Cycle de conférences 2025-2026 : Université et société. Que peut le savoir pour le bien commun ? 

Après s'être intéressée à la problématique des « Communs » (2022-2023), de la gestion des « biens communs » (2023-2024), de la « santé comme bien commun » (2024-2025), la Chaire Notre-Dame de la Paix s’arrête cette année sur la problématique du « savoir » comme « bien commun » et du rôle que l’Université est appelée à jouer dans la création et la transmission du savoir. 

Au programme

Conférences gratuites, inscription souhaitée via les liens ci-dessus. 

Argumentaire

Dans une culture où l’adéquation entre le réel et la vérité est mise à mal, où le doute est permanent sur ce qui relève du domaine du vrai, notamment par la diffusion massive du numérique, la polarisation des opinions, la diffusion de fakes news alimentées par les réseaux sociaux, ainsi que la prolifération du contenu produit par l’IA générative, la question de ce qu’est le « savoir » s’avère cruciale. Comment le communiquer, et surtout le rendre vraisemblable, pour faire du savoir un ciment de la communauté et un outil au service du bien commun ? Dans un contexte sociétal dans lequel les technosciences exigent une formation de plus en plus technique et ciblée et imposent une course effrénée vers la performance, y a-t-il encore la place pour un « savoir » qui cherche à approcher le vrai et le bien ? Et comment, à l’ère de la post-vérité, les universités peuvent-elles encore promouvoir un savoir et une formation qui aspirent à être au bénéfice de tous ? Ce sera la tâche de la séance inaugurale de la Chaire de se pencher sur ces questions. 

Mais quelle est l’origine de l’universitas, quelles sont les raisons de son succès et de sa persistance, depuis plus de 700 ans ? La naissance et l’existence de cette institution est-elle liée à la préoccupation du « bien commun » ? Quel enseignement tirer de la longue histoire des universités, afin de mieux saisir le rôle particulier qu’elles ont à jouer dans la création et la diffusion, au sein de la société, d’un savoir pensé comme bien commun produit et géré par tous ? Ce sera la tâche de la seconde séance de la Chaire d’approfondir ces questions et d’éclairer les liens historiques qui unissent université et « bien commun ». 

S’intéresser au « savoir » en lien avec le « bien commun » revient aussi à interroger la visée qu’on assigne aux formations censées favoriser sa transmission au fil du temps. Dans une société où la croissance économique est considérée comme l’objectif premier, voire unique, du collectif et où l’on fait la promotion de l’innovation technologique à tout prix, la loi de la rentabilité conditionne-t-elle le type de savoirs produits et la manière de les traiter ? Les récentes restrictions concernant la recherche fondamentale ne témoignent-elles pas d’une volonté accrue de rendre la recherche et l’enseignement uniquement utiles à la formation de techniciens, aptes à répondre de façon efficace et pragmatique aux besoins « économiques » de la société ? Le savoir est-il un « bien commun » universel de l’humain, destiné à en promouvoir la croissance intellectuelle et spirituelle, ou un produit comme un autre ? Quand on affirme que « la société a plus besoin d’ingénieurs que de poètes », n’a-t-on pas déjà perdu la valeur du savoir comme facteur d’humanité et outil de formation à la vertu civique, comme occasion d’apprentissage de la pertinence du « bien commun » pour l’organisation de la société ? La crise de nos démocraties, la perte du sens et de la valeur des relations et du collectif, l’explosion des problèmes de santé mentale auprès de jeunes, ne sont-ils pas, en partie, la conséquence de la réduction de l’enseignement à la simple transmission de données techniques ? Les deux dernières séances de la Chaire souhaitent approfondir ces questions en s’intéressant aux formations, à la recherche et au management de nos institutions d’enseignement et de recherche pour mieux éclairer si et comment elles peuvent se mettre au service du « bien commun ».