L'institut naXys s'est spécialisé dans l'analyse des systèmes complexes, qu'il s'agisse d'astronomie et de cosmologie dynamique, de biologie mathématique, d'optimisation en optique, de complexité économique ou encore de l'étude de la stabilité et de la robustesse de ces systèmes.

Quel est le point commun entre le cerveau humain, les réseaux sociaux, les systèmes financiers, l'univers, les systèmes optiques, le métabolisme ou le génome ? 

Ce sont des exemples classiques de systèmes complexes, c'est-à-dire des systèmes composés d'un grand nombre d'éléments simples en interaction et présentant des phénomènes émergents. L'objectif principal de l'Institut de recherche naXys est l'étude de ces systèmes complexes, à travers l'analyse de données réelles, leur modélisation par les mathématiques et les simulations numériques, leur contrôle et leur optimisation. 

Notre conviction est qu'une bonne compréhension des systèmes nécessite une étape de modélisation, qui permet d'identifier les relations de cause à effet entre les différents paramètres et d'identifier les mécanismes par lesquels ils opèrent. Cette abstraction doit être basée sur une validation empirique, mais l'exploitation des données seules n'est ni suffisante ni satisfaisante. C'est pourquoi une connaissance du domaine spécifique et l'utilisation d'outils adéquats de modélisation, d'analyse et de simulation sont indispensables.

Les axes de recherche

  • Astronomie dynamique, cosmologie et astrobiologie (SPACE)
  • Biologie mathématique (BIO)
  • Ingénierie optique et optique quantique (OPTICS)
  • Algorithmes d'optimisation, intelligence artificielle et robotique (AI)
  • Complexité socio-économique (ECO)
  • Stabilité et robustesse (ROBUST)

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Actualités

Une recherche menée en collaboration avec l’UNamur s’inspire des abeilles pour aider les essaims de robots à prendre de meilleures décisions

Publication
Physique et astronomie
Durable

Comment permettre à un groupe de robots de prendre la bonne décision, même lorsque certaines informations sont erronées ? Une équipe internationale, à laquelle participe Timoteo Carletti, directeur du Département de mathématique de l’UNamur et membre de l’institut naXys, s’est inspirée des abeilles. Publiés dans Nature Communications, leurs travaux pourraient contribuer à rendre les essaims de robots plus fiables et autonomes. 

Timoteo Carletti

Imaginez des dizaines de robots envoyés dans une zone sinistrée pour rechercher des victimes, surveiller un écosystème fragile ou intervenir après une fuite de produits chimiques. Dans ces environnements difficiles ou dangereux pour l’être humain, les essaims de robots pourraient un jour jouer un rôle précieux. 

Mais pour agir seuls, encore faut-il qu’ils soient capables de se mettre d’accord sur la marche à suivre. Et la tâche se complique lorsque les informations qu’ils échangent ne sont pas toujours fiables : un robot peut tomber en panne, un capteur fournir une mauvaise indication ou un message être manipulé lors d’une cyberattaque.

S’inspirer des abeilles pour mieux décider

Andreagiovanni Reina, de l’Université de Constance, Marco Dorigo et Raina Zakir, de l’Université Libre de Bruxelles, et Timoteo Carletti, de l’UNamur, ont cherché à comprendre comment des robots peuvent parvenir à se mettre d’accord lorsqu’ils reçoivent des informations contradictoires. Et pour trouver une solution, les chercheurs se sont tournés vers la nature et vers une championne de la décision collective : l’abeille. 

En effet, lorsqu’une colonie doit trouver un nouvel endroit où installer son nid, des abeilles partent explorer les environs et reviennent défendre différents lieux. Celles qui soutiennent un endroit peuvent alors envoyer un signal pour freiner les abeilles qui en défendent un autre. Peu à peu, certaines options sont abandonnées et la colonie finit par se mettre d’accord sur une seule destination. 

Les chercheurs ont reproduit cette logique chez les robots. Lorsqu’un robot reçoit une information contraire à son choix actuel, il ne change pas immédiatement d’avis. Il passe d’abord par un court moment d’hésitation, durant lequel il ne soutient plus aucune option, avant de pouvoir faire un nouveau choix. Cette petite hésitation fait toute la différence. Même lorsque certaines informations sont fausses ou peu fiables, les robots parviennent généralement à se mettre d’accord plus rapidement et plus clairement. 

Quand un peu de désordre améliore la décision

Plus surprenant encore, les chercheurs ont découvert qu’une quantité limitée d’informations peu fiables pouvait parfois améliorer le résultat. Ces perturbations peuvent empêcher l’essaim de se mettre trop rapidement d’accord sur une mauvaise option et augmenter ses chances de finalement choisir la meilleure. 

Des mécanismes similaires existent d’ailleurs à différents niveaux dans la nature, des réseaux de neurones jusqu’aux mécanismes qui régulent les cellules. Cette recherche crée ainsi un pont entre biologie et robotique : le vivant inspire la conception de robots plus efficaces, tandis que les expériences menées avec ces robots permettent de mieux comprendre certains mécanismes présents dans la nature. 

À terme, cette approche pourrait aider des essaims de robots à déterminer quelle zone explorer en priorité après une catastrophe ou quelle menace environnementale traiter en premier. Félicitations à Timoteo Carletti et à l’ensemble de l’équipe pour cette publication dans Nature Communications ! 

Timoteo Carletti – Courte biographie

Après une maîtrise en physique (Université de Florence, juin 1995), Timoteo Carletti a poursuivi ses études doctorales à Florence (Italie) et à Paris (France) à l'IMCCE, et a finalement soutenu sa thèse de doctorat en mathématiques en février 2000.

Il s’installe en Belgique en 2005, et est engagé à l'Université de Namur comme chargé de cours, puis comme professeur (2008), et enfin comme professeur titulaire (2011) au Département de mathématique de la Faculté des sciences. En 2010, il a fait partie des créateurs du Namur Center for Complex Systems (devenu l’Institut Namur Institute for Complex Systems – naXys) dont il a assumé la direction jusqu'en décembre 2014.

En savoir plus sur Timoteo Carletti : https://www.unamur.be/fr/profil/tcarlett

Timoteo Carletti

Une découverte montre comment les « tricheurs » finissent par favoriser la coopération

Publication
Physique et astronomie
Durable

Dans les sociétés humaines comme dans les écosystèmes, les comportements opportunistes ne prennent pas toujours le dessus. Un article scientifique, fruit d'une collaboration internationale entre les équipes de chercheurs de Belgique, d’Inde et de Slovénie vient d’être publié dans la prestigieuse revue PNAS.

Timoteo Carletti

La coopération est au cœur du fonctionnement de nombreuses sociétés humaines, écosystèmes et communautés microbiennes. Pourtant, elle est constamment menacée par des individus qui profitent des bénéfices collectifs sans contribuer à leur production. Une nouvelle étude menée par les équipes de recherche dirigées par le Professeur Dibakar Ghosh (ISI, Kolkata, Inde), le Professeur Matjaž Perc (Université de Maribor, Slovénie) et le Professeur Timoteo Carletti (UNamur, Institut naXys, Belgique) montre que la manière dont les individus se déplacent au sein d'un réseau peut jouer un rôle décisif dans le maintien de la coopération.

Depuis plusieurs décennies, les scientifiques tentent de comprendre pourquoi la coopération persiste alors que les comportements égoïstes semblent souvent plus avantageux à court terme. Les modèles théoriques classiques prédisent généralement que les « défecteurs » — ceux qui profitent du groupe sans participer à l'effort collectif, que nous avons qualifié de tricheurs plus haut — devraient finir par dominer.

Le rôle inattendu des déplacements

Mais la réalité est plus nuancée. Dans la nature comme dans les sociétés humaines, la coopération demeure omniprésente. Pour explorer ce paradoxe, les chercheurs ont développé un modèle mathématique décrivant des populations organisées en groupes formant les nœuds d’un réseau, où coopérateurs et défecteurs peuvent se déplacer d'un groupe à l'autre. Leur analyse révèle un phénomène inattendu : lorsque les défecteurs se déplacent plus rapidement que les coopérateurs, leur avantage peut s'éroder. Les coopérateurs, moins mobiles, tendent alors à rester regroupés. Ces regroupements créent des conditions favorables à l'entraide et permettent à la coopération de se maintenir malgré la présence d'individus opportunistes.

Les chercheurs ont également observé que la structure même du réseau joue un rôle important. Les nœuds les plus connectés — comparables à des carrefours dans un réseau de transport ou à des personnes très influentes dans un réseau social — sont particulièrement propices au maintien de la coopération. À l'inverse, les zones plus périphériques restent davantage exposées aux comportements de défection.

Vers une meilleure compréhension des comportements collectifs

Ces résultats mettent en évidence un mécanisme simple mais puissant : les différences de mobilité peuvent favoriser l'émergence spontanée de communautés coopératives stables. Ils ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre la dynamique des comportements collectifs dans des contextes très variés, allant des écosystèmes aux sociétés humaines en passant par les populations microbiennes.

Image
Timoteo Carletti

« Nos travaux montrent que le mouvement des individus n'est pas seulement un détail du système. Il peut modifier profondément l'équilibre entre coopération et comportement égoïste. La coopération peut émerger non pas malgré les déplacements, mais grâce à eux, lorsque les différents acteurs ne se déplacent pas de la même manière ».

Timoteo Carletti Directeur du Département de Mathématique

La revue "Proceedings of the National Academy of Sciences" (PNAS), une publication à comité de lecture de l'Académie nationale des sciences (NAS), est une source faisant autorité en matière de recherches originales à fort impact, couvrant un large éventail de domaines dans les sciences biologiques, physiques et sociales. Cette revue a une portée mondiale et est ouverte aux soumissions de tous les chercheurs du monde entier.

Félicitations aux chercheurs pour cette publication !

Timoteo Carletti – Courte biographie

Après une maîtrise en physique (Université de Florence, juin 1995), Timoteo Carletti a poursuivi ses études doctorales à Florence (Italie) et à Paris (France) à l'IMCCE, et a finalement soutenu sa thèse de doctorat en mathématiques en février 2000.

Il s’installe en Belgique en 2005, et est engagé à l'Université de Namur comme chargé de cours, puis comme professeur (2008), et enfin comme professeur titulaire (2011) au Département de mathématique de la Faculté des sciences. En 2010, il a fait partie des créateurs du Namur Center for Complex Systems (devenu l’Institut Namur Institute for Complex Systems – naXys) dont il a assumé la direction jusqu'en décembre 2014.

En savoir plus sur Timoteo Carletti : https://www.unamur.be/fr/profil/tcarlett

Timoteo Carletti

PHOENIX : Faire renaître les sciences du patrimoine à l’UNamur

Patrimoine, culture et sociétés
Physique et astronomie
Histoire

Avec le projet PHOENIX, l’UNamur renoue avec une expertise ancienne : celle des sciences du patrimoine. À l’aide de techniques de pointe et des apports de l’intelligence artificielle, une équipe transdisciplinaire réunissant des experts en histoire, en archéologie et en physique s’est donnée pour mission de renouveler la compréhension d’objets patrimoniaux pour en comprendre les origines, les modes de production et les usages. Sous leur loupe : des pièces de monnaie antiques et des parchemins médiévaux. 

Parchemin entrée au monastère

Les sciences du patrimoine sont en train de connaître un nouveau souffle à l’UNamur. Ce domaine de recherche – qui consiste à mobiliser les techniques et expertises issues des sciences exactes (physique, chimie, biologie) pour étudier des objets patrimoniaux anciens – se réinvente grâce au projet PHOENIX, porté par sept chercheurs issus des Facultés des sciences (Département de physique) et de philosophie et lettres (Départements d’histoire et de langues et littératures classiques). 

« PHOENIX est né de la rencontre entre plusieurs chercheurs d’horizons différents, mais animés par la même envie d’étudier la matérialité d’objets patrimoniaux. On peut notamment citer Julien Colaux, dont l’un des prédécesseurs avait mené au Laboratoire d'Analyse par Réactions Nucléaires (LARN) de l’UNamur les premiers projets en sciences du patrimoine. C’est une sorte de retour aux sources », se souvient Nicolas Ruffini-Ronzani, chercheur au Département d’histoire, président de l’institut PaTHs et l’un des porteurs du projet. 

Un triple objectif 

Avec PHOENIX, les chercheurs souhaitent faire parler deux types d’objets : des pièces de monnaie antiques et des parchemins médiévaux (voir encart). Plus précisément, trois objectifs guident leurs recherches :

  • Comprendre la composition des artefacts étudiés. Pour les parchemins, identifier l’espèce animale (mouton, chèvre ou veau) et, pour la monnaie, caractériser l’alliage métallique.
  • Mieux appréhender la chaîne opératoire de production et de traitement. Par exemple, déterminer quelles parties de l’animal ont été utilisées dans la confection d’un parchemin.
  • Proposer une datation la plus précise possible. 

C’est dans ce dernier objectif que réside le principal enjeu. « On ne va pas pouvoir dater ces objets à l'année près », avertit Olivier Deparis, professeur au Département de physique et membre de l’institut de recherche NISM. « L’idée est de donner une fourchette temporelle qui soit aussi fine, si pas meilleure, que celle déjà fournie par la paléographie (l’étude des écritures anciennes) ou l’analyse des textes. Si on atteint le quart de siècle, ce sera déjà une belle avancée. »

Faire dialoguer sciences humaines et sciences exactes 

Pour y parvenir, l’équipe de PHOENIX utilise différentes techniques non-invasives, en particulier les spectroscopies infrarouges et Raman, la spectrométrie de masse d’ions secondaires à temps de vol (ToF-SIMS) et les analyses par faisceau d’ions (IBA). Ces approches – qui mobilisent les outils de pointe de l’UNamur comme l’accélérateur de particules ALTAÏS (voir Omalius #36) – fournissent des renseignements détaillés sur la composition physico-chimique des matériaux, comme l’origine animale et les formulations d’encres pour les parchemins ou le type d’alliage métallique pour les monnaies. « Le recours aux sciences exactes va permettre d’enrichir nos études et donc de mieux comprendre comment étaient produits ces objets par le passé », précise Nicolas Ruffini-Ronzani. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la collaboration entre sciences humaines et sciences exactes a une longue histoire derrière elle, qui remonte au 19e siècle, voire bien avant pour les monnaies. »

Un vent de renouveau grâce à l’Intelligence artificielle

Ces outils vont permettre de scruter les parchemins et les monnaies jusque dans les moindres détails, à l’échelle du pixel. Ces analyses poussées génèrent donc un volume colossal de données brutes à traiter. C’est là que l’intelligence artificielle entre en scène pour accélérer leur traitement et révéler les informations « cachées » dans les données, en dégageant les grandes tendances invisibles à l’œil nu. 

Surtout, elle donnera un coup de pouce pour relever le défi de la datation des objets étudiés. Des documents datés, comme des chartes, vont ainsi être utilisés comme références pour tester la robustesse du modèle, en comparant les résultats obtenus aux dates déjà connues. « Si les résultats sont convaincants, la technique pourra être appliquée à des documents non datés », se réjouit Nicolas Ruffini-Ronzani. Il s’agirait là d’une avancée non négligeable dans la recherche historique.

« L’usage des méthodes d’apprentissage automatique n’est pas la panacée », nuance cependant Olivier Deparis. « On a voulu l’exploiter comme une question ouverte, pour évaluer son bénéfice. »

PHOENIX pourrait ainsi incarner une nouvelle ère pour les sciences du patrimoine, où l’intelligence artificielle, à l’image du phénix dont le projet porte le nom, ouvre de nouvelles façons d’analyser et de comprendre les matériaux du passé.

Des chartes et des pièces de monnaies grecques

Le corpus de PHOENIX concerne deux types d’objets patrimoniaux : 

  • Un lot de 168 pièces de monnaie d’argent liées à la cité d’Argos (Grèce), issues de la collection privée de Tony Hackens (1937-1999), ancien professeur d’Archéologie à l’UCLouvain.
  • Plusieurs centaines de chartes médiévales et modernes issues du fonds d’archives de l’abbaye cistercienne Notre-Dame du Vivier (Marche-les-Dames, Namur), actuellement conservées aux Archives de l’État à Namur.
Projet Phoenix

Faites connaissance avec l’équipe 

  • Francesca Cecchet (Département de physique – Instituts NISM et NARILIS)
  • Lucas Baseil (Département de physique - Institut NISM)
  • Julien Colaux (Département de physique – Instituts NISM et PaTHs)
  • Olivier Deparis (Département de physique – Instituts NISM, naXys et PaTHs)
  • Christophe Flament (Département de langues et littératures classiques – Institut PaTHs)
  • Louise Fauchier (Département de langues et littératures classiques – Institut PaTHs)
  • Laurent Houssiau (Département de physique – Institut NISM)
  • Alexandre Mayer (Département de physique – Instituts NISM et naXys)
  • Giulia Morabito (Département de physique - Instituts NISM et PaTHs)
  • Nicolas Ruffini-Ronzani (Département d’histoire – Instituts PaTHs)
  • Nicolas Gros (Département de Physique – Instituts NISM et PaTHs)
  • Manon Bart (Département de Physique – Instituts NISM et naXys)
Photo d'équipe PHOENIX

Le projet PHOENIX bénéficie d’un financement du programme d’action de recherche concertée (ARC) de septembre 2024 à août 2029. Il constitue la suite du projet interdisciplinaire Pergamenum21, impulsé en 2014 par la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin (BUMP) sous la houlette du professeur Olivier Deparis et consacré à l’étude scientifique du parchemin en vue d’améliorer les pratiques de restauration.

Le Projet PHOENIX au First Lego League Challenge               

Des jeunes rochefortois ont mis à l’honneur le projet PHOENIX lors du concours international First Lego League, une compétition de robotique ouverte aux jeunes de 10 à 16 ans. Pour coller au thème annuel consacré aux nouvelles technologies dans le domaine de l’archéologie, cette équipe du Centre des Jeunes et de la Culture de Rochefort s’est inspirée de la technique IBA pour élaborer un jeu de recherche permettant d’identifier l’origine de pièces de monnaies de la Grèce Antique modélisées à l’aide d’une imprimante 3D. Leur projet a tapé dans l’œil du jury et leur a permis de se qualifier pour la finale nationale qui a eu lieu en mars dernier. Au-delà du concours, ce jeu original sera présenté lors de la journée des familles de l’Archéoparc de la Malagne (Rochefort). 

Phoenix - Make it 2026 - étudiants

Cet article est tiré de la rubrique "Eurêka" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).

cover-magazine-omalius-avril-2026

Win4Doc | Anticiper les pannes pour mieux protéger les infrastructures spatiales

Espace

Détecter une panne avant qu’elle ne survienne : c’est l’objectif de la recherche menée par Antoine Hubermont, doctorant à l’UNamur. Ce projet baptisé Monsater est financé par le SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc en collaboration avec l’entreprise spatiale Telespazio Belgium. Il s’inscrit au cœur d’un enjeu stratégique : garantir la fiabilité de systèmes complexes, notamment dans le domaine spatial. 

Station de Redu - Projet Monsater - Win4Doc du SPW Recherche

Dans sa recherche, Antoine Hubermont, membre de naXys, (Institut Namurois des Systèmes Complexes) s’intéresse plus particulièrement aux infrastructures qui permettent le fonctionnement de Galileo, le système européen de navigation par satellite. 

« On l’utilise tous les jours, mais peu de gens savent que nous avons un GPS européen, Galileo, basé sur une constellation de satellites à plus de 23 000 kilomètres autour de la Terre », explique-t-il. 

À l’aide de méthodes d’intelligence artificielle, Antoine Hubermont développe des outils capables notamment d’anticiper l’apparition de pannes. 

Plus précisément, le projet Monsater vise à créer une plateforme permettant de visualiser et de prévoir l'état de ces équipements, d'évaluer le risque de panne et d'identifier les anomalies afin d'initier un processus de rétablissement de leurs fonctions. La plateforme intègre et combine les capacités de détection et de prédiction des solutions basées sur l'intelligence artificielle avec les capacités techniques des solutions robotiques. 

Dans ce travail, Antoine Hubermont est encadré par le professeur Elio Tuci membre de naXys, et professeur à la Faculté d'informatique à l'UNamur. 

Découvrez le projet en vidéo

Win4Doc - Un doctorat en entreprise (SPW recherche) - vignette illustrative des vidéos

Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel

Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.

Logo Wallonie

Doctorats en entreprise à l'UNamur

Une recherche menée en collaboration avec l’UNamur s’inspire des abeilles pour aider les essaims de robots à prendre de meilleures décisions

Publication
Physique et astronomie
Durable

Comment permettre à un groupe de robots de prendre la bonne décision, même lorsque certaines informations sont erronées ? Une équipe internationale, à laquelle participe Timoteo Carletti, directeur du Département de mathématique de l’UNamur et membre de l’institut naXys, s’est inspirée des abeilles. Publiés dans Nature Communications, leurs travaux pourraient contribuer à rendre les essaims de robots plus fiables et autonomes. 

Timoteo Carletti

Imaginez des dizaines de robots envoyés dans une zone sinistrée pour rechercher des victimes, surveiller un écosystème fragile ou intervenir après une fuite de produits chimiques. Dans ces environnements difficiles ou dangereux pour l’être humain, les essaims de robots pourraient un jour jouer un rôle précieux. 

Mais pour agir seuls, encore faut-il qu’ils soient capables de se mettre d’accord sur la marche à suivre. Et la tâche se complique lorsque les informations qu’ils échangent ne sont pas toujours fiables : un robot peut tomber en panne, un capteur fournir une mauvaise indication ou un message être manipulé lors d’une cyberattaque.

S’inspirer des abeilles pour mieux décider

Andreagiovanni Reina, de l’Université de Constance, Marco Dorigo et Raina Zakir, de l’Université Libre de Bruxelles, et Timoteo Carletti, de l’UNamur, ont cherché à comprendre comment des robots peuvent parvenir à se mettre d’accord lorsqu’ils reçoivent des informations contradictoires. Et pour trouver une solution, les chercheurs se sont tournés vers la nature et vers une championne de la décision collective : l’abeille. 

En effet, lorsqu’une colonie doit trouver un nouvel endroit où installer son nid, des abeilles partent explorer les environs et reviennent défendre différents lieux. Celles qui soutiennent un endroit peuvent alors envoyer un signal pour freiner les abeilles qui en défendent un autre. Peu à peu, certaines options sont abandonnées et la colonie finit par se mettre d’accord sur une seule destination. 

Les chercheurs ont reproduit cette logique chez les robots. Lorsqu’un robot reçoit une information contraire à son choix actuel, il ne change pas immédiatement d’avis. Il passe d’abord par un court moment d’hésitation, durant lequel il ne soutient plus aucune option, avant de pouvoir faire un nouveau choix. Cette petite hésitation fait toute la différence. Même lorsque certaines informations sont fausses ou peu fiables, les robots parviennent généralement à se mettre d’accord plus rapidement et plus clairement. 

Quand un peu de désordre améliore la décision

Plus surprenant encore, les chercheurs ont découvert qu’une quantité limitée d’informations peu fiables pouvait parfois améliorer le résultat. Ces perturbations peuvent empêcher l’essaim de se mettre trop rapidement d’accord sur une mauvaise option et augmenter ses chances de finalement choisir la meilleure. 

Des mécanismes similaires existent d’ailleurs à différents niveaux dans la nature, des réseaux de neurones jusqu’aux mécanismes qui régulent les cellules. Cette recherche crée ainsi un pont entre biologie et robotique : le vivant inspire la conception de robots plus efficaces, tandis que les expériences menées avec ces robots permettent de mieux comprendre certains mécanismes présents dans la nature. 

À terme, cette approche pourrait aider des essaims de robots à déterminer quelle zone explorer en priorité après une catastrophe ou quelle menace environnementale traiter en premier. Félicitations à Timoteo Carletti et à l’ensemble de l’équipe pour cette publication dans Nature Communications ! 

Timoteo Carletti – Courte biographie

Après une maîtrise en physique (Université de Florence, juin 1995), Timoteo Carletti a poursuivi ses études doctorales à Florence (Italie) et à Paris (France) à l'IMCCE, et a finalement soutenu sa thèse de doctorat en mathématiques en février 2000.

Il s’installe en Belgique en 2005, et est engagé à l'Université de Namur comme chargé de cours, puis comme professeur (2008), et enfin comme professeur titulaire (2011) au Département de mathématique de la Faculté des sciences. En 2010, il a fait partie des créateurs du Namur Center for Complex Systems (devenu l’Institut Namur Institute for Complex Systems – naXys) dont il a assumé la direction jusqu'en décembre 2014.

En savoir plus sur Timoteo Carletti : https://www.unamur.be/fr/profil/tcarlett

Timoteo Carletti

Une découverte montre comment les « tricheurs » finissent par favoriser la coopération

Publication
Physique et astronomie
Durable

Dans les sociétés humaines comme dans les écosystèmes, les comportements opportunistes ne prennent pas toujours le dessus. Un article scientifique, fruit d'une collaboration internationale entre les équipes de chercheurs de Belgique, d’Inde et de Slovénie vient d’être publié dans la prestigieuse revue PNAS.

Timoteo Carletti

La coopération est au cœur du fonctionnement de nombreuses sociétés humaines, écosystèmes et communautés microbiennes. Pourtant, elle est constamment menacée par des individus qui profitent des bénéfices collectifs sans contribuer à leur production. Une nouvelle étude menée par les équipes de recherche dirigées par le Professeur Dibakar Ghosh (ISI, Kolkata, Inde), le Professeur Matjaž Perc (Université de Maribor, Slovénie) et le Professeur Timoteo Carletti (UNamur, Institut naXys, Belgique) montre que la manière dont les individus se déplacent au sein d'un réseau peut jouer un rôle décisif dans le maintien de la coopération.

Depuis plusieurs décennies, les scientifiques tentent de comprendre pourquoi la coopération persiste alors que les comportements égoïstes semblent souvent plus avantageux à court terme. Les modèles théoriques classiques prédisent généralement que les « défecteurs » — ceux qui profitent du groupe sans participer à l'effort collectif, que nous avons qualifié de tricheurs plus haut — devraient finir par dominer.

Le rôle inattendu des déplacements

Mais la réalité est plus nuancée. Dans la nature comme dans les sociétés humaines, la coopération demeure omniprésente. Pour explorer ce paradoxe, les chercheurs ont développé un modèle mathématique décrivant des populations organisées en groupes formant les nœuds d’un réseau, où coopérateurs et défecteurs peuvent se déplacer d'un groupe à l'autre. Leur analyse révèle un phénomène inattendu : lorsque les défecteurs se déplacent plus rapidement que les coopérateurs, leur avantage peut s'éroder. Les coopérateurs, moins mobiles, tendent alors à rester regroupés. Ces regroupements créent des conditions favorables à l'entraide et permettent à la coopération de se maintenir malgré la présence d'individus opportunistes.

Les chercheurs ont également observé que la structure même du réseau joue un rôle important. Les nœuds les plus connectés — comparables à des carrefours dans un réseau de transport ou à des personnes très influentes dans un réseau social — sont particulièrement propices au maintien de la coopération. À l'inverse, les zones plus périphériques restent davantage exposées aux comportements de défection.

Vers une meilleure compréhension des comportements collectifs

Ces résultats mettent en évidence un mécanisme simple mais puissant : les différences de mobilité peuvent favoriser l'émergence spontanée de communautés coopératives stables. Ils ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre la dynamique des comportements collectifs dans des contextes très variés, allant des écosystèmes aux sociétés humaines en passant par les populations microbiennes.

Image
Timoteo Carletti

« Nos travaux montrent que le mouvement des individus n'est pas seulement un détail du système. Il peut modifier profondément l'équilibre entre coopération et comportement égoïste. La coopération peut émerger non pas malgré les déplacements, mais grâce à eux, lorsque les différents acteurs ne se déplacent pas de la même manière ».

Timoteo Carletti Directeur du Département de Mathématique

La revue "Proceedings of the National Academy of Sciences" (PNAS), une publication à comité de lecture de l'Académie nationale des sciences (NAS), est une source faisant autorité en matière de recherches originales à fort impact, couvrant un large éventail de domaines dans les sciences biologiques, physiques et sociales. Cette revue a une portée mondiale et est ouverte aux soumissions de tous les chercheurs du monde entier.

Félicitations aux chercheurs pour cette publication !

Timoteo Carletti – Courte biographie

Après une maîtrise en physique (Université de Florence, juin 1995), Timoteo Carletti a poursuivi ses études doctorales à Florence (Italie) et à Paris (France) à l'IMCCE, et a finalement soutenu sa thèse de doctorat en mathématiques en février 2000.

Il s’installe en Belgique en 2005, et est engagé à l'Université de Namur comme chargé de cours, puis comme professeur (2008), et enfin comme professeur titulaire (2011) au Département de mathématique de la Faculté des sciences. En 2010, il a fait partie des créateurs du Namur Center for Complex Systems (devenu l’Institut Namur Institute for Complex Systems – naXys) dont il a assumé la direction jusqu'en décembre 2014.

En savoir plus sur Timoteo Carletti : https://www.unamur.be/fr/profil/tcarlett

Timoteo Carletti

PHOENIX : Faire renaître les sciences du patrimoine à l’UNamur

Patrimoine, culture et sociétés
Physique et astronomie
Histoire

Avec le projet PHOENIX, l’UNamur renoue avec une expertise ancienne : celle des sciences du patrimoine. À l’aide de techniques de pointe et des apports de l’intelligence artificielle, une équipe transdisciplinaire réunissant des experts en histoire, en archéologie et en physique s’est donnée pour mission de renouveler la compréhension d’objets patrimoniaux pour en comprendre les origines, les modes de production et les usages. Sous leur loupe : des pièces de monnaie antiques et des parchemins médiévaux. 

Parchemin entrée au monastère

Les sciences du patrimoine sont en train de connaître un nouveau souffle à l’UNamur. Ce domaine de recherche – qui consiste à mobiliser les techniques et expertises issues des sciences exactes (physique, chimie, biologie) pour étudier des objets patrimoniaux anciens – se réinvente grâce au projet PHOENIX, porté par sept chercheurs issus des Facultés des sciences (Département de physique) et de philosophie et lettres (Départements d’histoire et de langues et littératures classiques). 

« PHOENIX est né de la rencontre entre plusieurs chercheurs d’horizons différents, mais animés par la même envie d’étudier la matérialité d’objets patrimoniaux. On peut notamment citer Julien Colaux, dont l’un des prédécesseurs avait mené au Laboratoire d'Analyse par Réactions Nucléaires (LARN) de l’UNamur les premiers projets en sciences du patrimoine. C’est une sorte de retour aux sources », se souvient Nicolas Ruffini-Ronzani, chercheur au Département d’histoire, président de l’institut PaTHs et l’un des porteurs du projet. 

Un triple objectif 

Avec PHOENIX, les chercheurs souhaitent faire parler deux types d’objets : des pièces de monnaie antiques et des parchemins médiévaux (voir encart). Plus précisément, trois objectifs guident leurs recherches :

  • Comprendre la composition des artefacts étudiés. Pour les parchemins, identifier l’espèce animale (mouton, chèvre ou veau) et, pour la monnaie, caractériser l’alliage métallique.
  • Mieux appréhender la chaîne opératoire de production et de traitement. Par exemple, déterminer quelles parties de l’animal ont été utilisées dans la confection d’un parchemin.
  • Proposer une datation la plus précise possible. 

C’est dans ce dernier objectif que réside le principal enjeu. « On ne va pas pouvoir dater ces objets à l'année près », avertit Olivier Deparis, professeur au Département de physique et membre de l’institut de recherche NISM. « L’idée est de donner une fourchette temporelle qui soit aussi fine, si pas meilleure, que celle déjà fournie par la paléographie (l’étude des écritures anciennes) ou l’analyse des textes. Si on atteint le quart de siècle, ce sera déjà une belle avancée. »

Faire dialoguer sciences humaines et sciences exactes 

Pour y parvenir, l’équipe de PHOENIX utilise différentes techniques non-invasives, en particulier les spectroscopies infrarouges et Raman, la spectrométrie de masse d’ions secondaires à temps de vol (ToF-SIMS) et les analyses par faisceau d’ions (IBA). Ces approches – qui mobilisent les outils de pointe de l’UNamur comme l’accélérateur de particules ALTAÏS (voir Omalius #36) – fournissent des renseignements détaillés sur la composition physico-chimique des matériaux, comme l’origine animale et les formulations d’encres pour les parchemins ou le type d’alliage métallique pour les monnaies. « Le recours aux sciences exactes va permettre d’enrichir nos études et donc de mieux comprendre comment étaient produits ces objets par le passé », précise Nicolas Ruffini-Ronzani. « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la collaboration entre sciences humaines et sciences exactes a une longue histoire derrière elle, qui remonte au 19e siècle, voire bien avant pour les monnaies. »

Un vent de renouveau grâce à l’Intelligence artificielle

Ces outils vont permettre de scruter les parchemins et les monnaies jusque dans les moindres détails, à l’échelle du pixel. Ces analyses poussées génèrent donc un volume colossal de données brutes à traiter. C’est là que l’intelligence artificielle entre en scène pour accélérer leur traitement et révéler les informations « cachées » dans les données, en dégageant les grandes tendances invisibles à l’œil nu. 

Surtout, elle donnera un coup de pouce pour relever le défi de la datation des objets étudiés. Des documents datés, comme des chartes, vont ainsi être utilisés comme références pour tester la robustesse du modèle, en comparant les résultats obtenus aux dates déjà connues. « Si les résultats sont convaincants, la technique pourra être appliquée à des documents non datés », se réjouit Nicolas Ruffini-Ronzani. Il s’agirait là d’une avancée non négligeable dans la recherche historique.

« L’usage des méthodes d’apprentissage automatique n’est pas la panacée », nuance cependant Olivier Deparis. « On a voulu l’exploiter comme une question ouverte, pour évaluer son bénéfice. »

PHOENIX pourrait ainsi incarner une nouvelle ère pour les sciences du patrimoine, où l’intelligence artificielle, à l’image du phénix dont le projet porte le nom, ouvre de nouvelles façons d’analyser et de comprendre les matériaux du passé.

Des chartes et des pièces de monnaies grecques

Le corpus de PHOENIX concerne deux types d’objets patrimoniaux : 

  • Un lot de 168 pièces de monnaie d’argent liées à la cité d’Argos (Grèce), issues de la collection privée de Tony Hackens (1937-1999), ancien professeur d’Archéologie à l’UCLouvain.
  • Plusieurs centaines de chartes médiévales et modernes issues du fonds d’archives de l’abbaye cistercienne Notre-Dame du Vivier (Marche-les-Dames, Namur), actuellement conservées aux Archives de l’État à Namur.
Projet Phoenix

Faites connaissance avec l’équipe 

  • Francesca Cecchet (Département de physique – Instituts NISM et NARILIS)
  • Lucas Baseil (Département de physique - Institut NISM)
  • Julien Colaux (Département de physique – Instituts NISM et PaTHs)
  • Olivier Deparis (Département de physique – Instituts NISM, naXys et PaTHs)
  • Christophe Flament (Département de langues et littératures classiques – Institut PaTHs)
  • Louise Fauchier (Département de langues et littératures classiques – Institut PaTHs)
  • Laurent Houssiau (Département de physique – Institut NISM)
  • Alexandre Mayer (Département de physique – Instituts NISM et naXys)
  • Giulia Morabito (Département de physique - Instituts NISM et PaTHs)
  • Nicolas Ruffini-Ronzani (Département d’histoire – Instituts PaTHs)
  • Nicolas Gros (Département de Physique – Instituts NISM et PaTHs)
  • Manon Bart (Département de Physique – Instituts NISM et naXys)
Photo d'équipe PHOENIX

Le projet PHOENIX bénéficie d’un financement du programme d’action de recherche concertée (ARC) de septembre 2024 à août 2029. Il constitue la suite du projet interdisciplinaire Pergamenum21, impulsé en 2014 par la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin (BUMP) sous la houlette du professeur Olivier Deparis et consacré à l’étude scientifique du parchemin en vue d’améliorer les pratiques de restauration.

Le Projet PHOENIX au First Lego League Challenge               

Des jeunes rochefortois ont mis à l’honneur le projet PHOENIX lors du concours international First Lego League, une compétition de robotique ouverte aux jeunes de 10 à 16 ans. Pour coller au thème annuel consacré aux nouvelles technologies dans le domaine de l’archéologie, cette équipe du Centre des Jeunes et de la Culture de Rochefort s’est inspirée de la technique IBA pour élaborer un jeu de recherche permettant d’identifier l’origine de pièces de monnaies de la Grèce Antique modélisées à l’aide d’une imprimante 3D. Leur projet a tapé dans l’œil du jury et leur a permis de se qualifier pour la finale nationale qui a eu lieu en mars dernier. Au-delà du concours, ce jeu original sera présenté lors de la journée des familles de l’Archéoparc de la Malagne (Rochefort). 

Phoenix - Make it 2026 - étudiants

Cet article est tiré de la rubrique "Eurêka" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).

cover-magazine-omalius-avril-2026

Win4Doc | Anticiper les pannes pour mieux protéger les infrastructures spatiales

Espace

Détecter une panne avant qu’elle ne survienne : c’est l’objectif de la recherche menée par Antoine Hubermont, doctorant à l’UNamur. Ce projet baptisé Monsater est financé par le SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc en collaboration avec l’entreprise spatiale Telespazio Belgium. Il s’inscrit au cœur d’un enjeu stratégique : garantir la fiabilité de systèmes complexes, notamment dans le domaine spatial. 

Station de Redu - Projet Monsater - Win4Doc du SPW Recherche

Dans sa recherche, Antoine Hubermont, membre de naXys, (Institut Namurois des Systèmes Complexes) s’intéresse plus particulièrement aux infrastructures qui permettent le fonctionnement de Galileo, le système européen de navigation par satellite. 

« On l’utilise tous les jours, mais peu de gens savent que nous avons un GPS européen, Galileo, basé sur une constellation de satellites à plus de 23 000 kilomètres autour de la Terre », explique-t-il. 

À l’aide de méthodes d’intelligence artificielle, Antoine Hubermont développe des outils capables notamment d’anticiper l’apparition de pannes. 

Plus précisément, le projet Monsater vise à créer une plateforme permettant de visualiser et de prévoir l'état de ces équipements, d'évaluer le risque de panne et d'identifier les anomalies afin d'initier un processus de rétablissement de leurs fonctions. La plateforme intègre et combine les capacités de détection et de prédiction des solutions basées sur l'intelligence artificielle avec les capacités techniques des solutions robotiques. 

Dans ce travail, Antoine Hubermont est encadré par le professeur Elio Tuci membre de naXys, et professeur à la Faculté d'informatique à l'UNamur. 

Découvrez le projet en vidéo

Win4Doc - Un doctorat en entreprise (SPW recherche) - vignette illustrative des vidéos

Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel

Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.

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Doctorats en entreprise à l'UNamur

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