L'informatique au service du bien-être collectif et du développement personnel.

La Faculté d'informatique a pour vision celle d'un monde dans lequel l'usage intensif et croissant de l'informatique est orienté vers le bien-être collectif et le développement personnel. Sa mission est de contribuer à cette orientation au travers de la formation, la recherche scientifique et le service à la société. 

Les études

Choisir d'étudier l'informatique c'est vous garantir un accès immédiat à un métier passionnant aux multiples facettes. Au travers d'une d'offre d'enseignement complète – bachelier, masters, master de spécialisation et doctorat – la Faculté d'informatique vous offre une formation de qualité basée sur la rigueur scientifique et l'esprit critique, tout en insistant sur l'interdisciplinarité et la responsabilité sociétale.  

Informatique études

La recherche

La Faculté d'informatique a pour mission d'assurer une recherche scientifique de pointe, ouverte à la création et à l'intégration des connaissances qui nourrit l'enseignement, l'innovation technologique et le débat de société. 

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Service à la société

La Faculté d'informatique contribue au développement de notre environnement social, économique, technologique et politique par la diffusion des connaissances et le conseil tant au niveau régional, national et international. Par la synergie entre chercheurs et industriels, par la mise à disposition de savoir et de savoir-faire, elle participe à de nombreuses missions de service à la société. 

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International

L’ouverture de la Faculté d’informatique à l’international est fondamentale pour le développement de ses activités d’enseignement et de recherche. 

Etudiants de l'UNamur

Organisation

La Faculté d'informatique s'est organisée afin de pouvoir gérer ses missions de manière optimale. Elle compte une centaine de membres au service de l'enseignement, de la recherche et du service à la société.  

Le mot du Doyen

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L'informatique est une clé de compréhension, de progrès et de responsabilité face aux défis et aux enjeux de notre société.
Anthony Cleve
Doyen de la Faculté d'informatique
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Actualités

Une recherche de l'UNamur rend les outils de l'intelligence artificielle plus fiables

Intelligence Artificielle
Informatique
Transition numérique

Des chercheurs de l'UNamur ont développé une nouvelle méthode qui a permis de découvrir 32 bugs jusqu'alors invisibles dans certaines des bibliothèques logicielles les plus utilisées pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle. Née d'un mémoire de master, cette recherche a déjà conduit à des corrections dans plusieurs logiciels utilisés par des millions de développeurs à travers le monde. 

Une recherche de l'UNamur rend les outils de l'intelligence artificielle plus fiables

Avant qu'une intelligence artificielle puisse reconnaître une image, comprendre un texte ou répondre à une question, elle doit d'abord être entraînée. Pour cela, les développeurs et les data scientists utilisent des bibliothèques logicielles spécialisées, de véritables « boîtes à outils » qui permettent de construire ces modèles d'IA.

C'est sur ces logiciels que s'est penchée une équipe de recherche réunissant l'Université de Namur, l'Université de Passau (Allemagne) et la TU Delft (Pays-Bas). Leur objectif : détecter des bugs particulièrement difficiles à repérer, susceptibles de provoquer l’arrêt brutal d'un programme.

Une nouvelle méthode pour révéler les bugs invisibles

Pour vérifier que ces bibliothèques fonctionnent correctement, les chercheurs utilisent des logiciels capables de générer automatiquement des milliers de tests. Leur rôle est de pousser les programmes dans leurs retranchements afin de repérer d'éventuelles erreurs. 

Jusqu'ici, ces outils avaient toutefois une limite importante Lorsqu'un test provoquait un dysfonctionnement d'une bibliothèque logicielle, le logiciel chargé d'effectuer les tests cessait lui aussi de fonctionner. Impossible, dès lors, de comprendre précisément l'origine du problème ou de le signaler aux développeurs. 

Les chercheurs de l'UNamur ont donc imaginé une nouvelle méthode. Désormais, chaque test est exécuté séparément. Si l'un d'eux provoque un crash, celui-ci est isolé : le logiciel de test continue de fonctionner, enregistre l'erreur et poursuit ses analyses. Il devient ainsi possible de détecter automatiquement des bugs qui passaient jusque-là inaperçus. 

32 bugs découverts et déjà corrigés

Grâce à cette nouvelle méthode, les chercheurs ont analysé 1 648 modules appartenant aux principales bibliothèques de machine learning et mis au jour 32 bugs inédits. Plusieurs concernaient des logiciels devenus incontournables pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle.

Ces anomalies ont été signalées aux équipes de développement. Plusieurs ont déjà été reconnues puis corrigées. “Lorsqu'on corrige un bug à ce niveau-là, ce sont potentiellement des milliers, voire des millions d'utilisateurs qui en bénéficient”, souligne Xavier Devroey, professeur à la Faculté d’informatique de l’UNamur et membre du centre de recherche PReCISE du Namur Digital Institute (NaDI). Au-delà de ces corrections, cette recherche contribue à rendre plus fiables les logiciels sur lesquels reposent aujourd'hui de très nombreuses applications d'intelligence artificielle.

Une recherche née d'un mémoire

Cette avancée est née du mémoire de master de Lucas Berg, réalisé à l'UNamur sous la supervision du professeur Xavier Devroey. Dans le cadre de son stage de recherche, Lucas Berg rejoint ensuite l'équipe du professeur Annibale Panichella à la TU Delft afin de travailler sur Pynguin, l’outil open source de génération automatique de tests développé à l'Université de Passau par l'équipe du professeur Gordon Fraser évoqué précédemment. 

Au départ, son objectif était d'améliorer cet outil. En évitant les crashs tout en découvrant des bugs, cette première contribution a attiré ensuite l'attention des chercheurs de l'Université de Passau, confrontés au même problème, donnant naissance à une collaboration internationale qui débouchera sur une publication scientifique commune. 

Lucas Berg poursuit aujourd'hui un doctorat à la Faculté d'informatique de l'UNamur sous la supervision des professeurs Wim Vanhoof et Xavier Devroey. Les résultats de cette recherche ont été présentés à l'IEEE International Conference on Software Testing, Verification and Validation (ICST 2026), l'une des conférences internationales les plus prestigieuses dans le domaine du test logiciel.  

Cette recherche a aussi bénéficié du soutien du Service public de Wallonie (SPW Recherche) et de Wallonie-Bruxelles International. Une reconnaissance qui souligne la qualité de ces travaux et leur intérêt pour la communauté scientifique internationale. 

Le Namur Digital Institute (NaDI)

Au sein de NaDI, les chercheurs apportent des solutions innovantes aux nouveaux défis sociétaux posés par la révolution digitale (eGov, eHealth, eServices, Big data, etc.). Issus de différentes disciplines, les chercheurs croisent leurs expertises en informatique, technologie, éthique, droit, management ou sociologie. Regroupant six centres de recherche, le Namur Digital Institute offre une expertise multidisciplinaire unique dans tous les domaines de l'informatique, de ses applications et de son impact social.  

IA et contrôle qualité : quand l’humain garde la main

Intelligence Artificielle
Informatique
Médecine

Comment améliorer la détection d’anomalies sur une chaine de production ? C’est au départ d’une problématique très concrète rencontrée au sein de l’entreprise où il travaille qu’Arnaud Bougaham, avec le soutien de son employeur a décidé de consacrer sa thèse à ce sujet, à la Faculté d’informatique de l’UNamur. Objectif ? Développer un modèle d’intelligence artificielle qui assiste les opérateurs dans la détection d’anomalies sur une chaîne de production industrielle, en réduisant les fausses alertes et en rendant le diagnostic plus lisible. Avec à la clé, des perspectives de déploiement également dans le domaine médical. 

IA

Composant manquant, soudure fragile, polarité inversée, griffe, corps étranger telle qu’une vis qui tombe sur le produit : sur une chaine de production de pièces électroniques pour l’automobile telle que celle de l’entreprise AISIN Europe, les défauts, même s’ils sont rares, doivent pouvoir être détectés de manière immédiate et pertinente. « Mon objectif était de pouvoir apprendre à un ordinateur à repérer ce qui est normal et ce qui est anormal dans des images », résume Arnaud Bougaham, ingénieur data scientist au sein de l’entreprise AISIN EUROPE mais aussi chercheur associé à la Faculté d’informatique de l’UNamur. 

Sur une ligne de production, des images sont en effet prises par des caméras placées au-dessus d’un convoyeur et un système informatique est alors chargé de vérifier, à grande cadence, que chaque pièce est conforme. « Or, si le système d’inspection traditionnel fait bien son travail, il génère aussi beaucoup de faux positifs, de fausses alertes. Ce qui impacte fortement le travail des personnes chargées de confirmer ou infirmer les alertes : elles sont sollicitées sans relâche au risque d’y perdre du temps et de l’énergie ». C’est ce processus qu’Arnaud Bougaham a décidé d’améliorer pour son entreprise en commençant en 2020 une thèse de doctorat au sein du laboratoire HuMaLearn de la Faculté d’informatique reconnu pour son expertise en machine learning, sous la supervision des professeurs Benoit Frenay et Isabelle Linden.

Aujourd’hui, les résultats de sa thèse viennent d’être présentés et sont prometteurs. « J’ai mis au point un modèle qui, avec le recours de l’intelligence artificielle, repère de manière très précise et fiable une image qui est normale d’une autre qui ne l’est pas, réduisant ainsi les fausses alertes d’autrefois. » 

Arnaud Bougaham

De plus le modèle permet aussi, lorsqu’un défaut est soupçonné, d’afficher précisément la zone concernée : l’opérateur peut visualiser l’indication, manipuler la pièce si nécessaire, puis trancher. 

Autre plus-value de l’outil développé ? Le système n’affiche pas seulement un verdict, il indique aussi la confiance que le système a dans sa prédiction. « L’objectif est de filtrer les cas simples et d’attirer l’attention sur des cas plus complexes, afin que les experts ne soient plus noyés par de mauvais diagnostics et puissent se concentrer sur l’essentiel », insiste Arnaud Bougaham.

Un potentiel au-delà de l’automobile

Si l’outil a avant tout été conçu pour répondre au besoin de l’entreprise de production automobile, la logique est générique. « Il pourrait être transposable au sein d’usines qui fabriquent du parquet, du bois, du tissu. Mais aussi dans le secteur médical », s’enthousiasme Arnaud Bougaham. « Une maladie, c’est finalement une anomalie dans une image. Les contraintes se ressemblent : quand il y a un défaut, il faut absolument le détecter, tout en limitant, autant que possible, les fausses alertes. Dans le secteur médical, avoir un outil similaire qui dégrossit l’analyse tout en laissant la responsabilité au médecin peut être impactant. »

Dans cette approche, l’IA n’est donc pas un pilote automatique, mais un outil d’aide à la décision et se met ainsi au service de l’humain. « L’objectif, c’est de faire prendre la décision finale par la personne, pas de manière automatique », ajoute Arnaud Bougaham. Il s’agit d’un assistant qui « filtre, explique et donne toutes les informations pour que derrière, une personne puisse être décisionnaire ». 

Scan

Quand la recherche rencontre la « vérité terrain »

La thèse d’Arnaud Bougaham est née d’un double ancrage : doctorant à l’UNamur et, en parallèle, ingénieur chez AISIN Europe. Cette position lui a donné accès à ce qu’il appelle « la vérité terrain ». « En laboratoire, on peut obtenir de très bons résultats, mais en production il y a une réalité avec un environnement précis. » Données bruitées, conditions variables, contraintes de coûts, et surtout cadence : « il faut que notre système fonctionne au rythme de la ligne ». En partageant son temps de travail entre l’entreprise AISIN Europe et l’UNamur, Arnaud Bougaham démontre ainsi comment une thèse peut avoir un impact concret sur les besoins du terrain. Le tout en devant concilier les fonctionnements et obligations de chacun. 

Image
Arnaud Bougaham

Côté académique, on va davantage se situer dans l’analyse fine pour trouver des solutions pérennes, là où côté industriel on va davantage être à la recherche d’une solution fiable, ici et maintenant. C’est là que lorsque l’on travaille simultanément pour les deux secteurs, il faut faire preuve de compromis, de dialogue, de confiance. Mais cette complémentarité entre recherche académique et réalité industrielle permet d’aboutir sur des résultats très riches

Arnaud Bougaham Ingénieur data scientist au sein de l’entreprise AISIN EUROPE et chercheur associé à la Faculté d’informatique de l’UNamur

Déployer, généraliser, renforcer

Au-delà des promesses, ces travaux sont déjà confrontés à des cas d’usage concrets. Au sein d’AISIN Europe, le cadre développé est notamment en intégration au sein d’une ligne de production active pour détecter des composants inattendus (comme une vis) sur les cartes de circuits imprimés. Dans le domaine médical, l’approche est orientée pour l’analyse de la réceptivité au coma via un examen d’imagerie médicale qui permet d’observer le fonctionnement des organes et des tissus. Certaines techniques sont également reprises pour une application de segmentation du cancer de l’ovaire ou du lymphome.

Ces résultats démontrent aussi comment une intelligence artificielle peut être fiable et centrée sur l’humain dans des environnements à haut risque.

Le projet en images : L'IA au service de l'humain dans le milieu industriel, mythe ou réalité ? :

IA

Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

Omalius 41

Des doctorants du NaDI lancent “Et si l'IA…”, un cycle de conférences pour “démystifier l'intelligence artificielle”

Intelligence Artificielle

À travers cinq conférences-ateliers interdisciplinaires, les doctorants de l’UNamur NaDI invitent le grand public à développer un regard critique sur l’intelligence artificielle qui transforme déjà notre quotidien. 

Et si l'IA

L'intelligence artificielle est aujourd'hui à la portée de tous. Pourtant, si beaucoup l'utilisent au quotidien, rares sont ceux qui en comprennent réellement le fonctionnement, les limites ou les enjeux. C'est pour répondre à ce besoin que le Namur Digital Institute (NaDI) lance “Et si l'IA…”, un cycle de conférences-ateliers ouvert au grand public, coordonné par les doctorantes Elisa De Coster (PReCISE) et Aline Nardi (CRIDS). 

“L'idée du projet est de démystifier l'intelligence artificielle”, entame Elisa De Coster. “Nous avons la chance, en tant que chercheurs, d'être sensibilisés aux questions que soulèvent l’IA. Nous voulions que les citoyens curieux puissent eux aussi disposer de ces clés de compréhension.” 

“Avant 2022 et l'essor de ChatGPT, ces outils étaient réservés à une niche”, poursuit Aline Nardi."Depuis, l'usage de l'IA s'est généralisé à une vitesse record, mais la réflexion sur les enjeux sociétaux de ces usages n'a pas suivi le rythme. Cette série de conférences est une invitation à faire un pas de côté pour comprendre ce qui se joue en coulisses" 

Des regards croisés pour mieux comprendre l'IA

Chaque séance, d'une durée d'environ deux heures, croisera les regards de plusieurs spécialistes. Un doctorant en informatique expliquera le fonctionnement technique de l'IA, tandis que son homologue en droit abordera les implications juridiques, éthiques et sociétales.

Des intervenants issus du monde professionnel viendront partager leur expérience de terrain et une activité interactive permettra au public de mettre ces notions en pratique. Parmis ces intervenants, on peut notamment citer Alice Gorissen (CEO & Head of Animation à Dreamwall), Jean-Philippe Demiddeleer (juge de paix à Gembloux) et Zoé Dewinter (psychologue clinique, spécialisée sur l’IA en santé mentale). L'interactivité, l'interdisciplinarité et l'ouverture au grand public constituent les trois piliers du projet.

Cinq conférences pour explorer les enjeux de l'IA

Chaque rencontre abordera une question de société différente : 

  • 1er octobre 2026 – La Nef 
     Et si l'IA était votre confidente ? 
     Peut-on se confier à un chatbot ? Quels en sont les risques ? 
  • 22 octobre 2026 – PA02 
     Et si l'IA se trompait ? 
     Comment reconnaître les erreurs d'une intelligence artificielle et conserver son esprit critique ? 
  • 19 novembre 2026 – Caméo 
     Et si l'IA était subjective ? 
     Les intelligences artificielles sont-elles réellement neutres ou reproduisent-elles certains biais ? 
  • 25 février 2027 – Quai 22 
     Et si l'IA volait vos créations ? 
     Quels défis l'IA générative pose-t-elle en matière de droit d'auteur et de propriété intellectuelle ? 
  • 18 mars 2027 – TRAKK 
     Et si l'IA vous connaissait trop bien ? 
     Que deviennent nos données personnelles et jusqu'où l'IA peut-elle apprendre à nous connaître ? 

Si Elisa De Coster et Aline Nardi coordonnent le projet, elles insistent sur le fait qu'il s'agit avant tout d'un travail collectif. Le cycle de conférences est porté par dix doctorants issus des centres de recherche PReCISE et CRIDS : Elisa De Coster, Adélaïde Couplet, Jules Dejaeghere, Pierre Luycx, Pierre Poitier, Aline Nardi, Alix Gobert, Florian Jacques, Martin Rappe, Lionel Goffaux et Olga Thiry. Ensemble, ils veulent aider le grand public à mieux comprendre l'intelligence artificielle, sans la diaboliser ni la présenter comme une solution miracle.  

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2 000 langues utilisent les mêmes schémas d’économie lexicale – une étude publiée dans Nature Human Behaviour

Publication
Langues
Intelligence Artificielle

Jamie Wright, un chercheur du Namur Digital Institute de l’UNamur, a participé à une étude menée par l’Université Pompeu Fabra (UPF) de Barcelone, et publiée dans la prestigieuse revue Nature Human Behaviour.  Cette étude montre que les langues du monde entier tendent à privilégier l'économie lexicale, en réutilisant des mots pour désigner différents concepts lorsque cela n'entraîne pas de confusion dans la communication.

Post-its with hello in different languages, logos from Natrue Human Behaviour, UPF Barcelona and Namur Digital Institute in the framework of a publication

L’étude était dirigée par le professeur Thomas Brochhagen, chercheur au sein du groupe de Linguistique Computationnelle et de Théorie Linguistique (COLT) du Département de traduction et de sciences du langage de l'UPF de Barcelone. Parmi les coauteurs figurent Xixian Liao (Barcelona Supercomputing Center - Centro Nacional de Supercomputación, BSC-CNS), Jamie D. Wright (Namur Digital Institute de l’Université de Namur et Vrije Universiteit Brussel) et Carmen Saldana (affiliée à l’UPF et à l’Université de Barcelone).

« Ma principale contribution à l’étude publiée dans « Nature Human Behaviour » a porté sur l’analyse des données et la modélisation informatique. Cette étude est une enquête interlinguistique à grande échelle visant à comprendre comment les contraintes communicatives façonnent l’évolution des langues. En analysant des données issues de près de 2 000 langues, nous avons examiné comment celles-ci concilient deux contraintes contradictoires : le gain d’efficacité obtenu en réutilisant des formes lexicales identiques ou similaires, et la nécessité d’éviter toute ambiguïté lorsque des concepts risquent d’être confondus dans la communication », nous explique Jamie Wright.

Les travaux de Jamie Wright avec la professeure Katrien Beuls au Namur Digital Institute s’inscrivent dans le cadre du programme HERMES. Cette recherche examine également les pressions communicatives qui façonnent l’évolution des langues, mais sous un angle complémentaire. 

Les chercheurs namurois viennent de publier un autre article dans le « Journal of language Evolution » 

« Alors que l’article publié dans *Nature Human Behaviour* identifie des tendances générales à partir d’un large échantillon de langues existantes, celui paru dans le « Journal of Language Evolution » utilise un modèle basé sur des agents pour étudier l’évolution des langues au niveau des agents artificiels en interaction. Dans ces simulations, les agents développent et utilisent des langues communes à travers des échanges communicatifs répétés. Cela nous permet d’étudier comment des conventions linguistiques à l’échelle d’une population émergent d’interactions locales et pourquoi ces conventions peuvent rendre les langues plus robustes, plus faciles à apprendre et plus efficaces sur le plan cognitif. »

Ces deux études abordent donc des questions étroitement liées, à des niveaux différents et selon des approches méthodologiques distinctes. L’étude « Nature Human Behaviour » met en évidence les conséquences interlinguistiques à grande échelle des pressions communicatives, tandis que l’étude « Journal of Language Evolution » basée sur des agents permet d’expliquer comment de tels schémas peuvent émerger de manière dynamique à travers les interactions entre les locuteurs.

Jamie D. Wright - Courte biographie

Jamie D. Wright est doctorant à la Faculté d’informatique de l’Université de Namur et membre de l’Institut de recherche Namur Digital Institute (NaDI), où il travaille avec le professeur Katrien Beuls dans le cadre du programme HERMES, financé par l’Europe, le FNRS et le FWO. Il est également affilié au Laboratoire d’intelligence artificielle de la Vrije Universiteit Brussel. 

Logo Institut NADI

Il a obtenu son master en linguistique théorique et appliquée à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, où il a également travaillé comme assistant de recherche au sein du groupe de recherche COLT. Ses recherches s’appuient sur la modélisation computationnelle et des expériences basées sur des agents pour étudier l’émergence et l’évolution du langage. Ses travaux actuels portent sur la manière dont les contraintes articulatoires et acoustiques liées à la production et à la perception de la parole façonnent les conventions linguistiques et les systèmes de communication.

Félicitations aux chercheurs pour ces publications prestigieuses !

Article cité

Brochhagen, T., Liao, X., Wright, J.D. et al. The interaction of meaning similarity and confusability explains regularity in form–meaning mappings at and below the word level. Nat Hum Behav (2026). https://doi.org/10.1038/s41562-026-02488-3 

Une recherche de l'UNamur rend les outils de l'intelligence artificielle plus fiables

Intelligence Artificielle
Informatique
Transition numérique

Des chercheurs de l'UNamur ont développé une nouvelle méthode qui a permis de découvrir 32 bugs jusqu'alors invisibles dans certaines des bibliothèques logicielles les plus utilisées pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle. Née d'un mémoire de master, cette recherche a déjà conduit à des corrections dans plusieurs logiciels utilisés par des millions de développeurs à travers le monde. 

Une recherche de l'UNamur rend les outils de l'intelligence artificielle plus fiables

Avant qu'une intelligence artificielle puisse reconnaître une image, comprendre un texte ou répondre à une question, elle doit d'abord être entraînée. Pour cela, les développeurs et les data scientists utilisent des bibliothèques logicielles spécialisées, de véritables « boîtes à outils » qui permettent de construire ces modèles d'IA.

C'est sur ces logiciels que s'est penchée une équipe de recherche réunissant l'Université de Namur, l'Université de Passau (Allemagne) et la TU Delft (Pays-Bas). Leur objectif : détecter des bugs particulièrement difficiles à repérer, susceptibles de provoquer l’arrêt brutal d'un programme.

Une nouvelle méthode pour révéler les bugs invisibles

Pour vérifier que ces bibliothèques fonctionnent correctement, les chercheurs utilisent des logiciels capables de générer automatiquement des milliers de tests. Leur rôle est de pousser les programmes dans leurs retranchements afin de repérer d'éventuelles erreurs. 

Jusqu'ici, ces outils avaient toutefois une limite importante Lorsqu'un test provoquait un dysfonctionnement d'une bibliothèque logicielle, le logiciel chargé d'effectuer les tests cessait lui aussi de fonctionner. Impossible, dès lors, de comprendre précisément l'origine du problème ou de le signaler aux développeurs. 

Les chercheurs de l'UNamur ont donc imaginé une nouvelle méthode. Désormais, chaque test est exécuté séparément. Si l'un d'eux provoque un crash, celui-ci est isolé : le logiciel de test continue de fonctionner, enregistre l'erreur et poursuit ses analyses. Il devient ainsi possible de détecter automatiquement des bugs qui passaient jusque-là inaperçus. 

32 bugs découverts et déjà corrigés

Grâce à cette nouvelle méthode, les chercheurs ont analysé 1 648 modules appartenant aux principales bibliothèques de machine learning et mis au jour 32 bugs inédits. Plusieurs concernaient des logiciels devenus incontournables pour entraîner des modèles d'intelligence artificielle.

Ces anomalies ont été signalées aux équipes de développement. Plusieurs ont déjà été reconnues puis corrigées. “Lorsqu'on corrige un bug à ce niveau-là, ce sont potentiellement des milliers, voire des millions d'utilisateurs qui en bénéficient”, souligne Xavier Devroey, professeur à la Faculté d’informatique de l’UNamur et membre du centre de recherche PReCISE du Namur Digital Institute (NaDI). Au-delà de ces corrections, cette recherche contribue à rendre plus fiables les logiciels sur lesquels reposent aujourd'hui de très nombreuses applications d'intelligence artificielle.

Une recherche née d'un mémoire

Cette avancée est née du mémoire de master de Lucas Berg, réalisé à l'UNamur sous la supervision du professeur Xavier Devroey. Dans le cadre de son stage de recherche, Lucas Berg rejoint ensuite l'équipe du professeur Annibale Panichella à la TU Delft afin de travailler sur Pynguin, l’outil open source de génération automatique de tests développé à l'Université de Passau par l'équipe du professeur Gordon Fraser évoqué précédemment. 

Au départ, son objectif était d'améliorer cet outil. En évitant les crashs tout en découvrant des bugs, cette première contribution a attiré ensuite l'attention des chercheurs de l'Université de Passau, confrontés au même problème, donnant naissance à une collaboration internationale qui débouchera sur une publication scientifique commune. 

Lucas Berg poursuit aujourd'hui un doctorat à la Faculté d'informatique de l'UNamur sous la supervision des professeurs Wim Vanhoof et Xavier Devroey. Les résultats de cette recherche ont été présentés à l'IEEE International Conference on Software Testing, Verification and Validation (ICST 2026), l'une des conférences internationales les plus prestigieuses dans le domaine du test logiciel.  

Cette recherche a aussi bénéficié du soutien du Service public de Wallonie (SPW Recherche) et de Wallonie-Bruxelles International. Une reconnaissance qui souligne la qualité de ces travaux et leur intérêt pour la communauté scientifique internationale. 

Le Namur Digital Institute (NaDI)

Au sein de NaDI, les chercheurs apportent des solutions innovantes aux nouveaux défis sociétaux posés par la révolution digitale (eGov, eHealth, eServices, Big data, etc.). Issus de différentes disciplines, les chercheurs croisent leurs expertises en informatique, technologie, éthique, droit, management ou sociologie. Regroupant six centres de recherche, le Namur Digital Institute offre une expertise multidisciplinaire unique dans tous les domaines de l'informatique, de ses applications et de son impact social.  

IA et contrôle qualité : quand l’humain garde la main

Intelligence Artificielle
Informatique
Médecine

Comment améliorer la détection d’anomalies sur une chaine de production ? C’est au départ d’une problématique très concrète rencontrée au sein de l’entreprise où il travaille qu’Arnaud Bougaham, avec le soutien de son employeur a décidé de consacrer sa thèse à ce sujet, à la Faculté d’informatique de l’UNamur. Objectif ? Développer un modèle d’intelligence artificielle qui assiste les opérateurs dans la détection d’anomalies sur une chaîne de production industrielle, en réduisant les fausses alertes et en rendant le diagnostic plus lisible. Avec à la clé, des perspectives de déploiement également dans le domaine médical. 

IA

Composant manquant, soudure fragile, polarité inversée, griffe, corps étranger telle qu’une vis qui tombe sur le produit : sur une chaine de production de pièces électroniques pour l’automobile telle que celle de l’entreprise AISIN Europe, les défauts, même s’ils sont rares, doivent pouvoir être détectés de manière immédiate et pertinente. « Mon objectif était de pouvoir apprendre à un ordinateur à repérer ce qui est normal et ce qui est anormal dans des images », résume Arnaud Bougaham, ingénieur data scientist au sein de l’entreprise AISIN EUROPE mais aussi chercheur associé à la Faculté d’informatique de l’UNamur. 

Sur une ligne de production, des images sont en effet prises par des caméras placées au-dessus d’un convoyeur et un système informatique est alors chargé de vérifier, à grande cadence, que chaque pièce est conforme. « Or, si le système d’inspection traditionnel fait bien son travail, il génère aussi beaucoup de faux positifs, de fausses alertes. Ce qui impacte fortement le travail des personnes chargées de confirmer ou infirmer les alertes : elles sont sollicitées sans relâche au risque d’y perdre du temps et de l’énergie ». C’est ce processus qu’Arnaud Bougaham a décidé d’améliorer pour son entreprise en commençant en 2020 une thèse de doctorat au sein du laboratoire HuMaLearn de la Faculté d’informatique reconnu pour son expertise en machine learning, sous la supervision des professeurs Benoit Frenay et Isabelle Linden.

Aujourd’hui, les résultats de sa thèse viennent d’être présentés et sont prometteurs. « J’ai mis au point un modèle qui, avec le recours de l’intelligence artificielle, repère de manière très précise et fiable une image qui est normale d’une autre qui ne l’est pas, réduisant ainsi les fausses alertes d’autrefois. » 

Arnaud Bougaham

De plus le modèle permet aussi, lorsqu’un défaut est soupçonné, d’afficher précisément la zone concernée : l’opérateur peut visualiser l’indication, manipuler la pièce si nécessaire, puis trancher. 

Autre plus-value de l’outil développé ? Le système n’affiche pas seulement un verdict, il indique aussi la confiance que le système a dans sa prédiction. « L’objectif est de filtrer les cas simples et d’attirer l’attention sur des cas plus complexes, afin que les experts ne soient plus noyés par de mauvais diagnostics et puissent se concentrer sur l’essentiel », insiste Arnaud Bougaham.

Un potentiel au-delà de l’automobile

Si l’outil a avant tout été conçu pour répondre au besoin de l’entreprise de production automobile, la logique est générique. « Il pourrait être transposable au sein d’usines qui fabriquent du parquet, du bois, du tissu. Mais aussi dans le secteur médical », s’enthousiasme Arnaud Bougaham. « Une maladie, c’est finalement une anomalie dans une image. Les contraintes se ressemblent : quand il y a un défaut, il faut absolument le détecter, tout en limitant, autant que possible, les fausses alertes. Dans le secteur médical, avoir un outil similaire qui dégrossit l’analyse tout en laissant la responsabilité au médecin peut être impactant. »

Dans cette approche, l’IA n’est donc pas un pilote automatique, mais un outil d’aide à la décision et se met ainsi au service de l’humain. « L’objectif, c’est de faire prendre la décision finale par la personne, pas de manière automatique », ajoute Arnaud Bougaham. Il s’agit d’un assistant qui « filtre, explique et donne toutes les informations pour que derrière, une personne puisse être décisionnaire ». 

Scan

Quand la recherche rencontre la « vérité terrain »

La thèse d’Arnaud Bougaham est née d’un double ancrage : doctorant à l’UNamur et, en parallèle, ingénieur chez AISIN Europe. Cette position lui a donné accès à ce qu’il appelle « la vérité terrain ». « En laboratoire, on peut obtenir de très bons résultats, mais en production il y a une réalité avec un environnement précis. » Données bruitées, conditions variables, contraintes de coûts, et surtout cadence : « il faut que notre système fonctionne au rythme de la ligne ». En partageant son temps de travail entre l’entreprise AISIN Europe et l’UNamur, Arnaud Bougaham démontre ainsi comment une thèse peut avoir un impact concret sur les besoins du terrain. Le tout en devant concilier les fonctionnements et obligations de chacun. 

Image
Arnaud Bougaham

Côté académique, on va davantage se situer dans l’analyse fine pour trouver des solutions pérennes, là où côté industriel on va davantage être à la recherche d’une solution fiable, ici et maintenant. C’est là que lorsque l’on travaille simultanément pour les deux secteurs, il faut faire preuve de compromis, de dialogue, de confiance. Mais cette complémentarité entre recherche académique et réalité industrielle permet d’aboutir sur des résultats très riches

Arnaud Bougaham Ingénieur data scientist au sein de l’entreprise AISIN EUROPE et chercheur associé à la Faculté d’informatique de l’UNamur

Déployer, généraliser, renforcer

Au-delà des promesses, ces travaux sont déjà confrontés à des cas d’usage concrets. Au sein d’AISIN Europe, le cadre développé est notamment en intégration au sein d’une ligne de production active pour détecter des composants inattendus (comme une vis) sur les cartes de circuits imprimés. Dans le domaine médical, l’approche est orientée pour l’analyse de la réceptivité au coma via un examen d’imagerie médicale qui permet d’observer le fonctionnement des organes et des tissus. Certaines techniques sont également reprises pour une application de segmentation du cancer de l’ovaire ou du lymphome.

Ces résultats démontrent aussi comment une intelligence artificielle peut être fiable et centrée sur l’humain dans des environnements à haut risque.

Le projet en images : L'IA au service de l'humain dans le milieu industriel, mythe ou réalité ? :

IA

Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).

Omalius 41

Des doctorants du NaDI lancent “Et si l'IA…”, un cycle de conférences pour “démystifier l'intelligence artificielle”

Intelligence Artificielle

À travers cinq conférences-ateliers interdisciplinaires, les doctorants de l’UNamur NaDI invitent le grand public à développer un regard critique sur l’intelligence artificielle qui transforme déjà notre quotidien. 

Et si l'IA

L'intelligence artificielle est aujourd'hui à la portée de tous. Pourtant, si beaucoup l'utilisent au quotidien, rares sont ceux qui en comprennent réellement le fonctionnement, les limites ou les enjeux. C'est pour répondre à ce besoin que le Namur Digital Institute (NaDI) lance “Et si l'IA…”, un cycle de conférences-ateliers ouvert au grand public, coordonné par les doctorantes Elisa De Coster (PReCISE) et Aline Nardi (CRIDS). 

“L'idée du projet est de démystifier l'intelligence artificielle”, entame Elisa De Coster. “Nous avons la chance, en tant que chercheurs, d'être sensibilisés aux questions que soulèvent l’IA. Nous voulions que les citoyens curieux puissent eux aussi disposer de ces clés de compréhension.” 

“Avant 2022 et l'essor de ChatGPT, ces outils étaient réservés à une niche”, poursuit Aline Nardi."Depuis, l'usage de l'IA s'est généralisé à une vitesse record, mais la réflexion sur les enjeux sociétaux de ces usages n'a pas suivi le rythme. Cette série de conférences est une invitation à faire un pas de côté pour comprendre ce qui se joue en coulisses" 

Des regards croisés pour mieux comprendre l'IA

Chaque séance, d'une durée d'environ deux heures, croisera les regards de plusieurs spécialistes. Un doctorant en informatique expliquera le fonctionnement technique de l'IA, tandis que son homologue en droit abordera les implications juridiques, éthiques et sociétales.

Des intervenants issus du monde professionnel viendront partager leur expérience de terrain et une activité interactive permettra au public de mettre ces notions en pratique. Parmis ces intervenants, on peut notamment citer Alice Gorissen (CEO & Head of Animation à Dreamwall), Jean-Philippe Demiddeleer (juge de paix à Gembloux) et Zoé Dewinter (psychologue clinique, spécialisée sur l’IA en santé mentale). L'interactivité, l'interdisciplinarité et l'ouverture au grand public constituent les trois piliers du projet.

Cinq conférences pour explorer les enjeux de l'IA

Chaque rencontre abordera une question de société différente : 

  • 1er octobre 2026 – La Nef 
     Et si l'IA était votre confidente ? 
     Peut-on se confier à un chatbot ? Quels en sont les risques ? 
  • 22 octobre 2026 – PA02 
     Et si l'IA se trompait ? 
     Comment reconnaître les erreurs d'une intelligence artificielle et conserver son esprit critique ? 
  • 19 novembre 2026 – Caméo 
     Et si l'IA était subjective ? 
     Les intelligences artificielles sont-elles réellement neutres ou reproduisent-elles certains biais ? 
  • 25 février 2027 – Quai 22 
     Et si l'IA volait vos créations ? 
     Quels défis l'IA générative pose-t-elle en matière de droit d'auteur et de propriété intellectuelle ? 
  • 18 mars 2027 – TRAKK 
     Et si l'IA vous connaissait trop bien ? 
     Que deviennent nos données personnelles et jusqu'où l'IA peut-elle apprendre à nous connaître ? 

Si Elisa De Coster et Aline Nardi coordonnent le projet, elles insistent sur le fait qu'il s'agit avant tout d'un travail collectif. Le cycle de conférences est porté par dix doctorants issus des centres de recherche PReCISE et CRIDS : Elisa De Coster, Adélaïde Couplet, Jules Dejaeghere, Pierre Luycx, Pierre Poitier, Aline Nardi, Alix Gobert, Florian Jacques, Martin Rappe, Lionel Goffaux et Olga Thiry. Ensemble, ils veulent aider le grand public à mieux comprendre l'intelligence artificielle, sans la diaboliser ni la présenter comme une solution miracle.  

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2 000 langues utilisent les mêmes schémas d’économie lexicale – une étude publiée dans Nature Human Behaviour

Publication
Langues
Intelligence Artificielle

Jamie Wright, un chercheur du Namur Digital Institute de l’UNamur, a participé à une étude menée par l’Université Pompeu Fabra (UPF) de Barcelone, et publiée dans la prestigieuse revue Nature Human Behaviour.  Cette étude montre que les langues du monde entier tendent à privilégier l'économie lexicale, en réutilisant des mots pour désigner différents concepts lorsque cela n'entraîne pas de confusion dans la communication.

Post-its with hello in different languages, logos from Natrue Human Behaviour, UPF Barcelona and Namur Digital Institute in the framework of a publication

L’étude était dirigée par le professeur Thomas Brochhagen, chercheur au sein du groupe de Linguistique Computationnelle et de Théorie Linguistique (COLT) du Département de traduction et de sciences du langage de l'UPF de Barcelone. Parmi les coauteurs figurent Xixian Liao (Barcelona Supercomputing Center - Centro Nacional de Supercomputación, BSC-CNS), Jamie D. Wright (Namur Digital Institute de l’Université de Namur et Vrije Universiteit Brussel) et Carmen Saldana (affiliée à l’UPF et à l’Université de Barcelone).

« Ma principale contribution à l’étude publiée dans « Nature Human Behaviour » a porté sur l’analyse des données et la modélisation informatique. Cette étude est une enquête interlinguistique à grande échelle visant à comprendre comment les contraintes communicatives façonnent l’évolution des langues. En analysant des données issues de près de 2 000 langues, nous avons examiné comment celles-ci concilient deux contraintes contradictoires : le gain d’efficacité obtenu en réutilisant des formes lexicales identiques ou similaires, et la nécessité d’éviter toute ambiguïté lorsque des concepts risquent d’être confondus dans la communication », nous explique Jamie Wright.

Les travaux de Jamie Wright avec la professeure Katrien Beuls au Namur Digital Institute s’inscrivent dans le cadre du programme HERMES. Cette recherche examine également les pressions communicatives qui façonnent l’évolution des langues, mais sous un angle complémentaire. 

Les chercheurs namurois viennent de publier un autre article dans le « Journal of language Evolution » 

« Alors que l’article publié dans *Nature Human Behaviour* identifie des tendances générales à partir d’un large échantillon de langues existantes, celui paru dans le « Journal of Language Evolution » utilise un modèle basé sur des agents pour étudier l’évolution des langues au niveau des agents artificiels en interaction. Dans ces simulations, les agents développent et utilisent des langues communes à travers des échanges communicatifs répétés. Cela nous permet d’étudier comment des conventions linguistiques à l’échelle d’une population émergent d’interactions locales et pourquoi ces conventions peuvent rendre les langues plus robustes, plus faciles à apprendre et plus efficaces sur le plan cognitif. »

Ces deux études abordent donc des questions étroitement liées, à des niveaux différents et selon des approches méthodologiques distinctes. L’étude « Nature Human Behaviour » met en évidence les conséquences interlinguistiques à grande échelle des pressions communicatives, tandis que l’étude « Journal of Language Evolution » basée sur des agents permet d’expliquer comment de tels schémas peuvent émerger de manière dynamique à travers les interactions entre les locuteurs.

Jamie D. Wright - Courte biographie

Jamie D. Wright est doctorant à la Faculté d’informatique de l’Université de Namur et membre de l’Institut de recherche Namur Digital Institute (NaDI), où il travaille avec le professeur Katrien Beuls dans le cadre du programme HERMES, financé par l’Europe, le FNRS et le FWO. Il est également affilié au Laboratoire d’intelligence artificielle de la Vrije Universiteit Brussel. 

Logo Institut NADI

Il a obtenu son master en linguistique théorique et appliquée à l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, où il a également travaillé comme assistant de recherche au sein du groupe de recherche COLT. Ses recherches s’appuient sur la modélisation computationnelle et des expériences basées sur des agents pour étudier l’émergence et l’évolution du langage. Ses travaux actuels portent sur la manière dont les contraintes articulatoires et acoustiques liées à la production et à la perception de la parole façonnent les conventions linguistiques et les systèmes de communication.

Félicitations aux chercheurs pour ces publications prestigieuses !

Article cité

Brochhagen, T., Liao, X., Wright, J.D. et al. The interaction of meaning similarity and confusability explains regularity in form–meaning mappings at and below the word level. Nat Hum Behav (2026). https://doi.org/10.1038/s41562-026-02488-3 

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Événements

09
2026

Soutenance publique de thèse de doctorat en informatique - Davoud Alahvirdi

Défense de thèse

Abstract

 The design of a content-aware urban traffic management and monitoring system based on a swarm of drones is a challenging problem due to real-time data processing, multi-agent coordination, and decision-making under dynamic conditions. The complexity of this design problem increases with the number of options and the number of cues that traffic controllers have to consider to make a decision. The research work presented in this thesis addresses this challenge by exploring the potential of swarm intelligence and reinforcement learning-based controllers as design tools for developing adaptive content-aware decision-making mechanisms for urban traffic management and monitoring using a swarm of drones. The main objective is to design distributed control mechanisms that support the emergence of robust, scalable, and effective autonomous traffic monitoring and management while proposing and evaluating some alternative solutions with respect to previous research works. In particular, we propose alternative solutions to elements such as the use of predefined correlations between traffic dynamics and driving features, as well as the use of fixed monitoring mechanisms, such as cameras or radar sensors, combined with fixed control strategies.

As far as it concerns the monitoring of traffic, this thesis focuses on the evaluation of swarms of drones for traffic data collection. As far as it concerns the management of traffic, this thesis focuses on the evaluation of two traffic control methodologies applied to three different urban scenarios. The control methodologies are: the centralised simultaneous perturbation stochastic approximation (SPSA), and the decentralised Deep Q-Network (DQN). Briefly, in the former method, the agents operating on traffic, collectively evaluate the effects of their actions on traffic quality, to update their decision-making policy. The latter method requires agents operating on traffic to collectively select the best action among several alternatives based on the actions' estimated quality.

In the centralised SPSA controller, we investigate both single and multi-agent intersection maps by using a cell transition traffic model (CTM) to simulate traffic. The experimental results indicate that the proposed drone-based traffic controller can successfully mitigate traffic jams and coordinate the swarm of drones, despite constraints on individual exploration and limited communications in a single urban intersection. However, in multi-urban intersections, the reduction of traffic in one direction inevitable generate traffic problems in other parts of the road network due to a lack of coordination among agents operating on traffic. The study also highlights the trade-off between adjacent intersections in the traffic pattern, where limiting communication can improve the swarm's adaptability to changes. The evolved optimisation controllers outperform traditional mechanisms, such as the fixed traffic timing, in terms of accuracy, speed of convergence, different vehicle input rates, and variations in the traffic model.

In the second scenario, we first evaluate the performance of a centralised SPSA controller under realistic traffic dynamics using the Vissim simulator to simulate road traffic, rather than the CTM model. The aim is to evaluate the robustness of the controller against external disturbances arising from heterogeneous driving behaviour. Next, we design and analyse a decentralised DQN controller for a multi-agent intersection map by using the Vissim simulator. In this scenario, we extend the investigation to a more complex task in which drones must collectively transfer the collected data between intersections, and each agent selects its timing action based on both its own traffic data and information shared by other agents. The evolved drone-based DQN controllers enable the traffic units to learn about perceptual driving behaviour and external disturbances from the Vissim traffic model. The results demonstrate the robustness and scalability of the evolved strategy under various conditions, including different initial conditions and driving behaviours. The swarm of drones also demonstrates adaptability to changes in traffic conditions, although this adaptability depends on the specific nature of the traffic dynamics and the information shared by other agents in the decision-making process.

In the final scenario, we investigate multi-intersection traffic control on a simulated real map of the Belgian city Namur, using a decentralised Deep Q-Network controller for traffic management and a swarm of drones for monitoring. The traffic model incorporates realistic features such as vehicle acceleration and deceleration, lane-changing behaviour, and heterogeneous vehicle types. External disturbances, including parking events and pedestrian crossings, are also considered. The results demonstrate that the proposed autonomous traffic management and monitoring system is robust against disturbances and scalable to real urban areas. The study also highlights the effect of using a swarm of drones for data monitoring, compared with the same control strategy employing fixed cameras, in terms of convergence performance.

In conclusion, this thesis contributes to the field of intelligent traffic management and monitoring by evaluating the potential of a swarm of drones as an effective tool for designing adaptive and coordinated traffic control and monitoring mechanisms. In the considered scenario, the results indicate that drone-based traffic controllers outperform conventional fixed-time traffic control and fixed-camera monitoring systems in terms of robustness, scalability, and adaptability. The findings of this research have implications for developing more resilient and autonomous drone-based traffic management systems capable of making informed collective decisions in complex and dynamic urban environments.

Jury

  • Prof. Elio Tuci - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Laurent Schumacher - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Marie-Ange Remiche - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Alexandre Mauroy - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Seyed Amir Tafrishi - University of Cardiff, UK
  • Prof. Ahmad Fakharian - Islamic Azad University, Qazvin Iran
03
2026

Soutenance publique de thèse de doctorat en informatique - Guillaume Nguyen

Défense de thèse

Soutenance publique de thèse de doctorat en informatique - Guillaume Nguyen

Informatique
Intelligence artificielle
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3
2026 14:00 - 17:00
Université de Namur, Faculté d'informatique, auditoire I02 - rue Grandgagnage - 5000 Namur
Personne de contact :  Nguyen Guillaume
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Harmonizing Regulations and Source Code, a Symphony of Compliance for Cyber-Physical Systems

Résumé

The increasing regulatory pressure on Cyber-Physical Systems (CPS), particularly in Europe, has transformed compliance into a critical yet complex challenge for industry stakeholders. Many of those CPS are often long-lived systems with legacy code and limited access (i.e., none) to a representative documentation. This causes a problem when those systems need to comply to newer regulatory frameworks. Indeed, current conformity assessment practices rely predominantly on documentation review and operational observations, while the analysis of software artefacts remains underexploited. This situation is accompanied by a persistent communication gap between legal experts and engineers, and a lack of systematic traceability between high-level regulatory obligations and low-level technical implementations. Such decoupling frequently results in inconsistencies detected late in the development process, increasing correction costs and delaying time-to-market. Furthermore, the growing complexity of regulations, such as the Medical Device Regulation (MDR), contributes to the perception that compliance impairs innovation.

Transitioning from theoretical frameworks to industrial implementation presents significant challenges. During this research, efforts to validate the approach in real-world production environments were troubled by restricted access to sensitive data and architectures, as well as the inherent risks of intrusive analysis in highly interconnected systems. Consequently, this thesis emphasizes a conceptual framework validated through modular prototypes and isolated CPS categories (e.g., medical devices), demonstrating the effectiveness of the proposed methods where full-scale production deployment is not yet feasible.

This thesis addresses these challenges by investigating how regulatory requirements can be transformed into structured, traceable, and partially automatable elements directly linked to software artefacts. The research adopts an industrially grounded exploratory approach structured around three main axes: (1) the formalization of regulatory requirements to bridge the semantic gap between legal and technical domains; (2) the extraction of system functionalities from source code using Large Language Models; and (3) a unified framework, supported by tool prototypes, to bridge expected system behaviour and actual implementation through evidence-based assessment.

By combining regulatory analysis, software engineering, and AI-based methods, this work contributes to redefining compliance as a continuous, traceability-driven process. Ultimately, it aims to support a paradigm shift toward "compliant-by-design'' systems, enabling earlier detection of discrepancies and a better alignment between regulatory intent and technical implementation in complex CPS environments.

Jury

  • PhD, P.Eng. Jun YAN, University of Concordia, Canada
  • Pr, Phd, Fuyuki ISHIKAWA, National Institute of Informatics, Japan
  • Phd, Paolo ARCAINI, National Institute of Informatics, Japan
  • Pr., PhD, Benoît VANDEROSE, University of Namur, Belgium
  • Pr., PhD, Anthony CLEVE, University of Namur, Belgium
  • Pr., PhD, Xavier DEVROEY, University of Namur, Belgium
06
2026

Soutenance publique de thèse de doctorat en informatique - Tony Leclercq

Défense de thèse

La personnalisation de masse constitue aujourd’hui un paradigme industriel majeur permettant de concilier les économies d’échelle de la production de masse avec la prise en compte des besoins et des préférences individuelles des clients. Les configurateurs Web jouent un rôle central dans cette approche en permettant aux utilisateurs de personnaliser des produits ou services directement en ligne selon leurs préférences.

Les technologies de configuration ont fait l’objet de nombreuses recherches. Malheureusement, la plupart portent sur le côté du raisonnement du configurateur (également appelé backend), notamment sur la représentation des connaissances, les mécanismes de raisonnement et la résolution de contraintes. La conception de l’expérience utilisateur (UX) et des interfaces utilisateur (UI) de ces systèmes demeure relativement peu étudiée. Pourtant, de nombreuses études montrent que la qualité de l’interface influence directement l’expérience de configuration, la satisfaction des utilisateurs et la valeur perçue du produit personnalisé; mais aussi la nécessité de s'y intéresser.

Dans cette thèse, nous proposons un ensemble de recommandations visant à améliorer l’interface et l’expérience utilisateur des configurateurs Web.

Pour atteindre cet objectif, un état de l'art sur le design des configurateurs web a été réalisé afin d'identifier les manquements, et un second sur les valeurs perçues. Une introspection portant sur 100 configurateurs a été menée afin d'identifier les caractéristiques susceptibles d'influencer leur qualité. Une étude auprès d'utilisateurs et de concepteurs de configurateurs a également été menée pour identifier leurs attentes et préférences, l'étude auprès des concepteurs permettant de vérifier que ces dernières sont correctement identifiées. Une phase de prototypage a ensuite été menée afin de vérifier comment satisfaire les attentes des utilisateurs dans les interfaces des configurateurs, ainsi que les compromis parfois nécessaires. Enfin, après la conception des guidelines, celles-ci ont été testées auprès d'utilisateurs pour leur efficacité et auprès des concepteurs pour vérifier leur compréhension.

Cette recherche contribue ainsi à rapprocher les domaines des technologies de configuration et de l’interaction homme-machine. Elle fournit à la fois une meilleure compréhension des facteurs influençant l’expérience utilisateur dans les configurateurs Web et un ensemble de recommandations directement exploitables pour concevoir des configurateurs plus efficaces, plus intuitifs et davantage centrés sur les besoins des utilisateurs.

Le jury

  • Prof. Patrick Heymans - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Florentin Rochet - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Bruno Dumas - Université de Namur, Belgique
  • Prof. Männistö Tomi - Université d’Helsinki, Finlande
  • Prof. Jean Vanderdonckt - UCLouvain, Belgique
  • Prof. Dhungana Deepak - IMC – Université des Sciences Appliquées, Autriche
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