La chimie est par excellence la science de la transformation de la matière et se situe de ce fait à la croisée des sciences physiques et mathématiques d'une part, et des sciences de la vie, des sciences de la terre et des sciences des matériaux d'autre part. Des laboratoires de pointe, dirigés par des chercheurs de renommée mondiale, sont dédiés à une vaste gamme de domaines, de la chimie organique à la chimie des matériaux, en passant par la chimie analytique et la chimie théorique. 

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Roberta Sessoli – La fusion des sciences

Chimie
Physique et astronomie
Prix

Quel rôle peut jouer la chimie en physique quantique ? Pour répondre à cette question, les Départements de physique et de chimie ont invité la Professeure Roberta Sessoli lors d’un séminaire organisé par l’Institut NISM et la Faculté des sciences. Figure emblématique de la chimie mais aussi de la physique grâce à ses recherches sur le magnétisme moléculaire et de la physique quantique des systèmes moléculaires, Roberta Sessoli a obtenu la prestigieuse Chaire Solvay 2026 en chimie. Elle s’exprime sur son parcours et ses travaux, et adresse quelques conseils aux futures générations. 

Roberta Sessoli - Solvay chair - Chemistry - 2026
Roberta Sessoli, Université de Florence, Italie.

Vous êtes une chimiste renommée, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette voie ? 

Lors d’une journée porte ouverte à laquelle je participais, j’ai eu l’occasion d’échanger avec une professeure qui m’a convaincue de travailler dans le domaine de la chimie. D’après elle, c’était une discipline dans laquelle il y avait plus de question à poser que de réponses à donner. Je suis de nature curieuse et j’ai toujours eu une certaine fascination pour les questions ouvertes.  

Aujourd’hui, lorsque l’on me demande des conseils sur un choix d’étude, je réponds toujours très simplement : « préfères-tu résoudre des problèmes ou découvrir des problèmes ? » Pour ma part, c’est plutôt la deuxième option. 

Comment avez-vous commencé à travailler sur le magnétisme ? 

C’est en deuxième année à l’Université que j’ai commencé à m’y intéresser. J’ai eu l’occasion de travailler sur les systèmes paramagnétiques avec mon mentor, Dante Gatteschi. Ces matériaux ont la particularité de montrer une petite aimantation en présence d’aimants de telle sorte que leur aimantation est non-permanente.  

Au début de ma carrière, j’ai constaté que certaines molécules pouvaient se comporter comme des petits aimants. C’est ce que l’on appelle un « single molecule magnet » (SMM). L’intérêt de ces matériaux provient du fait que lorsqu’un champ magnétique est appliqué à ces molécules, elles peuvent s’aimanter et mettent un laps de temps très long avant de revenir à leur état d’équilibre en absence de champ magnétique, on parle de temps de relaxation lent. Cette particularité permet de stocker l’information magnétique sur une longue durée. 

Quelles sont les implications de cette découverte ? 

À l’époque, les physiciens investiguaient ce type d’effets mais travaillaient essentiellement avec des oxydes de fer qui devaient être principalement cristallins pour pouvoir observer ces effets, ce qui permet d’observer des effets. 

Les propriétés magnétiques des molécules sont essentiellement définies par leur structure chimique qui peut être modulée plus facilement que la structure des solides inorganiques. J’ai donc essayé d’attirer l’attention de différents professeurs sur cette découverte mais c’était difficile pour moi d’avoir leur intérêt car j’étais une femme, j’étais jeune et j’étais chimiste. J’ai finalement eu la chance de rencontrer le professeur Jacques Villain, un théoricien très connu de la physique française. Il s’est fasciné pour les SMM et nous avons commencé à travailler ensemble. C’est grâce à son intérêt pour mes travaux que d’autres physiciens se sont également penchés sur la question des SMM. 

Roberta Sessoli
Roberta Sessoli, séminaire de l'Institut NISM et de la Faculté des sciences de l'UNamur.

En ce moment, vous vous intéressez également à la chiralité. En quoi consiste ce phénomène et pourquoi est-il intéressant pour vos recherches ? 

Avec un projet financé par l'European Research Council (ERC), nous avons récemment commencé à travailler sur un phénomène appelé « chirality induced spin selectivity ». 

La chiralité est une propriété fondamentale d’objets qui ne sont pas superposables à leur image miroir. Une molécule chirale existe donc sous deux formes qui sont appelées énantiomères, et qui sont comme des images miroir l’une de l’autre et du coup non-superposables.  

Le spin, quant à lui, est une propriété quantique d’une particule qui procure à cette particule un moment magnétique intrinsèque et qui, de manière plus simple, la fait se comporter comme un minuscule aimant. 

Lorsque des électrons ressortent d’un milieu chiral après l’avoir traversée, leur spin est majoritairement orienté dans une direction particulière, qui dépend de l’énantiomère de la molécule utilisé pour concevoir le milieu chiral.  

C’est quelque chose de très intéressant que ce soit pour la production d'oxygène, la photosynthèse artificielle, ou même pour créer des systèmes d’électrochimie. Nous, on l’utilise pour transformer l’information de spin en signal électrique (spin-to-charge conversion). Cela permet de détecter plus facilement l’état des spins dans les molécules en observant le courant électrique. C’est l’un des objectifs principaux de notre projet ERC mais cela demande une certaine pluridisciplinarité. Pour y parvenir, nous travaillons en équipe avec quatre partenaires, regroupant physiciens et chimistes, afin de combiner toutes les expertises. 

Le fait d’être une femme a-t-il influencé votre parcours dans le monde de la recherche ? 

En début de carrière, j’ai rencontré quelques difficultés pour me faire connaître dans un domaine qui n’était pas le mien et qui était surtout dominé par les hommes. 

La seule chose qui peut nous empêcher de bâtir une belle carrière professionnelle, c’est de nous imposer une charge mentale. Certaines femmes ressentent parfois un sentiment de culpabilité lorsqu’elles sont au travail car elles ont l’impression de ne pas être présentes pour leurs enfants, ou à l’inverse de ne pas être assez présentes au travail. C’est une pression à laquelle j’ai refusé de me soumettre en plaçant dès le départ, une frontière étanche entre ces deux parties de ma vie. 

Un message pour les jeunes qui souhaiteraient se lancer dans une carrière scientifique ?  

Tout d’abord, il est important d’avoir confiance en l’avenir plutôt que d’essayer de le contrôler. L’instabilité fait partie de la vie.  Je pense notamment au jour où j’ai dû présenter ma thèse de doctorat à Rome, avec mon enfant de sept jours. Pour autant, cela ne m’a pas fait peur car je sais qu’il y a une solution à chaque problème. 

Ensuite, il ne faut pas oublier que la motivation la plus sincère, et donc la plus durable, est de suivre ses propres idées. Peu importe la reconnaissance extérieure du moment que la motivation interne bat son plein.  

Enfin, il faut être ouvert d’esprit et ne jamais craindre le changement. Que ce soit l’entourage, les outils ou les avis, tout peut évoluer. L’important c’est de rester flexible et curieux pour ne jamais se fermer de portes.  

Propos recueillis par Léa Ciparisse, UNamur, 12 février 2026. 

La Chaire Solvay Internationale en chimie

À la suite du légendaire Conseil Solvay de 1911 sur « Le rayonnement et les quanta », présidé par le lauréat du prix Nobel Hendrik Lorentz, l'Institut international Solvay de physique a été fondé par Ernest Solvay en 1912. L'Institut international Solvay de chimie a été fondé un an plus tard, en 1913. Les deux instituts ont fusionné en 1963 et sont devenus en 1970 les « Instituts internationaux Solvay de physique et de chimie ».

International Solvay Institutes Brussels

Leur mission est de soutenir et de développer la recherche motivée par la curiosité en physique, en chimie et dans les domaines connexes, dans le but « d’élargir et d’approfondir la compréhension des phénomènes naturels ». 

 « En 2025, c’était l’Année internationale des sciences et technologies quantiques. Recevoir la Chaire Solvay Internationale est une responsabilité, surtout pour moi, parce qu’il s’agit de la Chaire Solvay en chimie, et je ne me considère pas vraiment comme une « vraie » chimiste, dans le sens où je travaille un peu à l’interface entre la chimie et la physique. Mais je suis persuadée que, même si je ne travaille pas sur les grands thèmes dominants du moment — la catalyse, les batteries ou la capture du CO₂, qui sont des sujets très en vogue — il existe d’autres domaines dans lesquels la chimie peut jouer un rôle. » 

Roberta Sessoli, février 2026.

Etre chimistes ou être physicien, là est la question !

Etre à moitié chimiste et à moitié physicien, ce n’est pas habituel. Un point commun qu’a le Professeur Yoann Olivier avec son invitée.  Un challenge, certainement, mais aussi une opportunité qui s’est présentée à l’UNamur lors de son arrivée en 2019. La recherche de Yoann Olivier présente des points communs avec la recherche de Roberta Sessoli car il s’intéresse aux effets de spin dans les matériaux organique p-conjugués.

Prof Yoann Olivier

Ces recherches utilisant des méthodes de simulations numériques lui permettent d’accéder à ces propriétés à l’échelle moléculaire voire atomique. Les applications sont nombreuses, tant d’un point de vue technologique (TV OLED, écrans de smartphones), de l’énergie (cellules photovoltaïques, panneaux d’éclairage) ou de la santé (appareils de monitoring, biosenseurs) et plus récemment dans le domaine de l’information quantique (qubit moléculaire, informatique et cryptographie quantique). 

En plus d’être membre des Département de chimie et de physique, il est également membre et de l’Institut de recherche NISM, dont il a renforcé son équipe multidisciplinaire de chercheurs dans le domaine de la synthèse et de la fonctionnalisation de systèmes moléculaires et matériaux nouveaux (0 à 3D), le design de solides à architecture spécifique, les propriétés de leurs surfaces et le développement de techniques avancées pour l’étude de leurs propriétés physico-chimiques.  

Win4Doc | Automatiser la production de radiotraceurs pour l’imagerie médicale

Sciences de la vie et de la santé
Chimie

À l’UNamur, une thèse menée par Juliette Liégeois, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, vise à moderniser la production automatisée de radiotraceurs utilisés notamment pour diagnostiquer certains cancers et d’autres maladies. Baptisé SMART, le projet est développé en collaboration avec Synlock, une entreprise qui conçoit des automates de synthèse destinés aux laboratoires académiques et industriels.

Le projet SMART repose sur la complémentarité entre l’UNamur et Synlock.

Les radiotraceurs sont de petites molécules radioactives utilisées en imagerie médicale. Une fois injectées dans le corps, elles peuvent se fixer sur certaines cibles caractéristiques d’une maladie et émettre un rayonnement détectable par les appareils d’imagerie. C’est sur ces molécules que travaille Juliette Liégeois, doctorante au laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO) de l’UNamur, dans le cadre d’une thèse menée en collaboration avec l’entreprise Synlock. “On peut les comparer à des traceurs GPS. Ils permettent par exemple de localiser précisément une tumeur dans le corps humain et d’aider ensuite l’oncologue à définir une stratégie thérapeutique”, explique-t-elle. 

Mais produire ces molécules représente un véritable défi. Radioactives et instables, elles doivent être fabriquées rapidement et dans des conditions permettant de garantir la sécurité des scientifiques. Leur synthèse est donc réalisée à l’aide de machines automatisées capables d’enchaîner les différentes étapes sans intervention humaine directe. Or, une grande partie des automates utilisés actuellement repose encore sur des technologies qui ne permettent pas d’intégrer facilement certaines méthodes de synthèse plus récentes développées dans les laboratoires de recherche. 

L’objectif du projet SMART est précisément de combler ce retard, en adaptant des méthodes existantes afin de pouvoir les intégrer dans des systèmes automatisés et de vérifier leur efficacité dans des conditions proches de la production réelle. 

Adapter les machines aux nouvelles méthodes de recherche

Pour y parvenir, Juliette Liégeois travaille sur deux techniques. La biocatalyse utilise des enzymes pour réaliser certaines réactions chimiques dans des conditions plus douces, tandis que la photocatalyse utilise la lumière pour déclencher ces réactions. Deux méthodes souvent utilisées en recherche, mais qui doivent encore être adaptées aux contraintes des machines automatisées. 

Le projet teste également le Cheminizer, une technologie développée par Synlock. Ce réacteur tourne pendant la fabrication afin de mieux mélanger les différents éléments et de mieux contrôler les réactions. Son fonctionnement pourrait notamment faciliter l’utilisation de la lumière et des enzymes.

Du laboratoire à la production automatisée

Le projet SMART repose sur la complémentarité entre l’UNamur et Synlock. L’entreprise apporte son expertise dans la conception des machines et des réacteurs, tandis que le laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO) de l’UNamur apporte ses connaissances sur les réactions chimiques. 

Image
Stéphane Vincent

“La valeur ajoutée de la collaboration entre l’entreprise Synlock et le laboratoire CBO est double. Il y a d’abord une synergie vis-à-vis de la ou des technologies développées dans le projet : l’entreprise apporte son savoir-faire dans le domaine des réacteurs, le laboratoire alimente le projet par ses connaissances sur les réactions et les transformations chimiques impactantes pour le projet. L’autre dimension importante est la gestion et l’orientation des décisions stratégiques à prendre en concertation avec les deux partenaires car elles peuvent avoir des incidences économiques directes sur le développement des produits de Synlock.” 

Professeur Stéphane Vincent Responsable du CBO et promoteur du projet

Voir le projet en vidéo

Vidéo du projet WIN4Doc SMART

Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel

Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.  

Logo Wallonie

Doctorats en entreprise à l'UNamur

Win4Doc | Accélérer la détection des bactéries résistantes aux antibiotiques

Sciences de la vie et de la santé
Chimie
ODD 3 - Bonne santé et bien-être

À l’UNamur, une thèse menée par Jozie Tientcheu, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, explore une nouvelle piste pour accélérer le diagnostic des résistances bactériennes aux antibiotiques. Baptisé STABLE2, le projet est développé en collaboration avec Coris BioConcept, une entreprise wallonne spécialisée dans les tests rapides de diagnostic. 

Logo Wallonie

La résistance aux antibiotiques est l’un des grands défis de santé publique. Certaines bactéries produisent des enzymes, appelées bêta-lactamases, capables de rendre inefficaces des antibiotiques très utilisés, comme les bêta-lactamines. Parmi elles, les résistances aux carbapénèmes, souvent réservés aux infections graves, sont particulièrement préoccupantes. 

Identifier rapidement ces résistances est essentiel pour adapter le traitement, éviter l’usage inutile d’antibiotiques de dernier recours et limiter la propagation de bactéries résistantes dans les milieux de soins. 

L’objectif de STABLE2 est de réduire le délai entre le prélèvement d’un échantillon et l’obtention d’un diagnostic. « Pour y parvenir, le projet combine chimie de synthèse, électrochimie et microbiologie. Il vise à concevoir des molécules analogues aux bêta-lactamines, puis à mesurer leur transformation lorsqu’elles entrent en contact avec les enzymes responsables de certaines résistances », explique la doctorante Jozie Tientcheu. 

Cette transformation peut générer un signal électrochimique mesurable. À terme, cette approche pourrait contribuer au développement de tests plus rapides, plus ciblés et mieux adaptés aux besoins des laboratoires et du monde hospitalier. 

Une collaboration entre recherche universitaire et innovation industrielle

Le projet s’inscrit dans le développement de la gamme de tests électrochimiques de Coris BioConcept, entreprise située à Gembloux et active depuis 1996 dans le diagnostic rapide des maladies infectieuses. Déjà engagée dans la détection des résistances bactériennes, elle apporte son expertise industrielle et sa connaissance des besoins de terrain. 

À l’UNamur, la recherche est menée au sein du laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO),  qui conçoit et synthétise les molécules nécessaires au développement du test.  

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Stéphane Vincent

« La lutte contre les maladies infectieuses constitue l’axe principal de recherche du CBO. La collaboration avec Coris BioConcept est très intéressante car elle permet de faire un lien direct entre le savoir-faire du laboratoire et des applications accessibles rapidement au milieu médical, et donc au bénéfice du patient. La complémentarité des deux entités est optimale et permet une relation Win-Win et une véritable synergie »

Professeur Stéphane Vincent Responsable du CBO et promoteur du projet STABLE2

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Win4Doc - Un doctorat en entreprise (SPW recherche) - vignette illustrative des vidéos

Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel

Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire. 

En savoir plus sur Win4Doc 

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Doctorats en entreprise à l'UNamur

Une nouvelle spin-off wallonne (UNamur / UCLouvain/ WEL Research Institute) développe un spray nasal pour prévenir les infections respiratoires virales

Sciences de la vie et de la santé
Durable
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure

Créée conjointement par l’Université de Namur et l’UCLouvain, la spin-off Intercept Bio entend franchir une nouvelle étape dans la prévention des infections respiratoires virales. Issue des recherches menées par les équipes du professeur Stéphane Vincent, au Laboratoire de Chimie Bio-Organique de l’UNamur, et du professeur David Alsteens, au Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de l’UCLouvain, et Investigateur au WEL Research Institute, la jeune société développe un spray nasal conçu pour agir dès la porte d’entrée des virus respiratoires : les voies nasales.

copyright-adobe-stock-Intercept-bio-spin-off

L’innovation au cœur d’Intercept Bio repose sur une molécule propriétaire, 9-Ac-SAP, protégée par plusieurs familles de brevets internationaux codétenues par les deux universités. Cette molécule, formulée sous la forme d’un spray nasal, a été pensée pour intercepter les virus avant qu’ils ne puissent s’accrocher aux cellules humaines. Concrètement, elle agit comme un « leurre » moléculaire : au lieu de se fixer à la surface des cellules de l’organisme, le virus rencontre d’abord cette molécule, qui perturbe son adhésion et limite ainsi sa capacité à initier l’infection.

Image
VINCENT Stéphane

Avec le spray nasal, notre objectif est de proposer une approche simple à utiliser, mais fondée sur une compréhension très fine des premières étapes de l’infection virale. Plutôt que d’attendre que le virus soit installé dans l’organisme, nous cherchons à l’empêcher de franchir cette première barrière en intervenant directement au niveau des voies nasales. 

Professeur Stéphane Vincent UNamur, Faculté des sciences, Département de chimie

Le Professeur Stéphane Vincent est membre du Laboratoire de Chimie Bio-Organique (CBO)  et des Instituts NISM et NARILIS de l’UNamur.

Les virus respiratoires évoluent en permanence. En ciblant une étape fondamentale de leur interaction avec les cellules humaines plutôt qu'une protéine virale spécifique, nous espérons développer une solution capable de conserver son efficacité malgré l'apparition de nouveaux variants ou de nouveaux virus émergents.

Professeur David Alsteens UCLouvain, NanoBioPhysics lab et membre du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology et du WEL Research Institute

Le professeur David Alsteens, du NanoBioPhysics lab et membre du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de l’UCLouvain et du WEL Research Institute.

Cette approche est particulièrement originale parce qu’elle ne vise pas un seul virus ni une seule souche. Les travaux précliniques menés à l’UNamur et à l’UCLouvain ont montré une activité antivirale contre plusieurs virus respiratoires majeurs, dont le SARS-CoV-2, les virus de la grippe et le virus respiratoire syncytial. En ciblant une étape très précoce et commune du processus infectieux, c’est-à-dire l’attachement du virus à la cellule hôte, la technologie ouvre la voie à une stratégie préventive complémentaire aux vaccins, aux traitements antiviraux existants et aux mesures de protection classiques.

Le premier produit développé par Intercept Bio, prend la forme d’un spray nasal. Ce mode d’administration répond à une logique simple : intervenir localement, là où de nombreux virus respiratoires commencent leur progression dans l’organisme. Facile à utiliser, non invasif et pensé pour un usage préventif, ce spray pourrait représenter une solution particulièrement pertinente pour les personnes les plus à risque de complications, notamment les patients souffrant de pathologies respiratoires chroniques. 

« Ce spray pourrait être une alternative au vaccin pour les personnes immunodéprimées. Il permettrait d’empêcher d’attraper des maladies respiratoires, la grippe ou d’autres infections en l’appliquant avant d’entrer dans des lieux confinés, comme les transports en commun. Il pourrait aussi être utilisé par une personne infectée pour limiter les risques de transmission du virus aux personnes qui l’entourent », précise David Alsteens, UCLouvain, WEL Research Institute. 

En réduisant le risque d’infection ou d’exacerbation de maladies respiratoires sévères, une solution préventive comme ce spray pourrait contribuer à limiter les complications, les hospitalisations et la pression sur les soins de santé.

illu-spray-nasal-spin-off-intercept-bio

Une collaboration interuniversitaire fructueuse

En 2020, dès le début de l’épidémie du coronavirus, David Alsteens (UCLouvain, WEL Research Institute), utilise sa plateforme de microscopie à force atomique de pointe, unique en Belgique par ses capacités d'étude des interactions entre pathogènes et cellules, pour voir comment le covid s’attache à nos cellules. Très vite, l’équipe UCLouvain-WEL Research Institute découvre l’importance de certains acides sialiques à la surface de nos cellules pour permettre au virus de s’y attacher. Les acides sialiques, des résidus de sucre, sont comme des petits verrous où le virus vient se fixer grâce à ses protéines de surface avant d’entrer dans la cellule hôte. 

Pour tenter de bloquer cette interaction, et donc l’infection des cellules par le virus, David Alsteens se tourne vers le professeur Stéphane Vincent du Laboratoire de Chimie Bio-Organique de l’UNamur, spécialisé en chimie organique, en glycosciences, en biocatalyse et en enzymologie mécanistique. Son équipe conçoit et synthétise des molécules complexes capables d’interagir avec des cibles biologiques, notamment dans des contextes liés aux infections. Ce dernier produit alors une molécule flanquée d’acides sialiques, la fameuse molécule leurre, qui sature le virus et l’empêchent de se lier aux cellules de son hôte. S’ensuivent des tests sur des souris qui se sont avérés efficaces dans 80 % des cas. Dans le cadre d’Intercept Bio, cet apport a été déterminant pour imaginer, produire et optimiser les molécules à la base de la plateforme technologique.

Intercept Bio illustre également la force de la collaboration interuniversitaire. Le projet est né de la complémentarité entre deux expertises scientifiques de haut niveau : d’une part, la capacité de l’UNamur à concevoir et synthétiser des molécules innovantes inspirées des glycosciences ; d’autre part, l’expertise de l’UCLouvain- WEL Research Institutepour observer, mesurer et comprendre, à l’échelle nanométrique, les interactions entre virus, molécules et cellules. Cette collaboration a permis de passer d’une intuition scientifique à une technologie protégée, validée en préclinique et aujourd’hui portée vers un développement industriel.

Du laboratoire à la spin-off

La création d’Intercept Bio s’inscrit dans une démarche de valorisation portée conjointement par l’UNamur et l’UCLouvain, avec le soutien du WEL Research Institute, d’UNamur Venture et de la Sopartec, membre du Louvain-Transfer, l’organisme de valorisation de la recherche de l’UCLouvain. Ces structures ont accompagné la maturation du projet, sa structuration, son financement initial et sa gouvernance, aux côtés des chercheurs fondateurs et de l’équipe de management, permettant ainsi de passer d’une recherche fondamentale à une application concrète pour la société. Serge Pampfer, figure expérimentée de l’écosystème biotech belge, accompagne la nouvelle structure en tant qu’administrateur délégué.

intercept-bio-logos-partenaires

Les travaux de recherche et les financements qui ont permis la conception de cette solution, ainsi que le dépôt des brevets associés, ont bénéficié du soutien de plusieurs dispositifs et programmes de financement : les deux bourses ERC, le soutien du WEL Research Institute et de la Fondation Louvain, obtenus par David Alsteens, UCLouvain ; mais aussi le programme EOS (interuniversitaire), le FNRS et le réseau ITN Marie Curie, qui a permis le financement d’un doctorat dans l’équipe Stéphane Vincent. L’ITN, financé dans le cadre du programme FP7 Marie Curie Doctoral Network, a notamment permis de construire la méthodologie initiale développée sur Ebola, qui a contribué aux avancées scientifiques à l’origine de cette technologie. La société aura pour mission de poursuivre les étapes de développement préclinique et clinique, de mobiliser les financements nécessaires aux prochaines phases réglementaires et de préparer, à terme, la mise sur le marché de solutions innovantes destinées à la prévention des infections respiratoires virales. Au-delà de ce premier produit, Intercept Bio ambitionne de développer progressivement un portefeuille de produits fondés sur la même plateforme technologique.

Roberta Sessoli – La fusion des sciences

Chimie
Physique et astronomie
Prix

Quel rôle peut jouer la chimie en physique quantique ? Pour répondre à cette question, les Départements de physique et de chimie ont invité la Professeure Roberta Sessoli lors d’un séminaire organisé par l’Institut NISM et la Faculté des sciences. Figure emblématique de la chimie mais aussi de la physique grâce à ses recherches sur le magnétisme moléculaire et de la physique quantique des systèmes moléculaires, Roberta Sessoli a obtenu la prestigieuse Chaire Solvay 2026 en chimie. Elle s’exprime sur son parcours et ses travaux, et adresse quelques conseils aux futures générations. 

Roberta Sessoli - Solvay chair - Chemistry - 2026
Roberta Sessoli, Université de Florence, Italie.

Vous êtes une chimiste renommée, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette voie ? 

Lors d’une journée porte ouverte à laquelle je participais, j’ai eu l’occasion d’échanger avec une professeure qui m’a convaincue de travailler dans le domaine de la chimie. D’après elle, c’était une discipline dans laquelle il y avait plus de question à poser que de réponses à donner. Je suis de nature curieuse et j’ai toujours eu une certaine fascination pour les questions ouvertes.  

Aujourd’hui, lorsque l’on me demande des conseils sur un choix d’étude, je réponds toujours très simplement : « préfères-tu résoudre des problèmes ou découvrir des problèmes ? » Pour ma part, c’est plutôt la deuxième option. 

Comment avez-vous commencé à travailler sur le magnétisme ? 

C’est en deuxième année à l’Université que j’ai commencé à m’y intéresser. J’ai eu l’occasion de travailler sur les systèmes paramagnétiques avec mon mentor, Dante Gatteschi. Ces matériaux ont la particularité de montrer une petite aimantation en présence d’aimants de telle sorte que leur aimantation est non-permanente.  

Au début de ma carrière, j’ai constaté que certaines molécules pouvaient se comporter comme des petits aimants. C’est ce que l’on appelle un « single molecule magnet » (SMM). L’intérêt de ces matériaux provient du fait que lorsqu’un champ magnétique est appliqué à ces molécules, elles peuvent s’aimanter et mettent un laps de temps très long avant de revenir à leur état d’équilibre en absence de champ magnétique, on parle de temps de relaxation lent. Cette particularité permet de stocker l’information magnétique sur une longue durée. 

Quelles sont les implications de cette découverte ? 

À l’époque, les physiciens investiguaient ce type d’effets mais travaillaient essentiellement avec des oxydes de fer qui devaient être principalement cristallins pour pouvoir observer ces effets, ce qui permet d’observer des effets. 

Les propriétés magnétiques des molécules sont essentiellement définies par leur structure chimique qui peut être modulée plus facilement que la structure des solides inorganiques. J’ai donc essayé d’attirer l’attention de différents professeurs sur cette découverte mais c’était difficile pour moi d’avoir leur intérêt car j’étais une femme, j’étais jeune et j’étais chimiste. J’ai finalement eu la chance de rencontrer le professeur Jacques Villain, un théoricien très connu de la physique française. Il s’est fasciné pour les SMM et nous avons commencé à travailler ensemble. C’est grâce à son intérêt pour mes travaux que d’autres physiciens se sont également penchés sur la question des SMM. 

Roberta Sessoli
Roberta Sessoli, séminaire de l'Institut NISM et de la Faculté des sciences de l'UNamur.

En ce moment, vous vous intéressez également à la chiralité. En quoi consiste ce phénomène et pourquoi est-il intéressant pour vos recherches ? 

Avec un projet financé par l'European Research Council (ERC), nous avons récemment commencé à travailler sur un phénomène appelé « chirality induced spin selectivity ». 

La chiralité est une propriété fondamentale d’objets qui ne sont pas superposables à leur image miroir. Une molécule chirale existe donc sous deux formes qui sont appelées énantiomères, et qui sont comme des images miroir l’une de l’autre et du coup non-superposables.  

Le spin, quant à lui, est une propriété quantique d’une particule qui procure à cette particule un moment magnétique intrinsèque et qui, de manière plus simple, la fait se comporter comme un minuscule aimant. 

Lorsque des électrons ressortent d’un milieu chiral après l’avoir traversée, leur spin est majoritairement orienté dans une direction particulière, qui dépend de l’énantiomère de la molécule utilisé pour concevoir le milieu chiral.  

C’est quelque chose de très intéressant que ce soit pour la production d'oxygène, la photosynthèse artificielle, ou même pour créer des systèmes d’électrochimie. Nous, on l’utilise pour transformer l’information de spin en signal électrique (spin-to-charge conversion). Cela permet de détecter plus facilement l’état des spins dans les molécules en observant le courant électrique. C’est l’un des objectifs principaux de notre projet ERC mais cela demande une certaine pluridisciplinarité. Pour y parvenir, nous travaillons en équipe avec quatre partenaires, regroupant physiciens et chimistes, afin de combiner toutes les expertises. 

Le fait d’être une femme a-t-il influencé votre parcours dans le monde de la recherche ? 

En début de carrière, j’ai rencontré quelques difficultés pour me faire connaître dans un domaine qui n’était pas le mien et qui était surtout dominé par les hommes. 

La seule chose qui peut nous empêcher de bâtir une belle carrière professionnelle, c’est de nous imposer une charge mentale. Certaines femmes ressentent parfois un sentiment de culpabilité lorsqu’elles sont au travail car elles ont l’impression de ne pas être présentes pour leurs enfants, ou à l’inverse de ne pas être assez présentes au travail. C’est une pression à laquelle j’ai refusé de me soumettre en plaçant dès le départ, une frontière étanche entre ces deux parties de ma vie. 

Un message pour les jeunes qui souhaiteraient se lancer dans une carrière scientifique ?  

Tout d’abord, il est important d’avoir confiance en l’avenir plutôt que d’essayer de le contrôler. L’instabilité fait partie de la vie.  Je pense notamment au jour où j’ai dû présenter ma thèse de doctorat à Rome, avec mon enfant de sept jours. Pour autant, cela ne m’a pas fait peur car je sais qu’il y a une solution à chaque problème. 

Ensuite, il ne faut pas oublier que la motivation la plus sincère, et donc la plus durable, est de suivre ses propres idées. Peu importe la reconnaissance extérieure du moment que la motivation interne bat son plein.  

Enfin, il faut être ouvert d’esprit et ne jamais craindre le changement. Que ce soit l’entourage, les outils ou les avis, tout peut évoluer. L’important c’est de rester flexible et curieux pour ne jamais se fermer de portes.  

Propos recueillis par Léa Ciparisse, UNamur, 12 février 2026. 

La Chaire Solvay Internationale en chimie

À la suite du légendaire Conseil Solvay de 1911 sur « Le rayonnement et les quanta », présidé par le lauréat du prix Nobel Hendrik Lorentz, l'Institut international Solvay de physique a été fondé par Ernest Solvay en 1912. L'Institut international Solvay de chimie a été fondé un an plus tard, en 1913. Les deux instituts ont fusionné en 1963 et sont devenus en 1970 les « Instituts internationaux Solvay de physique et de chimie ».

International Solvay Institutes Brussels

Leur mission est de soutenir et de développer la recherche motivée par la curiosité en physique, en chimie et dans les domaines connexes, dans le but « d’élargir et d’approfondir la compréhension des phénomènes naturels ». 

 « En 2025, c’était l’Année internationale des sciences et technologies quantiques. Recevoir la Chaire Solvay Internationale est une responsabilité, surtout pour moi, parce qu’il s’agit de la Chaire Solvay en chimie, et je ne me considère pas vraiment comme une « vraie » chimiste, dans le sens où je travaille un peu à l’interface entre la chimie et la physique. Mais je suis persuadée que, même si je ne travaille pas sur les grands thèmes dominants du moment — la catalyse, les batteries ou la capture du CO₂, qui sont des sujets très en vogue — il existe d’autres domaines dans lesquels la chimie peut jouer un rôle. » 

Roberta Sessoli, février 2026.

Etre chimistes ou être physicien, là est la question !

Etre à moitié chimiste et à moitié physicien, ce n’est pas habituel. Un point commun qu’a le Professeur Yoann Olivier avec son invitée.  Un challenge, certainement, mais aussi une opportunité qui s’est présentée à l’UNamur lors de son arrivée en 2019. La recherche de Yoann Olivier présente des points communs avec la recherche de Roberta Sessoli car il s’intéresse aux effets de spin dans les matériaux organique p-conjugués.

Prof Yoann Olivier

Ces recherches utilisant des méthodes de simulations numériques lui permettent d’accéder à ces propriétés à l’échelle moléculaire voire atomique. Les applications sont nombreuses, tant d’un point de vue technologique (TV OLED, écrans de smartphones), de l’énergie (cellules photovoltaïques, panneaux d’éclairage) ou de la santé (appareils de monitoring, biosenseurs) et plus récemment dans le domaine de l’information quantique (qubit moléculaire, informatique et cryptographie quantique). 

En plus d’être membre des Département de chimie et de physique, il est également membre et de l’Institut de recherche NISM, dont il a renforcé son équipe multidisciplinaire de chercheurs dans le domaine de la synthèse et de la fonctionnalisation de systèmes moléculaires et matériaux nouveaux (0 à 3D), le design de solides à architecture spécifique, les propriétés de leurs surfaces et le développement de techniques avancées pour l’étude de leurs propriétés physico-chimiques.  

Win4Doc | Automatiser la production de radiotraceurs pour l’imagerie médicale

Sciences de la vie et de la santé
Chimie

À l’UNamur, une thèse menée par Juliette Liégeois, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, vise à moderniser la production automatisée de radiotraceurs utilisés notamment pour diagnostiquer certains cancers et d’autres maladies. Baptisé SMART, le projet est développé en collaboration avec Synlock, une entreprise qui conçoit des automates de synthèse destinés aux laboratoires académiques et industriels.

Le projet SMART repose sur la complémentarité entre l’UNamur et Synlock.

Les radiotraceurs sont de petites molécules radioactives utilisées en imagerie médicale. Une fois injectées dans le corps, elles peuvent se fixer sur certaines cibles caractéristiques d’une maladie et émettre un rayonnement détectable par les appareils d’imagerie. C’est sur ces molécules que travaille Juliette Liégeois, doctorante au laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO) de l’UNamur, dans le cadre d’une thèse menée en collaboration avec l’entreprise Synlock. “On peut les comparer à des traceurs GPS. Ils permettent par exemple de localiser précisément une tumeur dans le corps humain et d’aider ensuite l’oncologue à définir une stratégie thérapeutique”, explique-t-elle. 

Mais produire ces molécules représente un véritable défi. Radioactives et instables, elles doivent être fabriquées rapidement et dans des conditions permettant de garantir la sécurité des scientifiques. Leur synthèse est donc réalisée à l’aide de machines automatisées capables d’enchaîner les différentes étapes sans intervention humaine directe. Or, une grande partie des automates utilisés actuellement repose encore sur des technologies qui ne permettent pas d’intégrer facilement certaines méthodes de synthèse plus récentes développées dans les laboratoires de recherche. 

L’objectif du projet SMART est précisément de combler ce retard, en adaptant des méthodes existantes afin de pouvoir les intégrer dans des systèmes automatisés et de vérifier leur efficacité dans des conditions proches de la production réelle. 

Adapter les machines aux nouvelles méthodes de recherche

Pour y parvenir, Juliette Liégeois travaille sur deux techniques. La biocatalyse utilise des enzymes pour réaliser certaines réactions chimiques dans des conditions plus douces, tandis que la photocatalyse utilise la lumière pour déclencher ces réactions. Deux méthodes souvent utilisées en recherche, mais qui doivent encore être adaptées aux contraintes des machines automatisées. 

Le projet teste également le Cheminizer, une technologie développée par Synlock. Ce réacteur tourne pendant la fabrication afin de mieux mélanger les différents éléments et de mieux contrôler les réactions. Son fonctionnement pourrait notamment faciliter l’utilisation de la lumière et des enzymes.

Du laboratoire à la production automatisée

Le projet SMART repose sur la complémentarité entre l’UNamur et Synlock. L’entreprise apporte son expertise dans la conception des machines et des réacteurs, tandis que le laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO) de l’UNamur apporte ses connaissances sur les réactions chimiques. 

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Stéphane Vincent

“La valeur ajoutée de la collaboration entre l’entreprise Synlock et le laboratoire CBO est double. Il y a d’abord une synergie vis-à-vis de la ou des technologies développées dans le projet : l’entreprise apporte son savoir-faire dans le domaine des réacteurs, le laboratoire alimente le projet par ses connaissances sur les réactions et les transformations chimiques impactantes pour le projet. L’autre dimension importante est la gestion et l’orientation des décisions stratégiques à prendre en concertation avec les deux partenaires car elles peuvent avoir des incidences économiques directes sur le développement des produits de Synlock.” 

Professeur Stéphane Vincent Responsable du CBO et promoteur du projet

Voir le projet en vidéo

Vidéo du projet WIN4Doc SMART

Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel

Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.  

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Doctorats en entreprise à l'UNamur

Win4Doc | Accélérer la détection des bactéries résistantes aux antibiotiques

Sciences de la vie et de la santé
Chimie
ODD 3 - Bonne santé et bien-être

À l’UNamur, une thèse menée par Jozie Tientcheu, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, explore une nouvelle piste pour accélérer le diagnostic des résistances bactériennes aux antibiotiques. Baptisé STABLE2, le projet est développé en collaboration avec Coris BioConcept, une entreprise wallonne spécialisée dans les tests rapides de diagnostic. 

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La résistance aux antibiotiques est l’un des grands défis de santé publique. Certaines bactéries produisent des enzymes, appelées bêta-lactamases, capables de rendre inefficaces des antibiotiques très utilisés, comme les bêta-lactamines. Parmi elles, les résistances aux carbapénèmes, souvent réservés aux infections graves, sont particulièrement préoccupantes. 

Identifier rapidement ces résistances est essentiel pour adapter le traitement, éviter l’usage inutile d’antibiotiques de dernier recours et limiter la propagation de bactéries résistantes dans les milieux de soins. 

L’objectif de STABLE2 est de réduire le délai entre le prélèvement d’un échantillon et l’obtention d’un diagnostic. « Pour y parvenir, le projet combine chimie de synthèse, électrochimie et microbiologie. Il vise à concevoir des molécules analogues aux bêta-lactamines, puis à mesurer leur transformation lorsqu’elles entrent en contact avec les enzymes responsables de certaines résistances », explique la doctorante Jozie Tientcheu. 

Cette transformation peut générer un signal électrochimique mesurable. À terme, cette approche pourrait contribuer au développement de tests plus rapides, plus ciblés et mieux adaptés aux besoins des laboratoires et du monde hospitalier. 

Une collaboration entre recherche universitaire et innovation industrielle

Le projet s’inscrit dans le développement de la gamme de tests électrochimiques de Coris BioConcept, entreprise située à Gembloux et active depuis 1996 dans le diagnostic rapide des maladies infectieuses. Déjà engagée dans la détection des résistances bactériennes, elle apporte son expertise industrielle et sa connaissance des besoins de terrain. 

À l’UNamur, la recherche est menée au sein du laboratoire de Chimie Bioorganique (CBO),  qui conçoit et synthétise les molécules nécessaires au développement du test.  

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Stéphane Vincent

« La lutte contre les maladies infectieuses constitue l’axe principal de recherche du CBO. La collaboration avec Coris BioConcept est très intéressante car elle permet de faire un lien direct entre le savoir-faire du laboratoire et des applications accessibles rapidement au milieu médical, et donc au bénéfice du patient. La complémentarité des deux entités est optimale et permet une relation Win-Win et une véritable synergie »

Professeur Stéphane Vincent Responsable du CBO et promoteur du projet STABLE2

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Win4Doc - Un doctorat en entreprise (SPW recherche) - vignette illustrative des vidéos

Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel

Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire. 

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Doctorats en entreprise à l'UNamur

Une nouvelle spin-off wallonne (UNamur / UCLouvain/ WEL Research Institute) développe un spray nasal pour prévenir les infections respiratoires virales

Sciences de la vie et de la santé
Durable
ODD 3 - Bonne santé et bien-être
ODD 9 - Industrie, innovation et infrastructure

Créée conjointement par l’Université de Namur et l’UCLouvain, la spin-off Intercept Bio entend franchir une nouvelle étape dans la prévention des infections respiratoires virales. Issue des recherches menées par les équipes du professeur Stéphane Vincent, au Laboratoire de Chimie Bio-Organique de l’UNamur, et du professeur David Alsteens, au Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de l’UCLouvain, et Investigateur au WEL Research Institute, la jeune société développe un spray nasal conçu pour agir dès la porte d’entrée des virus respiratoires : les voies nasales.

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L’innovation au cœur d’Intercept Bio repose sur une molécule propriétaire, 9-Ac-SAP, protégée par plusieurs familles de brevets internationaux codétenues par les deux universités. Cette molécule, formulée sous la forme d’un spray nasal, a été pensée pour intercepter les virus avant qu’ils ne puissent s’accrocher aux cellules humaines. Concrètement, elle agit comme un « leurre » moléculaire : au lieu de se fixer à la surface des cellules de l’organisme, le virus rencontre d’abord cette molécule, qui perturbe son adhésion et limite ainsi sa capacité à initier l’infection.

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VINCENT Stéphane

Avec le spray nasal, notre objectif est de proposer une approche simple à utiliser, mais fondée sur une compréhension très fine des premières étapes de l’infection virale. Plutôt que d’attendre que le virus soit installé dans l’organisme, nous cherchons à l’empêcher de franchir cette première barrière en intervenant directement au niveau des voies nasales. 

Professeur Stéphane Vincent UNamur, Faculté des sciences, Département de chimie

Le Professeur Stéphane Vincent est membre du Laboratoire de Chimie Bio-Organique (CBO)  et des Instituts NISM et NARILIS de l’UNamur.

Les virus respiratoires évoluent en permanence. En ciblant une étape fondamentale de leur interaction avec les cellules humaines plutôt qu'une protéine virale spécifique, nous espérons développer une solution capable de conserver son efficacité malgré l'apparition de nouveaux variants ou de nouveaux virus émergents.

Professeur David Alsteens UCLouvain, NanoBioPhysics lab et membre du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology et du WEL Research Institute

Le professeur David Alsteens, du NanoBioPhysics lab et membre du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de l’UCLouvain et du WEL Research Institute.

Cette approche est particulièrement originale parce qu’elle ne vise pas un seul virus ni une seule souche. Les travaux précliniques menés à l’UNamur et à l’UCLouvain ont montré une activité antivirale contre plusieurs virus respiratoires majeurs, dont le SARS-CoV-2, les virus de la grippe et le virus respiratoire syncytial. En ciblant une étape très précoce et commune du processus infectieux, c’est-à-dire l’attachement du virus à la cellule hôte, la technologie ouvre la voie à une stratégie préventive complémentaire aux vaccins, aux traitements antiviraux existants et aux mesures de protection classiques.

Le premier produit développé par Intercept Bio, prend la forme d’un spray nasal. Ce mode d’administration répond à une logique simple : intervenir localement, là où de nombreux virus respiratoires commencent leur progression dans l’organisme. Facile à utiliser, non invasif et pensé pour un usage préventif, ce spray pourrait représenter une solution particulièrement pertinente pour les personnes les plus à risque de complications, notamment les patients souffrant de pathologies respiratoires chroniques. 

« Ce spray pourrait être une alternative au vaccin pour les personnes immunodéprimées. Il permettrait d’empêcher d’attraper des maladies respiratoires, la grippe ou d’autres infections en l’appliquant avant d’entrer dans des lieux confinés, comme les transports en commun. Il pourrait aussi être utilisé par une personne infectée pour limiter les risques de transmission du virus aux personnes qui l’entourent », précise David Alsteens, UCLouvain, WEL Research Institute. 

En réduisant le risque d’infection ou d’exacerbation de maladies respiratoires sévères, une solution préventive comme ce spray pourrait contribuer à limiter les complications, les hospitalisations et la pression sur les soins de santé.

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Une collaboration interuniversitaire fructueuse

En 2020, dès le début de l’épidémie du coronavirus, David Alsteens (UCLouvain, WEL Research Institute), utilise sa plateforme de microscopie à force atomique de pointe, unique en Belgique par ses capacités d'étude des interactions entre pathogènes et cellules, pour voir comment le covid s’attache à nos cellules. Très vite, l’équipe UCLouvain-WEL Research Institute découvre l’importance de certains acides sialiques à la surface de nos cellules pour permettre au virus de s’y attacher. Les acides sialiques, des résidus de sucre, sont comme des petits verrous où le virus vient se fixer grâce à ses protéines de surface avant d’entrer dans la cellule hôte. 

Pour tenter de bloquer cette interaction, et donc l’infection des cellules par le virus, David Alsteens se tourne vers le professeur Stéphane Vincent du Laboratoire de Chimie Bio-Organique de l’UNamur, spécialisé en chimie organique, en glycosciences, en biocatalyse et en enzymologie mécanistique. Son équipe conçoit et synthétise des molécules complexes capables d’interagir avec des cibles biologiques, notamment dans des contextes liés aux infections. Ce dernier produit alors une molécule flanquée d’acides sialiques, la fameuse molécule leurre, qui sature le virus et l’empêchent de se lier aux cellules de son hôte. S’ensuivent des tests sur des souris qui se sont avérés efficaces dans 80 % des cas. Dans le cadre d’Intercept Bio, cet apport a été déterminant pour imaginer, produire et optimiser les molécules à la base de la plateforme technologique.

Intercept Bio illustre également la force de la collaboration interuniversitaire. Le projet est né de la complémentarité entre deux expertises scientifiques de haut niveau : d’une part, la capacité de l’UNamur à concevoir et synthétiser des molécules innovantes inspirées des glycosciences ; d’autre part, l’expertise de l’UCLouvain- WEL Research Institutepour observer, mesurer et comprendre, à l’échelle nanométrique, les interactions entre virus, molécules et cellules. Cette collaboration a permis de passer d’une intuition scientifique à une technologie protégée, validée en préclinique et aujourd’hui portée vers un développement industriel.

Du laboratoire à la spin-off

La création d’Intercept Bio s’inscrit dans une démarche de valorisation portée conjointement par l’UNamur et l’UCLouvain, avec le soutien du WEL Research Institute, d’UNamur Venture et de la Sopartec, membre du Louvain-Transfer, l’organisme de valorisation de la recherche de l’UCLouvain. Ces structures ont accompagné la maturation du projet, sa structuration, son financement initial et sa gouvernance, aux côtés des chercheurs fondateurs et de l’équipe de management, permettant ainsi de passer d’une recherche fondamentale à une application concrète pour la société. Serge Pampfer, figure expérimentée de l’écosystème biotech belge, accompagne la nouvelle structure en tant qu’administrateur délégué.

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Les travaux de recherche et les financements qui ont permis la conception de cette solution, ainsi que le dépôt des brevets associés, ont bénéficié du soutien de plusieurs dispositifs et programmes de financement : les deux bourses ERC, le soutien du WEL Research Institute et de la Fondation Louvain, obtenus par David Alsteens, UCLouvain ; mais aussi le programme EOS (interuniversitaire), le FNRS et le réseau ITN Marie Curie, qui a permis le financement d’un doctorat dans l’équipe Stéphane Vincent. L’ITN, financé dans le cadre du programme FP7 Marie Curie Doctoral Network, a notamment permis de construire la méthodologie initiale développée sur Ebola, qui a contribué aux avancées scientifiques à l’origine de cette technologie. La société aura pour mission de poursuivre les étapes de développement préclinique et clinique, de mobiliser les financements nécessaires aux prochaines phases réglementaires et de préparer, à terme, la mise sur le marché de solutions innovantes destinées à la prévention des infections respiratoires virales. Au-delà de ce premier produit, Intercept Bio ambitionne de développer progressivement un portefeuille de produits fondés sur la même plateforme technologique.

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Événements

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2026

2nd symposium on Protein Disorder, Interactions, and Dynamics (PDID)

Congrès / Colloque / Conférence

2nd symposium on Protein Disorder, Interactions, and Dynamics (PDID)

Chimie
18
2026 08:30 - 18:00
Université de Namur, Auditoire Pedro Arrupe (PA02) - Rue Joseph Grafé 2 (Faculté des Sciences) / rue Grangagnage, Sentier Thomas - 5000 Namur

After a successful 1st edition that notably gathered figures renowned for discovering and conceptualising intrinsically disordered proteins – Drs. Vladimir N. Uversky, Peter Tompa, and Sonia Longhi – we are pleased to announce that the 2nd edition of the One-Day Symposium on Protein Disorder, Interactions, and Dynamics (PDID 2026) will be held on Friday the 18th of December 2026 at the University of Namur (UNamur), Namur, Belgium.

PDID 2026 - poster

The PDID symposium is finally back in 2026!

Organised every two years by the Belgian Biophysical Society (BBS) and the Laboratoire de Chimie Physique des Biomolécules (CPB), the PDID symposium is a human-sized and convivial event for exchanging new ideas and meeting leading experts in the field in the typical Belgian city of Namur, the capital of Wallonia located at the confluence of the rivers Meuse and Sambre.

We are welcoming people from any scientific background who are especially interested in diving into the world of biomolecules dynamics as well as exploring their unique behaviours, comprising structural transition, interaction network, protein-ligand interaction, self-assembly, amyloid fibrillation, condensation, phase separation and transition. Through the lens of biophysics, biochemistry, bioinformatics, and molecular biology, the program aims at covering both experimental and computational approaches for the characterisation of such intricate and elusive systems in health-related, biotechnological, and biomaterial contexts.

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Direction

Carmela APRILE

Directrice du département

Annick Bonmariage

Secrétaire