Ouvert à l’ensemble des enseignants de sciences et de géographie issus de l’enseignement secondaire et de tous les réseaux d’enseignement, le Congrès des Sciences rassemble chaque année une centaine de participants désireux d’actualiser leurs connaissances et de maintenir leur pratique pédagogique en phase avec les avancées scientifiques.
Au fil des éditions, le Congrès s’est imposé comme un espace privilégié d’apprentissage, de réflexion et de partage. Son programme associe des conférences scientifiques de haut niveau, des présentations pédagogiques et didactiques, des séances de laboratoire, des ateliers pratiques ainsi que des visites. Au-delà de l’enrichissement des connaissances, l’événement offre également aux enseignants une précieuse occasion d’échanger sur leurs expériences de terrain, de confronter leurs points de vue et de nourrir ensemble leurs pratiques professionnelles.
Organisé à tour de rôle par les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Congrès des Sciences était accueilli en 2026 par l’Université de Liège et coordonnée par Réjousciences, la cellule de diffusion des sciences et des technologies de l’ULiège. 
 

Penser l’école de demain face aux mutations contemporaines de l’enseignement

C’est dans un auditoire de l’Université de Liège, hôte de l’édition 2026, que Valérie Henry (UNamur), présidente du Congrès des Mathématiques, a officiellement lancé les Congrès des Sciences et des Mathématiques. Face à un large public composé d’enseignantes et d’enseignants de mathématiques, de biologie, de chimie, de physique et de géographie, elle a ouvert une édition placée sous le signe du partage et de l’interdisciplinarité. Cette année, un heureux hasard du calendrier a permis aux Congrès des Sciences et des Mathématiques de se tenir simultanément, dans la même ville et aux mêmes dates. Une occasion unique de rapprocher les communautés enseignantes de différentes disciplines autour d’activités communes, d’ateliers partagés et, surtout, d’une conférence inaugurale réunissant l’ensemble des participants. Une belle manière de favoriser les échanges, de croiser les regards et de renforcer les liens entre les différentes branches de l’enseignement scientifique.

Placée sous le thème « Enseignements en mutation », le Congrès invitait les participants à réfléchir aux profondes transformations qui traversent aujourd’hui le monde de l’éducation. Cette thématique faisait écho à de nombreux enjeux auxquels les enseignants sont quotidiennement confrontés : mise en œuvre de la réforme du tronc commun, essor du numérique et de l’intelligence artificielle, transition socio-écologique ou encore évolution des attentes de la société envers l’école. Face à ces changements, les pratiques pédagogiques sont appelées à évoluer et à se réinventer. Le Congrès a offert aux enseignants un espace privilégié de réflexion, d’échanges et d’expérimentation, leur permettant de mieux comprendre ces mutations systémiques et d’explorer collectivement des réponses pédagogiques innovantes, durables et profondément humaines.

C’est dans un auditoire de l’Université de Liège, hôte de l’édition 2026, que Valérie Henry (UNamur), présidente du Congrès des Mathématiques, a officiellement lancé les Congrès des Sciences et des Mathématiques. Face à un large public composé d’enseignan

Plusieurs chercheurs et experts de l’UNamur ont également contribué au programme du Congrès des Sciences en proposant des activités sur des thématiques variées, favorisant ainsi les échanges entre le monde de la recherche et celui de l’enseignement.

Lors de conférence inaugurale, Olivier Sartenaer (UNamur), aux côtés de Myriam De Kesel (UCLouvain) et Michel Rigo (ULiège), s’est penché sur les enjeux de l’enseignement de l’esprit critique à l’ère de l’intelligence artificielle (IA). Alors que les outils d’IA semblent parfois penser, argumenter ou décider à la place des élèves, de nombreuses questions se posent au monde de l’enseignement. Comment encourager les jeunes à développer leur esprit critique et leur autonomie intellectuelle tout en tirant parti de ces nouvelles technologies ? Comment les former à utiliser ces outils avec discernement ? Autant de réflexions que les trois intervenants ont partagées et débattues avec les enseignants présents dans l’auditoire.

Durant de son intervention, Olivier Sartenaer a souligné l’importance de former les enseignants à l’esprit critique afin qu’ils puissent, à leur tour, transmettre cette compétence essentielle à leurs élèves. Si les formations disciplinaires en sciences ne consacrent pas toujours une place importante à ces enjeux, l’UNamur se distingue en intégrant l’histoire et la philosophie des sciences ainsi que le développement de l’esprit critique au cœur de la formation de ses étudiants. Une approche qui contribue à préparer les futurs enseignants à accompagner leurs élèves dans la compréhension et l’analyse des questions scientifiques contemporaines.

Également, sur la thématique de l’IA, Michaël Lobet et Miguël Dhyne (UNamur) ont présenté IA Score, un outil développé à l’UNamur pour évaluer objectivement les performances de différents chatbots pédagogiques. Basé sur une étude comparative de solutions telles que ChatGPT, Copilot, NotebookLM, Grok, Mistral ou encore Amanote, cet indicateur analyse notamment la précision, la robustesse et la capacité d’auto-correction des agents conversationnels. Les résultats mettent en évidence des écarts significatifs entre les outils testés et soulignent l’importance d’un usage critique et adapté de l’IA dans les contextes d’enseignement et d’apprentissage.

Nephtali Callaerts, doctorant en didactique de la chimie, a présenté les résultats d’une étude menée auprès de 242 enseignants de sciences en Fédération Wallonie-Bruxelles sur l’adaptation des contenus du cours de chimie aux réalités du terrain. Face aux contraintes de temps, aux imprévus ou à l’évolution des programmes, les enseignants sont amenés à faire des choix quant aux matières à privilégier. L’étude met en lumière les transformations opérées dans les contenus enseignés ainsi que les critères qui conduisent certains savoirs à être considérés comme essentiels, offrant ainsi un éclairage concret sur les pratiques et les défis de l’enseignement de la chimie. Nephtali Callaerts souligne que des événements, tels que le Congrès des Sciences, constituent des occasions précieuses de renforcer le dialogue entre les enseignants et la recherche en didactique, des échanges encore trop rares mais essentiels.

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 Nephtali Callaerts

“Le Congrès des Sciences est un événement incontournable pour les chercheurs en didactique. Les occasions de rencontrer directement les enseignants et d’échanger avec eux autour des avancées récentes de la recherche en didactique restent relativement rares, ce qui rend ce type de rendez-vous particulièrement précieux. » 

Nephtali Callaerts Doctorant en didactique de la chimie, UNamur

Dans le domaine de la biologie, Frédéric Silvestre a proposé un atelier consacré à l’épigénétique, offrant aux enseignants une mise à jour des connaissances sur cette discipline en plein essor. Son intervention a abordé les mécanismes fondamentaux de l’épigénétique, les enjeux scientifiques qu’elle soulève, notamment sous l’angle de l’évolution et de l’environnement, ainsi que les techniques qui y sont associées. Il a également mis en lumière les attentes et les défis liés à la transition entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur en biologie.

L’Université de Namur est un acteur majeur de la formation continue en Fédération Wallonie-Bruxelles. À travers des programmes conçus pour les enseignants souhaitant approfondir leurs compétences, se spécialiser ou faire évoluer leur parcours, elle contribue activement au développement professionnel tout au long de la vie.

Salle des Pros - CEFOSCIM

Cette offre est complétée par la Salle des Pros, inaugurée en 2023, qui rassemble quatre centres spécialisés de formation continue. Parmi eux, le CEFOSCIM (Centre de Formation Continuée en Sciences et Mathématiques) accompagne les enseignants du secondaire en biologie, chimie, physique, mathématiques et géographie. Véritable espace de rencontre entre la recherche et le terrain, le centre propose des formations, des ressources et des outils pédagogiques adaptés aux réalités de l’enseignement.

À l’approche de la rentrée 2026 et de l’entrée en vigueur du tronc commun en première secondaire, une nouvelle thématique fait son apparition dans les cours de sciences : les ressources naturelles en matières premières. 

Cette nouvelle thématique invite les élèves à explorer les ressources naturelles présentes à la surface de la Terre, telles que les roches, les minéraux et les sols. À travers l’observation de leurs caractéristiques et propriétés, mais aussi de celles de certains métaux, ils seront amenés à comprendre les différentes étapes de transformation de la matière. L’objectif est également de les sensibiliser aux enjeux environnementaux liés à la consommation de ressources et les amener à identifier des pistes pour en réduire les impacts, en s’appuyant sur une analyse du cycle de vie des matériaux.

Afin d’accompagner les enseignants dans l’appropriation de ce nouveau contenu, l’UNamur lance la formation « Voyagez au centre des ressources naturelles en matières premières ». Celle-ci propose une immersion progressive dans l’univers des roches, minéraux, sols et métaux, en combinant apports scientifiques, ateliers pratiques, réflexions didactiques et sortie de terrain sur le site de la Citadelle de Namur. L’objectif est de fournir aux enseignants des connaissances actualisées et des outils concrets pour aborder cette nouvelle matière de manière active, motivante et pertinente avec leurs élèves.