parle tout de suite à des jeunes très familiers de ces technologies », commente Alix Gobert. « Cela a permis aussi d’aborder le problème du pluralisme et la manière dont les jeunes s’informent. Il en ressort que, même s’ils ne savent pas toujours comment en sortir, ils sont bien conscients que s’informer par les seuls réseaux sociaux ne suffit pas. » Pour les étudiants, cet exercice a aussi été une manière de s’éloigner automatiquement de l’IA. « Avec l’IA générative, la réalisation de travaux à la maison a de moins en moins de sens… », commente Alix Gobert. « On a toujours un soupçon… Ce genre de travail permet en revanche de vérifier l’aisance des étudiants à l’oral, de tester d’autres manières de faire. Et je dois dire que j’ai rarement vu mes étudiants aussi motivés… » Donner aux étudiants la possibilité d’initier d’autres jeunes à une notion aussi cruciale que l’État de droit, c’est enfin, estime Olga Thiry, une manière d’allier « rigueur de l’enseignement » et travail académique « porteur de sens ».  

Qu’est-ce que l’état de droit ?

L'État de droit consacre les règles de droit en tant qu’instruments de régulation de l’organisation politique et sociale. Il constitue le cadre juridique des démocraties. Il s’oppose à deux autres types d’État : l’État policier et l’État légal. Dans un État policier, la loi est élaborée et mise en œuvre par l’État lui-même : le gouvernement exerce son pouvoir de manière autoritaire et arbitraire, sans encadrement juridique comme dans les régimes totalitaires du Troisième Reich et de l’URSS. Dans l’État légal, l’État est soumis à la loi votée par un Parlement qui ne connaît pas d’autorité qui lui soit supérieure : le législateur y conçoit la loi sans aucune entrave, comme ce fut le cas en France sous la IIIe République. Dans un État de droit, le pouvoir politique est soumis à des règles de droit hiérarchisées, ce qui suppose le respect de trois grands principes : la hiérarchie des normes, l'égalité devant la loi, la séparation des pouvoirs.

La hiérarchie des normes

Ce classement des règles de droit (constitution, lois, arrêtés…) permet de déterminer quelles règles de niveau supérieur doivent être respectées par les règles de niveau inférieur, ce qui permet d'éviter de nombreux conflits entre des normes qui, sans cette hiérarchie, se concurrenceraient ou se contrediraient. Le respect de la hiérarchie des normes est assuré par de nombreuses juridictions, dont le Conseil d'État, la Cour constitutionnelle et les cours et tribunaux.

L’égalité devant la loi

L’égalité devant la loi implique que la loi est la même pour tout sujet de droit, personnes physiques (les individus) et personnes morales (les organisations). L'État est lui-même considéré comme une personne morale et ses décisions sont soumises au principe de légalité.

La séparation des pouvoirs

La séparation des pouvoirs s’oppose à la monarchie absolue où tous les pouvoirs étaient exercés par le monarque. Elle reconnaît trois pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), exercés par des organes distincts, indépendants les uns des autres. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, le pouvoir exécutif est détenu par le chef de l’État et les membres du Gouvernement, le pouvoir judiciaire revient aux juridictions.

Baromètre de la Justice : la confiance des citoyens en chute libre 

Le Conseil supérieur de la Justice réalise depuis 2002 un sondage d’opinion pour connaître la perception et l’opinion de la population belge sur la justice, et ainsi mettre en place des initiatives pour en améliorer le fonctionnement. Le constat est sévère : depuis 2010, la confiance des citoyens dans la Justice a baissé systématiquement, passant de 66 % en 2007 à 54 % en 2024. La Justice obtient donc un résultat plus faible que l’enseignement et la police (huit Belges sur dix leur accordent leur confiance), mais son résultat est meilleur que celui de la presse, du Parlement, du gouvernement et des institutions religieuses (auxquels seuls quatre à cinq Belges sur dix font aujourd’hui confiance). Plus d’un tiers des Belges estiment ainsi, en 2024, que le fonctionnement de la Justice s’est détérioré. Six Belges sur dix estiment par ailleurs que le système judiciaire ne communique pas suffisamment sur son fonctionnement. La Justice est aussi perçue comme peu accessible : six Belges sur dix estiment que l’accès à la Justice est inabordable et que le langage juridique n’est pas suffisamment clair.

Cet article est tiré de la rubrique "Tomorrow Learn" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).

cover-magazine-omalius-avril-2026

Dix ans du Centre Vulnérabilités et Sociétés Penser le droit au plus près des réalités humaines

Droit

Créé il y a une dizaine d’années au sein de la Faculté de droit de l’UNamur, le Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) s’est imposé comme un espace de recherche et de réflexion engagé sur les situations de vulnérabilité contemporaines. Né de la fusion de deux centres existants (PROJUCIT et Droits fondamentaux et lien social), il s’est progressivement structuré autour d’un objectif clair : analyser la manière dont le droit appréhende les réalités vécues par les personnes affectées par la pauvreté, la précarité, les discriminations ou dont les droits fondamentaux risquent d’être compromis.

Photo d'une personne feuilletant le livre "Combattre les violences sexuelles"

Plutôt que de chercher à définir abstraitement la vulnérabilité, le Centre a fait le choix de s’intéresser avant tout aux personnes vulnérables et aux contextes dans lesquels elles évoluent. Femmes, enfants, personnes âgées, victimes, personnes en situation de handicap ou appartenant à des minorités de genre… constituent ainsi le cœur des préoccupations scientifiques du Centre. « Nous partons toujours du terrain, des expériences vécues, pour interroger ensuite le droit et sa capacité à protéger, réparer ou prévenir », explique Stéphanie Wattier, co-directrice du Centre.

Stéphanie Wattier - Centre Vulnérabilités et Sociétés - Faculté de droit de l'UNamur
Stéphanie Wattier, co-directrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S)

Un centre ancré dans l’interdisciplinarité et les transitions sociétales

Depuis son intégration dans l’Institut de recherche Transitions en 2024, le Centre V&S a renforcé son ADN interdisciplinaire. Si le droit reste son point d’ancrage, le dialogue avec d’autres disciplines (philosophie, histoire, sciences politiques, géographie, etc.) est essentiel. « Le droit est indispensable pour structurer la société, mais il arrive souvent trop tard. Il doit être nourri par les analyses sociologiques, anthropologiques ou médicales pour réellement faire évoluer les normes », souligne Stéphanie Wattier.

Cette ouverture permet aux 47 chercheurs du Centre V&S de mieux saisir la complexité des phénomènes étudiés et d’éviter une approche purement normative. Elle favorise également des collaborations riches avec des partenaires extérieurs : associations de terrain, ONG, institutions publiques, magistrates et magistrats, avocates, avocats ou encore les responsables politiques. Ces échanges constants alimentent les recherches et renforcent leur impact sociétal.

Colloques et ouvrages : faire dialoguer droit et terrain

Chaque année, le Centre programme un colloque autour d’une thématique fédératrice, choisie en fonction des enjeux sociétaux contemporains. Ces rencontres constituent un temps fort de dialogue entre chercheuses, chercheurs, actrices et acteurs de terrain. Elles donnent souvent lieu à la publication d’ouvrages collectifs, conçus comme des outils de réflexion et d’action.

À l’occasion de son dixième anniversaire, le Centre a organisé un colloque consacré à un sujet à la fois sensible et essentiel : « Combattre les violences sexuelles ». Ce choix s’est imposé naturellement. « Beaucoup d’entre nous travaillaient, de près ou de loin, sur cette thématique. Et malgré leur ampleur, les violences sexuelles restent encore trop peu traitées en sciences juridiques », explique la co-directrice du Centre.

Combattre les violences sexuelles : une posture engagée

Le colloque anniversaire a rassemblé juristes, associations spécialisées (« Briser le silence » et « Lawyers Victims Assistance »), chercheuses et chercheurs d’autres disciplines, magistrates, magistrats, avocates, avocats, actrices et acteurs institutionnels. Cette diversité reflète la philosophie du Centre : croiser les regards pour mieux comprendre et agir. Les échanges ont porté sur une analyse juridique des violences sexuelles subies par différents publics, notamment les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les victimes de conflits armés ; mais également sur les lieux où elles se manifestent, qu’il s’agisse de la sphère familiale, numérique ou institutionnelle comme l’Église catholique, l’enseignement supérieur ou le monde médical.

De ces travaux est né un ouvrage collectif publié chez Larcier, intitulé « Combattre les violences sexuelles ». Le choix du titre n’est pas anodin. « Nous avons voulu adopter une posture clairement engagée. Le rôle de la doctrine juridique n’est pas seulement de décrire le droit, mais aussi de mettre en lumière des phénomènes trop longtemps tus ou banalisés », expliquent Stéphanie Wattier et Géraldine Mathieu, coordinatrices de l'ouvrage et codirectrices du Centre.

La publication met en évidence deux constats majeurs : les femmes et les enfants demeurent les principales victimes de violences sexuelles, et le droit, s’il est indispensable, reste insuffisant à lui seul. Les contributions soulignent les difficultés liées à la preuve, à la réparation des préjudices corporels et psychologiques, mais également les limites d’une réponse exclusivement pénale.

Prévenir pour mieux protéger

Au fil des colloques et des publications du Centre, qu’il s’agisse des violences de genre au prisme du droit ou du droit des personnes intersexes, un fil conducteur se dessine : la conviction que la prévention est essentielle. « Sanctionner ne suffit pas. Il faut agir en amont, sensibiliser, former, changer les mentalités. Le droit peut accompagner ces évolutions, mais il ne peut pas tout », insiste Stéphanie Wattier.

C’est précisément cette articulation entre droit, réalités de terrain et prévention qui fait la force du Centre Vulnérabilités et Sociétés depuis dix ans. En donnant la parole aux victimes, aux personnes de terrain et aux chercheuses et chercheurs, il contribue à faire évoluer les normes, les pratiques et, progressivement, la société elle-même. Après dix ans d’existence, le Centre poursuit son ambition : mettre le droit au service des personnes, pour qu’il devienne un véritable levier de protection, de reconnaissance et de transformation sociale.

Cet article est tiré de la rubrique "L'expert" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).

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Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence

Droit
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.

Stéphanie Wattier - Le genre au prisme du droit

Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique

Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.

Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.

L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.

La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.

Un ouvrage pour toutes et tous

Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.

Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.

L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité

L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.

Quand les étudiantes deviennent chercheuses : l'expérience de Lisa et Donaciene au sein de la Faculté de droit

Droit
Étudiants

Et si, dès le bachelier, les étudiants pouvaient contribuer à de vraies recherches scientifiques ? C'est le pari du dispositif « étudiant-chercheur », lancé à l'UNamur il y a plus de quinze ans. Donaciene Quoirin et Lisa Salmon, étudiantes en droit, l'ont expérimenté concrètement. Témoignages.

Manon Brulard, chercheuse, Lisa Salmon et Donaciene Quoirin, étudiantes en Faculté de droit

Un dispositif né d'une conviction : articuler enseignement et recherche dès le début du cursus

Lancé en 2010 par NARILIS (Namur Research Institute for Life Sciences), le dispositif «étudiant-chercheur » repose sur une idée simple, mais ambitieuse : permettre à des étudiants motivés de s'immerger dans une démarche de recherche dès leur bachelier. L'objectif n'est pas nécessairement de former de futurs académiques, mais de pousser les étudiants hors de leur zone de confort, de développer leur capacité à apprendre par eux-mêmes et à aborder des sujets complexes avec méthode et autonomie. Des atouts précieux, quelle que soit la carrière envisagée.

Aujourd'hui, ce modèle pédagogique fait son chemin au-delà de l’Institut NARILIS. À la Faculté de droit de l'UNamur, Donaciene Quoirin a tenté l’expérience l’année dernière dans le cadre de la rédaction d’un article scientifique aux côtés de Géraldine Mathieu, professeure de droit de la famille et de la jeunesse, et Bee Marique, avocate et collaboratrice didactique. Sa mission ? Recueillir la parole des enfants. Cette année, elle s’est engagée, avec Lisa Salmon, dans le projet CAPACITI, centré sur les droits de l'enfant en collaboration avec la chercheuse Manon Brulard.

Le projet CAPACITI : de la théorie au terrain

CAPACITI est un projet de recherche qui vise à impliquer les enfants dans la connaissance et la défense de leurs droits. Loin du travail de bureau, il implique d'aller directement à la rencontre des enfants, notamment dans les écoles, pour recueillir leur parole et comprendre comment ils perçoivent leurs droits.

Les étudiantes ont donc eu pour mission de concevoir des outils d'animation ludiques, mener des ateliers avec des classes, prendre des notes, animer des séquences

« On a par exemple créé un petit jeu qui s'appelait ‘D'accord, pas d'accord’, avec des pancartes ou encore un jeu des images pour relier un droit à son illustration… Des outils concrets qu'on a élaborés en collaboration avec Manon Brulard », explique Donaciene.

Lisa, de son côté, s'est concentrée sur le développement d'un jeu de société inspiré du Monopoly et du Trivial Pursuit, tout en participant activement aux animations sur le terrain. 

Plus récemment, elles ont aussi contribué à un travail de recherche approfondi sur les procédures d'audition d’enfants en droit belge. Un travail qui permettra de créer des fiches ludiques pour les enfants afin de répondre à toutes leurs questions sur la manière dont les auditions par le juge se déroulent.

Enfant qui s'exprime - Projet de recherche qui vise à davantage écoouter les enfants

Une expérience de terrain qui marque

Ce qui frappe Donaciene et Lisa, ce n'est pas seulement la richesse intellectuelle du projet, mais la réalité humaine qu'il révèle. Lors des animations dans les écoles, les enfants se livrent avec une facilité déconcertante, parfois sur des sujets très sensibles. 

« Ça fait deux heures qu'on est là et ils viennent nous parler de choses très personnelles. Je trouvais ça assez impressionnant », confie Donaciene.

Lisa, elle, a été frappée par le regard que les enfants portent parfois les uns sur les autres : « Ce qui m'a marqué, c'est que même entre eux, ils peuvent se juger. Des enfants qui essaient de parler, pas très sûrs d'eux, face à un groupe qui juge… »

Sur la question des droits eux-mêmes, le constat est clair : les enfants en connaissent peu, ou mal, la portée concrète. « C'est pour eux et c'est essentiel, mais ils n'en savent pas grand-chose », résume Lisa. Donaciene observe pour sa part deux profils : ceux qui savent qu'ils ont des droits, mais les perçoivent comme peu respectés face à l'autorité parentale, et ceux qui n'en ont jamais entendu parler.

Image
Manon Brulard, chercheuse en Faculté de droit

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira. »

Manon Brulard chercheuse en Faculté de droit

Une collaboration entre pairs, une dynamique inédite

Ce qui rend le dispositif pédagogique particulièrement original, c'est aussi la nature du lien entre la chercheuse et les étudiantes. Manon Brulard, chercheuse principale sur le projet, n'a que trois ans de plus que Donaciene et Lisa. Une proximité qui crée une dynamique de collaboration réelle, horizontale, loin du schéma classique encadrant-encadré.

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira », insiste Manon.

Pour elle, travailler avec des étudiantes-chercheuses rompt également l'isolement propre à la recherche : « La recherche est un travail très solitaire. Pouvoir échanger après les animations, partager les réflexions, c'est extrêmement enrichissant. »

Un tremplin, pas une contrainte de crédits

L'intégration du statut d'étudiant-chercheuse dans le cursus n'est pas anodine. Si Donaciene a d'abord participé de façon bénévole sous le statut étudiante-chercheuse à la rédaction d’un article scientifique, la participation des étudiantes au projet CAPACITI est aujourd'hui valorisée dans le cadre de leur stage de pratique juridique, à hauteur de 4 crédits.

Mais au-delà des crédits, c'est l'expérience elle-même qui prime. Donaciene le dit sans détour : voir une recherche de l'intérieur, de ses prémices à ses retombées concrètes, lui a ouvert des perspectives sur le métier de chercheur. Lisa, quant à elle, regrette que le dispositif soit encore trop peu visible : « Si je n'avais pas suivi l'option Droit de la jeunesse, je n'aurais jamais su que ce statut existait. »

Toutes deux espèrent poursuivre l'aventure l'an prochain et peut-être, un jour, faire de la recherche leur métier. Sous réserve, soulèvent-elles avec lucidité, que les critères d'accès à la carrière académique ne viennent pas fermer des portes à des étudiants pourtant déjà riches d'une expérience concrète et précieuse.

Logos Interreg et Capaciti

Des étudiants à la rencontre d’élèves du secondaire autour de l’État de droit

Droit

En novembre dernier, à l’occasion de la Semaine de l’État de droit, des étudiants de la Faculté de droit de l’UNamur sont allés à la rencontre d’élèves de 5e et de 6e secondaire. Leur objectif : dialoguer autour des grands principes de l’État de droit et de la démocratie, à l’heure de l’IA et de la multiplication des dérives autoritaires.

Classe d'étudiants du secondaire

De plus en plus menacé à travers le monde, l’État de droit est une notion méconnue dans ses grands principes et ses nuances. C’est pourquoi le Conseil supérieur de la Justice organise, chaque année en novembre, la Semaine de l’État de droit durant laquelle des étudiants en droit se rendent dans les écoles secondaires pour initier les jeunes à cette notion et les inviter à « un dialogue critique, mais informé ». 

« Dans le cadre de la partie pratique de leurs travaux de fin de cycle, les étudiants de bloc 3 qui ont opté pour un service-learning ont développé un atelier de deux heures à l’attention d’élèves de 5e et de 6e secondaire. », explique Alix Gobert, assistante à la Faculté de droit de l’UNamur. Ils se sont ensuite rendus par groupe de quatre dans des classes de sciences sociales, d’histoire, d’économie et de géographie de plusieurs écoles namuroises. « Cette intervention leur a permis d’échanger avec des élèves qui sont un peu plus jeunes, mais restent quand même dans leur tranche d’âge », commente Olga Thiry, également assistante à l’UNamur. « Il s’agit donc d’un vrai dialogue entre jeunes, à propos de sujets d’actualité brûlants. »

État de droit, réseaux sociaux et IA

Certains groupes d’étudiants ont pris en compte la grande familiarité de leur auditoire avec les réseaux sociaux et l’IA, pour se concentrer sur cet aspect. Ils ont notamment abordé plusieurs faits d’actualité récents comme les vidéos générées par IA à l’initiative du Fidesz. Dans l’une d’elle, le parti du premier ministre hongrois Viktor Orbán, montre Péter Magyar, son principal opposant, annoncer (chose qu’il n’a jamais faite) sa volonté d’instaurer une baisse des retraites… « Ce genre d’exemple parle tout de suite à des jeunes très familiers de ces technologies », commente Alix Gobert. « Cela a permis aussi d’aborder le problème du pluralisme et la manière dont les jeunes s’informent. Il en ressort que, même s’ils ne savent pas toujours comment en sortir, ils sont bien conscients que s’informer par les seuls réseaux sociaux ne suffit pas. » Pour les étudiants, cet exercice a aussi été une manière de s’éloigner automatiquement de l’IA. « Avec l’IA générative, la réalisation de travaux à la maison a de moins en moins de sens… », commente Alix Gobert. « On a toujours un soupçon… Ce genre de travail permet en revanche de vérifier l’aisance des étudiants à l’oral, de tester d’autres manières de faire. Et je dois dire que j’ai rarement vu mes étudiants aussi motivés… » Donner aux étudiants la possibilité d’initier d’autres jeunes à une notion aussi cruciale que l’État de droit, c’est enfin, estime Olga Thiry, une manière d’allier « rigueur de l’enseignement » et travail académique « porteur de sens ».  

Qu’est-ce que l’état de droit ?

L'État de droit consacre les règles de droit en tant qu’instruments de régulation de l’organisation politique et sociale. Il constitue le cadre juridique des démocraties. Il s’oppose à deux autres types d’État : l’État policier et l’État légal. Dans un État policier, la loi est élaborée et mise en œuvre par l’État lui-même : le gouvernement exerce son pouvoir de manière autoritaire et arbitraire, sans encadrement juridique comme dans les régimes totalitaires du Troisième Reich et de l’URSS. Dans l’État légal, l’État est soumis à la loi votée par un Parlement qui ne connaît pas d’autorité qui lui soit supérieure : le législateur y conçoit la loi sans aucune entrave, comme ce fut le cas en France sous la IIIe République. Dans un État de droit, le pouvoir politique est soumis à des règles de droit hiérarchisées, ce qui suppose le respect de trois grands principes : la hiérarchie des normes, l'égalité devant la loi, la séparation des pouvoirs.

La hiérarchie des normes

Ce classement des règles de droit (constitution, lois, arrêtés…) permet de déterminer quelles règles de niveau supérieur doivent être respectées par les règles de niveau inférieur, ce qui permet d'éviter de nombreux conflits entre des normes qui, sans cette hiérarchie, se concurrenceraient ou se contrediraient. Le respect de la hiérarchie des normes est assuré par de nombreuses juridictions, dont le Conseil d'État, la Cour constitutionnelle et les cours et tribunaux.

L’égalité devant la loi

L’égalité devant la loi implique que la loi est la même pour tout sujet de droit, personnes physiques (les individus) et personnes morales (les organisations). L'État est lui-même considéré comme une personne morale et ses décisions sont soumises au principe de légalité.

La séparation des pouvoirs

La séparation des pouvoirs s’oppose à la monarchie absolue où tous les pouvoirs étaient exercés par le monarque. Elle reconnaît trois pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), exercés par des organes distincts, indépendants les uns des autres. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, le pouvoir exécutif est détenu par le chef de l’État et les membres du Gouvernement, le pouvoir judiciaire revient aux juridictions.

Baromètre de la Justice : la confiance des citoyens en chute libre 

Le Conseil supérieur de la Justice réalise depuis 2002 un sondage d’opinion pour connaître la perception et l’opinion de la population belge sur la justice, et ainsi mettre en place des initiatives pour en améliorer le fonctionnement. Le constat est sévère : depuis 2010, la confiance des citoyens dans la Justice a baissé systématiquement, passant de 66 % en 2007 à 54 % en 2024. La Justice obtient donc un résultat plus faible que l’enseignement et la police (huit Belges sur dix leur accordent leur confiance), mais son résultat est meilleur que celui de la presse, du Parlement, du gouvernement et des institutions religieuses (auxquels seuls quatre à cinq Belges sur dix font aujourd’hui confiance). Plus d’un tiers des Belges estiment ainsi, en 2024, que le fonctionnement de la Justice s’est détérioré. Six Belges sur dix estiment par ailleurs que le système judiciaire ne communique pas suffisamment sur son fonctionnement. La Justice est aussi perçue comme peu accessible : six Belges sur dix estiment que l’accès à la Justice est inabordable et que le langage juridique n’est pas suffisamment clair.

Cet article est tiré de la rubrique "Tomorrow Learn" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).

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Dix ans du Centre Vulnérabilités et Sociétés Penser le droit au plus près des réalités humaines

Droit

Créé il y a une dizaine d’années au sein de la Faculté de droit de l’UNamur, le Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) s’est imposé comme un espace de recherche et de réflexion engagé sur les situations de vulnérabilité contemporaines. Né de la fusion de deux centres existants (PROJUCIT et Droits fondamentaux et lien social), il s’est progressivement structuré autour d’un objectif clair : analyser la manière dont le droit appréhende les réalités vécues par les personnes affectées par la pauvreté, la précarité, les discriminations ou dont les droits fondamentaux risquent d’être compromis.

Photo d'une personne feuilletant le livre "Combattre les violences sexuelles"

Plutôt que de chercher à définir abstraitement la vulnérabilité, le Centre a fait le choix de s’intéresser avant tout aux personnes vulnérables et aux contextes dans lesquels elles évoluent. Femmes, enfants, personnes âgées, victimes, personnes en situation de handicap ou appartenant à des minorités de genre… constituent ainsi le cœur des préoccupations scientifiques du Centre. « Nous partons toujours du terrain, des expériences vécues, pour interroger ensuite le droit et sa capacité à protéger, réparer ou prévenir », explique Stéphanie Wattier, co-directrice du Centre.

Stéphanie Wattier - Centre Vulnérabilités et Sociétés - Faculté de droit de l'UNamur
Stéphanie Wattier, co-directrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S)

Un centre ancré dans l’interdisciplinarité et les transitions sociétales

Depuis son intégration dans l’Institut de recherche Transitions en 2024, le Centre V&S a renforcé son ADN interdisciplinaire. Si le droit reste son point d’ancrage, le dialogue avec d’autres disciplines (philosophie, histoire, sciences politiques, géographie, etc.) est essentiel. « Le droit est indispensable pour structurer la société, mais il arrive souvent trop tard. Il doit être nourri par les analyses sociologiques, anthropologiques ou médicales pour réellement faire évoluer les normes », souligne Stéphanie Wattier.

Cette ouverture permet aux 47 chercheurs du Centre V&S de mieux saisir la complexité des phénomènes étudiés et d’éviter une approche purement normative. Elle favorise également des collaborations riches avec des partenaires extérieurs : associations de terrain, ONG, institutions publiques, magistrates et magistrats, avocates, avocats ou encore les responsables politiques. Ces échanges constants alimentent les recherches et renforcent leur impact sociétal.

Colloques et ouvrages : faire dialoguer droit et terrain

Chaque année, le Centre programme un colloque autour d’une thématique fédératrice, choisie en fonction des enjeux sociétaux contemporains. Ces rencontres constituent un temps fort de dialogue entre chercheuses, chercheurs, actrices et acteurs de terrain. Elles donnent souvent lieu à la publication d’ouvrages collectifs, conçus comme des outils de réflexion et d’action.

À l’occasion de son dixième anniversaire, le Centre a organisé un colloque consacré à un sujet à la fois sensible et essentiel : « Combattre les violences sexuelles ». Ce choix s’est imposé naturellement. « Beaucoup d’entre nous travaillaient, de près ou de loin, sur cette thématique. Et malgré leur ampleur, les violences sexuelles restent encore trop peu traitées en sciences juridiques », explique la co-directrice du Centre.

Combattre les violences sexuelles : une posture engagée

Le colloque anniversaire a rassemblé juristes, associations spécialisées (« Briser le silence » et « Lawyers Victims Assistance »), chercheuses et chercheurs d’autres disciplines, magistrates, magistrats, avocates, avocats, actrices et acteurs institutionnels. Cette diversité reflète la philosophie du Centre : croiser les regards pour mieux comprendre et agir. Les échanges ont porté sur une analyse juridique des violences sexuelles subies par différents publics, notamment les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les victimes de conflits armés ; mais également sur les lieux où elles se manifestent, qu’il s’agisse de la sphère familiale, numérique ou institutionnelle comme l’Église catholique, l’enseignement supérieur ou le monde médical.

De ces travaux est né un ouvrage collectif publié chez Larcier, intitulé « Combattre les violences sexuelles ». Le choix du titre n’est pas anodin. « Nous avons voulu adopter une posture clairement engagée. Le rôle de la doctrine juridique n’est pas seulement de décrire le droit, mais aussi de mettre en lumière des phénomènes trop longtemps tus ou banalisés », expliquent Stéphanie Wattier et Géraldine Mathieu, coordinatrices de l'ouvrage et codirectrices du Centre.

La publication met en évidence deux constats majeurs : les femmes et les enfants demeurent les principales victimes de violences sexuelles, et le droit, s’il est indispensable, reste insuffisant à lui seul. Les contributions soulignent les difficultés liées à la preuve, à la réparation des préjudices corporels et psychologiques, mais également les limites d’une réponse exclusivement pénale.

Prévenir pour mieux protéger

Au fil des colloques et des publications du Centre, qu’il s’agisse des violences de genre au prisme du droit ou du droit des personnes intersexes, un fil conducteur se dessine : la conviction que la prévention est essentielle. « Sanctionner ne suffit pas. Il faut agir en amont, sensibiliser, former, changer les mentalités. Le droit peut accompagner ces évolutions, mais il ne peut pas tout », insiste Stéphanie Wattier.

C’est précisément cette articulation entre droit, réalités de terrain et prévention qui fait la force du Centre Vulnérabilités et Sociétés depuis dix ans. En donnant la parole aux victimes, aux personnes de terrain et aux chercheuses et chercheurs, il contribue à faire évoluer les normes, les pratiques et, progressivement, la société elle-même. Après dix ans d’existence, le Centre poursuit son ambition : mettre le droit au service des personnes, pour qu’il devienne un véritable levier de protection, de reconnaissance et de transformation sociale.

Cet article est tiré de la rubrique "L'expert" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).

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Événements

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Quels liens entre la Faculté de droit et la société ?

La Faculté de droit de l’UNamur entretient des partenariats forts avec les institutions publiques, les entreprises, les organisations, les associations, les cabinets d’avocats et ses alumni. 

La Faculté propose de nombreuses formations continues aux professionnels du droit. Elle met son expertise au service de l’ensemble de la société à travers l’organisation de conférences ou de publications.

Recherche en droit - Table ronde avec des chercheurs et des acteurs de terrain organisée par le Centre de recherche V&S

Quelles collaborations internationales à la Faculté de droit ?

Les chercheurs de la Faculté de droit de l'UNamur participent à de nombreux projets de recherche internationaux.

La Faculté s'implique également dans les programmes : 

Collaborations internationales en Faculté de droit
Faculté de droit - Professeurs et étudiants

Pourquoi choisir la Faculté de droit de l’UNamur ?

Faculté de droit - Professeurs et étudiants

Pédagogie active

Stages, procès simulés, concours de plaidoiries, concours d’éloquence, cliniques du droit… Dès le bachelier, les étudiants sont plongés au cœur de la pratique professionnelle.

Fil rouge

Thématique annuelle qui réunit étudiants et enseignants de la Faculté, tous blocs et programmes confondus.

Ancrée dans la société

Nombreux partenariats avec des professionnels du droit.

Formations continues

Bachelier en horaire décalé, masters de spécialisations, certificats et formations accréditées.

Approche multidisciplinaire

Au sein de ses centres de recherche et des instituts de recherche de l’UNamur.

Enjeux sociétaux

Droit & numérique ; droit & vulnérabilités ; droit des obligations ; droit de l’environnement, paix, justice & institutions.

Bibliothèque de la Faculté

La bibliothèque de la Faculté de droit possède environ 20.000 ouvrages et est abonnée à environ 150 périodiques couvrant les différentes branches du droit. Elle abrite également le Centre de documentation du CRIDS (Centre de Recherche Information, Droit, Société) mais aussi le centre de documentation de Vulnérabilités et Sociétés.

Contacts

Secrétariat des cours de jour

Delphine Liévin

Secrétariat des cours à horaire décalé

Merry Hamwi

Secrétariat du master de spécialisation en droit du numérique

Sarah Fievet