L'Institut de Recherche en Didactiques et Éducation de l’Université de Namur (IRDENa) est constitué de chercheurs issus de différentes facultés et départements de l'Université de Namur.  Ces relations transversales offrent une approche multidisciplinaire et ont pour objectif d’amplifier les synergies entre les chercheurs du monde de l’éducation et des didactiques.

Leur mission est de favoriser l’émergence de nouveaux objets et de nouvelles méthodologies de recherche, issus d’ancrages disciplinaires variés.

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Plateforme associée | SHS Impulse

La plateforme méthodologique pour les sciences humaines et sociales SHS Impulse propose un soutien adapté aux besoins des chercheurs et renforcer l’excellence en SHS à l’UNamur.

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À la une

Actualités

Former des enseignants réflexifs, autonomes et solidaires

Pédagogie

Depuis septembre 2023, la réforme de la formation initiale des enseignants (RFIE) transforme en profondeur le métier d’enseignant. Cette année, elle franchit une nouvelle étape avec le remplacement des anciens masters à finalité didactique et l'agrégation par des masters en enseignement section 4 et 5. Portée par la FaSEF (Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation), en collaboration avec les Facultés des sciences et EMCP (Économie, Management, Communication et sciencesPo), la réforme s’accompagne d’un partenariat renforcé avec l’HENALLUX (Haute École de Namur-Liège-Luxembourg).

Enseignement

La RFIE trouve ses racines dans un constat préoccupant : notre système éducatif peine à remplir ses missions d’efficacité et d’équité. Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) révèlent des niveaux de compétences inférieurs à la moyenne des pays industrialisés et une incapacité chronique à compenser les inégalités sociales. Dans un contexte européen où l’éducation est pensée comme levier de développement du « capital humain », la Fédération Wallonie-Bruxelles a voulu agir. Inspirée par les objectifs de Lisbonne (2009), la réforme vise à revaloriser le métier d’enseignant, à renforcer la professionnalisation et à mieux préparer les futurs professeurs à la diversité des publics scolaires. Elle ambitionne de transformer en profondeur la culture de formation pour améliorer la réussite de tous les élèves.

Former des praticiens réflexifs et autonomes

La formation des enseignants s’organise désormais autour des âges et des besoins des élèves, des compétences à acquérir dans le cadre de l’évolution du métier et du Pacte pour un enseignement d’excellence.

Chaque programme se construit autour de six axes : formation disciplinaire, communication, se former à et par la pratique, didactique et pédagogie, sciences humaines et sociales, recherche en éducation et en didactique. 

Schéma explicatif RFIE

Les étudiants apprennent donc à articuler savoirs, pratiques et recherche pour devenir des enseignants réflexifs, capables d’évaluer leurs actions, d’ajuster leurs méthodes et de collaborer avec leurs pairs.

Diversité et différenciation au cœur de la formation

L’un des piliers de la réforme concerne la prise en compte de la diversité des élèves. « Tous n’apprennent pas de la même manière ni au même rythme », rappelle Sandrine Biémar, vice-doyenne de la FaSEF. « Nous voulons que nos enseignants soient aptes à diversifier leurs pratiques, sans tomber dans l’individualisation extrême. »
Les cours de psychologie de l’apprentissage, de sociologie de l’éducation ou encore de différenciation pédagogique permettent d’aborder la pluralité comme une richesse. « Comprendre qu’on a soi-même un style cognitif particulier », ajoute Sephora Boucenna, « c’est déjà une manière de rencontrer la diversité. Cela amène à proposer une variété de chemins d’apprentissage, plutôt que de juger l'élève incapable. »

Pour les élèves, cette évolution se traduit par des dispositifs pédagogiques plus adaptés et une meilleure compréhension de leurs besoins en vue de réduire les inégalités. L’objectif est clair : éviter le redoublement comme réponse aux difficultés, former des citoyens compétents et contribuer à une école qui retrouve son rôle d’ascenseur social.

Des stages repensés pour ancrer le métier

Autre changement majeur : les étudiants bénéficient désormais de stages plus longs, mieux encadrés et intégrés à leur parcours de formation. « Accueillir un stagiaire, ce n’est pas seulement lui ouvrir sa classe, l'observer, et l'évaluer, c'est aussi pouvoir l'accompagner », souligne Sandrine BiémarRaison pour laquelle, l’UNamur propose un certificat spécifique pour les maîtres de stages.

Ce suivi facilite la transition vers l’emploi. Les enquêtes montrent qu’entre 30 et 40 % des jeunes enseignants quittent la profession dans les cinq premières années. « En renforçant la formation à et par la pratique, nous voulons consolider leur entrée dans le métier et éviter ces décrochages », ajoute-t-elle.

Une collaboration renforcée

Assurer la continuité entre les différents niveaux d’enseignement est également un objectif central de cette réforme. « Grâce à la nouvelle structure en 5 sections (cf. illustration) », explique Sandrine Biémar, « un instituteur maternel comprend mieux ce qui se joue dans les premières années du primaire, et un professeur du secondaire perçoit la manière dont se construisent les apprentissages en amont. Cette cohérence permet d’éviter les ruptures et de renforcer la continuité du parcours des élèves. »

Pour cela, l’UNamur collabore avec l'HENALLUX au sein d’un consortium. « Universités et hautes écoles travaillaient autrefois en parallèle », rappelle Sandrine Biémar. « Désormais, nous construisons ensemble les programmes et les dispositifs pédagogiques. Même si l’UNamur a une longue tradition de formation des enseignants pour le secondaire supérieur, elle est maintenant impliquée dans la formation des enseignants de la première maternelle à la 6ème secondaire."

Un réseau éducatif cohérent

Ces collaborations s’étendent à la formation continue grâce à la Salle des Pros, structure de l’UNamur qui regroupe les centres de formation continue à destination des enseignants. 

« À travers cette réforme, nous créons un réseau d’acteurs éducatifs cohérent et durable », résume Sephora Boucenna. « En reliant formation initiale, recherche et formation continue, nous posons les bases d’une profession enseignante forte, réflexive et solidaire. » 

Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #39 (Décembre 2025).

 

Cover Omalius décembre 2025

28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS

Prix

Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur. 

Logo FNRS

L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois. 

Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus.  Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.  

Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.

Les résultats en détail

Appel Equipement  

  • Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
  • Luca Fusaro, Institut NISM 

Appel Crédits de recherche (CDR) 

  • Marc Hennequart, Institut NARILIS
  • Nicolas Gillet, Institut NARILIS
  • Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
  • Patricia Renard, Institut NARILIS
  • Francesco Renzi, Institut NARILIS
  • Stéphane Vincent, Institut NISM
  • Laurence Meurant, Institut NaLTT
  • Emma-Louise Silva, Institut NaLTT  

Appel Projets de recherche (PDR) 

  • Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
  • Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM 

Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)

  • Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
  • Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
  • Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
  • Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
  • Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
  • William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
  • Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE 

Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH) 

  • Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
  • Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
  • Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
  • Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.

Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) 

  • Charlotte Beaudart, Institut Narilis
  • Eli Thoré Institut ILEE 

Appel WelCHANGE  

  • Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
  • Catherine Guirkinger Institut DeFIPP

Félicitations à tous et toutes ! 

Université et démocratie : un lien vivant, parfois menacé

Paroles d'experts
Démocratie

Méfiance envers les institutions politiques traditionnelles et les élus, montée des logiques autoritaires, définancement des services publics… La démocratie semble aujourd’hui traverser une zone de turbulences. Dans ce contexte, quel rôle l’université joue-t-elle ? Pour éclairer cette question, nous avons rencontré quatre chercheurs issus de disciplines différentes : la pédagogue Sephora Boucenna, le philosophe Louis Carré, le politologue Vincent Jacquet, la juriste Aline Nardi. Leurs regards croisés dessinent les contours d’un enjeu plus que jamais d’actualité : penser et défendre le lien entre université et démocratie.

démocratie-visages

La démocratie n’a rien d’un concept figé. Elle fait débat, surtout aujourd’hui. Louis Carré, directeur du Département de philosophie et membre de l’Espace philosophique de Namur (Institut ESPHIN), en propose une définition en trois dimensions : un régime politique, un état de droit et une manière de faire société.

Le concept de démocratie : entre pouvoir du peuple et centralisation

« Étymologiquement, la démocratie est un régime politique qui consiste à donner le pouvoir au peuple », rappelle-t-il. « Nos démocraties occidentales reposent aujourd’hui sur l’idée que le peuple est souverain, sans pour autant gouverner directement. De là naît une tension entre la démocratie idéale et la démocratie réelle. » Vincent Jacquet, professeur au Département des sciences sociales, politiques et de la communication et président de l’Institut Transitions appuie le propos : « La démocratie est un idéal d’autogouvernement des citoyens, mais il est en tension avec des logiques plus centralisatrices, plus autoritaires. […] Nos systèmes politiques sont traversés par ces différentes tensions, avec à la fois des logiques autoritaires de plus en plus présentes, y compris chez nous, et des logiques de participation qui s’accompagnent parfois de beaucoup d’espoir et de déception aussi. »

Deuxième pilier selon Louis Carré : l’État de droit. La démocratie garantit les droits fondamentaux de tous les citoyens par la constitution. Mais là encore, gare aux paradoxes : « On pourrait en effet imaginer des lois prises par la majorité des représentants ou par un référendum, mais qui contreviennent aux droits fondamentaux », souligne le philosophe. La démocratie ne peut donc se résumer au seul principe majoritaire.

Enfin, la démocratie est également une manière de faire société. Elle repose sur un réel pluralisme : diversité des opinions, des croyances et des valeurs. « Cela suppose l’existence d’un espace public relativement autonome face au pouvoir en place qui, par moment, conteste les décisions prises par les gouvernements qui ont été élus », insiste Louis Carré.

La méfiance des citoyens vis-à-vis du politique n’est, à ce titre, pas nécessairement un symptôme de crise démocratique. Elle peut même en être un signe de vitalité, comme l’explique Vincent Jacquet : « Le fait que les citoyens soient critiques envers leur gouvernement n’est pas forcément négatif parce que, dans une démocratie, les citoyens doivent pouvoir contrôler les actions des gouvernants ».

Photo de Vincent Jacquet
Vincent Jacquet

Former les gouvernants… et les gouvernés

Dans ce contexte, quelle est la responsabilité de l’université ? Louis Carré rappelle d’abord une réalité simple : une grande partie de nos élus sont passés par les bancs de l’université. Mais sa mission d’enseignement ne s’arrête pas là. « Il s’agit de former des citoyens éclairés, pas seulement des gouvernants. Les universités doivent offrir un enseignement supérieur de qualité, ouvert au plus grand nombre », affirme-t-il.

« La démocratie suppose en effet des citoyens capables de débattre, de réfléchir, de problématiser les enjeux », complète Sephora Boucenna, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation et membre de l’Institut de Recherches en Didactiques et Éducation de l’UNamur (IRDENA). Il s’agit donc de former des esprits réflexifs, aptes à interroger leur époque.

Former des enseignants réflexifs, pour des citoyens critiques

L’université forme également ceux qui, demain, éduqueront les générations futures : les enseignants. Et là encore, la démocratie est en jeu.

 « Notre mission est de former des enseignants réflexifs qui, eux-mêmes, apprendront à leurs élèves à penser de manière critique », insiste Sephora Boucenna. Cela passe par un travail en profondeur sur l’analyse de pratiques, la construction collective et l’apprentissage du débat, dès la formation initiale des enseignants jusqu'à leur formation continue. 

Sephora BOUCENNA
Sephora Boucenna

Produire et diffuser du savoir… en toute indépendance

Outre l’enseignement, l’université a également une mission de recherche et de service à la société. Elle produit des savoirs qui peuvent éclairer les politiques publiques, mais aussi les questionner. Cette fonction critique suppose une indépendance réelle vis-à-vis du politique. « Pour analyser avec lucidité les mécanismes démocratiques, y compris ceux que les gouvernements mettent en place, il faut que l’université garde sa liberté de recherche et de parole », souligne Vincent Jacquet.

 

Louis Carré va plus loin : « Comme la presse, l’université est une forme de contre-pouvoir dans l’espace public ». Il précise par ailleurs qu’« il y a une confusion entre liberté d’opinion et liberté académique. Les savoirs universitaires passent par une série de procédures de vérification, d’expérimentation, de discussion au sein de la communauté scientifique. Cela leur donne une robustesse qui n’est pas celle d’une opinion, d’une valeur, d’une croyance. » 

Louis Carré
Louis Carré

Cette fonction critique de l’université suppose donc une indépendance forte. Or, en Belgique, le financement des universités relève largement du pouvoir politique. « Celane doit pas signifier une mise sous tutelle », alerte Louis Carré. « Mener des recherches critiques, qui ne satisfont pas à court terme des commanditaires, demande une indépendance, y compris de moyens. Il faut des chercheurs en nombre qui puissent analyser différents types de dynamiques. Plus on coupera dans les finances de la recherche, comme c’est le cas aujourd’hui, moins on aura de chercheurs et donc de capacité d’analyse indépendante et de diversité des perspectives », insiste Vincent Jacquet.

Le mouvement « Université en colère », récemment lancé au sein des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, entend dénoncer les effets du définancement. Ses représentants appellent à « garantir les conditions de développement d’une université ouverte, indépendante, de qualité et accessible au plus grand nombre. Face aux défis sociaux, économiques et politiques de notre temps et parce que d’autres choix de société, et donc budgétaires, sont possibles, il est plus que jamais essentiel de renforcer les institutions et les acteurs au cœur de la production du savoir. » 

Entre vigilance et engagement : un lien à réinventer

La démocratie ne se limite donc ni aux élections ni aux institutions. Elle repose sur une vigilance collective, portée par les citoyens, les savoirs… et les lieux où ces savoirs se construisent. À ce titre, l’université apparaît comme un maillon essentiel de la vitalité démocratique. À condition de rester indépendante, accessible et ouverte sur la société.

« La démocratie, ce n’est pas seulement une affaire d’institutions. C’est l’affaire de citoyens qui la font vivre et qui s’organisent pour faire valoir leurs perspectives à différents moments », insiste Vincent Jacquet. Une invitation claire à ne pas rester spectateur, mais à participer, avec lucidité et exigence, à la construction d’un avenir démocratique commun.

Une année académique, placée sous la thématique de la démocratie

Retrouvez le discours prononcé par la Rectrice Annick Castiaux lors de la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026.

Discours de la Rectrice à la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026

Cet article est tiré de la rubrique "Le jour où" du magazine Omalius #38 (Septembre 2025).

cover-omalius-septembre-2025

Un nouvel élan pour les sciences humaines et sociales à l’UNamur

Institution
Sciences humaines et sociales
ODD 4 - Éducation de qualité

A l’UNamur une nouvelle plateforme dédiée à la recherche en sciences humaines et sociales (SHS) voit le jour. Objectif ? Offrir aux chercheuses et chercheurs en SHS, un soutien méthodologique adapté à leurs besoins et renforcer l’excellence en SHS à l’UNamur. Cette plateforme, SHS Impulse, fournira divers services tels qu’un apport financier pour des formations, de la consultance, des accès à des ressources, ou encore des achats de logiciels en cofinancement. 

Logo SHS Impulse

Qu’elles portent sur la linguistique, l’économie, la politique, le développement durable, le droit, l’histoire, les sciences de l’éducation, la littérature, ou encore la traduction, les recherches en sciences humaines et sociales sont autant éclectiques que riches et primordiales pour aborder les enjeux de la société. A l’UNamur sur les onze instituts de recherches que compte l’institution, sept sont directement concernés par la recherche en SHS. Si une forte complémentarité dans ces domaines de recherche est observée, une meilleure mutualisation des moyens, un partage et un accès plus aisé à certains services, ressources, ou supports permettent de soutenir et de renforcer l’excellence de la recherche en SHS à l’UNamur. C’est dans cette optique que la plateforme SHS impulse vient d’être créée. 

Image
Laurence Meurant

Nous sommes partis des besoins des chercheurs en SHS pour établir quatre axes développés au sein de cette plateforme 

Laurence Meurant Maitre de recherche F.R.S.-FNRS, Professeure de linguistique, Présidente de l’institut NaLTT et membre du comité de gestion de SHS Impulse.

Articulation des ressources autour de 4 axes

  • Axe 1 – Soutien à l’acquisition de base de données, ressources documentaires et logiciels
  • Axe 2 - Subvention de formations de pointe pour l’utilisation de méthodes spécialisées
  • Axe 3 - Cofinancement de l’accès à la plateforme SMCS "Support en Méthodologie et Calcul Statistique" de l’UCLouvain, grâce à un partenariat interuniversitaire. 
  • Axe 4 - Mise en place d’un espace SHS, contenant un laboratoire pour la passation d’expériences et des outils de travail partagés favorisant les échanges entre chercheurs. 

Perspectives

Cette initiative, lancée en janvier 2025, répond aux défis spécifiques rencontrés par les chercheurs en SHS. L’objectif à long terme est de pérenniser et d'élargir les services. « Nous allons aussi engager un chercheur expert en analyse méthodologique en SHS qui pourra informer des méthodologies innovantes et encadrer la conception méthodologique des projets de recherche », souligne Sandrine Biémar, vice-doyenne de la Faculté des Sciences de l'Education et de la Formation de l'UNamur, membre de l’institut IRDENA et du comité de gestion de SHS Impulse. « Le souhait est aussi de soutenir le réseautage entre les chercheurs en SHS de l’UNamur et d’être un levier pour la mise ne place de projet interdisciplinaire », ajoute Sandrine Biémar. 

L’équipe de gestion de la plateforme est formée par les représentants des différents instituts SHS de l'université et veille à une gestion efficace des ressources. L'impact de la plateforme sera évalué pendant sa phase initiale (2025-2027), ce qui permettra de définir les stratégies pour sa pérennisation et son développement. 

Former des enseignants réflexifs, autonomes et solidaires

Pédagogie

Depuis septembre 2023, la réforme de la formation initiale des enseignants (RFIE) transforme en profondeur le métier d’enseignant. Cette année, elle franchit une nouvelle étape avec le remplacement des anciens masters à finalité didactique et l'agrégation par des masters en enseignement section 4 et 5. Portée par la FaSEF (Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation), en collaboration avec les Facultés des sciences et EMCP (Économie, Management, Communication et sciencesPo), la réforme s’accompagne d’un partenariat renforcé avec l’HENALLUX (Haute École de Namur-Liège-Luxembourg).

Enseignement

La RFIE trouve ses racines dans un constat préoccupant : notre système éducatif peine à remplir ses missions d’efficacité et d’équité. Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) révèlent des niveaux de compétences inférieurs à la moyenne des pays industrialisés et une incapacité chronique à compenser les inégalités sociales. Dans un contexte européen où l’éducation est pensée comme levier de développement du « capital humain », la Fédération Wallonie-Bruxelles a voulu agir. Inspirée par les objectifs de Lisbonne (2009), la réforme vise à revaloriser le métier d’enseignant, à renforcer la professionnalisation et à mieux préparer les futurs professeurs à la diversité des publics scolaires. Elle ambitionne de transformer en profondeur la culture de formation pour améliorer la réussite de tous les élèves.

Former des praticiens réflexifs et autonomes

La formation des enseignants s’organise désormais autour des âges et des besoins des élèves, des compétences à acquérir dans le cadre de l’évolution du métier et du Pacte pour un enseignement d’excellence.

Chaque programme se construit autour de six axes : formation disciplinaire, communication, se former à et par la pratique, didactique et pédagogie, sciences humaines et sociales, recherche en éducation et en didactique. 

Schéma explicatif RFIE

Les étudiants apprennent donc à articuler savoirs, pratiques et recherche pour devenir des enseignants réflexifs, capables d’évaluer leurs actions, d’ajuster leurs méthodes et de collaborer avec leurs pairs.

Diversité et différenciation au cœur de la formation

L’un des piliers de la réforme concerne la prise en compte de la diversité des élèves. « Tous n’apprennent pas de la même manière ni au même rythme », rappelle Sandrine Biémar, vice-doyenne de la FaSEF. « Nous voulons que nos enseignants soient aptes à diversifier leurs pratiques, sans tomber dans l’individualisation extrême. »
Les cours de psychologie de l’apprentissage, de sociologie de l’éducation ou encore de différenciation pédagogique permettent d’aborder la pluralité comme une richesse. « Comprendre qu’on a soi-même un style cognitif particulier », ajoute Sephora Boucenna, « c’est déjà une manière de rencontrer la diversité. Cela amène à proposer une variété de chemins d’apprentissage, plutôt que de juger l'élève incapable. »

Pour les élèves, cette évolution se traduit par des dispositifs pédagogiques plus adaptés et une meilleure compréhension de leurs besoins en vue de réduire les inégalités. L’objectif est clair : éviter le redoublement comme réponse aux difficultés, former des citoyens compétents et contribuer à une école qui retrouve son rôle d’ascenseur social.

Des stages repensés pour ancrer le métier

Autre changement majeur : les étudiants bénéficient désormais de stages plus longs, mieux encadrés et intégrés à leur parcours de formation. « Accueillir un stagiaire, ce n’est pas seulement lui ouvrir sa classe, l'observer, et l'évaluer, c'est aussi pouvoir l'accompagner », souligne Sandrine BiémarRaison pour laquelle, l’UNamur propose un certificat spécifique pour les maîtres de stages.

Ce suivi facilite la transition vers l’emploi. Les enquêtes montrent qu’entre 30 et 40 % des jeunes enseignants quittent la profession dans les cinq premières années. « En renforçant la formation à et par la pratique, nous voulons consolider leur entrée dans le métier et éviter ces décrochages », ajoute-t-elle.

Une collaboration renforcée

Assurer la continuité entre les différents niveaux d’enseignement est également un objectif central de cette réforme. « Grâce à la nouvelle structure en 5 sections (cf. illustration) », explique Sandrine Biémar, « un instituteur maternel comprend mieux ce qui se joue dans les premières années du primaire, et un professeur du secondaire perçoit la manière dont se construisent les apprentissages en amont. Cette cohérence permet d’éviter les ruptures et de renforcer la continuité du parcours des élèves. »

Pour cela, l’UNamur collabore avec l'HENALLUX au sein d’un consortium. « Universités et hautes écoles travaillaient autrefois en parallèle », rappelle Sandrine Biémar. « Désormais, nous construisons ensemble les programmes et les dispositifs pédagogiques. Même si l’UNamur a une longue tradition de formation des enseignants pour le secondaire supérieur, elle est maintenant impliquée dans la formation des enseignants de la première maternelle à la 6ème secondaire."

Un réseau éducatif cohérent

Ces collaborations s’étendent à la formation continue grâce à la Salle des Pros, structure de l’UNamur qui regroupe les centres de formation continue à destination des enseignants. 

« À travers cette réforme, nous créons un réseau d’acteurs éducatifs cohérent et durable », résume Sephora Boucenna. « En reliant formation initiale, recherche et formation continue, nous posons les bases d’une profession enseignante forte, réflexive et solidaire. » 

Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #39 (Décembre 2025).

 

Cover Omalius décembre 2025

28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS

Prix

Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur. 

Logo FNRS

L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois. 

Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus.  Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.  

Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.

Les résultats en détail

Appel Equipement  

  • Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
  • Luca Fusaro, Institut NISM 

Appel Crédits de recherche (CDR) 

  • Marc Hennequart, Institut NARILIS
  • Nicolas Gillet, Institut NARILIS
  • Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
  • Patricia Renard, Institut NARILIS
  • Francesco Renzi, Institut NARILIS
  • Stéphane Vincent, Institut NISM
  • Laurence Meurant, Institut NaLTT
  • Emma-Louise Silva, Institut NaLTT  

Appel Projets de recherche (PDR) 

  • Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
  • Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM 

Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)

  • Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
  • Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
  • Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
  • Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
  • Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
  • William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
  • Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE 

Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH) 

  • Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
  • Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
  • Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
  • Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.

Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) 

  • Charlotte Beaudart, Institut Narilis
  • Eli Thoré Institut ILEE 

Appel WelCHANGE  

  • Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
  • Catherine Guirkinger Institut DeFIPP

Félicitations à tous et toutes ! 

Université et démocratie : un lien vivant, parfois menacé

Paroles d'experts
Démocratie

Méfiance envers les institutions politiques traditionnelles et les élus, montée des logiques autoritaires, définancement des services publics… La démocratie semble aujourd’hui traverser une zone de turbulences. Dans ce contexte, quel rôle l’université joue-t-elle ? Pour éclairer cette question, nous avons rencontré quatre chercheurs issus de disciplines différentes : la pédagogue Sephora Boucenna, le philosophe Louis Carré, le politologue Vincent Jacquet, la juriste Aline Nardi. Leurs regards croisés dessinent les contours d’un enjeu plus que jamais d’actualité : penser et défendre le lien entre université et démocratie.

démocratie-visages

La démocratie n’a rien d’un concept figé. Elle fait débat, surtout aujourd’hui. Louis Carré, directeur du Département de philosophie et membre de l’Espace philosophique de Namur (Institut ESPHIN), en propose une définition en trois dimensions : un régime politique, un état de droit et une manière de faire société.

Le concept de démocratie : entre pouvoir du peuple et centralisation

« Étymologiquement, la démocratie est un régime politique qui consiste à donner le pouvoir au peuple », rappelle-t-il. « Nos démocraties occidentales reposent aujourd’hui sur l’idée que le peuple est souverain, sans pour autant gouverner directement. De là naît une tension entre la démocratie idéale et la démocratie réelle. » Vincent Jacquet, professeur au Département des sciences sociales, politiques et de la communication et président de l’Institut Transitions appuie le propos : « La démocratie est un idéal d’autogouvernement des citoyens, mais il est en tension avec des logiques plus centralisatrices, plus autoritaires. […] Nos systèmes politiques sont traversés par ces différentes tensions, avec à la fois des logiques autoritaires de plus en plus présentes, y compris chez nous, et des logiques de participation qui s’accompagnent parfois de beaucoup d’espoir et de déception aussi. »

Deuxième pilier selon Louis Carré : l’État de droit. La démocratie garantit les droits fondamentaux de tous les citoyens par la constitution. Mais là encore, gare aux paradoxes : « On pourrait en effet imaginer des lois prises par la majorité des représentants ou par un référendum, mais qui contreviennent aux droits fondamentaux », souligne le philosophe. La démocratie ne peut donc se résumer au seul principe majoritaire.

Enfin, la démocratie est également une manière de faire société. Elle repose sur un réel pluralisme : diversité des opinions, des croyances et des valeurs. « Cela suppose l’existence d’un espace public relativement autonome face au pouvoir en place qui, par moment, conteste les décisions prises par les gouvernements qui ont été élus », insiste Louis Carré.

La méfiance des citoyens vis-à-vis du politique n’est, à ce titre, pas nécessairement un symptôme de crise démocratique. Elle peut même en être un signe de vitalité, comme l’explique Vincent Jacquet : « Le fait que les citoyens soient critiques envers leur gouvernement n’est pas forcément négatif parce que, dans une démocratie, les citoyens doivent pouvoir contrôler les actions des gouvernants ».

Photo de Vincent Jacquet
Vincent Jacquet

Former les gouvernants… et les gouvernés

Dans ce contexte, quelle est la responsabilité de l’université ? Louis Carré rappelle d’abord une réalité simple : une grande partie de nos élus sont passés par les bancs de l’université. Mais sa mission d’enseignement ne s’arrête pas là. « Il s’agit de former des citoyens éclairés, pas seulement des gouvernants. Les universités doivent offrir un enseignement supérieur de qualité, ouvert au plus grand nombre », affirme-t-il.

« La démocratie suppose en effet des citoyens capables de débattre, de réfléchir, de problématiser les enjeux », complète Sephora Boucenna, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation et membre de l’Institut de Recherches en Didactiques et Éducation de l’UNamur (IRDENA). Il s’agit donc de former des esprits réflexifs, aptes à interroger leur époque.

Former des enseignants réflexifs, pour des citoyens critiques

L’université forme également ceux qui, demain, éduqueront les générations futures : les enseignants. Et là encore, la démocratie est en jeu.

 « Notre mission est de former des enseignants réflexifs qui, eux-mêmes, apprendront à leurs élèves à penser de manière critique », insiste Sephora Boucenna. Cela passe par un travail en profondeur sur l’analyse de pratiques, la construction collective et l’apprentissage du débat, dès la formation initiale des enseignants jusqu'à leur formation continue. 

Sephora BOUCENNA
Sephora Boucenna

Produire et diffuser du savoir… en toute indépendance

Outre l’enseignement, l’université a également une mission de recherche et de service à la société. Elle produit des savoirs qui peuvent éclairer les politiques publiques, mais aussi les questionner. Cette fonction critique suppose une indépendance réelle vis-à-vis du politique. « Pour analyser avec lucidité les mécanismes démocratiques, y compris ceux que les gouvernements mettent en place, il faut que l’université garde sa liberté de recherche et de parole », souligne Vincent Jacquet.

 

Louis Carré va plus loin : « Comme la presse, l’université est une forme de contre-pouvoir dans l’espace public ». Il précise par ailleurs qu’« il y a une confusion entre liberté d’opinion et liberté académique. Les savoirs universitaires passent par une série de procédures de vérification, d’expérimentation, de discussion au sein de la communauté scientifique. Cela leur donne une robustesse qui n’est pas celle d’une opinion, d’une valeur, d’une croyance. » 

Louis Carré
Louis Carré

Cette fonction critique de l’université suppose donc une indépendance forte. Or, en Belgique, le financement des universités relève largement du pouvoir politique. « Celane doit pas signifier une mise sous tutelle », alerte Louis Carré. « Mener des recherches critiques, qui ne satisfont pas à court terme des commanditaires, demande une indépendance, y compris de moyens. Il faut des chercheurs en nombre qui puissent analyser différents types de dynamiques. Plus on coupera dans les finances de la recherche, comme c’est le cas aujourd’hui, moins on aura de chercheurs et donc de capacité d’analyse indépendante et de diversité des perspectives », insiste Vincent Jacquet.

Le mouvement « Université en colère », récemment lancé au sein des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, entend dénoncer les effets du définancement. Ses représentants appellent à « garantir les conditions de développement d’une université ouverte, indépendante, de qualité et accessible au plus grand nombre. Face aux défis sociaux, économiques et politiques de notre temps et parce que d’autres choix de société, et donc budgétaires, sont possibles, il est plus que jamais essentiel de renforcer les institutions et les acteurs au cœur de la production du savoir. » 

Entre vigilance et engagement : un lien à réinventer

La démocratie ne se limite donc ni aux élections ni aux institutions. Elle repose sur une vigilance collective, portée par les citoyens, les savoirs… et les lieux où ces savoirs se construisent. À ce titre, l’université apparaît comme un maillon essentiel de la vitalité démocratique. À condition de rester indépendante, accessible et ouverte sur la société.

« La démocratie, ce n’est pas seulement une affaire d’institutions. C’est l’affaire de citoyens qui la font vivre et qui s’organisent pour faire valoir leurs perspectives à différents moments », insiste Vincent Jacquet. Une invitation claire à ne pas rester spectateur, mais à participer, avec lucidité et exigence, à la construction d’un avenir démocratique commun.

Une année académique, placée sous la thématique de la démocratie

Retrouvez le discours prononcé par la Rectrice Annick Castiaux lors de la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026.

Discours de la Rectrice à la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026

Cet article est tiré de la rubrique "Le jour où" du magazine Omalius #38 (Septembre 2025).

cover-omalius-septembre-2025

Un nouvel élan pour les sciences humaines et sociales à l’UNamur

Institution
Sciences humaines et sociales
ODD 4 - Éducation de qualité

A l’UNamur une nouvelle plateforme dédiée à la recherche en sciences humaines et sociales (SHS) voit le jour. Objectif ? Offrir aux chercheuses et chercheurs en SHS, un soutien méthodologique adapté à leurs besoins et renforcer l’excellence en SHS à l’UNamur. Cette plateforme, SHS Impulse, fournira divers services tels qu’un apport financier pour des formations, de la consultance, des accès à des ressources, ou encore des achats de logiciels en cofinancement. 

Logo SHS Impulse

Qu’elles portent sur la linguistique, l’économie, la politique, le développement durable, le droit, l’histoire, les sciences de l’éducation, la littérature, ou encore la traduction, les recherches en sciences humaines et sociales sont autant éclectiques que riches et primordiales pour aborder les enjeux de la société. A l’UNamur sur les onze instituts de recherches que compte l’institution, sept sont directement concernés par la recherche en SHS. Si une forte complémentarité dans ces domaines de recherche est observée, une meilleure mutualisation des moyens, un partage et un accès plus aisé à certains services, ressources, ou supports permettent de soutenir et de renforcer l’excellence de la recherche en SHS à l’UNamur. C’est dans cette optique que la plateforme SHS impulse vient d’être créée. 

Image
Laurence Meurant

Nous sommes partis des besoins des chercheurs en SHS pour établir quatre axes développés au sein de cette plateforme 

Laurence Meurant Maitre de recherche F.R.S.-FNRS, Professeure de linguistique, Présidente de l’institut NaLTT et membre du comité de gestion de SHS Impulse.

Articulation des ressources autour de 4 axes

  • Axe 1 – Soutien à l’acquisition de base de données, ressources documentaires et logiciels
  • Axe 2 - Subvention de formations de pointe pour l’utilisation de méthodes spécialisées
  • Axe 3 - Cofinancement de l’accès à la plateforme SMCS "Support en Méthodologie et Calcul Statistique" de l’UCLouvain, grâce à un partenariat interuniversitaire. 
  • Axe 4 - Mise en place d’un espace SHS, contenant un laboratoire pour la passation d’expériences et des outils de travail partagés favorisant les échanges entre chercheurs. 

Perspectives

Cette initiative, lancée en janvier 2025, répond aux défis spécifiques rencontrés par les chercheurs en SHS. L’objectif à long terme est de pérenniser et d'élargir les services. « Nous allons aussi engager un chercheur expert en analyse méthodologique en SHS qui pourra informer des méthodologies innovantes et encadrer la conception méthodologique des projets de recherche », souligne Sandrine Biémar, vice-doyenne de la Faculté des Sciences de l'Education et de la Formation de l'UNamur, membre de l’institut IRDENA et du comité de gestion de SHS Impulse. « Le souhait est aussi de soutenir le réseautage entre les chercheurs en SHS de l’UNamur et d’être un levier pour la mise ne place de projet interdisciplinaire », ajoute Sandrine Biémar. 

L’équipe de gestion de la plateforme est formée par les représentants des différents instituts SHS de l'université et veille à une gestion efficace des ressources. L'impact de la plateforme sera évalué pendant sa phase initiale (2025-2027), ce qui permettra de définir les stratégies pour sa pérennisation et son développement. 

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Événements

12

Evènement de lancement officiel de l’École Doctorale Thématique en Sciences de l’Éducation (EDT Educ)

Événement

Evènement de lancement officiel de l’École Doctorale Thématique en Sciences de l’Éducation (EDT Educ)

Pédagogie
Didactique
ODD 4 - Éducation de qualité
S'inscrire à l'événement
12
17:00 - 19:00
UCLouvain, auditoire Socrate 242 - Place Cardinal Mercier, 10 - 1348 Mouvain-la-Neuve
S'inscrire à l'événement

Le Comité scientifique de l’École Doctorale Thématique en Sciences de l’Éducation (EDT-Educ) a le plaisir de vous inviter au lancement officiel de l’École Doctorale Thématique en Sciences de l’Éducation.

Logo de l'Ecole Doctorale Thématique EDT-Educ

Programme de la soirée

17h00 - Conférence d’Alis Oancea (University of Oxford)

La conférence se tiendra en distanciel. Présentation en anglais avec support en français, et QR possibles en français.

Educational Research(ers) in 2026 : Epistemic and professional histories and futures

Résumé : This talk explores competing conceptions of educational research and the enduring debates that shape the field. It signposts historical understandings of the nature, scope, and epistemic status of educational research, considering its emergence as an academic discipline and its evolving relationship with teaching and teacher education. It then places education research in the context of current research policy trends.  Drawing on evidence from high-profile controversies in the UK (engaging policymakers, academics, practitioners, and media actors), the presentation analyses why educational research has remained subject to recurrent public contestation. It explores the methodological, political, and normative fault lines that underpin disagreements about quality, impact, relevance, and authority, and considers the narratives advanced to reframe the field’s purpose and legitimacy. Rather than treating contestation solely as a symptom of fragility at the crossroads of professional jurisdictions, the talk also considers how such disputes have functioned as sites of epistemic clarification and value articulation, and thus as a condition of the field’s intellectual development. The talk concludes by inviting critical reflection on what it means to be and to become an educational researcher in 2026: what forms of expertise, accountability, and public responsibility the role entails, and how doctoral formation may prepare educational researchers to navigate intellectual plurality, institutional constraints, and competing expectations.

18h00 - Table ronde autour de la formation des doctorantes et doctorants en sciences de l’éducation

En français, avec la participation de : Thibault Coppe (ULB), Vincent Dupriez (UCLouvain) et Jonathan Rappe (ULiège).

18h40 - Présentation officielle de l’École Doctorale Thématique en Sciences de l’Éducation (EDT‑EDUC) 

Séphora Boucenna (UNamur) et Xavier Dumay (UCLouvain), porte-parole de l’EDT.

À partir de 19h00 - Cocktail d’ouverture

Pour les doctorantes et doctorants ayant assisté à la séance d'ouverture, une attestation d'1 crédit sera délivrée.

Inscriptions

  • Inscription obligatoire (présentiel et distanciel) avant le jeudi 5 mars 2026.
  • Pour celles et ceux qui participeront à distance : une inscription supplémentaire à la réunion Teams est requise.

Pour s’inscrire dans la liste de diffusion de l’EDT EDUC et suivre nos propositions d’activités et de formation : https://www.unamur.be/fr/edt-educ/inscriptions

Le Comité scientifique de l’École Doctorale Thématique en Sciences de l’Éducation :

  • Dorothée Baillet, ULB
  • Sephora Boucenna, UNamur
  • Thibault Coppe, ULB
  • Xavier Dumay, UCLouvain
  • Annick Fagnant, ULiège
  • Charles Glineur, UMons
  • Olivier Maes, UCLouvain
  • Christian Monseur, ULiège
  • Elsa Roland, UNamur
  • Erika Wauthia, UMons
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