Le combat contre la maladie est une science et un art. La connaissance de l’être humain, des pathologies et des médicaments est la clé de la lutte contre la maladie. Mais l’essentiel de l’art médical se pratique au contact des patients qui cherchent un médecin rigoureux, aux connaissances solides, au raisonnement sûr, mais aussi profondément chaleureux et humain.
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Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
Face à la pénurie croissante de médecins généralistes dans les zones rurales, l’Université de Namur lance une initiative inédite pour encourager les futurs praticiens à découvrir ces territoires. Cette année, neuf pôles d’accueil en milieu rural ont été mis en place dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants d’effectuer un stage dans des conditions facilitant leur immersion. Pensé pour lever les freins liés au logement, à la mobilité et à l’isolement, ce dispositif pilote trouve à Chevetogne, en partenariat avec la Province de Namur et plusieurs communes, une première déclinaison particulièrement prometteuse.
Aujourd’hui, plus de la moitié des communes wallonnes sont confrontées à une pénurie de médecins généralistes, avec des situations particulièrement préoccupantes dans le Hainaut, le sud de la province de Namur et la province de Luxembourg. Les territoires ruraux sont les premiers touchés.
Pour le Dr Dominique Henrion, médecin généraliste et responsable du master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur (co-diplomation UCLouvain), il est essentiel d’agir dès la formation :
« Les stages répétés en milieu rural augmentent fortement les chances qu’un jeune médecin choisisse ensuite de s’y installer. Nous savons aussi que les étudiants y sont largement favorables. Il fallait donc transformer cet intérêt en possibilité réelle. »
Or, plusieurs obstacles freinent encore ces expériences de terrain : le logement, la mobilité et la crainte de l’isolement. C’est pour répondre à ces difficultés qu’a été imaginé le concept de pôle d’accueil en milieu rural.
Une formule intégrée pour lever les freins
Concrètement, ces pôles proposent aux étudiants de Bac 3 en médecine un stage organisé autour de trois éléments essentiels : un médecin tuteur, un logement à proximité et une solution de transport pendant toute la durée du stage.
Aurélie Strickaert, chargée de projet au sein du Département de médecine de l’UNamur, souligne la logique très concrète du dispositif :
« Nous avons voulu construire une solution simple et efficace, directement centrée sur les besoins des étudiants. En réunissant encadrement, hébergement et mobilité, nous créons les conditions qui rendent un stage en milieu rural réellement accessible et attractif. »
Cette année, neuf pôles d’accueil ont été créés dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants de vivre une expérience de stage diversifiée sur le terrain.
Chevetogne, un pôle pilote exemplaire
Parmi ces différents pôles, celui de Chevetogne se distingue par son caractère structurant et reproductible. Son originalité repose sur la mise à disposition d’un logement au sein du Domaine provincial de Chevetogne, capable d’accueillir sept étudiants effectuant leur stage auprès de médecins installés dans les communes de Ciney, Houyet et Rochefort. Pour faciliter leurs déplacements, chaque commune partenaire met à disposition une navette du CPAS ou un véhicule communal.
Pour la Province de Namur, ce projet s’inscrit pleinement dans ses priorités territoriales et de bien-être. Virginie Solbreux, cheffe de cabinet représentant la Députée provinciale Isabelle Joiret, explique :
« En soutenant cette initiative, la Province de Namur contribue à une réponse concrète à la pénurie de médecins en zones rurales. C’est une manière de soutenir les acteurs locaux, d’encourager l’attractivité du territoire et de participer à une démarche porteuse de sens pour les citoyens. »
Un cadre d’accueil pensé pour les étudiants
Le Domaine provincial de Chevetogne joue un rôle central dans cette phase pilote. En plus de proposer un hébergement adapté, il contribue à réduire le sentiment d’isolement en regroupant les stagiaires sur un même lieu de vie.
Pour Marie-Julie Baeken, directrice du Domaine provincial de Chevetogne, cette implication s’inscrit naturellement dans la vocation du site :
« Le Domaine de Chevetogne offre un cadre de vie confortable, convivial et propice à l’accueil temporaire des étudiants. En participant à ce projet, nous mettons nos infrastructures au service d’un enjeu sociétal important et d’une dynamique territoriale innovante. »
Au-delà de l’accueil pratique, le projet permet aussi de valoriser les coopérations locales entre l’université, les pouvoirs publics provinciaux, les communes et les professionnels de santé.
Une réponse locale à un enjeu de société
En rapprochant les étudiants des réalités de terrain, les pôles d’accueil en milieu rural visent un double objectif : améliorer les conditions de stage et susciter, à plus long terme, des installations médicales dans des zones aujourd’hui sous-dotées.
Avec cette initiative, l’UNamur et ses partenaires démontrent qu’une réponse innovante à la pénurie médicale peut naître de la collaboration entre monde académique, autorités publiques et acteurs locaux. À Chevetogne et dans la région de Ciney, cette dynamique est désormais bien lancée.
Une carte interactive pour objectiver C’est à la fructueuse collaboration interdisciplinaire entre les géographes Aliz Hevesi et Catherine Linard, l’informaticien Nicolas Matton et le Dr Dominique Henrion, que l’on doit la mise en ligne d’une carte présentant un nouvel indice de ruralité spécifique à la Wallonie, qui combine densité de population, typologie urbaine et temps d’accès aux pôles d’activités. Cette carte interactive vise à mieux planifier l’offre de soins dans les zones rurales et à guider les futurs généralistes dans leur choix d’installation. Ce nouvel outil a déjà été diffusé dans la presse spécialisée en vue de sa mise à disposition des professionnels. Publié en open source, la carte interactive est accessible gratuitement ci-dessous.
L’observatoire de médecine rurale de l’UNamur
Depuis 2023, l’Observatoire universitaire en médecine rurale de l’UNamur (OUMRu) travaille sur la question de la raréfaction de l’offre en médecine générale, en particulier dans les zones en pénurie en Wallonie, en vue d’identifier des pistes de solutions en collaboration avec les acteurs de terrain.
Le master de spécialisation en médecine rurale de l’UNamur
(en co-diplomation UNamur-UCLouvain)
VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
Soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche, et portés par les Universités de Liège au sein du Laboratoire de Spectrométrie de masse (MSLab, Faculté des sciences), et de Namur, au sein du Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer, (NARILIS, LBMC, Faculté de médecine), le projet VENOM2 explore le potentiel des peptides issus de venins animaux pour développer de nouvelles solutions diagnostiques et thérapeutiques en oncologie.
Crédit photo : (c) Shutterstock - Craig Cordier
Les venins animaux constituent une source remarquable de diversité moléculaire. Leur étude, appelée vénomique, permet d’identifier et de caractériser les peptides et les protéines qui les composent. Optimisés par l’évolution pour interagir de manière rapide et sélective avec des cibles biologiques, certains de ces peptides pourraient offrir de nouvelles opportunités pour mieux détecter, comprendre ou cibler des cellules cancéreuses.
Un projet soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche
C’est cette piste qu’explore le projet VENOM2 (Venom-based Exploration for Novel Oncology Molecules), qui vient de bénéficier d’un financement Win4SpinOff, une mesure du SPW Recherche destinée à soutenir la maturation de résultats de recherche en vue de la création de sociétés spin-off en Wallonie.
Cibler les cancers les plus résistants aux traitements
VENOM2 se concentre dans un premier temps sur un cancer réfractaire pour lequel les options thérapeutiques restent limitées. Ce choix repose notamment sur l’intérêt croissant pour certaines cibles biologiques impliquées dans la progression tumorale et la résistance aux traitements, que des peptides issus de venins pourraient contribuer à mieux détecter, moduler ou cibler.
Une thèse de doctorat en cotutelle entre l’ULiège et l’UNamur
Le projet est mené sous la supervision conjointe des Professeurs Loïc Quinton (Laboratoire de Spectrométrie de masse, MolSys / Faculté des Sciences, ULiège) et Jean-Pierre Gillet - sur la photo - (Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer (LBMC), Institut de recherche NARILIS, Faculté de médecine, UNamur). Il s’appuie sur la complémentarité de leurs expertises respectives : d’une part, la spectrométrie de masse, la protéomique et l’analyse fine de mélanges biologiques complexes tels que les venins ; d’autre part, l’étude des mécanismes de résistance des cancers aux traitements.
Il est porté par Lou Freuville, doctorante en cotutelle au MSLab ULiège et au LBMC UNamur. Elle bénéficie, dans ce cadre, de l’encadrement conjoint de ses deux promoteurs pour mener à bien ce projet.
Une approche combinant expertise analytique et biologie du cancer
Concrètement, VENOM2 combinera le fractionnement de venins, le criblage fonctionnel sur modèles cellulaires sains et cancéreux et des analyses structurales avancées afin d’identifier des peptides capables de cibler spécifiquement des cellules cancéreuses ou des mécanismes impliqués dans la progression tumorale. L’approche associe ainsi l’expertise analytique de l’ULiège dans la caractérisation des peptides et l’expertise de l’UNamur dans les modèles biologiques et cellulaires du cancer.
L’originalité du projet repose sur un double potentiel de valorisation. Certains peptides pourraient être développés comme agents de ciblage pour l’imagerie moléculaire, contribuant à un diagnostic plus précis. D’autres candidats pourraient présenter un potentiel thérapeutique, en modulant sélectivement des voies biologiques clés en oncologie.
« Avec VENOM2, nous voulons transformer une biodiversité encore largement sous-exploitée en opportunités pour l’oncologie de précision. Le financement Win4SpinOff nous donne les moyens de franchir de nouvelles étapes importantes en recherche et l’opportunité de confronter nos idées au marché. Il concrétise notre volonté de développer des solutions thérapeutiques innovantes pour les cancers réfractaires aux traitements conventionnels », soulignent les Professeurs Loïc Quinton et Jean-Pierre Gillet.
Vers une future spin-off wallonne
Au-delà de son ambition scientifique, VENOM2 s’inscrit dans une dynamique de transfert technologique et de création de valeur, en posant les bases d’une future entreprise spin-off spécialisée dans la valorisation de peptides issus de venins pour la santé humaine, avec l’appui des équipes de transfert de technologies de l’ULiège, de l’UNamur et de la société de valorisation et d’investissement de l’ULiège, Gesval.
« Ce projet se situe à l’interface entre plusieurs expertises : l’analyse fine des venins, la biologie du cancer et le développement de modèles cellulaires pertinents. L’objectif est d’identifier des peptides capables non seulement de reconnaître certaines cellules tumorales, mais aussi d’ouvrir de nouvelles pistes pour mieux comprendre et cibler des mécanismes impliqués dans les cancers résistants aux traitements actuels », explique Lou Freuville.
Le projet a été construit avec l’accompagnement des équipes de transfert de technologies : Yasmina Zeroual pour l’ULiège, Daniel Maréchal pour Gesval, ainsi qu’Eléana Somville et Joël Marinozzi pour l’UNamur.
En savoir plus
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Une équipe de recherche pluridisciplinaire de l’Université de Namur (UNamur) et du CHU UCL Namur (site de Godinne) vient de publier une étude dans le journal Acta Neuropathologica, qui perce quelques mystères sur la provenance des douleurs ressenties par les patients atteints de Covid-long. Leur découverte met en évidence que ces symptômes douloureux peuvent être médiés par une réponse auto-immune. Autrement dit : les patients produisent des anticorps qui attaquent leurs propres neurones, ceux responsables de la perception de la douleur et de la sensibilité profonde du corps, et situés le long de la colonne vertébrale. Ces résultats très prometteurs constituent une avancée scientifique majeure qui ouvre des pistes pour mieux reconnaître la maladie et, à terme, mettre au point un traitement ciblant la symptomatologie douloureuse du Covid-long.
Le Covid-long reste difficile à diagnostiquer et à prendre en charge, notamment en Belgique. Un rapport a récemment estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros le coût sociétal annuel qu’imposera cette épidémie cachée sur les pays membres de l’OCDE. En l’absence de biomarqueurs clairs, une partie des symptômes est encore parfois considérée à tort par de nombreux praticiens comme d’origine psychosomatique. Depuis 2022, l’équipe du Pr Charles Nicaise (Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire - Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS) - UNamur), avec notamment le travail de Margaux Mignolet chercheuse et doctorante FRIA (F.R.S.- FNRS), explore l’hypothèse d’une dérégulation immunitaire survenant lors de l’infection aiguë et conduisant à la production d’auto-anticorps dirigés contre des composants du système nerveux.
Dans cette perspective, une collaboration s’est nouée entre l’équipe de l’UNamur et celle du Pr Pierre Bulpa (Soins Intensifs - CHU UCL Namur – Site de Godinne). Des patientes et patients souffrant de Covid-long ont été recrutés sous la coordination du Pr Bulpa et de Catherine Deroux, neuropsychologue à la Clinique de la Mémoire.
Treize patients, dont les symptômes étaient évocateurs de neuro-Covid-long et objectivés par des tests portant sur leurs plaintes cognitives et douloureuses se sont vus inclus dans le cadre de cette étude.
Après prélèvement sanguin, les chercheurs ont isolé leurs immunoglobulines de type G (IgG) et étudié leurs effets dans un modèle de souris de transfert passif, au sein du laboratoire LNR du Pr Charles Nicaise. Les animaux ont été soumis à une batterie de tests comportementaux évaluant notamment les seuils de sensibilité à la douleur, ainsi que d’autres troubles d’ordre cognitif, anxieux ou dépressif.
Plusieurs découvertes majeures ont été observées
- Transfert d’IgG et douleur : après transfert des IgG de patientes/patients, les souris développent une hypersensibilité douloureuse, notamment une allodynie mécanique -c’est-à-dire qu’un stimulus tactile habituellement non douloureux devient douloureux, ainsi qu’une hyperalgésie thermique – c’est-à-dire qu’un stimulus chaud ou froid inconfortable devient très douloureux.
- Spécificité de l’effet : le transfert de ces IgG chez la souris de laboratoire n’induit pas de troubles cognitifs (ex: mémoire), anxieux ou dépressifs, suggérant des mécanismes distincts selon les symptômes.
- Preuve de causalité : lorsque les anticorps sont détruits avant injection, ou lorsque du sérum auquel on a retiré les IgG est injecté, l’effet douloureux disparaît.
- Cible des auto-anticorps : les IgG se fixent au niveau des ganglions spinaux, le long de la colonne vertébrale, structures qui contiennent des neurones sensitifs assurant le relais par exemple entre la peau et le cerveau. Les auto-anticorps reconnaissent des neurones périphériques impliqués dans la douleur (nociception) et la perception de la position du corps ou de la sensibilité profonde (proprioception).
A gauche : ganglion de souris (structure localisée le long de la moelle épinière). En vert les neurones sensoriels ; en rouge, les anticorps des patients covid long ; en jaune, la colocalisation entre neurones et anticorps. Ceci démontre que les anticorps des patients ciblent les neurones sensoriels.
A droite : ganglion humain ont été appliqués les anticorps des patients covid long afin de vérifier si on observe la liaison aux neurones sensoriels comme chez la souris. En bleu, les noyaux des cellules ; en rouge les anticorps des patients covid long, ce qui prouve que les anticorps des patients covid long se lient aux neurones sensoriels humains.
« Nous sommes le 2e groupe dans le monde, après l’UMC Utrecht à quelques semaines d’intervalle, à montrer que les symptômes douloureux chez les patients Covid-long sont médiés par une réaction auto-immune, basée sur la présence d’auto-anticorps de type immunoglobuline G », résume le Pr Charles Nicaise.
D’autres travaux menés indépendamment à Yale University ou au King’s College London sont en cours d’évaluation par les pairs et semblent aller dans le même sens.
Des perspectives thérapeutiques
Ces résultats contribuent à objectiver une partie du Covid-long en apportant des bases biologiques à la composante douloureuse. Ils ouvrent des pistes thérapeutiques visant à identifier puis éliminer les auto-anticorps pathogéniques circulants — par exemple via des approches de type plasmaphérèse (filtration du plasma) ou des thérapies ciblées à base d’anti-anticorps. L’étude suggère en revanche que les troubles cognitifs souvent rapportés relèveraient d’autres mécanismes, encore à élucider.
Un partenariat fort entre l’UNamur et le CHU UCL Namur
L’étude s’appuie sur un travail multidisciplinaire associant cliniciens, neurobiologistes et plateformes technologiques, dans la continuité des collaborations mises en place durant la pandémie. La proximité entre l’UNamur et plus particulièrement l’Institut Narilis, et le CHU UCL Namur facilite le passage rapide d’observations cliniques vers des expériences en laboratoire et participe à la compréhension de problèmes de santé publique tels que le Covid-long.
L'équipe de recherche
- Charles Nicaise, URPhyM, NARILIS, UNamur
- Margaux Mignolet, doctorante FRIA (F.R.S. - FNRS), URPhyM, NARILIS, UNamur
- Catherine Deroux, Clinique de la Mémoire, CHU UCL Namur (site de Godinne)
- Pr Pierre Bulpa, Soins Intensifs, CHU UCL Namur (site de Godinne)
Ainsi que tous les collaborateurs, médecins, virologistes, étudiants, techniciens de laboratoire, patients et volontaires que l'équipe remercie pour leur dévouement.
La pandémie de Covid-19 est une tragédie humaine qui a causé des millions de morts à travers le monde et mis en grande tension toute notre société. Mais elle a aussi été un formidable moment collectif pour de nombreux scientifiques de l'UNamur, dont les recherches se poursuivent pour tenter de mieux comprendre cette maladie et ses conséquences.
Lire notre article : Covid-19, cinq ans déjà : Retour sur le rôle majeur de l’UNamur face à la pandémie
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
Ce samedi 18 avril 2026, le Vice-Recteur à la recherche Benoît Champagne et la professeure Anne-Catherine Heuskin, promotrice de projets Télévie, ont représenté la communauté UNamur sur le plateau de la grande soirée Télévie. Ils ont remis à cette occasion un chèque de 20.000 euros pour soutenir cette opération du FRS-FNRS qui collecte les fonds permettant le financement de nombreux projets de recherche dans les universités en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec un objectif : améliorer les traitements contre cette maladie qui touche désormais près de 80.000 nouveaux patients et emporte près de 30.000 vies chaque année en Belgique.
La recherche, c’est l’espoir
Si la recherche scientifique a amélioré significativement le taux de guérison de certains cancers durant les dernières décennies, d’autres restent incurables ou récidivent rapidement. À cet égard, les progrès de la recherche scientifique sont un véritable espoir pour tous les patients qui espèrent bénéficier de traitements de plus en plus ciblés et innovants. Focus sur les projets Télévie en cours à l’UNamur.
Améliorer les effets de la radiothérapie et de la protonthérapie
La radiothérapie est un traitement qui concerne aujourd’hui 50 % des patients atteints de cancer. Plusieurs projets sont menés au Département de physique sous la direction de la professeure Anne-Catherine Heuskin, afin d’en optimiser l’efficacité tout en diminuant les effets secondaires dommageables pour les patients.
Giacomo Lopopolo étudie ainsi les conséquences du stress oxydatif généré par la radiothérapie et des lésions qu’il engendre sur les mitochondries des cellules, en particulier dans le traitement du cancer du poumon. Objectif : étudier les doses nécessaires dans les plans de traitement en radiothérapie conventionnelle ou en protonthérapie afin de garantir un traitement efficace tout en améliorant la qualité de vie du patient. Ce projet interdisciplinaire bénéficie également de l’expertise du professeur Thierry Arnould, copromoteur (URBC).
De son côté, Keïla Openge-Navenge tente de décrypter les mécanismes de radiorésistance à l’œuvre dans les tumeurs du sein, du poumon et du cancer colorectal, et en particulier le rôle du métabolisme lipidique, de la ferroptose et des mitochondries au sein des cellules cancéreuses.
Jade Nichols, qui vient de rejoindre l’UNamur, entame un projet Télévie afin de comprendre la réponse apportée par les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la formation du microenvironnement tumoral, à des irradiations à ultra-haut débit de dose (UHDR), un phénomène jusqu’ici inexploré et dont les résultats pourraient contribuer, à terme, à optimiser les stratégies de traitement qui exploitent à la fois l'irradiation et les réponses immunitaires du patient lui-même.
Comprendre les tumeurs pour mieux les combattre
Au sein de l’URBC, sous la direction de la professeure Carine Michiels, plusieurs projets visent à mieux comprendre les facteurs contribuant au développement de différents types de tumeurs et aux mécanismes mis en place en réponse aux traitements.
Inès Bourriez consacre ses recherches aux cancers cutanés, qui représentent 40 % des cancers diagnostiqués aujourd’hui. Elle s’intéresse à l’impact du vieillissement de la peau et à l’accumulation de cellules dites sénescentes sur le développement des tumeurs et de leur progression.
La compréhension de la réaction des cellules aux radiations fait également l’objet des projets menés par Emma Lambert, d’une part, et Manon Van Den Abbeel d’autre part, grâce à une collaboration avec Anne-Catherine Heuskin au sein du LARN. Manon Van Den Abbeel étudie les conditions d'irradiation induisant une réponse immunitaire la plus importante possible pour contourner les différents mécanismes d’immunosuppression développés au sein des tumeurs, et ainsi renforcer l'immunogénicité des tumeurs et donc leur reconnaissance et leur destruction par le système immunitaire.
Emma Lambert démarre quant à elle un projet sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive et aujourd’hui incurable, afin de mieux comprendre les mécanismes de résistance développés lors de traitements combinés utilisant chimiothérapie, radiothérapie ou protonthérapie.
Quant à Eloïse Rapport, elle s’intéresse à une troisième forme de radiothérapie, utilisant des particules alpha, c’est-à-dire des atomes d’hélium ionisés, afin d’augmenter la mort des cellules cancéreuses au sein de tumeurs. En particulier, elle étudie les différentes formes de mort cellulaire induite et leur éventuelle immunogénicité.
Améliorer le diagnostic du cancer du pancréas
Le cancer du pancréas, en particulier l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC), reste l'un des cancers les plus mortels, avec un taux de survie à cinq ans de seulement 13 %. Suite à la nature asymptomatique de la maladie à ses premiers stades, le diagnostic est souvent réalisé à un stade avancé. Cette situation couplée au manque de traitements efficaces et à l'environnement tumoral immunosuppresseur qui limite l'efficacité des thérapies immunitaires, explique le mauvais pronostic du PDAC. La détection précoce de ce type de cancer est donc cruciale, mais les outils diagnostiques actuels ont une sensibilité et une spécificité limitées.
C’est à ce projet que se consacre Emma Thompson, qui a rejoint l’équipe du professeur Marc Hennequart au sein de l’URPhyM. Ce travail explore les altérations métaboliques associées à la progression précoce du PDAC dans le but de découvrir de nouveaux biomarqueurs permettant une détection et une intervention plus précoces, donnant plus de chance de guérison aux patients.
La communauté UNamur mobilisée pour soutenir le Télévie et la lutte contre le cancer
Comme chaque année depuis 23 ans, la communauté UNamur fait la part belle aux événements pour collecter des dons au bénéfice de l’opération Télévie. En 2026, les étudiantes et les étudiants se sont particulièrement investis au travers de trois initiatives.
Le 18 février, l’équipe du kot à projet ImproNam s’est mobilisée une nouvelle fois en affrontant la troupe namuroise Oh My God lors d’un match d’improvisation haut en couleurs, qui a permis de récolter une belle somme de 1 058,02 euros.
« C’est toujours un plaisir de contribuer, à notre échelle, à un projet tel que le Télévie. C’est un évènement qui permet de rassembler toutes les générations » - Calixte Henin Groves, étudiante et présidente de l’ImproNam.
Le 12 mars, l’Assemblée Générale des Étudiants a fait résonner les murs de l’Arsenal lors de la deuxième édition du Grand Blind Test à l’UNamur. Une soirée conviviale, qui a rassemblé une trentaine d’équipes du personnel, des étudiantes et des étudiants autour des meilleurs tubes des 30 dernières années, et a permis de réunir, grâce au soutien des sponsors, 6.338,91 euros.
Enfin, le Cercle Informatique de Namur a consacré son Live Caritatif 24H sur la plateforme Twitch. Au fil des heures, et grâce à la générosité, aux animations et défis relevés par les membres du Cercle, c’est une belle somme de 1.831,91 € qui a pu être reversée au Télévie.
Bravo à toutes et à tous !
L’UNamur remercie l’ensemble des étudiantes, étudiants et membres du personnel qui se sont mobilisés au profit de l’opération Télévie sur le campus. L’UNamur remercie également l’ensemble des fournisseurs et sponsors qui s’associent à ces initiatives et contribuent à faire grimper le compteur du Télévie. |
Depuis de nombreuses années, la communauté universitaire, ses alumni et ses partenaires se mobilisent au profit la recherche contre le cancer au travers de l’opération Télévie. L'intégralité des dons collectés est reversée au FNRS.
Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
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Face à la pénurie croissante de médecins généralistes dans les zones rurales, l’Université de Namur lance une initiative inédite pour encourager les futurs praticiens à découvrir ces territoires. Cette année, neuf pôles d’accueil en milieu rural ont été mis en place dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants d’effectuer un stage dans des conditions facilitant leur immersion. Pensé pour lever les freins liés au logement, à la mobilité et à l’isolement, ce dispositif pilote trouve à Chevetogne, en partenariat avec la Province de Namur et plusieurs communes, une première déclinaison particulièrement prometteuse.
Aujourd’hui, plus de la moitié des communes wallonnes sont confrontées à une pénurie de médecins généralistes, avec des situations particulièrement préoccupantes dans le Hainaut, le sud de la province de Namur et la province de Luxembourg. Les territoires ruraux sont les premiers touchés.
Pour le Dr Dominique Henrion, médecin généraliste et responsable du master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur (co-diplomation UCLouvain), il est essentiel d’agir dès la formation :
« Les stages répétés en milieu rural augmentent fortement les chances qu’un jeune médecin choisisse ensuite de s’y installer. Nous savons aussi que les étudiants y sont largement favorables. Il fallait donc transformer cet intérêt en possibilité réelle. »
Or, plusieurs obstacles freinent encore ces expériences de terrain : le logement, la mobilité et la crainte de l’isolement. C’est pour répondre à ces difficultés qu’a été imaginé le concept de pôle d’accueil en milieu rural.
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Concrètement, ces pôles proposent aux étudiants de Bac 3 en médecine un stage organisé autour de trois éléments essentiels : un médecin tuteur, un logement à proximité et une solution de transport pendant toute la durée du stage.
Aurélie Strickaert, chargée de projet au sein du Département de médecine de l’UNamur, souligne la logique très concrète du dispositif :
« Nous avons voulu construire une solution simple et efficace, directement centrée sur les besoins des étudiants. En réunissant encadrement, hébergement et mobilité, nous créons les conditions qui rendent un stage en milieu rural réellement accessible et attractif. »
Cette année, neuf pôles d’accueil ont été créés dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants de vivre une expérience de stage diversifiée sur le terrain.
Chevetogne, un pôle pilote exemplaire
Parmi ces différents pôles, celui de Chevetogne se distingue par son caractère structurant et reproductible. Son originalité repose sur la mise à disposition d’un logement au sein du Domaine provincial de Chevetogne, capable d’accueillir sept étudiants effectuant leur stage auprès de médecins installés dans les communes de Ciney, Houyet et Rochefort. Pour faciliter leurs déplacements, chaque commune partenaire met à disposition une navette du CPAS ou un véhicule communal.
Pour la Province de Namur, ce projet s’inscrit pleinement dans ses priorités territoriales et de bien-être. Virginie Solbreux, cheffe de cabinet représentant la Députée provinciale Isabelle Joiret, explique :
« En soutenant cette initiative, la Province de Namur contribue à une réponse concrète à la pénurie de médecins en zones rurales. C’est une manière de soutenir les acteurs locaux, d’encourager l’attractivité du territoire et de participer à une démarche porteuse de sens pour les citoyens. »
Un cadre d’accueil pensé pour les étudiants
Le Domaine provincial de Chevetogne joue un rôle central dans cette phase pilote. En plus de proposer un hébergement adapté, il contribue à réduire le sentiment d’isolement en regroupant les stagiaires sur un même lieu de vie.
Pour Marie-Julie Baeken, directrice du Domaine provincial de Chevetogne, cette implication s’inscrit naturellement dans la vocation du site :
« Le Domaine de Chevetogne offre un cadre de vie confortable, convivial et propice à l’accueil temporaire des étudiants. En participant à ce projet, nous mettons nos infrastructures au service d’un enjeu sociétal important et d’une dynamique territoriale innovante. »
Au-delà de l’accueil pratique, le projet permet aussi de valoriser les coopérations locales entre l’université, les pouvoirs publics provinciaux, les communes et les professionnels de santé.
Une réponse locale à un enjeu de société
En rapprochant les étudiants des réalités de terrain, les pôles d’accueil en milieu rural visent un double objectif : améliorer les conditions de stage et susciter, à plus long terme, des installations médicales dans des zones aujourd’hui sous-dotées.
Avec cette initiative, l’UNamur et ses partenaires démontrent qu’une réponse innovante à la pénurie médicale peut naître de la collaboration entre monde académique, autorités publiques et acteurs locaux. À Chevetogne et dans la région de Ciney, cette dynamique est désormais bien lancée.
Une carte interactive pour objectiver C’est à la fructueuse collaboration interdisciplinaire entre les géographes Aliz Hevesi et Catherine Linard, l’informaticien Nicolas Matton et le Dr Dominique Henrion, que l’on doit la mise en ligne d’une carte présentant un nouvel indice de ruralité spécifique à la Wallonie, qui combine densité de population, typologie urbaine et temps d’accès aux pôles d’activités. Cette carte interactive vise à mieux planifier l’offre de soins dans les zones rurales et à guider les futurs généralistes dans leur choix d’installation. Ce nouvel outil a déjà été diffusé dans la presse spécialisée en vue de sa mise à disposition des professionnels. Publié en open source, la carte interactive est accessible gratuitement ci-dessous.
L’observatoire de médecine rurale de l’UNamur
Depuis 2023, l’Observatoire universitaire en médecine rurale de l’UNamur (OUMRu) travaille sur la question de la raréfaction de l’offre en médecine générale, en particulier dans les zones en pénurie en Wallonie, en vue d’identifier des pistes de solutions en collaboration avec les acteurs de terrain.
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VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
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Soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche, et portés par les Universités de Liège au sein du Laboratoire de Spectrométrie de masse (MSLab, Faculté des sciences), et de Namur, au sein du Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer, (NARILIS, LBMC, Faculté de médecine), le projet VENOM2 explore le potentiel des peptides issus de venins animaux pour développer de nouvelles solutions diagnostiques et thérapeutiques en oncologie.
Crédit photo : (c) Shutterstock - Craig Cordier
Les venins animaux constituent une source remarquable de diversité moléculaire. Leur étude, appelée vénomique, permet d’identifier et de caractériser les peptides et les protéines qui les composent. Optimisés par l’évolution pour interagir de manière rapide et sélective avec des cibles biologiques, certains de ces peptides pourraient offrir de nouvelles opportunités pour mieux détecter, comprendre ou cibler des cellules cancéreuses.
Un projet soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche
C’est cette piste qu’explore le projet VENOM2 (Venom-based Exploration for Novel Oncology Molecules), qui vient de bénéficier d’un financement Win4SpinOff, une mesure du SPW Recherche destinée à soutenir la maturation de résultats de recherche en vue de la création de sociétés spin-off en Wallonie.
Cibler les cancers les plus résistants aux traitements
VENOM2 se concentre dans un premier temps sur un cancer réfractaire pour lequel les options thérapeutiques restent limitées. Ce choix repose notamment sur l’intérêt croissant pour certaines cibles biologiques impliquées dans la progression tumorale et la résistance aux traitements, que des peptides issus de venins pourraient contribuer à mieux détecter, moduler ou cibler.
Une thèse de doctorat en cotutelle entre l’ULiège et l’UNamur
Le projet est mené sous la supervision conjointe des Professeurs Loïc Quinton (Laboratoire de Spectrométrie de masse, MolSys / Faculté des Sciences, ULiège) et Jean-Pierre Gillet - sur la photo - (Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer (LBMC), Institut de recherche NARILIS, Faculté de médecine, UNamur). Il s’appuie sur la complémentarité de leurs expertises respectives : d’une part, la spectrométrie de masse, la protéomique et l’analyse fine de mélanges biologiques complexes tels que les venins ; d’autre part, l’étude des mécanismes de résistance des cancers aux traitements.
Il est porté par Lou Freuville, doctorante en cotutelle au MSLab ULiège et au LBMC UNamur. Elle bénéficie, dans ce cadre, de l’encadrement conjoint de ses deux promoteurs pour mener à bien ce projet.
Une approche combinant expertise analytique et biologie du cancer
Concrètement, VENOM2 combinera le fractionnement de venins, le criblage fonctionnel sur modèles cellulaires sains et cancéreux et des analyses structurales avancées afin d’identifier des peptides capables de cibler spécifiquement des cellules cancéreuses ou des mécanismes impliqués dans la progression tumorale. L’approche associe ainsi l’expertise analytique de l’ULiège dans la caractérisation des peptides et l’expertise de l’UNamur dans les modèles biologiques et cellulaires du cancer.
L’originalité du projet repose sur un double potentiel de valorisation. Certains peptides pourraient être développés comme agents de ciblage pour l’imagerie moléculaire, contribuant à un diagnostic plus précis. D’autres candidats pourraient présenter un potentiel thérapeutique, en modulant sélectivement des voies biologiques clés en oncologie.
« Avec VENOM2, nous voulons transformer une biodiversité encore largement sous-exploitée en opportunités pour l’oncologie de précision. Le financement Win4SpinOff nous donne les moyens de franchir de nouvelles étapes importantes en recherche et l’opportunité de confronter nos idées au marché. Il concrétise notre volonté de développer des solutions thérapeutiques innovantes pour les cancers réfractaires aux traitements conventionnels », soulignent les Professeurs Loïc Quinton et Jean-Pierre Gillet.
Vers une future spin-off wallonne
Au-delà de son ambition scientifique, VENOM2 s’inscrit dans une dynamique de transfert technologique et de création de valeur, en posant les bases d’une future entreprise spin-off spécialisée dans la valorisation de peptides issus de venins pour la santé humaine, avec l’appui des équipes de transfert de technologies de l’ULiège, de l’UNamur et de la société de valorisation et d’investissement de l’ULiège, Gesval.
« Ce projet se situe à l’interface entre plusieurs expertises : l’analyse fine des venins, la biologie du cancer et le développement de modèles cellulaires pertinents. L’objectif est d’identifier des peptides capables non seulement de reconnaître certaines cellules tumorales, mais aussi d’ouvrir de nouvelles pistes pour mieux comprendre et cibler des mécanismes impliqués dans les cancers résistants aux traitements actuels », explique Lou Freuville.
Le projet a été construit avec l’accompagnement des équipes de transfert de technologies : Yasmina Zeroual pour l’ULiège, Daniel Maréchal pour Gesval, ainsi qu’Eléana Somville et Joël Marinozzi pour l’UNamur.
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Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Covid-long : une étude UNamur–CHU UCL Namur décrypte le mécanisme biologique à l’origine des douleurs ressenties par les patients
Une équipe de recherche pluridisciplinaire de l’Université de Namur (UNamur) et du CHU UCL Namur (site de Godinne) vient de publier une étude dans le journal Acta Neuropathologica, qui perce quelques mystères sur la provenance des douleurs ressenties par les patients atteints de Covid-long. Leur découverte met en évidence que ces symptômes douloureux peuvent être médiés par une réponse auto-immune. Autrement dit : les patients produisent des anticorps qui attaquent leurs propres neurones, ceux responsables de la perception de la douleur et de la sensibilité profonde du corps, et situés le long de la colonne vertébrale. Ces résultats très prometteurs constituent une avancée scientifique majeure qui ouvre des pistes pour mieux reconnaître la maladie et, à terme, mettre au point un traitement ciblant la symptomatologie douloureuse du Covid-long.
Le Covid-long reste difficile à diagnostiquer et à prendre en charge, notamment en Belgique. Un rapport a récemment estimé à plusieurs dizaines de milliards d’euros le coût sociétal annuel qu’imposera cette épidémie cachée sur les pays membres de l’OCDE. En l’absence de biomarqueurs clairs, une partie des symptômes est encore parfois considérée à tort par de nombreux praticiens comme d’origine psychosomatique. Depuis 2022, l’équipe du Pr Charles Nicaise (Unité de Recherche en Physiologie Moléculaire - Namur Research Institute for Life Sciences (NARILIS) - UNamur), avec notamment le travail de Margaux Mignolet chercheuse et doctorante FRIA (F.R.S.- FNRS), explore l’hypothèse d’une dérégulation immunitaire survenant lors de l’infection aiguë et conduisant à la production d’auto-anticorps dirigés contre des composants du système nerveux.
Dans cette perspective, une collaboration s’est nouée entre l’équipe de l’UNamur et celle du Pr Pierre Bulpa (Soins Intensifs - CHU UCL Namur – Site de Godinne). Des patientes et patients souffrant de Covid-long ont été recrutés sous la coordination du Pr Bulpa et de Catherine Deroux, neuropsychologue à la Clinique de la Mémoire.
Treize patients, dont les symptômes étaient évocateurs de neuro-Covid-long et objectivés par des tests portant sur leurs plaintes cognitives et douloureuses se sont vus inclus dans le cadre de cette étude.
Après prélèvement sanguin, les chercheurs ont isolé leurs immunoglobulines de type G (IgG) et étudié leurs effets dans un modèle de souris de transfert passif, au sein du laboratoire LNR du Pr Charles Nicaise. Les animaux ont été soumis à une batterie de tests comportementaux évaluant notamment les seuils de sensibilité à la douleur, ainsi que d’autres troubles d’ordre cognitif, anxieux ou dépressif.
Plusieurs découvertes majeures ont été observées
- Transfert d’IgG et douleur : après transfert des IgG de patientes/patients, les souris développent une hypersensibilité douloureuse, notamment une allodynie mécanique -c’est-à-dire qu’un stimulus tactile habituellement non douloureux devient douloureux, ainsi qu’une hyperalgésie thermique – c’est-à-dire qu’un stimulus chaud ou froid inconfortable devient très douloureux.
- Spécificité de l’effet : le transfert de ces IgG chez la souris de laboratoire n’induit pas de troubles cognitifs (ex: mémoire), anxieux ou dépressifs, suggérant des mécanismes distincts selon les symptômes.
- Preuve de causalité : lorsque les anticorps sont détruits avant injection, ou lorsque du sérum auquel on a retiré les IgG est injecté, l’effet douloureux disparaît.
- Cible des auto-anticorps : les IgG se fixent au niveau des ganglions spinaux, le long de la colonne vertébrale, structures qui contiennent des neurones sensitifs assurant le relais par exemple entre la peau et le cerveau. Les auto-anticorps reconnaissent des neurones périphériques impliqués dans la douleur (nociception) et la perception de la position du corps ou de la sensibilité profonde (proprioception).
A gauche : ganglion de souris (structure localisée le long de la moelle épinière). En vert les neurones sensoriels ; en rouge, les anticorps des patients covid long ; en jaune, la colocalisation entre neurones et anticorps. Ceci démontre que les anticorps des patients ciblent les neurones sensoriels.
A droite : ganglion humain ont été appliqués les anticorps des patients covid long afin de vérifier si on observe la liaison aux neurones sensoriels comme chez la souris. En bleu, les noyaux des cellules ; en rouge les anticorps des patients covid long, ce qui prouve que les anticorps des patients covid long se lient aux neurones sensoriels humains.
« Nous sommes le 2e groupe dans le monde, après l’UMC Utrecht à quelques semaines d’intervalle, à montrer que les symptômes douloureux chez les patients Covid-long sont médiés par une réaction auto-immune, basée sur la présence d’auto-anticorps de type immunoglobuline G », résume le Pr Charles Nicaise.
D’autres travaux menés indépendamment à Yale University ou au King’s College London sont en cours d’évaluation par les pairs et semblent aller dans le même sens.
Des perspectives thérapeutiques
Ces résultats contribuent à objectiver une partie du Covid-long en apportant des bases biologiques à la composante douloureuse. Ils ouvrent des pistes thérapeutiques visant à identifier puis éliminer les auto-anticorps pathogéniques circulants — par exemple via des approches de type plasmaphérèse (filtration du plasma) ou des thérapies ciblées à base d’anti-anticorps. L’étude suggère en revanche que les troubles cognitifs souvent rapportés relèveraient d’autres mécanismes, encore à élucider.
Un partenariat fort entre l’UNamur et le CHU UCL Namur
L’étude s’appuie sur un travail multidisciplinaire associant cliniciens, neurobiologistes et plateformes technologiques, dans la continuité des collaborations mises en place durant la pandémie. La proximité entre l’UNamur et plus particulièrement l’Institut Narilis, et le CHU UCL Namur facilite le passage rapide d’observations cliniques vers des expériences en laboratoire et participe à la compréhension de problèmes de santé publique tels que le Covid-long.
L'équipe de recherche
- Charles Nicaise, URPhyM, NARILIS, UNamur
- Margaux Mignolet, doctorante FRIA (F.R.S. - FNRS), URPhyM, NARILIS, UNamur
- Catherine Deroux, Clinique de la Mémoire, CHU UCL Namur (site de Godinne)
- Pr Pierre Bulpa, Soins Intensifs, CHU UCL Namur (site de Godinne)
Ainsi que tous les collaborateurs, médecins, virologistes, étudiants, techniciens de laboratoire, patients et volontaires que l'équipe remercie pour leur dévouement.
La pandémie de Covid-19 est une tragédie humaine qui a causé des millions de morts à travers le monde et mis en grande tension toute notre société. Mais elle a aussi été un formidable moment collectif pour de nombreux scientifiques de l'UNamur, dont les recherches se poursuivent pour tenter de mieux comprendre cette maladie et ses conséquences.
Lire notre article : Covid-19, cinq ans déjà : Retour sur le rôle majeur de l’UNamur face à la pandémie
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
La lutte contre le cancer au cœur des projets Télévie à l’UNamur
Ce samedi 18 avril 2026, le Vice-Recteur à la recherche Benoît Champagne et la professeure Anne-Catherine Heuskin, promotrice de projets Télévie, ont représenté la communauté UNamur sur le plateau de la grande soirée Télévie. Ils ont remis à cette occasion un chèque de 20.000 euros pour soutenir cette opération du FRS-FNRS qui collecte les fonds permettant le financement de nombreux projets de recherche dans les universités en Fédération Wallonie-Bruxelles, avec un objectif : améliorer les traitements contre cette maladie qui touche désormais près de 80.000 nouveaux patients et emporte près de 30.000 vies chaque année en Belgique.
La recherche, c’est l’espoir
Si la recherche scientifique a amélioré significativement le taux de guérison de certains cancers durant les dernières décennies, d’autres restent incurables ou récidivent rapidement. À cet égard, les progrès de la recherche scientifique sont un véritable espoir pour tous les patients qui espèrent bénéficier de traitements de plus en plus ciblés et innovants. Focus sur les projets Télévie en cours à l’UNamur.
Améliorer les effets de la radiothérapie et de la protonthérapie
La radiothérapie est un traitement qui concerne aujourd’hui 50 % des patients atteints de cancer. Plusieurs projets sont menés au Département de physique sous la direction de la professeure Anne-Catherine Heuskin, afin d’en optimiser l’efficacité tout en diminuant les effets secondaires dommageables pour les patients.
Giacomo Lopopolo étudie ainsi les conséquences du stress oxydatif généré par la radiothérapie et des lésions qu’il engendre sur les mitochondries des cellules, en particulier dans le traitement du cancer du poumon. Objectif : étudier les doses nécessaires dans les plans de traitement en radiothérapie conventionnelle ou en protonthérapie afin de garantir un traitement efficace tout en améliorant la qualité de vie du patient. Ce projet interdisciplinaire bénéficie également de l’expertise du professeur Thierry Arnould, copromoteur (URBC).
De son côté, Keïla Openge-Navenge tente de décrypter les mécanismes de radiorésistance à l’œuvre dans les tumeurs du sein, du poumon et du cancer colorectal, et en particulier le rôle du métabolisme lipidique, de la ferroptose et des mitochondries au sein des cellules cancéreuses.
Jade Nichols, qui vient de rejoindre l’UNamur, entame un projet Télévie afin de comprendre la réponse apportée par les macrophages, qui jouent un rôle essentiel dans la formation du microenvironnement tumoral, à des irradiations à ultra-haut débit de dose (UHDR), un phénomène jusqu’ici inexploré et dont les résultats pourraient contribuer, à terme, à optimiser les stratégies de traitement qui exploitent à la fois l'irradiation et les réponses immunitaires du patient lui-même.
Comprendre les tumeurs pour mieux les combattre
Au sein de l’URBC, sous la direction de la professeure Carine Michiels, plusieurs projets visent à mieux comprendre les facteurs contribuant au développement de différents types de tumeurs et aux mécanismes mis en place en réponse aux traitements.
Inès Bourriez consacre ses recherches aux cancers cutanés, qui représentent 40 % des cancers diagnostiqués aujourd’hui. Elle s’intéresse à l’impact du vieillissement de la peau et à l’accumulation de cellules dites sénescentes sur le développement des tumeurs et de leur progression.
La compréhension de la réaction des cellules aux radiations fait également l’objet des projets menés par Emma Lambert, d’une part, et Manon Van Den Abbeel d’autre part, grâce à une collaboration avec Anne-Catherine Heuskin au sein du LARN. Manon Van Den Abbeel étudie les conditions d'irradiation induisant une réponse immunitaire la plus importante possible pour contourner les différents mécanismes d’immunosuppression développés au sein des tumeurs, et ainsi renforcer l'immunogénicité des tumeurs et donc leur reconnaissance et leur destruction par le système immunitaire.
Emma Lambert démarre quant à elle un projet sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive et aujourd’hui incurable, afin de mieux comprendre les mécanismes de résistance développés lors de traitements combinés utilisant chimiothérapie, radiothérapie ou protonthérapie.
Quant à Eloïse Rapport, elle s’intéresse à une troisième forme de radiothérapie, utilisant des particules alpha, c’est-à-dire des atomes d’hélium ionisés, afin d’augmenter la mort des cellules cancéreuses au sein de tumeurs. En particulier, elle étudie les différentes formes de mort cellulaire induite et leur éventuelle immunogénicité.
Améliorer le diagnostic du cancer du pancréas
Le cancer du pancréas, en particulier l'adénocarcinome canalaire pancréatique (PDAC), reste l'un des cancers les plus mortels, avec un taux de survie à cinq ans de seulement 13 %. Suite à la nature asymptomatique de la maladie à ses premiers stades, le diagnostic est souvent réalisé à un stade avancé. Cette situation couplée au manque de traitements efficaces et à l'environnement tumoral immunosuppresseur qui limite l'efficacité des thérapies immunitaires, explique le mauvais pronostic du PDAC. La détection précoce de ce type de cancer est donc cruciale, mais les outils diagnostiques actuels ont une sensibilité et une spécificité limitées.
C’est à ce projet que se consacre Emma Thompson, qui a rejoint l’équipe du professeur Marc Hennequart au sein de l’URPhyM. Ce travail explore les altérations métaboliques associées à la progression précoce du PDAC dans le but de découvrir de nouveaux biomarqueurs permettant une détection et une intervention plus précoces, donnant plus de chance de guérison aux patients.
La communauté UNamur mobilisée pour soutenir le Télévie et la lutte contre le cancer
Comme chaque année depuis 23 ans, la communauté UNamur fait la part belle aux événements pour collecter des dons au bénéfice de l’opération Télévie. En 2026, les étudiantes et les étudiants se sont particulièrement investis au travers de trois initiatives.
Le 18 février, l’équipe du kot à projet ImproNam s’est mobilisée une nouvelle fois en affrontant la troupe namuroise Oh My God lors d’un match d’improvisation haut en couleurs, qui a permis de récolter une belle somme de 1 058,02 euros.
« C’est toujours un plaisir de contribuer, à notre échelle, à un projet tel que le Télévie. C’est un évènement qui permet de rassembler toutes les générations » - Calixte Henin Groves, étudiante et présidente de l’ImproNam.
Le 12 mars, l’Assemblée Générale des Étudiants a fait résonner les murs de l’Arsenal lors de la deuxième édition du Grand Blind Test à l’UNamur. Une soirée conviviale, qui a rassemblé une trentaine d’équipes du personnel, des étudiantes et des étudiants autour des meilleurs tubes des 30 dernières années, et a permis de réunir, grâce au soutien des sponsors, 6.338,91 euros.
Enfin, le Cercle Informatique de Namur a consacré son Live Caritatif 24H sur la plateforme Twitch. Au fil des heures, et grâce à la générosité, aux animations et défis relevés par les membres du Cercle, c’est une belle somme de 1.831,91 € qui a pu être reversée au Télévie.
Bravo à toutes et à tous !
L’UNamur remercie l’ensemble des étudiantes, étudiants et membres du personnel qui se sont mobilisés au profit de l’opération Télévie sur le campus. L’UNamur remercie également l’ensemble des fournisseurs et sponsors qui s’associent à ces initiatives et contribuent à faire grimper le compteur du Télévie. |
Depuis de nombreuses années, la communauté universitaire, ses alumni et ses partenaires se mobilisent au profit la recherche contre le cancer au travers de l’opération Télévie. L'intégralité des dons collectés est reversée au FNRS.