C'est en quelque sorte un retour aux sources pour l'UNamur. Fondée par les Jésuites, membre du réseau Kircher et de ce fait de l'International Association of Jesuit Universities (IAJU) (cf. encadré), l'Université étoffe un peu plus son carnet d'adresses international. « Notre présence au sein de l'IAJU   nous a permis d'intégrer le MAGIS Exchange Program », révèle Isabella Fontana, directrice du Service des relations internationales. « Coordonné par l'Université Loyola Andalucía, en Espagne, ce programme existe maintenant depuis huit ans et compte une quarantaine de membres à travers le monde. »

Logo du programme magis exchange

Réservé à un petit nombre d'étudiants, ce programme MAGIS n'est pas qu'un programme d'échange international. Dès la deuxième année de bachelier, les étudiants sélectionnés devront suivre un cours dénommé « Global Environment Citizenship ». « Il s'agit d'un cours en ligne, coordonné par l’Université Loyola Chicago et dispensé par une équipe de professeurs venant de différentes universités du réseau, comme l'Université Loyola Nouvelle-Orléans, ou l'Université de Sophia, au Japon », éclaire Julie Masset, responsable des relations internationales à la Faculté Économie Management Communication sciencesPo (EMCP). « Le cours sera axé sur la justice environnementale, avec différentes composantes, comme la perte de biodiversité, la pénurie d'eau, ou le changement climatique. »

Un dispositif innovant, qui dépasse les limites du simple cours académique. « Des moments d'échange autour de ces thématiques, ainsi que sur la spiritualité humaniste propre à l'enseignement jésuite sont prévus entre tous les étudiants des différentes universités », dévoile Julie Masset. « Et au terme de ce cours, qui sera dispensé en deux parties, en deuxième et troisième bachelier, les étudiants devront rendre un travail qui peut, là aussi, prendre des formes innovantes, comme une vidéo ou un podcast, et sera accompagné d'une présentation orale. »

« S'ils viennent d'universités des quatre coins du monde, tous les étudiants de ce programme forment une cohorte en tissant des liens autour d'un même projet, ce qui en fait quelque chose d'assez unique », estime Isabella Fontana.

Un outil de développement de soi

Conçu comme un outil de transmission, le MAGIS Exchange Program est totalement imprégné des valeurs jésuites que partage l'UNamur. 

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Isabella Fontana

Les méthodes d'enseignement jésuites considèrent que l'éducation n'est pas seulement un processus qui vise à acquérir des compétences académiques, mais qu'il s'agit réellement d'un parcours de développement personnel dans toutes les dimensions et de rencontre de l'autre.

Isabella Fontana Directrice du Service des relations internationales de l'UNamur

Aussi, dès le premier quadrimestre de leur troisième bachelier, en 2026, les étudiants sélectionnés s'envoleront pour une des universités membres du réseau. « Une vingtaine de destinations, qui ne sont traditionnellement pas accessibles lors d'un échange classique, en Asie du Sud-Est, aux États-Unis ou en Amérique du Sud, sont d'ores et déjà disponibles pour les étudiants. Et d’autres propositions de destinations sont encore à venir », ajoute-t-elle.

« J'ai tout de suite été attiré par les nombreuses destinations possibles », s'enthousiasme Arnaud Pirson, étudiant en ingénieur de gestion, sélectionné pour cette première aventure. « Et le cours de citoyenneté globale, tout comme la mission de citoyenneté, m'ont semblé d'excellents moyens de nouer de nombreux contacts, notamment en dehors de l'université, ce qui a motivé ma décision d’y postuler. » 

Cette mission de citoyenneté est un autre point clé du programme MAGIS. En plus de suivre les cours de leur université d'accueil durant un semestre, les étudiants devront, en effet, consacrer plusieurs heures par semaine à une mission d’engagement citoyen. « Il s'agit de la troisième composante de ce programme qui constitue une réelle valeur ajoutée pour les étudiants », indique Julie Masset. « Cela leur donne l'occasion de s'engager dans la communauté qu'ils rejoignent. Certaines universités proposent du soutien scolaire par exemple, ou de s'impliquer dans une construction utile à la communauté. »

« Avant l’intégration du programme MAGIS par l’UNamur, l'un de nos étudiants avait rejoint l'Université Creighton dans le Nebraska, aux États-Unis », se souvient Isabella Fontana. « Il était parti deux semaines au sein d'un camp de migrants mexicains à la frontière sud du pays, une expérience qui avait, d’après lui, changé sa vie. »

« Pour les étudiants étrangers qui viendront à l'UNamur dans le cadre de cet échange, nous sommes actuellement en contact avec plusieurs organisations comme la Croix-Rouge, ou un kot à projet qui travaille avec les sans-abris, afin de nouer des partenariats », ajoute la directrice.

Un programme exigeant

Cependant, alors que les étudiants étrangers qui arriveront à l'UNamur en septembre 2026 pourront suivre les cours de n'importe quelle faculté en lien avec leur parcours, les étudiants namurois sélectionnés pour cette première année ne seront issus que de la Faculté EMCP, qui va servir de faculté pilote.

Car, encore plus qu'un échange classique, le MAGIS Exchange demande aux étudiants un certain niveau académique pour y participer. « Seuls quatre étudiants sont sélectionnés pour ce programme », relève Julie Masset. « Il s'agit non seulement d'avoir un bon niveau, mais également de montrer un intérêt certain pour les valeurs de ce programme. 

« C'est pour moi une très belle initiative qui consiste à prendre ces jeunes au sérieux en leur offrant cette possibilité de participer à un projet dont ils seront véritablement acteurs », se réjouit Isabella Fontana.

En latin, « magis » est un mot qui signifie « davantage » et qui exprime l'aspiration spirituelle à faire mieux et ne pas se contenter seulement de ce qui est bien. Un appel que les étudiants entendront certainement.

Cet article est tiré de la rubrique "Far away" du magazine Omalius #39 (Décembre 2025).

 

Cover Omalius décembre 2025