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Nouveau Code pénal : quand la théorie rencontre le terrain
Nouveau Code pénal : quand la théorie rencontre le terrain
Le 1er septembre 2026, la Belgique s’est dotée d’un nouveau Code pénal, une réforme attendue de longue date pour remplacer un texte de 1867 devenu difficile à lire à force d’être modifié. Au-delà de la simple modernisation d’un texte ancien, cette réforme traduit une nouvelle manière de penser la peine. Pour en saisir les enjeux, le regard croisé de Nathalie Colette Basecqz, avocate, doyenne de la Faculté de droit, professeure de droit pénal et membre de l’Institut Transitions, centre de recherche Vulnérabilités et Sociétés (V&S), et de Julien Moinil, procureur du Roi de Bruxelles et collaborateur didactique à la Faculté de droit, permet de confronter les ambitions du législateur à la réalité du terrain.
Pour Nathalie Colette Basecqz, la réforme était devenue nécessaire. Le Code pénal avait près de 160 ans et portait les traces de nombreuses adaptations successives. Criminalité informatique, réforme du droit pénal sexuel… les ajouts se sont multipliés sans restructuration d’ensemble, si bien que le texte avait fini par perdre en clarté. Les auteurs de la réforme ont alors travaillé en poursuivant trois objectifs : la précision, la cohérence et la simplicité. « Ils ont fait cet effort de bien structurer et préciser les choses, avec des définitions qui sont claires, tout en ayant intégré la jurisprudence », souligne la professeure.
La distinction entre contraventions, délits et crimes disparaît au profit d’une échelle de huit niveaux d’infraction. Le niveau 1 regroupe les infractions les moins graves et exclut toute peine d’emprisonnement, tandis que le niveau 8 rassemble les infractions les plus graves passibles de l’emprisonnement à perpétuité.
Cette logique vaut aussi pour les entreprises. Le nouveau Code pénal introduit une échelle de huit niveaux pour les personnes morales et abandonne le mécanisme complexe de conversion des peines de prison en amendes. Il crée de nouvelles sanctions, comme la prestation en faveur de la communauté ou la peine pécuniaire fixée en fonction du profit escompté ou obtenu grâce à l’infraction. Une sanction que Nathalie Colette Basecqz considère comme particulièrement pertinente dans la lutte contre certaines formes de criminalité économique.
Sortir de la logique punitive
La réforme ne se limite cependant pas à réorganiser le Code, elle s'inscrit dans une philosophie claire : faire de la prison l'ultime recours. Le nouveau Code pénal supprime ainsi les peines d'emprisonnement de moins de six mois et privilégie d'autres formes de sanction comme la probation, la peine de travail, la confiscation.
Mais la nouveauté la plus marquante est peut-être ailleurs : le nouveau Code pénal inscrit explicitement les finalités de la peine dans la loi. « On est sorti d’une logique punitive », observe la professeure. Le juge devra désormais concilier quatre objectifs : exprimer la désapprobation de la société, réparer le dommage causé, favoriser la réinsertion de l’auteur et protéger la société. Aucun de ces objectifs ne prime automatiquement sur les autres.
Pour autant, Nathalie Colette Basecqz met en garde contre une lecture trop idéaliste de la réforme.
C’est très joli de dire que la prison ne résout rien, qu’il faut agir sur les causes en amont, mais il faut quand même des peines d’emprisonnement dans certaines situations. L’objectif de protection de la société reste important parce que nous ne vivons pas dans un monde de bisounours.
Protéger la société
Un point de vue partagé par Julien Moinil qui regrette la suppression de toute peine d’emprisonnement pour les infractions de niveau 1. Sans plaider pour davantage d’incarcérations, il estime qu’il faut laisser une marge d’appréciation suffisante aux magistrats. Cette position s’appuie sur des situations rencontrées au quotidien. Certains cas d’exhibitionnisme associés à des troubles psychiatriques ou encore certaines situations dans lesquelles des squatters prennent possession de votre maison pendant votre absence, illustrent les limites de la suppression totale de l’emprisonnement pour les infractions les moins graves. La protection de la société doit, selon lui, demeurer un élément déterminant de la réflexion.
Puisque les peines d’emprisonnement restent nécessaires, le procureur estime que la réforme du Code pénal aurait dû s’accompagner d’une réforme profonde du système carcéral, avec davantage d’accompagnement psychologique, social et professionnel au sein des prisons. « Pour moi, il faut intra-muros un réel travail de réinsertion plutôt que dire la prison ne fonctionne pas. Aujourd’hui, la prison ne grandit pas l’individu, mais elle a au moins le mérite de protéger les personnes qui n’ont rien demandé ».
Entre ambition et réalité
Mais ce qui inquiète surtout le procureur bruxellois, c’est la mise en œuvre du nouveau Code pénal qui repose largement sur le développement des alternatives à l’incarcération. Ces dispositifs rencontrent déjà aujourd’hui d’importantes difficultés. Il cite l’exemple du sursis probatoire qui suppose un suivi par les assistants de justice. « Une peine de sursis probatoire prononcée actuellement peut connaître un délai d’exécution de quatorze mois. »
Malgré leurs sensibilités et expériences différentes, le procureur comme la professeure s’accordent à dire que la diversification des peines n’aura de sens que si les structures chargées de les exécuter disposent de ressources suffisantes. Sans suivi effectif, même les sanctions les plus innovantes risquent de perdre leur portée.
Le procureur cite volontiers l’exemple des Pays-Bas, où les réformes de la justice ont été accompagnées d’investissements substantiels dans l’exécution des peines, les services judiciaires et l’accompagnement des condamnés.
Une équipe qui mêle théorie et pratique
À l'UNamur, l'équipe de droit pénal rassemble universitaires, chercheurs, avocats et magistrats. Pour Nathalie Colette Basecqz, cette diversité constitue une véritable richesse. Elle nourrit aussi bien la recherche que les colloques, les publications et les formations continues organisés par la Faculté de droit.
Des praticiens comme Julien Moinil, Étienne Gaublomme ou Camille Danthine participent activement à la formation des étudiants à travers leurs enseignements, les procès simulés ou des initiatives telles que les visites à la Cour pénale internationale de La Haye.
Une manière de rappeler que le droit pénal se construit autant dans les textes que dans leur application quotidienne et que le dialogue entre théorie et pratique constitue l'une des grandes forces de l'UNamur.
Cet article est tiré de la rubrique "L'Invité" du magazine Omalius #42 (Septembre 2026).
Comment le droit joue-t-il un rôle dans la paix: une année pour se questionner en Faculté de droit
Comment le droit joue-t-il un rôle dans la paix: une année pour se questionner en Faculté de droit
Pour l’année académique 2026-2027, la Faculté de droit de l’UNamur a choisi la paix comme Fil Rouge, sous le slogan « Peace & Law ». Lancée ce 22 septembre, cette 5ème édition invitera étudiants et enseignants à interroger, tout au long de l’année, le rôle que peut jouer le droit dans la construction ou le rétablissement de la paix. Pour lancer ce nouveau chapitre, la Faculté a donné la parole à Jacques Fierens et Annick Umutoni, dont les parcours sont tous deux étroitement liés au Rwanda.
Depuis 2022, la Faculté de droit choisit chaque année une thématique destinée à rassembler l’ensemble de sa communauté. Après l’enfance et la migration, la lutte contre le harcèlement, le développement de l’inclusion puis l’écologie avec « Réenchantons la Terre ! », c’est donc la paix qui accompagnera cette nouvelle année académique.
Avec « Peace & Law », la Faculté souhaite notamment interroger la manière dont le droit peut contribuer à la paix, mais aussi les limites de cet outil et les situations dans lesquelles il peut, au contraire, devenir un instrument de domination ou un facteur de conflit. Le Fil Rouge permet de rassembler étudiants et enseignants autour d’un même thème, tout en créant des liens entre les différents cours.
Le génocide au Rwanda comme point de départ
Pour lancer ce nouveau Fil, la Faculté a choisi de croiser les regards de deux défendeurs acharnés des droits humains, sensibilisés à la guerre et à ses conséquences mais surtout acteurs d’une société pacifiée : Annick Umutoni, psychologue d’origine rwandaise et Jacques Fierens, avocat et professeur émérite de cette faculté.
Pour Jacques Fierens, le thème « Peace & Law » a immédiatement fait ressurgir une expérience vécue trente ans plus tôt. En 1996, la Faculté de droit a reçu un fax du nouveau Recteur de l’Université nationale du Rwanda, lui-même ancien doctorant de l’Université de Namur. L’université, qui venait de reprendre ses activités après le génocide perpétré contre les Tutsis, recherchait un professeur pour enseigner la philosophie du droit et Jacques Fierens s’est très vite porté volontaire.
Devant une cinquantaine d’étudiants, il abordait alors les penseurs qui ont réfléchi aux relations entre droit et paix, de Grotius à Hannah Arendt en passant par Kant. Mais l’exercice le confronte rapidement aux limites de son propre enseignement : comment parler de droit, de justice ou de paix à des étudiants qui ont eux-mêmes vécu les conséquences d’un génocide ?
“La paix est infiniment plus que la fin de la bagarre ou de la guerre”
Pour lui, cette expérience nourrit surtout une conviction sur la place du droit dans la construction de la paix : s’il ne peut pas tout résoudre, il peut et doit en poser certaines bases. “Le droit est incapable de donner la paix”, souligne-t-il. “Par contre, il constitue un seuil, une marche indispensable vers elle”.
Mémoire, traumatisme et transmission
Le parcours d’Annick Umutoni apporte un autre regard sur cette question. Adolescente au moment du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, elle a quitté le Rwanda avec les derniers Casques bleus et a poursuivi ensuite sa vie en Belgique. Devenue psychologue, elle accompagne des personnes confrontées aux conséquences de conflits et aux traumatismes qu’ils peuvent laisser d’une génération à l’autre.
Son travail ne concerne d’ailleurs pas uniquement le Rwanda. Elle reçoit également des personnes ayant vécu des situations de post-conflit au Congo ou au Burundi, mais aussi des violences intrafamiliales, des mariages forcés ou d’autres formes de violences. “Quand on parle de la paix, on parle aussi de la mémoire, de ce qu’on transmet ou de ce qu’on ne transmet pas, et de la résilience”, explique-t-elle. Lors de son intervention, Annick Umutoni a ainsi montré que réfléchir à la paix implique aussi de parler de traumatisme et de ce qui se construit après le conflit.
Parler de paix aux futurs juristes
Pour Jacques Fierens, revenir à l’UNamur pour s’adresser aux étudiants avait également une importance particulière. Ancien professeur de la Faculté, il se dit “plus que jamais persuadé que le monde sera sauvé par la jeunesse et par l’éducation qu’elle reçoit”. Pour Annick Umutoni, l’intérêt du Fil Rouge réside aussi dans la rencontre entre plusieurs disciplines et plusieurs regards pour aborder une question aussi large que celle de la paix.
“Ce métissage de toutes ces disciplines est important. Il n’y a pas que le droit, il n’y a pas que la philosophie : il faut croiser les regards pour construire quelque chose de plus apaisé”
Le lancement du 22 septembre n’est que la première étape. Plusieurs rendez-vous sont déjà programmés. Le 12 octobre, le diplomate Antoine Misonne interviendra autour de la question « Le droit international public existe-t-il encore ? ». Le 22 octobre, Luuk Van Middelaar et Maxime Prévot participeront à une rencontre consacrée à l’Union européenne comme instrument de paix et de protection de la démocratie. Une rencontre sur le conflit israélo-palestinien, avec Simone Susskind et Bichara Khader, est prévue le 4 novembre, tandis qu’une simulation de négociation internationale autour de la crise en Iran sera organisée avec la professeure Elena Aoun. D’autres activités viendront encore compléter le programme au fil des mois, dont un procès simulé sur le thème “Namur en guerre”.
Des doctorants du NaDI lancent “Et si l'IA…”, un cycle de conférences pour “démystifier l'intelligence artificielle”
Des doctorants du NaDI lancent “Et si l'IA…”, un cycle de conférences pour “démystifier l'intelligence artificielle”
À travers cinq conférences-ateliers interdisciplinaires, les doctorants de l’UNamur NaDI invitent le grand public à développer un regard critique sur l’intelligence artificielle qui transforme déjà notre quotidien.
L'intelligence artificielle est aujourd'hui à la portée de tous. Pourtant, si beaucoup l'utilisent au quotidien, rares sont ceux qui en comprennent réellement le fonctionnement, les limites ou les enjeux. C'est pour répondre à ce besoin que le Namur Digital Institute (NaDI) lance “Et si l'IA…”, un cycle de conférences-ateliers ouvert au grand public, coordonné par les doctorantes Elisa De Coster (PReCISE) et Aline Nardi (CRIDS).
“L'idée du projet est de démystifier l'intelligence artificielle”, entame Elisa De Coster. “Nous avons la chance, en tant que chercheurs, d'être sensibilisés aux questions que soulèvent l’IA. Nous voulions que les citoyens curieux puissent eux aussi disposer de ces clés de compréhension.”
“Avant 2022 et l'essor de ChatGPT, ces outils étaient réservés à une niche”, poursuit Aline Nardi."Depuis, l'usage de l'IA s'est généralisé à une vitesse record, mais la réflexion sur les enjeux sociétaux de ces usages n'a pas suivi le rythme. Cette série de conférences est une invitation à faire un pas de côté pour comprendre ce qui se joue en coulisses"
Des regards croisés pour mieux comprendre l'IA
Chaque séance, d'une durée d'environ deux heures, croisera les regards de plusieurs spécialistes. Un doctorant en informatique expliquera le fonctionnement technique de l'IA, tandis que son homologue en droit abordera les implications juridiques, éthiques et sociétales.
Des intervenants issus du monde professionnel viendront partager leur expérience de terrain et une activité interactive permettra au public de mettre ces notions en pratique. Parmis ces intervenants, on peut notamment citer Alice Gorissen (CEO & Head of Animation à Dreamwall), Jean-Philippe Demiddeleer (juge de paix à Gembloux) et Zoé Dewinter (psychologue clinique, spécialisée sur l’IA en santé mentale). L'interactivité, l'interdisciplinarité et l'ouverture au grand public constituent les trois piliers du projet.
Cinq conférences pour explorer les enjeux de l'IA
Chaque rencontre abordera une question de société différente :
- 1er octobre 2026 – La Nef
Et si l'IA était votre confidente ?
Peut-on se confier à un chatbot ? Quels en sont les risques ? - 22 octobre 2026 – PA02
Et si l'IA se trompait ?
Comment reconnaître les erreurs d'une intelligence artificielle et conserver son esprit critique ? - 19 novembre 2026 – Caméo
Et si l'IA était subjective ?
Les intelligences artificielles sont-elles réellement neutres ou reproduisent-elles certains biais ? - 25 février 2027 – Quai 22
Et si l'IA volait vos créations ?
Quels défis l'IA générative pose-t-elle en matière de droit d'auteur et de propriété intellectuelle ? - 18 mars 2027 – TRAKK
Et si l'IA vous connaissait trop bien ?
Que deviennent nos données personnelles et jusqu'où l'IA peut-elle apprendre à nous connaître ?
Si Elisa De Coster et Aline Nardi coordonnent le projet, elles insistent sur le fait qu'il s'agit avant tout d'un travail collectif. Le cycle de conférences est porté par dix doctorants issus des centres de recherche PReCISE et CRIDS : Elisa De Coster, Adélaïde Couplet, Jules Dejaeghere, Pierre Luycx, Pierre Poitier, Aline Nardi, Alix Gobert, Florian Jacques, Martin Rappe, Lionel Goffaux et Olga Thiry. Ensemble, ils veulent aider le grand public à mieux comprendre l'intelligence artificielle, sans la diaboliser ni la présenter comme une solution miracle.
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Formation continue : une carte à jouer pour l’université
Formation continue : une carte à jouer pour l’université
Le temps où l’on choisissait un métier une fois pour toutes et où l’expérience suffisait à gravir les échelons semble révolu. Désormais, se former tout au long de la vie est presque devenu une évidence. « Il y a clairement une évolution en ce sens, en particulier dans un contexte d’automatisation et d’intelligence artificielle qui rend d’autant plus importante l’acquisition de nouvelles compétences », commente Michel Ajzen, professeur au sein du Département Management à la Faculté Économie Management Communication SciencePo de l’UNamur et membre du Namur Digital Institute. « Et ce n’est pas une question de générations : qu’on ait 30, 40 ou 50 ans, ce besoin existe. »
Si de nombreuses entreprises mettent en place des formations à destination de leurs salariés, il semble par ailleurs que la « responsabilité de l’employabilité » ait progressivement basculé dans le chef des travailleurs, appelés à prendre davantage en main leur carrière. « Par le passé, le patron était perçu comme responsable du développement du travailleur, voire de son épanouissement, même parfois au-delà du travail », souligne Michel Ajzen. « Mais au fil du temps, cette responsabilité de l’employabilité s’est diluée. » Une tendance renforcée par les nouveaux « scripts de carrière », fortement basés sur la mobilité. « Quand je demande aux étudiants combien d’employeurs ils pensent avoir dans leur vie, la réponse est six en moyenne », poursuit l’enseignant. « Cela veut dire qu’avant même d’entrer dans le monde professionnel, ils ont dans l’idée qu’ils passeront d’un employeur à l’autre, ce qui peut pousser à se sentir “responsable” de sa carrière et donc potentiellement à suivre des formations de sa propre initiative. »
Tactiques de carrière
Se former d’accord, mais à quoi ? Et comment ? Comme l’analyse Michel Ajzen, ce choix relève en grande partie des « tactiques de carrière » adoptées par les travailleurs. « Selon les moments de la vie, ils pourront avoir des tactiques plutôt orientées vers l’emploi, avec l’objectif de s’assurer rapidement un travail alimentaire », explique-t-il.
« À d’autres moments, ils auront une tactique davantage orientée vers l’employabilité, avec l’idée d’acquérir au fil du temps des connaissances qui leur permettront de passer des paliers, qu’il s’agisse de mobilité verticale — au sein d’une même entreprise — ou horizontale — vers une autre entreprise ou un autre poste. Enfin, il y a la tactique “sens” : faire une formation qui les mènera vers un travail qui leur donnera encore plus envie de se lever le matin… »
Par ailleurs, les périodes de formation sont souvent perçues par les travailleurs comme une respiration : l’occasion de prendre du recul et de sortir « le nez du guidon », dans un quotidien professionnel souvent survolté. Un temps de « pause » aujourd’hui encadré par différents dispositifs. Ainsi, la loi du 3 octobre 2022 garantit aux employés du secteur privé un droit individuel à la formation, équivalent à 5 jours par an pour un temps plein. Cette formation peut être organisée par l’employeur ou laissée au libre choix des travailleurs (avec un droit de regard de l’employeur). « Certaines entreprises ne sont toutefois pas tenues de garantir ce droit à leurs travailleurs. C’est notamment le cas des entreprises qui comptent moins de dix membres du personnel », précise Charlotte Lambert, maître de conférences et spécialiste en droit social. « En droit social, il existe par ailleurs des conventions collectives de travail qui complètent la loi par secteur et peuvent prévoir davantage de jours de formation. »
CEP et crédit-temps
Lorsqu’un travailleur souhaite suivre une formation plus conséquente — par exemple un certificat universitaire dont la durée excède le plus souvent cinq jours par an —, il peut par ailleurs recourir à d’autres dispositifs lui permettant de sécuriser tout ou partie de sa rémunération. « Le congé éducation payé ou CEP, qui est une compétence régionale, permet de suivre une formation reconnue d’au moins 32 heures, en ce compris une formation initiale », explique Charlotte Lambert. « Le travailleur conserve sa rémunération, tandis que l’employeur est indemnisé par l’ONEM. »
L’autre option est le crédit-temps « avec motif formation » : ce dispositif régional qui existe uniquement dans le secteur privé permet de réduire ou suspendre temporairement son temps de travail sans porter atteinte à l’existence de son contrat. Dans ce cas, le travailleur reçoit directement une indemnisation de l’ONEM, sous réserve de certaines conditions d’âge et d’ancienneté. Le crédit-temps est par ailleurs limité à une durée de 36 mois. « Ces différents dispositifs ne sont pas nécessairement bien connus du public », commente Charlotte Lambert, « ce qui explique aussi que beaucoup de personnes se découragent de suivre une formation, notamment par peur de perdre leur emploi ou de devoir réduire leur temps de travail et, par conséquent, leur rémunération ». Par ailleurs, ils ne sont accessibles qu’aux travailleurs avec un statut relativement stable (CDI, CDD long…). « Des mécanismes spécifiques mais similaires existent dans le secteur public. Pour les indépendants, par contre, le recours à des congés payés ou des crédits-temps n’est pas possible. Ils doivent donc prendre eux-mêmes en charge le coût indirect de leur formation », précise encore la spécialiste en droit social.
Les super-héros de l’horaire décalé
Face au besoin de formation des travailleurs, les universités ont bien sûr un rôle à jouer. Le décret Paysage du 7 novembre 2013 stipule ainsi qu’elles sont habilitées à organiser des formations continues validées par l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur). « Au sens décrétal, la formation continue ne concerne pas les diplômes de bachelier ou de master, mais plutôt les certificats », précise Charlotte Lambert. Ainsi, pour éviter toute méprise, les étudiants doivent savoir qu’obtenir un certificat universitaire n’équivaut pas à décrocher un grade académique et ne donne donc pas droit aux mêmes prérogatives sur le marché du travail.
En revanche, il existe bel et bien la possibilité pour les travailleurs d’obtenir un diplôme de bachelier ou de master en horaire décalé, comme c’est le cas à la Faculté de droit de l’UNamur. « La particularité du bachelier — puis idéalement du master — universitaire, c’est qu’il s’agit d’une véritable remise à zéro », appuie Mathieu Rolain, coordinateur pédagogique de ce programme et chercheur au Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l’Institut Transitions). « Souvent, c’est une reconversion professionnelle complète et parfois même la réalisation d’un rêve : certains ont 50 ans et vont commencer le barreau… ». En bloc 1 de la Faculté de droit en horaire décalé, on compte chaque année quelque 50 à 60 inscrits : 10 à 15 d’entre eux seront diplômés en bloc 3. « Ce sont des étudiants extrêmement solidaires, qui s’échangent leurs notes et se soutiennent quand l’un d’entre eux est en train de flancher », observe le coordinateur.
Dans la même optique, l’UNamur a à cœur d’adapter au mieux ses dispositifs à ce public. « Beaucoup ont des responsabilités familiales et vivent parfois très loin de Namur », poursuit Mathieu Rolain. « Tous nos cours sont donc enregistrés et mis en ligne. Nous leur donnons aussi accès aux parkings du personnel, nous leur communiquons très en avance les dates d’examens… On essaie de leur montrer qu’on les soutient, qu’on les comprend. » Car pour ces adultes à la vie professionnelle et personnelle bien remplie, (re) commencer des études universitaires « en cours du soir » exige une discipline et une détermination hors du commun, de même que le soutien inconditionnel de l’entourage. « J’ai vraiment beaucoup d’admiration pour eux », s’enthousiasme Mathieu Rolain. « Pour moi, ce sont des super-héros. On a eu des médecins spécialistes qui venaient après leur journée, des parents solos… Ce sont des profils très atypiques, avec des parcours brillants. C’est aussi un public très exigeant, qui vous attend au tournant, ce qui pour nous, enseignants, est très stimulant. » Car en ouvrant ses portes à un public expérimenté, le monde universitaire continue lui aussi de se former.
L’UNamur, pionnière dans la formation continuée des enseignants
Depuis les années 80, l’Université de Namur se distingue par son expertise dans la formation continuée des enseignants, à la fois dans ses aspects didactiques et psychopédagogiques.
« C’est la Faculté de philosophie et lettres qui avait au départ entamé ce travail pour proposer ce qu’on appelait à l’époque des “recyclages” aux professeurs de français », commente Sandrine Biémar, coordinatrice du centre de formation continuée des enseignants de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation (FaSEF), enseignante et membre de l'Institut de Recherche en Didactiques et Éducation (IRDENa). « Ensuite, des formations plus générales sur les aspects psychopédagogiques ont suivi : elles ont été prises en charge initialement par le Département éducation et technologies, aujourd’hui devenu la FaSEF. De même, dans les années 90, la Faculté des sciences et la Faculté des sciences économiques ont développé leur propre centre de formation continuée des enseignants. » Ces quatre centres de formation continuée des enseignants sont désormais réunis dans la « Salle des Pros ».
Si le décret du 17/06/2021 (Livre 6 du Code de l’enseignement) formalise les droits et devoirs des membres du personnel de l’enseignement en termes de formation continue, celle-ci est loin d’être une nouveauté pour la profession.
« Le métier est tellement complexe, soumis à tellement de changements, notamment au niveau des programmes et des méthodes pédagogiques, qu’il est important pour l’enseignant d’inscrire son parcours dans une continuité », insiste Sandrine Biémar. « C’est pourquoi, dès la formation initiale, nous informons les étudiants de ces possibilités de formation continuée. »
Avec pour objectif de former des « praticiens réflexifs », capables de remettre en question leurs propres pratiques pour les réguler et les faire évoluer au fil du temps.
« Nous essayons de rapprocher le monde de la recherche du monde de la pratique : que nous puissions informer les enseignants des nouvelles études, mais qu’ils puissent aussi nous informer de ce qui se passe sur le terrain, poursuit la coordinatrice. La Salle des Pros constitue cet espace d’ouverture vers le monde. »
La Salle des Pros
La dynamique de la formation continue des enseignants à l'Université de Namur, carrefour entre recherche et terrain !
La Salle des Pros est avant tout un lieu à l’écoute des questions que les enseignants se posent dans le cadre de leur pratique. A l'intersection entre les milieux de la pratique et de la recherche, elle traite des problématiques qui émergent du terrain par le biais de réflexions, d'échanges et de constructions communes.
Différenciation et langue de scolarisation
Outre les formations obligatoires et gratuites qu’elle dispense en tant qu’ « opérateur de formation » pour les enseignants, l’UNamur propose aussi plusieurs certificats autour de thématiques spécifiques. « Les enseignants viennent suivre volontairement ces certificats, en plus de leur formation obligatoire et en-dehors de leurs heures de cours, et prennent les frais à leur charge », précise Sandrine Biémar. Parmi les thématiques qui suscitent un intérêt croissant dans le monde enseignant, citons les pratiques de différenciation pédagogique. « Au quotidien, les enseignants sont face à des groupes d’élèves où chacun a des besoins différents, apprend à des rythmes différents », détaille la coordinatrice. « Or il existe toute une série de méthodologies qui permettent de tenir compte de ces différences, ce qui constitue un enjeu aujourd’hui très important, surtout avec la mise en place du tronc commun. » Les formations autour de la langue de scolarisation, centrales pour lutter contre les inégalités, se sont aussi largement développées. « Nous sensibilisons les enseignants au fait qu’ils utilisent un langage propre à l’école — "asseyez-vous", "prenez votre cahier", "analysez", "coloriez" — et que ce langage doit être explicité. Il faut dire aux élèves dans quel but on leur fait faire telle ou telle chose. » Enfin, l’IA constitue sans surprise l’une des nouvelles thématiques dans la formation continue des enseignants, mais aussi d’autres publics (managers, décideurs, etc.). Une nouvelle micro-formation universitaire en intelligence artificielle est ainsi proposée depuis début 2026.
Les atouts d'une formation à horaire décalé / adapté
- Diplôme identique : Le diplôme décerné est le même qu'en horaire de jour.
- Expérience valorisée : Une valorisation des acquis antérieurs est assurée.
- Horaires : Un calendrier et des horaires adaptés à un public adulte.
- Accès : Un campus facilement accessible, tant en train qu'en voiture.
- Organisation : Une dizaine d’heures de cours par semaine.
Nos programmes à horaire décalé /adapté
Bacheliers
- Droit
- Économie et gestion
- Informatique
Masters
- Économie et gestion
- Enseignement (section 4 et 5)
- Informatique
Masters de spécialisation
Cet article est tiré de la rubrique "Enjeux" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).
Nouveau Code pénal : quand la théorie rencontre le terrain
Nouveau Code pénal : quand la théorie rencontre le terrain
Le 1er septembre 2026, la Belgique s’est dotée d’un nouveau Code pénal, une réforme attendue de longue date pour remplacer un texte de 1867 devenu difficile à lire à force d’être modifié. Au-delà de la simple modernisation d’un texte ancien, cette réforme traduit une nouvelle manière de penser la peine. Pour en saisir les enjeux, le regard croisé de Nathalie Colette Basecqz, avocate, doyenne de la Faculté de droit, professeure de droit pénal et membre de l’Institut Transitions, centre de recherche Vulnérabilités et Sociétés (V&S), et de Julien Moinil, procureur du Roi de Bruxelles et collaborateur didactique à la Faculté de droit, permet de confronter les ambitions du législateur à la réalité du terrain.
Pour Nathalie Colette Basecqz, la réforme était devenue nécessaire. Le Code pénal avait près de 160 ans et portait les traces de nombreuses adaptations successives. Criminalité informatique, réforme du droit pénal sexuel… les ajouts se sont multipliés sans restructuration d’ensemble, si bien que le texte avait fini par perdre en clarté. Les auteurs de la réforme ont alors travaillé en poursuivant trois objectifs : la précision, la cohérence et la simplicité. « Ils ont fait cet effort de bien structurer et préciser les choses, avec des définitions qui sont claires, tout en ayant intégré la jurisprudence », souligne la professeure.
La distinction entre contraventions, délits et crimes disparaît au profit d’une échelle de huit niveaux d’infraction. Le niveau 1 regroupe les infractions les moins graves et exclut toute peine d’emprisonnement, tandis que le niveau 8 rassemble les infractions les plus graves passibles de l’emprisonnement à perpétuité.
Cette logique vaut aussi pour les entreprises. Le nouveau Code pénal introduit une échelle de huit niveaux pour les personnes morales et abandonne le mécanisme complexe de conversion des peines de prison en amendes. Il crée de nouvelles sanctions, comme la prestation en faveur de la communauté ou la peine pécuniaire fixée en fonction du profit escompté ou obtenu grâce à l’infraction. Une sanction que Nathalie Colette Basecqz considère comme particulièrement pertinente dans la lutte contre certaines formes de criminalité économique.
Sortir de la logique punitive
La réforme ne se limite cependant pas à réorganiser le Code, elle s'inscrit dans une philosophie claire : faire de la prison l'ultime recours. Le nouveau Code pénal supprime ainsi les peines d'emprisonnement de moins de six mois et privilégie d'autres formes de sanction comme la probation, la peine de travail, la confiscation.
Mais la nouveauté la plus marquante est peut-être ailleurs : le nouveau Code pénal inscrit explicitement les finalités de la peine dans la loi. « On est sorti d’une logique punitive », observe la professeure. Le juge devra désormais concilier quatre objectifs : exprimer la désapprobation de la société, réparer le dommage causé, favoriser la réinsertion de l’auteur et protéger la société. Aucun de ces objectifs ne prime automatiquement sur les autres.
Pour autant, Nathalie Colette Basecqz met en garde contre une lecture trop idéaliste de la réforme.
C’est très joli de dire que la prison ne résout rien, qu’il faut agir sur les causes en amont, mais il faut quand même des peines d’emprisonnement dans certaines situations. L’objectif de protection de la société reste important parce que nous ne vivons pas dans un monde de bisounours.
Protéger la société
Un point de vue partagé par Julien Moinil qui regrette la suppression de toute peine d’emprisonnement pour les infractions de niveau 1. Sans plaider pour davantage d’incarcérations, il estime qu’il faut laisser une marge d’appréciation suffisante aux magistrats. Cette position s’appuie sur des situations rencontrées au quotidien. Certains cas d’exhibitionnisme associés à des troubles psychiatriques ou encore certaines situations dans lesquelles des squatters prennent possession de votre maison pendant votre absence, illustrent les limites de la suppression totale de l’emprisonnement pour les infractions les moins graves. La protection de la société doit, selon lui, demeurer un élément déterminant de la réflexion.
Puisque les peines d’emprisonnement restent nécessaires, le procureur estime que la réforme du Code pénal aurait dû s’accompagner d’une réforme profonde du système carcéral, avec davantage d’accompagnement psychologique, social et professionnel au sein des prisons. « Pour moi, il faut intra-muros un réel travail de réinsertion plutôt que dire la prison ne fonctionne pas. Aujourd’hui, la prison ne grandit pas l’individu, mais elle a au moins le mérite de protéger les personnes qui n’ont rien demandé ».
Entre ambition et réalité
Mais ce qui inquiète surtout le procureur bruxellois, c’est la mise en œuvre du nouveau Code pénal qui repose largement sur le développement des alternatives à l’incarcération. Ces dispositifs rencontrent déjà aujourd’hui d’importantes difficultés. Il cite l’exemple du sursis probatoire qui suppose un suivi par les assistants de justice. « Une peine de sursis probatoire prononcée actuellement peut connaître un délai d’exécution de quatorze mois. »
Malgré leurs sensibilités et expériences différentes, le procureur comme la professeure s’accordent à dire que la diversification des peines n’aura de sens que si les structures chargées de les exécuter disposent de ressources suffisantes. Sans suivi effectif, même les sanctions les plus innovantes risquent de perdre leur portée.
Le procureur cite volontiers l’exemple des Pays-Bas, où les réformes de la justice ont été accompagnées d’investissements substantiels dans l’exécution des peines, les services judiciaires et l’accompagnement des condamnés.
Une équipe qui mêle théorie et pratique
À l'UNamur, l'équipe de droit pénal rassemble universitaires, chercheurs, avocats et magistrats. Pour Nathalie Colette Basecqz, cette diversité constitue une véritable richesse. Elle nourrit aussi bien la recherche que les colloques, les publications et les formations continues organisés par la Faculté de droit.
Des praticiens comme Julien Moinil, Étienne Gaublomme ou Camille Danthine participent activement à la formation des étudiants à travers leurs enseignements, les procès simulés ou des initiatives telles que les visites à la Cour pénale internationale de La Haye.
Une manière de rappeler que le droit pénal se construit autant dans les textes que dans leur application quotidienne et que le dialogue entre théorie et pratique constitue l'une des grandes forces de l'UNamur.
Cet article est tiré de la rubrique "L'Invité" du magazine Omalius #42 (Septembre 2026).
Comment le droit joue-t-il un rôle dans la paix: une année pour se questionner en Faculté de droit
Comment le droit joue-t-il un rôle dans la paix: une année pour se questionner en Faculté de droit
Pour l’année académique 2026-2027, la Faculté de droit de l’UNamur a choisi la paix comme Fil Rouge, sous le slogan « Peace & Law ». Lancée ce 22 septembre, cette 5ème édition invitera étudiants et enseignants à interroger, tout au long de l’année, le rôle que peut jouer le droit dans la construction ou le rétablissement de la paix. Pour lancer ce nouveau chapitre, la Faculté a donné la parole à Jacques Fierens et Annick Umutoni, dont les parcours sont tous deux étroitement liés au Rwanda.
Depuis 2022, la Faculté de droit choisit chaque année une thématique destinée à rassembler l’ensemble de sa communauté. Après l’enfance et la migration, la lutte contre le harcèlement, le développement de l’inclusion puis l’écologie avec « Réenchantons la Terre ! », c’est donc la paix qui accompagnera cette nouvelle année académique.
Avec « Peace & Law », la Faculté souhaite notamment interroger la manière dont le droit peut contribuer à la paix, mais aussi les limites de cet outil et les situations dans lesquelles il peut, au contraire, devenir un instrument de domination ou un facteur de conflit. Le Fil Rouge permet de rassembler étudiants et enseignants autour d’un même thème, tout en créant des liens entre les différents cours.
Le génocide au Rwanda comme point de départ
Pour lancer ce nouveau Fil, la Faculté a choisi de croiser les regards de deux défendeurs acharnés des droits humains, sensibilisés à la guerre et à ses conséquences mais surtout acteurs d’une société pacifiée : Annick Umutoni, psychologue d’origine rwandaise et Jacques Fierens, avocat et professeur émérite de cette faculté.
Pour Jacques Fierens, le thème « Peace & Law » a immédiatement fait ressurgir une expérience vécue trente ans plus tôt. En 1996, la Faculté de droit a reçu un fax du nouveau Recteur de l’Université nationale du Rwanda, lui-même ancien doctorant de l’Université de Namur. L’université, qui venait de reprendre ses activités après le génocide perpétré contre les Tutsis, recherchait un professeur pour enseigner la philosophie du droit et Jacques Fierens s’est très vite porté volontaire.
Devant une cinquantaine d’étudiants, il abordait alors les penseurs qui ont réfléchi aux relations entre droit et paix, de Grotius à Hannah Arendt en passant par Kant. Mais l’exercice le confronte rapidement aux limites de son propre enseignement : comment parler de droit, de justice ou de paix à des étudiants qui ont eux-mêmes vécu les conséquences d’un génocide ?
“La paix est infiniment plus que la fin de la bagarre ou de la guerre”
Pour lui, cette expérience nourrit surtout une conviction sur la place du droit dans la construction de la paix : s’il ne peut pas tout résoudre, il peut et doit en poser certaines bases. “Le droit est incapable de donner la paix”, souligne-t-il. “Par contre, il constitue un seuil, une marche indispensable vers elle”.
Mémoire, traumatisme et transmission
Le parcours d’Annick Umutoni apporte un autre regard sur cette question. Adolescente au moment du génocide perpétré contre les Tutsis en 1994, elle a quitté le Rwanda avec les derniers Casques bleus et a poursuivi ensuite sa vie en Belgique. Devenue psychologue, elle accompagne des personnes confrontées aux conséquences de conflits et aux traumatismes qu’ils peuvent laisser d’une génération à l’autre.
Son travail ne concerne d’ailleurs pas uniquement le Rwanda. Elle reçoit également des personnes ayant vécu des situations de post-conflit au Congo ou au Burundi, mais aussi des violences intrafamiliales, des mariages forcés ou d’autres formes de violences. “Quand on parle de la paix, on parle aussi de la mémoire, de ce qu’on transmet ou de ce qu’on ne transmet pas, et de la résilience”, explique-t-elle. Lors de son intervention, Annick Umutoni a ainsi montré que réfléchir à la paix implique aussi de parler de traumatisme et de ce qui se construit après le conflit.
Parler de paix aux futurs juristes
Pour Jacques Fierens, revenir à l’UNamur pour s’adresser aux étudiants avait également une importance particulière. Ancien professeur de la Faculté, il se dit “plus que jamais persuadé que le monde sera sauvé par la jeunesse et par l’éducation qu’elle reçoit”. Pour Annick Umutoni, l’intérêt du Fil Rouge réside aussi dans la rencontre entre plusieurs disciplines et plusieurs regards pour aborder une question aussi large que celle de la paix.
“Ce métissage de toutes ces disciplines est important. Il n’y a pas que le droit, il n’y a pas que la philosophie : il faut croiser les regards pour construire quelque chose de plus apaisé”
Le lancement du 22 septembre n’est que la première étape. Plusieurs rendez-vous sont déjà programmés. Le 12 octobre, le diplomate Antoine Misonne interviendra autour de la question « Le droit international public existe-t-il encore ? ». Le 22 octobre, Luuk Van Middelaar et Maxime Prévot participeront à une rencontre consacrée à l’Union européenne comme instrument de paix et de protection de la démocratie. Une rencontre sur le conflit israélo-palestinien, avec Simone Susskind et Bichara Khader, est prévue le 4 novembre, tandis qu’une simulation de négociation internationale autour de la crise en Iran sera organisée avec la professeure Elena Aoun. D’autres activités viendront encore compléter le programme au fil des mois, dont un procès simulé sur le thème “Namur en guerre”.
Des doctorants du NaDI lancent “Et si l'IA…”, un cycle de conférences pour “démystifier l'intelligence artificielle”
Des doctorants du NaDI lancent “Et si l'IA…”, un cycle de conférences pour “démystifier l'intelligence artificielle”
À travers cinq conférences-ateliers interdisciplinaires, les doctorants de l’UNamur NaDI invitent le grand public à développer un regard critique sur l’intelligence artificielle qui transforme déjà notre quotidien.
L'intelligence artificielle est aujourd'hui à la portée de tous. Pourtant, si beaucoup l'utilisent au quotidien, rares sont ceux qui en comprennent réellement le fonctionnement, les limites ou les enjeux. C'est pour répondre à ce besoin que le Namur Digital Institute (NaDI) lance “Et si l'IA…”, un cycle de conférences-ateliers ouvert au grand public, coordonné par les doctorantes Elisa De Coster (PReCISE) et Aline Nardi (CRIDS).
“L'idée du projet est de démystifier l'intelligence artificielle”, entame Elisa De Coster. “Nous avons la chance, en tant que chercheurs, d'être sensibilisés aux questions que soulèvent l’IA. Nous voulions que les citoyens curieux puissent eux aussi disposer de ces clés de compréhension.”
“Avant 2022 et l'essor de ChatGPT, ces outils étaient réservés à une niche”, poursuit Aline Nardi."Depuis, l'usage de l'IA s'est généralisé à une vitesse record, mais la réflexion sur les enjeux sociétaux de ces usages n'a pas suivi le rythme. Cette série de conférences est une invitation à faire un pas de côté pour comprendre ce qui se joue en coulisses"
Des regards croisés pour mieux comprendre l'IA
Chaque séance, d'une durée d'environ deux heures, croisera les regards de plusieurs spécialistes. Un doctorant en informatique expliquera le fonctionnement technique de l'IA, tandis que son homologue en droit abordera les implications juridiques, éthiques et sociétales.
Des intervenants issus du monde professionnel viendront partager leur expérience de terrain et une activité interactive permettra au public de mettre ces notions en pratique. Parmis ces intervenants, on peut notamment citer Alice Gorissen (CEO & Head of Animation à Dreamwall), Jean-Philippe Demiddeleer (juge de paix à Gembloux) et Zoé Dewinter (psychologue clinique, spécialisée sur l’IA en santé mentale). L'interactivité, l'interdisciplinarité et l'ouverture au grand public constituent les trois piliers du projet.
Cinq conférences pour explorer les enjeux de l'IA
Chaque rencontre abordera une question de société différente :
- 1er octobre 2026 – La Nef
Et si l'IA était votre confidente ?
Peut-on se confier à un chatbot ? Quels en sont les risques ? - 22 octobre 2026 – PA02
Et si l'IA se trompait ?
Comment reconnaître les erreurs d'une intelligence artificielle et conserver son esprit critique ? - 19 novembre 2026 – Caméo
Et si l'IA était subjective ?
Les intelligences artificielles sont-elles réellement neutres ou reproduisent-elles certains biais ? - 25 février 2027 – Quai 22
Et si l'IA volait vos créations ?
Quels défis l'IA générative pose-t-elle en matière de droit d'auteur et de propriété intellectuelle ? - 18 mars 2027 – TRAKK
Et si l'IA vous connaissait trop bien ?
Que deviennent nos données personnelles et jusqu'où l'IA peut-elle apprendre à nous connaître ?
Si Elisa De Coster et Aline Nardi coordonnent le projet, elles insistent sur le fait qu'il s'agit avant tout d'un travail collectif. Le cycle de conférences est porté par dix doctorants issus des centres de recherche PReCISE et CRIDS : Elisa De Coster, Adélaïde Couplet, Jules Dejaeghere, Pierre Luycx, Pierre Poitier, Aline Nardi, Alix Gobert, Florian Jacques, Martin Rappe, Lionel Goffaux et Olga Thiry. Ensemble, ils veulent aider le grand public à mieux comprendre l'intelligence artificielle, sans la diaboliser ni la présenter comme une solution miracle.
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Formation continue : une carte à jouer pour l’université
Formation continue : une carte à jouer pour l’université
Le temps où l’on choisissait un métier une fois pour toutes et où l’expérience suffisait à gravir les échelons semble révolu. Désormais, se former tout au long de la vie est presque devenu une évidence. « Il y a clairement une évolution en ce sens, en particulier dans un contexte d’automatisation et d’intelligence artificielle qui rend d’autant plus importante l’acquisition de nouvelles compétences », commente Michel Ajzen, professeur au sein du Département Management à la Faculté Économie Management Communication SciencePo de l’UNamur et membre du Namur Digital Institute. « Et ce n’est pas une question de générations : qu’on ait 30, 40 ou 50 ans, ce besoin existe. »
Si de nombreuses entreprises mettent en place des formations à destination de leurs salariés, il semble par ailleurs que la « responsabilité de l’employabilité » ait progressivement basculé dans le chef des travailleurs, appelés à prendre davantage en main leur carrière. « Par le passé, le patron était perçu comme responsable du développement du travailleur, voire de son épanouissement, même parfois au-delà du travail », souligne Michel Ajzen. « Mais au fil du temps, cette responsabilité de l’employabilité s’est diluée. » Une tendance renforcée par les nouveaux « scripts de carrière », fortement basés sur la mobilité. « Quand je demande aux étudiants combien d’employeurs ils pensent avoir dans leur vie, la réponse est six en moyenne », poursuit l’enseignant. « Cela veut dire qu’avant même d’entrer dans le monde professionnel, ils ont dans l’idée qu’ils passeront d’un employeur à l’autre, ce qui peut pousser à se sentir “responsable” de sa carrière et donc potentiellement à suivre des formations de sa propre initiative. »
Tactiques de carrière
Se former d’accord, mais à quoi ? Et comment ? Comme l’analyse Michel Ajzen, ce choix relève en grande partie des « tactiques de carrière » adoptées par les travailleurs. « Selon les moments de la vie, ils pourront avoir des tactiques plutôt orientées vers l’emploi, avec l’objectif de s’assurer rapidement un travail alimentaire », explique-t-il.
« À d’autres moments, ils auront une tactique davantage orientée vers l’employabilité, avec l’idée d’acquérir au fil du temps des connaissances qui leur permettront de passer des paliers, qu’il s’agisse de mobilité verticale — au sein d’une même entreprise — ou horizontale — vers une autre entreprise ou un autre poste. Enfin, il y a la tactique “sens” : faire une formation qui les mènera vers un travail qui leur donnera encore plus envie de se lever le matin… »
Par ailleurs, les périodes de formation sont souvent perçues par les travailleurs comme une respiration : l’occasion de prendre du recul et de sortir « le nez du guidon », dans un quotidien professionnel souvent survolté. Un temps de « pause » aujourd’hui encadré par différents dispositifs. Ainsi, la loi du 3 octobre 2022 garantit aux employés du secteur privé un droit individuel à la formation, équivalent à 5 jours par an pour un temps plein. Cette formation peut être organisée par l’employeur ou laissée au libre choix des travailleurs (avec un droit de regard de l’employeur). « Certaines entreprises ne sont toutefois pas tenues de garantir ce droit à leurs travailleurs. C’est notamment le cas des entreprises qui comptent moins de dix membres du personnel », précise Charlotte Lambert, maître de conférences et spécialiste en droit social. « En droit social, il existe par ailleurs des conventions collectives de travail qui complètent la loi par secteur et peuvent prévoir davantage de jours de formation. »
CEP et crédit-temps
Lorsqu’un travailleur souhaite suivre une formation plus conséquente — par exemple un certificat universitaire dont la durée excède le plus souvent cinq jours par an —, il peut par ailleurs recourir à d’autres dispositifs lui permettant de sécuriser tout ou partie de sa rémunération. « Le congé éducation payé ou CEP, qui est une compétence régionale, permet de suivre une formation reconnue d’au moins 32 heures, en ce compris une formation initiale », explique Charlotte Lambert. « Le travailleur conserve sa rémunération, tandis que l’employeur est indemnisé par l’ONEM. »
L’autre option est le crédit-temps « avec motif formation » : ce dispositif régional qui existe uniquement dans le secteur privé permet de réduire ou suspendre temporairement son temps de travail sans porter atteinte à l’existence de son contrat. Dans ce cas, le travailleur reçoit directement une indemnisation de l’ONEM, sous réserve de certaines conditions d’âge et d’ancienneté. Le crédit-temps est par ailleurs limité à une durée de 36 mois. « Ces différents dispositifs ne sont pas nécessairement bien connus du public », commente Charlotte Lambert, « ce qui explique aussi que beaucoup de personnes se découragent de suivre une formation, notamment par peur de perdre leur emploi ou de devoir réduire leur temps de travail et, par conséquent, leur rémunération ». Par ailleurs, ils ne sont accessibles qu’aux travailleurs avec un statut relativement stable (CDI, CDD long…). « Des mécanismes spécifiques mais similaires existent dans le secteur public. Pour les indépendants, par contre, le recours à des congés payés ou des crédits-temps n’est pas possible. Ils doivent donc prendre eux-mêmes en charge le coût indirect de leur formation », précise encore la spécialiste en droit social.
Les super-héros de l’horaire décalé
Face au besoin de formation des travailleurs, les universités ont bien sûr un rôle à jouer. Le décret Paysage du 7 novembre 2013 stipule ainsi qu’elles sont habilitées à organiser des formations continues validées par l’ARES (Académie de recherche et d’enseignement supérieur). « Au sens décrétal, la formation continue ne concerne pas les diplômes de bachelier ou de master, mais plutôt les certificats », précise Charlotte Lambert. Ainsi, pour éviter toute méprise, les étudiants doivent savoir qu’obtenir un certificat universitaire n’équivaut pas à décrocher un grade académique et ne donne donc pas droit aux mêmes prérogatives sur le marché du travail.
En revanche, il existe bel et bien la possibilité pour les travailleurs d’obtenir un diplôme de bachelier ou de master en horaire décalé, comme c’est le cas à la Faculté de droit de l’UNamur. « La particularité du bachelier — puis idéalement du master — universitaire, c’est qu’il s’agit d’une véritable remise à zéro », appuie Mathieu Rolain, coordinateur pédagogique de ce programme et chercheur au Centre Vulnérabilités & Sociétés (V&S) de l’Institut Transitions). « Souvent, c’est une reconversion professionnelle complète et parfois même la réalisation d’un rêve : certains ont 50 ans et vont commencer le barreau… ». En bloc 1 de la Faculté de droit en horaire décalé, on compte chaque année quelque 50 à 60 inscrits : 10 à 15 d’entre eux seront diplômés en bloc 3. « Ce sont des étudiants extrêmement solidaires, qui s’échangent leurs notes et se soutiennent quand l’un d’entre eux est en train de flancher », observe le coordinateur.
Dans la même optique, l’UNamur a à cœur d’adapter au mieux ses dispositifs à ce public. « Beaucoup ont des responsabilités familiales et vivent parfois très loin de Namur », poursuit Mathieu Rolain. « Tous nos cours sont donc enregistrés et mis en ligne. Nous leur donnons aussi accès aux parkings du personnel, nous leur communiquons très en avance les dates d’examens… On essaie de leur montrer qu’on les soutient, qu’on les comprend. » Car pour ces adultes à la vie professionnelle et personnelle bien remplie, (re) commencer des études universitaires « en cours du soir » exige une discipline et une détermination hors du commun, de même que le soutien inconditionnel de l’entourage. « J’ai vraiment beaucoup d’admiration pour eux », s’enthousiasme Mathieu Rolain. « Pour moi, ce sont des super-héros. On a eu des médecins spécialistes qui venaient après leur journée, des parents solos… Ce sont des profils très atypiques, avec des parcours brillants. C’est aussi un public très exigeant, qui vous attend au tournant, ce qui pour nous, enseignants, est très stimulant. » Car en ouvrant ses portes à un public expérimenté, le monde universitaire continue lui aussi de se former.
L’UNamur, pionnière dans la formation continuée des enseignants
Depuis les années 80, l’Université de Namur se distingue par son expertise dans la formation continuée des enseignants, à la fois dans ses aspects didactiques et psychopédagogiques.
« C’est la Faculté de philosophie et lettres qui avait au départ entamé ce travail pour proposer ce qu’on appelait à l’époque des “recyclages” aux professeurs de français », commente Sandrine Biémar, coordinatrice du centre de formation continuée des enseignants de la Faculté des sciences de l’éducation et de la formation (FaSEF), enseignante et membre de l'Institut de Recherche en Didactiques et Éducation (IRDENa). « Ensuite, des formations plus générales sur les aspects psychopédagogiques ont suivi : elles ont été prises en charge initialement par le Département éducation et technologies, aujourd’hui devenu la FaSEF. De même, dans les années 90, la Faculté des sciences et la Faculté des sciences économiques ont développé leur propre centre de formation continuée des enseignants. » Ces quatre centres de formation continuée des enseignants sont désormais réunis dans la « Salle des Pros ».
Si le décret du 17/06/2021 (Livre 6 du Code de l’enseignement) formalise les droits et devoirs des membres du personnel de l’enseignement en termes de formation continue, celle-ci est loin d’être une nouveauté pour la profession.
« Le métier est tellement complexe, soumis à tellement de changements, notamment au niveau des programmes et des méthodes pédagogiques, qu’il est important pour l’enseignant d’inscrire son parcours dans une continuité », insiste Sandrine Biémar. « C’est pourquoi, dès la formation initiale, nous informons les étudiants de ces possibilités de formation continuée. »
Avec pour objectif de former des « praticiens réflexifs », capables de remettre en question leurs propres pratiques pour les réguler et les faire évoluer au fil du temps.
« Nous essayons de rapprocher le monde de la recherche du monde de la pratique : que nous puissions informer les enseignants des nouvelles études, mais qu’ils puissent aussi nous informer de ce qui se passe sur le terrain, poursuit la coordinatrice. La Salle des Pros constitue cet espace d’ouverture vers le monde. »
La Salle des Pros
La dynamique de la formation continue des enseignants à l'Université de Namur, carrefour entre recherche et terrain !
La Salle des Pros est avant tout un lieu à l’écoute des questions que les enseignants se posent dans le cadre de leur pratique. A l'intersection entre les milieux de la pratique et de la recherche, elle traite des problématiques qui émergent du terrain par le biais de réflexions, d'échanges et de constructions communes.
Différenciation et langue de scolarisation
Outre les formations obligatoires et gratuites qu’elle dispense en tant qu’ « opérateur de formation » pour les enseignants, l’UNamur propose aussi plusieurs certificats autour de thématiques spécifiques. « Les enseignants viennent suivre volontairement ces certificats, en plus de leur formation obligatoire et en-dehors de leurs heures de cours, et prennent les frais à leur charge », précise Sandrine Biémar. Parmi les thématiques qui suscitent un intérêt croissant dans le monde enseignant, citons les pratiques de différenciation pédagogique. « Au quotidien, les enseignants sont face à des groupes d’élèves où chacun a des besoins différents, apprend à des rythmes différents », détaille la coordinatrice. « Or il existe toute une série de méthodologies qui permettent de tenir compte de ces différences, ce qui constitue un enjeu aujourd’hui très important, surtout avec la mise en place du tronc commun. » Les formations autour de la langue de scolarisation, centrales pour lutter contre les inégalités, se sont aussi largement développées. « Nous sensibilisons les enseignants au fait qu’ils utilisent un langage propre à l’école — "asseyez-vous", "prenez votre cahier", "analysez", "coloriez" — et que ce langage doit être explicité. Il faut dire aux élèves dans quel but on leur fait faire telle ou telle chose. » Enfin, l’IA constitue sans surprise l’une des nouvelles thématiques dans la formation continue des enseignants, mais aussi d’autres publics (managers, décideurs, etc.). Une nouvelle micro-formation universitaire en intelligence artificielle est ainsi proposée depuis début 2026.
Les atouts d'une formation à horaire décalé / adapté
- Diplôme identique : Le diplôme décerné est le même qu'en horaire de jour.
- Expérience valorisée : Une valorisation des acquis antérieurs est assurée.
- Horaires : Un calendrier et des horaires adaptés à un public adulte.
- Accès : Un campus facilement accessible, tant en train qu'en voiture.
- Organisation : Une dizaine d’heures de cours par semaine.
Nos programmes à horaire décalé /adapté
Bacheliers
- Droit
- Économie et gestion
- Informatique
Masters
- Économie et gestion
- Enseignement (section 4 et 5)
- Informatique
Masters de spécialisation
Cet article est tiré de la rubrique "Enjeux" du magazine Omalius #41 (Juin 2026).
Événements
Conférence-débat : « Regards croisés sur le conflit israelo-palestinien »
Conférence organisée dans le cadre du fil rouge de la Faculté de droit, dont la thématique cette année est "Peace & Law".
Avec les interventions de Simone SUSSKIND (ancienne députée bruxelloise et Sénatrice fédérale, fondatrice d’Actions in the Mediterranean) et Bichara KHADER (professeur émérite UCLouvain et spécialiste du monde arabe et des relations euro-méditerranéennes).
Evènement gratuit.
Le livre 7 du Code civil : Les contrats spéciaux
Initiée en 2019, la réforme du Code civil avance à un rythme soutenu. Ainsi les livres 1er, 3, 4, 5, 6 et 8 ainsi que certains titres des livres 2 et 9 sont-ils déjà en vigueur.
Cette année 2026 est celle de l’adoption du livre 7 relatif aux contrats spéciaux.
Ce livre, adopté à l’unanimité par la Chambre des représentants ce 15 juillet, modernise la réglementation que l’ancien Code civil consacrait à la vente, au bail, au louage d’ouvrage, au mandat, au dépôt, à la transaction, au prêt à usage et à certains contrats aléatoires.
Le Centre de droit privé de l’UCLouvain et l’Unité de droit des obligations de l’UNamur organiseront, les 12 et 13 novembre 2026, deux colloques visant à familiariser les praticiens au nouveau droit des contrats spéciaux.
Les colloques seront présidés par les professeurs Bernard Tilleman et Paul Alain Foriers, coprésidents de la Commission de réforme des contrats spéciaux.
Programme
13h30 Accueil des participant·e·s
13h45 Mot d'accueil du Président de séance
14h00 - 15h30 La vente
- Introduction générale au nouveau régime de la vente
Catherine DELFORGE, (UCLouvain - St-Louis)
- Définition de la vente, distinction avec les contrats apparentés et questions spéciales"
Véronique BRUSSELMANS, (UCLouvain - St-Louis, avocat honoraire et juge suppléante auprès du tribunal de première instance de Bruxelles)
- Les obligations des parties aux contrat de vente
Jean VAN ZUYLEN, (UCLouvain - St-Louis)
Rafaël Jafferali (ULB)
15h35 - 16h10 Bail et prêt à usage
- Le bail...dans la mesure où il relève encore de l'Etat fédéral et le prêt à usage...plus que jamais aligné sur le bail
Isabelle DURANT, (UCLouvain)
- Le bail dans le livre 7 du Code civil - focus sur les grandes nouveautés pour les parties à ce contrat spécial
Mathieu HIGNY (UCLouvain)
16h15 - 16h35 Pause-café
16h40 - 17h00 Les contrats mettant fin au litige
- Les contrats portant sur un litige
Clémence COLASSIN, (UNamur)
17h05 - 18h10 Les contrats de service
- Introduction aux contrats de service et dispositions particulières concernant le mandat
Patrick WÉRY, (UCLouvain)
- Les obligations du prestataire et du client dans le contrat de service
Florence GEORGE, (UNamur)
Andréa CATALDO (UNamur)
- L'extinction des contrats de service
Sébastien DE REY (UCLouvain)
18h15 - 18h30 Séance de questions - réponses
Informations pratiques
Vous inscrire
Les formulaires d'inscription sont disponibles au bas de cette page. La date limite d'inscription est le 5 novembre 2026, sous réserve de places disponibles.
Les droits d’inscription comprennent la participation au colloque, une pause-café, un code parking (Louvain-la-Neuve), les Powerpoint présentés ainsi qu'un ouvrage reprenant les travaux préparatoires, en option.
220€ : inscription avec ouvrage
180€ : inscription sans ouvrage
150€ : inscription avec ouvrage pour les diplômé·es de moins de 3 ans
120€ : Inscription sans ouvrage pour les diplômé·es de moins de 3 ans
Prise en charge par l'IFJ pour les magistrats (sans ouvrage)
Mention lors du paiement : "NOM - L1.10104.029 - Livre 7"
Événement exempté de la TVA (art. 44 §2, 4°, C. TVA)
La facture vous sera envoyé après votre inscription en ligne. Elle ne vous sera délivrée qu’après réception du paiement (facture pour acquit).
Votre attestation de présence vous sera remise le jour du colloque ou envoyée par mail selon votre participation en présentiel ou en distanciel.
Accéder à l'évènement
12 novembre à Namur
Date et lieu : Le jeudi 12 novembre 2026, de 13h30 à 18h30, UNamur, Rue Grandgagnage, 5000 Namur.
L'accès sera fléché vers l'auditoire.
L'UNamur se situe à proximité de la gare SNCB et de la gare des bus.
13 novembre à Louvain-la-Neuve
Date et lieu : Le lundi 22 juin 2026, de 13h15 à 18h00, auditoire Socrate 11 (Place Cardinal Mercier, 1348 Louvain-la-Neuve).
L'auditoire se situe à 500 mètres de la gare SNCB et à 300 mètres de la gare des bus.
Accès et parking : un QR Code à présenter à la borne d'entrée et de sortie des parkings "Grand-Rue" et "Grand-Place" vous sera envoyé avec la confirmation de votre inscription. Aucun remboursement ne sera effectué en cas d’utilisation d’un autre parking.
Accès via E411: sortie 8a, seconde sortie du rond-point. suivre Parking Grand-Place et Cinéma.
Formation permanente
Ces colloques sont agrées par l' IJE (4 pts), par Avocats.be (3.5 points), par la Fédération des notaires ainsi que par l'IFJ*.
*L’Institut de formation judiciaire ne prend pas en charge les frais éventuels des personnes qui s’inscrivent mais ne sont pas effectivement présentes.
Il est toutefois permis de se faire remplacer par un collègue qui signe la liste de présence mentionnant son nom et sa fonction à côté du nom du collègue remplacé.
Nous contacter
Par email à l'intention de Damien Ugeux : damien.ugeux@uclouvain.be
Par la validation du formulaire d’inscription, le participant s'engage à effectuer le paiement des droits d'inscription. Toute annulation doit être communiquée par email au plus tard trois jours ouvrables avant la date de l’événement. Les droits d’inscriptions seront dus passé ce délai.Tout participant empêché peut se faire remplacer par la personne de son choix, ou recevoir la documentation par voie postale.Votre adresse e-mail est reprise dans nos bases de données. Ces dernières sont utilisées pour annoncer nos activités et organiser nos colloques et journées d’études. Conformément au Règlement Général sur la Protection des Données personnelles (RGPD), vous pouvez avoir accès à cette donnée et, le cas échéant, la faire rectifier ou supprimer.
INSCRIPTION MAGISTRATS, MEMBRES DE L'UCLOUVAIN ET DE L'UNAMUR
Bibliothèque de droit
La bibliothèque de la Faculté de droit met à votre disposition des ressources juridiques essentielles : ouvrages juridiques, bases de données, espaces de travail et accompagnement documentaire. Un lieu central pour étudier efficacement et approfondir vos connaissances.
Vie estudiantine en Faculté de droit
La vie étudiante est au cœur de votre expérience : cercles, associations, projets et activités rythment votre quotidien. Ces initiatives favorisent les rencontres, l’engagement et le développement de compétences utiles pour votre futur professionnel.
Découvrir la vie estudiantine en droit
ADANAM - Association des anciens de la Faculté de droit
Impossible d’oublier la Faculté de droit de Namur après y avoir étudié ! Les liens tissés entre étudiants, professeurs et chercheurs se prolongent bien au-delà des études. Cet esprit de solidarité et d’ouverture est au cœur de l’Association de Anciens de la Faculté de Droit, l’ADANam, qui offre aux diplômés un espace privilégié pour rester en contact et partager leur parcours professionnel.