Chères étudiantes, chers étudiants,

Bienvenue à l’Université de Namur, et surtout bienvenue à la Faculté de médecine.

Vous entrez aujourd’hui en médecine, en pharmacie ou en sciences biomédicales. Vous avez probablement beaucoup d’attentes… et peut-être déjà quelques inquiétudes. Vous allez évidemment apprendre énormément de choses au cours des prochaines années. Mais si, à la fin de vos études, vous ne retenez de l’université qu’une succession de syllabus, d’examens et de crédits ECTS, alors nous aurons collectivement raté quelque chose.

Parce qu’une université, et peut-être particulièrement l’UNamur, c’est aussi un endroit où l’on apprend à rencontrer, expérimenter, réfléchir, s’engager et, je l’espère, être heureux.

C’est autour de cinq idées que je voudrais vous souhaiter la bienvenue.

1. Rencontres et ouverture au monde

La première, ce sont les rencontres. Regardez les personnes assises à côté de vous. Vous ne les connaissez peut-être pas encore. Dans quelques semaines, certaines seront vos amis. Dans quelques années, vos confrères, vos collègues, vos partenaires de recherche… et, qui sait, peut-être davantage. Et surtout, ne restez pas uniquement entre étudiants de votre discipline. Un futur médecin a énormément à apprendre d’un pharmacien. Un pharmacien d’un chercheur biomédical. Un scientifique, d’un juriste, d’un économiste ou d’un philosophe…

C’est précisément l’une des forces de Namur : nous sommes suffisamment grands pour vous ouvrir beaucoup de portes, et suffisamment petits pour que vous puissiez encore savoir qui se trouve derrière.

Notre Faculté, c’est un peu une auberge espagnole. On n’y trouve que ce qu’on y apporte.

Alors voyagez si vous en avez l’occasion. Faites un Erasmus. Rencontrez les étudiants internationaux. Participez à des projets. Mais ouvrez-vous aussi au monde qui se trouve simplement à quelques mètres de vous. 

2. Innover pour mieux apprendre : Deuxième idée : osez apprendre autrement.

Vous arrivez à l’université à une période assez extraordinaire. Vous avez dans votre téléphone accès à davantage d’informations que probablement tous vos professeurs réunis lorsqu’ils étaient étudiants. Et maintenant, vous avez l’intelligence artificielle.

À l’UNamur, nous voulons progressivement vous faire apprendre autrement : par la simulation, les cas cliniques, les patients simulés, les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle… Mais avec un principe simple : la technologie doit augmenter votre intelligence, pas la remplacer. Utilisez l’IA. Questionnez-la. Challengez-la. Vérifiez-la.

3.⁠ ⁠Engagement et esprit critique dans un monde complexe

Vous allez devenir des professionnels de santé et des scientifiques dans un monde où le problème n’est plus de trouver de l’information. Le problème est de savoir laquelle croire.

Sur les vaccins, les médicaments, l’alimentation, les cancers ou les épidémies, vous trouverez en quelques secondes une publication scientifique excellente… et une vidéo TikTok affirmant exactement le contraire. Et malheureusement, la vidéo TikTok aura parfois dix millions de vues.

Votre responsabilité sera donc considérable. Apprendre la médecine, la pharmacie ou les sciences biomédicales, ce n’est pas seulement accumuler des connaissances. C’est apprendre à questionner : Quelle est la source ? Quelle est la preuve ? Quelle est l’incertitude ? Et qu’est-ce qui pourrait me faire changer d’avis ?

4.⁠ ⁠Solidarité et inclusivité

À l’UNamur, nous voulons une université exigeante, mais nous ne voulons pas d’une université où la réussite des uns se construit sur l’échec des autres. La compétence n’est pas une ressource limitée. Partager un raisonnement, aider quelqu’un à comprendre ou transmettre ses notes ne vous rend pas moins compétent. Au contraire. Et c’est probablement votre premier apprentissage de futurs professionnels de santé : on soigne mieux, on cherche mieux et on décide mieux ensemble.

5.⁠ ⁠Curiosité et bien-être

Enfin, je voudrais terminer par quelque chose que nous oublions parfois à l’université : soyez curieux… mais pensez aussi à être heureux. Travaillez. Beaucoup. Mais ne faites pas uniquement cela. Faites du sport. Alimentez-vous bien. Vous faites un marathon, pas un sprint.

Découvrez Namur. Montez à la Citadelle… à pied. Allez boire un verre avec vos amis. Faites de la musique. Engagez-vous dans un kot-à-projet. Faites parfois quelque chose qui n’apporte absolument aucun crédit ECTS. Parce que vos années universitaires ne sont pas une salle d’attente avant votre vraie vie. Elles font déjà partie de votre vraie vie.

Et la curiosité scientifique est souvent liée à une curiosité beaucoup plus générale : celle des autres, de la société, de la nature, du monde. 

Chères étudiantes, chers étudiants,

Dans quelques années, certains d’entre vous deviendront médecins. D’autres pharmaciens, chercheurs, experts en santé publique, entrepreneurs ou enseignants. Et certains exerceront probablement des métiers qui n’existent même pas encore aujourd’hui.  Je ne sais donc pas exactement ce que vous aurez retenu de vos études lorsque nous nous retrouverons dans cinq, dix ou vingt ans. En revanche, j’espère que vous aurez gardé cinq choses :

  • le goût des rencontres,
  • l’envie d’innover,
  • l’esprit critique,
  • la solidarité,
  • et la curiosité.

Parce qu’au fond, notre ambition à l’UNamur n’est pas uniquement de former de bons professionnels de santé et de bons scientifiques. C’est de former des personnes capables de comprendre un monde complexe, d’y trouver leur place et, surtout, d’avoir envie de contribuer à le rendre un peu meilleur.

Alors profitez de cette rentrée. Profitez de Namur. Profitez les uns des autres.

Et surtout : bienvenue chez vous, bienvenue à l’UNamur.