Le Département de biologie veille à comprendre le monde vivant dans toute sa diversité, au cours de son évolution, des molécules aux écosystèmes, et répondre à des problèmes de société complexes comme la perte de biodiversité, les maladies infectieuses, la résistance aux antibiotiques, etc. Le biologiste utilise une approche intégrant le laboratoire, le terrain et l’outil informatique.
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La biologie est une science moderne en plein mouvement. Elle répond à des problèmes de société complexes comme la perte de biodiversité, les résistances aux antibiotiques, l'adaptation aux changements climatiques, la lutte contre les maladies chroniques ou infectieuses, la sécurité alimentaire... Bref, la biologie est présente partout dans la société.
La biologie utilise une large palette de connaissances et d’approches scientifiques et technologiques qui lui permettent d’aborder le monde vivant dans sa diversité (virus, bactéries, champignons, plantes, parasites, animaux, humains), tout au long de son évolution et à tous les niveaux d’organisation (molécules, cellules, tissus, individus, super-organismes, populations, écosystèmes).
Des connaissances de processus fondamentaux aux multiples applications, le biologiste du 21e siècle est un scientifique complet, maniant la démarche scientifique, autant en laboratoire que lorsqu'il se rend sur le terrain (dans les espaces naturels) ou lorsqu'il utilise les méthodes d'analyse informatiques (et traite des données à haut débit).
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Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Publié dans Nature Human Behaviour, un travail international auquel a contribué Eli Thoré, professeur à l’UNamur et membre de l’Institute of Life-Earth-Environment, s’interroge sur les conditions nécessaires pour laisser davantage de place à la créativité scientifique. Il revient sur ce projet et sur ce qu’il en retient.
Pression à la publication, financements de courte durée, compétition ou encore précarité des débuts de carrière : ces contraintes peuvent-elles pousser les jeunes chercheurs à privilégier des projets plus « sûrs » au détriment d’idées plus originales ? C’est la question au cœur d’une publication internationale, à laquelle a participé Eli Thoré, professeur assistant à l’Université de Namur.
Intéressé depuis plusieurs années par la « métascience », c’est-à-dire l’étude du fonctionnement de la science elle-même, il a participé aux discussions, à la construction des idées ainsi qu’à la rédaction et à la révision du manuscrit. Le projet, lancé à l’initiative de Phillip Haubrock fin 2025, a donné lieu à de nombreux échanges entre les auteurs avant d’être finalement publié dans Nature Human Behaviour. “Les échanges ont été très riches et, au départ, assez chaotiques !”, raconte Eli Thoré.
Des contraintes qui pèsent sur la créativité
Pour mener leur analyse, les auteurs ont rassemblé de nombreuses études consacrées au fonctionnement du monde académique. Leur constat est clair : la créativité scientifique n’est pas seulement une caractéristique individuelle, elle dépend aussi des conditions dans lesquelles les chercheurs travaillent.
Financements de courte durée, pression à publier, importance donnée au nombre d’articles ou au prestige des revues, forte compétition pour obtenir un poste ou un financement… Toutes ces contraintes peuvent pousser les chercheurs à privilégier des projets dont les résultats sont plus faciles à prévoir, au détriment d’idées plus originales ou plus risquées.
Cette situation touche particulièrement les chercheurs en début de carrière. Ils disposent souvent de moins d’autonomie et leur avenir dépend davantage des prochaines publications, demandes de financement ou opportunités de poste. Prendre un risque dans sa recherche peut alors aussi devenir un risque pour sa carrière.
“Le problème n’est pas que les jeunes chercheurs manquent de créativité, mais que le système ne leur offre pas toujours les conditions pour qu’elle puisse s’exprimer”
Les conséquences peuvent être importantes. Une étude reprise dans la publication montre par exemple qu’échouer de peu à obtenir un financement clé en début de carrière augmente de plus de 10 % le risque de quitter le monde académique.
Eli Thoré reconnaît lui-même avoir ressenti cette tension entre créativité et nécessité de démontrer à l’avance qu’un projet aboutira. Lors de son doctorat, il a commencé à s’intéresser aux rythmes quotidiens du comportement des animaux, comparables à notre cycle veille-sommeil, et à la manière dont ils pourraient modifier les effets de la pollution environnementale. Une piste alors assez éloignée de son projet principal. Il décide pourtant de la suivre. Avec le temps, cette idée devient un point central de ses recherches. “Si je m’étais limité aux questions dont je savais déjà qu’elles étaient sûres et faciles à justifier, je ne serais peut-être jamais arrivé là”, explique-t-il.
Plus de temps, de stabilité et d’autonomie
Les auteurs avancent plusieurs pistes pour créer un environnement plus favorable à cette prise de risque scientifique. Parmi elles : proposer des financements sur de plus longues périodes, offrir davantage de stabilité aux jeunes chercheurs, réduire certaines charges administratives ou encore revoir les critères utilisés pour évaluer une carrière scientifique.
L’idée est notamment de ne plus mesurer la réussite uniquement à travers des indicateurs facilement quantifiables, comme le nombre de publications ou le prestige des revues, mais de mieux prendre en compte l’originalité, la collaboration, la persévérance ou encore l’indépendance scientifique. La publication insiste également sur trois conditions essentielles à la créativité : du temps, de l’autonomie et la possibilité d’échouer.
“Certaines des découvertes les plus intéressantes commencent probablement par une idée qui paraît d’abord étrange, incertaine, voire un peu folle”
La publication défend donc une idée assez simple en apparence : pour demander aux chercheurs d’être créatifs, encore faut-il leur donner la liberté de l’être. Un enjeu particulièrement important pour les jeunes scientifiques qui façonneront, demain, les nouvelles directions de la recherche. Félicitations à Eli Thoré et à l’ensemble des chercheurs impliqués dans ce travail pour cette publication dans Nature Human Behaviour !
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Le F.R.S.-FNRS a publié ce 23 juin 2026, la liste des lauréats aux différents mandats doctorants et postdoctorants et projets Télévie (recherche axée sur le cancer). Parmi ceux-ci, de nombreux chercheurs de l'UNamur ont obtenu un financement.
Six chercheurs ont obtenu un mandat d’aspirant permettant de démarrer une thèse de doctorat : Rachel LAURON de la Faculté des Sciences ; Océane WATELET, Vera NOVAK, Camille LAMBIET, Alionka WÉRENNE ainsi que Théodore HARDY (mandat obtenu à l’ULB en cotutelle avec l’UNamur) de la Faculté de Philosophie et Lettres.
Un très beau succès a également été obtenu par les chercheurs namurois au mandat de chargé de recherches. Ils sont sept à recevoir ce financement postdoctoral. Il s'agit d’Eleonor CELORA, Nataliya PUCHENKINA, Jérémy ARTRU et Bernardino PITOCCHELLI de la Faculté de Philosophie et Lettres ; de Romain MERTENS de la Faculté de Droit et de David TALUKDER et François WOITRIN de la Faculté d'Économie Management Communication SciencesPo (EMCP).
Par ailleurs, deux chercheurs permanents du F.R.S.-FNRS au sein de l’UNamur se voient promus Maître de recherche : Francesca CECCHET et Yves CAUDANO tous deux membres du Département de Physique et de l’institut NISM.
L’appel Télévie a également permis à Marc HENNEQUART d’obtenir un financement pour débuter des recherches visant à mettre en évidence les déterminants métaboliques de la réponse à la déprivation en arginine dans les cancers pancréatiques et colorectaux.
Félicitations à eux !
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
À l’Université de Namur, une thèse menée par Fabian Delhalle, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, explore une piste innovante pour produire des protéines d’intérêt thérapeutique. En collaboration avec Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes de lactation chez la chèvre afin d’optimiser une production biopharmaceutique plus accessible, plus flexible et plus respectueuse de l’environnement.
Ce projet baptisé Proteomilk vise à identifier et sélectionner les meilleures chèvres afin d’optimiser la production de protéines d’intérêt thérapeutique, qui sont ensuite récupérées dans leur lait.
« Ces protéines sécrétées au niveau de la glande mammaire, sont d’un intérêt majeur. En effet, on peut notamment produire des anticorps monoclonaux, qui permettent de traiter de nombreuses maladies comme certains cancers, des maladies auto-immunes ou plusieurs types d’infections », explique Fabien Delhalle, membre de l’Unité de recherche en biologie cellulaire de l’UNamur qui mène le projet Proteomilk, sous la supervision de Patsy Renard.
Aujourd’hui, ces anticorps sont principalement produits à partir de cellules animales, appelées cellules CHO, issus d’ovaire de hamster de chinois.
Elles sont cultivées à l’échelle industrielle dans d’énormes bioréacteurs industriels.
Cette technologie est très utilisée, mais elle a aussi des limites : les procédés sont coûteux, complexes, énergivores, et leur impact environnemental est important. Résultat : les coûts de production restent élevés, et l’accès à ces traitements peut être limité pour une partie des patients. Et il y a une autre difficulté : certains anticorps sont plus compliqués à produire en grande quantité. Il faut donc plus de temps, plus d’étapes, plus de ressources… ce qui peut retarder et augmenter le coût de traitements pourtant prometteurs.
Développer des solutions durables
Face à ces limites, il faut donc développer des solutions plus durables, plus flexibles et plus économiques. En d’autres termes, il faut essayer de trouver un moyen de produire ces médicaments autrement.
Et c’est précisément l’objectif du projet Proteomilk, mené en partenariat avec la société Bio-Sourcing, spécialisée dans la production de produits biothérapeutiques.
Le projet a ainsi pour objectif d’identifier des marqueurs associés à des performances de lactation élevées grâce à une analyse protéomique détaillée du lait. Cette méthode utilise la glande mammaire de la chèvre comme bioréacteur naturel, capable de produire, dans le lait, des protéines thérapeutiques qui seront ensuite purifiées. Ce qui permet, in fine, de réduire les coûts et l'impact environnemental par rapport aux bioréacteurs industriels.
Découvrez le projet en vidéo
Ce projet illustre pleinement la richesse d’une collaboration entre le monde académique et le monde industriel. L’UNamur apporte son expertise scientifique, ses outils d’analyse et sa capacité à explorer les mécanismes en profondeur. Les partenaires de terrain, comme Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, contribuent quant à eux par leur connaissance appliquée, leur maîtrise des réalités de production et leur vision de la valorisation.
Soutenu par le SPW Recherche, ce partenariat montre comment la recherche peut se transformer en innovation concrète au service de la société.
Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel
Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.
Doctorats en entreprise à l'UNamur
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
La Meuse et ses affluents, tels que la Semois et la Sambre, sont des trésors naturels qui traversent la France et la Belgique. Ces fleuves abritent une riche biodiversité, offrent des possibilités de loisirs et, après traitement, fournissent une eau potable propre. L'utilisation partagée de ces ressources en eau nécessite une gestion cohérente, coordonnée et durable. C'est l'objectif du projet Interreg ORION.
Cet article est extrait du magazine Omalius #40 (mars 2026)
Lancé en novembre 2024, le projet transfrontalier Interreg France-Wallonie-Flandre ORION vise à développer des outils d'évaluation basés sur la modélisation prédictive afin de mieux comprendre et gérer la qualité de l'eau dans le contexte du changement climatique mondial. Grâce à une approche globale, il permettra d'évaluer, de surveiller et même de prévoir la qualité des eaux de la Meuse et la santé de ses écosystèmes.
Améliorer la qualité des eaux de la Meuse
Méthode
- Identification des polluants
- Etude des dynamiques de pressions
- Evaluation des impacts sur le milieu en contexte de réchauffement climatique
Cela permettra une biosurveillance active, la simulation de scénarios futurs, la création d'outils innovants et une gestion raisonnée de la ressource partagée.
Le consortium ORION, dirigé par l'Université de Reims Champagne-Ardennes (URCA), rassemble six opérateurs et neuf partenaires, dont des universités, des laboratoires de recherche et des gestionnaires de l'eau en France, en Wallonie et en Flandre. Ceux-ci travaillent dans le cadre d'une collaboration multidisciplinaire impliquant la biologie, la microbiologie, la parasitologie, l'écologie, l'écotoxicologie, la chimie et la modélisation.
À l'UNamur, l'un des six opérateurs du consortium, l’expertise mise à profit est celle du Professeur Eli Thoré, membre de l'Unité de recherche en biologie environnementale et évolutive (URBE) du Département de biologie et chercheur à l'Institut de la vie, de la Terre et de l'environnement (ILEE). Eli Thoré et ses collaborateurs contribuent en particulier à l'évaluation des risques écotoxicologiques et au diagnostic environnemental dans des conditions réelles, y compris dans des environnements dégradés.
Phase 3 du projet : sélection des sites de mise en cage
En novembre 2025, les chercheurs du projet ORION, dont le Dr Omayma Missawi, chercheuse postdoctorale dans l'équipe du Professeur Eli Thoré, ont sillonné le bassin de la Meuse afin d'identifier les sites les plus appropriés pour la mise en cage d'espèces sentinelles dans les rivières Meuse, Sambre et Chiers.
Cette phase, qui consiste à exposer les animaux à leur environnement naturel, permet d'évaluer les concentrations de polluants bioaccumulés et leur impact sur leur santé. Associés à des mesures de concentration effectuées directement dans l'eau, ces outils originaux permettent une évaluation fiable de la qualité de l'eau dans le bassin de la Meuse.
Le processus commence par une évaluation des sites potentiels à l'aide de cartes de pression (Meuse, Sambre, Chiers) établies lors de la phase précédente du projet. Elle est suivie d'une validation sur le terrain, qui tient compte de paramètres tels que la profondeur, le courant, la température, le pH, l'oxygénation et l'ensoleillement.
Tout au long du processus, les chercheurs sont particulièrement attentifs à garantir le bien-être des animaux en cage. Afin de réduire leur stress pendant les trois semaines de l’expérience, les chercheurs vérifient la stabilité du lit de la rivière et la possibilité d'ancrer solidement les cages pour éviter tout déplacement. Les critères logistiques et de sécurité sont également pris en compte, comme l'accessibilité du site, la tranquillité de l'endroit afin de limiter les risques de dommages, ou encore la compatibilité avec d'autres espèces sentinelles, idéalement situées à proximité. L’objectif de la prospection sur le terrain est donc bien de confirmer que les sites proposés par les cartes sont réellement adaptés, sûrs et respectueux du bien-être animal.
Une fois mis en cage et exposés dans leur environnement naturel, la recherche passe à une phase diagnostique et intégrative. Les animaux sont récupérés et analysés afin de déterminer quels contaminants ils ont bioaccumulé et comment cette exposition a affecté leur état physiologique et leur santé. En reliant les concentrations de contaminants mesurées aux réponses biologiques, l'étude permet d'évaluer la pression écotoxicologique réelle exercée par le milieu aquatique, plutôt que de se fier uniquement aux mesures chimiques de l'eau elle-même.
L'écotoxicologie en laboratoire ne reflète pas toujours pleinement la complexité des environnements naturels. En exposant directement les espèces sentinelles sur le terrain, ORION adopte une approche plus réaliste sur le plan environnemental, en capturant les mélanges et les conditions d'exposition réelles qui sont difficiles à reproduire en laboratoire. Cela permet de combler le fossé entre l'écotoxicologie expérimentale et l'évaluation de la santé des écosystèmes.
La genèse - Le projet Interreg France-Wallonie-Flandre DIADeM
En 2017, le professeur (aujourd'hui émérite) Patrick Kestemont faisait partie du consortium DIADeM, un autre projet transfrontalier qui s'était fixé deux objectifs majeurs:
- Mesurer l'effet d'un cocktail de médicaments sur les populations des écosystèmes de la Meuse et de ses affluents
- Développer des outils méthodologiques destinés aux gestionnaires des cours d'eau afin d'améliorer le diagnostic de la qualité de l'eau.
Pari gagné, comme en témoignent les résultats du projet :
- Six guides méthodologiques et une approche de mise en cage multi-espèces.
- Une douzaine d'articles scientifiques et une exposition publique composée de plus de 20 panneaux : « La santé de nos rivières : en danger ? ».
- Une collaboration renforcée entre l'URCA, l'Université de Namur, l'Université de Liège et divers acteurs de la filière eau en France et en Wallonie.
ORION – Pour le bien de tous
En réunissant différents acteurs et en développant des outils innovants, le projet ORION contribue à protéger la qualité de l'eau et à garantir un environnement sain pour tous : collectivités locales, autorités publiques, établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que le grand public.
L'Université de Namur est également responsable de la production, de la communication et de la diffusion des informations. Diverses ressources seront produites (voir le site internet ORION, section ressources et vidéos) afin de promouvoir la recherche et de sensibiliser le public à la vulnérabilité des écosystèmes et à l'impact de l'activité humaine sur la qualité de l'eau.
Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Publié dans Nature Human Behaviour, un travail international auquel a contribué Eli Thoré, professeur à l’UNamur et membre de l’Institute of Life-Earth-Environment, s’interroge sur les conditions nécessaires pour laisser davantage de place à la créativité scientifique. Il revient sur ce projet et sur ce qu’il en retient.
Pression à la publication, financements de courte durée, compétition ou encore précarité des débuts de carrière : ces contraintes peuvent-elles pousser les jeunes chercheurs à privilégier des projets plus « sûrs » au détriment d’idées plus originales ? C’est la question au cœur d’une publication internationale, à laquelle a participé Eli Thoré, professeur assistant à l’Université de Namur.
Intéressé depuis plusieurs années par la « métascience », c’est-à-dire l’étude du fonctionnement de la science elle-même, il a participé aux discussions, à la construction des idées ainsi qu’à la rédaction et à la révision du manuscrit. Le projet, lancé à l’initiative de Phillip Haubrock fin 2025, a donné lieu à de nombreux échanges entre les auteurs avant d’être finalement publié dans Nature Human Behaviour. “Les échanges ont été très riches et, au départ, assez chaotiques !”, raconte Eli Thoré.
Des contraintes qui pèsent sur la créativité
Pour mener leur analyse, les auteurs ont rassemblé de nombreuses études consacrées au fonctionnement du monde académique. Leur constat est clair : la créativité scientifique n’est pas seulement une caractéristique individuelle, elle dépend aussi des conditions dans lesquelles les chercheurs travaillent.
Financements de courte durée, pression à publier, importance donnée au nombre d’articles ou au prestige des revues, forte compétition pour obtenir un poste ou un financement… Toutes ces contraintes peuvent pousser les chercheurs à privilégier des projets dont les résultats sont plus faciles à prévoir, au détriment d’idées plus originales ou plus risquées.
Cette situation touche particulièrement les chercheurs en début de carrière. Ils disposent souvent de moins d’autonomie et leur avenir dépend davantage des prochaines publications, demandes de financement ou opportunités de poste. Prendre un risque dans sa recherche peut alors aussi devenir un risque pour sa carrière.
“Le problème n’est pas que les jeunes chercheurs manquent de créativité, mais que le système ne leur offre pas toujours les conditions pour qu’elle puisse s’exprimer”
Les conséquences peuvent être importantes. Une étude reprise dans la publication montre par exemple qu’échouer de peu à obtenir un financement clé en début de carrière augmente de plus de 10 % le risque de quitter le monde académique.
Eli Thoré reconnaît lui-même avoir ressenti cette tension entre créativité et nécessité de démontrer à l’avance qu’un projet aboutira. Lors de son doctorat, il a commencé à s’intéresser aux rythmes quotidiens du comportement des animaux, comparables à notre cycle veille-sommeil, et à la manière dont ils pourraient modifier les effets de la pollution environnementale. Une piste alors assez éloignée de son projet principal. Il décide pourtant de la suivre. Avec le temps, cette idée devient un point central de ses recherches. “Si je m’étais limité aux questions dont je savais déjà qu’elles étaient sûres et faciles à justifier, je ne serais peut-être jamais arrivé là”, explique-t-il.
Plus de temps, de stabilité et d’autonomie
Les auteurs avancent plusieurs pistes pour créer un environnement plus favorable à cette prise de risque scientifique. Parmi elles : proposer des financements sur de plus longues périodes, offrir davantage de stabilité aux jeunes chercheurs, réduire certaines charges administratives ou encore revoir les critères utilisés pour évaluer une carrière scientifique.
L’idée est notamment de ne plus mesurer la réussite uniquement à travers des indicateurs facilement quantifiables, comme le nombre de publications ou le prestige des revues, mais de mieux prendre en compte l’originalité, la collaboration, la persévérance ou encore l’indépendance scientifique. La publication insiste également sur trois conditions essentielles à la créativité : du temps, de l’autonomie et la possibilité d’échouer.
“Certaines des découvertes les plus intéressantes commencent probablement par une idée qui paraît d’abord étrange, incertaine, voire un peu folle”
La publication défend donc une idée assez simple en apparence : pour demander aux chercheurs d’être créatifs, encore faut-il leur donner la liberté de l’être. Un enjeu particulièrement important pour les jeunes scientifiques qui façonneront, demain, les nouvelles directions de la recherche. Félicitations à Eli Thoré et à l’ensemble des chercheurs impliqués dans ce travail pour cette publication dans Nature Human Behaviour !
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Le F.R.S.-FNRS a publié ce 23 juin 2026, la liste des lauréats aux différents mandats doctorants et postdoctorants et projets Télévie (recherche axée sur le cancer). Parmi ceux-ci, de nombreux chercheurs de l'UNamur ont obtenu un financement.
Six chercheurs ont obtenu un mandat d’aspirant permettant de démarrer une thèse de doctorat : Rachel LAURON de la Faculté des Sciences ; Océane WATELET, Vera NOVAK, Camille LAMBIET, Alionka WÉRENNE ainsi que Théodore HARDY (mandat obtenu à l’ULB en cotutelle avec l’UNamur) de la Faculté de Philosophie et Lettres.
Un très beau succès a également été obtenu par les chercheurs namurois au mandat de chargé de recherches. Ils sont sept à recevoir ce financement postdoctoral. Il s'agit d’Eleonor CELORA, Nataliya PUCHENKINA, Jérémy ARTRU et Bernardino PITOCCHELLI de la Faculté de Philosophie et Lettres ; de Romain MERTENS de la Faculté de Droit et de David TALUKDER et François WOITRIN de la Faculté d'Économie Management Communication SciencesPo (EMCP).
Par ailleurs, deux chercheurs permanents du F.R.S.-FNRS au sein de l’UNamur se voient promus Maître de recherche : Francesca CECCHET et Yves CAUDANO tous deux membres du Département de Physique et de l’institut NISM.
L’appel Télévie a également permis à Marc HENNEQUART d’obtenir un financement pour débuter des recherches visant à mettre en évidence les déterminants métaboliques de la réponse à la déprivation en arginine dans les cancers pancréatiques et colorectaux.
Félicitations à eux !
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
À l’Université de Namur, une thèse menée par Fabian Delhalle, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, explore une piste innovante pour produire des protéines d’intérêt thérapeutique. En collaboration avec Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes de lactation chez la chèvre afin d’optimiser une production biopharmaceutique plus accessible, plus flexible et plus respectueuse de l’environnement.
Ce projet baptisé Proteomilk vise à identifier et sélectionner les meilleures chèvres afin d’optimiser la production de protéines d’intérêt thérapeutique, qui sont ensuite récupérées dans leur lait.
« Ces protéines sécrétées au niveau de la glande mammaire, sont d’un intérêt majeur. En effet, on peut notamment produire des anticorps monoclonaux, qui permettent de traiter de nombreuses maladies comme certains cancers, des maladies auto-immunes ou plusieurs types d’infections », explique Fabien Delhalle, membre de l’Unité de recherche en biologie cellulaire de l’UNamur qui mène le projet Proteomilk, sous la supervision de Patsy Renard.
Aujourd’hui, ces anticorps sont principalement produits à partir de cellules animales, appelées cellules CHO, issus d’ovaire de hamster de chinois.
Elles sont cultivées à l’échelle industrielle dans d’énormes bioréacteurs industriels.
Cette technologie est très utilisée, mais elle a aussi des limites : les procédés sont coûteux, complexes, énergivores, et leur impact environnemental est important. Résultat : les coûts de production restent élevés, et l’accès à ces traitements peut être limité pour une partie des patients. Et il y a une autre difficulté : certains anticorps sont plus compliqués à produire en grande quantité. Il faut donc plus de temps, plus d’étapes, plus de ressources… ce qui peut retarder et augmenter le coût de traitements pourtant prometteurs.
Développer des solutions durables
Face à ces limites, il faut donc développer des solutions plus durables, plus flexibles et plus économiques. En d’autres termes, il faut essayer de trouver un moyen de produire ces médicaments autrement.
Et c’est précisément l’objectif du projet Proteomilk, mené en partenariat avec la société Bio-Sourcing, spécialisée dans la production de produits biothérapeutiques.
Le projet a ainsi pour objectif d’identifier des marqueurs associés à des performances de lactation élevées grâce à une analyse protéomique détaillée du lait. Cette méthode utilise la glande mammaire de la chèvre comme bioréacteur naturel, capable de produire, dans le lait, des protéines thérapeutiques qui seront ensuite purifiées. Ce qui permet, in fine, de réduire les coûts et l'impact environnemental par rapport aux bioréacteurs industriels.
Découvrez le projet en vidéo
Ce projet illustre pleinement la richesse d’une collaboration entre le monde académique et le monde industriel. L’UNamur apporte son expertise scientifique, ses outils d’analyse et sa capacité à explorer les mécanismes en profondeur. Les partenaires de terrain, comme Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, contribuent quant à eux par leur connaissance appliquée, leur maîtrise des réalités de production et leur vision de la valorisation.
Soutenu par le SPW Recherche, ce partenariat montre comment la recherche peut se transformer en innovation concrète au service de la société.
Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel
Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.
Doctorats en entreprise à l'UNamur
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
La Meuse et ses affluents, tels que la Semois et la Sambre, sont des trésors naturels qui traversent la France et la Belgique. Ces fleuves abritent une riche biodiversité, offrent des possibilités de loisirs et, après traitement, fournissent une eau potable propre. L'utilisation partagée de ces ressources en eau nécessite une gestion cohérente, coordonnée et durable. C'est l'objectif du projet Interreg ORION.
Cet article est extrait du magazine Omalius #40 (mars 2026)
Lancé en novembre 2024, le projet transfrontalier Interreg France-Wallonie-Flandre ORION vise à développer des outils d'évaluation basés sur la modélisation prédictive afin de mieux comprendre et gérer la qualité de l'eau dans le contexte du changement climatique mondial. Grâce à une approche globale, il permettra d'évaluer, de surveiller et même de prévoir la qualité des eaux de la Meuse et la santé de ses écosystèmes.
Améliorer la qualité des eaux de la Meuse
Méthode
- Identification des polluants
- Etude des dynamiques de pressions
- Evaluation des impacts sur le milieu en contexte de réchauffement climatique
Cela permettra une biosurveillance active, la simulation de scénarios futurs, la création d'outils innovants et une gestion raisonnée de la ressource partagée.
Le consortium ORION, dirigé par l'Université de Reims Champagne-Ardennes (URCA), rassemble six opérateurs et neuf partenaires, dont des universités, des laboratoires de recherche et des gestionnaires de l'eau en France, en Wallonie et en Flandre. Ceux-ci travaillent dans le cadre d'une collaboration multidisciplinaire impliquant la biologie, la microbiologie, la parasitologie, l'écologie, l'écotoxicologie, la chimie et la modélisation.
À l'UNamur, l'un des six opérateurs du consortium, l’expertise mise à profit est celle du Professeur Eli Thoré, membre de l'Unité de recherche en biologie environnementale et évolutive (URBE) du Département de biologie et chercheur à l'Institut de la vie, de la Terre et de l'environnement (ILEE). Eli Thoré et ses collaborateurs contribuent en particulier à l'évaluation des risques écotoxicologiques et au diagnostic environnemental dans des conditions réelles, y compris dans des environnements dégradés.
Phase 3 du projet : sélection des sites de mise en cage
En novembre 2025, les chercheurs du projet ORION, dont le Dr Omayma Missawi, chercheuse postdoctorale dans l'équipe du Professeur Eli Thoré, ont sillonné le bassin de la Meuse afin d'identifier les sites les plus appropriés pour la mise en cage d'espèces sentinelles dans les rivières Meuse, Sambre et Chiers.
Cette phase, qui consiste à exposer les animaux à leur environnement naturel, permet d'évaluer les concentrations de polluants bioaccumulés et leur impact sur leur santé. Associés à des mesures de concentration effectuées directement dans l'eau, ces outils originaux permettent une évaluation fiable de la qualité de l'eau dans le bassin de la Meuse.
Le processus commence par une évaluation des sites potentiels à l'aide de cartes de pression (Meuse, Sambre, Chiers) établies lors de la phase précédente du projet. Elle est suivie d'une validation sur le terrain, qui tient compte de paramètres tels que la profondeur, le courant, la température, le pH, l'oxygénation et l'ensoleillement.
Tout au long du processus, les chercheurs sont particulièrement attentifs à garantir le bien-être des animaux en cage. Afin de réduire leur stress pendant les trois semaines de l’expérience, les chercheurs vérifient la stabilité du lit de la rivière et la possibilité d'ancrer solidement les cages pour éviter tout déplacement. Les critères logistiques et de sécurité sont également pris en compte, comme l'accessibilité du site, la tranquillité de l'endroit afin de limiter les risques de dommages, ou encore la compatibilité avec d'autres espèces sentinelles, idéalement situées à proximité. L’objectif de la prospection sur le terrain est donc bien de confirmer que les sites proposés par les cartes sont réellement adaptés, sûrs et respectueux du bien-être animal.
Une fois mis en cage et exposés dans leur environnement naturel, la recherche passe à une phase diagnostique et intégrative. Les animaux sont récupérés et analysés afin de déterminer quels contaminants ils ont bioaccumulé et comment cette exposition a affecté leur état physiologique et leur santé. En reliant les concentrations de contaminants mesurées aux réponses biologiques, l'étude permet d'évaluer la pression écotoxicologique réelle exercée par le milieu aquatique, plutôt que de se fier uniquement aux mesures chimiques de l'eau elle-même.
L'écotoxicologie en laboratoire ne reflète pas toujours pleinement la complexité des environnements naturels. En exposant directement les espèces sentinelles sur le terrain, ORION adopte une approche plus réaliste sur le plan environnemental, en capturant les mélanges et les conditions d'exposition réelles qui sont difficiles à reproduire en laboratoire. Cela permet de combler le fossé entre l'écotoxicologie expérimentale et l'évaluation de la santé des écosystèmes.
La genèse - Le projet Interreg France-Wallonie-Flandre DIADeM
En 2017, le professeur (aujourd'hui émérite) Patrick Kestemont faisait partie du consortium DIADeM, un autre projet transfrontalier qui s'était fixé deux objectifs majeurs:
- Mesurer l'effet d'un cocktail de médicaments sur les populations des écosystèmes de la Meuse et de ses affluents
- Développer des outils méthodologiques destinés aux gestionnaires des cours d'eau afin d'améliorer le diagnostic de la qualité de l'eau.
Pari gagné, comme en témoignent les résultats du projet :
- Six guides méthodologiques et une approche de mise en cage multi-espèces.
- Une douzaine d'articles scientifiques et une exposition publique composée de plus de 20 panneaux : « La santé de nos rivières : en danger ? ».
- Une collaboration renforcée entre l'URCA, l'Université de Namur, l'Université de Liège et divers acteurs de la filière eau en France et en Wallonie.
ORION – Pour le bien de tous
En réunissant différents acteurs et en développant des outils innovants, le projet ORION contribue à protéger la qualité de l'eau et à garantir un environnement sain pour tous : collectivités locales, autorités publiques, établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que le grand public.
L'Université de Namur est également responsable de la production, de la communication et de la diffusion des informations. Diverses ressources seront produites (voir le site internet ORION, section ressources et vidéos) afin de promouvoir la recherche et de sensibiliser le public à la vulnérabilité des écosystèmes et à l'impact de l'activité humaine sur la qualité de l'eau.
Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).
Événements
Symposium FoodWal 2026
Cet événement de deux jours réunira des chercheurs, des innovateurs et des professionnels du secteur afin d’explorer les dernières avancées en matière de sciences alimentaires, de technologies et de nutrition. Cette conférence de pointe vise à favoriser des discussions collaboratives sur les outils émergents susceptibles de façonner l’avenir de notre paysage nutritionnel.
Aperçu du programme
Cet événement se déroulera sur deux journées passionnantes, avec un programme varié, conçu pour offrir une expérience dynamique et interactive à tous les participants. L'ensemble du symposium se déroulera en anglais.
- Les mercredi 9 et jeudi 10 décembre, deux journées scientifiques et techniques seront consacrées aux thèmes des protéines alternatives, du microbiome et des ingrédients fonctionnels.
- Le mercredi 9 décembre, conférence publique (en anglais) présentée par le Dr Patrice Cani et portera sur le thème « Nourrir votre intestin : nutrition, microbiote et santé ».
- Pour les chercheurs confirmés et les responsables de groupes, nous organisons une troisième journée le 11 décembre consacrée à la collaboration internationale, comprenant des visites de laboratoires et un atelier dédié à la mise en place de projets de collaboration structurés. Une inscription spécifique est requise
Présentation des thématiques
Ce symposium s’articule autour des trois projets du portefeuille FoodWal, tout en repoussant leurs limites et en les inscrivant dans une approche « One Health ».
La session intitulée « Construire des chaînes de valeur durables pour les protéines alternatives : des sources de protéines au développement de produits alimentaires sains » sera l’occasion de présenter les avancées scientifiques et technologiques en matière de création et de caractérisation de sources et de produits protéiques alternatifs, ainsi que des perspectives socio-économiques sur le développement, le maintien et la croissance de chaînes de valeur durables pour les protéines alternatives.
La session intitulée « Recherche sur le microbiome et les microbiotiques : l’innovation en nutrition au service d’une meilleure santé » présentera les avancées scientifiques en matière de caractérisation, de compréhension et de modulation du microbiome, ainsi que les technologies de pointe destinées à développer des microbiotiques innovants.
Enfin, la session intitulée « Ingrédients fonctionnels et composés bioactifs : la science alimentaire et la biotechnologie au service de la santé » mettra l’accent sur les avancées scientifiques en matière d’identification, de caractérisation et de compréhension des mécanismes d’action des ingrédients fonctionnels, ainsi que sur les technologies de pointe destinées à développer et à produire des ingrédients fonctionnels innovants.
Sur inscription via le lien ci-dessous.