La chimie est par excellence la science de la transformation de la matière et se situe de ce fait à la croisée des sciences physiques et mathématiques d'une part, et des sciences de la vie, des sciences de la terre et des sciences des matériaux d'autre part. Des laboratoires de pointe, dirigés par des chercheurs de renommée mondiale, sont dédiés à une vaste gamme de domaines, de la chimie organique à la chimie des matériaux, en passant par la chimie analytique et la chimie théorique.
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Les experts mondiaux en électroluminescence et optoélectronique réunis à l’UNamur
Les experts mondiaux en électroluminescence et optoélectronique réunis à l’UNamur
Reconnue comme une conférence de recherche de premier plan dans le domaine de l'électroluminescence organique et des dispositifs émetteurs, les conférences ICEL se tiennent généralement tous les deux ans, depuis leur création à Fukuoka, au Japon, en 1997, par le professeur Tetsuo Tsutsui. Retour sur l’ICEL2026, 15e conférence du nom, à l’UNamur.
En mai dernier, l'International Conference on Electroluminescence and Optoelectronic Devices (ICEL 2026), organisée à l’Université de Namur par le Professeur Yoann Olivier, avec le soutien duet le Professeur Benoît Champagne, a offert une excellente occasion d'échanges intellectuels et sociaux aux chercheurs du monde entier impliqués dans la recherche, le développement et la fabrication de matériaux émetteurs de lumière d’échanger sur leurs récentes avancées.
Cette 15e édition a proposé des conférences plénières aux 125 participants, qu’ils soient chercheurs renommés ou émergents. Un programme dense sur 5 jours, avec 5 exposés de « keynote speakers » internationaux renommés, 20 exposés de conférenciers invités et une trentaine de communications orales sélectionnées par le comité organisateur, ainsi que deux sessions posters réunissant plus de 50 présentations.
Les participants ont également pu profiter de moments de rencontre et de discussions dans les différentes activités du programme social qui mettait la Ville de Namur, ses lieux emblématiques ainsi que ses commerces à l’honneur : visite des souterrains de la Citadelle, balade historique et/ou gourmande au cœur du piétonnier, visite du Musée Félicien Rops et des caves Grafé-Lecocq, dîner des conférenciers invités au restaurant « Le Balthazar » et dîner de conférence au restaurant « Le Panorama ».
Un accent particulier a été mis sur la participation active de jeunes chercheurs motivés. Un large éventail de sujets a été exploré, offrant une perspective complète sur les avancées contemporaines dans le domaine des matériaux, de la physique fondamentale et de leurs applications dans les dispositifs et applications de pointe.
Un succès commenté par des invités prestigieux
« Un IMMENSE merci – ce fut une conférence vraiment excellente – une science de haut niveau et une merveilleuse ambiance accueillante – exactement comme devraient l’être les conférences ! » – Sir Richard Friend, Université de Cambridge, Royaume-Uni
« Je tiens à vous féliciter pour cette excellente conférence. J'ai beaucoup apprécié son format (pas trop grand), le fait qu'il s'agisse d'une session unique, son prix abordable, le cadre agréable, ainsi que les nombreuses occasions de discuter avec les autres participants autour d'un café, d'un déjeuner ou d'un rafraîchissement pendant les sessions de posters. Le niveau scientifique était excellent (ce à quoi je m'attendais pleinement de votre part en tant qu'organisateurs) et le programme offrait une belle diversité. Les activités sociales, le dîner avec les conférenciers invités et le spectaculaire dîner de la conférence ont tous contribué à rendre cette semaine merveilleuse. Ce fut une semaine extraordinaire. » – Prof. Ifor Samuel, Université de St Andrews, Royaume-Uni
« Ce fut un réel plaisir d’assister à la conférence ICEL. On se sentait vraiment comme en famille et l’ambiance était si chaleureuse qu’elle a complètement compensé le temps froid et ma grippe. Excellente organisation et timing parfait ! », Prof. Illia Serdiuk, Université de Gdansk, Pologne
« Encore un grand merci pour l’effort d’organisation, la conférence s’est déroulée sans le moindre accroc ! » – Prof. Barry Rand, Université de Princeton, États-Unis
Le Professeur Barry Rand a d’ailleurs pris la relève, puisqu’il organisera la 16ème édition de la conférence à la prestigieuse Université de Princeton, USA en 2028.
Merci aux sponsors et partenaires !
Le comité organisateur tient à remercier ses sponsors et partenaires pour leur soutien : Universal Display Corporation, Angstrom Engineering, The Royal Society of Chemistry (RSC), Chemistry Europe, l’Université de Namur, le Namur Institute of Structured Matter (NISM), le Namur Research College (NARC), le C.G.B. (Comité de Gestion du Bulletin) - C.B.B. (Comité van Beheer van het Bulletin), l’Office du Tourisme de la Ville de Namur et les écoles doctorales thématiques CHIM, MAIN et METAMORPHOSE du F.R.S.-FNRS.
En savoir plus sur ICEL2026
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
C’est une belle reconnaissance pour la recherche à l’UNamur : trois projets Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (DN) viennent d’être octroyés, avec une contribution déterminante de chercheurs namurois ! Le premier, en chimie, implique le professeur Stéphane Vincent ; le deuxième, consacré à la résilience des écosystèmes, associe le professeur Frédérik de Laender ; et le troisième, dans le domaine de la photonique, bénéficie de l’expertise du chercheur qualifié F.RS. - FNRS. Michaël Lobet.
Sur l’appel MSCA Doctoral Networks 2025, 1 616 propositions ont été soumises et 141 ont été retenues, soit un taux de succès de 9,6%. Dans ce contexte très compétitif, la sélection de trois projets impliquant l’UNamur constitue un signal fort : il confirme l’excellence scientifique des équipes namuroises et leur capacité à construire des partenariats internationaux de haut niveau, au service de la formation doctorale et de l’innovation. Ce sont six thèses de doctorat qui pourront être financées.
Trois projets, trois thématiques de pointe
GlycoAxis – Comprendre comment l’intestin influence l’inflammation du cerveau
Grant #101311186 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Stéphane Vincent - UNamur, Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS), en collaboration avec 16 partenaires.
Coordination : Université Federico II (Naples, Italie)
Dans de nombreuses maladies neurologiques, on observe à la fois une inflammation du système nerveux et des déséquilibres du microbiote intestinal. GlycoAxis veut aller au-delà des simples corrélations en identifiant les « messagers » moléculaires qui relient l’intestin, le système immunitaire et le cerveau. Le projet se concentre sur des sucres complexes présents à la surface de certaines bactéries (glycanes), soupçonnés de jouer un rôle clé dans l’activation immunitaire et la neuroinflammation. L’objectif : mieux comprendre ces mécanismes et ouvrir la voie à de nouveaux outils de diagnostic, d’imagerie ou de biomarqueurs pour la santé cérébrale.
ReDiLeep – Renforcer la résilience des écosystèmes grâce à la diversité des réponses
Grant # 101312530 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Frédérik de Laender - UNamur, Institute of Life, Earth ant Environment (ILEE) en collaboration avec 20 partenaires.
Coordination : Université de Linköping (Suède).
Face au changement climatique, à la pollution ou à la fragmentation des habitats, certains écosystèmes encaissent les chocs… d’autres basculent. ReDiLeep s’intéresse à un levier central de cette résilience : la diversité des réponses, c’est-à-dire le fait que différentes espèces (ou fonctions) ne réagissent pas toutes de la même manière à une perturbation. Le projet vise à mieux mesurer et modéliser ce mécanisme, afin de relier plus directement la recherche aux besoins de la conservation, de la restauration et des politiques publiques en matière de biodiversité.
SPARK – des matériaux programmables pour contrôler la lumière à très haute vitesse
Grant # 101310184 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Michaël Lobet - UNamur, Namur Institute Of Structured Matter (NISM), en collaboration avec 7 partenaires.
Coordination : Université technologique d’Eindhoven (Pays-Bas)
Nos communications numériques reposent sur la lumière : fibres optiques, capteurs et circuits photoniques capables de traiter l’information. Mais avec l’explosion des données, de l’IA et l’arrivée de réseaux toujours plus rapides, il devient crucial de contrôler la lumière de façon dynamique, beaucoup plus vite qu’avec les composants actuels, souvent « figés ». SPARK explore une nouvelle piste : associer des métamatériaux spatio-temporels (des structures nanométriques conçues pour façonner la lumière) à une lumière elle-même « structurée » dans l’espace et le temps. À la clé : des technologies photoniques reconfigurables pour le calcul, l’imagerie et les communications ultra-rapides.
Les Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (MSCA-DN), c’est quoi ?
En 1996, l’Union européenne créait les MSCA, un ensemble de bourses prestigieuses destinées à financer la recherche.Les Doctoral Networks du programme MSCA financent des réseaux internationaux qui recrutent et forment des doctorantes et doctorants. Leur ambition : combiner recherche de haut niveau et formation structurée, en favorisant la collaboration interdisciplinaire et intersectorielle ainsi que la mobilité en Europe et au-delà.
Un mécénat de Phoenix Capital pour soutenir une recherche en chimie organique de synthèse
Un mécénat de Phoenix Capital pour soutenir une recherche en chimie organique de synthèse
A l’Unité de Chimie Organique (UCO) du Département de chimie de l’UNamur, on étudie les molécules organiques à haute valeur ajoutée. Lionel-Marie Van Geesbergen vient d’y débuter une thèse de doctorat sous la supervision du Professeur Steve Lanners. Après seulement un mois et demi de recherche, le chercheur a déjà un proof of concept. Une recherche bien prometteuse avec de nombreuses possibilités d’application !
En chimie, les réactions de cycloaddition sont parfois difficiles à réaliser. En effet, deux molécules mélangées ne réagissent souvent pas ensemble, car elles se rencontrent trop rarement pour donner lieu à une réaction efficace. Pourtant, ces réactions sont fondamentales en chimie organique car elles permettent notamment d’assembler rapidement des structures complexes.
Une façon de contourner ce manque de réactivité est de physiquement rapprocher les molécules en les reliant ensemble par un lien qui peut être coupé quand il a effectué son travail. C’est ce qu’on appelle le « tethering » en anglais, ou agrafage temporaire en français. Cette image est pertinente : la stratégie correspond en effet à fixer deux molécules dans l’espace pour qu’elles n’aient pas le choix que de réagir ensemble.
Un peu de chimie organique
Dans le contexte de ce projet, la stratégie d’agrafage est appliquée à des précurseurs de cycloaddition peu étudiés : les oxidopyridiniums. L’intérêt de ces composés est qu’ils permettent un accès rapide et sélectif à des produits polycycliques azotés, mais leur utilisation sans agrafage est généralement inefficace.
De façon générale, les molécules polycycliques azotées sont des composés organiques dans lesquels l'azote est présent au sein de la structure cyclique (hétérocycles) ou en tant que substituant. Ces molécules sont omniprésentes en chimie médicinale, en biochimie et en agrochimie. Elles jouent un rôle clé et structurel fondamental dans la biologie, la pharmacologie et la chimie organique.
De façon plus précise, dans le cadre de ce projet, parmi les familles de molécules qui peuvent ainsi être obtenues, citons par exemple les tropanes, famille d’alcaloïdes bicycliques obtenus de sources naturelles et dont certains (ou leur dérivés) sont utilisés comme médicament. Le buscopan, bien connu, fait partie de cette famille.
Si l’on souhaite aller plus loin, c’est à ce moment-là que rentre en jeu le deuxième objectif de ce projet : appliquer le réarrangement de Beckmann aux produits obtenus par cycloaddition. Cela permet d’introduire un deuxième atome d’azote dans les structures. Ceci ouvre les perspectives vers la synthèse des phlegmadines, un groupe de produits naturels qui pour l’instant n’ont jamais pu être préparés par synthèse organique, alors que leurs propriétés biologiques décrites sont prometteuses. Plus récemment, dans le domaine des recherches en oncologie, des inhibiteurs de KRAS contenant des bicycles diazotés ont été décrits.
Mais à quoi ça sert ?
En prenant du recul, l’objectif est de rendre la synthèse chimique, et donc l’obtention de molécules en grandes quantités, plus durable : les produits-cible sont préparés de façon plus rapide et plus efficace. Ceci accélère la recherche tout en diminuant l’impact sur l’environnement. En effet, moins il y a d’étapes dans la fabrication d’un produit, moins on utilise d’eau, de solvants, de réactifs et de temps : on consomme donc moins d’énergie, on génère moins de déchets et on diminue aussi le coût, tout en étant plus rapide !
Lionel-Marie Van Geesbergen avait déjà investigué avec succès ces réactions accélérées par agrafage avec des molécules oxygénées lors de son mémoire de master en chimie à l’UNamur dans le même laboratoire. Après seulement 1 mois et demi d’investigations, le doctorant a déjà démontré la faisabilité de sa méthode avec des molécules azotées. Maintenant que l’approche est validée, elle va pouvoir être développée pour en déterminer la portée et les limites.
Un projet soutenu par la société Phoenix Capital
Ce projet de thèse de doctorat a débuté en janvier 2026. Il sera soutenu pendant 4 ans par la société Phoenix Capital. Basée à Vérone (Italie), active à Milan, Rome, Luxembourg, Lausanne, Houston et San Francisco, Phoenix Capital est un centre de conseil en gestion, d'innovation et de finance d'entreprise qui offre aussi des services technologiques et opérationnels pour le développement commercial et la rationalisation des processus et des projets.
En tant que moteur de l'innovation et du développement en Europe et aux États-Unis, Phoenix Capital développe de nombreuses synergies avec des universités en Italie et à l'international, favorisant l'excellence dans l'enseignement.
En soutenant ce projet de recherche, Phoenix Capital encourage la recherche scientifique et les technologies de pointe développées par l'UNamur dans le domaine de la chimie organique synthétique.
Giovanna Saraconi - CEO Phoenix Group
Nous sommes fiers de soutenir le programme de doctorat en chimie de quatre ans de l'université de Namur. Investir dans la recherche est un choix stratégique à long terme pour Phoenix Capital et s'inscrit dans notre manifeste éthique en matière de soutien aux jeunes talents. Nous en sommes de plus en plus convaincus, surtout aujourd'hui, compte tenu du contexte international dans lequel nous opérons.
C'est dans les universités que naissent les idées susceptibles d'améliorer la vie des gens, de rendre les chaînes d'approvisionnement plus compétitives et d'accélérer la transition vers des modèles de production durables. Au cœur de cette vision se trouvent les jeunes talents qui cultivent une passion pour la science : des chercheurs qui, avec curiosité et rigueur, transforment les questions d'aujourd'hui en solutions de demain. Construire des ponts entre les universités et les entreprises signifie leur donner des outils, du temps et de la confiance. C'est ainsi que nous entendons contribuer à un écosystème d'innovation plus fort, plus inclusif et plus responsable.
Les chercheurs du laboratoire de Chimie Organique de Synthèse (COS)
Steve Lanners
Steve Lanners a fait ses études de chimie à l’Université Louis Pasteur, puis à l’ECPM à Strasbourg (promo 2001). Après un séjour de recherche à l’ETH (avec le Prof. Erick Carreira) ou il synthétise un fragment du polycétide anticanéreux tédanolide, il effectue son doctorat à l’ECPM sous la direction du Prof. Guy Solladié et Dr. Gilles Hanquet (défendu en 2005) pour y développer la synthèse d’un polycétide à activité antimybactérien : la pamamycine-607.
Après 3 ans de recherches post-doctorales en flow chemistry et synthèse de produits naturels à l’Université de Cambridge, avec le Prof. Steven Ley, il débute aux FUNDP où il reprend le laboratoire de Chimie Organique de Synthèse (COS) pour y développer des projets de synthèse de produits naturels, de développement de nouvelles réactions, et de chimie médicinale, tout en occupant diverses fonctions au sein du Département de Chimie, et en s’attelant à améliorer constamment l’enseignement de la chimie organique à l’UNamur.
Lionel-Marie Van Geesbergen
Après avoir terminé son bachelier en juin 2022, Lionel-Marie Van Geesbergen a décidé de poursuivre un master en sciences chimiques dans la même institution, l’Université de Namur. Au cours de ce master, et plus particulièrement lors de son mémoire réalisé sous la supervision du Prof. Steve Lanners, il a participé au développement d’une voie de synthèse de molécules complexes utilisant une stratégie innovante : « l’agrafe temporaire ».
Dans le cadre de son stage, il a ensuite contribué, en collaboration avec Syensqo, à un projet de valorisation de sous-produits issus de l’industrie des polymères au sein du laboratoire du Prof. Gwilherm Evano de l’Université libre de Bruxelles. Ces expériences lui ont permis d’obtenir son master en juin 2024. À la suite de l’obtention de son diplôme, il a participé à l’encadrement et à la formation, en chimie, des étudiants de premier cycle en pharmacie et en sciences biomédicales, tant lors des séances d’exercices que des travaux pratiques. En janvier 2026, il choisit de revenir dans l’équipe du Prof. Lanners afin d’entamer une thèse de doctorat et de poursuivre les recherches initiées lors de son mémoire, en les orientant vers la synthèse de molécules azotées complexes à fort potentiel pharmaceutique.
Produire de l’hydrogène « vert » à partir de l’eau de la Meuse ? C’est désormais possible !
Produire de l’hydrogène « vert » à partir de l’eau de la Meuse ? C’est désormais possible !
À l’UNamur, la recherche ne reste pas confinée aux laboratoires. De la physique aux sciences politiques, en passant par la robotique, la biodiversité, le droit, l’IA et la santé, les chercheurs collaborent chaque jour avec de nombreux acteurs de la société. Objectif ? Transformer les idées en solutions concrètes pour répondre aux enjeux actuels.
Focus #2 | Et si nos rivières devenaient une source d’énergie propre pour l’avenir ?
Une équipe internationale de chercheurs en chimie, menée notamment par le Dr. Laroussi Chaabane et le Prof. Bao-Lian Su, vient de démontrer qu’il est possible de produire de l’hydrogène « vert » en utilisant de l’eau naturelle et la lumière du soleil. Ces résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue Chemical Engineering Journal.
Quand la lumière du soleil devient une source d’énergie propre
Face au changement climatique, à la pollution et aux pénuries énergétiques, la recherche d’alternatives aux combustibles fossiles est devenue une priorité mondiale pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Parmi les solutions envisagées, l’hydrogène vert apparaît comme un vecteur énergétique particulièrement prometteur : il possède une densité énergétique élevée et peut être produit sans émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, la majorité de l’hydrogène mondial (environ 87 millions de tonnes produites en 2020) est obtenue par des procédés électrochimiques coûteux et polluants, principalement utilisés par l’industrie chimique ou les piles à combustible. D’où l’intérêt majeur de méthodes plus durables.
La photocatalyse de l’eau : le « Saint Graal » de la chimie
Produire de l’hydrogène et de l’oxygène directement à partir de l’eau grâce à la lumière un procédé, appelé photocatalyse de l’eau, est souvent qualifié de « Saint Graal de la chimie » tant il est complexe à maîtriser. Au sein de l’Université de Namur, les chercheurs du Laboratoire de Chimie des Matériaux Inorganiques (CMI), rattaché à l’Unité de Chimie des Nanomatériaux (UCNANO) et à l’Institut de recherche Namur Institute of Structured Matter (NISM), ont franchi une étape décisive. Ils ont démontré qu’il est possible d’utiliser de l’eau naturelle, et non plus uniquement de l’eau ultrapure, pour produire de l’hydrogène vert sous l’action de la lumière solaire.
Le cœur du procédé repose sur un photocatalyseur innovant, jouant le rôle de véritables « ciseaux chimiques » capables de scinder la molécule d’eau en hydrogène et en oxygène un domaine dans lequel le laboratoire CMI dispose d’une expertise reconnue.
Un photocatalyseur 3D à base de graphène et d’or
Le nouveau matériau développé est un photocatalyseur tridimensionnel (3D) à base d’oxide de titane, de graphène et de nanoparticules d’or. Cette architecture en 3D permet une meilleure absorption de la lumière et une génération plus efficace d’électrons libres, indispensables pour déclencher la réaction de dissociation de l’eau. L’un des principaux défis réside dans l’utilisation d’eau naturelle, qui contient des minéraux, des sels et des composés organiques susceptibles de perturber le processus. Pour relever ce défi, les chercheurs ont testé leur dispositif avec des eaux de plusieurs rivières belges : la Meuse, la Sambre, l’Escaut et l’Yser.
Un résultat remarquable et une première en Belgique !
Les performances obtenues sont quasi équivalentes à celles mesurées avec de l’eau pure.
Une première en Belgique, ouvrant des perspectives concrètes pour la valorisation durable des ressources naturelles locales !
L'article complet “Synergistic four physical phenomena in a 3D photocatalyst for unprecedented overall water splitting” est disponible en open access.
Une reconnaissance internationale
Cette avancée scientifique a également valu au Dr. Laroussi Chaabane le prix du meilleur poster lors de la 4th International Colloids Conference (San Sebastián, Espagne, juillet 2025), soulignant l’impact et l’originalité de ces travaux.
Une équipe de recherche internationale
- Université de Namur, Faculté des sciences, UCNANO, Laboratoire de Chimie des Matériaux Inorganiques (CMI) et Namur Institute of Structured Matter (NISM), Belgique | Promoteur (PI) | Professeur Bao Lian SU ; Chercheur post-doctorant | Docteur Laroussi Chaabane
- Institut de chimie organique, Centre de phytochimie, Académie des sciences, Bulgarie
- Département de chimie organique (MSc), Loyola Academy, Inde
- Université libre de Bruxelles (ULB) et Flanders Make, Département de physique appliquée et photonique, Brussels Photonics, Belgique
- Université du Québec à Montréal (UQAM), Département de chimie, Montréal, Québec, Canada
- Institut National de la Recherche Scientifique - Centre Énergie Matériaux Télécommunications (INRS-EMT), Varennes, Québec, Canada
- Université technologique de Wuhan, Laboratoire national de recherche en technologies avancées pour la synthèse et le traitement des matériaux, Chine
Et après ?
À ce stade, l’étude constitue une preuve de concept démontrant la faisabilité du procédé. Elle illustre l’excellence de la recherche en génie chimique et nanomatériaux à l’UNamur, ainsi que son potentiel pour des applications énergétiques durables. Une nouvelle étude est en cours afin d’évaluer les performances du procédé avec de l’eau de mer, une étape clé vers une production d’hydrogène vert à très grande échelle.
Des équipements de pointe
Les analyses réalisées ont notamment été possible grâce aux équipements des plateformes technologique Caractérisation Physico-Chimique (PC²), microscopie électronique et Synthèse, Irradiation et Analyse de Matériaux (SIAM) de l’UNamur. Les plateformes technologiques de l’UNamur abritent des équipements de pointe et sont accessibles à la communauté scientifique ainsi qu'aux industries et entreprises.
Les auteurs remercient le Service Public de Wallonie (SPW) pour son engagement constant en faveur de la recherche scientifique et de l’innovation en Wallonie, permettant à l’UNamur de développer des solutions technologiques à fort impact sociétal et environnemental.
De la recherche fondamentale à la recherche appliquée, l’UNamur démontre chaque jour que la recherche est un moteur de transformation. Grâce à l’engagement de ses chercheurs, au soutien de ses partenaires de tous horizons, aux bailleurs de fonds, aux partenaires industriels et à un solide écosystème de valorisation, l’UNamur participe activement à façonner une société ouverte sur le monde, plus innovante, plus responsable et plus durable.
Pour aller plus loin
Cet article complète notre publication "Recherche et innovation : des atouts majeurs pour le secteur de l’industrie" extraite de la rubrique Enjeux du magazine Omalius #39 (décembre 2025).
Les experts mondiaux en électroluminescence et optoélectronique réunis à l’UNamur
Les experts mondiaux en électroluminescence et optoélectronique réunis à l’UNamur
Reconnue comme une conférence de recherche de premier plan dans le domaine de l'électroluminescence organique et des dispositifs émetteurs, les conférences ICEL se tiennent généralement tous les deux ans, depuis leur création à Fukuoka, au Japon, en 1997, par le professeur Tetsuo Tsutsui. Retour sur l’ICEL2026, 15e conférence du nom, à l’UNamur.
En mai dernier, l'International Conference on Electroluminescence and Optoelectronic Devices (ICEL 2026), organisée à l’Université de Namur par le Professeur Yoann Olivier, avec le soutien duet le Professeur Benoît Champagne, a offert une excellente occasion d'échanges intellectuels et sociaux aux chercheurs du monde entier impliqués dans la recherche, le développement et la fabrication de matériaux émetteurs de lumière d’échanger sur leurs récentes avancées.
Cette 15e édition a proposé des conférences plénières aux 125 participants, qu’ils soient chercheurs renommés ou émergents. Un programme dense sur 5 jours, avec 5 exposés de « keynote speakers » internationaux renommés, 20 exposés de conférenciers invités et une trentaine de communications orales sélectionnées par le comité organisateur, ainsi que deux sessions posters réunissant plus de 50 présentations.
Les participants ont également pu profiter de moments de rencontre et de discussions dans les différentes activités du programme social qui mettait la Ville de Namur, ses lieux emblématiques ainsi que ses commerces à l’honneur : visite des souterrains de la Citadelle, balade historique et/ou gourmande au cœur du piétonnier, visite du Musée Félicien Rops et des caves Grafé-Lecocq, dîner des conférenciers invités au restaurant « Le Balthazar » et dîner de conférence au restaurant « Le Panorama ».
Un accent particulier a été mis sur la participation active de jeunes chercheurs motivés. Un large éventail de sujets a été exploré, offrant une perspective complète sur les avancées contemporaines dans le domaine des matériaux, de la physique fondamentale et de leurs applications dans les dispositifs et applications de pointe.
Un succès commenté par des invités prestigieux
« Un IMMENSE merci – ce fut une conférence vraiment excellente – une science de haut niveau et une merveilleuse ambiance accueillante – exactement comme devraient l’être les conférences ! » – Sir Richard Friend, Université de Cambridge, Royaume-Uni
« Je tiens à vous féliciter pour cette excellente conférence. J'ai beaucoup apprécié son format (pas trop grand), le fait qu'il s'agisse d'une session unique, son prix abordable, le cadre agréable, ainsi que les nombreuses occasions de discuter avec les autres participants autour d'un café, d'un déjeuner ou d'un rafraîchissement pendant les sessions de posters. Le niveau scientifique était excellent (ce à quoi je m'attendais pleinement de votre part en tant qu'organisateurs) et le programme offrait une belle diversité. Les activités sociales, le dîner avec les conférenciers invités et le spectaculaire dîner de la conférence ont tous contribué à rendre cette semaine merveilleuse. Ce fut une semaine extraordinaire. » – Prof. Ifor Samuel, Université de St Andrews, Royaume-Uni
« Ce fut un réel plaisir d’assister à la conférence ICEL. On se sentait vraiment comme en famille et l’ambiance était si chaleureuse qu’elle a complètement compensé le temps froid et ma grippe. Excellente organisation et timing parfait ! », Prof. Illia Serdiuk, Université de Gdansk, Pologne
« Encore un grand merci pour l’effort d’organisation, la conférence s’est déroulée sans le moindre accroc ! » – Prof. Barry Rand, Université de Princeton, États-Unis
Le Professeur Barry Rand a d’ailleurs pris la relève, puisqu’il organisera la 16ème édition de la conférence à la prestigieuse Université de Princeton, USA en 2028.
Merci aux sponsors et partenaires !
Le comité organisateur tient à remercier ses sponsors et partenaires pour leur soutien : Universal Display Corporation, Angstrom Engineering, The Royal Society of Chemistry (RSC), Chemistry Europe, l’Université de Namur, le Namur Institute of Structured Matter (NISM), le Namur Research College (NARC), le C.G.B. (Comité de Gestion du Bulletin) - C.B.B. (Comité van Beheer van het Bulletin), l’Office du Tourisme de la Ville de Namur et les écoles doctorales thématiques CHIM, MAIN et METAMORPHOSE du F.R.S.-FNRS.
En savoir plus sur ICEL2026
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
C’est une belle reconnaissance pour la recherche à l’UNamur : trois projets Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (DN) viennent d’être octroyés, avec une contribution déterminante de chercheurs namurois ! Le premier, en chimie, implique le professeur Stéphane Vincent ; le deuxième, consacré à la résilience des écosystèmes, associe le professeur Frédérik de Laender ; et le troisième, dans le domaine de la photonique, bénéficie de l’expertise du chercheur qualifié F.RS. - FNRS. Michaël Lobet.
Sur l’appel MSCA Doctoral Networks 2025, 1 616 propositions ont été soumises et 141 ont été retenues, soit un taux de succès de 9,6%. Dans ce contexte très compétitif, la sélection de trois projets impliquant l’UNamur constitue un signal fort : il confirme l’excellence scientifique des équipes namuroises et leur capacité à construire des partenariats internationaux de haut niveau, au service de la formation doctorale et de l’innovation. Ce sont six thèses de doctorat qui pourront être financées.
Trois projets, trois thématiques de pointe
GlycoAxis – Comprendre comment l’intestin influence l’inflammation du cerveau
Grant #101311186 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Stéphane Vincent - UNamur, Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS), en collaboration avec 16 partenaires.
Coordination : Université Federico II (Naples, Italie)
Dans de nombreuses maladies neurologiques, on observe à la fois une inflammation du système nerveux et des déséquilibres du microbiote intestinal. GlycoAxis veut aller au-delà des simples corrélations en identifiant les « messagers » moléculaires qui relient l’intestin, le système immunitaire et le cerveau. Le projet se concentre sur des sucres complexes présents à la surface de certaines bactéries (glycanes), soupçonnés de jouer un rôle clé dans l’activation immunitaire et la neuroinflammation. L’objectif : mieux comprendre ces mécanismes et ouvrir la voie à de nouveaux outils de diagnostic, d’imagerie ou de biomarqueurs pour la santé cérébrale.
ReDiLeep – Renforcer la résilience des écosystèmes grâce à la diversité des réponses
Grant # 101312530 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Frédérik de Laender - UNamur, Institute of Life, Earth ant Environment (ILEE) en collaboration avec 20 partenaires.
Coordination : Université de Linköping (Suède).
Face au changement climatique, à la pollution ou à la fragmentation des habitats, certains écosystèmes encaissent les chocs… d’autres basculent. ReDiLeep s’intéresse à un levier central de cette résilience : la diversité des réponses, c’est-à-dire le fait que différentes espèces (ou fonctions) ne réagissent pas toutes de la même manière à une perturbation. Le projet vise à mieux mesurer et modéliser ce mécanisme, afin de relier plus directement la recherche aux besoins de la conservation, de la restauration et des politiques publiques en matière de biodiversité.
SPARK – des matériaux programmables pour contrôler la lumière à très haute vitesse
Grant # 101310184 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Michaël Lobet - UNamur, Namur Institute Of Structured Matter (NISM), en collaboration avec 7 partenaires.
Coordination : Université technologique d’Eindhoven (Pays-Bas)
Nos communications numériques reposent sur la lumière : fibres optiques, capteurs et circuits photoniques capables de traiter l’information. Mais avec l’explosion des données, de l’IA et l’arrivée de réseaux toujours plus rapides, il devient crucial de contrôler la lumière de façon dynamique, beaucoup plus vite qu’avec les composants actuels, souvent « figés ». SPARK explore une nouvelle piste : associer des métamatériaux spatio-temporels (des structures nanométriques conçues pour façonner la lumière) à une lumière elle-même « structurée » dans l’espace et le temps. À la clé : des technologies photoniques reconfigurables pour le calcul, l’imagerie et les communications ultra-rapides.
Les Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (MSCA-DN), c’est quoi ?
En 1996, l’Union européenne créait les MSCA, un ensemble de bourses prestigieuses destinées à financer la recherche.Les Doctoral Networks du programme MSCA financent des réseaux internationaux qui recrutent et forment des doctorantes et doctorants. Leur ambition : combiner recherche de haut niveau et formation structurée, en favorisant la collaboration interdisciplinaire et intersectorielle ainsi que la mobilité en Europe et au-delà.
Un mécénat de Phoenix Capital pour soutenir une recherche en chimie organique de synthèse
Un mécénat de Phoenix Capital pour soutenir une recherche en chimie organique de synthèse
A l’Unité de Chimie Organique (UCO) du Département de chimie de l’UNamur, on étudie les molécules organiques à haute valeur ajoutée. Lionel-Marie Van Geesbergen vient d’y débuter une thèse de doctorat sous la supervision du Professeur Steve Lanners. Après seulement un mois et demi de recherche, le chercheur a déjà un proof of concept. Une recherche bien prometteuse avec de nombreuses possibilités d’application !
En chimie, les réactions de cycloaddition sont parfois difficiles à réaliser. En effet, deux molécules mélangées ne réagissent souvent pas ensemble, car elles se rencontrent trop rarement pour donner lieu à une réaction efficace. Pourtant, ces réactions sont fondamentales en chimie organique car elles permettent notamment d’assembler rapidement des structures complexes.
Une façon de contourner ce manque de réactivité est de physiquement rapprocher les molécules en les reliant ensemble par un lien qui peut être coupé quand il a effectué son travail. C’est ce qu’on appelle le « tethering » en anglais, ou agrafage temporaire en français. Cette image est pertinente : la stratégie correspond en effet à fixer deux molécules dans l’espace pour qu’elles n’aient pas le choix que de réagir ensemble.
Un peu de chimie organique
Dans le contexte de ce projet, la stratégie d’agrafage est appliquée à des précurseurs de cycloaddition peu étudiés : les oxidopyridiniums. L’intérêt de ces composés est qu’ils permettent un accès rapide et sélectif à des produits polycycliques azotés, mais leur utilisation sans agrafage est généralement inefficace.
De façon générale, les molécules polycycliques azotées sont des composés organiques dans lesquels l'azote est présent au sein de la structure cyclique (hétérocycles) ou en tant que substituant. Ces molécules sont omniprésentes en chimie médicinale, en biochimie et en agrochimie. Elles jouent un rôle clé et structurel fondamental dans la biologie, la pharmacologie et la chimie organique.
De façon plus précise, dans le cadre de ce projet, parmi les familles de molécules qui peuvent ainsi être obtenues, citons par exemple les tropanes, famille d’alcaloïdes bicycliques obtenus de sources naturelles et dont certains (ou leur dérivés) sont utilisés comme médicament. Le buscopan, bien connu, fait partie de cette famille.
Si l’on souhaite aller plus loin, c’est à ce moment-là que rentre en jeu le deuxième objectif de ce projet : appliquer le réarrangement de Beckmann aux produits obtenus par cycloaddition. Cela permet d’introduire un deuxième atome d’azote dans les structures. Ceci ouvre les perspectives vers la synthèse des phlegmadines, un groupe de produits naturels qui pour l’instant n’ont jamais pu être préparés par synthèse organique, alors que leurs propriétés biologiques décrites sont prometteuses. Plus récemment, dans le domaine des recherches en oncologie, des inhibiteurs de KRAS contenant des bicycles diazotés ont été décrits.
Mais à quoi ça sert ?
En prenant du recul, l’objectif est de rendre la synthèse chimique, et donc l’obtention de molécules en grandes quantités, plus durable : les produits-cible sont préparés de façon plus rapide et plus efficace. Ceci accélère la recherche tout en diminuant l’impact sur l’environnement. En effet, moins il y a d’étapes dans la fabrication d’un produit, moins on utilise d’eau, de solvants, de réactifs et de temps : on consomme donc moins d’énergie, on génère moins de déchets et on diminue aussi le coût, tout en étant plus rapide !
Lionel-Marie Van Geesbergen avait déjà investigué avec succès ces réactions accélérées par agrafage avec des molécules oxygénées lors de son mémoire de master en chimie à l’UNamur dans le même laboratoire. Après seulement 1 mois et demi d’investigations, le doctorant a déjà démontré la faisabilité de sa méthode avec des molécules azotées. Maintenant que l’approche est validée, elle va pouvoir être développée pour en déterminer la portée et les limites.
Un projet soutenu par la société Phoenix Capital
Ce projet de thèse de doctorat a débuté en janvier 2026. Il sera soutenu pendant 4 ans par la société Phoenix Capital. Basée à Vérone (Italie), active à Milan, Rome, Luxembourg, Lausanne, Houston et San Francisco, Phoenix Capital est un centre de conseil en gestion, d'innovation et de finance d'entreprise qui offre aussi des services technologiques et opérationnels pour le développement commercial et la rationalisation des processus et des projets.
En tant que moteur de l'innovation et du développement en Europe et aux États-Unis, Phoenix Capital développe de nombreuses synergies avec des universités en Italie et à l'international, favorisant l'excellence dans l'enseignement.
En soutenant ce projet de recherche, Phoenix Capital encourage la recherche scientifique et les technologies de pointe développées par l'UNamur dans le domaine de la chimie organique synthétique.
Giovanna Saraconi - CEO Phoenix Group
Nous sommes fiers de soutenir le programme de doctorat en chimie de quatre ans de l'université de Namur. Investir dans la recherche est un choix stratégique à long terme pour Phoenix Capital et s'inscrit dans notre manifeste éthique en matière de soutien aux jeunes talents. Nous en sommes de plus en plus convaincus, surtout aujourd'hui, compte tenu du contexte international dans lequel nous opérons.
C'est dans les universités que naissent les idées susceptibles d'améliorer la vie des gens, de rendre les chaînes d'approvisionnement plus compétitives et d'accélérer la transition vers des modèles de production durables. Au cœur de cette vision se trouvent les jeunes talents qui cultivent une passion pour la science : des chercheurs qui, avec curiosité et rigueur, transforment les questions d'aujourd'hui en solutions de demain. Construire des ponts entre les universités et les entreprises signifie leur donner des outils, du temps et de la confiance. C'est ainsi que nous entendons contribuer à un écosystème d'innovation plus fort, plus inclusif et plus responsable.
Les chercheurs du laboratoire de Chimie Organique de Synthèse (COS)
Steve Lanners
Steve Lanners a fait ses études de chimie à l’Université Louis Pasteur, puis à l’ECPM à Strasbourg (promo 2001). Après un séjour de recherche à l’ETH (avec le Prof. Erick Carreira) ou il synthétise un fragment du polycétide anticanéreux tédanolide, il effectue son doctorat à l’ECPM sous la direction du Prof. Guy Solladié et Dr. Gilles Hanquet (défendu en 2005) pour y développer la synthèse d’un polycétide à activité antimybactérien : la pamamycine-607.
Après 3 ans de recherches post-doctorales en flow chemistry et synthèse de produits naturels à l’Université de Cambridge, avec le Prof. Steven Ley, il débute aux FUNDP où il reprend le laboratoire de Chimie Organique de Synthèse (COS) pour y développer des projets de synthèse de produits naturels, de développement de nouvelles réactions, et de chimie médicinale, tout en occupant diverses fonctions au sein du Département de Chimie, et en s’attelant à améliorer constamment l’enseignement de la chimie organique à l’UNamur.
Lionel-Marie Van Geesbergen
Après avoir terminé son bachelier en juin 2022, Lionel-Marie Van Geesbergen a décidé de poursuivre un master en sciences chimiques dans la même institution, l’Université de Namur. Au cours de ce master, et plus particulièrement lors de son mémoire réalisé sous la supervision du Prof. Steve Lanners, il a participé au développement d’une voie de synthèse de molécules complexes utilisant une stratégie innovante : « l’agrafe temporaire ».
Dans le cadre de son stage, il a ensuite contribué, en collaboration avec Syensqo, à un projet de valorisation de sous-produits issus de l’industrie des polymères au sein du laboratoire du Prof. Gwilherm Evano de l’Université libre de Bruxelles. Ces expériences lui ont permis d’obtenir son master en juin 2024. À la suite de l’obtention de son diplôme, il a participé à l’encadrement et à la formation, en chimie, des étudiants de premier cycle en pharmacie et en sciences biomédicales, tant lors des séances d’exercices que des travaux pratiques. En janvier 2026, il choisit de revenir dans l’équipe du Prof. Lanners afin d’entamer une thèse de doctorat et de poursuivre les recherches initiées lors de son mémoire, en les orientant vers la synthèse de molécules azotées complexes à fort potentiel pharmaceutique.
Produire de l’hydrogène « vert » à partir de l’eau de la Meuse ? C’est désormais possible !
Produire de l’hydrogène « vert » à partir de l’eau de la Meuse ? C’est désormais possible !
À l’UNamur, la recherche ne reste pas confinée aux laboratoires. De la physique aux sciences politiques, en passant par la robotique, la biodiversité, le droit, l’IA et la santé, les chercheurs collaborent chaque jour avec de nombreux acteurs de la société. Objectif ? Transformer les idées en solutions concrètes pour répondre aux enjeux actuels.
Focus #2 | Et si nos rivières devenaient une source d’énergie propre pour l’avenir ?
Une équipe internationale de chercheurs en chimie, menée notamment par le Dr. Laroussi Chaabane et le Prof. Bao-Lian Su, vient de démontrer qu’il est possible de produire de l’hydrogène « vert » en utilisant de l’eau naturelle et la lumière du soleil. Ces résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue Chemical Engineering Journal.
Quand la lumière du soleil devient une source d’énergie propre
Face au changement climatique, à la pollution et aux pénuries énergétiques, la recherche d’alternatives aux combustibles fossiles est devenue une priorité mondiale pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Parmi les solutions envisagées, l’hydrogène vert apparaît comme un vecteur énergétique particulièrement prometteur : il possède une densité énergétique élevée et peut être produit sans émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, la majorité de l’hydrogène mondial (environ 87 millions de tonnes produites en 2020) est obtenue par des procédés électrochimiques coûteux et polluants, principalement utilisés par l’industrie chimique ou les piles à combustible. D’où l’intérêt majeur de méthodes plus durables.
La photocatalyse de l’eau : le « Saint Graal » de la chimie
Produire de l’hydrogène et de l’oxygène directement à partir de l’eau grâce à la lumière un procédé, appelé photocatalyse de l’eau, est souvent qualifié de « Saint Graal de la chimie » tant il est complexe à maîtriser. Au sein de l’Université de Namur, les chercheurs du Laboratoire de Chimie des Matériaux Inorganiques (CMI), rattaché à l’Unité de Chimie des Nanomatériaux (UCNANO) et à l’Institut de recherche Namur Institute of Structured Matter (NISM), ont franchi une étape décisive. Ils ont démontré qu’il est possible d’utiliser de l’eau naturelle, et non plus uniquement de l’eau ultrapure, pour produire de l’hydrogène vert sous l’action de la lumière solaire.
Le cœur du procédé repose sur un photocatalyseur innovant, jouant le rôle de véritables « ciseaux chimiques » capables de scinder la molécule d’eau en hydrogène et en oxygène un domaine dans lequel le laboratoire CMI dispose d’une expertise reconnue.
Un photocatalyseur 3D à base de graphène et d’or
Le nouveau matériau développé est un photocatalyseur tridimensionnel (3D) à base d’oxide de titane, de graphène et de nanoparticules d’or. Cette architecture en 3D permet une meilleure absorption de la lumière et une génération plus efficace d’électrons libres, indispensables pour déclencher la réaction de dissociation de l’eau. L’un des principaux défis réside dans l’utilisation d’eau naturelle, qui contient des minéraux, des sels et des composés organiques susceptibles de perturber le processus. Pour relever ce défi, les chercheurs ont testé leur dispositif avec des eaux de plusieurs rivières belges : la Meuse, la Sambre, l’Escaut et l’Yser.
Un résultat remarquable et une première en Belgique !
Les performances obtenues sont quasi équivalentes à celles mesurées avec de l’eau pure.
Une première en Belgique, ouvrant des perspectives concrètes pour la valorisation durable des ressources naturelles locales !
L'article complet “Synergistic four physical phenomena in a 3D photocatalyst for unprecedented overall water splitting” est disponible en open access.
Une reconnaissance internationale
Cette avancée scientifique a également valu au Dr. Laroussi Chaabane le prix du meilleur poster lors de la 4th International Colloids Conference (San Sebastián, Espagne, juillet 2025), soulignant l’impact et l’originalité de ces travaux.
Une équipe de recherche internationale
- Université de Namur, Faculté des sciences, UCNANO, Laboratoire de Chimie des Matériaux Inorganiques (CMI) et Namur Institute of Structured Matter (NISM), Belgique | Promoteur (PI) | Professeur Bao Lian SU ; Chercheur post-doctorant | Docteur Laroussi Chaabane
- Institut de chimie organique, Centre de phytochimie, Académie des sciences, Bulgarie
- Département de chimie organique (MSc), Loyola Academy, Inde
- Université libre de Bruxelles (ULB) et Flanders Make, Département de physique appliquée et photonique, Brussels Photonics, Belgique
- Université du Québec à Montréal (UQAM), Département de chimie, Montréal, Québec, Canada
- Institut National de la Recherche Scientifique - Centre Énergie Matériaux Télécommunications (INRS-EMT), Varennes, Québec, Canada
- Université technologique de Wuhan, Laboratoire national de recherche en technologies avancées pour la synthèse et le traitement des matériaux, Chine
Et après ?
À ce stade, l’étude constitue une preuve de concept démontrant la faisabilité du procédé. Elle illustre l’excellence de la recherche en génie chimique et nanomatériaux à l’UNamur, ainsi que son potentiel pour des applications énergétiques durables. Une nouvelle étude est en cours afin d’évaluer les performances du procédé avec de l’eau de mer, une étape clé vers une production d’hydrogène vert à très grande échelle.
Des équipements de pointe
Les analyses réalisées ont notamment été possible grâce aux équipements des plateformes technologique Caractérisation Physico-Chimique (PC²), microscopie électronique et Synthèse, Irradiation et Analyse de Matériaux (SIAM) de l’UNamur. Les plateformes technologiques de l’UNamur abritent des équipements de pointe et sont accessibles à la communauté scientifique ainsi qu'aux industries et entreprises.
Les auteurs remercient le Service Public de Wallonie (SPW) pour son engagement constant en faveur de la recherche scientifique et de l’innovation en Wallonie, permettant à l’UNamur de développer des solutions technologiques à fort impact sociétal et environnemental.
De la recherche fondamentale à la recherche appliquée, l’UNamur démontre chaque jour que la recherche est un moteur de transformation. Grâce à l’engagement de ses chercheurs, au soutien de ses partenaires de tous horizons, aux bailleurs de fonds, aux partenaires industriels et à un solide écosystème de valorisation, l’UNamur participe activement à façonner une société ouverte sur le monde, plus innovante, plus responsable et plus durable.
Pour aller plus loin
Cet article complète notre publication "Recherche et innovation : des atouts majeurs pour le secteur de l’industrie" extraite de la rubrique Enjeux du magazine Omalius #39 (décembre 2025).