DeFIPP consolide les travaux de recherche menés dans trois centres préexistants, le CRED, le CEREFIM et le CERPE, qui représentent chacun l'un des trois grands axes de recherche : l'économie du développement, les politiques publiques et l'économie et la finance régionales, et l'économie monétaire. L'objectif principal de DeFiPP est de promouvoir une recherche d'excellence en économie et en finance, avec une forte visibilité internationale, tout en utilisant la méthodologie économique, à la fois en théorie et en recherche empirique, qui est le lien commun entre les pôles. La fertilisation croisée se fera par le partage commun de nouvelles méthodes ou approches.

L'objectif principal de DeFiPP est de promouvoir l'excellence de la recherche en économie et en finance par le biais de publications scientifiques théoriques et empiriques de premier plan. Pour ce faire, l'institut s'appuie fortement sur les interactions entre les membres de ses trois centres de recherche et encourage le partage de méthodes et d'approches. DeFiPP vise également à développer une visibilité nationale et internationale en collaborant avec des chercheurs de nombreuses universités et de nombreux pays. A cet égard, l'institut, avec plusieurs autres universités belges (KULeuven, UCLouvain et Universiteit Antwerpen), est actuellement impliqué dans le projet Excellence of Science (EOS) qui se concentre sur le développement des connaissances sur les conséquences de la mondialisation et de l'intégration des marchés dans les pays développés et en voie de développement.

Les centres de recherche

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Pièces de mnnaie empilées avec une petiteplante qui pousse au sommet
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African women carrying bowls on their heads, Benin, Africa
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« L’économie commence par les personnes » - Un prix Nobel à la conférence ERINN 2026

Économie

La conférence annuelle ERINN 2026, organisée par le Centre de recherche CRED de l’Institut DeFiPP, a eu lieu les 15 et 16 juin 2026 à la Faculté EMCP. Financée par le projet ARC IDnomics de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle a exploré l'interaction entre les identités sociales en pleine évolution et les politiques publiques, ainsi que l'impact de ces facteurs sur les comportements sociétaux et les choix économiques.

Elle accueillait également un invité de marque : le Professeur George Arthur Akerlof, prix Nobel d’économie 2001.  Lors de l’interview que le Professeur Akerlof nous a accordée, il revient sur les origines de sa carrière mais il ne parle pas d’équations ou de modèles économiques. Il parle de personnes.

Catherine Guirkinger, George Arthur Akerlof, Guilhem Cassan
De gauche à droite : Catherine Guirkinger, Goerge Arthur Akerlof et Guilhem Cassan lors de la conférence ERINN 2026 à l'UNamur

George Akerlof a fait ses études à Yale et au Massachusetts Institute of Technology, où il a obtenu son doctorat en 1966, année où il est devenu maître de conférences à Berkeley. Il a été promu professeur titulaire en 1978. Le professeur Akerlof a reçu en 2001 le prix Alfred E. Nobel d'économie ; il a été récompensé pour sa théorie de l'asymétrie d'information et ses effets sur le comportement économique. Il a également été président de l'American Economic Association en 2006. Auparavant, il en avait été vice-président et membre du comité exécutif. Il siège également au Conseil nord-américain de l'Association d'économétrie.  

Un jeune garçon confronté au chômage

Quand j’avais 11 ans, mon père a perdu son emploi. À cet âge-là, je me disais que si mon père dépensait moins, quelqu’un d’autre gagnerait moins, et que cette personne dépenserait alors moins à son tour, et que cela provoquerait des répercussions sur l’ensemble de la société. 

George Akerlof

George Arthur Akerlof - conférence ERINN 2026 (UNamur)

Il se souvient également d’avoir grandi dans un pays marqué par la discrimination raciale et de profondes inégalités. Ces expériences de jeunesse ont façonné une question qui allait rester au cœur de ses travaux pendant des décennies : pourquoi les économies génèrent-elles un chômage et une exclusion persistants alors que la théorie économique classique prédit que les marchés devraient s’équilibrer ?

Apprendre à réfléchir

George Akerlof a grandi dans une famille particulièrement érudite et avait souvent l’impression de ne pas être le plus doué de son entourage. Cette conviction l’a poussé à redoubler d’efforts. Elle a également favorisé chez lui une sorte d’humilité intellectuelle qui l’habite encore aujourd’hui. Avant d’arriver au MIT, Akerlof a passé tout un été à étudier en autodidacte la topologie avancée. Et le professeur qui dispensait ce cours allait laisser une empreinte indélébile. Avant de résoudre une énigme, identifiez la question plus large qui donne toute son importance à cette énigme. Cela est devenu une philosophie de recherche qui l’a accompagné toute sa vie.

« Il faut avoir une vision d’ensemble : d’abord comprendre la structure du problème, puis s’attaquer aux détails. »

George Akerlof

Justice, inégalités et finalité morale

« Je m’inquiétais du chômage, mais je m’inquiétais aussi de la ségrégation. Ces problèmes me semblaient très importants. Je pensais que l’économie était un moyen de les comprendre. »

George Akerlof

Ce souci des problèmes concrets plutôt que des énigmes purement théoriques trouve un écho particulier dans la mission du Centre de recherche en économie du développement (CRED), l’un des trois centres de recherche qui composent l’Institut Development Finance & Public Policies (DeFiPP) de l’Université de Namur. 

Logo Institut DeFiPP

Le DeFiPP rassemble des compétences en économie du développement, en finance et en politiques publiques, tout en encourageant le dialogue entre les disciplines et les approches méthodologiques. Dans ce cadre, le CRED s’est imposé comme l’un des principaux centres européens en économie du développement. 

Fondé par des universitaires tels que Jean-Marie Baland et Jean-Philippe Platteau, le CRED s’est forgé une réputation internationale grâce à des travaux de recherche alliant rigueur théorique et travail de terrain approfondi. Ses chercheurs étudient comment les institutions, les normes sociales, l’action collective, le développement des marchés et les processus politiques façonnent les résultats économiques dans les pays en développement. Une grande partie de ces travaux s’appuie sur des données originales recueillies directement en Afrique, en Asie et en Amérique latine, ce qui permet aux chercheurs de confronter la théorie économique aux réalités observées sur le terrain. 

Ces questions sont au cœur du programme de recherche du CRED. Les chercheurs du centre étudient le rôle des institutions et des normes sociales dans la définition des trajectoires de développement, en analysant comment les règles informelles, les croyances collectives et les structures de gouvernance influencent les opportunités économiques et le bien-être. Leurs travaux alimentent des réseaux de recherche internationaux tels que « Economic Development and Institutions » (EDI), une initiative majeure consacrée à la compréhension des liens entre la qualité des institutions et le développement économique.

L’inde change tout

Cette approche fait écho à l’une des convictions fondamentales d’Akerlof : l’économie ne peut être comprise uniquement à travers des modèles mathématiques. Au cours de ses études, puis lors d’une année formatrice passée en Inde où lui aussi a pu observer les réalités de terrain, il est progressivement convaincu que l’économie ne se résume pas à des faits et chiffres.

« J'ai appris que pour comprendre une économie, il faut comprendre les gens qui y vivent. Il faut comprendre les institutions, les coutumes et les croyances. »

George Akerlof

Le développement, affirme-t-il, ne peut s’expliquer par les seuls marchés. Pour comprendre pourquoi certaines sociétés prospèrent tandis que d’autres restent enlisées dans la pauvreté, il faut saisir comment les individus se comportent au sein d’environnements sociaux et institutionnels spécifiques. 

Le marché des citrons

 Les travaux de George Akerlof sur les asymétries d’information constituent un autre point de convergence. Son article phare, « The Market for Lemons », a démontré que les marchés peuvent échouer lorsque les acheteurs et les vendeurs disposent d’informations différentes. 

« Les gens prennent des décisions sans savoir ce que savent les autres. » 

George Akerlof

Cette découverte a transformé l’économie en montrant que l’information imparfaite n’est pas une exception, mais une caractéristique fondamentale de nombreux marchés.

Au CRED, les chercheurs examinent de la même manière les frictions qui empêchent les marchés de fonctionner efficacement. Leurs travaux portent sur l’accès au crédit, la productivité agricole, l’intégration des marchés, la fiscalité et le financement du développement, cherchant à comprendre pourquoi certains individus et certaines communautés restent exclus des opportunités économiques. Des projets récents ont porté sur des questions allant du respect des obligations fiscales en Afrique subsaharienne aux effets à long terme des institutions coloniales, en passant par la transformation numérique des chaînes de valeur agricoles en Afrique de l’Ouest. 

Les équilibres multiples

Un autre thème important qui relie les travaux de George Akerlof et la recherche du CRED concerne le rôle des normes sociales et des équilibres multiples. Il a remis en cause l’idée selon laquelle les économies convergent naturellement vers un résultat optimal unique.

En s’appuyant en partie sur des observations menées en Inde, il soutient que les sociétés peuvent se retrouver prisonnières de schémas comportementaux persistants, entretenus par des croyances et des institutions communes. La pauvreté, la discrimination ou le chômage peuvent donc persister non pas parce que les individus font des choix irrationnels, mais parce que des systèmes entiers d’attentes renforcent les résultats existants.

« L'une des choses que j'ai retenues de mon séjour en Inde, c'est qu'il faut tenir compte de ce que pensent les gens lorsqu'on réfléchit à la notion d'équilibre. Il peut y avoir plusieurs équilibres. »

George Akerlof

Cette perspective a acquis une influence croissante en économie du développement. Les chercheurs du CRED étudient comment les normes sociales influencent les décisions des ménages, les relations entre les sexes, l’action collective et l’accès aux ressources économiques. Une attention particulière a été accordée à la compréhension de la discrimination, du pouvoir de négociation au sein des ménages et des contraintes économiques auxquelles sont confrontées les femmes. Les travaux menés par Catherine Guirkinger, par exemple, examinent les mécanismes à l’origine des inégalités entre les sexes en Afrique subsaharienne et les facteurs qui limitent les opportunités économiques des femmes.

Au-delà de ses travaux de recherche, le CRED constitue également un pôle international dynamique dédié aux échanges scientifiques. Le centre organise régulièrement des conférences, des ateliers, des activités de formation doctorale et des collaborations avec des chercheurs du monde entier. Grâce à ces initiatives, il contribue à la formation de nouvelles générations d’économistes déterminés à relever certains des défis les plus urgents auxquels sont confrontées les sociétés en développement. 

L’identité et l’avenir de l’économie

La collaboration avec Rachel Kranton a représenté, à bien des égards, l’aboutissement du parcours intellectuel de George Akerlof. L’« économie de l’identité » a rassemblé des thèmes présents depuis des décennies : les attentes sociales, les croyances collectives, les normes, les institutions. Les frontières entre l’économie, la sociologie, la psychologie et les sciences politiques sont souvent moins rigides que ne le laissent entendre les institutions universitaires. Le comportement humain ne respecte pas les frontières disciplinaires.

« Ce que les gens pensent devoir faire influence ce qu’ils font réellement. »

George Akerlof

Ce qui ressort en fin de compte des réflexions de George Akerlof, c’est une idée simple mais puissante : l’économie est une science des personnes avant d’être une science des marchés. Les marchés, les institutions et les politiques comptent.  Mais la compréhension du comportement humain reste essentielle.

Ce principe est au cœur de l’identité du CRED. Qu’il s’agisse d’étudier la pauvreté, les inégalités entre les sexes, le développement des marchés, les institutions publiques ou l’action collective, le centre cherche à comprendre comment les résultats économiques sont façonnés par les interactions entre les individus, les communautés et les institutions. Ce faisant, il s’inscrit dans une tradition de recherche alliant rigueur analytique et préoccupation profonde pour les problèmes du monde réel.

Pour George Akerlof, l’objectif de l’économie a toujours été de mieux comprendre la société et d’améliorer le bien-être humain. Pour le CRED, cette ambition reste aujourd’hui plus que jamais d’actualité. 

Références utiles

Le projet ARC IDnomics

Le projet IDnomics (Identités, Normes et Récits) est une Action de Recherche Concertée (ARC) interuniversitaire financée par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Il explore l’interaction entre des identités sociales en pleine évolution et les politiques publiques, ainsi que l’impact de ces facteurs sur les comportements sociétaux et les choix économiques. 

Cette recherche est le fruit d’une collaboration entre l’Université de Namur (UNamur) et l’UCLouvain. Les principales caractéristiques et objectifs de cette initiative sont les suivants : 

  • Une approche interdisciplinaire : le projet fait le lien entre l’économie, la sociologie et la science des données afin de comprendre comment l’évolution démographique de la société et les identités collectives influencent l’adoption des politiques publiques.
  • La recherche universitaire : il sert de pôle de recherche fondamentale, visant à développer des centres d’excellence en sciences économiques et sociales.
  • Des conférences de recherche : le projet parraine régulièrement des rencontres universitaires, telles que la série de conférences ERINN (Economic Research on Identity, Norms, and Narratives) organisée à Namur.

Economie : pourquoi les femmes africaines se convertissent davantage aux nouvelles églises chrétiennes ?

Économie

Les nouvelles églises chrétiennes connaissent un essor spectaculaire, en particulier en Afrique. Si elles attirent un nombre croissant de fidèles, on remarque que les femmes y adhèrent bien plus souvent que les hommes. Catherine Guirkinger, professeure et chercheuse en économie du développement, se penche sur ce phénomène de conversion religieuse genré et les mécanismes économiques qui le sous-tendent. Cette recherche originale vient de recevoir un prestigieux financement WelCHANGE lors de l’appel 2025 du F.R.S-FNRS. 

Photo de Catherine Guirkinger

Un phénomène encore peu documenté dans la littérature scientifique a attiré l’attention de Catherine Guirkinger, économiste et professeure à la Faculté Economie Management Communication sciencesPo (EMCP), et de ses collègues, Pablo Alvarez-Aragon, post-doctorant à l’Université de Bologne et Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’UNamur : la conversion des femmes africaines aux « nouvelles églises chrétiennes ». Cette appellation regroupe des nouveaux mouvements religieux d’inspiration chrétienne telles que les églises évangéliques ou pentecôtistes, qui se développent rapidement sur le continent africain et dans d’autres régions du monde. 

« Les analyses statistiques montrent que les femmes sont beaucoup plus souvent membres de ces nouvelles églises que les hommes. Ce déséquilibre est propre à ces nouvelles églises et ne s’observe ni dans les églises catholiques ni dans d’autres religions traditionnelles », explique Catherine Guirkinger. 

Croissance économique et conversion religieuse

Pour expliquer cette dynamique de conversion féminine, Catherine Guirkinger avance une hypothèse centrée sur les services de support proposés par ces églises, qui encouragent les femmes dans leur émancipation économique. « Dans un précédent travail de recherche mené au Bénin, nous avons observé que lorsque les femmes accèdent à de nouvelles sources de revenus, elles se convertissent plus facilement », précise Catherine Guirkinger. « Lorsqu’on les interroge, elles évoquent fréquemment ces services de support, qui les aident à surmonter les obstacles rencontrés dans l’accès à de nouvelles opportunités économiques. Ils ne sont pas uniquement d’ordre financier, mais incluent des services de "protection spirituelle", dans un contexte où les femmes "qui réussissent" sont souvent accusées ou victimes de sorcellerie. » 

Ainsi, les premières analyses suggèrent que la conversion religieuse est corrélée au cycle économique : elle est plus fréquente lorsque les revenus augmentent. « C’est un constat assez inattendu », souligne la chercheuse. « La conversion religieuse est généralement interprétée comme une réponse à des difficultés, notamment financières. Or, il semblerait que la croissance économique favoriserait au contraire l’adhésion à ces nouvelles églises. » 

Des outils économiques pour comprendre les comportements individuels

Une des zones d’ombres que souhaite éclaircir Catherine Guirkinger, c’est d’identifier quels rôles jouent ces églises dans l’émancipation de ces femmes face à des normes de genre plutôt conservatrices et patriarcales. Pour le comprendre, Catherine Guirkinger mobilisera une combinaison de méthodes : des données statistiques, des enquêtes qualitatives, des analyses économétriques mais également des « jeux économiques », des jeux de rôles permettant d’appréhender les comportements individuels à partir de mises en situation.  

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Catherine Guirkinger

L'analyse des décisions individuelles s’inscrit toujours dans un cadre conceptuel économique, au sein duquel les individus font des arbitrages en fonction des contraintes qu’ils rencontrent et des processus de négociation à l’œuvre. Dans ce projet, l’attention porte notamment sur la négociation au sein du couple, où le mari joue un rôle central dans le maintien des normes de genre. Les concepts économiques permettent ainsi d’éclairer des décisions religieuses, en les replaçant dans des dynamiques économiques et sociales.

Catherine Guirkinger Professeure et chercheuse en économie du développement

Le projet se déroulera sur quatre ans, de 2026 à 2030.  L’équipe du projet réunit un doctorant (en cours de recrutement), Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’institut Defipp, et Pablo Alvarez, de l’Université de Bologne (Italie). 

Bio express

Catherine Guirkinger est spécialisée en économie du développement. Au centre de recherche en développement économique (CRED) de l’institut DeFIPP (Development Finance & Public Policies), elle mène des recherches sur l’évolution des structures familiales au cours de processus de développement. Ses travaux portent également sur les rôles respectifs des femmes et des hommes dans la société et sur le rôle des institutions publiques au sens plus large. Catherine Guirkinger explore notamment ces questions dans le contexte colonial, à partir de données d’archives et d’enquêtes historiques. En 2017 elle a bénéficié d’un financement Européen ERC pour ce programme de recherche et en 2024, elle a obtenu un financement du F.R.S-FNRS pour un projet collaboratif avec Bruno Schoumaker, professeur de démographie à l’UCLouvain, visant à digitaliser des données de recensement. En tant qu’enseignante, Catherine Guirkinger dispense des cours en micro-économie et en économie du développement. 

Découvrez l’institut Defipp

DeFIPP consolide les travaux de recherche menés dans les centres de recherche CRED, CEREFIM et CERPE, qui représentent les grands axes de recherche suivants : l'économie du développement (CRED), la finance et la macroéconomie (CEREFIM) et l’économie régionale et les politiques économiques (CERPE). L'objectif principal de DeFiPP est de promouvoir une recherche d'excellence en économie et en finance, avec une forte visibilité internationale, tout en utilisant la méthodologie économique, à la fois en théorie et en recherche empirique. 

28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS

Prix

Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur. 

Logo FNRS

L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois. 

Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus.  Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.  

Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.

Les résultats en détail

Appel Equipement  

  • Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
  • Luca Fusaro, Institut NISM 

Appel Crédits de recherche (CDR) 

  • Marc Hennequart, Institut NARILIS
  • Nicolas Gillet, Institut NARILIS
  • Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
  • Patricia Renard, Institut NARILIS
  • Francesco Renzi, Institut NARILIS
  • Stéphane Vincent, Institut NISM
  • Laurence Meurant, Institut NaLTT
  • Emma-Louise Silva, Institut NaLTT  

Appel Projets de recherche (PDR) 

  • Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
  • Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM 

Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)

  • Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
  • Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
  • Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
  • Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
  • Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
  • William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
  • Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE 

Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH) 

  • Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
  • Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
  • Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
  • Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.

Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) 

  • Charlotte Beaudart, Institut Narilis
  • Eli Thoré Institut ILEE 

Appel WelCHANGE  

  • Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
  • Catherine Guirkinger Institut DeFIPP

Félicitations à tous et toutes ! 

Un prestigieux prix FNRS en sciences sociales pour le Professeur Jean-Marie Baland

Prix
Économie

Le FNRS a décerné le Prix quinquennal Ernest-John Solvay en sciences sociales à Jean-Marie Baland, professeur au Département des sciences économiques de la Faculté EMCP de l’UNamur et cofondateur du Centre de Recherche en Economie du Développement (CRED) de l'Institut DeFiPP. Une reconnaissance majeure pour une carrière consacrée à l’étude des questions de pauvreté, d’institutions informelles et de développement durable.

Photo de Jean-Marie Baland et logos FNRS prix quinquenal, Institut DeFiPP et centre de recherche CRED

Le Prix quinquennal Ernest-John Solvay, l’une des distinctions les plus prestigieuses du FNRS, a été attribué ce 24 novembre 2025 à Jean-Marie Baland, professeur au Département des sciences économiques de l’Université de Namur depuis 1991. Ce prix, décerné tous les cinq ans, récompense des chercheurs dont les travaux ont marqué leur discipline par leur originalité et leur impact.

« Jean-Marie Baland allie la rigueur théorique à des études de terrain menées dans des pays tels que l’Inde, le Népal, le Kenya et le Chili. Ses recherches abordent des questions essentielles comme le développement économique, la réduction de la pauvreté et la protection de l’environnement », souligne le jury du FNRS.

Une expertise reconnue internationalement

Spécialiste des pays les moins développés, Jean-Marie Baland a consacré ses travaux à l’analyse des institutions informelles, sujet pour lequel il a obtenu un ERC Advanced Grant en 2009. Ses recherches explorent également les déterminants de la déforestation, les conséquences de la pauvreté, et plus récemment, les causes de la mortalité infantile en Asie du Sud, ou la violence domestique.

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Photo portrait Jean-Marie Baland

La question centrale de mes recherches est de comprendre comment les groupes s’organisent pour la gestion de la prise de décision. Qui en profite ? Qui en est lésé ? Quels impacts cela produit ? J’ai abordé cette thématique sous diverses formes, avec des cas d’études très divers. Par exemple, au Kenya j’ai étudié comment au sein d’un bidonville, un groupement de femmes s’organisaient pour constituer une épargne collective leur permettant de subvenir à leurs besoins. Plus récemment, j’ai étudié le fonctionnement de la prise de décision au sein de couples en Europe. Aujourd’hui, je travaille avec ma collègue Catherine Guirkinger (Faculté EMCP, Département d’économie), sur la question de l’émancipation féminine et de son impact sur la violence domestique : permette-t-elle de la réduire ou de l’augmenter et dans les deux cas pourquoi ? Toutes ces questions sont analysées en s’appuyant sur une méthode interdisciplinaire, avec des approches issues de modèles statistiques, mathématiques et économiques, et des méthodes de sciences sociales comportant des enquêtes de terrain.

Jean-Marie Baland Professeur au Département d'économie de la Faculté EMCP et cofondateur du CRED, Institut DeFIPP

L’envie de comprendre le monde

Ce qui le motive depuis toujours ? 

« L’envie de comprendre le monde. Ma motivation dans mes recherches a toujours été de produire de la connaissance avant de vouloir qu’elles aient un impact sociétal. L’utilité de la recherche est bien entendu importante, mais personnellement ce n’est pas cela qui me fait avancer. Le résultat de mes recherches est bien entendu régulièrement utilisé pour élaborer des politiques publiques par exemple. Mais cela n’est pas une fin en soi pour mon travail de chercheur », souligne-t-il. 

La carrière académique de Jean-Marie Baland a été jalonnée de distinctions prestigieuses : Chaire Francqui (2008), Distinguished Fellow Award à Harvard (2007), membre de l’Academia Europaea (2012)… Autant de reconnaissances qui témoignent de son rayonnement scientifique.

L’UNamur mise en lumière

Mais l’une de ses plus grandes fiertés réside dans la création du centre de recherche en économie du développement (CRED) de l’UNamur, fondée avec le Professeur Jean-Philippe Platteau. Jean-Marie Baland est membre du Centre de recherche en économie du développement (CRED). Un centre aujourd’hui reconnu internationalement pour son expertise en économie du développement, microéconomie appliquée et économie de l’environnement, contribuant à des recherches à fort impact sociétal. « Le CRED compte aujourd’hui cinq académiques et une quinzaine de chercheurs », précise Jean-Marie Baland. L’économiste est aussi un des fondateurs du Master de spécialisation en économie du développement

A la génération de futurs économistes, Jean-Marie Baland adresse ce souhait : 

« Intéressez-vous à des domaines qui ont du sens pour vous ! Et travaillez en équipe, aussi avec des personnes qui pensent différemment de vous. Cette expérience d’interactions humaines a pour ma part été d’une très grande richesse », conclut-il. 

Une cérémonie prestigieuse

Photo officielle de la cérémonie de remise des prix quinquennaux du FNRS 2025

Ces Prix prestigieux, attribués tous les cinq ans par le FNRS, ont été remis ce 24 novembre 2025 par le Roi Philippe à une chercheuse et cinq chercheurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils confirment la reconnaissance internationale et couronnent la carrière exceptionnelle de ces scientifiques, dans toutes les disciplines. Les Excellentieprijzen du FWO, l’équivalent du FNRS en Flandre, ont également été décernés ce 24 novembre par Sa Majesté le Roi. Lors de cette cérémonie, Véronique Halloin, Secrétaire générale du FNRS, a félicité les lauréats, en remerciant les 42 membres des jurys internationaux mais aussi les mécènes qui rendent possible l’existence de ces Prix. Elle a également évoqué des « questions essentielles pour la recherche scientifique et la société tout entière », insistant sur la nécessité « de conserver le niveau de financement de la recherche fondamentale, de garder toute sa place à une recherche stratégique mais aussi aux sciences humaines et sociales. »

« L’économie commence par les personnes » - Un prix Nobel à la conférence ERINN 2026

Économie

La conférence annuelle ERINN 2026, organisée par le Centre de recherche CRED de l’Institut DeFiPP, a eu lieu les 15 et 16 juin 2026 à la Faculté EMCP. Financée par le projet ARC IDnomics de la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle a exploré l'interaction entre les identités sociales en pleine évolution et les politiques publiques, ainsi que l'impact de ces facteurs sur les comportements sociétaux et les choix économiques.

Elle accueillait également un invité de marque : le Professeur George Arthur Akerlof, prix Nobel d’économie 2001.  Lors de l’interview que le Professeur Akerlof nous a accordée, il revient sur les origines de sa carrière mais il ne parle pas d’équations ou de modèles économiques. Il parle de personnes.

Catherine Guirkinger, George Arthur Akerlof, Guilhem Cassan
De gauche à droite : Catherine Guirkinger, Goerge Arthur Akerlof et Guilhem Cassan lors de la conférence ERINN 2026 à l'UNamur

George Akerlof a fait ses études à Yale et au Massachusetts Institute of Technology, où il a obtenu son doctorat en 1966, année où il est devenu maître de conférences à Berkeley. Il a été promu professeur titulaire en 1978. Le professeur Akerlof a reçu en 2001 le prix Alfred E. Nobel d'économie ; il a été récompensé pour sa théorie de l'asymétrie d'information et ses effets sur le comportement économique. Il a également été président de l'American Economic Association en 2006. Auparavant, il en avait été vice-président et membre du comité exécutif. Il siège également au Conseil nord-américain de l'Association d'économétrie.  

Un jeune garçon confronté au chômage

Quand j’avais 11 ans, mon père a perdu son emploi. À cet âge-là, je me disais que si mon père dépensait moins, quelqu’un d’autre gagnerait moins, et que cette personne dépenserait alors moins à son tour, et que cela provoquerait des répercussions sur l’ensemble de la société. 

George Akerlof

George Arthur Akerlof - conférence ERINN 2026 (UNamur)

Il se souvient également d’avoir grandi dans un pays marqué par la discrimination raciale et de profondes inégalités. Ces expériences de jeunesse ont façonné une question qui allait rester au cœur de ses travaux pendant des décennies : pourquoi les économies génèrent-elles un chômage et une exclusion persistants alors que la théorie économique classique prédit que les marchés devraient s’équilibrer ?

Apprendre à réfléchir

George Akerlof a grandi dans une famille particulièrement érudite et avait souvent l’impression de ne pas être le plus doué de son entourage. Cette conviction l’a poussé à redoubler d’efforts. Elle a également favorisé chez lui une sorte d’humilité intellectuelle qui l’habite encore aujourd’hui. Avant d’arriver au MIT, Akerlof a passé tout un été à étudier en autodidacte la topologie avancée. Et le professeur qui dispensait ce cours allait laisser une empreinte indélébile. Avant de résoudre une énigme, identifiez la question plus large qui donne toute son importance à cette énigme. Cela est devenu une philosophie de recherche qui l’a accompagné toute sa vie.

« Il faut avoir une vision d’ensemble : d’abord comprendre la structure du problème, puis s’attaquer aux détails. »

George Akerlof

Justice, inégalités et finalité morale

« Je m’inquiétais du chômage, mais je m’inquiétais aussi de la ségrégation. Ces problèmes me semblaient très importants. Je pensais que l’économie était un moyen de les comprendre. »

George Akerlof

Ce souci des problèmes concrets plutôt que des énigmes purement théoriques trouve un écho particulier dans la mission du Centre de recherche en économie du développement (CRED), l’un des trois centres de recherche qui composent l’Institut Development Finance & Public Policies (DeFiPP) de l’Université de Namur. 

Logo Institut DeFiPP

Le DeFiPP rassemble des compétences en économie du développement, en finance et en politiques publiques, tout en encourageant le dialogue entre les disciplines et les approches méthodologiques. Dans ce cadre, le CRED s’est imposé comme l’un des principaux centres européens en économie du développement. 

Fondé par des universitaires tels que Jean-Marie Baland et Jean-Philippe Platteau, le CRED s’est forgé une réputation internationale grâce à des travaux de recherche alliant rigueur théorique et travail de terrain approfondi. Ses chercheurs étudient comment les institutions, les normes sociales, l’action collective, le développement des marchés et les processus politiques façonnent les résultats économiques dans les pays en développement. Une grande partie de ces travaux s’appuie sur des données originales recueillies directement en Afrique, en Asie et en Amérique latine, ce qui permet aux chercheurs de confronter la théorie économique aux réalités observées sur le terrain. 

Ces questions sont au cœur du programme de recherche du CRED. Les chercheurs du centre étudient le rôle des institutions et des normes sociales dans la définition des trajectoires de développement, en analysant comment les règles informelles, les croyances collectives et les structures de gouvernance influencent les opportunités économiques et le bien-être. Leurs travaux alimentent des réseaux de recherche internationaux tels que « Economic Development and Institutions » (EDI), une initiative majeure consacrée à la compréhension des liens entre la qualité des institutions et le développement économique.

L’inde change tout

Cette approche fait écho à l’une des convictions fondamentales d’Akerlof : l’économie ne peut être comprise uniquement à travers des modèles mathématiques. Au cours de ses études, puis lors d’une année formatrice passée en Inde où lui aussi a pu observer les réalités de terrain, il est progressivement convaincu que l’économie ne se résume pas à des faits et chiffres.

« J'ai appris que pour comprendre une économie, il faut comprendre les gens qui y vivent. Il faut comprendre les institutions, les coutumes et les croyances. »

George Akerlof

Le développement, affirme-t-il, ne peut s’expliquer par les seuls marchés. Pour comprendre pourquoi certaines sociétés prospèrent tandis que d’autres restent enlisées dans la pauvreté, il faut saisir comment les individus se comportent au sein d’environnements sociaux et institutionnels spécifiques. 

Le marché des citrons

 Les travaux de George Akerlof sur les asymétries d’information constituent un autre point de convergence. Son article phare, « The Market for Lemons », a démontré que les marchés peuvent échouer lorsque les acheteurs et les vendeurs disposent d’informations différentes. 

« Les gens prennent des décisions sans savoir ce que savent les autres. » 

George Akerlof

Cette découverte a transformé l’économie en montrant que l’information imparfaite n’est pas une exception, mais une caractéristique fondamentale de nombreux marchés.

Au CRED, les chercheurs examinent de la même manière les frictions qui empêchent les marchés de fonctionner efficacement. Leurs travaux portent sur l’accès au crédit, la productivité agricole, l’intégration des marchés, la fiscalité et le financement du développement, cherchant à comprendre pourquoi certains individus et certaines communautés restent exclus des opportunités économiques. Des projets récents ont porté sur des questions allant du respect des obligations fiscales en Afrique subsaharienne aux effets à long terme des institutions coloniales, en passant par la transformation numérique des chaînes de valeur agricoles en Afrique de l’Ouest. 

Les équilibres multiples

Un autre thème important qui relie les travaux de George Akerlof et la recherche du CRED concerne le rôle des normes sociales et des équilibres multiples. Il a remis en cause l’idée selon laquelle les économies convergent naturellement vers un résultat optimal unique.

En s’appuyant en partie sur des observations menées en Inde, il soutient que les sociétés peuvent se retrouver prisonnières de schémas comportementaux persistants, entretenus par des croyances et des institutions communes. La pauvreté, la discrimination ou le chômage peuvent donc persister non pas parce que les individus font des choix irrationnels, mais parce que des systèmes entiers d’attentes renforcent les résultats existants.

« L'une des choses que j'ai retenues de mon séjour en Inde, c'est qu'il faut tenir compte de ce que pensent les gens lorsqu'on réfléchit à la notion d'équilibre. Il peut y avoir plusieurs équilibres. »

George Akerlof

Cette perspective a acquis une influence croissante en économie du développement. Les chercheurs du CRED étudient comment les normes sociales influencent les décisions des ménages, les relations entre les sexes, l’action collective et l’accès aux ressources économiques. Une attention particulière a été accordée à la compréhension de la discrimination, du pouvoir de négociation au sein des ménages et des contraintes économiques auxquelles sont confrontées les femmes. Les travaux menés par Catherine Guirkinger, par exemple, examinent les mécanismes à l’origine des inégalités entre les sexes en Afrique subsaharienne et les facteurs qui limitent les opportunités économiques des femmes.

Au-delà de ses travaux de recherche, le CRED constitue également un pôle international dynamique dédié aux échanges scientifiques. Le centre organise régulièrement des conférences, des ateliers, des activités de formation doctorale et des collaborations avec des chercheurs du monde entier. Grâce à ces initiatives, il contribue à la formation de nouvelles générations d’économistes déterminés à relever certains des défis les plus urgents auxquels sont confrontées les sociétés en développement. 

L’identité et l’avenir de l’économie

La collaboration avec Rachel Kranton a représenté, à bien des égards, l’aboutissement du parcours intellectuel de George Akerlof. L’« économie de l’identité » a rassemblé des thèmes présents depuis des décennies : les attentes sociales, les croyances collectives, les normes, les institutions. Les frontières entre l’économie, la sociologie, la psychologie et les sciences politiques sont souvent moins rigides que ne le laissent entendre les institutions universitaires. Le comportement humain ne respecte pas les frontières disciplinaires.

« Ce que les gens pensent devoir faire influence ce qu’ils font réellement. »

George Akerlof

Ce qui ressort en fin de compte des réflexions de George Akerlof, c’est une idée simple mais puissante : l’économie est une science des personnes avant d’être une science des marchés. Les marchés, les institutions et les politiques comptent.  Mais la compréhension du comportement humain reste essentielle.

Ce principe est au cœur de l’identité du CRED. Qu’il s’agisse d’étudier la pauvreté, les inégalités entre les sexes, le développement des marchés, les institutions publiques ou l’action collective, le centre cherche à comprendre comment les résultats économiques sont façonnés par les interactions entre les individus, les communautés et les institutions. Ce faisant, il s’inscrit dans une tradition de recherche alliant rigueur analytique et préoccupation profonde pour les problèmes du monde réel.

Pour George Akerlof, l’objectif de l’économie a toujours été de mieux comprendre la société et d’améliorer le bien-être humain. Pour le CRED, cette ambition reste aujourd’hui plus que jamais d’actualité. 

Références utiles

Le projet ARC IDnomics

Le projet IDnomics (Identités, Normes et Récits) est une Action de Recherche Concertée (ARC) interuniversitaire financée par la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Il explore l’interaction entre des identités sociales en pleine évolution et les politiques publiques, ainsi que l’impact de ces facteurs sur les comportements sociétaux et les choix économiques. 

Cette recherche est le fruit d’une collaboration entre l’Université de Namur (UNamur) et l’UCLouvain. Les principales caractéristiques et objectifs de cette initiative sont les suivants : 

  • Une approche interdisciplinaire : le projet fait le lien entre l’économie, la sociologie et la science des données afin de comprendre comment l’évolution démographique de la société et les identités collectives influencent l’adoption des politiques publiques.
  • La recherche universitaire : il sert de pôle de recherche fondamentale, visant à développer des centres d’excellence en sciences économiques et sociales.
  • Des conférences de recherche : le projet parraine régulièrement des rencontres universitaires, telles que la série de conférences ERINN (Economic Research on Identity, Norms, and Narratives) organisée à Namur.

Economie : pourquoi les femmes africaines se convertissent davantage aux nouvelles églises chrétiennes ?

Économie

Les nouvelles églises chrétiennes connaissent un essor spectaculaire, en particulier en Afrique. Si elles attirent un nombre croissant de fidèles, on remarque que les femmes y adhèrent bien plus souvent que les hommes. Catherine Guirkinger, professeure et chercheuse en économie du développement, se penche sur ce phénomène de conversion religieuse genré et les mécanismes économiques qui le sous-tendent. Cette recherche originale vient de recevoir un prestigieux financement WelCHANGE lors de l’appel 2025 du F.R.S-FNRS. 

Photo de Catherine Guirkinger

Un phénomène encore peu documenté dans la littérature scientifique a attiré l’attention de Catherine Guirkinger, économiste et professeure à la Faculté Economie Management Communication sciencesPo (EMCP), et de ses collègues, Pablo Alvarez-Aragon, post-doctorant à l’Université de Bologne et Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’UNamur : la conversion des femmes africaines aux « nouvelles églises chrétiennes ». Cette appellation regroupe des nouveaux mouvements religieux d’inspiration chrétienne telles que les églises évangéliques ou pentecôtistes, qui se développent rapidement sur le continent africain et dans d’autres régions du monde. 

« Les analyses statistiques montrent que les femmes sont beaucoup plus souvent membres de ces nouvelles églises que les hommes. Ce déséquilibre est propre à ces nouvelles églises et ne s’observe ni dans les églises catholiques ni dans d’autres religions traditionnelles », explique Catherine Guirkinger. 

Croissance économique et conversion religieuse

Pour expliquer cette dynamique de conversion féminine, Catherine Guirkinger avance une hypothèse centrée sur les services de support proposés par ces églises, qui encouragent les femmes dans leur émancipation économique. « Dans un précédent travail de recherche mené au Bénin, nous avons observé que lorsque les femmes accèdent à de nouvelles sources de revenus, elles se convertissent plus facilement », précise Catherine Guirkinger. « Lorsqu’on les interroge, elles évoquent fréquemment ces services de support, qui les aident à surmonter les obstacles rencontrés dans l’accès à de nouvelles opportunités économiques. Ils ne sont pas uniquement d’ordre financier, mais incluent des services de "protection spirituelle", dans un contexte où les femmes "qui réussissent" sont souvent accusées ou victimes de sorcellerie. » 

Ainsi, les premières analyses suggèrent que la conversion religieuse est corrélée au cycle économique : elle est plus fréquente lorsque les revenus augmentent. « C’est un constat assez inattendu », souligne la chercheuse. « La conversion religieuse est généralement interprétée comme une réponse à des difficultés, notamment financières. Or, il semblerait que la croissance économique favoriserait au contraire l’adhésion à ces nouvelles églises. » 

Des outils économiques pour comprendre les comportements individuels

Une des zones d’ombres que souhaite éclaircir Catherine Guirkinger, c’est d’identifier quels rôles jouent ces églises dans l’émancipation de ces femmes face à des normes de genre plutôt conservatrices et patriarcales. Pour le comprendre, Catherine Guirkinger mobilisera une combinaison de méthodes : des données statistiques, des enquêtes qualitatives, des analyses économétriques mais également des « jeux économiques », des jeux de rôles permettant d’appréhender les comportements individuels à partir de mises en situation.  

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Catherine Guirkinger

L'analyse des décisions individuelles s’inscrit toujours dans un cadre conceptuel économique, au sein duquel les individus font des arbitrages en fonction des contraintes qu’ils rencontrent et des processus de négociation à l’œuvre. Dans ce projet, l’attention porte notamment sur la négociation au sein du couple, où le mari joue un rôle central dans le maintien des normes de genre. Les concepts économiques permettent ainsi d’éclairer des décisions religieuses, en les replaçant dans des dynamiques économiques et sociales.

Catherine Guirkinger Professeure et chercheuse en économie du développement

Le projet se déroulera sur quatre ans, de 2026 à 2030.  L’équipe du projet réunit un doctorant (en cours de recrutement), Jean-Philippe Platteau, professeur émérite à l’institut Defipp, et Pablo Alvarez, de l’Université de Bologne (Italie). 

Bio express

Catherine Guirkinger est spécialisée en économie du développement. Au centre de recherche en développement économique (CRED) de l’institut DeFIPP (Development Finance & Public Policies), elle mène des recherches sur l’évolution des structures familiales au cours de processus de développement. Ses travaux portent également sur les rôles respectifs des femmes et des hommes dans la société et sur le rôle des institutions publiques au sens plus large. Catherine Guirkinger explore notamment ces questions dans le contexte colonial, à partir de données d’archives et d’enquêtes historiques. En 2017 elle a bénéficié d’un financement Européen ERC pour ce programme de recherche et en 2024, elle a obtenu un financement du F.R.S-FNRS pour un projet collaboratif avec Bruno Schoumaker, professeur de démographie à l’UCLouvain, visant à digitaliser des données de recensement. En tant qu’enseignante, Catherine Guirkinger dispense des cours en micro-économie et en économie du développement. 

Découvrez l’institut Defipp

DeFIPP consolide les travaux de recherche menés dans les centres de recherche CRED, CEREFIM et CERPE, qui représentent les grands axes de recherche suivants : l'économie du développement (CRED), la finance et la macroéconomie (CEREFIM) et l’économie régionale et les politiques économiques (CERPE). L'objectif principal de DeFiPP est de promouvoir une recherche d'excellence en économie et en finance, avec une forte visibilité internationale, tout en utilisant la méthodologie économique, à la fois en théorie et en recherche empirique. 

28 nouveaux projets de recherche financés grâce au FNRS

Prix

Le F.R.S.-FNRS vient de publier les résultats de ses différents appels 2025. Il s’agit des appels « Crédits & Projets » et « WelCHANGE » ainsi que les appels « FRIA » (Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture) et « FRESH » (Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines) visant à soutenir des thèses de doctorat. Résultats pour l’UNamur ? 28 projets sélectionnés témoignant de la qualité et de la richesse de la recherche à l’UNamur. 

Logo FNRS

L’appel « Crédits & Projets » a permis d’obtenir 12 financements pour de nouveaux projets ambitieux. Parmi ceux-ci, notons deux financements « équipement », huit financements « crédits de recherche (CDR) », deux financements « projets de recherche (PDR) » dont un en collaboration avec l’ULB. L’appel de soutien à la recherche doctorale FRIA financera onze bourses de doctorat et l’appel FRESH, trois. 

Deux prestigieux Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) ont également été obtenus.  Ce financement de 3 ans permet de soutenir de jeunes chercheurs permanents désireux de développer un programme de recherche original et novateur en acquérant leur autonomie scientifique au sein de leur département.  

Signalons également les deux projets financés dans le cadre de l’appel « WelCHANGE » ; instrument de financement de projets de recherche ayant des impacts sociétaux potentiels, portés par une promotrice principale ou un promoteur principal relevant des Sciences Humaines et Sociales.

Les résultats en détail

Appel Equipement  

  • Xavier De Bolle, Institut Narilis, Co-promoteur en collaboration avec l’UCLouvain
  • Luca Fusaro, Institut NISM 

Appel Crédits de recherche (CDR) 

  • Marc Hennequart, Institut NARILIS
  • Nicolas Gillet, Institut NARILIS
  • Jean-Yves Matroule, Institut NARILIS
  • Patricia Renard, Institut NARILIS
  • Francesco Renzi, Institut NARILIS
  • Stéphane Vincent, Institut NISM
  • Laurence Meurant, Institut NaLTT
  • Emma-Louise Silva, Institut NaLTT  

Appel Projets de recherche (PDR) 

  • Jérémy Dodeigne, Institut Transitions, Co-promoteur en collaboration avec l’ULB
  • Luc Henrard, Institut NISM; Co-promoteur: Yoann Olivier, Institut NISM 

Fonds pour la formation à la Recherche dans l’Industrie et dans l’Agriculture (FRIA)

  • Emma Bongiovanni - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM
  • Simon Chabot - Promotrice : Carine Michiels, Institut Narilis ; Co-promotrice : Anne-Catherine Heuskin, Institut Narilis
  • Lee Denis - Promotrice : Muriel Lepère, Institut ILEE
  • Maé Desclez - Promoteur : Johan Yans, Institut ILEE ; Co-promoteur : Hamed Pourkhorsandi (Université de Toulouse)
  • Pierre Lombard - Promoteur : Benoît Muylkens, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Amandine Pecquet - Promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis ; Co-promoteur : Damien Coupeau, Institut Narilis
  • Kilian Petit - Promoteur : Henri-François Renard, Institut Narilis ; Co-promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Simon Rouxhet - Promotrice : Catherine Michaux, Institut NISM ; Co-promoteur : Nicolas Gillet, Institut Narilis
  • William Soulié - Promoteur : Yoann Olivier, Institut NISM
  • Elisabeth Wanlin - Promoteur : Xavier De Bolle, Institut Narilis
  • Laura Willam - Promoteur : Frédérik De Laender, Institut ILEE 

Fonds pour la Recherche en Sciences Humaines (FRESH) 

  • Louis Droussin - Promoteur : Arthur Borriello, Institut Transitions ; Co-promoteur : Vincent Jacquet, Institut Transitions
  • Nicolas Larrea Avila - Promoteur : Guilhem Cassan, Institut DeFIPP
  • Victor Sluyters – Promotrice : Wafa Hammedi, Institut NADI
  • Amandine Leboutte - Co-promotrice : Erika Wauthia (UMons) ; Co-promoteur : Cédric Vanhoolandt, Institut IRDENa.

Mandat d’Impulsion Scientifique (MIS) 

  • Charlotte Beaudart, Institut Narilis
  • Eli Thoré Institut ILEE 

Appel WelCHANGE  

  • Nathalie Burnay Institut Transitions, en collaboration avec l’UCLouvain
  • Catherine Guirkinger Institut DeFIPP

Félicitations à tous et toutes ! 

Un prestigieux prix FNRS en sciences sociales pour le Professeur Jean-Marie Baland

Prix
Économie

Le FNRS a décerné le Prix quinquennal Ernest-John Solvay en sciences sociales à Jean-Marie Baland, professeur au Département des sciences économiques de la Faculté EMCP de l’UNamur et cofondateur du Centre de Recherche en Economie du Développement (CRED) de l'Institut DeFiPP. Une reconnaissance majeure pour une carrière consacrée à l’étude des questions de pauvreté, d’institutions informelles et de développement durable.

Photo de Jean-Marie Baland et logos FNRS prix quinquenal, Institut DeFiPP et centre de recherche CRED

Le Prix quinquennal Ernest-John Solvay, l’une des distinctions les plus prestigieuses du FNRS, a été attribué ce 24 novembre 2025 à Jean-Marie Baland, professeur au Département des sciences économiques de l’Université de Namur depuis 1991. Ce prix, décerné tous les cinq ans, récompense des chercheurs dont les travaux ont marqué leur discipline par leur originalité et leur impact.

« Jean-Marie Baland allie la rigueur théorique à des études de terrain menées dans des pays tels que l’Inde, le Népal, le Kenya et le Chili. Ses recherches abordent des questions essentielles comme le développement économique, la réduction de la pauvreté et la protection de l’environnement », souligne le jury du FNRS.

Une expertise reconnue internationalement

Spécialiste des pays les moins développés, Jean-Marie Baland a consacré ses travaux à l’analyse des institutions informelles, sujet pour lequel il a obtenu un ERC Advanced Grant en 2009. Ses recherches explorent également les déterminants de la déforestation, les conséquences de la pauvreté, et plus récemment, les causes de la mortalité infantile en Asie du Sud, ou la violence domestique.

Image
Photo portrait Jean-Marie Baland

La question centrale de mes recherches est de comprendre comment les groupes s’organisent pour la gestion de la prise de décision. Qui en profite ? Qui en est lésé ? Quels impacts cela produit ? J’ai abordé cette thématique sous diverses formes, avec des cas d’études très divers. Par exemple, au Kenya j’ai étudié comment au sein d’un bidonville, un groupement de femmes s’organisaient pour constituer une épargne collective leur permettant de subvenir à leurs besoins. Plus récemment, j’ai étudié le fonctionnement de la prise de décision au sein de couples en Europe. Aujourd’hui, je travaille avec ma collègue Catherine Guirkinger (Faculté EMCP, Département d’économie), sur la question de l’émancipation féminine et de son impact sur la violence domestique : permette-t-elle de la réduire ou de l’augmenter et dans les deux cas pourquoi ? Toutes ces questions sont analysées en s’appuyant sur une méthode interdisciplinaire, avec des approches issues de modèles statistiques, mathématiques et économiques, et des méthodes de sciences sociales comportant des enquêtes de terrain.

Jean-Marie Baland Professeur au Département d'économie de la Faculté EMCP et cofondateur du CRED, Institut DeFIPP

L’envie de comprendre le monde

Ce qui le motive depuis toujours ? 

« L’envie de comprendre le monde. Ma motivation dans mes recherches a toujours été de produire de la connaissance avant de vouloir qu’elles aient un impact sociétal. L’utilité de la recherche est bien entendu importante, mais personnellement ce n’est pas cela qui me fait avancer. Le résultat de mes recherches est bien entendu régulièrement utilisé pour élaborer des politiques publiques par exemple. Mais cela n’est pas une fin en soi pour mon travail de chercheur », souligne-t-il. 

La carrière académique de Jean-Marie Baland a été jalonnée de distinctions prestigieuses : Chaire Francqui (2008), Distinguished Fellow Award à Harvard (2007), membre de l’Academia Europaea (2012)… Autant de reconnaissances qui témoignent de son rayonnement scientifique.

L’UNamur mise en lumière

Mais l’une de ses plus grandes fiertés réside dans la création du centre de recherche en économie du développement (CRED) de l’UNamur, fondée avec le Professeur Jean-Philippe Platteau. Jean-Marie Baland est membre du Centre de recherche en économie du développement (CRED). Un centre aujourd’hui reconnu internationalement pour son expertise en économie du développement, microéconomie appliquée et économie de l’environnement, contribuant à des recherches à fort impact sociétal. « Le CRED compte aujourd’hui cinq académiques et une quinzaine de chercheurs », précise Jean-Marie Baland. L’économiste est aussi un des fondateurs du Master de spécialisation en économie du développement

A la génération de futurs économistes, Jean-Marie Baland adresse ce souhait : 

« Intéressez-vous à des domaines qui ont du sens pour vous ! Et travaillez en équipe, aussi avec des personnes qui pensent différemment de vous. Cette expérience d’interactions humaines a pour ma part été d’une très grande richesse », conclut-il. 

Une cérémonie prestigieuse

Photo officielle de la cérémonie de remise des prix quinquennaux du FNRS 2025

Ces Prix prestigieux, attribués tous les cinq ans par le FNRS, ont été remis ce 24 novembre 2025 par le Roi Philippe à une chercheuse et cinq chercheurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils confirment la reconnaissance internationale et couronnent la carrière exceptionnelle de ces scientifiques, dans toutes les disciplines. Les Excellentieprijzen du FWO, l’équivalent du FNRS en Flandre, ont également été décernés ce 24 novembre par Sa Majesté le Roi. Lors de cette cérémonie, Véronique Halloin, Secrétaire générale du FNRS, a félicité les lauréats, en remerciant les 42 membres des jurys internationaux mais aussi les mécènes qui rendent possible l’existence de ces Prix. Elle a également évoqué des « questions essentielles pour la recherche scientifique et la société tout entière », insistant sur la nécessité « de conserver le niveau de financement de la recherche fondamentale, de garder toute sa place à une recherche stratégique mais aussi aux sciences humaines et sociales. »

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Les points forts de DeFiPP

  • L'intégration de domaines de recherche et d'approches qui différent mais sont liés, tant en économie qu'en finance.
  • L'importance des trois centres de recherche de l'institut. En particulier, le CRED est considéré comme un centre de pointe en économie du développement en Europe, et est notamment soutenu par l'Union européenne à travers le European Research Council (ERC) Starting Grant. Le CERPE est connu pour son rôle de conseil dans les politiques publiques belges. Quant au CeReFiM, il a récemment collaboré avec des organisations du secteur privé dans le cadre des chaires de recherche Ageas et BNP Paribas Fortis consacrées à la gestion des risques systémiques et des risques d'actifs.
  • L'organisation de diverses activités de recherche qui rassemblent les membres des différents centres de recherche. Ces activités se répartissent en deux catégories : les activités de DeFiPP, par exemple les séminaires hebdomadaires d'économie et les workshops de DeFiPP) et les activités co-organisées avec d'autres universités (par exemple l'atelier de doctorat co-organisé deux fois par an avec l'UCLouvain et l'Université Saint-Louis).
  • La participation des trois centres de recherche de la DeFiPP à une école doctorale commune, avec d'autres universités belges, qui permet aux membres de la DeFiPP de suivre des cours de doctorat de haute qualité.

Contact

Présidente de DeFiPP

Catherine Guirkinger

Secrétaire : jeanick.pignolet@unamur.be