La géographie s’intéresse aux interactions entre l’homme et l’environnement, ainsi qu’aux processus qui influencent ces interactions, tels que l'urbanisation, l'agriculture, la mobilité, le commerce, la mondialisation et le changement climatique. Science d'action, la géographie offre un cadre de réflexion et des outils pour orienter les décideurs vers des solutions durables, favorisant ainsi le développement harmonieux des sociétés et la préservation de l'environnement.
La géographie est une science engagée. Elle explore, décrypte et améliore l'organisation de notre environnement, contribuant ainsi à une planète mieux aménagée et plus durable.
Les géographes, avec leur perspective unique, examinent les liens complexes entre l'homme et son habitat. Ils vont au-delà des simples questions de "où" et "à quelle échelle", se penchant sur les raisons du "pourquoi ici plutôt qu'ailleurs ?" et les moyens d'optimiser la gestion de l'espace.
Au carrefour des sciences naturelles et sociales, la géographie occupe une position centrale, proposant des solutions globales et réfléchies à des questions de localisation. Elle ne se contente pas de théories, mais met en œuvre des outils modernes tels que la cartographie informatisée, les systèmes d'information géographique, la télédétection, l'imagerie satellitaire et l'analyse des données.
Ce n'est pas tout : la géographie va au-delà de la théorie en mettant ces outils au service des politiques d'aménagement du territoire, de coopération technique et d'aide au développement, démontrant ainsi son engagement envers l'humanité.
Les géographes observent et analysent les territoires, les organisations, les individus, les écosystèmes afin de les comprendre, d’appréhender leur complexité pour ensuite pouvoir proposer des solutions.
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Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard, chercheuse du Département de géographie de l’UNamur, a été récompensée pour ses travaux à la croisée de la géographie et de l’épidémiologie. Ce mandat Francqui-Collen lui permettra, dès septembre et pendant trois ans, d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de se consacrer davantage à ses recherches sur l’influence des changements environnementaux sur propagation des maladies infectieuses.
Pourquoi certaines maladies infectieuses représentent-elles un risque plus important dans certaines régions que dans d’autres ? Quel rôle jouent l’urbanisation, les changements climatiques ou encore les déplacements de population dans leur propagation ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Catherine Linard, chercheuse au Département de géographie de l’UNamur.
Géographe de formation, elle travaille dans le domaine de la géographie de la santé, qui étudie la relation entre santé et lieu “J’étudie la santé, mais avec les yeux d’une géographe. Je m’intéresse surtout au territoire et j’essaie de comprendre les processus naturels et sociaux qui expliquent la santé en un lieu.”
Comprendre les maladies à travers le territoire
Ses recherches portent plus particulièrement sur les maladies vectorielles, c’est-à-dire transmises par des organismes comme les moustiques. Parmi elles figurent notamment la malaria et la dengue. Pour mieux comprendre leur répartition géographique, la chercheuse croise différents facteurs susceptibles d’influencer leur transmission. L’environnement joue évidemment un rôle, puisqu’il détermine notamment les endroits où les moustiques peuvent se développer, mais il ne suffit pas à expliquer la propagation d’une maladie.
“J’adopte une vision assez systémique. Nous allons nous intéresser à l’environnement, mais également aux comportements humains, à la mobilité, etc.” Une partie de ses recherches porte ainsi sur l’impact des transformations rapides de nos environnements, comme l’urbanisation rapide du continent africain, sur les maladies transmises par les moustiques.
Des travaux qui viennent aujourd’hui de bénéficier d’une importante reconnaissance. Catherine Linard profitera pendant trois ans d’un mandat de la Fondation Francqui. Son dossier a d’abord été sélectionné par le Conseil de recherche de l’UNamur avant d’être retenu par la Fondation.
Trois ans pour prendre du recul
Ce mandat permettra à la chercheuse d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de consacrer davantage de temps à ses recherches. Une opportunité particulièrement précieuse dans un quotidien académique partagé entre l’enseignement, la supervision des chercheurs et doctorants, les recherches et les tâches administratives.
Pas question pour autant d’établir dès aujourd’hui un programme précis pour les trois prochaines années. Catherine Linard souhaite d’abord profiter de cette nouvelle disponibilité pour s’investir davantage dans ses projets en cours et accompagner plusieurs doctorants qui arrivent au terme de leur thèse.
“Ces dernières années, j’avais le sentiment que mon travail était devenu assez fragmenté. Je n’avais plus nécessairement le temps de creuser moi-même certains aspects que j’aurais aimé approfondir. Ce mandat va m’offrir un temps précieux pour m’investir pleinement dans des activités de recherche qui me tiennent à coeur”
Le mandat devrait également lui permettre de consolider ses collaborations internationales. La chercheuse travaille notamment avec l’Université Cheick Anta Diop de Dakar, au Sénégal, et envisage de profiter de ces trois années pour renforcer ces échanges et organiser de nouveaux séjours sur le terrain. À plus long terme, elle souhaite surtout retrouver du temps pour explorer de nouvelles pistes et déterminer les prochaines orientations de ses recherches. “La recherche avance à une vitesse folle. Pour rester au courant de tout ce qui se fait dans notre domaine, il faut pouvoir continuer à lire et à suivre les travaux des autres équipes.”
Une reconnaissance collective
Catherine Linard voit également dans ce Prix Francqui une reconnaissance du travail mené avec son équipe et ses nombreux collaborateurs. Elle y voit également une reconnaissance pour la géographie de la santé, une discipline longtemps méconnue du grand public, mais dont l’importance a notamment été mise en lumière pendant la pandémie de Covid-19, lorsque la compréhension de la propagation géographique d’une épidémie est devenue un enjeu particulièrement important. “C’est aussi, je pense, une reconnaissance de la pertinence de ces recherches pour la société, de sa capacité à éclairer des enjeux sociétaux majeurs et très actuels, ainsi que de l’intérêt d’un projet résolument interdisciplinaire.”
Catherine Linard – Courte biographie
Après avoir défendu sa thèse intitulée "Spatial and integrated modelling of complex disease systems" au département de Géographie de l'UCL en janvier 2009, elle a passé 4 mois au département de Zoologie de l'Université d'Oxford (TALA Research Group) en tant que chercheur visiteur. Elle a ensuite débuté un post-doc de 2 ans (2009-2011) à l'Université d'Oxford sur le projet WorldPop, financé par la fondation Wiener-Anspach, suivi par 6 ans (2011-2017) de post-doc au laboratoire d’épidémiologie spatiale (SpELL) de l'ULB (avec financements FNRS et BELSPO). Elle est professeur au département de géographie de l’UNamur depuis 2015.
Deux points de vue complémentaires pour remettre la protection de l’environnement au centre du débat public
Deux points de vue complémentaires pour remettre la protection de l’environnement au centre du débat public
L’Université de Namur propose prochainement deux leçons inaugurales de deux Chaires Francqui, l’une en Faculté des sciences et l’autre en Faculté de droit. Accessibles à tous et toutes, les leçons inaugurales seront suivies par un drink local. Ces évènements sont gratuits, sur inscription.
Chaire Francqui 2025-2026 en sciences | Réparer notre relation à la Nature pour transformer nos sociétés
La crise de la biodiversité ne détruit pas seulement la nature : elle menace aussi nos sociétés, notre bien-être et notre survie. À partir des évaluations scientifiques et des constats de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), cette Chaire Francqui explorera notre relation toxique avec la nature, l’échec global de sa protection et les valeurs multiples du vivant.
Orateur : Sander Jacobs, chercheur senior à l'INBO (Institut pour la nature et la forêt), groupe de recherche Nature & Société, Coordinateur du programme de recherche sur la nature urbaine et Professeur invité à l'Université de Gand.
19/11/2025 - Leçon inaugurale | Crise de la biodiversité : causes, conséquences, et comment (ne pas) s'en sortir.
Chaire Francqui 2025-2026 en droit | Besoin d'environnement, besoin de droit ?
Cette Chaire Francqui offre un regard neuf sur les avancées mais aussi les tensions qui caractérisent aujourd’hui la manière dont le droit organise la relation de la société à l’environnement. Si l’ambition de protéger l’environnement est bien devenue une question juridique, comment ses ressorts essentiels sont-ils en train d’évoluer, que ce soit en matière climatique, dans le rapport à la santé humaine ou encore au statut accordé à la nature ?
L’organisation de cette chaire s’intègre pleinement dans le Fil Rouge 2025-2026 de la Faculté de droit dédiée à ce substrat essentiel à la vie qu’est l’environnement, la nature, notre terre : « Réenchanter la terre ».
Oratrice : Delphine Misonne, Maître de recherches FNRS, Professeure à l'UCLouvain, Directrice du CEDRE et membre de l'Académie royale de Belgique.
27/11/2025 - Leçon inaugurale I Protéger l’environnement au-delà du politique
Prévenir des inondations : une activité pédagogique innovante pour les étudiants de géographie
Prévenir des inondations : une activité pédagogique innovante pour les étudiants de géographie
Quel est le fonctionnement d’une rivière ? Comment apparaissent les débordements des cours d’eau ? Que mettre en place pour protéger nos territoires de ces risques ? A l’UNamur, les étudiants en géographie ont suivi une activité pédagogique innovante, à l’aide d’un bac à sable à réalité augmentée 3D, pour se former à cette problématique. Objectifs de cet outil ? Simuler et analyser les phénomènes naturels. Une expérience unique et immersive pour mieux comprendre les dynamiques environnementales et les risques climatiques, réalisée en collaboration avec l’asbl Contrat de Rivière Ourthe.
Début octobre, c’est avec les mains dans le sable que les étudiants de Bac 2 et Bac 3 du Département de géographie de l’UNamur ont pu comprendre de manière très concrète le mécanisme d’inondation. « Cette activité était organisée en partenariat avec l’asbl Contrat de Rivière Ourthe », explique Sébastien Dujardin, enseignant-chercheur au Département de géographie. « Nos étudiants ont eu l’opportunité d’utiliser un bac à sable à réalité augmentée 3D, développé dans le cadre du projet EXACT LAB (Exploration 3D et Adaptation aux Conséquences des Changements Climatiques sur un Territoire) », détaille-t-il.
Durant cette activité, les étudiants ont modelé le relief à la main et ont simulé des précipitations virtuelles pour observer les écoulements sur le terrain, grâce à la technologie Kinect 3D. Différentes couches d’information géographique, telles que des cartes topographiques, des photos aériennes et des cartes des ruissellements, ont ensuite été projetées sur le relief pour approfondir la réflexion.
Les étudiants ont pu explorer le fonctionnement des rivières, les concepts liés aux inondations (période de retour, quantité de précipitation, hydrométrie, etc.), et analyser les enjeux territoriaux les plus exposés aux risques (écoles, habitations, routes). Ils ont également discuté et testé diverses mesures d’aménagement, comme la plantation de haies, la création de bassins d’orage et de noues, en tenant compte des contraintes naturelles et humaines.
« Cette activité a été une excellente occasion pour nos étudiants de développer leur culture du risque, essentielle face aux défis croissants de sécheresse et d’inondation », souligne encore Sébastien Dujardin. « La thématique des inondations est plus que jamais d’actualité et représente un enjeu sociétal majeur. Elle illustre parfaitement notre approche pédagogique : observer, comprendre et agir pour mieux harmoniser les activités humaines avec un environnement en constante évolution », conclut-il.
Allier théorie et pratique : un combo gagnant pour les étudiants
Alison Castremanne étudiante en Bac 3 Géographie
« Cette activité a mis en lumière l’importance d’une planification et d’une gestion participative impliquant les différents acteurs du territoire pour faire face aux problématiques telles que les inondations. Par exemple, nous avons constaté que les pratiques anti-inondations mises en œuvre en amont peuvent avoir des répercussions significatives sur les écoulements en aval. La modélisation via cette activité, a permis de visualiser de manière concrète les écoulements et les pratiques préventives adaptées au contexte géographique (topographie, emplacement des villages par rapport aux versants, contraintes budgétaires, etc.). Ce que j’apprécie particulièrement à l’UNamur, c’est le dynamisme de la formation, qui combine des activités pratiques enrichissantes (journées de terrain, ateliers, travaux de groupe) avec un enseignement théorique de qualité. De plus, la proximité et l’engagement des professeurs et assistants offrent un accompagnement attentif et enrichissant pour les étudiants ».
Léo Raymond étudiant en BAC3 géographie
« L'outil "bac à sable" m'a permis de comprendre qu'un territoire n'est jamais uniforme : l'aménagement qui est envisageable à travers une commune ne l'est pas du tout à 5 km. Dans cette optique, il est très important d'analyser ce qui nous entoure et de réagir en conséquence pour éviter des dommages trop importants ».
Ce qui me passionne à travers mes études en géographie, c'est la diversité du sujet que nous abordons. Que ça soit environnemental, anthropocentré ou même économique, tout est abordé et cela nous permet de fonder une base de connaissance très importante pour la suite ».
La géographie à l’UNamur
Vous êtes intéressés par des études dans le domaine de la géographie ? Découvrez notre offre de formation !
10 ans du concours MT180 : 3 candidats UNamur participent à la finale nationale à Bruxelles
10 ans du concours MT180 : 3 candidats UNamur participent à la finale nationale à Bruxelles
Le 24 mars 2024 se déroulait la dixième édition du concours MT180, concours francophone de vulgarisation scientifique, à l’UNamur. Deux physiciens et une géographe représentaient notre université à la finale nationale qui s'est tenue à Bruxelles le 16 mai.
Le Confluent des Savoirs, organisateur de l’évènement en local, a souhaité mettre l’accent sur l’une des missions sociétales de la recherche : la communication vulgarisée auprès d’un large public.
Annick Castiaux, rectrice de l’UNamur, a introduit le concours avec la redécouverte d’une séquence de l’émission Matière Grise de 1998 où elle présentait, en deux minutes, l’objectif de ses recherches en physique optique. Encourageant les jeunes chercheurs à s’initier à la communication vulgarisée pour faciliter la communication sur leurs travaux de recherche, Annick Castiaux a souligné la nécessité d’adapter le discours scientifique codifié afin de réduire la distance entre la recherche universitaire et les autres acteurs de la société. Présenté par Aline Wilmet du Confluent des Savoirs, l'événement a été l’occasion de parcourir l’histoire du concours à l’UNamur et d’échanger sur les expériences d’anciens candidats.
Cette année, ce sont 12 candidats qui ont participé à cette finale locale : Manel Barkallah (informatique), Louis Rassinfosse (physique), Charline Focant (biologie), Guillaume Nguyen (informatique), Yves Blanco Alvarez (biologie), Alexandra Decloux (médecine vétérinaire), Adélie Lannoy (biologie), Loris Chavée (physique), Yasmine Akaichi (informatique), Valentin Job (physique), Antoine Hubermont (informatique) et Camille Morlinghem (géographie).
Leurs prestations ont rencontré l’enthousiasme du public : 280 personnes se sont réunies à l’auditoire Rosalind Franklin pour découvrir l’actualité des recherches interdisciplinaires et leurs enjeux sociétaux. Afin de les préparer de manière optimale aux exigences du concours et à celles de leur soutenance de thèse ou de conférences, les candidats ont bénéficié de formations à la communication vulgarisée, à la construction d’un pitch structuré, ainsi qu’à une prise de parole et une gestuelle adaptées.
Les pitchs des candidats ont été évalués par un jury de professionnels de la communication et de la vulgarisation scientifique : Géraldine Tran, rédactrice en chef d’Athena, le mag’ scientifique du SPW ; Nathan Uyttendaele, statisticien et vulgarisateur web via sa chaîne YouTube « Chat Sceptique » ; Charlotte Benedetti, directrice du Pavillon (KIKK asbl) de Namur et François-Xavier Fiévez, pédagogue, didacticien et improvisateur, Vice-Recteur aux affaires étudiantes et sociales de l’UNamur.
Les 3 lauréats UNamur
Le prix du public a été décerné à Louis Rassinfosse pour son pitch « Les nanoparticules : ces artisans des couleurs », à gauche sur la photo. Le deuxième prix du jury a été attribué à Loris Chavée pour son pitch « Du soleil, un film et une mousse .... un cocktail énergétique ! », à droite sur la photo. Le premier prix du jury a été décerné à Camille Morlinghem pour son pitch « Cartographie-moi si tu peux », au centre de la photo.
Le concours régional est la première étape de l’aventure MT180. Les trois lauréats namurois représenteront l’UNamur à la finale nationale qui se tiendra le 16 mai prochain à Bruxelles, campus du Solbosch,. Le vainqueur représentera la Belgique cet automne à la finale internationale qui se déroulera à Abidjan (Côte d’Ivoire).
La finale nationale 2024
Ce 16 mai 2024, nous fêterons les 10 ans du concours MT180 lors de la finale nationale qui se tiendra sur le campus du Solbosch de l’ULB à Bruxelles. Lors de cet évènement, 15 doctorants, dont les 3 lauréats UNamur, relèveront le défi de vulgariser leur sujet de thèse avec clarté pour captiver un public non averti et ce, en 3 minutes chrono !
Le jury sera composé de 6 personnalités issues d’universités francophones, de la presse et du monde de la vulgarisation scientifique. Le gagnant représentera la Belgique au concours international qui aura lieu à Abidjan en Côte d’Ivoire la semaine du 18 novembre 2024.
Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard, chercheuse du Département de géographie de l’UNamur, a été récompensée pour ses travaux à la croisée de la géographie et de l’épidémiologie. Ce mandat Francqui-Collen lui permettra, dès septembre et pendant trois ans, d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de se consacrer davantage à ses recherches sur l’influence des changements environnementaux sur propagation des maladies infectieuses.
Pourquoi certaines maladies infectieuses représentent-elles un risque plus important dans certaines régions que dans d’autres ? Quel rôle jouent l’urbanisation, les changements climatiques ou encore les déplacements de population dans leur propagation ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Catherine Linard, chercheuse au Département de géographie de l’UNamur.
Géographe de formation, elle travaille dans le domaine de la géographie de la santé, qui étudie la relation entre santé et lieu “J’étudie la santé, mais avec les yeux d’une géographe. Je m’intéresse surtout au territoire et j’essaie de comprendre les processus naturels et sociaux qui expliquent la santé en un lieu.”
Comprendre les maladies à travers le territoire
Ses recherches portent plus particulièrement sur les maladies vectorielles, c’est-à-dire transmises par des organismes comme les moustiques. Parmi elles figurent notamment la malaria et la dengue. Pour mieux comprendre leur répartition géographique, la chercheuse croise différents facteurs susceptibles d’influencer leur transmission. L’environnement joue évidemment un rôle, puisqu’il détermine notamment les endroits où les moustiques peuvent se développer, mais il ne suffit pas à expliquer la propagation d’une maladie.
“J’adopte une vision assez systémique. Nous allons nous intéresser à l’environnement, mais également aux comportements humains, à la mobilité, etc.” Une partie de ses recherches porte ainsi sur l’impact des transformations rapides de nos environnements, comme l’urbanisation rapide du continent africain, sur les maladies transmises par les moustiques.
Des travaux qui viennent aujourd’hui de bénéficier d’une importante reconnaissance. Catherine Linard profitera pendant trois ans d’un mandat de la Fondation Francqui. Son dossier a d’abord été sélectionné par le Conseil de recherche de l’UNamur avant d’être retenu par la Fondation.
Trois ans pour prendre du recul
Ce mandat permettra à la chercheuse d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de consacrer davantage de temps à ses recherches. Une opportunité particulièrement précieuse dans un quotidien académique partagé entre l’enseignement, la supervision des chercheurs et doctorants, les recherches et les tâches administratives.
Pas question pour autant d’établir dès aujourd’hui un programme précis pour les trois prochaines années. Catherine Linard souhaite d’abord profiter de cette nouvelle disponibilité pour s’investir davantage dans ses projets en cours et accompagner plusieurs doctorants qui arrivent au terme de leur thèse.
“Ces dernières années, j’avais le sentiment que mon travail était devenu assez fragmenté. Je n’avais plus nécessairement le temps de creuser moi-même certains aspects que j’aurais aimé approfondir. Ce mandat va m’offrir un temps précieux pour m’investir pleinement dans des activités de recherche qui me tiennent à coeur”
Le mandat devrait également lui permettre de consolider ses collaborations internationales. La chercheuse travaille notamment avec l’Université Cheick Anta Diop de Dakar, au Sénégal, et envisage de profiter de ces trois années pour renforcer ces échanges et organiser de nouveaux séjours sur le terrain. À plus long terme, elle souhaite surtout retrouver du temps pour explorer de nouvelles pistes et déterminer les prochaines orientations de ses recherches. “La recherche avance à une vitesse folle. Pour rester au courant de tout ce qui se fait dans notre domaine, il faut pouvoir continuer à lire et à suivre les travaux des autres équipes.”
Une reconnaissance collective
Catherine Linard voit également dans ce Prix Francqui une reconnaissance du travail mené avec son équipe et ses nombreux collaborateurs. Elle y voit également une reconnaissance pour la géographie de la santé, une discipline longtemps méconnue du grand public, mais dont l’importance a notamment été mise en lumière pendant la pandémie de Covid-19, lorsque la compréhension de la propagation géographique d’une épidémie est devenue un enjeu particulièrement important. “C’est aussi, je pense, une reconnaissance de la pertinence de ces recherches pour la société, de sa capacité à éclairer des enjeux sociétaux majeurs et très actuels, ainsi que de l’intérêt d’un projet résolument interdisciplinaire.”
Catherine Linard – Courte biographie
Après avoir défendu sa thèse intitulée "Spatial and integrated modelling of complex disease systems" au département de Géographie de l'UCL en janvier 2009, elle a passé 4 mois au département de Zoologie de l'Université d'Oxford (TALA Research Group) en tant que chercheur visiteur. Elle a ensuite débuté un post-doc de 2 ans (2009-2011) à l'Université d'Oxford sur le projet WorldPop, financé par la fondation Wiener-Anspach, suivi par 6 ans (2011-2017) de post-doc au laboratoire d’épidémiologie spatiale (SpELL) de l'ULB (avec financements FNRS et BELSPO). Elle est professeur au département de géographie de l’UNamur depuis 2015.
Deux points de vue complémentaires pour remettre la protection de l’environnement au centre du débat public
Deux points de vue complémentaires pour remettre la protection de l’environnement au centre du débat public
L’Université de Namur propose prochainement deux leçons inaugurales de deux Chaires Francqui, l’une en Faculté des sciences et l’autre en Faculté de droit. Accessibles à tous et toutes, les leçons inaugurales seront suivies par un drink local. Ces évènements sont gratuits, sur inscription.
Chaire Francqui 2025-2026 en sciences | Réparer notre relation à la Nature pour transformer nos sociétés
La crise de la biodiversité ne détruit pas seulement la nature : elle menace aussi nos sociétés, notre bien-être et notre survie. À partir des évaluations scientifiques et des constats de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), cette Chaire Francqui explorera notre relation toxique avec la nature, l’échec global de sa protection et les valeurs multiples du vivant.
Orateur : Sander Jacobs, chercheur senior à l'INBO (Institut pour la nature et la forêt), groupe de recherche Nature & Société, Coordinateur du programme de recherche sur la nature urbaine et Professeur invité à l'Université de Gand.
19/11/2025 - Leçon inaugurale | Crise de la biodiversité : causes, conséquences, et comment (ne pas) s'en sortir.
Chaire Francqui 2025-2026 en droit | Besoin d'environnement, besoin de droit ?
Cette Chaire Francqui offre un regard neuf sur les avancées mais aussi les tensions qui caractérisent aujourd’hui la manière dont le droit organise la relation de la société à l’environnement. Si l’ambition de protéger l’environnement est bien devenue une question juridique, comment ses ressorts essentiels sont-ils en train d’évoluer, que ce soit en matière climatique, dans le rapport à la santé humaine ou encore au statut accordé à la nature ?
L’organisation de cette chaire s’intègre pleinement dans le Fil Rouge 2025-2026 de la Faculté de droit dédiée à ce substrat essentiel à la vie qu’est l’environnement, la nature, notre terre : « Réenchanter la terre ».
Oratrice : Delphine Misonne, Maître de recherches FNRS, Professeure à l'UCLouvain, Directrice du CEDRE et membre de l'Académie royale de Belgique.
27/11/2025 - Leçon inaugurale I Protéger l’environnement au-delà du politique
Prévenir des inondations : une activité pédagogique innovante pour les étudiants de géographie
Prévenir des inondations : une activité pédagogique innovante pour les étudiants de géographie
Quel est le fonctionnement d’une rivière ? Comment apparaissent les débordements des cours d’eau ? Que mettre en place pour protéger nos territoires de ces risques ? A l’UNamur, les étudiants en géographie ont suivi une activité pédagogique innovante, à l’aide d’un bac à sable à réalité augmentée 3D, pour se former à cette problématique. Objectifs de cet outil ? Simuler et analyser les phénomènes naturels. Une expérience unique et immersive pour mieux comprendre les dynamiques environnementales et les risques climatiques, réalisée en collaboration avec l’asbl Contrat de Rivière Ourthe.
Début octobre, c’est avec les mains dans le sable que les étudiants de Bac 2 et Bac 3 du Département de géographie de l’UNamur ont pu comprendre de manière très concrète le mécanisme d’inondation. « Cette activité était organisée en partenariat avec l’asbl Contrat de Rivière Ourthe », explique Sébastien Dujardin, enseignant-chercheur au Département de géographie. « Nos étudiants ont eu l’opportunité d’utiliser un bac à sable à réalité augmentée 3D, développé dans le cadre du projet EXACT LAB (Exploration 3D et Adaptation aux Conséquences des Changements Climatiques sur un Territoire) », détaille-t-il.
Durant cette activité, les étudiants ont modelé le relief à la main et ont simulé des précipitations virtuelles pour observer les écoulements sur le terrain, grâce à la technologie Kinect 3D. Différentes couches d’information géographique, telles que des cartes topographiques, des photos aériennes et des cartes des ruissellements, ont ensuite été projetées sur le relief pour approfondir la réflexion.
Les étudiants ont pu explorer le fonctionnement des rivières, les concepts liés aux inondations (période de retour, quantité de précipitation, hydrométrie, etc.), et analyser les enjeux territoriaux les plus exposés aux risques (écoles, habitations, routes). Ils ont également discuté et testé diverses mesures d’aménagement, comme la plantation de haies, la création de bassins d’orage et de noues, en tenant compte des contraintes naturelles et humaines.
« Cette activité a été une excellente occasion pour nos étudiants de développer leur culture du risque, essentielle face aux défis croissants de sécheresse et d’inondation », souligne encore Sébastien Dujardin. « La thématique des inondations est plus que jamais d’actualité et représente un enjeu sociétal majeur. Elle illustre parfaitement notre approche pédagogique : observer, comprendre et agir pour mieux harmoniser les activités humaines avec un environnement en constante évolution », conclut-il.
Allier théorie et pratique : un combo gagnant pour les étudiants
Alison Castremanne étudiante en Bac 3 Géographie
« Cette activité a mis en lumière l’importance d’une planification et d’une gestion participative impliquant les différents acteurs du territoire pour faire face aux problématiques telles que les inondations. Par exemple, nous avons constaté que les pratiques anti-inondations mises en œuvre en amont peuvent avoir des répercussions significatives sur les écoulements en aval. La modélisation via cette activité, a permis de visualiser de manière concrète les écoulements et les pratiques préventives adaptées au contexte géographique (topographie, emplacement des villages par rapport aux versants, contraintes budgétaires, etc.). Ce que j’apprécie particulièrement à l’UNamur, c’est le dynamisme de la formation, qui combine des activités pratiques enrichissantes (journées de terrain, ateliers, travaux de groupe) avec un enseignement théorique de qualité. De plus, la proximité et l’engagement des professeurs et assistants offrent un accompagnement attentif et enrichissant pour les étudiants ».
Léo Raymond étudiant en BAC3 géographie
« L'outil "bac à sable" m'a permis de comprendre qu'un territoire n'est jamais uniforme : l'aménagement qui est envisageable à travers une commune ne l'est pas du tout à 5 km. Dans cette optique, il est très important d'analyser ce qui nous entoure et de réagir en conséquence pour éviter des dommages trop importants ».
Ce qui me passionne à travers mes études en géographie, c'est la diversité du sujet que nous abordons. Que ça soit environnemental, anthropocentré ou même économique, tout est abordé et cela nous permet de fonder une base de connaissance très importante pour la suite ».
La géographie à l’UNamur
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10 ans du concours MT180 : 3 candidats UNamur participent à la finale nationale à Bruxelles
10 ans du concours MT180 : 3 candidats UNamur participent à la finale nationale à Bruxelles
Le 24 mars 2024 se déroulait la dixième édition du concours MT180, concours francophone de vulgarisation scientifique, à l’UNamur. Deux physiciens et une géographe représentaient notre université à la finale nationale qui s'est tenue à Bruxelles le 16 mai.
Le Confluent des Savoirs, organisateur de l’évènement en local, a souhaité mettre l’accent sur l’une des missions sociétales de la recherche : la communication vulgarisée auprès d’un large public.
Annick Castiaux, rectrice de l’UNamur, a introduit le concours avec la redécouverte d’une séquence de l’émission Matière Grise de 1998 où elle présentait, en deux minutes, l’objectif de ses recherches en physique optique. Encourageant les jeunes chercheurs à s’initier à la communication vulgarisée pour faciliter la communication sur leurs travaux de recherche, Annick Castiaux a souligné la nécessité d’adapter le discours scientifique codifié afin de réduire la distance entre la recherche universitaire et les autres acteurs de la société. Présenté par Aline Wilmet du Confluent des Savoirs, l'événement a été l’occasion de parcourir l’histoire du concours à l’UNamur et d’échanger sur les expériences d’anciens candidats.
Cette année, ce sont 12 candidats qui ont participé à cette finale locale : Manel Barkallah (informatique), Louis Rassinfosse (physique), Charline Focant (biologie), Guillaume Nguyen (informatique), Yves Blanco Alvarez (biologie), Alexandra Decloux (médecine vétérinaire), Adélie Lannoy (biologie), Loris Chavée (physique), Yasmine Akaichi (informatique), Valentin Job (physique), Antoine Hubermont (informatique) et Camille Morlinghem (géographie).
Leurs prestations ont rencontré l’enthousiasme du public : 280 personnes se sont réunies à l’auditoire Rosalind Franklin pour découvrir l’actualité des recherches interdisciplinaires et leurs enjeux sociétaux. Afin de les préparer de manière optimale aux exigences du concours et à celles de leur soutenance de thèse ou de conférences, les candidats ont bénéficié de formations à la communication vulgarisée, à la construction d’un pitch structuré, ainsi qu’à une prise de parole et une gestuelle adaptées.
Les pitchs des candidats ont été évalués par un jury de professionnels de la communication et de la vulgarisation scientifique : Géraldine Tran, rédactrice en chef d’Athena, le mag’ scientifique du SPW ; Nathan Uyttendaele, statisticien et vulgarisateur web via sa chaîne YouTube « Chat Sceptique » ; Charlotte Benedetti, directrice du Pavillon (KIKK asbl) de Namur et François-Xavier Fiévez, pédagogue, didacticien et improvisateur, Vice-Recteur aux affaires étudiantes et sociales de l’UNamur.
Les 3 lauréats UNamur
Le prix du public a été décerné à Louis Rassinfosse pour son pitch « Les nanoparticules : ces artisans des couleurs », à gauche sur la photo. Le deuxième prix du jury a été attribué à Loris Chavée pour son pitch « Du soleil, un film et une mousse .... un cocktail énergétique ! », à droite sur la photo. Le premier prix du jury a été décerné à Camille Morlinghem pour son pitch « Cartographie-moi si tu peux », au centre de la photo.
Le concours régional est la première étape de l’aventure MT180. Les trois lauréats namurois représenteront l’UNamur à la finale nationale qui se tiendra le 16 mai prochain à Bruxelles, campus du Solbosch,. Le vainqueur représentera la Belgique cet automne à la finale internationale qui se déroulera à Abidjan (Côte d’Ivoire).
La finale nationale 2024
Ce 16 mai 2024, nous fêterons les 10 ans du concours MT180 lors de la finale nationale qui se tiendra sur le campus du Solbosch de l’ULB à Bruxelles. Lors de cet évènement, 15 doctorants, dont les 3 lauréats UNamur, relèveront le défi de vulgariser leur sujet de thèse avec clarté pour captiver un public non averti et ce, en 3 minutes chrono !
Le jury sera composé de 6 personnalités issues d’universités francophones, de la presse et du monde de la vulgarisation scientifique. Le gagnant représentera la Belgique au concours international qui aura lieu à Abidjan en Côte d’Ivoire la semaine du 18 novembre 2024.