Le Centre de recherche "Vulnérabilités et Sociétés" ("V&S") s’intéresse, suivant une approche interdisciplinaire, aux rapports entre vulnérabilité(s) et société(s). Il est le fruit de la fusion du centre Droits fondamentaux & Lien social (anciennement Droit et sécurité d’existence) et du centre Projucit (Protection juridique des citoyens) qui ont décidé d’unir leurs forces pour réfléchir aux fragilités constatées dans nos sociétés.
V&S | Un centre de recherche de l'Institut Transitions
Le Centre V&S rassemble des membres issus de différentes Facultés afin de garantir l’approche interdisciplinaire essentielle à son domaine d’expertise. Il est composé de 4 unités :
Enseignement
La recherche du Centre V&S nourrit en outre de nombreux enseignements - y compris dans le domaine de la formation continue - notamment :
- le certificat interuniversitaire en gestion des politiques de sécurité urbaine, en collaboration avec l’UCL et l’ULg, unique en Communauté française ;
- le certificat interuniversitaire en expertise judiciaire, en collaboration avec l’UCL et l’USL-B ;
- le certificat inter Hautes-Ecoles et Universités en accompagnement de la grande précarité en collaboration avec l'HENALLUX;
- le certificat en droits de l'enfant coorganisé par l'UNamur, l'UCL et l'USL-B ;
- le master de spécialisation en droits de l’homme coorganisé par l'UNamur, l’UCL et l’USL-B ;
- certains cours à option dispensés à la faculté de droit (droit, genre et société, questions spéciales de bien-être au travail, antidiscriminatierecht, questions spéciales de droit public, etc.).
- le master de spécialisation en approche interdisciplinaire des droits de l'enfant, coorganisé par l'UNamur, l'UCLouvain, l'ULB, l'ULiège et l'USL-B ;
- le certificat en approche multidisciplinaire des maltraitances infanto-juvéniles, coorganisé par l'UNamur, l'UCLouvain, l'ULB, l'ULiège et l'UMons ;
- le certificat en accompagnement de l'accrochage scolaire et social, en collaboration avec l'ITN.
- L’option « Vulnérabilités et sociétés » peut également être choisie dans le cursus du bachelier en droit
À la une
Actualités
Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir
Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir
230 participants, 25 contributions, une conviction commune : les violences intrafamiliales exigent d’être étudiées autrement. Ni marginales ni accidentelles, elles constituent un phénomène social majeur, profondément ancré, dont les manifestations dépassent largement les formes les plus visibles. Un colloque organisé à l’UNamur et un ouvrage collectif renouvellent en profondeur notre compréhension du phénomène.
Si les violences intrafamiliales occupent une place croissante dans le débat public, cela ne signifie pas qu'elles soient pleinement comprises. Au contraire. C'est à partir de ce constat qu'est né le colloque bisannuel de l'Association Famille & Droit, coprésidée par la professeure Géraldine Mathieu et le professeur Yves-Henri Leleu, qui rassemble les professeurs de droit de la famille des universités francophones de Belgique. Organisé avec le soutien de l'Unité « Droits de l'enfant » du Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l'UNamur et du SMAJ (Service Marchois d'Aide aux Justiciables), il a réuni 230 chercheurs, magistrats, avocats, psychologues et acteurs de terrain autour d'une même conviction : mieux comprendre un phénomène complexe pour mieux y répondre. Cette réflexion collective s'est prolongée par la publication de l'ouvrage collectif Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir. Une approche interdisciplinaire et systémique, publié chez Larcier-Intersentia sous la direction de la professeure Géraldine Mathieu.
« Avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».
Dépasser les évidences
« Il existe des sujets dont une société ne parle jamais trop, à condition qu'elle continue à apprendre et à se remettre en question », affirme Géraldine Mathieu. L'un des fils conducteurs du colloque et de l'ouvrage est précisément l'invitation à « avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».
Comprendre, nommer, agir : ces trois verbes structurent l'ouvrage comme ils ont structuré le colloque. Trois verbes qui, selon la professeure, « se sont imposés naturellement », tant ils reflètent une exigence éthique autant qu'intellectuelle face à des réalités qui « résistent aux explications simplistes ».
Le contrôle coercitif : déplacer le regard pour comprendre
L'une des contributions majeures de l'ouvrage est de placer le concept de contrôle coercitif au cœur de l'analyse. « Il nous invite à déplacer notre regard », explique Géraldine Mathieu. « Il nous rappelle que les violences intrafamiliales ne se résument pas à quelques épisodes visibles, mais peuvent s'inscrire dans une dynamique progressive d'emprise et de domination. »
Ce concept permet de saisir une réalité longtemps sous-estimée : une personne peut progressivement perdre sa liberté, sa confiance en elle ou son autonomie sans qu'il y ait nécessairement de violences physiques. Isolement, surveillance, contrôle des finances ou des déplacements, dévalorisation systématique… autant de mécanismes qui construisent une emprise durable, dont les conséquences peuvent être tout aussi dévastatrices que les violences physiques. L'ouvrage explore comment ce concept, désormais reconnu dans le paysage juridique belge, oblige le droit à mieux écouter les victimes et à « prendre au sérieux des réalités qui échappaient parfois à nos catégories habituelles », explique Géraldine Mathieu.
Les violences invisibles : nommer pour reconnaître
L'ouvrage accorde aussi une place importante aux violences invisibles (psychologiques, économiques, administratives ou numériques), celles qui se poursuivent après la séparation et celles qui touchent les enfants. « Nommer, c'est déjà reconnaître. Et reconnaître, c'est permettre une meilleure protection », souligne Géraldine Mathieu.
Ces violences posent un défi majeur : elles résistent aux catégories juridiques existantes, échappent souvent aux dispositifs de signalement et restent sous-documentées. Les contributions de l'ouvrage s'attellent à les rendre visibles à travers des approches statistiques, sociologiques et cliniques, tout en interrogeant les angles morts des politiques publiques. Car comme le formule Géraldine Mathieu : « les mots ne servent pas seulement à décrire le monde. Identifier une violence, c'est reconnaître ce que vivent les victimes et mieux saisir les mécanismes qui sont à l'œuvre. »
Le droit est indispensable, mais il ne peut agir seul
Face à cette complexité, les approches cloisonnées montrent leurs limites. L'ouvrage réunit 25 contributions d'académiques, de magistrats, d'avocats, de cliniciens et d'acteurs de terrain, avec une conviction partagée : « les réponses les plus pertinentes naissent lorsque chacun apporte son expérience et accepte d'apprendre des autres. »
Le droit (pénal, familial, patrimonial, de la jeunesse) y est analysé en profondeur, aux niveaux belge, européen et international, mais constamment mis en dialogue avec la psychologie, la sociologie et les pratiques de terrain.
Le colloque a incarné cette même logique. En réunissant dans une même salle des professionnels qui ne se croisent pas toujours, il a permis l'émergence de nouvelles perspectives. « Lorsque des professionnels qui n'ont pas toujours les mêmes pratiques prennent le temps de s'écouter, de nouvelles idées émergent et chacun repart un peu transformé », observe Géraldine Mathieu. Le résultat a dépassé ses attentes : pour Marie-Amélie Delvaux, avocate et chargée de cours à la Faculté de droit, la journée a été « retournante » : « on repart avec des outils concrets, les orateurs nous ont embarqués dans leur combat. »
L'ouvrage prolonge cet élan en présentant des dispositifs innovants et des pratiques inspirantes pour améliorer le repérage, la prévention et l'accompagnement des victimes.
Le Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S)
Le Centre de recherche Vulnérabilités & Sociétés de l’UNamur développe une approche résolument interdisciplinaire des situations de vulnérabilité humaine, à la croisée du droit, de la psychologie et des sciences sociales. Il accorde une attention particulière aux populations fragilisées et aux droits fondamentaux.
Sa spécificité repose sur une double ambition : produire des connaissances rigoureuses et favoriser le dialogue entre savoirs académiques et pratiques de terrain.
« Aborder des sujets graves avec rigueur, mais aussi avec assez d’ouverture pour apprendre des autres », résume Géraldine Mathieu, co-directrice du centre.
Au-delà de la recherche et de l’enseignement, V&S se conçoit comme un lieu de rencontre entre le monde académique et le terrain, convaincu que les connaissances prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées et mises en discussion. Une mission pleinement illustrée par ce colloque et l’ouvrage qui l’accompagne.
Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence
Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence
À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.
Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique
Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.
Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.
L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.
La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.
Un ouvrage pour toutes et tous
Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.
Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.
L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité
L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.
Nos chercheurs dans la « World's Top 2% Scientists list »
Nos chercheurs dans la « World's Top 2% Scientists list »
L’Université de Stanford a publié un classement prestigieux qui met en lumière les chercheurs les plus influents dans un large éventail de domaines scientifiques. Cette liste, établie sur base de critères bibliographiques, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les leaders scientifiques mondiaux. Il s’agit d’un critère parmi d’autres permettant d’évaluer la qualité de la recherche scientifique. Douze chercheurs de l’Université de Namur en font partie !
Cette liste, créée par l'Université de Stanford et publiée en août 2024 est compilée en collaboration avec le laboratoire ICST d’Elsevier à partir de données Scopus, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les meilleurs scientifiques du monde et de reconnaître les scientifiques qui ont eu un impact significatif sur leurs domaines respectifs.
Bien que cette liste ait été adoptée par de nombreuses institutions comme une mesure fiable de l'impact de la recherche, elle n’est pas l’unique moyen d’évaluer la recherche. Se basant strictement sur des données bibliométriques, elle fait aussi l’objet de critiques.
Depuis septembre 2023, l’Université de Namur renforce d’ailleurs son engagement pour la mise en place d’une réforme de l’évaluation de la recherche avec la signature de l’accord « Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA) ».
Cet accord engage l’institution à respecter une série de principes, notamment une prise en compte de la diversité des carrières et de la mise en valeur de critères qualitatifs de la recherche au lieu de se baser uniquement sur des données bibliométriques (donc quantitatives).
Les chercheurs de l’Université de Namur mis à l’honneur
- Charlotte Beaudart – Faculté de médecine, Institut Narilis
- Benoît Champagne – Faculté des sciences, Institut NISM
- Alain Decrop – Faculté EMCP, Institut NaDi-CeRCLE
- Olivier Deparis - Faculté des sciences, Institut NISM et Institut PaTHs
- Jonathan Douxfils – Faculté de médecine, Institut Narilis
- Patrick Kestemont – Faculté des sciences, Institut ILEE
- Alexandre Mayer – Faculté des sciences, Institut NISM et Institut naXys
- Carine Michiels – Faculté des sciences, Institut Narilis
- Antoinette Rouvroy – Faculté de droit, Instituts ESPHIN et Institut NaDi-CRIDS
- Frédéric Silvestre – Faculté des sciences, Institut ILEE
- Bao-Lian Su – Faculté des sciences, Institut NISM
- Johan Wouters – Faculté des sciences, Institut NISM
La liste est mise à jour chaque année, avec des données sur l'ensemble de la carrière et des impacts sur une seule année, dans un souci de transparence et de pertinence.
Les critères de mesure utilisés
Une variété de mesures bibliométriques sont prises en compte afin de garantir une représentation juste et équilibrée des travaux des chercheurs.
- Le C-score : ce score composite est basé sur divers facteurs bibliométriques, notamment le nombre total de citations.
- Le h-index : cet indicateur d’impact prend en compte le nombre de publications d’un chercheur ainsi que le nombre de leurs citations.
- Les percentiles des domaines et sous-domaines : les scientifiques sont classés en 22 grands domaines et 176 sous-domaines. Seuls ceux qui se classent dans les 2 % supérieurs de leur sous-domaine sont pris en compte.
- L’impact sur l'ensemble de la carrière ou sur une seule année : le classement est disponible à la fois pour l'impact sur l'ensemble de la carrière et pour les performances sur une seule année, ce qui permet de mieux comprendre la contribution à long terme et les réalisations récentes.
L’excellence de la recherche
Figurer parmi ces 2 % de scientifiques les plus performants est une donc reconnaissance prestigieuse de la contribution d'une personne à la science et démontre l'excellence de sa recherche, renforçant sa réputation dans le monde universitaire et dans l'industrie.
Le classement offre une visibilité dans toutes les disciplines, attirant l'attention sur des travaux qui, autrement, pourraient rester dans une niche ou être sous-appréciés. Il sert également de point de référence aux institutions et aux gouvernements pour évaluer l'influence de leurs programmes de recherche.
De nombreuses institutions utilisent ce classement pour mesurer le succès de leur faculté, ou autre entité, ce qui peut aussi renforcer la crédibilité au sein de la communauté universitaire.
Cette liste encourage les scientifiques à se concentrer sur la production d'une recherche de haute qualité et ayant un impact plutôt que sur la recherche de la quantité.
En compilant des données provenant de tous les domaines scientifiques et en proposant une approche équitable, basée sur des mesures, ce classement ne célèbre pas seulement les réalisations individuelles, mais souligne aussi l'importance d'une recherche ayant un impact sur l'avancement des connaissances. Il reste pourtant à nuancer, puisqu’il ne tient compte que de données quantitatives, qui ne sont pas forcément représentatives de toute la diversité de la recherche.
D'après une autre base de données, celle de l'UNESCO, le nombre de chercheurs dans le monde augmenterait de 300 000 par an, atteignant aujourd’hui les 9 millions. Le Top 2% comporte 200 000 noms dont douze chercheurs de l’Université de Namur.
Félicitation à eux pour leur recherche d’excellence et pour cette reconnaissance mondiale prestigieuse !
Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir
Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir
230 participants, 25 contributions, une conviction commune : les violences intrafamiliales exigent d’être étudiées autrement. Ni marginales ni accidentelles, elles constituent un phénomène social majeur, profondément ancré, dont les manifestations dépassent largement les formes les plus visibles. Un colloque organisé à l’UNamur et un ouvrage collectif renouvellent en profondeur notre compréhension du phénomène.
Si les violences intrafamiliales occupent une place croissante dans le débat public, cela ne signifie pas qu'elles soient pleinement comprises. Au contraire. C'est à partir de ce constat qu'est né le colloque bisannuel de l'Association Famille & Droit, coprésidée par la professeure Géraldine Mathieu et le professeur Yves-Henri Leleu, qui rassemble les professeurs de droit de la famille des universités francophones de Belgique. Organisé avec le soutien de l'Unité « Droits de l'enfant » du Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l'UNamur et du SMAJ (Service Marchois d'Aide aux Justiciables), il a réuni 230 chercheurs, magistrats, avocats, psychologues et acteurs de terrain autour d'une même conviction : mieux comprendre un phénomène complexe pour mieux y répondre. Cette réflexion collective s'est prolongée par la publication de l'ouvrage collectif Violences intrafamiliales : comprendre, nommer, agir. Une approche interdisciplinaire et systémique, publié chez Larcier-Intersentia sous la direction de la professeure Géraldine Mathieu.
« Avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».
Dépasser les évidences
« Il existe des sujets dont une société ne parle jamais trop, à condition qu'elle continue à apprendre et à se remettre en question », affirme Géraldine Mathieu. L'un des fils conducteurs du colloque et de l'ouvrage est précisément l'invitation à « avoir le courage de la nuance, non pas pour relativiser les violences, mais pour mieux comprendre les situations et construire des réponses plus justes ».
Comprendre, nommer, agir : ces trois verbes structurent l'ouvrage comme ils ont structuré le colloque. Trois verbes qui, selon la professeure, « se sont imposés naturellement », tant ils reflètent une exigence éthique autant qu'intellectuelle face à des réalités qui « résistent aux explications simplistes ».
Le contrôle coercitif : déplacer le regard pour comprendre
L'une des contributions majeures de l'ouvrage est de placer le concept de contrôle coercitif au cœur de l'analyse. « Il nous invite à déplacer notre regard », explique Géraldine Mathieu. « Il nous rappelle que les violences intrafamiliales ne se résument pas à quelques épisodes visibles, mais peuvent s'inscrire dans une dynamique progressive d'emprise et de domination. »
Ce concept permet de saisir une réalité longtemps sous-estimée : une personne peut progressivement perdre sa liberté, sa confiance en elle ou son autonomie sans qu'il y ait nécessairement de violences physiques. Isolement, surveillance, contrôle des finances ou des déplacements, dévalorisation systématique… autant de mécanismes qui construisent une emprise durable, dont les conséquences peuvent être tout aussi dévastatrices que les violences physiques. L'ouvrage explore comment ce concept, désormais reconnu dans le paysage juridique belge, oblige le droit à mieux écouter les victimes et à « prendre au sérieux des réalités qui échappaient parfois à nos catégories habituelles », explique Géraldine Mathieu.
Les violences invisibles : nommer pour reconnaître
L'ouvrage accorde aussi une place importante aux violences invisibles (psychologiques, économiques, administratives ou numériques), celles qui se poursuivent après la séparation et celles qui touchent les enfants. « Nommer, c'est déjà reconnaître. Et reconnaître, c'est permettre une meilleure protection », souligne Géraldine Mathieu.
Ces violences posent un défi majeur : elles résistent aux catégories juridiques existantes, échappent souvent aux dispositifs de signalement et restent sous-documentées. Les contributions de l'ouvrage s'attellent à les rendre visibles à travers des approches statistiques, sociologiques et cliniques, tout en interrogeant les angles morts des politiques publiques. Car comme le formule Géraldine Mathieu : « les mots ne servent pas seulement à décrire le monde. Identifier une violence, c'est reconnaître ce que vivent les victimes et mieux saisir les mécanismes qui sont à l'œuvre. »
Le droit est indispensable, mais il ne peut agir seul
Face à cette complexité, les approches cloisonnées montrent leurs limites. L'ouvrage réunit 25 contributions d'académiques, de magistrats, d'avocats, de cliniciens et d'acteurs de terrain, avec une conviction partagée : « les réponses les plus pertinentes naissent lorsque chacun apporte son expérience et accepte d'apprendre des autres. »
Le droit (pénal, familial, patrimonial, de la jeunesse) y est analysé en profondeur, aux niveaux belge, européen et international, mais constamment mis en dialogue avec la psychologie, la sociologie et les pratiques de terrain.
Le colloque a incarné cette même logique. En réunissant dans une même salle des professionnels qui ne se croisent pas toujours, il a permis l'émergence de nouvelles perspectives. « Lorsque des professionnels qui n'ont pas toujours les mêmes pratiques prennent le temps de s'écouter, de nouvelles idées émergent et chacun repart un peu transformé », observe Géraldine Mathieu. Le résultat a dépassé ses attentes : pour Marie-Amélie Delvaux, avocate et chargée de cours à la Faculté de droit, la journée a été « retournante » : « on repart avec des outils concrets, les orateurs nous ont embarqués dans leur combat. »
L'ouvrage prolonge cet élan en présentant des dispositifs innovants et des pratiques inspirantes pour améliorer le repérage, la prévention et l'accompagnement des victimes.
Le Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S)
Le Centre de recherche Vulnérabilités & Sociétés de l’UNamur développe une approche résolument interdisciplinaire des situations de vulnérabilité humaine, à la croisée du droit, de la psychologie et des sciences sociales. Il accorde une attention particulière aux populations fragilisées et aux droits fondamentaux.
Sa spécificité repose sur une double ambition : produire des connaissances rigoureuses et favoriser le dialogue entre savoirs académiques et pratiques de terrain.
« Aborder des sujets graves avec rigueur, mais aussi avec assez d’ouverture pour apprendre des autres », résume Géraldine Mathieu, co-directrice du centre.
Au-delà de la recherche et de l’enseignement, V&S se conçoit comme un lieu de rencontre entre le monde académique et le terrain, convaincu que les connaissances prennent toute leur valeur lorsqu’elles sont partagées et mises en discussion. Une mission pleinement illustrée par ce colloque et l’ouvrage qui l’accompagne.
Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence
Le genre au prisme des droits humains : Stéphanie Wattier signe un ouvrage de référence
À l'heure où les questions d'égalité de genre, de droits des personnes LGBTQIA+ et de lutte contre les violences faites aux femmes occupent une place importante dans le débat public, Stéphanie Wattier, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Namur, publie un ouvrage de référence Le genre au prisme des droits humains, aux éditions Anthemis.
Une analyse rigoureuse ancrée dans l'actualité juridique
Spécialiste du droit constitutionnel et des droits fondamentaux, Stéphanie Wattier s'est imposée comme l'une des voix académiques de référence en Belgique sur l'articulation entre genre et droits humains. Fort d'une centaine de publications à son actif, cet ouvrage est le fruit d'années de recherche et d'enseignement, notamment dans le cadre de son cours « Droit, genre et société » dispensé en Faculté de droit et dans le Master interuniversitaire de spécialisation en études de genre.
Principalement ancré dans le droit belge, le livre intègre de nombreux développements de droit européen, dont la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, ainsi que des éléments de droit comparé.
L'ouvrage s'ouvre sur une analyse de l'émergence du concept de « genre » et de sa réception en droit, avant d'aborder des thématiques telles que l'identité de genre, l'intégrité physique et psychique des personnes intersexes, l'orientation sexuelle, les violences de genre, la santé reproductive et l'égalité de genre.
La préface est signée par Stéphanie Hennette Vauchez, professeure de droit public à l'Université Paris Nanterre et éminente spécialiste des questions de genre, une caution scientifique qui souligne la portée de ce travail au-delà des frontières.
Un ouvrage pour toutes et tous
Sans être un manuel de vulgarisation, Le genre au prisme des droits humains a été rédigé pour être accessible à un large public : juristes, étudiant·e·s en droit, militant·e·s, travailleur·se·s sociaux, responsables politiques ou citoyen·ne·s curieux·ses y trouveront matière à réflexion. Une accessibilité qui reflète la conviction de Stéphanie Wattier que la recherche en droit doit être connectée au terrain et accessible à l’ensemble de la société.
Codirectrice du Centre Vulnérabilités et Sociétés (V&S) et Vice-présidente de l'Institut Transitions à l'UNamur, membre du Comité Genre de l'Université, Stéphanie Wattier incarne cette ambition d'une recherche à la fois rigoureuse et tournée vers le terrain et les enjeux de son temps. Son expertise est régulièrement sollicitée dans le cadre de colloques nationaux et internationaux, par les médias, par des membres de la société civile et par les différents parlements belges.
L'UNamur, une université engagée pour l'égalité de genre et la diversité
L'Université de Namur est fortement engagée en faveur de l'égalité de genre, de la diversité et de l'inclusion. Depuis la création d'un groupe genre en 2011, puis d'un Vice-rectorat dédié en 2013, l'UNamur déploie une politique volontariste autour de quatre axes : la dignité humaine, l'égalité des genres, l'inclusion et la lutte contre le harcèlement. Sur le campus, le dispositif PHARE (Protection HARcèlement Étudiant), inauguré en 2021, permet à tout·e étudiant·e victime ou témoin de signaler une situation de malaise et de bénéficier d'un accompagnement anonyme et confidentiel. L'égalité entre les sexes figure par ailleurs parmi les Objectifs de Développement Durable (ODD) auxquels l'UNamur a pleinement souscrit.
Nos chercheurs dans la « World's Top 2% Scientists list »
Nos chercheurs dans la « World's Top 2% Scientists list »
L’Université de Stanford a publié un classement prestigieux qui met en lumière les chercheurs les plus influents dans un large éventail de domaines scientifiques. Cette liste, établie sur base de critères bibliographiques, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les leaders scientifiques mondiaux. Il s’agit d’un critère parmi d’autres permettant d’évaluer la qualité de la recherche scientifique. Douze chercheurs de l’Université de Namur en font partie !
Cette liste, créée par l'Université de Stanford et publiée en août 2024 est compilée en collaboration avec le laboratoire ICST d’Elsevier à partir de données Scopus, vise à fournir un moyen normalisé d'identifier les meilleurs scientifiques du monde et de reconnaître les scientifiques qui ont eu un impact significatif sur leurs domaines respectifs.
Bien que cette liste ait été adoptée par de nombreuses institutions comme une mesure fiable de l'impact de la recherche, elle n’est pas l’unique moyen d’évaluer la recherche. Se basant strictement sur des données bibliométriques, elle fait aussi l’objet de critiques.
Depuis septembre 2023, l’Université de Namur renforce d’ailleurs son engagement pour la mise en place d’une réforme de l’évaluation de la recherche avec la signature de l’accord « Coalition for Advancing Research Assessment (CoARA) ».
Cet accord engage l’institution à respecter une série de principes, notamment une prise en compte de la diversité des carrières et de la mise en valeur de critères qualitatifs de la recherche au lieu de se baser uniquement sur des données bibliométriques (donc quantitatives).
Les chercheurs de l’Université de Namur mis à l’honneur
- Charlotte Beaudart – Faculté de médecine, Institut Narilis
- Benoît Champagne – Faculté des sciences, Institut NISM
- Alain Decrop – Faculté EMCP, Institut NaDi-CeRCLE
- Olivier Deparis - Faculté des sciences, Institut NISM et Institut PaTHs
- Jonathan Douxfils – Faculté de médecine, Institut Narilis
- Patrick Kestemont – Faculté des sciences, Institut ILEE
- Alexandre Mayer – Faculté des sciences, Institut NISM et Institut naXys
- Carine Michiels – Faculté des sciences, Institut Narilis
- Antoinette Rouvroy – Faculté de droit, Instituts ESPHIN et Institut NaDi-CRIDS
- Frédéric Silvestre – Faculté des sciences, Institut ILEE
- Bao-Lian Su – Faculté des sciences, Institut NISM
- Johan Wouters – Faculté des sciences, Institut NISM
La liste est mise à jour chaque année, avec des données sur l'ensemble de la carrière et des impacts sur une seule année, dans un souci de transparence et de pertinence.
Les critères de mesure utilisés
Une variété de mesures bibliométriques sont prises en compte afin de garantir une représentation juste et équilibrée des travaux des chercheurs.
- Le C-score : ce score composite est basé sur divers facteurs bibliométriques, notamment le nombre total de citations.
- Le h-index : cet indicateur d’impact prend en compte le nombre de publications d’un chercheur ainsi que le nombre de leurs citations.
- Les percentiles des domaines et sous-domaines : les scientifiques sont classés en 22 grands domaines et 176 sous-domaines. Seuls ceux qui se classent dans les 2 % supérieurs de leur sous-domaine sont pris en compte.
- L’impact sur l'ensemble de la carrière ou sur une seule année : le classement est disponible à la fois pour l'impact sur l'ensemble de la carrière et pour les performances sur une seule année, ce qui permet de mieux comprendre la contribution à long terme et les réalisations récentes.
L’excellence de la recherche
Figurer parmi ces 2 % de scientifiques les plus performants est une donc reconnaissance prestigieuse de la contribution d'une personne à la science et démontre l'excellence de sa recherche, renforçant sa réputation dans le monde universitaire et dans l'industrie.
Le classement offre une visibilité dans toutes les disciplines, attirant l'attention sur des travaux qui, autrement, pourraient rester dans une niche ou être sous-appréciés. Il sert également de point de référence aux institutions et aux gouvernements pour évaluer l'influence de leurs programmes de recherche.
De nombreuses institutions utilisent ce classement pour mesurer le succès de leur faculté, ou autre entité, ce qui peut aussi renforcer la crédibilité au sein de la communauté universitaire.
Cette liste encourage les scientifiques à se concentrer sur la production d'une recherche de haute qualité et ayant un impact plutôt que sur la recherche de la quantité.
En compilant des données provenant de tous les domaines scientifiques et en proposant une approche équitable, basée sur des mesures, ce classement ne célèbre pas seulement les réalisations individuelles, mais souligne aussi l'importance d'une recherche ayant un impact sur l'avancement des connaissances. Il reste pourtant à nuancer, puisqu’il ne tient compte que de données quantitatives, qui ne sont pas forcément représentatives de toute la diversité de la recherche.
D'après une autre base de données, celle de l'UNESCO, le nombre de chercheurs dans le monde augmenterait de 300 000 par an, atteignant aujourd’hui les 9 millions. Le Top 2% comporte 200 000 noms dont douze chercheurs de l’Université de Namur.
Félicitation à eux pour leur recherche d’excellence et pour cette reconnaissance mondiale prestigieuse !