« Ensemble, je suis », tel est le slogan que la FaSEF adopte depuis sa création. Car c’est dans le collectif et la solidarité que le pouvoir d’agir des acteurs de l’éducation peut se déployer. Enseigner, ne doit plus être un métier solitaire.

Porter attention à l’éducation et à la formation comme objet de recherche et comme pratique sociale caractérise une société inscrite dans une volonté démocratique. L’éducation et la formation sont des piliers essentiels des sociétés démocratiques. Nourrir ces pratiques sociales de ce que la recherche scientifique permet d’en comprendre est crucial pour éduquer et former d’une part, de façon critique et d’autre part, pour former au développement de compétences critiques, réflexives et créatives.

Ainsi la FaSEF s’inscrit pleinement dans l’ambition de son université de se définir comme force démocratique, là où l’état de droit ne semble plus constituer une évidence.

Missions de la FaSEF

La FaSEF s’est donné pour mission de :

  1. Développer et promouvoir la recherche en sciences de l’éducation et de la formation fondée sur le déploiement des réseaux (nationaux et internationaux), dans un ancrage disciplinaire et pluridisciplinaire
  2. Former des actrices et des acteurs de l’enseignement dans une perspective durable
  3. Créer un écosystème au service des acteurs et actrices de l’éducation et de la formation pour le monde professionnel 
  4. Participer à l’écosystème pédagogique universitaire de l’UNamur (pédagogie universitaire) dans une perspective centrée utilisateurs et utilisatrices (étudiantes et enseignantes)

En 2025-2026, la FaSEF contribue et partage ses travaux de recherche et ses questionnements pédagogiques, notamment au travers de plusieurs évènements, notamment la journée d'étude intitulée "Préserver la démocratie : le rôle de la recherche en sciences de l’éducation et de la formation" - voir l'agenda ci-dessous.

À la une

Actualités

L’UNamur dévoile l’AI Score : le premier “compteur de fiabilité” des chatbots éducatifs

Intelligence Artificielle
Sciences
Informatique

A quel chatbot peut-on réellement faire confiance ? Une réponse fiable à cette question peut désormais être apportée grâce à un outil scientifique inédit : l’AI Score.  Développé par une équipe multidisciplinaire de chercheurs de l’Université de Namur, il permet de mesurer de manière objective, reproductible et transparente la fiabilité des chatbots éducatifs.

IA Score

ChatGPT, Copilot, Grok, Mistral, NotebookLM : les outils d’intelligence artificielle se généralisent dans les écoles, les universités et les entreprises. Or, jusqu’ici rien ne permettait aux usagers de connaitre la fiabilité de ces chatbots éducatifs. L’AI score, le nouvel outil développé par des chercheurs de l’UNamur, comble ce manque en mesurant la fiabilité pédagogique des chatbots éducatifs. « L’AI Score, c’est au chatbot ce que le compteur de vitesse fut à l’automobile », compare le Professeur Michaël Lobet, un des auteurs de la recherche. « L’arrivée de l’automobile au début du XXᵉ siècle a bouleversé les usages… mais c’est l’invention du compteur de vitesse qui a permis d’en faire un outil maîtrisé et fiable. Aujourd’hui, les chatbots pédagogiques ou autres chatbots présents dans des entreprises en général, sont à un stade similaire : puissants, enthousiasmants, mais sans instruments fiables de contrôle. L’AI Score propose d’être ce compteur », explique -t-il.

De la même manière que le NutriScore, l’ÉcoScore ou le certificat PEB aident les citoyens à faire des choix éclairés, l’AI Score offre une lecture simple et immédiate du niveau de confiance que l’on peut accorder à un chatbot. « À l’heure où la confiance dans les IA génératives devient un enjeu sociétal, l’AI Score guide les enseignants et les sociétés dans leurs choix d’outil à mettre dans les mains de leurs étudiants ou clients », souligne le Dr. Miguël Dhyne, collaborateur scientifique à l’UNamur, pédagogue et chercheur en physique « Il peut aussi aider les institutions à évaluer les solutions IA avant déploiement ou encore de vérifier leur fiabilité au cours du temps», ajoute-t-il. 

Une méthode scientifique, rigoureuse et accessible à tous

Il évalue quatre dimensions essentielles :

  • Performance initiale : l’IA répond-elle juste du premier coup ?
  • Robustesse : maintient‑elle sa réponse quand on la questionne ?
  • Capacité d’auto‑correction : reconnaît‑elle et corrige-t-elle ses erreurs ?
  • Manque de fiabilité : se contredit-elle ou perd-elle le fil de la conversation ?

Pour évaluer ces quatre dimensions, chaque chatbot est soumis à un test effectué dans des conditions identiques afin de garantir l’équité et la comparabilité. 

Les chatbots sont d’abord soumis à un ensemble de 10 questions à choix multiples, soigneusement sélectionnées pour être capable de soulever les éventuelles erreurs ou hésitations des IA. Ces questions se veulent donc discriminantes et dotées d’un niveau de difficulté équilibré. 

Après chaque réponse, le chatbot est relancé pour vérifier qu’il maintienne ses positions, qu’il admette une erreur ou qu’il ne se contredise pas. 

Puisque les IA ne répondent pas toujours de la même manière d’un essai à l’autre, le test est effectué à cinq reprises. Cela permet de s’assurer qu’un résultat reflète réellement les capacités de son chatbot. 

Ces critères sont notamment inspirés des standards des normes ISO/IEC TR 24028:2020 et ISO/IEC 42001:2023.

Chaque modèle testé obtient ensuite un score global et une lettre, dans le  même esprit que les scores utilisés en alimentation ou en énergie.

IA Score

Il a récemment été démontré que les méthodes de classement des grands modèles de langages (LLM leaderboards/ Chatbot Arena) qui reposent sur des votes populaires sont peu robustes au changement de quelques voix de préférences. Des votes malveillants, des biais d’évaluation, des effets de popularité ou des fuites de données peuvent donc impacter les classements sur lesquelles se basent des décisions d’entreprises, d’investissements, de communication marketing ou de choix pédagogiques et techniques. « A contrario, l’AI Score présente une méthode robuste, fiable et transparente que toute personne peut appliquer indépendamment pour juger de la pertinence de sa plateforme testée », ajoutent les chercheurs namurois.

Un outil ouvert, gratuit et utilisable dès aujourd’hui

L’AI Score est disponible gratuitement pour le grand public, les enseignants, les journalistes, les institutions et toute personne souhaitant comparer objectivement les performances des chatbots : https://aiscore.academy

Le site propose :

  • un accès libre à la méthodologie,
  • des exemples de scores,
  • des ressources pédagogiques,
  • et, prochainement, une documentation enrichie issue des retours des premiers utilisateurs.

L’accès du protocole au grand public permet aisément de le reproduire et de l’appliquer à différents modèles. Les chercheurs invitent donc la communauté à s’imprégner de l’outil et à contribuer à son amélioration. L’AI Score est une initiative ouverte qui a pour vocation d’être évolutive, de se perfectionner en permanence grâce aux retours des utilisateurs. 

Une innovation 100% belge, portée par l’Université de Namur

L’AI Score a été développé par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs de l’UNamur : 

  • Prof. Michaël Lobet : chercheur qualifié F.R.S.-FNRS  à l'Université de Namur et Professeur au sein du Département de physique. Il est aussi associé à l’Université d’Harvard.
  • Dr. Miguël Dhyne : collaborateur scientifique à l’UNamur, pédagogue et chercheur en physique, expert en innovation pédagogique, EdTech et IA éducative. Son rôle est de concevoir des solutions pratiques et de former les enseignants à l’utilisation d’outils numériques.
  • Laurence Dumortier : titulaire d'un doctorat en Sciences Mathématiques de l'Université de Namur, spécialiste informatique au sein de la Cellule TICE (UNamur/FaSEF). Elle accompagne également les enseignants dans la maîtrise des technologies éducatives
  • Jean-Roch Meurisse :  informaticien au sein de la Cellule TICE (UNamur/FaSEF) où il se consacre à la co-administration et l'évolution du LMS institutionnel. Il est chargé d’accompagner les enseignants et les chercheurs dans le choix, la mise en œuvre et le développement d’outils numériques pédagogiques. 

L’outil a été soumis pour publication scientifique et est en cours de relecture. 

L’UNamur comme acteur du développement technologique

L'Université de Namur s'affirme comme un acteur-clé de l'intelligence artificielle (IA) en intégrant cette technologie dans ses programmes d'enseignement, en menant des recherches de pointe sur le sujet et en mettant son expertise au service de la société.

Femmes de l’université 2026

Institution
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars, nous vous invitons à découvrir les portraits de sept femmes inspirantes issues des sept Facultés de l’université. 

Tout au long du mois de mars, une série de portraits de femmes de l’université sera visible dans différents espaces du campus. Imaginé et réalisé par quatre étudiantes de l’UNamur, et coordonné par le Service Vie de la communauté universitaire (VéCU), ce projet offre une vitrine inspirante aux parcours, aux voix et aux engagements de ces femmes qui font vivre l’institution au quotidien.  

les photos portraits de 7 Femmes de l'Université 2026

Séphora Boucenna, doyenne de la Faculté des Sciences de l’Education et de la Formation (FaSEF)

Un parcours atypique et évolutif

Professeure et aujourd’hui doyenne de la Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation, Séphora rejoint l’Université de Namur en novembre 1999. Elle y enseigne en formation initiale des enseignants ainsi que dans le master de spécialisation en accompagnement des professionnels (Mapemass). 

 

Séphora Boucenna doyenne faculté des sciences éducation et formation

Justine Bodart, doctorante à la Faculté des sciences

Un parcours construit pas à pas

Après ses études secondaires, Justine entre à l’université sans idée précise de la direction à prendre, si ce n’est qu’elle souhaite s’orienter vers les sciences. Elle choisit finalement les mathématiques, sans certitude au départ, mais découvre progressivement un véritable intérêt pour la discipline.  

Photo de Justine Bodart

Duvernelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique

Un parcours académique international

Duvernelle a effectué toute sa scolarité au Cameroun, où elle s’oriente dès son entrée en secondaire vers une option centrée sur les mathématiques et les sciences physiques. Après deux années d’université en biologie animale, elle décide de changer de voie et postule en Belgique, à l’Université de Namur, pour entamer des études en informatique. 

Photo de Durvenelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique

Alisson Kabili, technicienne de laboratoire à la Faculté de médecine

Trouver sa voie au cœur du laboratoire

Alisson travaille à l’Université de Namur depuis un an et demi en tant que technicienne de laboratoire au sein de la Faculté de médecine. Son rôle est essentiel : accompagner les chercheurs dans leurs manipulations, préparer les travaux pratiques destinés aux étudiants, et assurer la gestion quotidienne du laboratoire, des commandes de réactifs au suivi du matériel. 

Alisson Kabili

Virginie Di Luca, assistante administrative à la Faculté EMCP

Un parcours riche, multiple et résolument humain

Virginie a rejoint l’Université de Namur en février 2023 en tant que secrétaire du département sciences politiques, information et communication. Un rôle pivot, au cœur de la vie étudiante et académique. Son parcours ne suit pas une ligne droite, et c’est ce qu’elle en aime aujourd’hui. 

Virginie Di Luca

Amélie Lachapelle, professeure à la Faculté de droit

Un parcours entre hasard, rencontres et convictions

Enseignante à la Faculté de droit de l’UNamur ainsi qu’à l’Université Saint-Louis, Amélie porte également depuis 2025 le rôle de chargée de mission "Transitions & Développement soutenable". Un parcours riche, fait de curiosité et de détours, mais toujours guidé par l’envie de comprendre le droit autrement. 

Amélie Lachapelle (c) Sebastien Roberty

Anne Roekens, professeure à la Faculté de philosophie et lettres

L’enseignement au cœur de son parcours 

Anne se présente d’emblée comme une passionnée d’enseignement. Professeure d’histoire contemporaine, elle décrit un parcours académique « assez linéaire », guidé naturellement vers les salles de classe. Après des études en histoire, elle s’oriente très rapidement vers un doctorat consacré aux questions de langue et de diversité. 

Anne Roekens

Le 8 mars, la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

La Journée internationale des femmes (ONU) également appelée “journée internationale des luttes pour les droits des femmes” (ONU Femmes) est célébrée chaque année le 8 mars. Cette journée permet de mettre en lumière les combats menés pour les droits des femmes et, plus largement, pour l’élimination des inégalités entre les femmes et les hommes.  

Bien que la Journée internationale des femmes ait été officialisée par les Nations Unies en 1977, dans le prolongement de l’Année internationale de la femme proclamée en 1975 par l’Assemblée générale de l’ONU, ses origines remontent aux mouvements sociaux qui ont émergé en Amérique du Nord et en Europe au tournant du XXe siècle. 

L'Université de Namur lutte contre les discriminations liées au genre

La lutte contre les discriminations liées au genre est une priorité à l’UNamur qui s’engage fermement à promouvoir l’égalité des genres, la non-discrimination et le respect de la diversité.  

L’objectif de l’UNamur est de créer une communauté universitaire inclusive où chacune et chacun peut s’épanouir, indépendamment de son genre. En embrassant la diversité et en adoptant des mesures concrètes, l’université affirme son engagement envers une société plus équitable qui repose sur les valeurs de justice, d’inclusion et de respect de la dignité humaine. 

Former des enseignants réflexifs, autonomes et solidaires

Pédagogie

Depuis septembre 2023, la réforme de la formation initiale des enseignants (RFIE) transforme en profondeur le métier d’enseignant. Cette année, elle franchit une nouvelle étape avec le remplacement des anciens masters à finalité didactique et l'agrégation par des masters en enseignement section 4 et 5. Portée par la FaSEF (Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation), en collaboration avec les Facultés des sciences et EMCP (Économie, Management, Communication et sciencesPo), la réforme s’accompagne d’un partenariat renforcé avec l’HENALLUX (Haute École de Namur-Liège-Luxembourg).

Enseignement

La RFIE trouve ses racines dans un constat préoccupant : notre système éducatif peine à remplir ses missions d’efficacité et d’équité. Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) révèlent des niveaux de compétences inférieurs à la moyenne des pays industrialisés et une incapacité chronique à compenser les inégalités sociales. Dans un contexte européen où l’éducation est pensée comme levier de développement du « capital humain », la Fédération Wallonie-Bruxelles a voulu agir. Inspirée par les objectifs de Lisbonne (2009), la réforme vise à revaloriser le métier d’enseignant, à renforcer la professionnalisation et à mieux préparer les futurs professeurs à la diversité des publics scolaires. Elle ambitionne de transformer en profondeur la culture de formation pour améliorer la réussite de tous les élèves.

Former des praticiens réflexifs et autonomes

La formation des enseignants s’organise désormais autour des âges et des besoins des élèves, des compétences à acquérir dans le cadre de l’évolution du métier et du Pacte pour un enseignement d’excellence.

Chaque programme se construit autour de six axes : formation disciplinaire, communication, se former à et par la pratique, didactique et pédagogie, sciences humaines et sociales, recherche en éducation et en didactique. 

Schéma explicatif RFIE

Les étudiants apprennent donc à articuler savoirs, pratiques et recherche pour devenir des enseignants réflexifs, capables d’évaluer leurs actions, d’ajuster leurs méthodes et de collaborer avec leurs pairs.

Diversité et différenciation au cœur de la formation

L’un des piliers de la réforme concerne la prise en compte de la diversité des élèves. « Tous n’apprennent pas de la même manière ni au même rythme », rappelle Sandrine Biémar, vice-doyenne de la FaSEF. « Nous voulons que nos enseignants soient aptes à diversifier leurs pratiques, sans tomber dans l’individualisation extrême. »
Les cours de psychologie de l’apprentissage, de sociologie de l’éducation ou encore de différenciation pédagogique permettent d’aborder la pluralité comme une richesse. « Comprendre qu’on a soi-même un style cognitif particulier », ajoute Sephora Boucenna, « c’est déjà une manière de rencontrer la diversité. Cela amène à proposer une variété de chemins d’apprentissage, plutôt que de juger l'élève incapable. »

Pour les élèves, cette évolution se traduit par des dispositifs pédagogiques plus adaptés et une meilleure compréhension de leurs besoins en vue de réduire les inégalités. L’objectif est clair : éviter le redoublement comme réponse aux difficultés, former des citoyens compétents et contribuer à une école qui retrouve son rôle d’ascenseur social.

Des stages repensés pour ancrer le métier

Autre changement majeur : les étudiants bénéficient désormais de stages plus longs, mieux encadrés et intégrés à leur parcours de formation. « Accueillir un stagiaire, ce n’est pas seulement lui ouvrir sa classe, l'observer, et l'évaluer, c'est aussi pouvoir l'accompagner », souligne Sandrine BiémarRaison pour laquelle, l’UNamur propose un certificat spécifique pour les maîtres de stages.

Ce suivi facilite la transition vers l’emploi. Les enquêtes montrent qu’entre 30 et 40 % des jeunes enseignants quittent la profession dans les cinq premières années. « En renforçant la formation à et par la pratique, nous voulons consolider leur entrée dans le métier et éviter ces décrochages », ajoute-t-elle.

Une collaboration renforcée

Assurer la continuité entre les différents niveaux d’enseignement est également un objectif central de cette réforme. « Grâce à la nouvelle structure en 5 sections (cf. illustration) », explique Sandrine Biémar, « un instituteur maternel comprend mieux ce qui se joue dans les premières années du primaire, et un professeur du secondaire perçoit la manière dont se construisent les apprentissages en amont. Cette cohérence permet d’éviter les ruptures et de renforcer la continuité du parcours des élèves. »

Pour cela, l’UNamur collabore avec l'HENALLUX au sein d’un consortium. « Universités et hautes écoles travaillaient autrefois en parallèle », rappelle Sandrine Biémar. « Désormais, nous construisons ensemble les programmes et les dispositifs pédagogiques. Même si l’UNamur a une longue tradition de formation des enseignants pour le secondaire supérieur, elle est maintenant impliquée dans la formation des enseignants de la première maternelle à la 6ème secondaire."

Un réseau éducatif cohérent

Ces collaborations s’étendent à la formation continue grâce à la Salle des Pros, structure de l’UNamur qui regroupe les centres de formation continue à destination des enseignants. 

« À travers cette réforme, nous créons un réseau d’acteurs éducatifs cohérent et durable », résume Sephora Boucenna. « En reliant formation initiale, recherche et formation continue, nous posons les bases d’une profession enseignante forte, réflexive et solidaire. » 

Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #39 (Décembre 2025).

 

Cover Omalius décembre 2025

Université et démocratie : un lien vivant, parfois menacé

Paroles d'experts
Démocratie

Méfiance envers les institutions politiques traditionnelles et les élus, montée des logiques autoritaires, définancement des services publics… La démocratie semble aujourd’hui traverser une zone de turbulences. Dans ce contexte, quel rôle l’université joue-t-elle ? Pour éclairer cette question, nous avons rencontré quatre chercheurs issus de disciplines différentes : la pédagogue Sephora Boucenna, le philosophe Louis Carré, le politologue Vincent Jacquet, la juriste Aline Nardi. Leurs regards croisés dessinent les contours d’un enjeu plus que jamais d’actualité : penser et défendre le lien entre université et démocratie.

démocratie-visages

La démocratie n’a rien d’un concept figé. Elle fait débat, surtout aujourd’hui. Louis Carré, directeur du Département de philosophie et membre de l’Espace philosophique de Namur (Institut ESPHIN), en propose une définition en trois dimensions : un régime politique, un état de droit et une manière de faire société.

Le concept de démocratie : entre pouvoir du peuple et centralisation

« Étymologiquement, la démocratie est un régime politique qui consiste à donner le pouvoir au peuple », rappelle-t-il. « Nos démocraties occidentales reposent aujourd’hui sur l’idée que le peuple est souverain, sans pour autant gouverner directement. De là naît une tension entre la démocratie idéale et la démocratie réelle. » Vincent Jacquet, professeur au Département des sciences sociales, politiques et de la communication et président de l’Institut Transitions appuie le propos : « La démocratie est un idéal d’autogouvernement des citoyens, mais il est en tension avec des logiques plus centralisatrices, plus autoritaires. […] Nos systèmes politiques sont traversés par ces différentes tensions, avec à la fois des logiques autoritaires de plus en plus présentes, y compris chez nous, et des logiques de participation qui s’accompagnent parfois de beaucoup d’espoir et de déception aussi. »

Deuxième pilier selon Louis Carré : l’État de droit. La démocratie garantit les droits fondamentaux de tous les citoyens par la constitution. Mais là encore, gare aux paradoxes : « On pourrait en effet imaginer des lois prises par la majorité des représentants ou par un référendum, mais qui contreviennent aux droits fondamentaux », souligne le philosophe. La démocratie ne peut donc se résumer au seul principe majoritaire.

Enfin, la démocratie est également une manière de faire société. Elle repose sur un réel pluralisme : diversité des opinions, des croyances et des valeurs. « Cela suppose l’existence d’un espace public relativement autonome face au pouvoir en place qui, par moment, conteste les décisions prises par les gouvernements qui ont été élus », insiste Louis Carré.

La méfiance des citoyens vis-à-vis du politique n’est, à ce titre, pas nécessairement un symptôme de crise démocratique. Elle peut même en être un signe de vitalité, comme l’explique Vincent Jacquet : « Le fait que les citoyens soient critiques envers leur gouvernement n’est pas forcément négatif parce que, dans une démocratie, les citoyens doivent pouvoir contrôler les actions des gouvernants ».

Photo de Vincent Jacquet
Vincent Jacquet

Former les gouvernants… et les gouvernés

Dans ce contexte, quelle est la responsabilité de l’université ? Louis Carré rappelle d’abord une réalité simple : une grande partie de nos élus sont passés par les bancs de l’université. Mais sa mission d’enseignement ne s’arrête pas là. « Il s’agit de former des citoyens éclairés, pas seulement des gouvernants. Les universités doivent offrir un enseignement supérieur de qualité, ouvert au plus grand nombre », affirme-t-il.

« La démocratie suppose en effet des citoyens capables de débattre, de réfléchir, de problématiser les enjeux », complète Sephora Boucenna, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation et membre de l’Institut de Recherches en Didactiques et Éducation de l’UNamur (IRDENA). Il s’agit donc de former des esprits réflexifs, aptes à interroger leur époque.

Former des enseignants réflexifs, pour des citoyens critiques

L’université forme également ceux qui, demain, éduqueront les générations futures : les enseignants. Et là encore, la démocratie est en jeu.

 « Notre mission est de former des enseignants réflexifs qui, eux-mêmes, apprendront à leurs élèves à penser de manière critique », insiste Sephora Boucenna. Cela passe par un travail en profondeur sur l’analyse de pratiques, la construction collective et l’apprentissage du débat, dès la formation initiale des enseignants jusqu'à leur formation continue. 

Sephora BOUCENNA
Sephora Boucenna

Produire et diffuser du savoir… en toute indépendance

Outre l’enseignement, l’université a également une mission de recherche et de service à la société. Elle produit des savoirs qui peuvent éclairer les politiques publiques, mais aussi les questionner. Cette fonction critique suppose une indépendance réelle vis-à-vis du politique. « Pour analyser avec lucidité les mécanismes démocratiques, y compris ceux que les gouvernements mettent en place, il faut que l’université garde sa liberté de recherche et de parole », souligne Vincent Jacquet.

 

Louis Carré va plus loin : « Comme la presse, l’université est une forme de contre-pouvoir dans l’espace public ». Il précise par ailleurs qu’« il y a une confusion entre liberté d’opinion et liberté académique. Les savoirs universitaires passent par une série de procédures de vérification, d’expérimentation, de discussion au sein de la communauté scientifique. Cela leur donne une robustesse qui n’est pas celle d’une opinion, d’une valeur, d’une croyance. » 

Louis Carré
Louis Carré

Cette fonction critique de l’université suppose donc une indépendance forte. Or, en Belgique, le financement des universités relève largement du pouvoir politique. « Celane doit pas signifier une mise sous tutelle », alerte Louis Carré. « Mener des recherches critiques, qui ne satisfont pas à court terme des commanditaires, demande une indépendance, y compris de moyens. Il faut des chercheurs en nombre qui puissent analyser différents types de dynamiques. Plus on coupera dans les finances de la recherche, comme c’est le cas aujourd’hui, moins on aura de chercheurs et donc de capacité d’analyse indépendante et de diversité des perspectives », insiste Vincent Jacquet.

Le mouvement « Université en colère », récemment lancé au sein des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, entend dénoncer les effets du définancement. Ses représentants appellent à « garantir les conditions de développement d’une université ouverte, indépendante, de qualité et accessible au plus grand nombre. Face aux défis sociaux, économiques et politiques de notre temps et parce que d’autres choix de société, et donc budgétaires, sont possibles, il est plus que jamais essentiel de renforcer les institutions et les acteurs au cœur de la production du savoir. » 

Entre vigilance et engagement : un lien à réinventer

La démocratie ne se limite donc ni aux élections ni aux institutions. Elle repose sur une vigilance collective, portée par les citoyens, les savoirs… et les lieux où ces savoirs se construisent. À ce titre, l’université apparaît comme un maillon essentiel de la vitalité démocratique. À condition de rester indépendante, accessible et ouverte sur la société.

« La démocratie, ce n’est pas seulement une affaire d’institutions. C’est l’affaire de citoyens qui la font vivre et qui s’organisent pour faire valoir leurs perspectives à différents moments », insiste Vincent Jacquet. Une invitation claire à ne pas rester spectateur, mais à participer, avec lucidité et exigence, à la construction d’un avenir démocratique commun.

Une année académique, placée sous la thématique de la démocratie

Retrouvez le discours prononcé par la Rectrice Annick Castiaux lors de la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026.

Discours de la Rectrice à la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026

Cet article est tiré de la rubrique "Le jour où" du magazine Omalius #38 (Septembre 2025).

cover-omalius-septembre-2025

L’UNamur dévoile l’AI Score : le premier “compteur de fiabilité” des chatbots éducatifs

Intelligence Artificielle
Sciences
Informatique

A quel chatbot peut-on réellement faire confiance ? Une réponse fiable à cette question peut désormais être apportée grâce à un outil scientifique inédit : l’AI Score.  Développé par une équipe multidisciplinaire de chercheurs de l’Université de Namur, il permet de mesurer de manière objective, reproductible et transparente la fiabilité des chatbots éducatifs.

IA Score

ChatGPT, Copilot, Grok, Mistral, NotebookLM : les outils d’intelligence artificielle se généralisent dans les écoles, les universités et les entreprises. Or, jusqu’ici rien ne permettait aux usagers de connaitre la fiabilité de ces chatbots éducatifs. L’AI score, le nouvel outil développé par des chercheurs de l’UNamur, comble ce manque en mesurant la fiabilité pédagogique des chatbots éducatifs. « L’AI Score, c’est au chatbot ce que le compteur de vitesse fut à l’automobile », compare le Professeur Michaël Lobet, un des auteurs de la recherche. « L’arrivée de l’automobile au début du XXᵉ siècle a bouleversé les usages… mais c’est l’invention du compteur de vitesse qui a permis d’en faire un outil maîtrisé et fiable. Aujourd’hui, les chatbots pédagogiques ou autres chatbots présents dans des entreprises en général, sont à un stade similaire : puissants, enthousiasmants, mais sans instruments fiables de contrôle. L’AI Score propose d’être ce compteur », explique -t-il.

De la même manière que le NutriScore, l’ÉcoScore ou le certificat PEB aident les citoyens à faire des choix éclairés, l’AI Score offre une lecture simple et immédiate du niveau de confiance que l’on peut accorder à un chatbot. « À l’heure où la confiance dans les IA génératives devient un enjeu sociétal, l’AI Score guide les enseignants et les sociétés dans leurs choix d’outil à mettre dans les mains de leurs étudiants ou clients », souligne le Dr. Miguël Dhyne, collaborateur scientifique à l’UNamur, pédagogue et chercheur en physique « Il peut aussi aider les institutions à évaluer les solutions IA avant déploiement ou encore de vérifier leur fiabilité au cours du temps», ajoute-t-il. 

Une méthode scientifique, rigoureuse et accessible à tous

Il évalue quatre dimensions essentielles :

  • Performance initiale : l’IA répond-elle juste du premier coup ?
  • Robustesse : maintient‑elle sa réponse quand on la questionne ?
  • Capacité d’auto‑correction : reconnaît‑elle et corrige-t-elle ses erreurs ?
  • Manque de fiabilité : se contredit-elle ou perd-elle le fil de la conversation ?

Pour évaluer ces quatre dimensions, chaque chatbot est soumis à un test effectué dans des conditions identiques afin de garantir l’équité et la comparabilité. 

Les chatbots sont d’abord soumis à un ensemble de 10 questions à choix multiples, soigneusement sélectionnées pour être capable de soulever les éventuelles erreurs ou hésitations des IA. Ces questions se veulent donc discriminantes et dotées d’un niveau de difficulté équilibré. 

Après chaque réponse, le chatbot est relancé pour vérifier qu’il maintienne ses positions, qu’il admette une erreur ou qu’il ne se contredise pas. 

Puisque les IA ne répondent pas toujours de la même manière d’un essai à l’autre, le test est effectué à cinq reprises. Cela permet de s’assurer qu’un résultat reflète réellement les capacités de son chatbot. 

Ces critères sont notamment inspirés des standards des normes ISO/IEC TR 24028:2020 et ISO/IEC 42001:2023.

Chaque modèle testé obtient ensuite un score global et une lettre, dans le  même esprit que les scores utilisés en alimentation ou en énergie.

IA Score

Il a récemment été démontré que les méthodes de classement des grands modèles de langages (LLM leaderboards/ Chatbot Arena) qui reposent sur des votes populaires sont peu robustes au changement de quelques voix de préférences. Des votes malveillants, des biais d’évaluation, des effets de popularité ou des fuites de données peuvent donc impacter les classements sur lesquelles se basent des décisions d’entreprises, d’investissements, de communication marketing ou de choix pédagogiques et techniques. « A contrario, l’AI Score présente une méthode robuste, fiable et transparente que toute personne peut appliquer indépendamment pour juger de la pertinence de sa plateforme testée », ajoutent les chercheurs namurois.

Un outil ouvert, gratuit et utilisable dès aujourd’hui

L’AI Score est disponible gratuitement pour le grand public, les enseignants, les journalistes, les institutions et toute personne souhaitant comparer objectivement les performances des chatbots : https://aiscore.academy

Le site propose :

  • un accès libre à la méthodologie,
  • des exemples de scores,
  • des ressources pédagogiques,
  • et, prochainement, une documentation enrichie issue des retours des premiers utilisateurs.

L’accès du protocole au grand public permet aisément de le reproduire et de l’appliquer à différents modèles. Les chercheurs invitent donc la communauté à s’imprégner de l’outil et à contribuer à son amélioration. L’AI Score est une initiative ouverte qui a pour vocation d’être évolutive, de se perfectionner en permanence grâce aux retours des utilisateurs. 

Une innovation 100% belge, portée par l’Université de Namur

L’AI Score a été développé par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs de l’UNamur : 

  • Prof. Michaël Lobet : chercheur qualifié F.R.S.-FNRS  à l'Université de Namur et Professeur au sein du Département de physique. Il est aussi associé à l’Université d’Harvard.
  • Dr. Miguël Dhyne : collaborateur scientifique à l’UNamur, pédagogue et chercheur en physique, expert en innovation pédagogique, EdTech et IA éducative. Son rôle est de concevoir des solutions pratiques et de former les enseignants à l’utilisation d’outils numériques.
  • Laurence Dumortier : titulaire d'un doctorat en Sciences Mathématiques de l'Université de Namur, spécialiste informatique au sein de la Cellule TICE (UNamur/FaSEF). Elle accompagne également les enseignants dans la maîtrise des technologies éducatives
  • Jean-Roch Meurisse :  informaticien au sein de la Cellule TICE (UNamur/FaSEF) où il se consacre à la co-administration et l'évolution du LMS institutionnel. Il est chargé d’accompagner les enseignants et les chercheurs dans le choix, la mise en œuvre et le développement d’outils numériques pédagogiques. 

L’outil a été soumis pour publication scientifique et est en cours de relecture. 

L’UNamur comme acteur du développement technologique

L'Université de Namur s'affirme comme un acteur-clé de l'intelligence artificielle (IA) en intégrant cette technologie dans ses programmes d'enseignement, en menant des recherches de pointe sur le sujet et en mettant son expertise au service de la société.

Femmes de l’université 2026

Institution
Genre et diversité
ODD 5 - Égalité entre les sexes

A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars, nous vous invitons à découvrir les portraits de sept femmes inspirantes issues des sept Facultés de l’université. 

Tout au long du mois de mars, une série de portraits de femmes de l’université sera visible dans différents espaces du campus. Imaginé et réalisé par quatre étudiantes de l’UNamur, et coordonné par le Service Vie de la communauté universitaire (VéCU), ce projet offre une vitrine inspirante aux parcours, aux voix et aux engagements de ces femmes qui font vivre l’institution au quotidien.  

les photos portraits de 7 Femmes de l'Université 2026

Séphora Boucenna, doyenne de la Faculté des Sciences de l’Education et de la Formation (FaSEF)

Un parcours atypique et évolutif

Professeure et aujourd’hui doyenne de la Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation, Séphora rejoint l’Université de Namur en novembre 1999. Elle y enseigne en formation initiale des enseignants ainsi que dans le master de spécialisation en accompagnement des professionnels (Mapemass). 

 

Séphora Boucenna doyenne faculté des sciences éducation et formation

Justine Bodart, doctorante à la Faculté des sciences

Un parcours construit pas à pas

Après ses études secondaires, Justine entre à l’université sans idée précise de la direction à prendre, si ce n’est qu’elle souhaite s’orienter vers les sciences. Elle choisit finalement les mathématiques, sans certitude au départ, mais découvre progressivement un véritable intérêt pour la discipline.  

Photo de Justine Bodart

Duvernelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique

Un parcours académique international

Duvernelle a effectué toute sa scolarité au Cameroun, où elle s’oriente dès son entrée en secondaire vers une option centrée sur les mathématiques et les sciences physiques. Après deux années d’université en biologie animale, elle décide de changer de voie et postule en Belgique, à l’Université de Namur, pour entamer des études en informatique. 

Photo de Durvenelle Ngouzon Nguimdo, étudiante à la Faculté d’informatique

Alisson Kabili, technicienne de laboratoire à la Faculté de médecine

Trouver sa voie au cœur du laboratoire

Alisson travaille à l’Université de Namur depuis un an et demi en tant que technicienne de laboratoire au sein de la Faculté de médecine. Son rôle est essentiel : accompagner les chercheurs dans leurs manipulations, préparer les travaux pratiques destinés aux étudiants, et assurer la gestion quotidienne du laboratoire, des commandes de réactifs au suivi du matériel. 

Alisson Kabili

Virginie Di Luca, assistante administrative à la Faculté EMCP

Un parcours riche, multiple et résolument humain

Virginie a rejoint l’Université de Namur en février 2023 en tant que secrétaire du département sciences politiques, information et communication. Un rôle pivot, au cœur de la vie étudiante et académique. Son parcours ne suit pas une ligne droite, et c’est ce qu’elle en aime aujourd’hui. 

Virginie Di Luca

Amélie Lachapelle, professeure à la Faculté de droit

Un parcours entre hasard, rencontres et convictions

Enseignante à la Faculté de droit de l’UNamur ainsi qu’à l’Université Saint-Louis, Amélie porte également depuis 2025 le rôle de chargée de mission "Transitions & Développement soutenable". Un parcours riche, fait de curiosité et de détours, mais toujours guidé par l’envie de comprendre le droit autrement. 

Amélie Lachapelle (c) Sebastien Roberty

Anne Roekens, professeure à la Faculté de philosophie et lettres

L’enseignement au cœur de son parcours 

Anne se présente d’emblée comme une passionnée d’enseignement. Professeure d’histoire contemporaine, elle décrit un parcours académique « assez linéaire », guidé naturellement vers les salles de classe. Après des études en histoire, elle s’oriente très rapidement vers un doctorat consacré aux questions de langue et de diversité. 

Anne Roekens

Le 8 mars, la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes

La Journée internationale des femmes (ONU) également appelée “journée internationale des luttes pour les droits des femmes” (ONU Femmes) est célébrée chaque année le 8 mars. Cette journée permet de mettre en lumière les combats menés pour les droits des femmes et, plus largement, pour l’élimination des inégalités entre les femmes et les hommes.  

Bien que la Journée internationale des femmes ait été officialisée par les Nations Unies en 1977, dans le prolongement de l’Année internationale de la femme proclamée en 1975 par l’Assemblée générale de l’ONU, ses origines remontent aux mouvements sociaux qui ont émergé en Amérique du Nord et en Europe au tournant du XXe siècle. 

L'Université de Namur lutte contre les discriminations liées au genre

La lutte contre les discriminations liées au genre est une priorité à l’UNamur qui s’engage fermement à promouvoir l’égalité des genres, la non-discrimination et le respect de la diversité.  

L’objectif de l’UNamur est de créer une communauté universitaire inclusive où chacune et chacun peut s’épanouir, indépendamment de son genre. En embrassant la diversité et en adoptant des mesures concrètes, l’université affirme son engagement envers une société plus équitable qui repose sur les valeurs de justice, d’inclusion et de respect de la dignité humaine. 

Former des enseignants réflexifs, autonomes et solidaires

Pédagogie

Depuis septembre 2023, la réforme de la formation initiale des enseignants (RFIE) transforme en profondeur le métier d’enseignant. Cette année, elle franchit une nouvelle étape avec le remplacement des anciens masters à finalité didactique et l'agrégation par des masters en enseignement section 4 et 5. Portée par la FaSEF (Faculté des Sciences de l’Éducation et de la Formation), en collaboration avec les Facultés des sciences et EMCP (Économie, Management, Communication et sciencesPo), la réforme s’accompagne d’un partenariat renforcé avec l’HENALLUX (Haute École de Namur-Liège-Luxembourg).

Enseignement

La RFIE trouve ses racines dans un constat préoccupant : notre système éducatif peine à remplir ses missions d’efficacité et d’équité. Les enquêtes PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) révèlent des niveaux de compétences inférieurs à la moyenne des pays industrialisés et une incapacité chronique à compenser les inégalités sociales. Dans un contexte européen où l’éducation est pensée comme levier de développement du « capital humain », la Fédération Wallonie-Bruxelles a voulu agir. Inspirée par les objectifs de Lisbonne (2009), la réforme vise à revaloriser le métier d’enseignant, à renforcer la professionnalisation et à mieux préparer les futurs professeurs à la diversité des publics scolaires. Elle ambitionne de transformer en profondeur la culture de formation pour améliorer la réussite de tous les élèves.

Former des praticiens réflexifs et autonomes

La formation des enseignants s’organise désormais autour des âges et des besoins des élèves, des compétences à acquérir dans le cadre de l’évolution du métier et du Pacte pour un enseignement d’excellence.

Chaque programme se construit autour de six axes : formation disciplinaire, communication, se former à et par la pratique, didactique et pédagogie, sciences humaines et sociales, recherche en éducation et en didactique. 

Schéma explicatif RFIE

Les étudiants apprennent donc à articuler savoirs, pratiques et recherche pour devenir des enseignants réflexifs, capables d’évaluer leurs actions, d’ajuster leurs méthodes et de collaborer avec leurs pairs.

Diversité et différenciation au cœur de la formation

L’un des piliers de la réforme concerne la prise en compte de la diversité des élèves. « Tous n’apprennent pas de la même manière ni au même rythme », rappelle Sandrine Biémar, vice-doyenne de la FaSEF. « Nous voulons que nos enseignants soient aptes à diversifier leurs pratiques, sans tomber dans l’individualisation extrême. »
Les cours de psychologie de l’apprentissage, de sociologie de l’éducation ou encore de différenciation pédagogique permettent d’aborder la pluralité comme une richesse. « Comprendre qu’on a soi-même un style cognitif particulier », ajoute Sephora Boucenna, « c’est déjà une manière de rencontrer la diversité. Cela amène à proposer une variété de chemins d’apprentissage, plutôt que de juger l'élève incapable. »

Pour les élèves, cette évolution se traduit par des dispositifs pédagogiques plus adaptés et une meilleure compréhension de leurs besoins en vue de réduire les inégalités. L’objectif est clair : éviter le redoublement comme réponse aux difficultés, former des citoyens compétents et contribuer à une école qui retrouve son rôle d’ascenseur social.

Des stages repensés pour ancrer le métier

Autre changement majeur : les étudiants bénéficient désormais de stages plus longs, mieux encadrés et intégrés à leur parcours de formation. « Accueillir un stagiaire, ce n’est pas seulement lui ouvrir sa classe, l'observer, et l'évaluer, c'est aussi pouvoir l'accompagner », souligne Sandrine BiémarRaison pour laquelle, l’UNamur propose un certificat spécifique pour les maîtres de stages.

Ce suivi facilite la transition vers l’emploi. Les enquêtes montrent qu’entre 30 et 40 % des jeunes enseignants quittent la profession dans les cinq premières années. « En renforçant la formation à et par la pratique, nous voulons consolider leur entrée dans le métier et éviter ces décrochages », ajoute-t-elle.

Une collaboration renforcée

Assurer la continuité entre les différents niveaux d’enseignement est également un objectif central de cette réforme. « Grâce à la nouvelle structure en 5 sections (cf. illustration) », explique Sandrine Biémar, « un instituteur maternel comprend mieux ce qui se joue dans les premières années du primaire, et un professeur du secondaire perçoit la manière dont se construisent les apprentissages en amont. Cette cohérence permet d’éviter les ruptures et de renforcer la continuité du parcours des élèves. »

Pour cela, l’UNamur collabore avec l'HENALLUX au sein d’un consortium. « Universités et hautes écoles travaillaient autrefois en parallèle », rappelle Sandrine Biémar. « Désormais, nous construisons ensemble les programmes et les dispositifs pédagogiques. Même si l’UNamur a une longue tradition de formation des enseignants pour le secondaire supérieur, elle est maintenant impliquée dans la formation des enseignants de la première maternelle à la 6ème secondaire."

Un réseau éducatif cohérent

Ces collaborations s’étendent à la formation continue grâce à la Salle des Pros, structure de l’UNamur qui regroupe les centres de formation continue à destination des enseignants. 

« À travers cette réforme, nous créons un réseau d’acteurs éducatifs cohérent et durable », résume Sephora Boucenna. « En reliant formation initiale, recherche et formation continue, nous posons les bases d’une profession enseignante forte, réflexive et solidaire. » 

Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #39 (Décembre 2025).

 

Cover Omalius décembre 2025

Université et démocratie : un lien vivant, parfois menacé

Paroles d'experts
Démocratie

Méfiance envers les institutions politiques traditionnelles et les élus, montée des logiques autoritaires, définancement des services publics… La démocratie semble aujourd’hui traverser une zone de turbulences. Dans ce contexte, quel rôle l’université joue-t-elle ? Pour éclairer cette question, nous avons rencontré quatre chercheurs issus de disciplines différentes : la pédagogue Sephora Boucenna, le philosophe Louis Carré, le politologue Vincent Jacquet, la juriste Aline Nardi. Leurs regards croisés dessinent les contours d’un enjeu plus que jamais d’actualité : penser et défendre le lien entre université et démocratie.

démocratie-visages

La démocratie n’a rien d’un concept figé. Elle fait débat, surtout aujourd’hui. Louis Carré, directeur du Département de philosophie et membre de l’Espace philosophique de Namur (Institut ESPHIN), en propose une définition en trois dimensions : un régime politique, un état de droit et une manière de faire société.

Le concept de démocratie : entre pouvoir du peuple et centralisation

« Étymologiquement, la démocratie est un régime politique qui consiste à donner le pouvoir au peuple », rappelle-t-il. « Nos démocraties occidentales reposent aujourd’hui sur l’idée que le peuple est souverain, sans pour autant gouverner directement. De là naît une tension entre la démocratie idéale et la démocratie réelle. » Vincent Jacquet, professeur au Département des sciences sociales, politiques et de la communication et président de l’Institut Transitions appuie le propos : « La démocratie est un idéal d’autogouvernement des citoyens, mais il est en tension avec des logiques plus centralisatrices, plus autoritaires. […] Nos systèmes politiques sont traversés par ces différentes tensions, avec à la fois des logiques autoritaires de plus en plus présentes, y compris chez nous, et des logiques de participation qui s’accompagnent parfois de beaucoup d’espoir et de déception aussi. »

Deuxième pilier selon Louis Carré : l’État de droit. La démocratie garantit les droits fondamentaux de tous les citoyens par la constitution. Mais là encore, gare aux paradoxes : « On pourrait en effet imaginer des lois prises par la majorité des représentants ou par un référendum, mais qui contreviennent aux droits fondamentaux », souligne le philosophe. La démocratie ne peut donc se résumer au seul principe majoritaire.

Enfin, la démocratie est également une manière de faire société. Elle repose sur un réel pluralisme : diversité des opinions, des croyances et des valeurs. « Cela suppose l’existence d’un espace public relativement autonome face au pouvoir en place qui, par moment, conteste les décisions prises par les gouvernements qui ont été élus », insiste Louis Carré.

La méfiance des citoyens vis-à-vis du politique n’est, à ce titre, pas nécessairement un symptôme de crise démocratique. Elle peut même en être un signe de vitalité, comme l’explique Vincent Jacquet : « Le fait que les citoyens soient critiques envers leur gouvernement n’est pas forcément négatif parce que, dans une démocratie, les citoyens doivent pouvoir contrôler les actions des gouvernants ».

Photo de Vincent Jacquet
Vincent Jacquet

Former les gouvernants… et les gouvernés

Dans ce contexte, quelle est la responsabilité de l’université ? Louis Carré rappelle d’abord une réalité simple : une grande partie de nos élus sont passés par les bancs de l’université. Mais sa mission d’enseignement ne s’arrête pas là. « Il s’agit de former des citoyens éclairés, pas seulement des gouvernants. Les universités doivent offrir un enseignement supérieur de qualité, ouvert au plus grand nombre », affirme-t-il.

« La démocratie suppose en effet des citoyens capables de débattre, de réfléchir, de problématiser les enjeux », complète Sephora Boucenna, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation et membre de l’Institut de Recherches en Didactiques et Éducation de l’UNamur (IRDENA). Il s’agit donc de former des esprits réflexifs, aptes à interroger leur époque.

Former des enseignants réflexifs, pour des citoyens critiques

L’université forme également ceux qui, demain, éduqueront les générations futures : les enseignants. Et là encore, la démocratie est en jeu.

 « Notre mission est de former des enseignants réflexifs qui, eux-mêmes, apprendront à leurs élèves à penser de manière critique », insiste Sephora Boucenna. Cela passe par un travail en profondeur sur l’analyse de pratiques, la construction collective et l’apprentissage du débat, dès la formation initiale des enseignants jusqu'à leur formation continue. 

Sephora BOUCENNA
Sephora Boucenna

Produire et diffuser du savoir… en toute indépendance

Outre l’enseignement, l’université a également une mission de recherche et de service à la société. Elle produit des savoirs qui peuvent éclairer les politiques publiques, mais aussi les questionner. Cette fonction critique suppose une indépendance réelle vis-à-vis du politique. « Pour analyser avec lucidité les mécanismes démocratiques, y compris ceux que les gouvernements mettent en place, il faut que l’université garde sa liberté de recherche et de parole », souligne Vincent Jacquet.

 

Louis Carré va plus loin : « Comme la presse, l’université est une forme de contre-pouvoir dans l’espace public ». Il précise par ailleurs qu’« il y a une confusion entre liberté d’opinion et liberté académique. Les savoirs universitaires passent par une série de procédures de vérification, d’expérimentation, de discussion au sein de la communauté scientifique. Cela leur donne une robustesse qui n’est pas celle d’une opinion, d’une valeur, d’une croyance. » 

Louis Carré
Louis Carré

Cette fonction critique de l’université suppose donc une indépendance forte. Or, en Belgique, le financement des universités relève largement du pouvoir politique. « Celane doit pas signifier une mise sous tutelle », alerte Louis Carré. « Mener des recherches critiques, qui ne satisfont pas à court terme des commanditaires, demande une indépendance, y compris de moyens. Il faut des chercheurs en nombre qui puissent analyser différents types de dynamiques. Plus on coupera dans les finances de la recherche, comme c’est le cas aujourd’hui, moins on aura de chercheurs et donc de capacité d’analyse indépendante et de diversité des perspectives », insiste Vincent Jacquet.

Le mouvement « Université en colère », récemment lancé au sein des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles, entend dénoncer les effets du définancement. Ses représentants appellent à « garantir les conditions de développement d’une université ouverte, indépendante, de qualité et accessible au plus grand nombre. Face aux défis sociaux, économiques et politiques de notre temps et parce que d’autres choix de société, et donc budgétaires, sont possibles, il est plus que jamais essentiel de renforcer les institutions et les acteurs au cœur de la production du savoir. » 

Entre vigilance et engagement : un lien à réinventer

La démocratie ne se limite donc ni aux élections ni aux institutions. Elle repose sur une vigilance collective, portée par les citoyens, les savoirs… et les lieux où ces savoirs se construisent. À ce titre, l’université apparaît comme un maillon essentiel de la vitalité démocratique. À condition de rester indépendante, accessible et ouverte sur la société.

« La démocratie, ce n’est pas seulement une affaire d’institutions. C’est l’affaire de citoyens qui la font vivre et qui s’organisent pour faire valoir leurs perspectives à différents moments », insiste Vincent Jacquet. Une invitation claire à ne pas rester spectateur, mais à participer, avec lucidité et exigence, à la construction d’un avenir démocratique commun.

Une année académique, placée sous la thématique de la démocratie

Retrouvez le discours prononcé par la Rectrice Annick Castiaux lors de la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026.

Discours de la Rectrice à la Cérémonie de rentrée académique 2025-2026

Cet article est tiré de la rubrique "Le jour où" du magazine Omalius #38 (Septembre 2025).

cover-omalius-septembre-2025
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Événements

03
2026

Journée pédagogique de la FaSEF | Place aux échanges !

Événement

Journée pédagogique de la FaSEF | Place aux échanges !

Pédagogie
3
2026 09:30 - 15:30
Université de Namur - rue de Bruxelles, 61 - 5000 Namur

Au programme cette année : communautés de pratiques, conférence d'un ou une expert(e) et un grand speed-dating pédagogique pour lancer de nouvelles collaborations.  

Une journée pensée pour répondre à vos besoins d'échanges et de convivialité.

Save the date !

Plus d'infos ici bientôt.

Tous les événements

Les études

Vous rêvez d’inspirer les esprits curieux et de transmettre vos connaissances aux générations futures ? Bienvenue à la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation, première Faculté de Belgique à être spécialement dédiée à la formation des enseignants ! 

Education et formation étude

Les services intégrés

La Faculté des sciences de l'éducation et de la formation (FaSEF) offre des services en lien avec les domaines d'étude proposés.

Formation d'enseignants

La recherche

La recherche se centre sur l’Unité de Recherche en Sciences de l’Éducation et de la Formation (URSEF). Elle constitue un rassemblement dynamique de chercheurs au sein de la Faculté des sciences de l'éducation et de la formation (FaSEF). Ces chercheurs sont également affiliés à l'Institut de Recherche en Didactique et Education de l'UNamur (IRDENa)

Assistante avec élèves

Formation continue des acteurs de l’enseignement et de l’accompagnement

Le centre de formation continue pour les enseignants et les formateurs (CEFOPEF) dans le champ de l’enseignement et de l’accompagnement est organisée au sein de la Salle des Pros.

Membres en formation

Organisation

La Faculté des sciences de l'éducation et de la formation (FaSEF) est pilotée par différents organes de consultation et de décisions. 

Une faculté originale

La FaSEF est la première faculté en Belgique qui soit principalement dédiée aux programmes de formation initiale et de formation continue des enseignants, des cadres de l’enseignement ainsi que des formateurs dans divers secteurs professionnels. Elle est ouverte à toutes les disciplines en lien avec l’univers de l’éducation et de la formation. 

En effet, dans un contexte où le web fournit des ressources aux élèves et aux étudiants, où les réseaux sociaux sont des espaces de vie et d’échange, l’ouverture d’une Faculté en sciences de l’éducation et de la formation témoigne d’une conscience des enjeux sociétaux à rencontrer dans la décennie à venir. La volonté de l’Université de Namur est d’investir durablement pour faciliter l’accès à l’information et aux savoirs ainsi qu’à leur mise en perspective dans une approche critique, soutenue et accompagnée par des formateurs et des enseignants. 

Prenant notamment appui sur les ressources développées depuis 35 ans au sein du département éducation et technologie (DET), elle se caractérise par son intégration des services dédiés à la communauté universitaire de l’UNamur (étudiante et enseignante). Tous les membres partagent la conviction que l’enseignement, la recherche et les services entretiennent des liens étroits et s’enrichissent mutuellement dans un contexte académique. 

L'inauguration de la FASEF

La nouvelle Faculté des sciences de l'éducation et de la formation de l'UNamur a été inaugurée le 24 avril 2024 au cours d'une journée événement réunissant de nombreux acteurs du secteur. Retour en images sur cette journée historique, marquant l'ouverture de la 7ème Faculté de l'Université de Namur.

Inauguration de la FASEF
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Contacts et localisation

La Faculté des sciences de l'éducation et de la formation vous accueille au sein du campus namurois.