A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars, nous vous invitons à découvrir les portraits de sept femmes inspirantes issues des sept Facultés de l’université. 

Tout au long du mois de mars 2026, une série de portraits de femmes de l’université est visible dans différents espaces du campus. Imaginé et réalisé par quatre étudiantes de l’UNamur, et coordonné par le Service Vie de la communauté universitaire (VéCU), ce projet offre une vitrine inspirante aux parcours, aux voix et aux engagements de ces femmes qui font vivre l’institution au quotidien.  

Amélie Lachapelle, professeure à la Faculté de droit

Un parcours entre hasard, rencontres et convictions

Enseignante à la Faculté de droit de l’UNamur ainsi qu’à l’Université Saint-Louis, Amélie porte également depuis 2025 le rôle de chargée de mission "Transitions & Développement soutenable". Un parcours riche, fait de curiosité et de détours, mais toujours guidé par l’envie de comprendre le droit autrement. 

« Mon parcours est essentiellement le fruit du hasard ! », confie-t-elle.  

Curieuse de tout, elle peine d’abord à choisir une orientation. Une conseillère en orientation lui propose alors un défi inattendu : se lancer dans une thèse en droit, et le faire à l’UNamur, reconnue pour la qualité de son accompagnement. Le coup de cœur est immédiat. Elle ne se voit pas avocate : 

« Je n’ai jamais été une technicienne du droit. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre comment le droit se construit, comment il reflète des choix politiques et sociétaux. » 

Un stage dans un grand cabinet d’avocats à Louvain-la-Neuve lui confirme que la pratique classique du droit ne lui correspond pas totalement. Passionnée par la culture espagnole, elle part ensuite en Erasmus à Salamanque. C’est durant ce séjour qu’une opportunité décisive se présente : un poste d’assistante se libère à l’UNamur. Amélie postule, obtient le poste, et se retrouve rapidement à la tête de l’équipe. 

« J’ai appris l’autonomie sur le terrain », raconte-t-elle.  

Amélie raconte avoir « atterri » dans le métier presque du jour au lendemain, sans repères, ni mode d’emploi. 

« J’étais souvent livrée à moi‑même, avec peu de confiance en moi. » 

Très vite, elle se retrouve à encadrer de vastes cohortes d’étudiants de première année, dans des auditoires imposants. Elle finalise et défend sa thèse en 2020, tout en étant nommée chargée d’enseignement en droit économique en février 2020.

« J’ai été guidée par une aînée dans mes premiers pas à l’université, et ça c’est essentiel. » 

Amélie souligne aussi l’importance de l’accompagnement d'une collègue, aujourd’hui déléguée à la protection des données, qui l’a guidée et soutenue dans ses débuts : 

« Elle a été la première personne à vraiment prendre soin de moi à l’université. Je lui dois beaucoup. » 

Apprendre à trouver sa place

Si elle souligne volontiers la bienveillance de ses collègues proches, Amélie constate aussi l’envers du décor. 

« On sent parfois que certaines personnes se comportent différemment selon notre statut. Être assistante ou avoir défendu sa thèse, ce n’est pas perçu de la même manière. » 

« Dans un système d’évaluation par les pairs, vous êtes jugé et comparé quasi en permanence. C’est bénéfique en ce que cela vous pousse à faire preuve de rigueur et à donner le meilleur de vous-même. Mais quand on est perfectionniste comme moi (et nous le sommes beaucoup dans le monde universitaire), cela vous donne aussi le sentiment de n’être jamais à la hauteur malgré le fait que vous donnez tout pour être aussi bon professeur et chercheur que tel ou tel collègue. Ce modèle concurrentiel est présent ailleurs qu’à l’université, mais je n’y étais pas préparée et j’aimerais qu’il évolue vers plus de complémentarité et de soin aux personnes. »

« Le milieu académique reste un système très concurrentiel… et je n’étais pas préparée à ça. » 

Une réalité qu’elle apprend à apprivoiser, sans jamais perdre de vue l’importance de la coopération et du soutien entre collègues. 

Ce dont elle est la plus fière aujourd’hui ? Être chargée de mission à son âge. Elle vient d’être confirmée professeure, comme le prévoit la procédure après trois ans d’engagement. 

« On me fait confiance, malgré mon âge, malgré mon inexpérience. Et surtout, cette fonction fait sens : je me sens en accord avec mes valeurs. J’ai trouvé quelque chose qui me correspond vraiment. Interrogée sur ce que penserait la « petite Amélie » d’aujourd’hui, elle rit : « Elle trouverait que je travaille trop ! Avoir la tête dans les nuages, ça me manque parfois. »  

Entre authenticité et exigence : un chemin pour s'accomplir

Aux plus jeunes, elle souhaite transmettre une conviction claire : ne pas chercher à rentrer dans un modèle prédéfini. 

« J’avais une image figée du professeur d’université. Je croyais que je devais rentrer dans ce moule-là. Mais on m’a dit au contraire qu’on m’engageait pour enseigner en gardant ma personnalité. » 

Elle s’autorise donc à sortir des codes comme donner cours dans un parc, par exemple : « Oui, c’est atypique… mais pourquoi pas ! » Elle ajoute cependant une note de réalisme : travailler reste indispensable. 

« Rien n’arrive sans effort : il faut être rigoureux, parfois même surpréparer. » 

Son message invite chacun à reconnaître ce qui l’anime profondément au quotidien, à défendre cette flamme avec persévérance, mais toujours dans un esprit de respect, d’ouverture et d’éthique. 

« On peut poursuivre ses rêves sans jamais écraser l’autre. »

Des propos recueillis par quatre étudiantes de l’UNamur : Mara Carpentier, Zoé Degraeve, Anaëlle Gonon et Nina Weber. 

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Séphora Boucenna doyenne faculté des sciences éducation et formation

Sephora Boucenna, doyenne de la FaSEF

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Justine Bodart, doctorante à la Faculté des sciences

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Duvernelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique

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Alisson Kabili, technicienne de laboratoire à la Faculté de médecine

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Virginie Di Luca, assistante administrative à la Faculté EMCP

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Anne Roekens, professeure à la Faculté de philosophie et lettres

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