Deleuze, le cinéma et la guerre
Séminaire du Centre Arcadie avec Stanislas de Courville
Séminaire du Centre Arcadie avec Stanislas de Courville
Dans le cadre de son séminaire, le Centre Arcadie de l'Institut ESPHIN organise une séance avec Stanislas de Courville consacrée à son ouvrage L'Écran des siècles. Deleuze, le cinéma et la guerre, Mimesis, 2025.
Stanislas de Courville est actuellement chercheur postdoctoral au Centre Arcadie (Institut Esphin). Chargé de cours auprès des départements d'études cinématographiques des universités Paris 8 et Aix-Marseille. Intervenant pour le département Analyse et culture cinématographique de la Femis. Membre associé des laboratoires ESTCA (Paris 8) et IRPhiL (Lyon 3).Spécialiste en esthétique, théorie et histoire du cinéma, ses travaux portent notamment sur la pensée deleuzienne du cinéma, les rapports entre cinéma et histoire, et le cinéma soviétique et post-soviétique.
Après une présentation de l'ouvrage, Stanislas de Courville sera interrogée par Déborah V. Brosteaux, Dagmara Osmayeva, Vivien Giet et Sébastien Laoureux.
Si Gilles Deleuze ouvre son diptyque consacré au cinéma, constitué de L’Image-mouvement et de L’Image-temps, en insistant sur le fait qu’il n’écrit pas ici une « histoire » du septième art mais plutôt « une taxinomie, un essai de classification des images et des signes », il a souvent été souligné combien c’est un événement historique qui paraît servir d’articulation entre les deux tomes et les régimes d’images correspondants. C’est la Seconde Guerre mondiale, en effet, qui semble marquer le passage entre l’« image-mouvement » et l’« image-temps », malgré les déclarations d’intention du philosophe. L’hésitation que l’on peut mettre au jour entre taxinomie et histoire dans le diptyque est loin d’être anodine, puisqu’elle en perturbe profondément l’économie générale. Revenant aux sources théoriques et filmiques de la pensée de Deleuze, cet ouvrage cherche à interroger l’affirmation d’une rupture de l’« histoire » du cinéma se produisant avec la Seconde Guerre mondiale, et à déterminer le type d’histoire dont il s’agit dans ce cas ici. En son centre, se trouve l’idée d’une compromission du septième art dans la propagande, particulièrement celle du régime nazi dont la fusion avec sa propre mise en scène nous laisserait, selon Hans-Jürgen Syberberg et Deleuze après lui, aux prises avec un Hitler comme « cinéaste ». Un « mythe négatif » du dictateur, dont l’ombre porterait après-guerre sur l’ensemble des images filmiques, qui s’avérera être aussi, en définitive, celui du cinéma dit « moderne ».
Entrée libre. Bienvenue à toutes et tous !