Le Namur Nanosafety Center étudie la toxicité des nanomatériaux en peinture

12/02/18

Crèmes solaires, voitures, bonbons au chocolat…Plus de 500 produits de consommation contiennent aujourd’hui des nanomatériaux. Composés de particules pas plus grandes que des cellules, ils sont censés apporter aux produits une plus-value quant à leurs propriétés physico-chimique. Mais qu'en est-il de leur toxicité ?

Le Namur Nanosafety Center a investigué sur la question à travers le projet NanoGeCo, en collaboration avec l’Université de Graz (Autriche), l’Institut  de recherches Fraunhofer IPA (Allemagne) et la société belge Dothée spécialisée en peinture industrielle.

LES NANOS EN PEINTURES

Cette étude est financée par le SPW Recherche et le programme européen SIINN ERA-NET. Programme qui encourage le transfert de résultats de recherches européennes en nanosciences et nanotechnologie vers des applications industrielles.

« Nous avons déjà travaillé sur les nanomatériaux dans de multiples projets, mais cette étude-ci a la particularité de s’intéresser à des produits commercialisables. Nous y étudions la toxicité des nanomatériaux présents dans les peintures industrielles » indique Julie Laloy, co-coordinatrice du projet, avec les professeurs Stéphane Lucas et Jean-Michel Dogné.

L’ajout de ces nanomatériaux apporte en fait à la matière des caractéristiques innovantes. Comme par exemple des propriétés de self-cleaning. « Grâce aux nanomatériaux présents dans la peinture, on peut imaginer que la pluie, en ruisselant, nettoierait la surface des murs » précise la chercheuse.

Les voies pulmonaires, une entrée privilégiée

Dans le bâtiment, les peintures sont le plus souvent pulvérisées au pistolet. Un des volets de l’étude se penche donc sur les fractions volatiles respirables, et les risques qu’elles peuvent avoir sur la santé des travailleurs. Un autre volet examine les solutions en étudiant les moyens de protection à mettre en place.

« Concrètement, nous testons 2 formulations à base de nanomatériaux produites par l’entreprise-partenaire, et nous mettons en place des scénarios plausibles d’expositions accidentelles » explique le Dr. Laloy.

« En parallèle, nous étudions l’efficacité de divers types de masques comme moyens de protection des voies pulmonaires » ajoute-t-elle.

La Belgique, pionnière sur la législation des nanomatériaux

Les études de ce type ne sont pas (encore) imposées dans notre pays.

« Les tests de toxicité ne sont pas en réalité obligatoires, et il n’est même pas exigé d’indiquer si un produit contient ou non des nanomatériaux. Un manque de transparence qui incite le consommateur à craindre cette technologie » estime Julie Laloy.

Cela fait toutefois plusieurs années que la Région wallonne explore la question de la sureté des nanomatériaux. Et la Belgique figure comme l’un des seuls pays à vouloir légiférer sur le sujet.

« Les nanosciences sont clairement un domaine d’avenir, et il est important de comprendre aujourd’hui les effets de ces matériaux novateurs » conclut la chercheuse.

C.S.

 

Pour davantage d'informations

 

Julie LALOY

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Jean-Michel DOGNE

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Stéphane LUCAS

Courriel : stephane.lucas@unamur.be
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