Bienvenue à l'ILEE, l'Institut de la Vie, de la Terre et de l'Environnement de l'Université de Namur, qui s'engage à répondre aux questions environnementales urgentes.
Nous réunissons une équipe d'experts issus de divers horizons et disciplines pour travailler en collaboration en utilisant des technologies innovantes et des méthodes scientifiques rigoureuses afin d'apporter des contributions significatives au domaine des sciences de l'environnement.
L'institut ILEE est membre d'Alternet, le réseau européen de recherche sur les écosystèmes.
Notre institut se consacre à l'avancement de la recherche fondamentale et appliquée en vue d'une meilleure compréhension des processus sous-jacents qui régulent la vie sur terre, à la caractérisation des pressions anthropogéniques sur l'environnement et vice versa, et à la recherche d'alternatives durables pour gérer les ressources naturelles, réduire la pollution, conserver et restaurer la biodiversité.
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Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard, chercheuse du Département de géographie de l’UNamur, a été récompensée pour ses travaux à la croisée de la géographie et de l’épidémiologie. Ce mandat Francqui-Collen lui permettra, dès septembre et pendant trois ans, d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de se consacrer davantage à ses recherches sur l’influence des changements environnementaux sur propagation des maladies infectieuses.
Pourquoi certaines maladies infectieuses représentent-elles un risque plus important dans certaines régions que dans d’autres ? Quel rôle jouent l’urbanisation, les changements climatiques ou encore les déplacements de population dans leur propagation ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Catherine Linard, chercheuse au Département de géographie de l’UNamur.
Géographe de formation, elle travaille dans le domaine de la géographie de la santé, qui étudie la relation entre santé et lieu “J’étudie la santé, mais avec les yeux d’une géographe. Je m’intéresse surtout au territoire et j’essaie de comprendre les processus naturels et sociaux qui expliquent la santé en un lieu.”
Comprendre les maladies à travers le territoire
Ses recherches portent plus particulièrement sur les maladies vectorielles, c’est-à-dire transmises par des organismes comme les moustiques. Parmi elles figurent notamment la malaria et la dengue. Pour mieux comprendre leur répartition géographique, la chercheuse croise différents facteurs susceptibles d’influencer leur transmission. L’environnement joue évidemment un rôle, puisqu’il détermine notamment les endroits où les moustiques peuvent se développer, mais il ne suffit pas à expliquer la propagation d’une maladie.
“J’adopte une vision assez systémique. Nous allons nous intéresser à l’environnement, mais également aux comportements humains, à la mobilité, etc.” Une partie de ses recherches porte ainsi sur l’impact des transformations rapides de nos environnements, comme l’urbanisation rapide du continent africain, sur les maladies transmises par les moustiques.
Des travaux qui viennent aujourd’hui de bénéficier d’une importante reconnaissance. Catherine Linard profitera pendant trois ans d’un mandat de la Fondation Francqui. Son dossier a d’abord été sélectionné par le Conseil de recherche de l’UNamur avant d’être retenu par la Fondation.
Trois ans pour prendre du recul
Ce mandat permettra à la chercheuse d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de consacrer davantage de temps à ses recherches. Une opportunité particulièrement précieuse dans un quotidien académique partagé entre l’enseignement, la supervision des chercheurs et doctorants, les recherches et les tâches administratives.
Pas question pour autant d’établir dès aujourd’hui un programme précis pour les trois prochaines années. Catherine Linard souhaite d’abord profiter de cette nouvelle disponibilité pour s’investir davantage dans ses projets en cours et accompagner plusieurs doctorants qui arrivent au terme de leur thèse.
“Ces dernières années, j’avais le sentiment que mon travail était devenu assez fragmenté. Je n’avais plus nécessairement le temps de creuser moi-même certains aspects que j’aurais aimé approfondir. Ce mandat va m’offrir un temps précieux pour m’investir pleinement dans des activités de recherche qui me tiennent à coeur”
Le mandat devrait également lui permettre de consolider ses collaborations internationales. La chercheuse travaille notamment avec l’Université Cheick Anta Diop de Dakar, au Sénégal, et envisage de profiter de ces trois années pour renforcer ces échanges et organiser de nouveaux séjours sur le terrain. À plus long terme, elle souhaite surtout retrouver du temps pour explorer de nouvelles pistes et déterminer les prochaines orientations de ses recherches. “La recherche avance à une vitesse folle. Pour rester au courant de tout ce qui se fait dans notre domaine, il faut pouvoir continuer à lire et à suivre les travaux des autres équipes.”
Une reconnaissance collective
Catherine Linard voit également dans ce Prix Francqui une reconnaissance du travail mené avec son équipe et ses nombreux collaborateurs. Elle y voit également une reconnaissance pour la géographie de la santé, une discipline longtemps méconnue du grand public, mais dont l’importance a notamment été mise en lumière pendant la pandémie de Covid-19, lorsque la compréhension de la propagation géographique d’une épidémie est devenue un enjeu particulièrement important. “C’est aussi, je pense, une reconnaissance de la pertinence de ces recherches pour la société, de sa capacité à éclairer des enjeux sociétaux majeurs et très actuels, ainsi que de l’intérêt d’un projet résolument interdisciplinaire.”
Catherine Linard – Courte biographie
Après avoir défendu sa thèse intitulée "Spatial and integrated modelling of complex disease systems" au département de Géographie de l'UCL en janvier 2009, elle a passé 4 mois au département de Zoologie de l'Université d'Oxford (TALA Research Group) en tant que chercheur visiteur. Elle a ensuite débuté un post-doc de 2 ans (2009-2011) à l'Université d'Oxford sur le projet WorldPop, financé par la fondation Wiener-Anspach, suivi par 6 ans (2011-2017) de post-doc au laboratoire d’épidémiologie spatiale (SpELL) de l'ULB (avec financements FNRS et BELSPO). Elle est professeur au département de géographie de l’UNamur depuis 2015.
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
La Meuse et ses affluents, tels que la Semois et la Sambre, sont des trésors naturels qui traversent la France et la Belgique. Ces fleuves abritent une riche biodiversité, offrent des possibilités de loisirs et, après traitement, fournissent une eau potable propre. L'utilisation partagée de ces ressources en eau nécessite une gestion cohérente, coordonnée et durable. C'est l'objectif du projet Interreg ORION.
Cet article est extrait du magazine Omalius #40 (mars 2026)
Lancé en novembre 2024, le projet transfrontalier Interreg France-Wallonie-Flandre ORION vise à développer des outils d'évaluation basés sur la modélisation prédictive afin de mieux comprendre et gérer la qualité de l'eau dans le contexte du changement climatique mondial. Grâce à une approche globale, il permettra d'évaluer, de surveiller et même de prévoir la qualité des eaux de la Meuse et la santé de ses écosystèmes.
Améliorer la qualité des eaux de la Meuse
Méthode
- Identification des polluants
- Etude des dynamiques de pressions
- Evaluation des impacts sur le milieu en contexte de réchauffement climatique
Cela permettra une biosurveillance active, la simulation de scénarios futurs, la création d'outils innovants et une gestion raisonnée de la ressource partagée.
Le consortium ORION, dirigé par l'Université de Reims Champagne-Ardennes (URCA), rassemble six opérateurs et neuf partenaires, dont des universités, des laboratoires de recherche et des gestionnaires de l'eau en France, en Wallonie et en Flandre. Ceux-ci travaillent dans le cadre d'une collaboration multidisciplinaire impliquant la biologie, la microbiologie, la parasitologie, l'écologie, l'écotoxicologie, la chimie et la modélisation.
À l'UNamur, l'un des six opérateurs du consortium, l’expertise mise à profit est celle du Professeur Eli Thoré, membre de l'Unité de recherche en biologie environnementale et évolutive (URBE) du Département de biologie et chercheur à l'Institut de la vie, de la Terre et de l'environnement (ILEE). Eli Thoré et ses collaborateurs contribuent en particulier à l'évaluation des risques écotoxicologiques et au diagnostic environnemental dans des conditions réelles, y compris dans des environnements dégradés.
Phase 3 du projet : sélection des sites de mise en cage
En novembre 2025, les chercheurs du projet ORION, dont le Dr Omayma Missawi, chercheuse postdoctorale dans l'équipe du Professeur Eli Thoré, ont sillonné le bassin de la Meuse afin d'identifier les sites les plus appropriés pour la mise en cage d'espèces sentinelles dans les rivières Meuse, Sambre et Chiers.
Cette phase, qui consiste à exposer les animaux à leur environnement naturel, permet d'évaluer les concentrations de polluants bioaccumulés et leur impact sur leur santé. Associés à des mesures de concentration effectuées directement dans l'eau, ces outils originaux permettent une évaluation fiable de la qualité de l'eau dans le bassin de la Meuse.
Le processus commence par une évaluation des sites potentiels à l'aide de cartes de pression (Meuse, Sambre, Chiers) établies lors de la phase précédente du projet. Elle est suivie d'une validation sur le terrain, qui tient compte de paramètres tels que la profondeur, le courant, la température, le pH, l'oxygénation et l'ensoleillement.
Tout au long du processus, les chercheurs sont particulièrement attentifs à garantir le bien-être des animaux en cage. Afin de réduire leur stress pendant les trois semaines de l’expérience, les chercheurs vérifient la stabilité du lit de la rivière et la possibilité d'ancrer solidement les cages pour éviter tout déplacement. Les critères logistiques et de sécurité sont également pris en compte, comme l'accessibilité du site, la tranquillité de l'endroit afin de limiter les risques de dommages, ou encore la compatibilité avec d'autres espèces sentinelles, idéalement situées à proximité. L’objectif de la prospection sur le terrain est donc bien de confirmer que les sites proposés par les cartes sont réellement adaptés, sûrs et respectueux du bien-être animal.
Une fois mis en cage et exposés dans leur environnement naturel, la recherche passe à une phase diagnostique et intégrative. Les animaux sont récupérés et analysés afin de déterminer quels contaminants ils ont bioaccumulé et comment cette exposition a affecté leur état physiologique et leur santé. En reliant les concentrations de contaminants mesurées aux réponses biologiques, l'étude permet d'évaluer la pression écotoxicologique réelle exercée par le milieu aquatique, plutôt que de se fier uniquement aux mesures chimiques de l'eau elle-même.
L'écotoxicologie en laboratoire ne reflète pas toujours pleinement la complexité des environnements naturels. En exposant directement les espèces sentinelles sur le terrain, ORION adopte une approche plus réaliste sur le plan environnemental, en capturant les mélanges et les conditions d'exposition réelles qui sont difficiles à reproduire en laboratoire. Cela permet de combler le fossé entre l'écotoxicologie expérimentale et l'évaluation de la santé des écosystèmes.
La genèse - Le projet Interreg France-Wallonie-Flandre DIADeM
En 2017, le professeur (aujourd'hui émérite) Patrick Kestemont faisait partie du consortium DIADeM, un autre projet transfrontalier qui s'était fixé deux objectifs majeurs:
- Mesurer l'effet d'un cocktail de médicaments sur les populations des écosystèmes de la Meuse et de ses affluents
- Développer des outils méthodologiques destinés aux gestionnaires des cours d'eau afin d'améliorer le diagnostic de la qualité de l'eau.
Pari gagné, comme en témoignent les résultats du projet :
- Six guides méthodologiques et une approche de mise en cage multi-espèces.
- Une douzaine d'articles scientifiques et une exposition publique composée de plus de 20 panneaux : « La santé de nos rivières : en danger ? ».
- Une collaboration renforcée entre l'URCA, l'Université de Namur, l'Université de Liège et divers acteurs de la filière eau en France et en Wallonie.
ORION – Pour le bien de tous
En réunissant différents acteurs et en développant des outils innovants, le projet ORION contribue à protéger la qualité de l'eau et à garantir un environnement sain pour tous : collectivités locales, autorités publiques, établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que le grand public.
L'Université de Namur est également responsable de la production, de la communication et de la diffusion des informations. Diverses ressources seront produites (voir le site internet ORION, section ressources et vidéos) afin de promouvoir la recherche et de sensibiliser le public à la vulnérabilité des écosystèmes et à l'impact de l'activité humaine sur la qualité de l'eau.
Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
C’est une belle reconnaissance pour la recherche à l’UNamur : trois projets Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (DN) viennent d’être octroyés, avec une contribution déterminante de chercheurs namurois ! Le premier, en chimie, implique le professeur Stéphane Vincent ; le deuxième, consacré à la résilience des écosystèmes, associe le professeur Frédérik de Laender ; et le troisième, dans le domaine de la photonique, bénéficie de l’expertise du chercheur qualifié F.RS. - FNRS. Michaël Lobet.
Sur l’appel MSCA Doctoral Networks 2025, 1 616 propositions ont été soumises et 141 ont été retenues, soit un taux de succès de 9,6%. Dans ce contexte très compétitif, la sélection de trois projets impliquant l’UNamur constitue un signal fort : il confirme l’excellence scientifique des équipes namuroises et leur capacité à construire des partenariats internationaux de haut niveau, au service de la formation doctorale et de l’innovation. Ce sont six thèses de doctorat qui pourront être financées.
Trois projets, trois thématiques de pointe
GlycoAxis – Comprendre comment l’intestin influence l’inflammation du cerveau
Grant #101311186 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Stéphane Vincent - UNamur, Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS), en collaboration avec 16 partenaires.
Coordination : Université Federico II (Naples, Italie)
Dans de nombreuses maladies neurologiques, on observe à la fois une inflammation du système nerveux et des déséquilibres du microbiote intestinal. GlycoAxis veut aller au-delà des simples corrélations en identifiant les « messagers » moléculaires qui relient l’intestin, le système immunitaire et le cerveau. Le projet se concentre sur des sucres complexes présents à la surface de certaines bactéries (glycanes), soupçonnés de jouer un rôle clé dans l’activation immunitaire et la neuroinflammation. L’objectif : mieux comprendre ces mécanismes et ouvrir la voie à de nouveaux outils de diagnostic, d’imagerie ou de biomarqueurs pour la santé cérébrale.
ReDiLeep – Renforcer la résilience des écosystèmes grâce à la diversité des réponses
Grant # 101312530 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Frédérik de Laender - UNamur, Institute of Life, Earth ant Environment (ILEE) en collaboration avec 20 partenaires.
Coordination : Université de Linköping (Suède).
Face au changement climatique, à la pollution ou à la fragmentation des habitats, certains écosystèmes encaissent les chocs… d’autres basculent. ReDiLeep s’intéresse à un levier central de cette résilience : la diversité des réponses, c’est-à-dire le fait que différentes espèces (ou fonctions) ne réagissent pas toutes de la même manière à une perturbation. Le projet vise à mieux mesurer et modéliser ce mécanisme, afin de relier plus directement la recherche aux besoins de la conservation, de la restauration et des politiques publiques en matière de biodiversité.
SPARK – des matériaux programmables pour contrôler la lumière à très haute vitesse
Grant # 101310184 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Michaël Lobet - UNamur, Namur Institute Of Structured Matter (NISM), en collaboration avec 7 partenaires.
Coordination : Université technologique d’Eindhoven (Pays-Bas)
Nos communications numériques reposent sur la lumière : fibres optiques, capteurs et circuits photoniques capables de traiter l’information. Mais avec l’explosion des données, de l’IA et l’arrivée de réseaux toujours plus rapides, il devient crucial de contrôler la lumière de façon dynamique, beaucoup plus vite qu’avec les composants actuels, souvent « figés ». SPARK explore une nouvelle piste : associer des métamatériaux spatio-temporels (des structures nanométriques conçues pour façonner la lumière) à une lumière elle-même « structurée » dans l’espace et le temps. À la clé : des technologies photoniques reconfigurables pour le calcul, l’imagerie et les communications ultra-rapides.
Les Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (MSCA-DN), c’est quoi ?
En 1996, l’Union européenne créait les MSCA, un ensemble de bourses prestigieuses destinées à financer la recherche.Les Doctoral Networks du programme MSCA financent des réseaux internationaux qui recrutent et forment des doctorantes et doctorants. Leur ambition : combiner recherche de haut niveau et formation structurée, en favorisant la collaboration interdisciplinaire et intersectorielle ainsi que la mobilité en Europe et au-delà.
Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir
Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir
En 2025, deux produits emblématiques de Wallonie – le Miel wallon et le Boudin blanc de Liège – ont obtenu la précieuse reconnaissance européenne IGP. Derrière cette réussite se cache le projet AgriLabel, auquel l’UNamur contribue depuis plus de dix ans. Aux côtés des producteurs, des spécialistes et des institutions publiques, notre Département d’Histoire a joué un rôle déterminant : démontrer, par les sources et par l’analyse scientifique, le lien intime entre ces produits et leur terroir. Un projet au cœur d’enjeux économiques, identitaires, culturels et scientifiques.
Avec une tradition apicole vieille de plusieurs siècles, la Wallonie possède un paysage unique d’apiculteurs, de ruchers-écoles et de sections locales qui entretiennent un véritable patrimoine vivant. C’est notamment par ce lien fort entre le produit et son terroir, que le Miel wallon rejoint la prestigieuse liste des produits wallons bénéficiant du label IGP (indication géographique protégée).
« Dès le début du XXᵉ siècle, le secteur se professionnalise et se dynamise, notamment grâce à l’amélioration de la gestion des ruchers et de la qualité du miel », raconte Natacha Aucuit chercheuse en histoire de l’alimentation qui a contribué à cette reconnaissance du miel wallon.
L’un des éléments distinctifs du miel wallon est sa cristallisation imperceptible à très fine, sans cristaux grossiers. Ce résultat n’est pas dû au hasard : les apiculteurs wallons se sont adaptés à la grande diversité florale de la Wallonie en développant une technique de cristallisation dirigée du miel, perfectionnée dans les années 1980‑1990 et largement diffusée grâce au CARI ASBL et avec l’aide de PROMIEL ASBL
Cette méthode, aujourd’hui généralisée en Wallonie, permet d’obtenir un miel tartinable, onctueux, homogène et non altéré dans ses propriétés naturelles.
« Ce qui m’a marquée en remontant le fil de l’histoire de ce produit, c’est son côté profondément humain : le savoir est transmis au sein des communautés apicoles, entre maîtres‑apiculteurs et apprentis, qui incarne la force d’une tradition régionale », souligne Natacha Aucuit.
Le Boudin blanc de Liège : un goût, une plante aromatique, une tradition
En plus du Miel wallon IGP, Natacha Aucuit a aussi participé au cours de l’année 2025, à la reconnaissance du Boudin blanc de Liège comme IGP.
« Produit phare des fêtes de fin d’année dans la province, il possède une origine historique plus floue… mais des marqueurs très solides. On en trouve des mentions dans la presse à la fin du XIXᵉ siècle et, dès le début du XXᵉ et une caractéristique se confirme : l’aromatisation à la marjolaine. Cet ingrédient devient la signature du boudin liégeois. Autrefois, les bouchers-charcutiers cultivaient eux‑mêmes la marjolaine ou l’achetaient sur les marchés locaux. Une production locale a repris ces dernières années », explique Natacha Aucuit.
Ce boudin blanc a un ancrage fort dans la ville de Liège mais sa fabrication est répartie dans toute la province. Il est au au cœur de traditions folkloriques liégeoises : « ce produit se consomme habituellement froid, coupé en tranches. Il est parfois intégré dans la drèssêye, un assortiment de charcuteries typiquement liégeois », précise Natacha Aucuit.
Un travail continu sur les produits du terroir
Outre le Miel wallon IGP et le Boudin blanc de Liège IGP, d’autres produits wallons font l’objet de toute l’attention de la cellule Agrilabel, en charge des procédures de reconnaissance. Actuellement deux dossiers sont en cours de réalisation :
- La révision du cahier des charges du Jambon d’Ardenne IGP
- La Fraise de Wépion
Les autres produits labellisés en tant qu’IGP depuis la création d’AgriLabel :
- Plate de Florenville IGP
- Saucisson d’Ardenne IGP
- Collier Ardenne IGP
- Pipe d’Ardenne IGP
- Escavèche de Chimay IGP
- Saucisson gaumais IGP
Le projet Agrilabel
Créé en 2011 à l’initiative du Service public de Wallonie et soutenu par le Cabinet de la Ministre wallonne de l’Agriculture, AgriLabel accompagne les producteurs dans l’obtention de labels de qualité européens (AOP, IGP et STG) ou régional (Label Qualité Plus). Ce travail repose sur un partenariat entre l’Université de Liège – Gembloux Agro‑Bio Tech et l’UNamur.
Dans ce cadre, l’Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech se concentre principalement sur la caractérisation du produit et le savoir-faire des producteurs ainsi que la délimitation de l’aire géographique de production. De son côté, l’UNamur se charge de démontrer le lien sociohistorique entre le produit et son terroir, la notoriété de la dénomination dans le temps et sa réputation, éléments essentiels pour la reconnaissance d’une dénomination en tant qu’AOP ou IGP.
Natacha Aucuit, chercheuse spécialisée en histoire de l’alimentation à l’UNamur et membre de l'ILEE et Transitions, apporte, sous la supervision de la Professeure Isabelle Parmentier, une contribution clé au sein de la cellule AgriLabel. Depuis 2013, elle s’attelle à l’élaboration des demandes d’enregistrement de dénominations ou de modification pour des produits comme la Fraise de Wépion ou le Jambon d’Ardenne IGP. Son rôle consiste principalement à établir un lien historique documenté entre le produit et son terroir, en s’appuyant sur des recherches rigoureuses et une démarche scientifique.
Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard lauréate du mandat de Professeur de Recherche Francqui-Collen pour ses recherches sur la propagation des maladies infectieuses
Catherine Linard, chercheuse du Département de géographie de l’UNamur, a été récompensée pour ses travaux à la croisée de la géographie et de l’épidémiologie. Ce mandat Francqui-Collen lui permettra, dès septembre et pendant trois ans, d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de se consacrer davantage à ses recherches sur l’influence des changements environnementaux sur propagation des maladies infectieuses.
Pourquoi certaines maladies infectieuses représentent-elles un risque plus important dans certaines régions que dans d’autres ? Quel rôle jouent l’urbanisation, les changements climatiques ou encore les déplacements de population dans leur propagation ? C’est à ce type de questions que s’intéresse Catherine Linard, chercheuse au Département de géographie de l’UNamur.
Géographe de formation, elle travaille dans le domaine de la géographie de la santé, qui étudie la relation entre santé et lieu “J’étudie la santé, mais avec les yeux d’une géographe. Je m’intéresse surtout au territoire et j’essaie de comprendre les processus naturels et sociaux qui expliquent la santé en un lieu.”
Comprendre les maladies à travers le territoire
Ses recherches portent plus particulièrement sur les maladies vectorielles, c’est-à-dire transmises par des organismes comme les moustiques. Parmi elles figurent notamment la malaria et la dengue. Pour mieux comprendre leur répartition géographique, la chercheuse croise différents facteurs susceptibles d’influencer leur transmission. L’environnement joue évidemment un rôle, puisqu’il détermine notamment les endroits où les moustiques peuvent se développer, mais il ne suffit pas à expliquer la propagation d’une maladie.
“J’adopte une vision assez systémique. Nous allons nous intéresser à l’environnement, mais également aux comportements humains, à la mobilité, etc.” Une partie de ses recherches porte ainsi sur l’impact des transformations rapides de nos environnements, comme l’urbanisation rapide du continent africain, sur les maladies transmises par les moustiques.
Des travaux qui viennent aujourd’hui de bénéficier d’une importante reconnaissance. Catherine Linard profitera pendant trois ans d’un mandat de la Fondation Francqui. Son dossier a d’abord été sélectionné par le Conseil de recherche de l’UNamur avant d’être retenu par la Fondation.
Trois ans pour prendre du recul
Ce mandat permettra à la chercheuse d’être déchargée de la majeure partie de ses enseignements afin de consacrer davantage de temps à ses recherches. Une opportunité particulièrement précieuse dans un quotidien académique partagé entre l’enseignement, la supervision des chercheurs et doctorants, les recherches et les tâches administratives.
Pas question pour autant d’établir dès aujourd’hui un programme précis pour les trois prochaines années. Catherine Linard souhaite d’abord profiter de cette nouvelle disponibilité pour s’investir davantage dans ses projets en cours et accompagner plusieurs doctorants qui arrivent au terme de leur thèse.
“Ces dernières années, j’avais le sentiment que mon travail était devenu assez fragmenté. Je n’avais plus nécessairement le temps de creuser moi-même certains aspects que j’aurais aimé approfondir. Ce mandat va m’offrir un temps précieux pour m’investir pleinement dans des activités de recherche qui me tiennent à coeur”
Le mandat devrait également lui permettre de consolider ses collaborations internationales. La chercheuse travaille notamment avec l’Université Cheick Anta Diop de Dakar, au Sénégal, et envisage de profiter de ces trois années pour renforcer ces échanges et organiser de nouveaux séjours sur le terrain. À plus long terme, elle souhaite surtout retrouver du temps pour explorer de nouvelles pistes et déterminer les prochaines orientations de ses recherches. “La recherche avance à une vitesse folle. Pour rester au courant de tout ce qui se fait dans notre domaine, il faut pouvoir continuer à lire et à suivre les travaux des autres équipes.”
Une reconnaissance collective
Catherine Linard voit également dans ce Prix Francqui une reconnaissance du travail mené avec son équipe et ses nombreux collaborateurs. Elle y voit également une reconnaissance pour la géographie de la santé, une discipline longtemps méconnue du grand public, mais dont l’importance a notamment été mise en lumière pendant la pandémie de Covid-19, lorsque la compréhension de la propagation géographique d’une épidémie est devenue un enjeu particulièrement important. “C’est aussi, je pense, une reconnaissance de la pertinence de ces recherches pour la société, de sa capacité à éclairer des enjeux sociétaux majeurs et très actuels, ainsi que de l’intérêt d’un projet résolument interdisciplinaire.”
Catherine Linard – Courte biographie
Après avoir défendu sa thèse intitulée "Spatial and integrated modelling of complex disease systems" au département de Géographie de l'UCL en janvier 2009, elle a passé 4 mois au département de Zoologie de l'Université d'Oxford (TALA Research Group) en tant que chercheur visiteur. Elle a ensuite débuté un post-doc de 2 ans (2009-2011) à l'Université d'Oxford sur le projet WorldPop, financé par la fondation Wiener-Anspach, suivi par 6 ans (2011-2017) de post-doc au laboratoire d’épidémiologie spatiale (SpELL) de l'ULB (avec financements FNRS et BELSPO). Elle est professeur au département de géographie de l’UNamur depuis 2015.
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
Projet Interreg ORION | Protéger les milieux aquatiques et sensibiliser aux dangers de la pollution
La Meuse et ses affluents, tels que la Semois et la Sambre, sont des trésors naturels qui traversent la France et la Belgique. Ces fleuves abritent une riche biodiversité, offrent des possibilités de loisirs et, après traitement, fournissent une eau potable propre. L'utilisation partagée de ces ressources en eau nécessite une gestion cohérente, coordonnée et durable. C'est l'objectif du projet Interreg ORION.
Cet article est extrait du magazine Omalius #40 (mars 2026)
Lancé en novembre 2024, le projet transfrontalier Interreg France-Wallonie-Flandre ORION vise à développer des outils d'évaluation basés sur la modélisation prédictive afin de mieux comprendre et gérer la qualité de l'eau dans le contexte du changement climatique mondial. Grâce à une approche globale, il permettra d'évaluer, de surveiller et même de prévoir la qualité des eaux de la Meuse et la santé de ses écosystèmes.
Améliorer la qualité des eaux de la Meuse
Méthode
- Identification des polluants
- Etude des dynamiques de pressions
- Evaluation des impacts sur le milieu en contexte de réchauffement climatique
Cela permettra une biosurveillance active, la simulation de scénarios futurs, la création d'outils innovants et une gestion raisonnée de la ressource partagée.
Le consortium ORION, dirigé par l'Université de Reims Champagne-Ardennes (URCA), rassemble six opérateurs et neuf partenaires, dont des universités, des laboratoires de recherche et des gestionnaires de l'eau en France, en Wallonie et en Flandre. Ceux-ci travaillent dans le cadre d'une collaboration multidisciplinaire impliquant la biologie, la microbiologie, la parasitologie, l'écologie, l'écotoxicologie, la chimie et la modélisation.
À l'UNamur, l'un des six opérateurs du consortium, l’expertise mise à profit est celle du Professeur Eli Thoré, membre de l'Unité de recherche en biologie environnementale et évolutive (URBE) du Département de biologie et chercheur à l'Institut de la vie, de la Terre et de l'environnement (ILEE). Eli Thoré et ses collaborateurs contribuent en particulier à l'évaluation des risques écotoxicologiques et au diagnostic environnemental dans des conditions réelles, y compris dans des environnements dégradés.
Phase 3 du projet : sélection des sites de mise en cage
En novembre 2025, les chercheurs du projet ORION, dont le Dr Omayma Missawi, chercheuse postdoctorale dans l'équipe du Professeur Eli Thoré, ont sillonné le bassin de la Meuse afin d'identifier les sites les plus appropriés pour la mise en cage d'espèces sentinelles dans les rivières Meuse, Sambre et Chiers.
Cette phase, qui consiste à exposer les animaux à leur environnement naturel, permet d'évaluer les concentrations de polluants bioaccumulés et leur impact sur leur santé. Associés à des mesures de concentration effectuées directement dans l'eau, ces outils originaux permettent une évaluation fiable de la qualité de l'eau dans le bassin de la Meuse.
Le processus commence par une évaluation des sites potentiels à l'aide de cartes de pression (Meuse, Sambre, Chiers) établies lors de la phase précédente du projet. Elle est suivie d'une validation sur le terrain, qui tient compte de paramètres tels que la profondeur, le courant, la température, le pH, l'oxygénation et l'ensoleillement.
Tout au long du processus, les chercheurs sont particulièrement attentifs à garantir le bien-être des animaux en cage. Afin de réduire leur stress pendant les trois semaines de l’expérience, les chercheurs vérifient la stabilité du lit de la rivière et la possibilité d'ancrer solidement les cages pour éviter tout déplacement. Les critères logistiques et de sécurité sont également pris en compte, comme l'accessibilité du site, la tranquillité de l'endroit afin de limiter les risques de dommages, ou encore la compatibilité avec d'autres espèces sentinelles, idéalement situées à proximité. L’objectif de la prospection sur le terrain est donc bien de confirmer que les sites proposés par les cartes sont réellement adaptés, sûrs et respectueux du bien-être animal.
Une fois mis en cage et exposés dans leur environnement naturel, la recherche passe à une phase diagnostique et intégrative. Les animaux sont récupérés et analysés afin de déterminer quels contaminants ils ont bioaccumulé et comment cette exposition a affecté leur état physiologique et leur santé. En reliant les concentrations de contaminants mesurées aux réponses biologiques, l'étude permet d'évaluer la pression écotoxicologique réelle exercée par le milieu aquatique, plutôt que de se fier uniquement aux mesures chimiques de l'eau elle-même.
L'écotoxicologie en laboratoire ne reflète pas toujours pleinement la complexité des environnements naturels. En exposant directement les espèces sentinelles sur le terrain, ORION adopte une approche plus réaliste sur le plan environnemental, en capturant les mélanges et les conditions d'exposition réelles qui sont difficiles à reproduire en laboratoire. Cela permet de combler le fossé entre l'écotoxicologie expérimentale et l'évaluation de la santé des écosystèmes.
La genèse - Le projet Interreg France-Wallonie-Flandre DIADeM
En 2017, le professeur (aujourd'hui émérite) Patrick Kestemont faisait partie du consortium DIADeM, un autre projet transfrontalier qui s'était fixé deux objectifs majeurs:
- Mesurer l'effet d'un cocktail de médicaments sur les populations des écosystèmes de la Meuse et de ses affluents
- Développer des outils méthodologiques destinés aux gestionnaires des cours d'eau afin d'améliorer le diagnostic de la qualité de l'eau.
Pari gagné, comme en témoignent les résultats du projet :
- Six guides méthodologiques et une approche de mise en cage multi-espèces.
- Une douzaine d'articles scientifiques et une exposition publique composée de plus de 20 panneaux : « La santé de nos rivières : en danger ? ».
- Une collaboration renforcée entre l'URCA, l'Université de Namur, l'Université de Liège et divers acteurs de la filière eau en France et en Wallonie.
ORION – Pour le bien de tous
En réunissant différents acteurs et en développant des outils innovants, le projet ORION contribue à protéger la qualité de l'eau et à garantir un environnement sain pour tous : collectivités locales, autorités publiques, établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que le grand public.
L'Université de Namur est également responsable de la production, de la communication et de la diffusion des informations. Diverses ressources seront produites (voir le site internet ORION, section ressources et vidéos) afin de promouvoir la recherche et de sensibiliser le public à la vulnérabilité des écosystèmes et à l'impact de l'activité humaine sur la qualité de l'eau.
Cet article est tiré de la rubrique "Impact" du magazine Omalius #40 (Avril 2026).
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
Trois projets MSCA Doctoral Networks sélectionnés : un résultat remarquable pour l’UNamur
C’est une belle reconnaissance pour la recherche à l’UNamur : trois projets Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (DN) viennent d’être octroyés, avec une contribution déterminante de chercheurs namurois ! Le premier, en chimie, implique le professeur Stéphane Vincent ; le deuxième, consacré à la résilience des écosystèmes, associe le professeur Frédérik de Laender ; et le troisième, dans le domaine de la photonique, bénéficie de l’expertise du chercheur qualifié F.RS. - FNRS. Michaël Lobet.
Sur l’appel MSCA Doctoral Networks 2025, 1 616 propositions ont été soumises et 141 ont été retenues, soit un taux de succès de 9,6%. Dans ce contexte très compétitif, la sélection de trois projets impliquant l’UNamur constitue un signal fort : il confirme l’excellence scientifique des équipes namuroises et leur capacité à construire des partenariats internationaux de haut niveau, au service de la formation doctorale et de l’innovation. Ce sont six thèses de doctorat qui pourront être financées.
Trois projets, trois thématiques de pointe
GlycoAxis – Comprendre comment l’intestin influence l’inflammation du cerveau
Grant #101311186 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Stéphane Vincent - UNamur, Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS), en collaboration avec 16 partenaires.
Coordination : Université Federico II (Naples, Italie)
Dans de nombreuses maladies neurologiques, on observe à la fois une inflammation du système nerveux et des déséquilibres du microbiote intestinal. GlycoAxis veut aller au-delà des simples corrélations en identifiant les « messagers » moléculaires qui relient l’intestin, le système immunitaire et le cerveau. Le projet se concentre sur des sucres complexes présents à la surface de certaines bactéries (glycanes), soupçonnés de jouer un rôle clé dans l’activation immunitaire et la neuroinflammation. L’objectif : mieux comprendre ces mécanismes et ouvrir la voie à de nouveaux outils de diagnostic, d’imagerie ou de biomarqueurs pour la santé cérébrale.
ReDiLeep – Renforcer la résilience des écosystèmes grâce à la diversité des réponses
Grant # 101312530 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Frédérik de Laender - UNamur, Institute of Life, Earth ant Environment (ILEE) en collaboration avec 20 partenaires.
Coordination : Université de Linköping (Suède).
Face au changement climatique, à la pollution ou à la fragmentation des habitats, certains écosystèmes encaissent les chocs… d’autres basculent. ReDiLeep s’intéresse à un levier central de cette résilience : la diversité des réponses, c’est-à-dire le fait que différentes espèces (ou fonctions) ne réagissent pas toutes de la même manière à une perturbation. Le projet vise à mieux mesurer et modéliser ce mécanisme, afin de relier plus directement la recherche aux besoins de la conservation, de la restauration et des politiques publiques en matière de biodiversité.
SPARK – des matériaux programmables pour contrôler la lumière à très haute vitesse
Grant # 101310184 du 01/01/2027 au 31/12/2031 - Projet porté par Michaël Lobet - UNamur, Namur Institute Of Structured Matter (NISM), en collaboration avec 7 partenaires.
Coordination : Université technologique d’Eindhoven (Pays-Bas)
Nos communications numériques reposent sur la lumière : fibres optiques, capteurs et circuits photoniques capables de traiter l’information. Mais avec l’explosion des données, de l’IA et l’arrivée de réseaux toujours plus rapides, il devient crucial de contrôler la lumière de façon dynamique, beaucoup plus vite qu’avec les composants actuels, souvent « figés ». SPARK explore une nouvelle piste : associer des métamatériaux spatio-temporels (des structures nanométriques conçues pour façonner la lumière) à une lumière elle-même « structurée » dans l’espace et le temps. À la clé : des technologies photoniques reconfigurables pour le calcul, l’imagerie et les communications ultra-rapides.
Les Marie Skłodowska-Curie Doctoral Networks (MSCA-DN), c’est quoi ?
En 1996, l’Union européenne créait les MSCA, un ensemble de bourses prestigieuses destinées à financer la recherche.Les Doctoral Networks du programme MSCA financent des réseaux internationaux qui recrutent et forment des doctorantes et doctorants. Leur ambition : combiner recherche de haut niveau et formation structurée, en favorisant la collaboration interdisciplinaire et intersectorielle ainsi que la mobilité en Europe et au-delà.
Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir
Miel wallon IGP et Boudin blanc de Liège IGP : quand l’histoire donne du goût aux produits du terroir
En 2025, deux produits emblématiques de Wallonie – le Miel wallon et le Boudin blanc de Liège – ont obtenu la précieuse reconnaissance européenne IGP. Derrière cette réussite se cache le projet AgriLabel, auquel l’UNamur contribue depuis plus de dix ans. Aux côtés des producteurs, des spécialistes et des institutions publiques, notre Département d’Histoire a joué un rôle déterminant : démontrer, par les sources et par l’analyse scientifique, le lien intime entre ces produits et leur terroir. Un projet au cœur d’enjeux économiques, identitaires, culturels et scientifiques.
Avec une tradition apicole vieille de plusieurs siècles, la Wallonie possède un paysage unique d’apiculteurs, de ruchers-écoles et de sections locales qui entretiennent un véritable patrimoine vivant. C’est notamment par ce lien fort entre le produit et son terroir, que le Miel wallon rejoint la prestigieuse liste des produits wallons bénéficiant du label IGP (indication géographique protégée).
« Dès le début du XXᵉ siècle, le secteur se professionnalise et se dynamise, notamment grâce à l’amélioration de la gestion des ruchers et de la qualité du miel », raconte Natacha Aucuit chercheuse en histoire de l’alimentation qui a contribué à cette reconnaissance du miel wallon.
L’un des éléments distinctifs du miel wallon est sa cristallisation imperceptible à très fine, sans cristaux grossiers. Ce résultat n’est pas dû au hasard : les apiculteurs wallons se sont adaptés à la grande diversité florale de la Wallonie en développant une technique de cristallisation dirigée du miel, perfectionnée dans les années 1980‑1990 et largement diffusée grâce au CARI ASBL et avec l’aide de PROMIEL ASBL
Cette méthode, aujourd’hui généralisée en Wallonie, permet d’obtenir un miel tartinable, onctueux, homogène et non altéré dans ses propriétés naturelles.
« Ce qui m’a marquée en remontant le fil de l’histoire de ce produit, c’est son côté profondément humain : le savoir est transmis au sein des communautés apicoles, entre maîtres‑apiculteurs et apprentis, qui incarne la force d’une tradition régionale », souligne Natacha Aucuit.
Le Boudin blanc de Liège : un goût, une plante aromatique, une tradition
En plus du Miel wallon IGP, Natacha Aucuit a aussi participé au cours de l’année 2025, à la reconnaissance du Boudin blanc de Liège comme IGP.
« Produit phare des fêtes de fin d’année dans la province, il possède une origine historique plus floue… mais des marqueurs très solides. On en trouve des mentions dans la presse à la fin du XIXᵉ siècle et, dès le début du XXᵉ et une caractéristique se confirme : l’aromatisation à la marjolaine. Cet ingrédient devient la signature du boudin liégeois. Autrefois, les bouchers-charcutiers cultivaient eux‑mêmes la marjolaine ou l’achetaient sur les marchés locaux. Une production locale a repris ces dernières années », explique Natacha Aucuit.
Ce boudin blanc a un ancrage fort dans la ville de Liège mais sa fabrication est répartie dans toute la province. Il est au au cœur de traditions folkloriques liégeoises : « ce produit se consomme habituellement froid, coupé en tranches. Il est parfois intégré dans la drèssêye, un assortiment de charcuteries typiquement liégeois », précise Natacha Aucuit.
Un travail continu sur les produits du terroir
Outre le Miel wallon IGP et le Boudin blanc de Liège IGP, d’autres produits wallons font l’objet de toute l’attention de la cellule Agrilabel, en charge des procédures de reconnaissance. Actuellement deux dossiers sont en cours de réalisation :
- La révision du cahier des charges du Jambon d’Ardenne IGP
- La Fraise de Wépion
Les autres produits labellisés en tant qu’IGP depuis la création d’AgriLabel :
- Plate de Florenville IGP
- Saucisson d’Ardenne IGP
- Collier Ardenne IGP
- Pipe d’Ardenne IGP
- Escavèche de Chimay IGP
- Saucisson gaumais IGP
Le projet Agrilabel
Créé en 2011 à l’initiative du Service public de Wallonie et soutenu par le Cabinet de la Ministre wallonne de l’Agriculture, AgriLabel accompagne les producteurs dans l’obtention de labels de qualité européens (AOP, IGP et STG) ou régional (Label Qualité Plus). Ce travail repose sur un partenariat entre l’Université de Liège – Gembloux Agro‑Bio Tech et l’UNamur.
Dans ce cadre, l’Université de Liège-Gembloux Agro-Bio Tech se concentre principalement sur la caractérisation du produit et le savoir-faire des producteurs ainsi que la délimitation de l’aire géographique de production. De son côté, l’UNamur se charge de démontrer le lien sociohistorique entre le produit et son terroir, la notoriété de la dénomination dans le temps et sa réputation, éléments essentiels pour la reconnaissance d’une dénomination en tant qu’AOP ou IGP.
Natacha Aucuit, chercheuse spécialisée en histoire de l’alimentation à l’UNamur et membre de l'ILEE et Transitions, apporte, sous la supervision de la Professeure Isabelle Parmentier, une contribution clé au sein de la cellule AgriLabel. Depuis 2013, elle s’attelle à l’élaboration des demandes d’enregistrement de dénominations ou de modification pour des produits comme la Fraise de Wépion ou le Jambon d’Ardenne IGP. Son rôle consiste principalement à établir un lien historique documenté entre le produit et son terroir, en s’appuyant sur des recherches rigoureuses et une démarche scientifique.
Événements
Conférence IBAF 2026
Seize ans après avoir accueilli l’édition 2010, l’UNamur est heureuse de renouer avec cette tradition scientifique et d’accueillir la 11e édition des Rencontres Ion Beam Applications Francophones (IBAF). L’organisation de cette édition sera portée par les scientifiques du Département de physique de l’UNamur actifs dans le domaine de la science des matériaux, de la biophysique et des applications interdisciplinaires des faisceaux d’ions.
Les Rencontres IBAF sont organisées depuis 2003, avec une périodicité de 2 ans depuis 2008, par la Division Faisceaux d’Ions de la Société Française du Vide (SFV), doyenne des sociétés nationales du vide dans le monde qui a célébré en 2025 son 80e anniversaire.
Comme lors des éditions précédentes, IBAF 2026 proposera un programme riche et varié avec des conférences invitées, des communications orales et posters et des sessions techniques. Le tout agrémenté d’une présence industrielle pour favoriser les échanges entre recherche et innovation.
La conférence couvrira un large éventail de thématiques, allant des instruments et techniques de faisceaux d’ions, à la physique des interactions ions-matière, en passant par l’analyse et la modification de matériaux, les applications aux sciences de la vie, aux sciences de la terre et de l’environnement, ainsi qu’aux sciences du patrimoine.
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