Le Département de biologie veille à comprendre le monde vivant dans toute sa diversité, au cours de son évolution, des molécules aux écosystèmes, et répondre à des problèmes de société complexes comme la perte de biodiversité, les maladies infectieuses, la résistance aux antibiotiques, etc. Le biologiste utilise une approche intégrant le laboratoire, le terrain et l’outil informatique.
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La biologie est une science moderne en plein mouvement. Elle répond à des problèmes de société complexes comme la perte de biodiversité, les résistances aux antibiotiques, l'adaptation aux changements climatiques, la lutte contre les maladies chroniques ou infectieuses, la sécurité alimentaire... Bref, la biologie est présente partout dans la société.
La biologie utilise une large palette de connaissances et d’approches scientifiques et technologiques qui lui permettent d’aborder le monde vivant dans sa diversité (virus, bactéries, champignons, plantes, parasites, animaux, humains), tout au long de son évolution et à tous les niveaux d’organisation (molécules, cellules, tissus, individus, super-organismes, populations, écosystèmes).
Des connaissances de processus fondamentaux aux multiples applications, le biologiste du 21e siècle est un scientifique complet, maniant la démarche scientifique, autant en laboratoire que lorsqu'il se rend sur le terrain (dans les espaces naturels) ou lorsqu'il utilise les méthodes d'analyse informatiques (et traite des données à haut débit).
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L’UNamur, à travers les travaux de Patrick Kestemont, participe à la reproduction en captivité d’un poisson-chat adapté aux eaux salées du Mékong
L’UNamur, à travers les travaux de Patrick Kestemont, participe à la reproduction en captivité d’un poisson-chat adapté aux eaux salées du Mékong
Après plus de deux ans de recherches, une équipe réunissant l’Université de Namur, l’Université de Liège et l’Université de Can Tho, au Vietnam, est parvenue à reproduire en captivité Pangasius krempfi, un poisson-chat capable de vivre aussi bien en eau douce qu’en eau saumâtre. Une avancée importante pour le projet DIVERSAQUA, qui cherche à développer une aquaculture mieux adaptée à la salinisation croissante du delta du Mékong.
Dans le delta du Mékong, l’aquaculture est de plus en plus confrontée à la remontée d’eau salée dans des zones habituellement alimentées en eau douce. Ce phénomène, appelé intrusion saline, peut rendre certaines espèces élevées localement plus difficiles à produire.
C’est dans ce contexte qu’est mené le projet DIVERSAQUA, financé par l’ARES-CCI et coordonné par le professeur Patrick Kestemont, de l’UNamur, et le professeur Nguyen Thanh Phuong, de l’Université de Can Tho. Le projet associe également l’Université de Liège. Son objectif est d’identifier et de mieux maîtriser l’élevage d’espèces capables de supporter ces changements de salinité.
Un poisson capable de s’adapter à plusieurs niveaux de salinité
Les chercheurs se sont intéressés à Pangasius krempfi, connu localement sous les noms de ca bong lau ou ca dua. Ce poisson-chat est dit euryhalin, ce qui signifie qu’il peut vivre dans des eaux présentant des niveaux de salinité différents. Cette caractéristique en fait un candidat particulièrement intéressant pour les zones du delta du Mékong de plus en plus touchées par l’intrusion d’eau salée.
L’espèce présente également d’autres atouts : elle peut atteindre une grande taille, sa chair est appréciée et elle possède une valeur économique importante. Dans le delta, elle se rencontre principalement dans les estuaires et les zones côtières. Jusqu’à présent, son élevage restait toutefois limité.
Une première reproduction réussie en captivité
Après plus de deux années de travail, les équipes du projet sont parvenues à élever des jeunes poissons sauvages jusqu’à l’âge adulte dans un système d’aquaculture en circuit fermé, où l’eau est filtrée et réutilisée. Les poissons arrivés à maturité ont ensuite pu être amenés à se reproduire grâce à des hormones couramment utilisées en aquaculture. Les larves obtenues ont récemment été élevées en bassin jusqu’au stade de jeunes poissons. À terme, ces animaux pourraient devenir les premiers reproducteurs entièrement domestiqués de l’espèce.
L’enjeu est de pouvoir progressivement produire les jeunes poissons nécessaires à l’élevage sans dépendre uniquement des populations sauvages. Cela permettrait de disposer d’un approvisionnement plus régulier et de poursuivre les recherches sur l’élevage commercial de l’espèce.
Mieux comprendre sa résistance au sel
En parallèle, les chercheurs étudient également la capacité de Pangasius krempfi à supporter différentes concentrations de sel. Plusieurs expériences sont menées aux différents stades de son développement, depuis la larve jusqu’au jeune poisson, pour mieux comprendre ses réactions physiologiques et son système immunitaire.
Ces travaux doivent permettre de mieux déterminer les conditions dans lesquelles l’espèce peut être élevée et d’évaluer plus précisément son potentiel dans les zones soumises à l’intrusion saline. À plus long terme, le projet DIVERSAQUA cherche ainsi à diversifier les espèces élevées dans le delta du Mékong et à proposer de nouvelles solutions aux aquaculteurs confrontés aux effets du changement climatique. La reproduction réussie de Pangasius krempfi en captivité est donc une première étape importante dans cette direction. Les équipes poursuivent désormais leurs recherches dans le but de mieux connaître l’espèce et d’évaluer les conditions nécessaires à son développement à plus grande échelle. Félicitations à l’ensemble des chercheurs impliqués dans le projet DIVERSAQUA, et tout particulièrement au professeur Patrick Kestemont, qui coordonne le projet pour l’UNamur !
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Publié dans Nature Human Behaviour, un travail international auquel a contribué Eli Thoré, professeur à l’UNamur et membre de l’Institute of Life-Earth-Environment, s’interroge sur les conditions nécessaires pour laisser davantage de place à la créativité scientifique. Il revient sur ce projet et sur ce qu’il en retient.
Pression à la publication, financements de courte durée, compétition ou encore précarité des débuts de carrière : ces contraintes peuvent-elles pousser les jeunes chercheurs à privilégier des projets plus « sûrs » au détriment d’idées plus originales ? C’est la question au cœur d’une publication internationale, à laquelle a participé Eli Thoré, professeur assistant à l’Université de Namur.
Intéressé depuis plusieurs années par la « métascience », c’est-à-dire l’étude du fonctionnement de la science elle-même, il a participé aux discussions, à la construction des idées ainsi qu’à la rédaction et à la révision du manuscrit. Le projet, lancé à l’initiative de Phillip Haubrock fin 2025, a donné lieu à de nombreux échanges entre les auteurs avant d’être finalement publié dans Nature Human Behaviour. “Les échanges ont été très riches et, au départ, assez chaotiques !”, raconte Eli Thoré.
Des contraintes qui pèsent sur la créativité
Pour mener leur analyse, les auteurs ont rassemblé de nombreuses études consacrées au fonctionnement du monde académique. Leur constat est clair : la créativité scientifique n’est pas seulement une caractéristique individuelle, elle dépend aussi des conditions dans lesquelles les chercheurs travaillent.
Financements de courte durée, pression à publier, importance donnée au nombre d’articles ou au prestige des revues, forte compétition pour obtenir un poste ou un financement… Toutes ces contraintes peuvent pousser les chercheurs à privilégier des projets dont les résultats sont plus faciles à prévoir, au détriment d’idées plus originales ou plus risquées.
Cette situation touche particulièrement les chercheurs en début de carrière. Ils disposent souvent de moins d’autonomie et leur avenir dépend davantage des prochaines publications, demandes de financement ou opportunités de poste. Prendre un risque dans sa recherche peut alors aussi devenir un risque pour sa carrière.
“Le problème n’est pas que les jeunes chercheurs manquent de créativité, mais que le système ne leur offre pas toujours les conditions pour qu’elle puisse s’exprimer”
Les conséquences peuvent être importantes. Une étude reprise dans la publication montre par exemple qu’échouer de peu à obtenir un financement clé en début de carrière augmente de plus de 10 % le risque de quitter le monde académique.
Eli Thoré reconnaît lui-même avoir ressenti cette tension entre créativité et nécessité de démontrer à l’avance qu’un projet aboutira. Lors de son doctorat, il a commencé à s’intéresser aux rythmes quotidiens du comportement des animaux, comparables à notre cycle veille-sommeil, et à la manière dont ils pourraient modifier les effets de la pollution environnementale. Une piste alors assez éloignée de son projet principal. Il décide pourtant de la suivre. Avec le temps, cette idée devient un point central de ses recherches. “Si je m’étais limité aux questions dont je savais déjà qu’elles étaient sûres et faciles à justifier, je ne serais peut-être jamais arrivé là”, explique-t-il.
Plus de temps, de stabilité et d’autonomie
Les auteurs avancent plusieurs pistes pour créer un environnement plus favorable à cette prise de risque scientifique. Parmi elles : proposer des financements sur de plus longues périodes, offrir davantage de stabilité aux jeunes chercheurs, réduire certaines charges administratives ou encore revoir les critères utilisés pour évaluer une carrière scientifique.
L’idée est notamment de ne plus mesurer la réussite uniquement à travers des indicateurs facilement quantifiables, comme le nombre de publications ou le prestige des revues, mais de mieux prendre en compte l’originalité, la collaboration, la persévérance ou encore l’indépendance scientifique. La publication insiste également sur trois conditions essentielles à la créativité : du temps, de l’autonomie et la possibilité d’échouer.
“Certaines des découvertes les plus intéressantes commencent probablement par une idée qui paraît d’abord étrange, incertaine, voire un peu folle”
La publication défend donc une idée assez simple en apparence : pour demander aux chercheurs d’être créatifs, encore faut-il leur donner la liberté de l’être. Un enjeu particulièrement important pour les jeunes scientifiques qui façonneront, demain, les nouvelles directions de la recherche. Félicitations à Eli Thoré et à l’ensemble des chercheurs impliqués dans ce travail pour cette publication dans Nature Human Behaviour !
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Le F.R.S.-FNRS a publié ce 23 juin 2026, la liste des lauréats aux différents mandats doctorants et postdoctorants et projets Télévie (recherche axée sur le cancer). Parmi ceux-ci, de nombreux chercheurs de l'UNamur ont obtenu un financement.
Six chercheurs ont obtenu un mandat d’aspirant permettant de démarrer une thèse de doctorat : Rachel LAURON de la Faculté des Sciences ; Océane WATELET, Vera NOVAK, Camille LAMBIET, Alionka WÉRENNE ainsi que Théodore HARDY (mandat obtenu à l’ULB en cotutelle avec l’UNamur) de la Faculté de Philosophie et Lettres.
Un très beau succès a également été obtenu par les chercheurs namurois au mandat de chargé de recherches. Ils sont sept à recevoir ce financement postdoctoral. Il s'agit d’Eleonor CELORA, Nataliya PUCHENKINA, Jérémy ARTRU et Bernardino PITOCCHELLI de la Faculté de Philosophie et Lettres ; de Romain MERTENS de la Faculté de Droit et de David TALUKDER et François WOITRIN de la Faculté d'Économie Management Communication SciencesPo (EMCP).
Par ailleurs, deux chercheurs permanents du F.R.S.-FNRS au sein de l’UNamur se voient promus Maître de recherche : Francesca CECCHET et Yves CAUDANO tous deux membres du Département de Physique et de l’institut NISM.
L’appel Télévie a également permis à Marc HENNEQUART d’obtenir un financement pour débuter des recherches visant à mettre en évidence les déterminants métaboliques de la réponse à la déprivation en arginine dans les cancers pancréatiques et colorectaux.
Félicitations à eux !
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
À l’Université de Namur, une thèse menée par Fabian Delhalle, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, explore une piste innovante pour produire des protéines d’intérêt thérapeutique. En collaboration avec Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes de lactation chez la chèvre afin d’optimiser une production biopharmaceutique plus accessible, plus flexible et plus respectueuse de l’environnement.
Ce projet baptisé Proteomilk vise à identifier et sélectionner les meilleures chèvres afin d’optimiser la production de protéines d’intérêt thérapeutique, qui sont ensuite récupérées dans leur lait.
« Ces protéines sécrétées au niveau de la glande mammaire, sont d’un intérêt majeur. En effet, on peut notamment produire des anticorps monoclonaux, qui permettent de traiter de nombreuses maladies comme certains cancers, des maladies auto-immunes ou plusieurs types d’infections », explique Fabien Delhalle, membre de l’Unité de recherche en biologie cellulaire de l’UNamur qui mène le projet Proteomilk, sous la supervision de Patsy Renard.
Aujourd’hui, ces anticorps sont principalement produits à partir de cellules animales, appelées cellules CHO, issus d’ovaire de hamster de chinois.
Elles sont cultivées à l’échelle industrielle dans d’énormes bioréacteurs industriels.
Cette technologie est très utilisée, mais elle a aussi des limites : les procédés sont coûteux, complexes, énergivores, et leur impact environnemental est important. Résultat : les coûts de production restent élevés, et l’accès à ces traitements peut être limité pour une partie des patients. Et il y a une autre difficulté : certains anticorps sont plus compliqués à produire en grande quantité. Il faut donc plus de temps, plus d’étapes, plus de ressources… ce qui peut retarder et augmenter le coût de traitements pourtant prometteurs.
Développer des solutions durables
Face à ces limites, il faut donc développer des solutions plus durables, plus flexibles et plus économiques. En d’autres termes, il faut essayer de trouver un moyen de produire ces médicaments autrement.
Et c’est précisément l’objectif du projet Proteomilk, mené en partenariat avec la société Bio-Sourcing, spécialisée dans la production de produits biothérapeutiques.
Le projet a ainsi pour objectif d’identifier des marqueurs associés à des performances de lactation élevées grâce à une analyse protéomique détaillée du lait. Cette méthode utilise la glande mammaire de la chèvre comme bioréacteur naturel, capable de produire, dans le lait, des protéines thérapeutiques qui seront ensuite purifiées. Ce qui permet, in fine, de réduire les coûts et l'impact environnemental par rapport aux bioréacteurs industriels.
Découvrez le projet en vidéo
Ce projet illustre pleinement la richesse d’une collaboration entre le monde académique et le monde industriel. L’UNamur apporte son expertise scientifique, ses outils d’analyse et sa capacité à explorer les mécanismes en profondeur. Les partenaires de terrain, comme Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, contribuent quant à eux par leur connaissance appliquée, leur maîtrise des réalités de production et leur vision de la valorisation.
Soutenu par le SPW Recherche, ce partenariat montre comment la recherche peut se transformer en innovation concrète au service de la société.
Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel
Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.
Doctorats en entreprise à l'UNamur
L’UNamur, à travers les travaux de Patrick Kestemont, participe à la reproduction en captivité d’un poisson-chat adapté aux eaux salées du Mékong
L’UNamur, à travers les travaux de Patrick Kestemont, participe à la reproduction en captivité d’un poisson-chat adapté aux eaux salées du Mékong
Après plus de deux ans de recherches, une équipe réunissant l’Université de Namur, l’Université de Liège et l’Université de Can Tho, au Vietnam, est parvenue à reproduire en captivité Pangasius krempfi, un poisson-chat capable de vivre aussi bien en eau douce qu’en eau saumâtre. Une avancée importante pour le projet DIVERSAQUA, qui cherche à développer une aquaculture mieux adaptée à la salinisation croissante du delta du Mékong.
Dans le delta du Mékong, l’aquaculture est de plus en plus confrontée à la remontée d’eau salée dans des zones habituellement alimentées en eau douce. Ce phénomène, appelé intrusion saline, peut rendre certaines espèces élevées localement plus difficiles à produire.
C’est dans ce contexte qu’est mené le projet DIVERSAQUA, financé par l’ARES-CCI et coordonné par le professeur Patrick Kestemont, de l’UNamur, et le professeur Nguyen Thanh Phuong, de l’Université de Can Tho. Le projet associe également l’Université de Liège. Son objectif est d’identifier et de mieux maîtriser l’élevage d’espèces capables de supporter ces changements de salinité.
Un poisson capable de s’adapter à plusieurs niveaux de salinité
Les chercheurs se sont intéressés à Pangasius krempfi, connu localement sous les noms de ca bong lau ou ca dua. Ce poisson-chat est dit euryhalin, ce qui signifie qu’il peut vivre dans des eaux présentant des niveaux de salinité différents. Cette caractéristique en fait un candidat particulièrement intéressant pour les zones du delta du Mékong de plus en plus touchées par l’intrusion d’eau salée.
L’espèce présente également d’autres atouts : elle peut atteindre une grande taille, sa chair est appréciée et elle possède une valeur économique importante. Dans le delta, elle se rencontre principalement dans les estuaires et les zones côtières. Jusqu’à présent, son élevage restait toutefois limité.
Une première reproduction réussie en captivité
Après plus de deux années de travail, les équipes du projet sont parvenues à élever des jeunes poissons sauvages jusqu’à l’âge adulte dans un système d’aquaculture en circuit fermé, où l’eau est filtrée et réutilisée. Les poissons arrivés à maturité ont ensuite pu être amenés à se reproduire grâce à des hormones couramment utilisées en aquaculture. Les larves obtenues ont récemment été élevées en bassin jusqu’au stade de jeunes poissons. À terme, ces animaux pourraient devenir les premiers reproducteurs entièrement domestiqués de l’espèce.
L’enjeu est de pouvoir progressivement produire les jeunes poissons nécessaires à l’élevage sans dépendre uniquement des populations sauvages. Cela permettrait de disposer d’un approvisionnement plus régulier et de poursuivre les recherches sur l’élevage commercial de l’espèce.
Mieux comprendre sa résistance au sel
En parallèle, les chercheurs étudient également la capacité de Pangasius krempfi à supporter différentes concentrations de sel. Plusieurs expériences sont menées aux différents stades de son développement, depuis la larve jusqu’au jeune poisson, pour mieux comprendre ses réactions physiologiques et son système immunitaire.
Ces travaux doivent permettre de mieux déterminer les conditions dans lesquelles l’espèce peut être élevée et d’évaluer plus précisément son potentiel dans les zones soumises à l’intrusion saline. À plus long terme, le projet DIVERSAQUA cherche ainsi à diversifier les espèces élevées dans le delta du Mékong et à proposer de nouvelles solutions aux aquaculteurs confrontés aux effets du changement climatique. La reproduction réussie de Pangasius krempfi en captivité est donc une première étape importante dans cette direction. Les équipes poursuivent désormais leurs recherches dans le but de mieux connaître l’espèce et d’évaluer les conditions nécessaires à son développement à plus grande échelle. Félicitations à l’ensemble des chercheurs impliqués dans le projet DIVERSAQUA, et tout particulièrement au professeur Patrick Kestemont, qui coordonne le projet pour l’UNamur !
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Une publication dans Nature Human Behaviour met en lumière les freins à la créativité des jeunes chercheurs
Publié dans Nature Human Behaviour, un travail international auquel a contribué Eli Thoré, professeur à l’UNamur et membre de l’Institute of Life-Earth-Environment, s’interroge sur les conditions nécessaires pour laisser davantage de place à la créativité scientifique. Il revient sur ce projet et sur ce qu’il en retient.
Pression à la publication, financements de courte durée, compétition ou encore précarité des débuts de carrière : ces contraintes peuvent-elles pousser les jeunes chercheurs à privilégier des projets plus « sûrs » au détriment d’idées plus originales ? C’est la question au cœur d’une publication internationale, à laquelle a participé Eli Thoré, professeur assistant à l’Université de Namur.
Intéressé depuis plusieurs années par la « métascience », c’est-à-dire l’étude du fonctionnement de la science elle-même, il a participé aux discussions, à la construction des idées ainsi qu’à la rédaction et à la révision du manuscrit. Le projet, lancé à l’initiative de Phillip Haubrock fin 2025, a donné lieu à de nombreux échanges entre les auteurs avant d’être finalement publié dans Nature Human Behaviour. “Les échanges ont été très riches et, au départ, assez chaotiques !”, raconte Eli Thoré.
Des contraintes qui pèsent sur la créativité
Pour mener leur analyse, les auteurs ont rassemblé de nombreuses études consacrées au fonctionnement du monde académique. Leur constat est clair : la créativité scientifique n’est pas seulement une caractéristique individuelle, elle dépend aussi des conditions dans lesquelles les chercheurs travaillent.
Financements de courte durée, pression à publier, importance donnée au nombre d’articles ou au prestige des revues, forte compétition pour obtenir un poste ou un financement… Toutes ces contraintes peuvent pousser les chercheurs à privilégier des projets dont les résultats sont plus faciles à prévoir, au détriment d’idées plus originales ou plus risquées.
Cette situation touche particulièrement les chercheurs en début de carrière. Ils disposent souvent de moins d’autonomie et leur avenir dépend davantage des prochaines publications, demandes de financement ou opportunités de poste. Prendre un risque dans sa recherche peut alors aussi devenir un risque pour sa carrière.
“Le problème n’est pas que les jeunes chercheurs manquent de créativité, mais que le système ne leur offre pas toujours les conditions pour qu’elle puisse s’exprimer”
Les conséquences peuvent être importantes. Une étude reprise dans la publication montre par exemple qu’échouer de peu à obtenir un financement clé en début de carrière augmente de plus de 10 % le risque de quitter le monde académique.
Eli Thoré reconnaît lui-même avoir ressenti cette tension entre créativité et nécessité de démontrer à l’avance qu’un projet aboutira. Lors de son doctorat, il a commencé à s’intéresser aux rythmes quotidiens du comportement des animaux, comparables à notre cycle veille-sommeil, et à la manière dont ils pourraient modifier les effets de la pollution environnementale. Une piste alors assez éloignée de son projet principal. Il décide pourtant de la suivre. Avec le temps, cette idée devient un point central de ses recherches. “Si je m’étais limité aux questions dont je savais déjà qu’elles étaient sûres et faciles à justifier, je ne serais peut-être jamais arrivé là”, explique-t-il.
Plus de temps, de stabilité et d’autonomie
Les auteurs avancent plusieurs pistes pour créer un environnement plus favorable à cette prise de risque scientifique. Parmi elles : proposer des financements sur de plus longues périodes, offrir davantage de stabilité aux jeunes chercheurs, réduire certaines charges administratives ou encore revoir les critères utilisés pour évaluer une carrière scientifique.
L’idée est notamment de ne plus mesurer la réussite uniquement à travers des indicateurs facilement quantifiables, comme le nombre de publications ou le prestige des revues, mais de mieux prendre en compte l’originalité, la collaboration, la persévérance ou encore l’indépendance scientifique. La publication insiste également sur trois conditions essentielles à la créativité : du temps, de l’autonomie et la possibilité d’échouer.
“Certaines des découvertes les plus intéressantes commencent probablement par une idée qui paraît d’abord étrange, incertaine, voire un peu folle”
La publication défend donc une idée assez simple en apparence : pour demander aux chercheurs d’être créatifs, encore faut-il leur donner la liberté de l’être. Un enjeu particulièrement important pour les jeunes scientifiques qui façonneront, demain, les nouvelles directions de la recherche. Félicitations à Eli Thoré et à l’ensemble des chercheurs impliqués dans ce travail pour cette publication dans Nature Human Behaviour !
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Beau succès des chercheurs namurois lors des appels « Bourses et Mandats » et « Télévie » 2026 du F.R.S.-FNRS
Le F.R.S.-FNRS a publié ce 23 juin 2026, la liste des lauréats aux différents mandats doctorants et postdoctorants et projets Télévie (recherche axée sur le cancer). Parmi ceux-ci, de nombreux chercheurs de l'UNamur ont obtenu un financement.
Six chercheurs ont obtenu un mandat d’aspirant permettant de démarrer une thèse de doctorat : Rachel LAURON de la Faculté des Sciences ; Océane WATELET, Vera NOVAK, Camille LAMBIET, Alionka WÉRENNE ainsi que Théodore HARDY (mandat obtenu à l’ULB en cotutelle avec l’UNamur) de la Faculté de Philosophie et Lettres.
Un très beau succès a également été obtenu par les chercheurs namurois au mandat de chargé de recherches. Ils sont sept à recevoir ce financement postdoctoral. Il s'agit d’Eleonor CELORA, Nataliya PUCHENKINA, Jérémy ARTRU et Bernardino PITOCCHELLI de la Faculté de Philosophie et Lettres ; de Romain MERTENS de la Faculté de Droit et de David TALUKDER et François WOITRIN de la Faculté d'Économie Management Communication SciencesPo (EMCP).
Par ailleurs, deux chercheurs permanents du F.R.S.-FNRS au sein de l’UNamur se voient promus Maître de recherche : Francesca CECCHET et Yves CAUDANO tous deux membres du Département de Physique et de l’institut NISM.
L’appel Télévie a également permis à Marc HENNEQUART d’obtenir un financement pour débuter des recherches visant à mettre en évidence les déterminants métaboliques de la réponse à la déprivation en arginine dans les cancers pancréatiques et colorectaux.
Félicitations à eux !
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
Win4Doc | Produire des protéines thérapeutiques dans le lait de chèvre
À l’Université de Namur, une thèse menée par Fabian Delhalle, avec le soutien du SPW Recherche dans le cadre du programme Win4Doc, explore une piste innovante pour produire des protéines d’intérêt thérapeutique. En collaboration avec Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes de lactation chez la chèvre afin d’optimiser une production biopharmaceutique plus accessible, plus flexible et plus respectueuse de l’environnement.
Ce projet baptisé Proteomilk vise à identifier et sélectionner les meilleures chèvres afin d’optimiser la production de protéines d’intérêt thérapeutique, qui sont ensuite récupérées dans leur lait.
« Ces protéines sécrétées au niveau de la glande mammaire, sont d’un intérêt majeur. En effet, on peut notamment produire des anticorps monoclonaux, qui permettent de traiter de nombreuses maladies comme certains cancers, des maladies auto-immunes ou plusieurs types d’infections », explique Fabien Delhalle, membre de l’Unité de recherche en biologie cellulaire de l’UNamur qui mène le projet Proteomilk, sous la supervision de Patsy Renard.
Aujourd’hui, ces anticorps sont principalement produits à partir de cellules animales, appelées cellules CHO, issus d’ovaire de hamster de chinois.
Elles sont cultivées à l’échelle industrielle dans d’énormes bioréacteurs industriels.
Cette technologie est très utilisée, mais elle a aussi des limites : les procédés sont coûteux, complexes, énergivores, et leur impact environnemental est important. Résultat : les coûts de production restent élevés, et l’accès à ces traitements peut être limité pour une partie des patients. Et il y a une autre difficulté : certains anticorps sont plus compliqués à produire en grande quantité. Il faut donc plus de temps, plus d’étapes, plus de ressources… ce qui peut retarder et augmenter le coût de traitements pourtant prometteurs.
Développer des solutions durables
Face à ces limites, il faut donc développer des solutions plus durables, plus flexibles et plus économiques. En d’autres termes, il faut essayer de trouver un moyen de produire ces médicaments autrement.
Et c’est précisément l’objectif du projet Proteomilk, mené en partenariat avec la société Bio-Sourcing, spécialisée dans la production de produits biothérapeutiques.
Le projet a ainsi pour objectif d’identifier des marqueurs associés à des performances de lactation élevées grâce à une analyse protéomique détaillée du lait. Cette méthode utilise la glande mammaire de la chèvre comme bioréacteur naturel, capable de produire, dans le lait, des protéines thérapeutiques qui seront ensuite purifiées. Ce qui permet, in fine, de réduire les coûts et l'impact environnemental par rapport aux bioréacteurs industriels.
Découvrez le projet en vidéo
Ce projet illustre pleinement la richesse d’une collaboration entre le monde académique et le monde industriel. L’UNamur apporte son expertise scientifique, ses outils d’analyse et sa capacité à explorer les mécanismes en profondeur. Les partenaires de terrain, comme Bio-Sourcing et le Centre wallon de Recherches agronomiques, contribuent quant à eux par leur connaissance appliquée, leur maîtrise des réalités de production et leur vision de la valorisation.
Soutenu par le SPW Recherche, ce partenariat montre comment la recherche peut se transformer en innovation concrète au service de la société.
Win4doc | Rapprocher recherche académique et monde industriel
Win4Doc est une mesure mise en place par la Wallonie (SPW Recherche) permettant à une entreprise wallonne d'engager un chercheur pour mener une recherche doctorale en collaboration avec une unité de recherche universitaire.
Doctorats en entreprise à l'UNamur
Événements
Symposium FoodWal 2026
Cet événement de deux jours réunira des chercheurs, des innovateurs et des professionnels du secteur afin d’explorer les dernières avancées en matière de sciences alimentaires, de technologies et de nutrition. Cette conférence de pointe vise à favoriser des discussions collaboratives sur les outils émergents susceptibles de façonner l’avenir de notre paysage nutritionnel.
Aperçu du programme
Cet événement se déroulera sur deux journées passionnantes, avec un programme varié, conçu pour offrir une expérience dynamique et interactive à tous les participants. L'ensemble du symposium se déroulera en anglais.
- Les mercredi 9 et jeudi 10 décembre, deux journées scientifiques et techniques seront consacrées aux thèmes des protéines alternatives, du microbiome et des ingrédients fonctionnels.
- Le mercredi 9 décembre, conférence publique (en anglais) présentée par le Dr Patrice Cani et portera sur le thème « Nourrir votre intestin : nutrition, microbiote et santé ».
- Pour les chercheurs confirmés et les responsables de groupes, nous organisons une troisième journée le 11 décembre consacrée à la collaboration internationale, comprenant des visites de laboratoires et un atelier dédié à la mise en place de projets de collaboration structurés. Une inscription spécifique est requise
Présentation des thématiques
Ce symposium s’articule autour des trois projets du portefeuille FoodWal, tout en repoussant leurs limites et en les inscrivant dans une approche « One Health ».
La session intitulée « Construire des chaînes de valeur durables pour les protéines alternatives : des sources de protéines au développement de produits alimentaires sains » sera l’occasion de présenter les avancées scientifiques et technologiques en matière de création et de caractérisation de sources et de produits protéiques alternatifs, ainsi que des perspectives socio-économiques sur le développement, le maintien et la croissance de chaînes de valeur durables pour les protéines alternatives.
La session intitulée « Recherche sur le microbiome et les microbiotiques : l’innovation en nutrition au service d’une meilleure santé » présentera les avancées scientifiques en matière de caractérisation, de compréhension et de modulation du microbiome, ainsi que les technologies de pointe destinées à développer des microbiotiques innovants.
Enfin, la session intitulée « Ingrédients fonctionnels et composés bioactifs : la science alimentaire et la biotechnologie au service de la santé » mettra l’accent sur les avancées scientifiques en matière d’identification, de caractérisation et de compréhension des mécanismes d’action des ingrédients fonctionnels, ainsi que sur les technologies de pointe destinées à développer et à produire des ingrédients fonctionnels innovants.
Sur inscription via le lien ci-dessous.