Nous nous attendions à observer des changements dans les cellules lors de la phase de réoxygénation. Or, il s'est produit exactement l'inverse ! Les réponses ont majoritairement eu lieu durant la phase d'hypoxie, c'est-à-dire la privation d'oxygène. À ce moment, il s'agissait d'un phénomène très peu étudié. Nous nous sommes rendu compte qu'il engendrait quantité d'effets, notamment au niveau des cancers. Ce sujet a abouti à un prix Nobel, en 2019.
Mes recherches m'ont ainsi amenée à devenir spécialiste de la réponse des cellules à différents stress. Cette voie de recherche s'est également avérée extrêmement fructueuse, car nous avons découvert que l'hypoxie était un facteur majeur de résistance des cellules cancéreuses à différentes thérapies, dont la chimiothérapie. Un jour, mon collègue physicien Stéphane Vincent m’a demandé s'il était possible d'étudier la réponse des cellules à l'irradiation, en particulier par protons. Plus précise que celle réalisée aux rayons X, on l’obtient grâce à un accélérateur de particules, dont dispose l'UNamur. Si cette technique commençait à être utilisée en radiothérapie, la réponse des cellules n'avait, quant à elle, que peu été étudiée.