Acquis d'apprentissage

Apprendre à vivre : une aventure de l’intériorité

Prendre conscience de l’importance de l’intériorité

Apprendre à travailler en équipe

Savoir tirer profit du coaching pour optimiser son projet

Prendre des décisions qui engagent les collaborateurs

Pratiquer la relecture

Découvrir sous un autre angle les systèmes métaphysiques appelés cosmovisions

Prendre conscience du rôle des cosmovisions dans la structuration des sociétés au cours de l’histoire et dans la promotion de l’individu

Découvrir la pratique des exercices spirituels dans l’art d’être humain

Objectifs

Le curriculum comme occasion d’intégration personnelle de l’étudiant

 

Nous vivons dans un monde en phase de transition rapide. Or, quand les changements de paradigmes sont trop profonds ou trop rapides, alors il est bon de revenir aux fondamentaux pour exercer un discernement. Aujourd’hui, ce discernement concerne la société tout entière, et il fait apparaître une certaine fébrilité signalant un déficit d’incarnation ou d’intégration personnelle pour bien habiter la transition culturelle. Une image paradoxale l’exprime en peu de mots. En effet, nous, êtres humains, nous ne naissons pas incarnés, mais nous le devenons par des pratiques de soi. Il s’agit là d’un processus de longue haleine. Voilà pourquoi nous proposons le curriculum comme une occasion d’intégration de l’étudiant.

Typiquement, le curriculum vise l’acquisition de compétences ainsi que les règles de la vie professionnelle. Les compétences permettent au sujet de s’engager pour apporter sa contribution à l’avancement du monde. Dans ce cas, le sujet se conforme à l’objectif de l’institution dans laquelle il agit. L’intégration personnelle est généralement mise de côté ou remise aux calendes grecques. Or, l’intégration est un processus transformationnel, car elle prend le chemin de l’intériorité. En effet, la grâce de l’être humain est d’avoir une intériorité développée, sa véritable colonne vertébrale, qui fait de lui un être potentiel. Le mouvement s’initie par la pratique des exercices spirituels qui est la force motrice du devenir soi ou de l’incarnation. L’expérience de soi vise l’émergence d’une esthétique interne qui se traduit par un état d’esprit particulier. De la sorte, l’éthique devient l’expression de cette esthétique interne. Aussi, l’expérience de soi apprend à vivre. Elle impacte l’acquisition des compétences qui devient, elle-même, un exercice spirituel.

Nous proposons donc des pistes amenant les étudiants et le grand public au couplage de l’acquisition des savoirs avec le développement intérieur. Tenir ensemble ces deux composants conduit à l’intégration personnelle. Dès lors, prendre soin de son intériorité devient incontournable dans l’art d’être humain.

 

 

Contenu

Le parcours vise dans un premier temps à prendre conscience que l’humain est un être potentiel. Les ressources, forces et facultés en puissance chez l’individu ne peuvent se développer que grâce au centre organisateur qu’est l’intériorité. Ce paradigme est explicité en explorant la triade face-intériorité-parole.

À ce stade sont convoqués les divers moyens mis à la disposition de l’individu pour entreprendre son chemin d’intégration personnelle. Inter alia, l’apport d’Ignace de Loyola (1491-1556) à la pratique de l’intériorité. L’exhortation de Michel Foucault (1926-1984) contre le moment cartésien qui caractérise la pensée occidentale. La mise à jour de Pierre Hadot (1922-2010) des pratiques spirituelles. Les conditions de possibilité d’une pratique réussie sont explicitées, en particulier pour les individus qui veulent aller plus loin ou qui en veulent davantage, le rôle incontournable de l’accompagnateur/trice dans les propositions, l’écoute et le discernement.

Au titre des moyens sont convoqués les ressources des différentes cosmovisions, dont l’objet commun est d’amener l’être humain à se gouverner lui-même afin de parvenir à la vie bonne. Chaque cosmovision est une approche globale de la réalité qu’elle expose dans une doctrine et des savoir-faire dont les pratiques spirituelles, telles que la méditation, l’examen de conscience, la relecture, la projection de soi, la pleine conscience, etc. Sur ce point, nous bénéficions de la grâce des technosciences puisque les neurosciences étudient les effets somatiques des pratiques spirituelles ainsi que leur impact sur le fonctionnement du cerveau. Ces études permettent de faire la différence entre l’autosuggestion et la performativité de ces pratiques, au point d’envisager une posologie.

Toutes ces évocations cherchent à suggérer les manières dont le sujet peut tirer profit des ressources mises à sa disposition afin de développer son intériorité qui est la forme éminente du prendre soin de soi pour acquérir de la résilience.

 

L’être humain habite la terre et son histoire. Le parcours explore dans un deuxième temps l’histoire de l’intériorité par les ressources que mobilisent les espèces humaines en Eurasie pour organiser le monde physiquement et métaphysiquement afin de l’habiter, et cela, du paléolithique supérieur au néolithique, par le biais des peintures rupestres européennes et de Sulawesi ainsi que des artéfacts néolithiques du Levant. En effet, il est important de prendre conscience des stratégies mises en place par nos prédécesseurs pour habiter la terre afin d’en tirer des enseignements et être créatifs à notre tour afin d’habiter le présent.

La triade face-intériorité-parole est alors évoquée au niveau des espèces humaines. Ainsi, même si Homo sapiens est désormais seul, Homo neanderthalensis reste son miroir privilégié, à travers ses artéfacts et ses gènes hérités, permettant à sapiens de prendre conscience de ses particularités. L’exercice est réalisé notamment sur la base des artéfacts des grottes de Bruniquel et Mandrin.

Le troisième temps analyse l’intériorité à l’échelle d’une culture ou d’une nation quand celle-ci est envisagée comme un organisme. En effet, une nation a aussi une intériorité ; cette dernière lui permet de faire société et d’être créatrice, à condition d’être puissante. L’Union européenne est étudiée comme cas d’école, une entité dont la cosmovision civique est la démocratie neutre.

 L’enseignement se clôture par une session de relecture collective du périple.

Table des matières

Veuillez consulter le syllabus 2026-2027

Méthodes d'enseignement

L’enseignement s’inscrit dans la pédagogie jésuite dans laquelle l’apprenant doit être mis en exercice afin qu’il devienne un acteur de sa formation dans un cadre collaboratif.

En pratique, une séance dure deux heures. L’objectif est de faire faire un périple au public sur la base de thèmes qui scandent le parcours. Pour y parvenir, l’enseignement combine des travaux de groupes avec des exposés ex cathedra. L’enseignement débute par des exposés qui posent des principes et fondements de l’humanité comme espèce symbolique, exploratrice et compassionnelle, et sa singularité parmi les primates en faisant appel à des données anthropologiques, scientifiques et philosophiques. 

Ensuite, le périple se poursuit avec l’apport des groupes de travail et les séances de synthèse et extension. Ainsi, des groupes interfacultaires sont constitués auxquels sont confiés des thèmes qui jalonnent le parcours proposé. Chaque groupe reçoit donc une mission. Le groupe présente son travail à l’auditoire le moment venu suivi d’un temps de questions-réponses.

Afin de réaliser les travaux, les groupes disposent de documents numériques, mais surtout, chacun est amené à rencontrer une institution, un acteur de la société civile, un expert ou un grand témoin en lien avec son thème. Chaque groupe bénéficie du coaching de l’équipe pédagogique tout au long de son processus. Avant la prestation du groupe devant l’auditoire, une relecture de l’expérience du même est réalisée en aparté avec l’équipe pédagogique. Cet exercice est en même temps un apprentissage de la pratique de la relecture. 

Le public externe peut ne pas disposer de la disponibilité des étudiants. Le simple fait de participer aux séances publiques sans l’obligation de participer aux travaux de groupes entre pleinement dans ce que peut proposer l’UNamur comme service à la société. Ce public peut s’y adjoindre sous la rubrique d’auditeurs libres.

Méthode d'évaluation

L’évaluation de l’enseignement se fait en deux temps.

Évaluation du travail de groupe

Une note est attribuée au groupe de travail évaluant la qualité du travail, de la présentation et les réponses aux questions. Cette évaluation compte pour 8 points (4 points pour la présentation orale et 4 points pour la réponse aux questions).

Évaluation individuelle

Une question transversale à la section des groupes de travail est formulée à l’issue de chaque séance. Elle sert de base à une évaluation sous forme d’examen écrit individuel et qui compte pour 12 points.

Sources, références et supports éventuels

 

Bellah, Robert N. Religion in Human Evolution: from the Paleolithic to the axial age, The Belknap Press of Harvard University Press, 2011.

Clayton, Philip; Simson, Zachary (eds), The Oxford Handbook of Religion and Science, Oxford University Press, 2008.

Foucault, Michel, L’herméneutique du sujet, Paris, Hautes Études/Gallimard/Seuil, 2001

Fuller, Michel; Evers; Dirk; Saether, Knut-Willy. (eds), Issues in Science and Theology: Are We Special? Human Uniqueness in Science and Theology, Springer, 2017.

Hadot, Pierre, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris, Albin Michel, 2002.

Hadot, Pierre, N'oublie pas de vivre : Goethe et la tradition des exercices spirituels. Paris, Albin Michel, 2008.

Nishitani, Keiji, Qu’est-ce que la religion ? Paris, Cerf, 2017.

Régent, Bruno, Un parcours vers le Salut : Les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola, Paris, éditons Loyola, 2026.

Syllabus 2026-2027

 

Syllabus 2024-2025.

Langue d'enseignement

Français