La Faculté de droit de l’UNamur propose un enseignement rigoureux, enrichi par des méthodes pédagogiques actives et une recherche de haut niveau. Elle forme des juristes sensibles aux enjeux sociétaux, numériques et durables. Elle entretient des liens étroits avec le monde académique et professionnel, en Belgique et à l’international, notamment via ses centres de recherche et ses formations continues. Que vous soyez étudiant, chercheur ou professionnel du droit, rejoignez notre communauté où le droit vise à construire un avenir juste et durable.

Quels programmes d’étude en Faculté de droit de l’UNamur ?

À la Faculté de droit, l’étudiant acquiert des compétences juridiques solides, critiques et humaines. Il est plongé au cœur des métiers juridiques grâce à des méthodes pédagogiques actives, un accompagnement personnalisé et des liens forts entre enseignement, recherche et pratique professionnelle.

La Faculté propose des programmes de bachelier en horaire de jour et décalé, de master de spécialisation, de doctorat et de formation continue. Elle organise aussi un programme en immersion trilingue, un double bac droit-philo, et des formations complémentaires au bachelier en droit en économie, en gestion et en sciences politiques.

Etudes en droit - Professeur de l'UNamur donnant cours

Quels thèmes de recherche en droit à l’UNamur ?

La recherche à la Faculté de droit éclaire les grands enjeux contemporains : droit et numérique, justice sociale, transition écologique, responsabilité civile. Elle axe ses priorités autour de 3 entités de recherche :

Les chercheurs collaborent avec des professionnels du droit, des institutions belges et internationales. Ils renforcent ainsi l’impact académique et sociétal de leurs travaux.

Droit études

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Actualités

Apprendre le droit autrement grâce à la ludopédagogie

Didactique
Pédagogie
Droit

Jeux de rôle, de cartes, de plateau, escape game… Depuis plusieurs années, les équipes d’assistantes et assistants de l’unité de droit des obligations renouvellent les séances de travaux pratiques grâce à la ludopédagogie. Une approche pédagogique qui transforme les cours en espaces d’échanges et de collaboration, tout en renforçant la motivation et l’engagement des étudiants.

Ludopédagogie

La ludopédagogie repose sur un principe simple : apprendre en jouant. Initiée au sein de la Faculté de droit en 2023 par Sarah Larielle, assistante, cette pédagogie a été progressivement développée et enrichie au sein des séances de travaux pratiques du cours de droit des obligations. « L’objectif est double : renforcer l’implication de nos étudiants en séance tout en les sensibilisant à certains enjeux sociétaux, à partir de cas pratiques susceptibles de faire écho à leur vie étudiante », souligne Eva Gillard, assistante et doctorante à la Faculté de droit.

Concrètement, les étudiants découvrent les notions à travers des activités ludiques avant de les mobiliser dans divers jeux et mises en situation. « Les séances sont variées et poursuivent des objectifs pédagogiques différents : mobiliser et découvrir des notions clés, développer l’argumentation, apprendre à structurer ses réponses etc. », explique Eva Gillard. Cette approche transforme également le rôle des assistants. « Nous circulons de groupe en groupe, nous nous asseyons avec les étudiants et nous les guidons par le questionnement plutôt que de leur donner directement les réponses. Ils expérimentent, confrontent leurs idées, échangent entre eux et avec l’assistant afin de construire progressivement leur propre raisonnement. » 

Afin de soutenir cette évolution cette évolution pédagogique, l’équipe a bénéficié d’un financement PUNCH (Pédagogie Universitaire Namuroise en Changement). Celui-ci a permis de concevoir de nouvelles séances de A à Z, mais aussi de personnaliser et professionnaliser les supports pédagogiques. La Faculté de droit dispose désormais de matériel solide, durable et réutilisable d’année en année. 

Découvrir une séance en images

Vidéo ludopédagogie

Un escape game pour préparer l’examen

Parmi les nouveautés de cette année figure un escape game interactif, entièrement imaginé par l’équipe d’assistants pour préparer les étudiants à l’examen. Réalisé sur la plateforme Genially, il plonge les participants dans la peau d’un avocat stagiaire. Répartis en groupes de trois, ils reçoivent un dossier papier accompagné d’une mission : démontrer leur maîtrise du dossier afin d’accéder aux conclusions, enfermées dans le coffre-fort du cabinet.

Escape game G

À partir de fausses pièces du dossier (notes de consultation, rapport d’expertise, images de vidéosurveillance), les étudiants analysent les faits avant de poursuivre l’enquête en ligne. Au fil de leur progression, ils répondent à une série de questions, résolvent différentes énigmes et récoltent les indices nécessaires pour reconstituer le mot de passe ouvrant le coffre-fort. « Avec cet exercice, les étudiants parcourent l’ensemble de la matière à travers un cas pratique proche de celui qu’ils rencontreront à l’examen. »

Escape game

Les atouts de cette pédagogie

Les bénéfices de cette pédagogie sont visibles tant auprès des étudiants que des assistants. « C’est une approche qui porte ses fruits depuis trois ans.  Nos étudiants se montrent plus motivés, plus impliqués et développent une réflexion plus approfondie que dans des exercices plus traditionnels », souligne Eva Gillard. 

Un retour positif qui a été confirmé par une enquête réalisée auprès des étudiants ayant bénéficié de ces nouveaux dispositifs pédagogiques :

  • La pédagogie mise en place est le premier facteur ayant renforcé la participation et l’implication des étudiants durant les travaux pratiques.
  • La posture des assistants, présents au sein des groupes et assis parmi les étudiants lors des échanges, est le deuxième facteur ayant stimulé leur engagement.
  • Les séances de travaux pratiques obtiennent une excellente évaluation, avec une moyenne d’appréciation d’environ 8,5/10.
  • Le jeu de plateau et l’escape game, entièrement réalisés grâce au financement PUNCH, sont les séances préférées des étudiants.

Les étudiants témoignent

Pauline : « Les séances de travaux pratiques elles nous permettent de développer des automatismes et d’apprendre de manière beaucoup plus active. Ça nous permet de mettre en application la théorie qu’on a vue au cours magistral de manière beaucoup plus ludique et attrayante. »

Chiara : « Les séances de travaux pratiques me permettent d’apprendre la matière plus concrètement. Quand on va en séance de TP, c’est plus amusant, c’est plus concret. On apprend à associer ensemble certaines formes de régimes auxquelles on n’aurait pas forcément pensé en cours. »

Foly : « L’apprentissage sous forme ludopédagogique est très intéressant. On apprend en s’amusant, cela change du cadre d’apprentissage habituel, que ce soit en secondaire ou qu’on a déjà fait dans d’autres matières, où ce sont des cours vraiment très théoriques. Là on s’amuse, on discute en même temps. Ça permet aussi de créer des liens je trouve. »

Plateau

Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir

Droit

230 participants, 25 contributions, une conviction commune : les violences intrafamiliales exigent d’être étudiées autrement. Ni marginales ni accidentelles, elles constituent un phénomène social majeur, profondément ancré, dont les manifestations dépassent largement les formes les plus visibles. Un colloque organisé à l’UNamur et un ouvrage collectif renouvellent en profondeur notre compréhension du phénomène.

Caricature des personnes impliquées dans le colloque consacré aux violences intrafamiliales

Si les violences intrafamiliales occupent une place croissante dans le débat public, cela ne signifie pas qu'elles soient pleinement comprises. Au contraire. C'est à partir de ce constat qu'est né le colloque bisannuel de l'Association Famille & Droit, coprésidée par la professeure Géraldine Mathieu et le professeur Yves-Henri Leleu, qui rassemble les professeurs de droit de la famille des universités francophones de Belgique. Organisé avec le soutien de l'Unité « Droits de l'enfant » du Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l'UNamur et du SMAJ (Service Marchois d'Aide aux Justiciables), il a réuni 230 chercheurs, magistrats, avocats, psychologues et acteurs de terrain autour d'une même conviction : mieux comprendre un phénomène complexe pour mieux y répondre. Cette réflexion collective s'est prolongée par la publication de l'ouvrage collectif Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir. Une approche interdisciplinaire et systémique, publié chez Larcier-Intersentia sous la direction de la professeure Géraldine Mathieu.

Image
Photo  de Géraldine Mathieu, professeure à la Faculté de droit et co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés

« Avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ». 

Géraldine Mathieu Co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés et professeure de droit de la famille.

Dépasser les évidences

« Il existe des sujets dont une société ne parle jamais trop, à condition qu'elle continue à apprendre et à se remettre en question », affirme Géraldine Mathieu. L'un des fils conducteurs du colloque et de l'ouvrage est précisément l'invitation à « avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».

Comprendre, nommer, agir : ces trois verbes structurent l'ouvrage comme ils ont structuré le colloque. Trois verbes qui, selon la professeure, « se sont imposés naturellement », tant ils reflètent une exigence éthique autant qu'intellectuelle face à des réalités qui « résistent aux explications simplistes ».

Le contrôle coercitif : déplacer le regard pour comprendre

L'une des contributions majeures de l'ouvrage est de placer le concept de contrôle coercitif au cœur de l'analyse. « Il nous invite à déplacer notre regard », explique Géraldine Mathieu. « Il nous rappelle que les violences intrafamiliales ne se résument pas à quelques épisodes visibles, mais peuvent s'inscrire dans une dynamique progressive d'emprise et de domination. »

Ce concept permet de saisir une réalité longtemps sous-estimée : une personne peut progressivement perdre sa liberté, sa confiance en elle ou son autonomie sans qu'il y ait nécessairement de violences physiques. Isolement, surveillance, contrôle des finances ou des déplacements, dévalorisation systématique… autant de mécanismes qui construisent une emprise durable, dont les conséquences peuvent être tout aussi dévastatrices que les violences physiques. L'ouvrage explore comment ce concept, désormais reconnu dans le paysage juridique belge, oblige le droit à mieux écouter les victimes et à « prendre au sérieux des réalités qui échappaient parfois à nos catégories habituelles », explique Géraldine Mathieu.

Colloque violences intrafamiliales - Dessin expliquant le contrôle Coercitif

Les violences invisibles : nommer pour reconnaître

L'ouvrage accorde aussi une place importante aux violences invisibles (psychologiques, économiques, administratives ou numériques), celles qui se poursuivent après la séparation et celles qui touchent les enfants. « Nommer, c'est déjà reconnaître. Et reconnaître, c'est permettre une meilleure protection », souligne Géraldine Mathieu.

Ces violences posent un défi majeur : elles résistent aux catégories juridiques existantes, échappent souvent aux dispositifs de signalement et restent sous-documentées. Les contributions de l'ouvrage s'attellent à les rendre visibles à travers des approches statistiques, sociologiques et cliniques, tout en interrogeant les angles morts des politiques publiques. Car comme le formule Géraldine Mathieu : « les mots ne servent pas seulement à décrire le monde. Identifier une violence, c'est reconnaître ce que vivent les victimes et mieux saisir les mécanismes qui sont à l'œuvre. »

Le droit est indispensable, mais il ne peut agir seul

Face à cette complexité, les approches cloisonnées montrent leurs limites. L'ouvrage réunit 25 contributions d'académiques, de magistrats, d'avocats, de cliniciens et d'acteurs de terrain, avec une conviction partagée : « les réponses les plus pertinentes naissent lorsque chacun apporte son expérience et accepte d'apprendre des autres. »

Le droit (pénal, familial, patrimonial, de la jeunesse) y est analysé en profondeur, aux niveaux belge, européen et international, mais constamment mis en dialogue avec la psychologie, la sociologie et les pratiques de terrain.

Le colloque a incarné cette même logique. En réunissant dans une même salle des professionnels qui ne se croisent pas toujours, il a permis l'émergence de nouvelles perspectives. « Lorsque des professionnels qui n'ont pas toujours les mêmes pratiques prennent le temps de s'écouter, de nouvelles idées émergent et chacun repart un peu transformé », observe Géraldine Mathieu. Le résultat a dépassé ses attentes : pour Marie-Amélie Delvaux, avocate et chargée de cours à la Faculté de droit, la journée a été « retournante » : « on repart avec des outils concrets, les orateurs nous ont embarqués dans leur combat. »

L'ouvrage prolonge cet élan en présentant des dispositifs innovants et des pratiques inspirantes pour améliorer le repérage, la prévention et l'accompagnement des victimes. 

Le Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S)

Le Centre de recherche Vulnérabilités & Sociétés de l’UNamur développe une approche résolument interdisciplinaire des situations de vulnérabilité humaine, à la croisée du droit, de la psychologie et des sciences sociales. Il accorde une attention particulière aux populations fragilisées et aux droits fondamentaux.

Sa spécificité repose sur une double ambition : produire des connaissances rigoureuses et favoriser le dialogue entre savoirs académiques et pratiques de terrain.

« Aborder des sujets graves avec rigueur, mais aussi avec assez d’ouverture pour apprendre des autres », résume Géraldine Mathieu, co-directrice du centre.

Au-delà de la recherche et de l’enseignement, V&S se conçoit comme un lieu de rencontre entre le monde académique et le terrain, convaincu que les connaissances prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées et mises en discussion. Une mission pleinement illustrée par ce colloque et l’ouvrage qui l’accompagne.

Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence

Droit
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.

Stéphanie Wattier - Le genre au prisme du droit

Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique

Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.

Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.

L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.

La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.

Un ouvrage pour toutes et tous

Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.

Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.

L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité

L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.

Quand les étudiantes deviennent chercheuses : l'expérience de Lisa et Donaciene au sein de la Faculté de droit

Droit
Étudiants

Et si, dès le bachelier, les étudiants pouvaient contribuer à de vraies recherches scientifiques ? C'est le pari du dispositif « étudiant-chercheur », lancé à l'UNamur il y a plus de quinze ans. Donaciene Quoirin et Lisa Salmon, étudiantes en droit, l'ont expérimenté concrètement. Témoignages.

Manon Brulard, chercheuse, Lisa Salmon et Donaciene Quoirin, étudiantes en Faculté de droit

Un dispositif né d'une conviction : articuler enseignement et recherche dès le début du cursus

Lancé en 2010 par NARILIS (Namur Research Institute for Life Sciences), le dispositif «étudiant-chercheur » repose sur une idée simple, mais ambitieuse : permettre à des étudiants motivés de s'immerger dans une démarche de recherche dès leur bachelier. L'objectif n'est pas nécessairement de former de futurs académiques, mais de pousser les étudiants hors de leur zone de confort, de développer leur capacité à apprendre par eux-mêmes et à aborder des sujets complexes avec méthode et autonomie. Des atouts précieux, quelle que soit la carrière envisagée.

Aujourd'hui, ce modèle pédagogique fait son chemin au-delà de l’Institut NARILIS. À la Faculté de droit de l'UNamur, Donaciene Quoirin a tenté l’expérience l’année dernière dans le cadre de la rédaction d’un article scientifique aux côtés de Géraldine Mathieu, professeure de droit de la famille et de la jeunesse, et Bee Marique, avocate et collaboratrice didactique. Sa mission ? Recueillir la parole des enfants. Cette année, elle s’est engagée, avec Lisa Salmon, dans le projet CAPACITI, centré sur les droits de l'enfant en collaboration avec la chercheuse Manon Brulard.

Le projet CAPACITI : de la théorie au terrain

CAPACITI est un projet de recherche qui vise à impliquer les enfants dans la connaissance et la défense de leurs droits. Loin du travail de bureau, il implique d'aller directement à la rencontre des enfants, notamment dans les écoles, pour recueillir leur parole et comprendre comment ils perçoivent leurs droits.

Les étudiantes ont donc eu pour mission de concevoir des outils d'animation ludiques, mener des ateliers avec des classes, prendre des notes, animer des séquences

« On a par exemple créé un petit jeu qui s'appelait ‘D'accord, pas d'accord’, avec des pancartes ou encore un jeu des images pour relier un droit à son illustration… Des outils concrets qu'on a élaborés en collaboration avec Manon Brulard », explique Donaciene.

Lisa, de son côté, s'est concentrée sur le développement d'un jeu de société inspiré du Monopoly et du Trivial Pursuit, tout en participant activement aux animations sur le terrain. 

Plus récemment, elles ont aussi contribué à un travail de recherche approfondi sur les procédures d'audition d’enfants en droit belge. Un travail qui permettra de créer des fiches ludiques pour les enfants afin de répondre à toutes leurs questions sur la manière dont les auditions par le juge se déroulent.

Enfant qui s'exprime - Projet de recherche qui vise à davantage écoouter les enfants

Une expérience de terrain qui marque

Ce qui frappe Donaciene et Lisa, ce n'est pas seulement la richesse intellectuelle du projet, mais la réalité humaine qu'il révèle. Lors des animations dans les écoles, les enfants se livrent avec une facilité déconcertante, parfois sur des sujets très sensibles. 

« Ça fait deux heures qu'on est là et ils viennent nous parler de choses très personnelles. Je trouvais ça assez impressionnant », confie Donaciene.

Lisa, elle, a été frappée par le regard que les enfants portent parfois les uns sur les autres : « Ce qui m'a marqué, c'est que même entre eux, ils peuvent se juger. Des enfants qui essaient de parler, pas très sûrs d'eux, face à un groupe qui juge… »

Sur la question des droits eux-mêmes, le constat est clair : les enfants en connaissent peu, ou mal, la portée concrète. « C'est pour eux et c'est essentiel, mais ils n'en savent pas grand-chose », résume Lisa. Donaciene observe pour sa part deux profils : ceux qui savent qu'ils ont des droits, mais les perçoivent comme peu respectés face à l'autorité parentale, et ceux qui n'en ont jamais entendu parler.

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Manon Brulard, chercheuse en Faculté de droit

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira. »

Manon Brulard chercheuse en Faculté de droit

Une collaboration entre pairs, une dynamique inédite

Ce qui rend le dispositif pédagogique particulièrement original, c'est aussi la nature du lien entre la chercheuse et les étudiantes. Manon Brulard, chercheuse principale sur le projet, n'a que trois ans de plus que Donaciene et Lisa. Une proximité qui crée une dynamique de collaboration réelle, horizontale, loin du schéma classique encadrant-encadré.

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira », insiste Manon.

Pour elle, travailler avec des étudiantes-chercheuses rompt également l'isolement propre à la recherche : « La recherche est un travail très solitaire. Pouvoir échanger après les animations, partager les réflexions, c'est extrêmement enrichissant. »

Un tremplin, pas une contrainte de crédits

L'intégration du statut d'étudiant-chercheuse dans le cursus n'est pas anodine. Si Donaciene a d'abord participé de façon bénévole sous le statut étudiante-chercheuse à la rédaction d’un article scientifique, la participation des étudiantes au projet CAPACITI est aujourd'hui valorisée dans le cadre de leur stage de pratique juridique, à hauteur de 4 crédits.

Mais au-delà des crédits, c'est l'expérience elle-même qui prime. Donaciene le dit sans détour : voir une recherche de l'intérieur, de ses prémices à ses retombées concrètes, lui a ouvert des perspectives sur le métier de chercheur. Lisa, quant à elle, regrette que le dispositif soit encore trop peu visible : « Si je n'avais pas suivi l'option Droit de la jeunesse, je n'aurais jamais su que ce statut existait. »

Toutes deux espèrent poursuivre l'aventure l'an prochain et peut-être, un jour, faire de la recherche leur métier. Sous réserve, soulèvent-elles avec lucidité, que les critères d'accès à la carrière académique ne viennent pas fermer des portes à des étudiants pourtant déjà riches d'une expérience concrète et précieuse.

Logos Interreg GR Capaciti

Apprendre le droit autrement grâce à la ludopédagogie

Didactique
Pédagogie
Droit

Jeux de rôle, de cartes, de plateau, escape game… Depuis plusieurs années, les équipes d’assistantes et assistants de l’unité de droit des obligations renouvellent les séances de travaux pratiques grâce à la ludopédagogie. Une approche pédagogique qui transforme les cours en espaces d’échanges et de collaboration, tout en renforçant la motivation et l’engagement des étudiants.

Ludopédagogie

La ludopédagogie repose sur un principe simple : apprendre en jouant. Initiée au sein de la Faculté de droit en 2023 par Sarah Larielle, assistante, cette pédagogie a été progressivement développée et enrichie au sein des séances de travaux pratiques du cours de droit des obligations. « L’objectif est double : renforcer l’implication de nos étudiants en séance tout en les sensibilisant à certains enjeux sociétaux, à partir de cas pratiques susceptibles de faire écho à leur vie étudiante », souligne Eva Gillard, assistante et doctorante à la Faculté de droit.

Concrètement, les étudiants découvrent les notions à travers des activités ludiques avant de les mobiliser dans divers jeux et mises en situation. « Les séances sont variées et poursuivent des objectifs pédagogiques différents : mobiliser et découvrir des notions clés, développer l’argumentation, apprendre à structurer ses réponses etc. », explique Eva Gillard. Cette approche transforme également le rôle des assistants. « Nous circulons de groupe en groupe, nous nous asseyons avec les étudiants et nous les guidons par le questionnement plutôt que de leur donner directement les réponses. Ils expérimentent, confrontent leurs idées, échangent entre eux et avec l’assistant afin de construire progressivement leur propre raisonnement. » 

Afin de soutenir cette évolution cette évolution pédagogique, l’équipe a bénéficié d’un financement PUNCH (Pédagogie Universitaire Namuroise en Changement). Celui-ci a permis de concevoir de nouvelles séances de A à Z, mais aussi de personnaliser et professionnaliser les supports pédagogiques. La Faculté de droit dispose désormais de matériel solide, durable et réutilisable d’année en année. 

Découvrir une séance en images

Vidéo ludopédagogie

Un escape game pour préparer l’examen

Parmi les nouveautés de cette année figure un escape game interactif, entièrement imaginé par l’équipe d’assistants pour préparer les étudiants à l’examen. Réalisé sur la plateforme Genially, il plonge les participants dans la peau d’un avocat stagiaire. Répartis en groupes de trois, ils reçoivent un dossier papier accompagné d’une mission : démontrer leur maîtrise du dossier afin d’accéder aux conclusions, enfermées dans le coffre-fort du cabinet.

Escape game G

À partir de fausses pièces du dossier (notes de consultation, rapport d’expertise, images de vidéosurveillance), les étudiants analysent les faits avant de poursuivre l’enquête en ligne. Au fil de leur progression, ils répondent à une série de questions, résolvent différentes énigmes et récoltent les indices nécessaires pour reconstituer le mot de passe ouvrant le coffre-fort. « Avec cet exercice, les étudiants parcourent l’ensemble de la matière à travers un cas pratique proche de celui qu’ils rencontreront à l’examen. »

Escape game

Les atouts de cette pédagogie

Les bénéfices de cette pédagogie sont visibles tant auprès des étudiants que des assistants. « C’est une approche qui porte ses fruits depuis trois ans.  Nos étudiants se montrent plus motivés, plus impliqués et développent une réflexion plus approfondie que dans des exercices plus traditionnels », souligne Eva Gillard. 

Un retour positif qui a été confirmé par une enquête réalisée auprès des étudiants ayant bénéficié de ces nouveaux dispositifs pédagogiques :

  • La pédagogie mise en place est le premier facteur ayant renforcé la participation et l’implication des étudiants durant les travaux pratiques.
  • La posture des assistants, présents au sein des groupes et assis parmi les étudiants lors des échanges, est le deuxième facteur ayant stimulé leur engagement.
  • Les séances de travaux pratiques obtiennent une excellente évaluation, avec une moyenne d’appréciation d’environ 8,5/10.
  • Le jeu de plateau et l’escape game, entièrement réalisés grâce au financement PUNCH, sont les séances préférées des étudiants.

Les étudiants témoignent

Pauline : « Les séances de travaux pratiques elles nous permettent de développer des automatismes et d’apprendre de manière beaucoup plus active. Ça nous permet de mettre en application la théorie qu’on a vue au cours magistral de manière beaucoup plus ludique et attrayante. »

Chiara : « Les séances de travaux pratiques me permettent d’apprendre la matière plus concrètement. Quand on va en séance de TP, c’est plus amusant, c’est plus concret. On apprend à associer ensemble certaines formes de régimes auxquelles on n’aurait pas forcément pensé en cours. »

Foly : « L’apprentissage sous forme ludopédagogique est très intéressant. On apprend en s’amusant, cela change du cadre d’apprentissage habituel, que ce soit en secondaire ou qu’on a déjà fait dans d’autres matières, où ce sont des cours vraiment très théoriques. Là on s’amuse, on discute en même temps. Ça permet aussi de créer des liens je trouve. »

Plateau

Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir

Droit

230 participants, 25 contributions, une conviction commune : les violences intrafamiliales exigent d’être étudiées autrement. Ni marginales ni accidentelles, elles constituent un phénomène social majeur, profondément ancré, dont les manifestations dépassent largement les formes les plus visibles. Un colloque organisé à l’UNamur et un ouvrage collectif renouvellent en profondeur notre compréhension du phénomène.

Caricature des personnes impliquées dans le colloque consacré aux violences intrafamiliales

Si les violences intrafamiliales occupent une place croissante dans le débat public, cela ne signifie pas qu'elles soient pleinement comprises. Au contraire. C'est à partir de ce constat qu'est né le colloque bisannuel de l'Association Famille & Droit, coprésidée par la professeure Géraldine Mathieu et le professeur Yves-Henri Leleu, qui rassemble les professeurs de droit de la famille des universités francophones de Belgique. Organisé avec le soutien de l'Unité « Droits de l'enfant » du Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l'UNamur et du SMAJ (Service Marchois d'Aide aux Justiciables), il a réuni 230 chercheurs, magistrats, avocats, psychologues et acteurs de terrain autour d'une même conviction : mieux comprendre un phénomène complexe pour mieux y répondre. Cette réflexion collective s'est prolongée par la publication de l'ouvrage collectif Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir. Une approche interdisciplinaire et systémique, publié chez Larcier-Intersentia sous la direction de la professeure Géraldine Mathieu.

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Photo  de Géraldine Mathieu, professeure à la Faculté de droit et co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés

« Avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ». 

Géraldine Mathieu Co-directrice du Centre Vulnérabilités & Sociétés et professeure de droit de la famille.

Dépasser les évidences

« Il existe des sujets dont une société ne parle jamais trop, à condition qu'elle continue à apprendre et à se remettre en question », affirme Géraldine Mathieu. L'un des fils conducteurs du colloque et de l'ouvrage est précisément l'invitation à « avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».

Comprendre, nommer, agir : ces trois verbes structurent l'ouvrage comme ils ont structuré le colloque. Trois verbes qui, selon la professeure, « se sont imposés naturellement », tant ils reflètent une exigence éthique autant qu'intellectuelle face à des réalités qui « résistent aux explications simplistes ».

Le contrôle coercitif : déplacer le regard pour comprendre

L'une des contributions majeures de l'ouvrage est de placer le concept de contrôle coercitif au cœur de l'analyse. « Il nous invite à déplacer notre regard », explique Géraldine Mathieu. « Il nous rappelle que les violences intrafamiliales ne se résument pas à quelques épisodes visibles, mais peuvent s'inscrire dans une dynamique progressive d'emprise et de domination. »

Ce concept permet de saisir une réalité longtemps sous-estimée : une personne peut progressivement perdre sa liberté, sa confiance en elle ou son autonomie sans qu'il y ait nécessairement de violences physiques. Isolement, surveillance, contrôle des finances ou des déplacements, dévalorisation systématique… autant de mécanismes qui construisent une emprise durable, dont les conséquences peuvent être tout aussi dévastatrices que les violences physiques. L'ouvrage explore comment ce concept, désormais reconnu dans le paysage juridique belge, oblige le droit à mieux écouter les victimes et à « prendre au sérieux des réalités qui échappaient parfois à nos catégories habituelles », explique Géraldine Mathieu.

Colloque violences intrafamiliales - Dessin expliquant le contrôle Coercitif

Les violences invisibles : nommer pour reconnaître

L'ouvrage accorde aussi une place importante aux violences invisibles (psychologiques, économiques, administratives ou numériques), celles qui se poursuivent après la séparation et celles qui touchent les enfants. « Nommer, c'est déjà reconnaître. Et reconnaître, c'est permettre une meilleure protection », souligne Géraldine Mathieu.

Ces violences posent un défi majeur : elles résistent aux catégories juridiques existantes, échappent souvent aux dispositifs de signalement et restent sous-documentées. Les contributions de l'ouvrage s'attellent à les rendre visibles à travers des approches statistiques, sociologiques et cliniques, tout en interrogeant les angles morts des politiques publiques. Car comme le formule Géraldine Mathieu : « les mots ne servent pas seulement à décrire le monde. Identifier une violence, c'est reconnaître ce que vivent les victimes et mieux saisir les mécanismes qui sont à l'œuvre. »

Le droit est indispensable, mais il ne peut agir seul

Face à cette complexité, les approches cloisonnées montrent leurs limites. L'ouvrage réunit 25 contributions d'académiques, de magistrats, d'avocats, de cliniciens et d'acteurs de terrain, avec une conviction partagée : « les réponses les plus pertinentes naissent lorsque chacun apporte son expérience et accepte d'apprendre des autres. »

Le droit (pénal, familial, patrimonial, de la jeunesse) y est analysé en profondeur, aux niveaux belge, européen et international, mais constamment mis en dialogue avec la psychologie, la sociologie et les pratiques de terrain.

Le colloque a incarné cette même logique. En réunissant dans une même salle des professionnels qui ne se croisent pas toujours, il a permis l'émergence de nouvelles perspectives. « Lorsque des professionnels qui n'ont pas toujours les mêmes pratiques prennent le temps de s'écouter, de nouvelles idées émergent et chacun repart un peu transformé », observe Géraldine Mathieu. Le résultat a dépassé ses attentes : pour Marie-Amélie Delvaux, avocate et chargée de cours à la Faculté de droit, la journée a été « retournante » : « on repart avec des outils concrets, les orateurs nous ont embarqués dans leur combat. »

L'ouvrage prolonge cet élan en présentant des dispositifs innovants et des pratiques inspirantes pour améliorer le repérage, la prévention et l'accompagnement des victimes. 

Le Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S)

Le Centre de recherche Vulnérabilités & Sociétés de l’UNamur développe une approche résolument interdisciplinaire des situations de vulnérabilité humaine, à la croisée du droit, de la psychologie et des sciences sociales. Il accorde une attention particulière aux populations fragilisées et aux droits fondamentaux.

Sa spécificité repose sur une double ambition : produire des connaissances rigoureuses et favoriser le dialogue entre savoirs académiques et pratiques de terrain.

« Aborder des sujets graves avec rigueur, mais aussi avec assez d’ouverture pour apprendre des autres », résume Géraldine Mathieu, co-directrice du centre.

Au-delà de la recherche et de l’enseignement, V&S se conçoit comme un lieu de rencontre entre le monde académique et le terrain, convaincu que les connaissances prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées et mises en discussion. Une mission pleinement illustrée par ce colloque et l’ouvrage qui l’accompagne.

Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence

Droit
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.

Stéphanie Wattier - Le genre au prisme du droit

Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique

Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.

Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.

L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.

La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.

Un ouvrage pour toutes et tous

Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.

Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.

L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité

L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.

Quand les étudiantes deviennent chercheuses : l'expérience de Lisa et Donaciene au sein de la Faculté de droit

Droit
Étudiants

Et si, dès le bachelier, les étudiants pouvaient contribuer à de vraies recherches scientifiques ? C'est le pari du dispositif « étudiant-chercheur », lancé à l'UNamur il y a plus de quinze ans. Donaciene Quoirin et Lisa Salmon, étudiantes en droit, l'ont expérimenté concrètement. Témoignages.

Manon Brulard, chercheuse, Lisa Salmon et Donaciene Quoirin, étudiantes en Faculté de droit

Un dispositif né d'une conviction : articuler enseignement et recherche dès le début du cursus

Lancé en 2010 par NARILIS (Namur Research Institute for Life Sciences), le dispositif «étudiant-chercheur » repose sur une idée simple, mais ambitieuse : permettre à des étudiants motivés de s'immerger dans une démarche de recherche dès leur bachelier. L'objectif n'est pas nécessairement de former de futurs académiques, mais de pousser les étudiants hors de leur zone de confort, de développer leur capacité à apprendre par eux-mêmes et à aborder des sujets complexes avec méthode et autonomie. Des atouts précieux, quelle que soit la carrière envisagée.

Aujourd'hui, ce modèle pédagogique fait son chemin au-delà de l’Institut NARILIS. À la Faculté de droit de l'UNamur, Donaciene Quoirin a tenté l’expérience l’année dernière dans le cadre de la rédaction d’un article scientifique aux côtés de Géraldine Mathieu, professeure de droit de la famille et de la jeunesse, et Bee Marique, avocate et collaboratrice didactique. Sa mission ? Recueillir la parole des enfants. Cette année, elle s’est engagée, avec Lisa Salmon, dans le projet CAPACITI, centré sur les droits de l'enfant en collaboration avec la chercheuse Manon Brulard.

Le projet CAPACITI : de la théorie au terrain

CAPACITI est un projet de recherche qui vise à impliquer les enfants dans la connaissance et la défense de leurs droits. Loin du travail de bureau, il implique d'aller directement à la rencontre des enfants, notamment dans les écoles, pour recueillir leur parole et comprendre comment ils perçoivent leurs droits.

Les étudiantes ont donc eu pour mission de concevoir des outils d'animation ludiques, mener des ateliers avec des classes, prendre des notes, animer des séquences

« On a par exemple créé un petit jeu qui s'appelait ‘D'accord, pas d'accord’, avec des pancartes ou encore un jeu des images pour relier un droit à son illustration… Des outils concrets qu'on a élaborés en collaboration avec Manon Brulard », explique Donaciene.

Lisa, de son côté, s'est concentrée sur le développement d'un jeu de société inspiré du Monopoly et du Trivial Pursuit, tout en participant activement aux animations sur le terrain. 

Plus récemment, elles ont aussi contribué à un travail de recherche approfondi sur les procédures d'audition d’enfants en droit belge. Un travail qui permettra de créer des fiches ludiques pour les enfants afin de répondre à toutes leurs questions sur la manière dont les auditions par le juge se déroulent.

Enfant qui s'exprime - Projet de recherche qui vise à davantage écoouter les enfants

Une expérience de terrain qui marque

Ce qui frappe Donaciene et Lisa, ce n'est pas seulement la richesse intellectuelle du projet, mais la réalité humaine qu'il révèle. Lors des animations dans les écoles, les enfants se livrent avec une facilité déconcertante, parfois sur des sujets très sensibles. 

« Ça fait deux heures qu'on est là et ils viennent nous parler de choses très personnelles. Je trouvais ça assez impressionnant », confie Donaciene.

Lisa, elle, a été frappée par le regard que les enfants portent parfois les uns sur les autres : « Ce qui m'a marqué, c'est que même entre eux, ils peuvent se juger. Des enfants qui essaient de parler, pas très sûrs d'eux, face à un groupe qui juge… »

Sur la question des droits eux-mêmes, le constat est clair : les enfants en connaissent peu, ou mal, la portée concrète. « C'est pour eux et c'est essentiel, mais ils n'en savent pas grand-chose », résume Lisa. Donaciene observe pour sa part deux profils : ceux qui savent qu'ils ont des droits, mais les perçoivent comme peu respectés face à l'autorité parentale, et ceux qui n'en ont jamais entendu parler.

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Manon Brulard, chercheuse en Faculté de droit

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira. »

Manon Brulard chercheuse en Faculté de droit

Une collaboration entre pairs, une dynamique inédite

Ce qui rend le dispositif pédagogique particulièrement original, c'est aussi la nature du lien entre la chercheuse et les étudiantes. Manon Brulard, chercheuse principale sur le projet, n'a que trois ans de plus que Donaciene et Lisa. Une proximité qui crée une dynamique de collaboration réelle, horizontale, loin du schéma classique encadrant-encadré.

« Je veux vraiment les considérer comme des chercheuses à part entière. Je leur donne des missions utiles, des missions qui auront un impact concret. Je n'ai pas envie de leur demander de faire un travail que personne ne lira », insiste Manon.

Pour elle, travailler avec des étudiantes-chercheuses rompt également l'isolement propre à la recherche : « La recherche est un travail très solitaire. Pouvoir échanger après les animations, partager les réflexions, c'est extrêmement enrichissant. »

Un tremplin, pas une contrainte de crédits

L'intégration du statut d'étudiant-chercheuse dans le cursus n'est pas anodine. Si Donaciene a d'abord participé de façon bénévole sous le statut étudiante-chercheuse à la rédaction d’un article scientifique, la participation des étudiantes au projet CAPACITI est aujourd'hui valorisée dans le cadre de leur stage de pratique juridique, à hauteur de 4 crédits.

Mais au-delà des crédits, c'est l'expérience elle-même qui prime. Donaciene le dit sans détour : voir une recherche de l'intérieur, de ses prémices à ses retombées concrètes, lui a ouvert des perspectives sur le métier de chercheur. Lisa, quant à elle, regrette que le dispositif soit encore trop peu visible : « Si je n'avais pas suivi l'option Droit de la jeunesse, je n'aurais jamais su que ce statut existait. »

Toutes deux espèrent poursuivre l'aventure l'an prochain et peut-être, un jour, faire de la recherche leur métier. Sous réserve, soulèvent-elles avec lucidité, que les critères d'accès à la carrière académique ne viennent pas fermer des portes à des étudiants pourtant déjà riches d'une expérience concrète et précieuse.

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Événements

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Quels liens entre la Faculté de droit et la société ?

La Faculté de droit de l’UNamur entretient des partenariats forts avec les institutions publiques, les entreprises, les organisations, les associations, les cabinets d’avocats et ses alumni. 

La Faculté propose de nombreuses formations continues aux professionnels du droit. Elle met son expertise au service de l’ensemble de la société à travers l’organisation de conférences ou de publications.

Recherche en droit - Table ronde avec des chercheurs et des acteurs de terrain organisée par le Centre de recherche V&S

Quelles collaborations internationales à la Faculté de droit ?

Les chercheurs de la Faculté de droit de l'UNamur participent à de nombreux projets de recherche internationaux.

La Faculté s'implique également dans les programmes : 

Collaborations internationales en Faculté de droit
Faculté de droit - Professeurs et étudiants

Pourquoi choisir la Faculté de droit de l’UNamur ?

Faculté de droit - Professeurs et étudiants

Pédagogie active

Stages, procès simulés, concours de plaidoiries, concours d’éloquence, cliniques du droit… Dès le bachelier, les étudiants sont plongés au cœur de la pratique professionnelle.

Fil rouge

Thématique annuelle qui réunit étudiants et enseignants de la Faculté, tous blocs et programmes confondus.

Ancrée dans la société

Nombreux partenariats avec des professionnels du droit.

Formations continues

Bachelier en horaire décalé, masters de spécialisations, certificats et formations accréditées.

Approche multidisciplinaire

Au sein de ses centres de recherche et des instituts de recherche de l’UNamur.

Enjeux sociétaux

Droit & numérique ; droit & vulnérabilités ; droit des obligations ; droit de l’environnement, paix, justice & institutions.

Bibliothèque de la Faculté

La bibliothèque de la Faculté de droit possède environ 20.000 ouvrages et est abonnée à environ 150 périodiques couvrant les différentes branches du droit. Elle abrite également le Centre de documentation du CRIDS (Centre de Recherche Information, Droit, Société) mais aussi le centre de documentation de Vulnérabilités et Sociétés.

Contacts

Secrétariat des cours de jour

Delphine Liévin

Secrétariat des cours à horaire décalé

Merry Hamwi

Secrétariat du master de spécialisation en droit du numérique

Sarah Fievet