La Faculté de philosophie et lettres vous propose d'étudier les productions de l’esprit humain en quête de sens et de valeurs, en se souciant de restituer les œuvres, documents et courants de pensée dans leur contexte et leur évolution. Un vaste patrimoine à découvrir !

Les études

Vous disposez d'une curiosité pour les langues et les œuvres dans leurs diversité culturelle et temporelle ainsi que d'un intérêt pour la réflexion et l'analyse ? Vous serez alors séduits par l'offre d'enseignement proposée par la Faculté de philosophie et lettres. Bacheliers, masters de spécialisation, doctorats ou formations continues, la Faculté de philosophie et lettres propose un grand nombre de formations, quel que soit votre profil !

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La recherche

La recherche en Faculté de philosophie et lettres est très diversifiée et veut jeter un regard neuf sur les productions culturelles d’hier et d’aujourd’hui. Des projets scientifiques de dimension nationale et internationale en font un des axes portant du rayonnement de la faculté en Belgique et à l'étranger. Soucieuse de garder un contact avec les enseignements dispensés dans les différentes sections de la faculté, la recherche est développée surtout au niveau des départements.

Professeur de philosophie et lettres

Service à la société

Les enseignants et chercheurs de la Faculté de philosophie et lettres contribuent à développer le dynamisme culturel de la Cité. Par des activités culturelles, des publications, des formations mais aussi par des interventions sur demande, leur travail s'inscrit régulièrement dans le contexte économique et social de la société civile.

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Organisation

La Faculté de philosophie et lettres est organisée afin de gérer ses missions d'enseignement, de recherche et de service à la société. Elle dispose de services communs à toute la faculté. Elle compte 6 départements qui sont le reflet de ses différents enseignements, très variés, et tournés vers hier, aujourd'hui et demain.

À la une

Actualités

Les archives du Moyen Âge central sous la loupe de Jean-François Nieus

Histoire

Jean-François Nieus, maître de recherche F.R.S-FNRS depuis près de 20 ans à l’UNamur, se présente volontiers comme un « chasseur de documents ». Passionné par les mystères du Moyen Âge, il explore une époque encore marquée par les zones d’ombre et les clichés. Son principal terrain d’étude ? Les pratiques documentaires de l’aristocratie du Nord de la France et des anciens Pays-Bas méridionaux, qui lèvent le voile sur les rouages politiques, sociaux et culturels à l’œuvre entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècles.

JF Nieus
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JF Nieus

 «J’ai du mal à définir précisément mon domaine de recherche car je m’intéresse à beaucoup de choses ! Mais s’il y a un fil conducteur, c’est le contact avec le document 

Jean-François Nieus Chercheur, chargé de cours en paléographie, latin médiéval et « diplomatique » (étude des chartes) et directeur du centre de recherche PraME

Un fil que Jean-François Nieus tire depuis une vingtaine d’année et qui s’inscrit dans la dynamique de recherche sur les usages de l’écrit, qui érige le document en objet d’histoire à part entière. Cette approche, développée depuis quelques décennies, éclaire la société médiévale sous toutes ses dimensions : culturelles, bien sûr, mais aussi sociales, politiques, économiques et religieuses. « L’écrit est rare au début du Moyen Âge. Il gagne progressivement en importance dans les pratiques sociales, avec un palier très net aux XIIe et XIIIe siècles – donc durant le Moyen Âge central – où l’on se met à écrire beaucoup plus et où l’on diversifie les formats et les fonctions de l’écrit », explique-t-il. 

Des sources rares et précieuses

Jean-François Nieus s’intéresse en particulier aux productions documentaires associées à l’exercice du pouvoir princier et à la gestion seigneuriale, à l’intérieur d’un espace qui s’étend du monde anglo-normand aux Pays-Bas méridionaux. Les archives princières et nobiliaires sont essentielles pour comprendre les rapports de domination à l’âge dit « féodal », celui des principautés territoriales et de la seigneurie châtelaine, mais aussi les questions d’identité familiale et de lignage qui sont au cœur des préoccupations de l’aristocratie. « Après le milieu du XIIe siècle, la plupart des familles nobles commencent à tenir des archives, d’abord faites de quelques chartes reçues, mais bientôt enrichies de leurs propres productions administratives. Si la majorité de ces fonds laïques ont aujourd’hui disparu, des indices prouvent leur existence », détaille-t-il. Les aléas de l’histoire des grandes familles et la Révolution française ont en effet contribué à un phénomène de déperdition des fragiles documents, si bien qu’il ne reste aujourd’hui qu’une poignée d’archives des XIIe-XIIIe siècles.

Celles étudiées par Jean-François Nieus couvrent néanmoins une large palette typologique : ce sont tout à la fois des « chartriers » (ensembles de chartes originales), des « cartulaires » (recueils de copies de chartes), des « formulaires » (recueils de modèle de chartes et de lettres), des « censiers » (descriptions des biens et revenus relevant d’une seigneurie), des listes de vassaux et de fiefs, des comptabilités, etc.

Jean-François Nieus mène également des travaux d’édition critique. Il publiera bientôt les archives de la famille de Béthune (actuel Pas-de-Calais), ainsi que celles d’une petite abbaye liée à ces seigneurs, Saint-Jean-Baptiste de Chocques, dont il reconstitue le fonds mutilé à la Révolution française.

Un travail patient et minutieux de découverte, de déchiffrement, d’étude et de publication de sources parfois très dispersées, qui contribue à restituer la mémoire d’une époque et à enrichir la documentation accessible aux chercheurs.

Aux sources de l’imaginaire chevaleresque

A côté des écrits administratifs, Jean-François Nieus se passionne aussi pour une science auxiliaire de l’histoire : la « sigillographie », l’étude des sceaux. Ces petites galettes de cire annexées aux documents officiels constituent en effet une fenêtre inédite sur les représentations culturelles de l’époque. Elles montrent notamment comment s’impose, après 1066, sous l’influence de Guillaume le Conquérant, une image nouvelle : celle du chevalier sur sa monture lancée au galop, arme au poing. Ce motif, tout à fait neuf à cette période, se diffuse rapidement parmi les princes et la noblesse, devenant un marqueur fort de la chevalerie.

En suivant cette évolution, Jean-François Nieus retrace également la diffusion des armoiries – l’héraldique –, qu’il voit naître au début du XIIe siècle dans le nord de la France et l’espace anglo-normand. Sceaux équestres, signes héraldiques et rites chevaleresques comme les tournois composent ainsi une communauté culturelle qui s’invente et s’affirme dans cet espace.

Dépasser les clichés sur le Moyen Âge

Si le Moyen Âge fascine tant Jean-François Nieus, c’est sans doute pour son étrangeté : un monde très éloigné du nôtre, souvent déformé par les stéréotypes. « C’est une période difficile à vulgariser car elle est extrêmement différente de la nôtre, même si, en réalité, nous lui devons beaucoup. De plus, sa perception est entachée de nombreux clichés et le grand public porte encore sur elle un regard très négatif, reflété dans le langage courant par le sinistre adjectif ‘moyenâgeux’ », observe le chercheur.

Les causes de cette conception si négative ? Le regard porté par les intellectuels des époques suivantes, qui y ont vu l’origine de tous les archaïsmes qu’ils souhaitaient combattre. Les historiens du XIXe siècle, qui ont donné à la discipline son assise scientifique, ont eux aussi transmis des interprétations erronées, que la recherche contemporaine corrige petit à petit. 

Bio express :

Historien formé à Namur et Louvain-la-Neuve, Jean-François Nieus est maître de recherche du F.R.S.-FNRS et professeur à l’UNamur depuis 2006. Il préside le centre « Pratiques médiévales de l’écrit » (PraME), intégré à l’institut « Patrimoines, Transmissions, Héritages » (PaTHs).

Jean-François Nieus a participé à l’épisode 1 de la saison 3 du documentaire « Batailles de légende », portant sur la grande bataille de Bouvines, entre le roi de France Philippe Auguste et une coalition réunie par le roi d'Angleterre Jean sans Terre (1214).

28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS

Prix

Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur. 

Logo FNRS

L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois. 

Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus.  Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.  

Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.

Les résultats en détail

Appel Equipement  

  • Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
  • Luca Fusaro, Institut NISM 

Appel Crédits de recherche (CDR) 

  • Marc Hennequart, Institut NARILIS
  • Nicolas Gillet, Institut NARILIS
  • Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
  • Patricia Renard, Institut NARILIS
  • Francesco Renzi, Institut NARILIS
  • Stéphane Vincent, Institut NISM
  • Laurence Meurant, Institut NaLTT
  • Emma-Louise Silva, Institut NaLTT  

Appel Projets de recherche (PDR) 

  • Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
  • Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM 

Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)

  • Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
  • Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
  • Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
  • Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
  • Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
  • William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
  • Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE 

Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH) 

  • Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
  • Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
  • Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
  • Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.

Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) 

  • Charlotte Beaudart, Institut Narilis
  • Eli Thoré Institut ILEE 

Appel WelCHANGE  

  • Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
  • Catherine Guirkinger Institut DeFIPP

Félicitations à tous et toutes ! 

Le Département de langues et littératures germaniques mobilisé autour des lignes de vie

Langues germaniques
Pédagogie

Au Département de langues et littératures germaniques, l’année 2025-2026 est placée sous la thématique des « Lignes de vie » ou en langues cibles « Lifelines, Levenslijnen, Lebenslinien ». Pour la première fois, l’équipe enseignante et les étudiantes et étudiants se réunissent autour d’une thématique commune qui les accompagnera toute l’année académique. L’objectif : renforcer la cohérence entre les cours, créer une dynamique collective et explorer autrement les langues germaniques et leurs cultures.

Logo du Fil rouge du département de Langues et littératures germaniques

« Notre souhait était de créer une véritable dynamique dans notre enseignement et d’offrir de la cohérence à nos étudiantes et étudiants en travaillant toutes et tous autour d’une même thématique. Notre équipe s’est d’ailleurs inspirée des initiatives menées à la Faculté de droit, qui pratique le Fil Rouge depuis plusieurs années », explique Laurence Mettewie, directrice du Département de langues et littératures germaniques. « L’an dernier déjà, sans que cela ait été pensé explicitement, plusieurs activités de notre département tournaient autour de questions de reconstruction, de transmission ou encore de résilience. » Ce constat a incité l’équipe à officialiser cette approche en choisissant une thématique commune.

Le point de départ de cette première édition est le « Lifelines », organisé les 11 et 12 décembre 2025 par l’équipe de l’Unité d’anglais avec l’implication des étudiantes et étudiants du cours Language & Society, qui sera consacré au langage et à la littérature à travers les âges de la vie (infos Lifespan). 

Logo fil rouge langues et littératures germaniques 2025

Ainsi, le Département de langues et littératures germaniques a choisi de prolonger cette réflexion en s’intéressant à la manière dont les individus évoluent, grandissent et transmettent, avec une dimension intergénérationnelle qui tient particulièrement à cœur à l’équipe. 

Un programme d’activités pour explorer les lignes de vie

Lectures communes, cinéclub, voyages didactiques, sujets d’initiation à la recherche… ce sont plusieurs activités pédagogiques qui illustreront ce fil rouge tout au long de l’année.

Le Cinéclub de Germa proposera six films, en anglais, néerlandais et allemand. Pour inaugurer ce cycle, l’équipe a choisi un film qui illustre la thématique des lignes de vie : « Honig im Kopf » (« Du miel plein la tête ») de Til Schweiger. Ce film raconte, de manière à la fois humoristique et émouvante, l’histoire d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et de sa petite-fille qui fera tout pour le « sauver », et porte ainsi un regard bienveillant sur des thèmes tels que la démence, la famille et la mémoire.

En néerlandais, les travaux de recherche en linguistique seront orientés vers la question de la transmission linguistique. Les étudiantes et étudiants exploreront ainsi comment les langues se transmettent, sont présentes à différentes étapes de la vie ou comment elles éclairent les liens intergénérationnels, par exemple à travers l’usage de WhatsApp.

Le traditionnel voyage d’études aux Pays-Bas s’inscrira lui aussi dans cette thématique. Cette année, direction Rotterdam et Fenix, son nouveau musée consacré à l’art et aux migrations, dont une des expositions retrace des histoires de mobilité, d’ancrage et de passages vers des vies qu’ils et elles espèrent meilleures. L’occasion pour les étudiantes et étudiants de confronter les notions de mémoire, de déplacement et d’héritage culturel au cœur même d’un parcours muséal pensé comme une succession de lignes de vie.

D’autres activités viendront enrichir le programme : projets étudiants spécialement conçus pour explorer les trajectoires de vie, analyses d’œuvres littéraires guidées par la thématique et des rencontres avec des autrices venues d’Irlande du nord et de Flandre : Wendy Erskine, et Lara Taveirne ainsi que son traducteur français Guillaume Deneufbourg. 

Découvrir le Département de langues et littératures germaniques

Des manuscrits oubliés pour raconter la christianisation au Moyen Âge

Histoire

Matthieu Pignot, chercheur au département d’histoire et membre du centre de recherche PraME, vient d’obtenir le titre de Chercheur qualifié FNRS pour ses travaux sur la transmission des savoirs religieux entre l’Antiquité et le Moyen Âge. L’originalité de sa recherche réside dans l’étude d’écrits peu ou pas connus des historiens dans le contexte de christianisation de l’Europe.

Matthieu Pignot

Pour comprendre comment s’est opérée la transition vers le Christianisme, les chercheurs se tournent généralement vers les grands auteurs et notamment saint Augustin, figure incontournable de l’Antiquité chrétienne dont on a préservé le plus d’écrits. À côté de ses œuvres les plus connues (comme La Cité de Dieu ou Les Confessions), Saint Augustin est également l’auteur de courts traités portant sur des pratiques comme le mariage ou le baptême. « Dans mes premières recherches postdoctorales, je cherchais à comprendre comment ces petits textes d’Augustin, et d’autres sources d’Afrique du Nord, ont circulé en Occident entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge. Il s’agit d’une période de mixité religieuse où les premières communautés chrétiennes mettent en place des systèmes d’initiation et d’enseignement », explique Matthieu Pignot.

Très vite, l’intérêt du chercheur se tourne aussi vers des textes anonymes ou pseudépigraphes (attribués erronément à un auteur connu), tombés dans l’oubli au profit d’écrits d’auteurs, et qui abordent également ces questions d’éducation religieuse. « C’est le point de départ de mon projet de recherche. Ces textes sont difficiles à étudier car, circulant sous plusieurs noms, on ne connait pas leur auteur véritable. On ignore qui les a écrits et on connaît mal leur transmission ancienne et médiévale. Ce sont précisément ces zones d’ombre qui les rendent très intéressants », poursuit l’historien.

Pour aborder cette question, Matthieu Pignot part de deux corpus de textes : d’un côté, une collection de 80 sermons attribués à tort à Fulgence de Ruspe et, de l’autre, une traduction latine d’une collection anonyme de maximes philosophiques grecques par Rufin d’Aquilée (IV-Ve siècle), un auteur qui a joué un rôle important dans la transmission de la pensée grecque à la fin de l’Antiquité en Occident.

Image
Portrait Matthieu Pignot

Il s’agit de textes humbles, courts et accessibles, qui visent à transmettre une éducation simple et rudimentaire. Dans cette période de grands changements et de diffusion du christianisme comme religion dominante, ces écrits offrent des indices précieux sur l’évolution de l’éducation religieuse.

Matthieu Pignot Chercheur qualifié FNRS

Faire exister ces écrits grâce aux outils numériques

La méthodologie privilégiée par Matthieu Pignot pour cette recherche implique le recours à l’édition numérique. L’objectif ? « Faire exister et valoriser ces textes qui n’ont pas le privilège d’avoir un nom d’auteur et dont certains n’ont même pas été imprimés. De plus, les outils d’analyse stylistique et linguistique permettront peut-être de donner des indications sur l’auteur, ou au moins de grouper les textes, sur base de tics d’écriture récurrents. »

Avec ce projet, Matthieu Pignot a également pour ambition de développer le volet de transcription automatisée des manuscrits, encore en développement. « Mon objectif est de contribuer à l’amélioration de ces outils grâce à mes propres transcriptions et de participer à la dynamique d’intérêt pour les manuscrits médiévaux dans les archives et les bibliothèques », conclut le chercheur.

CV express

Matthieu Pignot a un parcours tourné vers l’international. Formé à l'UCLouvain, il s’est spécialisé dans l’histoire de l’Antiquité et l’histoire du Moyen Age. Il poursuit ses études à l’École Pratique des Hautes Études de Paris puis à l’Université d’Oxford où il défend sa thèse de doctorat. Après sa thèse, il a notamment participé à un projet ERC sur le culte des saints dans le monde chrétien occidental (Université d’Oxford – Université de Varsovie).

Portrait Matthieu Pignot

Matthieu Pignot est membre du centre de recherche PraME (« Pratiques médiévales de l’écrit »), qui fait partie de l’institut de recherche PaTHs (« Patrimoines, Transmissions, Héritages »). Il collabore également avec l’Institut d’études augustiniennes (Paris) et avec l’Université de Nimègue.

Les archives du Moyen Âge central sous la loupe de Jean-François Nieus

Histoire

Jean-François Nieus, maître de recherche F.R.S-FNRS depuis près de 20 ans à l’UNamur, se présente volontiers comme un « chasseur de documents ». Passionné par les mystères du Moyen Âge, il explore une époque encore marquée par les zones d’ombre et les clichés. Son principal terrain d’étude ? Les pratiques documentaires de l’aristocratie du Nord de la France et des anciens Pays-Bas méridionaux, qui lèvent le voile sur les rouages politiques, sociaux et culturels à l’œuvre entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècles.

JF Nieus
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JF Nieus

 «J’ai du mal à définir précisément mon domaine de recherche car je m’intéresse à beaucoup de choses ! Mais s’il y a un fil conducteur, c’est le contact avec le document 

Jean-François Nieus Chercheur, chargé de cours en paléographie, latin médiéval et « diplomatique » (étude des chartes) et directeur du centre de recherche PraME

Un fil que Jean-François Nieus tire depuis une vingtaine d’année et qui s’inscrit dans la dynamique de recherche sur les usages de l’écrit, qui érige le document en objet d’histoire à part entière. Cette approche, développée depuis quelques décennies, éclaire la société médiévale sous toutes ses dimensions : culturelles, bien sûr, mais aussi sociales, politiques, économiques et religieuses. « L’écrit est rare au début du Moyen Âge. Il gagne progressivement en importance dans les pratiques sociales, avec un palier très net aux XIIe et XIIIe siècles – donc durant le Moyen Âge central – où l’on se met à écrire beaucoup plus et où l’on diversifie les formats et les fonctions de l’écrit », explique-t-il. 

Des sources rares et précieuses

Jean-François Nieus s’intéresse en particulier aux productions documentaires associées à l’exercice du pouvoir princier et à la gestion seigneuriale, à l’intérieur d’un espace qui s’étend du monde anglo-normand aux Pays-Bas méridionaux. Les archives princières et nobiliaires sont essentielles pour comprendre les rapports de domination à l’âge dit « féodal », celui des principautés territoriales et de la seigneurie châtelaine, mais aussi les questions d’identité familiale et de lignage qui sont au cœur des préoccupations de l’aristocratie. « Après le milieu du XIIe siècle, la plupart des familles nobles commencent à tenir des archives, d’abord faites de quelques chartes reçues, mais bientôt enrichies de leurs propres productions administratives. Si la majorité de ces fonds laïques ont aujourd’hui disparu, des indices prouvent leur existence », détaille-t-il. Les aléas de l’histoire des grandes familles et la Révolution française ont en effet contribué à un phénomène de déperdition des fragiles documents, si bien qu’il ne reste aujourd’hui qu’une poignée d’archives des XIIe-XIIIe siècles.

Celles étudiées par Jean-François Nieus couvrent néanmoins une large palette typologique : ce sont tout à la fois des « chartriers » (ensembles de chartes originales), des « cartulaires » (recueils de copies de chartes), des « formulaires » (recueils de modèle de chartes et de lettres), des « censiers » (descriptions des biens et revenus relevant d’une seigneurie), des listes de vassaux et de fiefs, des comptabilités, etc.

Jean-François Nieus mène également des travaux d’édition critique. Il publiera bientôt les archives de la famille de Béthune (actuel Pas-de-Calais), ainsi que celles d’une petite abbaye liée à ces seigneurs, Saint-Jean-Baptiste de Chocques, dont il reconstitue le fonds mutilé à la Révolution française.

Un travail patient et minutieux de découverte, de déchiffrement, d’étude et de publication de sources parfois très dispersées, qui contribue à restituer la mémoire d’une époque et à enrichir la documentation accessible aux chercheurs.

Aux sources de l’imaginaire chevaleresque

A côté des écrits administratifs, Jean-François Nieus se passionne aussi pour une science auxiliaire de l’histoire : la « sigillographie », l’étude des sceaux. Ces petites galettes de cire annexées aux documents officiels constituent en effet une fenêtre inédite sur les représentations culturelles de l’époque. Elles montrent notamment comment s’impose, après 1066, sous l’influence de Guillaume le Conquérant, une image nouvelle : celle du chevalier sur sa monture lancée au galop, arme au poing. Ce motif, tout à fait neuf à cette période, se diffuse rapidement parmi les princes et la noblesse, devenant un marqueur fort de la chevalerie.

En suivant cette évolution, Jean-François Nieus retrace également la diffusion des armoiries – l’héraldique –, qu’il voit naître au début du XIIe siècle dans le nord de la France et l’espace anglo-normand. Sceaux équestres, signes héraldiques et rites chevaleresques comme les tournois composent ainsi une communauté culturelle qui s’invente et s’affirme dans cet espace.

Dépasser les clichés sur le Moyen Âge

Si le Moyen Âge fascine tant Jean-François Nieus, c’est sans doute pour son étrangeté : un monde très éloigné du nôtre, souvent déformé par les stéréotypes. « C’est une période difficile à vulgariser car elle est extrêmement différente de la nôtre, même si, en réalité, nous lui devons beaucoup. De plus, sa perception est entachée de nombreux clichés et le grand public porte encore sur elle un regard très négatif, reflété dans le langage courant par le sinistre adjectif ‘moyenâgeux’ », observe le chercheur.

Les causes de cette conception si négative ? Le regard porté par les intellectuels des époques suivantes, qui y ont vu l’origine de tous les archaïsmes qu’ils souhaitaient combattre. Les historiens du XIXe siècle, qui ont donné à la discipline son assise scientifique, ont eux aussi transmis des interprétations erronées, que la recherche contemporaine corrige petit à petit. 

Bio express :

Historien formé à Namur et Louvain-la-Neuve, Jean-François Nieus est maître de recherche du F.R.S.-FNRS et professeur à l’UNamur depuis 2006. Il préside le centre « Pratiques médiévales de l’écrit » (PraME), intégré à l’institut « Patrimoines, Transmissions, Héritages » (PaTHs).

Jean-François Nieus a participé à l’épisode 1 de la saison 3 du documentaire « Batailles de légende », portant sur la grande bataille de Bouvines, entre le roi de France Philippe Auguste et une coalition réunie par le roi d'Angleterre Jean sans Terre (1214).

28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS

Prix

Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur. 

Logo FNRS

L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois. 

Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus.  Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.  

Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.

Les résultats en détail

Appel Equipement  

  • Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
  • Luca Fusaro, Institut NISM 

Appel Crédits de recherche (CDR) 

  • Marc Hennequart, Institut NARILIS
  • Nicolas Gillet, Institut NARILIS
  • Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
  • Patricia Renard, Institut NARILIS
  • Francesco Renzi, Institut NARILIS
  • Stéphane Vincent, Institut NISM
  • Laurence Meurant, Institut NaLTT
  • Emma-Louise Silva, Institut NaLTT  

Appel Projets de recherche (PDR) 

  • Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
  • Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM 

Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)

  • Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
  • Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
  • Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
  • Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
  • Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
  • William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
  • Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE 

Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH) 

  • Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
  • Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
  • Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
  • Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.

Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) 

  • Charlotte Beaudart, Institut Narilis
  • Eli Thoré Institut ILEE 

Appel WelCHANGE  

  • Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
  • Catherine Guirkinger Institut DeFIPP

Félicitations à tous et toutes ! 

Le Département de langues et littératures germaniques mobilisé autour des lignes de vie

Langues germaniques
Pédagogie

Au Département de langues et littératures germaniques, l’année 2025-2026 est placée sous la thématique des « Lignes de vie » ou en langues cibles « Lifelines, Levenslijnen, Lebenslinien ». Pour la première fois, l’équipe enseignante et les étudiantes et étudiants se réunissent autour d’une thématique commune qui les accompagnera toute l’année académique. L’objectif : renforcer la cohérence entre les cours, créer une dynamique collective et explorer autrement les langues germaniques et leurs cultures.

Logo du Fil rouge du département de Langues et littératures germaniques

« Notre souhait était de créer une véritable dynamique dans notre enseignement et d’offrir de la cohérence à nos étudiantes et étudiants en travaillant toutes et tous autour d’une même thématique. Notre équipe s’est d’ailleurs inspirée des initiatives menées à la Faculté de droit, qui pratique le Fil Rouge depuis plusieurs années », explique Laurence Mettewie, directrice du Département de langues et littératures germaniques. « L’an dernier déjà, sans que cela ait été pensé explicitement, plusieurs activités de notre département tournaient autour de questions de reconstruction, de transmission ou encore de résilience. » Ce constat a incité l’équipe à officialiser cette approche en choisissant une thématique commune.

Le point de départ de cette première édition est le « Lifelines », organisé les 11 et 12 décembre 2025 par l’équipe de l’Unité d’anglais avec l’implication des étudiantes et étudiants du cours Language & Society, qui sera consacré au langage et à la littérature à travers les âges de la vie (infos Lifespan). 

Logo fil rouge langues et littératures germaniques 2025

Ainsi, le Département de langues et littératures germaniques a choisi de prolonger cette réflexion en s’intéressant à la manière dont les individus évoluent, grandissent et transmettent, avec une dimension intergénérationnelle qui tient particulièrement à cœur à l’équipe. 

Un programme d’activités pour explorer les lignes de vie

Lectures communes, cinéclub, voyages didactiques, sujets d’initiation à la recherche… ce sont plusieurs activités pédagogiques qui illustreront ce fil rouge tout au long de l’année.

Le Cinéclub de Germa proposera six films, en anglais, néerlandais et allemand. Pour inaugurer ce cycle, l’équipe a choisi un film qui illustre la thématique des lignes de vie : « Honig im Kopf » (« Du miel plein la tête ») de Til Schweiger. Ce film raconte, de manière à la fois humoristique et émouvante, l’histoire d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et de sa petite-fille qui fera tout pour le « sauver », et porte ainsi un regard bienveillant sur des thèmes tels que la démence, la famille et la mémoire.

En néerlandais, les travaux de recherche en linguistique seront orientés vers la question de la transmission linguistique. Les étudiantes et étudiants exploreront ainsi comment les langues se transmettent, sont présentes à différentes étapes de la vie ou comment elles éclairent les liens intergénérationnels, par exemple à travers l’usage de WhatsApp.

Le traditionnel voyage d’études aux Pays-Bas s’inscrira lui aussi dans cette thématique. Cette année, direction Rotterdam et Fenix, son nouveau musée consacré à l’art et aux migrations, dont une des expositions retrace des histoires de mobilité, d’ancrage et de passages vers des vies qu’ils et elles espèrent meilleures. L’occasion pour les étudiantes et étudiants de confronter les notions de mémoire, de déplacement et d’héritage culturel au cœur même d’un parcours muséal pensé comme une succession de lignes de vie.

D’autres activités viendront enrichir le programme : projets étudiants spécialement conçus pour explorer les trajectoires de vie, analyses d’œuvres littéraires guidées par la thématique et des rencontres avec des autrices venues d’Irlande du nord et de Flandre : Wendy Erskine, et Lara Taveirne ainsi que son traducteur français Guillaume Deneufbourg. 

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Des manuscrits oubliés pour raconter la christianisation au Moyen Âge

Histoire

Matthieu Pignot, chercheur au département d’histoire et membre du centre de recherche PraME, vient d’obtenir le titre de Chercheur qualifié FNRS pour ses travaux sur la transmission des savoirs religieux entre l’Antiquité et le Moyen Âge. L’originalité de sa recherche réside dans l’étude d’écrits peu ou pas connus des historiens dans le contexte de christianisation de l’Europe.

Matthieu Pignot

Pour comprendre comment s’est opérée la transition vers le Christianisme, les chercheurs se tournent généralement vers les grands auteurs et notamment saint Augustin, figure incontournable de l’Antiquité chrétienne dont on a préservé le plus d’écrits. À côté de ses œuvres les plus connues (comme La Cité de Dieu ou Les Confessions), Saint Augustin est également l’auteur de courts traités portant sur des pratiques comme le mariage ou le baptême. « Dans mes premières recherches postdoctorales, je cherchais à comprendre comment ces petits textes d’Augustin, et d’autres sources d’Afrique du Nord, ont circulé en Occident entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge. Il s’agit d’une période de mixité religieuse où les premières communautés chrétiennes mettent en place des systèmes d’initiation et d’enseignement », explique Matthieu Pignot.

Très vite, l’intérêt du chercheur se tourne aussi vers des textes anonymes ou pseudépigraphes (attribués erronément à un auteur connu), tombés dans l’oubli au profit d’écrits d’auteurs, et qui abordent également ces questions d’éducation religieuse. « C’est le point de départ de mon projet de recherche. Ces textes sont difficiles à étudier car, circulant sous plusieurs noms, on ne connait pas leur auteur véritable. On ignore qui les a écrits et on connaît mal leur transmission ancienne et médiévale. Ce sont précisément ces zones d’ombre qui les rendent très intéressants », poursuit l’historien.

Pour aborder cette question, Matthieu Pignot part de deux corpus de textes : d’un côté, une collection de 80 sermons attribués à tort à Fulgence de Ruspe et, de l’autre, une traduction latine d’une collection anonyme de maximes philosophiques grecques par Rufin d’Aquilée (IV-Ve siècle), un auteur qui a joué un rôle important dans la transmission de la pensée grecque à la fin de l’Antiquité en Occident.

Image
Portrait Matthieu Pignot

Il s’agit de textes humbles, courts et accessibles, qui visent à transmettre une éducation simple et rudimentaire. Dans cette période de grands changements et de diffusion du christianisme comme religion dominante, ces écrits offrent des indices précieux sur l’évolution de l’éducation religieuse.

Matthieu Pignot Chercheur qualifié FNRS

Faire exister ces écrits grâce aux outils numériques

La méthodologie privilégiée par Matthieu Pignot pour cette recherche implique le recours à l’édition numérique. L’objectif ? « Faire exister et valoriser ces textes qui n’ont pas le privilège d’avoir un nom d’auteur et dont certains n’ont même pas été imprimés. De plus, les outils d’analyse stylistique et linguistique permettront peut-être de donner des indications sur l’auteur, ou au moins de grouper les textes, sur base de tics d’écriture récurrents. »

Avec ce projet, Matthieu Pignot a également pour ambition de développer le volet de transcription automatisée des manuscrits, encore en développement. « Mon objectif est de contribuer à l’amélioration de ces outils grâce à mes propres transcriptions et de participer à la dynamique d’intérêt pour les manuscrits médiévaux dans les archives et les bibliothèques », conclut le chercheur.

CV express

Matthieu Pignot a un parcours tourné vers l’international. Formé à l'UCLouvain, il s’est spécialisé dans l’histoire de l’Antiquité et l’histoire du Moyen Age. Il poursuit ses études à l’École Pratique des Hautes Études de Paris puis à l’Université d’Oxford où il défend sa thèse de doctorat. Après sa thèse, il a notamment participé à un projet ERC sur le culte des saints dans le monde chrétien occidental (Université d’Oxford – Université de Varsovie).

Portrait Matthieu Pignot

Matthieu Pignot est membre du centre de recherche PraME (« Pratiques médiévales de l’écrit »), qui fait partie de l’institut de recherche PaTHs (« Patrimoines, Transmissions, Héritages »). Il collabore également avec l’Institut d’études augustiniennes (Paris) et avec l’Université de Nimègue.

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Événements

  • 29
  • 30

Colloque international - Beyond the State: New Perspectives on the Conceptual Relationships Between Constitution and Society

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Faculté de philosophie et lettres Institut ESPHIN

Colloque international - Beyond the State: New Perspectives on the Conceptual Relationships Between Constitution and Society

Philosophie
29
09:00 - 30
17:15
Institut de droit comparé - Amphithéâtre - 1er étage - Rue Saint-Guillaume 28 - 7507 Paris
Personne de contact :  Tortorella Sabina

Colloque organisé par Manon Altwegg-Boussac (Paris-Est Creteil University/IUF) et Sabina Tortorella (MSCA/University of Namur) dans le cadre du projet Marie Skłodowska-Curie SOCIAL et de la Chaire Fondamentale Junior de l’Institut Universitaire de France.
Événement gratuit et ouvert au public.
 

Constitutionalism, understood as a means of establishing a political autonomous from society, is seen as having constructed the opposition between the State and society. At the same time, the concept of constitutionalism is increasingly being used to describe other forms of social power and normativity – such as the economy, finance, digital, technologies, media, environment – even though the concrete and theoretical implications of these shifts have not always been fully clarified. More recent trends have emerged within the framework of socio-constitutionalism or societal constitutionalism to challenge the reduction of constitutional issues to state-individual relations, acknowledging the complexity of power. Despite their heterogeneity in assumptions, as well as in their descriptive, normative, and theoretical dimensions, these approaches have contributed to renew the inquiry into the relationship between constitution and society. The purpose of the conference is to assess the current boundaries of constitutionalism and to explore theoretical proposals seeking to overcome them. These approaches raise several fundamental questions: What role should be granted to social actors and sectors within constitutionalism? How can their normative autonomy be acknowledged while also regulating their private power and expansionist tendencies? To what extent do these transformations challenge traditional forms of politics? At what cost might the relationship between constitution and society be reconsidered today? 

Programme

29 janvier

  • 9:00  Welcome
  • 9:30-10:00     Introduction: Manon Altwegg-Boussac (Paris-Est Creteil University/IUF) and Sabina Tortorella (MSCA/University of Namur)

From State to Society: New Challenges for Constitutionalism

Chair: Isabelle Aubert (Paris Panthéon-Sorbonne University)

  • 10:00-10:30 Thomas Boccon-Gibod (Grenoble Alpes University): Relationships between Constitution and Society
  • 10:30-11:00 Simone Mao Zhenting (Harvard University): Constitutionalising Society in an Age of Fragmented Authority: From State-Centrism to Social Constitutional Norms
  • 11:00-11:30 Discussion
  • 11:30-12:00 Coffee Break
  • 12:00-12:30 Angelo Jr Golia (Luiss Guido Carli): Societal Constitutionalism and General Theory of Law (beyond the State): Norm, Order, Interpretation
  • 12:30-12:45 Discussion
  • 12:45-14:30 Lunch

Moving Beyond the Nation-State: Theoretical Perspectives

Chair: Eleonora Bottini (Sciences Po)

  • 14:30-15:00 Jean-François Kervégan (Paris Panthéon-Sorbonne University): Politics below and beyond the State: Schmitt and Kojève in Comparative Perspective
  • 15:00-15:30 Paul Linden-Retek (University at Buffalo School of Law): Postnational Society and its Law
  • 15:30-16:00 Discussion
  • 16:00-16:30 Coffee Break

New Conceptual Tools: Alterity and Derogation

Chair: Eleonora Bottini (Sciences Po)

  • 16:30-17:00 Horatia Muir Watt (Sciences Po): On the Borderline (and beyond the State): Ontologizing Alterity on the Terms of the Law
  • 17:00-17:30 Raffaele Bifulco (Luiss Guido Carli): Derogation as Legal Response to Social Differentiation
  • 17:30-18:00 Discussion
  • 18:00  Dinner

30 janvier

  • 9:00 Welcome

Mapping Sectoral Constitutions: Case Studies

Chair: Sabina Tortorella (MSCA/University of Namur)

  • 9:30-10:00     Francesco Martucci (Panthéon-Assas University): Trust and Distrust. State, Society and Money at the Digital Era
  • 10:00-10:30 Nefeli Lefkopoulou (Sciences Po): Exploring Constitutional Narratives in Meta’s Oversight Board: Replicating or Renewing Traditional Constitutionalism?
  • 10:30-11:00 Discussion
  • 11:00-11:30 Coffee Break
  • 11:30-12:00 Manuela Niehaus (University of Administrative Sciences Speyer): Global Climate Constitutionalism beyond the State?
  • 12:00-12:30 Mathilde Laporte (Pau University): The Debated Protection of Constitutional Rights within Social Orders beyond the State. The Example of Gated Communities
  • 12:30-13:00 Discussion
  • 13:00-14:30 Lunch

Critical Insights: Take the Leap?

Chair: Manon Altwegg-Boussac (Paris-Est Creteil University/IUF)

  • 14:30-15:00 Chris Thornhill   (University   of    Birmingham):   The    Military   in   Sociological Constitutionalism
  • 15:00-15:15 Discussion
  • 15:15-15:45 Coffee Break
  • 15:45-16:15 Jörn Reinhardt (Fulda University of Applied Sciences): Regression and Progress in Constitutionalism beyond the State
  • 16:15-16:45 Martin Loughlin (LSE): The Concept of Constitution
  • 16:45-17:15 Discussion
  • 17:15 Cocktail



 

11

Laetitia Ciccolini (Sorbonne Université)

Séminaire

Laetitia Ciccolini (Sorbonne Université)

Histoire
11
16:15 - 18:15
Université de Namur, Faculté de Philosophie et Lettres, auditoire L34 - rue Grafé, 1 - 5000 Namur
Personne de contact :  Renard Etienne

L'Enchiridion d'Augustin à travers ses sommaires : circulation, réception, usages

Affiche des Séminaires PaTHs-Prame 2025-2026
19

Savoir et vérité : la formation universitaire à l’époque de la post-vérité

Congrès / Colloque / Conférence
Congrès / Colloque / Conférence
-
Faculté de philosophie et lettres Institut ESPHIN

Savoir et vérité : la formation universitaire à l’époque de la post-vérité

19
18:30 - 20:30
Université de Namur - rue de Bruxelles, 61 - 5000 Namur
Personne de contact :  Rizzerio Laura
S'inscrire à l'événement

Séance inaugurale de la Chaire Notre-Dame de la Paix 2025-2026 | « Université et société. Que peut le savoir pour le bien commun ? »

Orateurs : Dominique Lambert (UNamur) et Olivier Sartenaer (UNamur)

Après s'être intéressée à la problématique des « Communs », de la gestion des « biens communs » , de la « santé comme bien commun », la Chaire s’arrête cette année sur la problématique du « savoir » comme « bien commun » et du rôle que l’Université est appelée à jouer dans la création et la transmission du savoir. 

Comme son titre — « Université et société. Que peut le savoir pour le bien commun ? » — le montre, la valeur et le sens que la société accorde au savoir, encore plus dans une perspective universelle, ne va pas de soi. 

Séance inaugurale de la Chaire le 19 février à 18h30 à l'Auditoire S01 (Faculté des sciences, Rue Grafé 2)

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La Vie, c'est avant tout l'imprévu, puis l'adaptation en vue de progresser. La formation de l'intelligence et du cœur est une base essentielle pour en faire une réussite. Venez donc avec votre curiosité d'esprit, votre enthousiasme, votre volonté de faire aboutir votre projet.
Christophe Flament
Doyen de la Faculté de Philosophie et Lettres
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La passion de comprendre et de se comprendre dans le monde dans lequel nous vivons atteste la vocation d'ouverture de la philosophie à l'universel.
Louis Carré
Directeur du Département de philosophie
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  • Philosophie
  • Histoire
  • Langues et littératures françaises et romanes
  • Langues et littératures germaniques : Unité de Néerlandais
  • Archéologie et sciences de l'art

Voyez le portail des bibliothèques de l'Université de Namur qui donne accès à tous les répertoires des publications.

Cellule d'Appui Pédagogique

La Faculté de philosophie et lettres est dotée d’une Cellule d’appui pédagogique (CAP) dont la mission première est d’organiser des activités d'aide à la réussite à destination des étudiants (principalement de Bac 1). Elle gère (pour partie) l’évaluation des enseignements par les étudiants et anime la réflexion pédagogique au sein de la faculté.

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