Willkommen, Welcome, Welkom ! Le bachelier en langues et littératures germaniques se définit par la transmission et le développement de toute une série de compétences linguistiques, analytiques, critiques et communicatives. Ces compétences sont non seulement hautement valorisables sur le marché du travail, mais ont aussi une valeur humaine non négligeable. Le Département de langues et littératures germaniques est un département à part, dans une université à part : à taille humaine, centré sur l’humain, convivial et familial, qualitatif, compétitif et immersif : il est fait pour vous !

Le Fil rouge Germa

Depuis 2025, le Département de Langues et littératures germaniques a fait le choix d’un thème d’année qui réunit l’ensemble de la communauté : étudiants et enseignants, tous blocs confondus. Cette année sera consacrée à la thématique des « Lignes de vie » ou en langues cibles « Lifelines, Levenslijnen, Lebenslinien », un fil rouge qui explore la vie des individus, son évolution, sa transmission et les liens qui se tissent entre les âges.

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Les études en langues et lettres germaniques

Le Département de langues et littératures germaniques de l’UNamur propose des études bachelier et de doctorat qui allient rigueur académique et pédagogie active. A travers une approche complète mêlant linguistique, littérature et culture, les étudiants développent des compétences linguistiques solides en anglais, néerlandais ou allemand, directement valorisables sur le marché de l’emploi.

 

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Actualités

« Cartographier des mondes » : une même thématique pour relier cours et activités en langues germaniques à l’UNamur

Langues germaniques
Étudiants
Langues et littératures classiques
Littérature
Philosophie

Après une première édition consacrée aux « Lignes de vie », le Département de langues et littératures germaniques de l’UNamur poursuit son projet de fil rouge en 2026-2027. Cette année, cours, rencontres, films et activités pédagogiques dialogueront autour d’une même thématique : « Cartographier des mondes ». Une manière de créer davantage de liens entre les enseignements et d’impliquer autrement les étudiants dans leur apprentissage. 

Le fil rouge germa

Un thème commun pour relier les cours, les lectures, les films et les rencontres : c'est le principe du fil rouge adopté l'an dernier par le Département de langues et littératures germaniques de l'UNamur. L'objectif est de créer davantage de cohérence entre les nombreuses activités proposées aux étudiants. 

En 2025-2026, le Département a testé la formule avec le thème « Lignes de vie », consacré aux trajectoires personnelles, aux langues et aux migrations. Fort de cette première expérience et des retours très positifs des étudiants, le Département poursuit l'aventure en 2026-2027 avec une nouvelle thématique : “Cartographier des mondes”. 

Un projet suivi tout au long de l’année

Inspiré du 500e anniversaire de la naissance du cartographe anversois Abraham Ortelius*, le nouveau fil rouge permettra aux étudiants de s’interroger sur les mondes que l’on construit, ceux dont on hérite ou encore ceux que l’on aimerait imaginer. Les langues, la littérature et les productions culturelles serviront de portes d’entrée pour questionner ces différentes représentations. “L’idée est de réfléchir aux mondes qui se dessinent et se redessinent, mais aussi au rôle que jouent le langage, la littérature et les produits culturels dans notre manière de les représenter”, ajoute Laurence Mettewie, Doyenne de la Faculté de Philo & Lettres et professeure de linguistique néerlandaise. 

Cette thématique se retrouvera dans plusieurs cours et activités organisés au fil de l’année. Le nouveau cours de Jeroen Darquennes, intitulé « Langue et colonialisme », invite, notamment, à une réflexion critique sur la manière dont les récits coloniaux européens ont contribué, au cours des siècles derniers, à façonner les cartographies (mentales) du monde au-delà de l’Europe. En littérature néerlandaise, les étudiants travailleront autour du roman Jaguarman (2020, traduction française 2023) de Raoul de Jong, sur la recherche de ses racines entre les Pays-Bas et le Suriname, ancienne colonie néerlandaise. L’auteur sera notre invité à Namur lors du dernier cours d’Elisabeth Leijnse. Du côté de la littérature germanophone, Guillaume Etienne et Valérie Leyh organiseront une journée d’études consacrée aux récits de voyages à pied et à la manière dont le monde est exploré sous cette forme de mobilité douce, qui accorde de l’importance au détail et à la lenteur.  Emma-Louise Silva et Lieven Vandelanotte croiseront analyses littéraires et linguistiques de cartographies imaginaires et artistiques dans le cadre du cours Language and Society, avant de faire découvrir des itinéraires inédits lors du voyage didactique à Londres.  

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Laurence Mettewie

“Le fil rouge permet de créer des liens entre ce que nous faisons déjà et de nouvelles activités qui peuvent apporter une plus-value à la thématique” 

Laurence Mettewie Doyenne de la Faculté de Philo & Lettres

Des liens entre enseignants

Au-delà de l'expérience proposée aux étudiants, le fil rouge a également modifié la manière dont l'équipe construit ses activités. Plutôt que de réfléchir chacun de son côté, les enseignants cherchent ensemble les projets, œuvres ou invités susceptibles d'apporter une nouvelle dimension à la thématique. “Cela crée une dynamique différente”, souligne Laurence Mettewie. “On réfléchit à l’apport de chacun à la thématique au départ de nos spécialités et de nos intérêts”. 

Le fil rouge n'a donc pas vocation à bouleverser les cursus. Il vient plutôt colorer et intensifier l’offre existante. En fédérant les activités proposées, il permet d’aborder langues et linguistique, littératures et cultures sous un prisme commun et ainsi ouvrir de nouvelles fenêtres sur les mondes qui nous entourent. 

Du XVIe siècle à aujourd'hui : deux professeurs de l'UNamur décryptent ce que les livres de l’imprimeur-éditeur Christophe Plantin ont encore à nous apprendre

Langues et littératures classiques
Histoire
Littérature
Histoire

Coordonné par deux professeurs de l'UNamur, un ouvrage collectif rassemble les travaux de 18 chercheurs autour d'une cinquantaine d'ouvrages rares, sélectionnés parmi les plus de 900 éditions de Christophe Plantin conservées à l'Université. Soutenu par la Fondation d'utilité publique Institut Moretus Plantin, ce projet marque une première étape avant le lancement, dès septembre, d'une nouvelle recherche sur le multilinguisme et les pratiques de traduction dans les éditions de l'imprimeur anversois. 

Pierre Assenmaker et Valérie Leyh
Pierre Assenmaker et Valérie Leyh

Avec ses 905 éditions sorties des presses de Christophe Plantin, la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin (BUMP) de l'UNamur abrite aujourd'hui l'une des plus importantes collections plantiniennes de Belgique. La plus importante est conservée au Musée Plantin-Moretus à Anvers, installé dans l'ancienne maison et imprimerie de Christophe Plantin. Cette richesse patrimoniale s'est considérablement étoffée en 2020, lorsque la collection constituée par Philippe de Dorlodot, grand collectionneur privé d’éditions plantiniennes, a été donnée à la Fondation Roi Baudouin, avec le souhait qu'elle soit conservée à l'UNamur. Un ensemble exceptionnel qui a déjà fait l’objet de l’édition d’un catalogue et qui a donné naissance à un ouvrage collectif consacré à l'héritage de ce grand imprimeur de la Renaissance. 

“Tout a commencé par un coup de téléphone du Pôle Patrimoine de la BUMP, qui souhaitait organiser une exposition consacrée à Christophe Plantin à l’occasion du 500e anniversaire de sa naissance en 2020", se souvient Pierre Assenmaker, professeur de langue et littérature latines à l'UNamur et codirecteur scientifique de l'ouvrage. Avec Valérie Leyh, professeure de littérature germanophone qui dispense également un cours d’histoire du livre, ils imaginent alors une collaboration autour de cette figure majeure de l'imprimerie européenne. Mais l'initiative a rapidement pris une autre dimension. “En voyant l’ampleur de cette collection, nous nous sommes dit qu'il fallait aller plus loin qu’une simple exposition”, souligne Valérie Leyh. “D’où l’idée de réaliser un ouvrage qui mette en valeur cette collection exceptionnelle conservée à l'UNamur.” 

L'ouvrage rassemble ainsi les contributions de 18 chercheurs, issus de l'UNamur et d'autres institutions en Belgique et aux Pays-Bas. La collection ayant déjà fait l'objet d'un catalogue exhaustif, publié avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, les auteurs ont choisi une approche thématique : comprendre comment Christophe Plantin est devenu, au XVIe siècle, l'un des imprimeurs les plus influents d'Europe. “Nous avons essayé d'identifier les différents facteurs de cette réussite”, explique Pierre Assenmaker. “Par son réseau d'humanistes mais aussi son incroyable sens des affaires, Christophe Plantin savait adapter ses livres à des publics différents, varier les formats, les langues, les illustrations. Il avait déjà cette capacité à penser plusieurs versions d'un même ouvrage selon les attentes de ses lecteurs.” 

“Nous avons essayé d'identifier les différents facteurs de cette réussite”

Les livres, témoins de plusieurs siècles d'histoire

Étudier les 905 ouvrages conservés à la BUMP aurait été un travail titanesque. Les chercheurs ont dû faire des choix. “Nous avons analysé une cinquantaine d’ouvrages qui nous semblaient les plus parlants”, poursuit Pierre Assenmaker. “Certains se distinguent par leur rareté, d'autres par leur beauté ou parce qu'ils illustrent particulièrement bien les stratégies éditoriales de Plantin. Forcément, toute sélection implique des renoncements et il reste encore énormément de trésors qui mériteraient d'être étudiés.” Les chercheurs ont également pu comparer plusieurs exemplaires d'une même édition. “Certains livres ont appartenu à plusieurs collectionneurs. D'autres ont été annotés au fil des siècles”, ajoute Valérie Leyh. “Ces notes manuscrites permettent de suivre la circulation des livres et de comprendre comment ils ont été utilisés ou transmis.”

 “Ces notes manuscrites permettent de suivre la circulation des livres et de comprendre comment ils ont été utilisés ou transmis.”

Au-delà des textes eux-mêmes, les chercheurs se sont aussi intéressés à l'objet-livre. Si l’on choisit aujourd’hui entre un grand format et un format poche, à la Renaissance, les possibilités étaient bien plus nombreuses. Au XVIe siècle, les livres étaient souvent vendus en cahiers non reliés. L'acquéreur décidait ensuite de la reliure, plus ou moins luxueuse, et pouvait même choisir d'ajouter certaines illustrations. Chaque exemplaire devenait alors un objet unique. De plus, comme le souligne Valérie Leyh, un même texte pouvait être décliné en plusieurs langues, avec ou sans illustrations, dans le but de toucher des publics différents. Une stratégie éditoriale particulièrement moderne pour l’époque, qui montre que l'imprimeur réfléchissait à la manière de s’adapter aux attentes de ses lecteurs. 

Un même texte pouvait être décliné en plusieurs langues, avec ou sans illustrations, dans le but de toucher des publics différents.

Ces recherches trouvent également un prolongement direct dans les enseignements de l’UNamur, notamment dans le cours « Le livre et la culture numérique » dispensé par Valérie Leyh. Les étudiants sont amenés à consulter une sélection d’ouvrages anciens conservés à la BUMP afin d’en étudier la matérialité. Une manière aussi de mettre ces objets en perspective avec les pratiques de lecture et les usages numériques actuels. 

Un nouveau chapitre s'ouvrira dès septembre

Si cet ouvrage marque l'aboutissement de plusieurs années de travail, il ouvre aussi la voie à de nouvelles investigations. Dès septembre, Pierre Assenmaker et Valérie Leyh ont lancé, avec le soutien de la Fondation d'utilité publique Institut Moretus Plantin, un projet de recherche de deux ans consacré au multilinguisme et à la traduction dans la production de Christophe Plantin. L'objectif sera d'étudier une quarantaine ou cinquantaine d'ouvrages conservés à la BUMP afin de mieux comprendre comment l'imprimeur anversois exploitait la diversité linguistique de son époque. “Aujourd'hui, avec les outils de traduction automatique ou l'intelligence artificielle, on a parfois tendance à oublier toute la complexité de la traduction”, constate Valérie Leyh. “À la Renaissance, traduire signifiait aussi adapter une œuvre à un nouveau public. Les traducteurs devenaient parfois co-auteurs.” 

Le projet, qui est mené en collaboration avec Asseline Sel engagée comme chercheuse postdoctorante, vise à mieux comprendre les stratégies éditoriales de Plantin à travers cette question des langues. Pourquoi certains ouvrages étaient-ils traduits ? À quels lecteurs s'adressaient-ils ? Comment un même texte pouvait-il être transformé, raccourci, enrichi ou illustré différemment selon le public visé ? Autant de questions auxquelles les chercheurs tenteront de répondre en analysant, non seulement le contenu des ouvrages, mais aussi leur matérialité, leurs annotations manuscrites et leur parcours au fil des siècles. 

Au-delà de l'histoire du livre, les deux chercheurs y voient aussi une invitation à mieux comprendre notre époque. “Le XVIe siècle est une période de profondes transformations, marquée par des crises politiques, religieuses et économiques, mais aussi par une formidable circulation des idées”, conclut Pierre Assenmaker. “Étudier cette période nous rappelle que les temps de crise ne sont pas incompatibles avec le développement de la culture et des connaissances. C'est sans doute l'un des enseignements les plus actuels que nous laisse aujourd'hui Christophe Plantin.” 

Envie d’en savoir plus ?

L’ouvrage, disponible aux Presses Universitaires de Namur, et le nouveau projet seront présentés le 8 octobre 2026 à l’UNamur (auditoire L03, accès via rue Grafé). L’inscription à cet événement est gratuite et possible via ce lien. Bienvenue à toutes et à tous ! 

Étudier cette période nous rappelle que les temps de crise ne sont pas incompatibles avec le développement de la culture et des connaissances.
Un projet rendu possible grâce au financement de la Fondation Roi Baudouin et de l'Institut Moretus Plantin

Le Département de langues et littératures germaniques mobilisé autour des lignes de vie

Langues germaniques
Pédagogie

Au Département de langues et littératures germaniques, l’année 2025-2026 est placée sous la thématique des « Lignes de vie » ou en langues cibles « Lifelines, Levenslijnen, Lebenslinien ». Pour la première fois, l’équipe enseignante et les étudiantes et étudiants se réunissent autour d’une thématique commune qui les accompagnera toute l’année académique. L’objectif : renforcer la cohérence entre les cours, créer une dynamique collective et explorer autrement les langues germaniques et leurs cultures.

Logo du Fil rouge du département de Langues et littératures germaniques

« Notre souhait était de créer une véritable dynamique dans notre enseignement et d’offrir de la cohérence à nos étudiantes et étudiants en travaillant toutes et tous autour d’une même thématique. Notre équipe s’est d’ailleurs inspirée des initiatives menées à la Faculté de droit, qui pratique le Fil Rouge depuis plusieurs années », explique Laurence Mettewie, directrice du Département de langues et littératures germaniques. « L’an dernier déjà, sans que cela ait été pensé explicitement, plusieurs activités de notre département tournaient autour de questions de reconstruction, de transmission ou encore de résilience. » Ce constat a incité l’équipe à officialiser cette approche en choisissant une thématique commune.

Le point de départ de cette première édition est le « Lifelines », organisé les 11 et 12 décembre 2025 par l’équipe de l’Unité d’anglais avec l’implication des étudiantes et étudiants du cours Language & Society, qui sera consacré au langage et à la littérature à travers les âges de la vie (infos Lifespan). 

Logo fil rouge langues et littératures germaniques 2025

Ainsi, le Département de langues et littératures germaniques a choisi de prolonger cette réflexion en s’intéressant à la manière dont les individus évoluent, grandissent et transmettent, avec une dimension intergénérationnelle qui tient particulièrement à cœur à l’équipe. 

Un programme d’activités pour explorer les lignes de vie

Lectures communes, cinéclub, voyages didactiques, sujets d’initiation à la recherche… ce sont plusieurs activités pédagogiques qui illustreront ce fil rouge tout au long de l’année.

Le Cinéclub de Germa proposera six films, en anglais, néerlandais et allemand. Pour inaugurer ce cycle, l’équipe a choisi un film qui illustre la thématique des lignes de vie : « Honig im Kopf » (« Du miel plein la tête ») de Til Schweiger. Ce film raconte, de manière à la fois humoristique et émouvante, l’histoire d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et de sa petite-fille qui fera tout pour le « sauver », et porte ainsi un regard bienveillant sur des thèmes tels que la démence, la famille et la mémoire.

En néerlandais, les travaux de recherche en linguistique seront orientés vers la question de la transmission linguistique. Les étudiantes et étudiants exploreront ainsi comment les langues se transmettent, sont présentes à différentes étapes de la vie ou comment elles éclairent les liens intergénérationnels, par exemple à travers l’usage de WhatsApp.

Le traditionnel voyage d’études aux Pays-Bas s’inscrira lui aussi dans cette thématique. Cette année, direction Rotterdam et Fenix, son nouveau musée consacré à l’art et aux migrations, dont une des expositions retrace des histoires de mobilité, d’ancrage et de passages vers des vies qu’ils et elles espèrent meilleures. L’occasion pour les étudiantes et étudiants de confronter les notions de mémoire, de déplacement et d’héritage culturel au cœur même d’un parcours muséal pensé comme une succession de lignes de vie.

D’autres activités viendront enrichir le programme : projets étudiants spécialement conçus pour explorer les trajectoires de vie, analyses d’œuvres littéraires guidées par la thématique et des rencontres avec des autrices venues d’Irlande du nord et de Flandre : Wendy Erskine, et Lara Taveirne ainsi que son traducteur français Guillaume Deneufbourg. 

Découvrir le Département de langues et littératures germaniques

Quand les mèmes d’internet deviennent un objet de recherche

Littérature

Nés sur Internet, les mèmes font partie intégrante de la culture numérique. Ces images, souvent humoristiques, combinent texte et visuel pour faire passer un message. À l’UNamur, Lieven Vandelanotte, professeur de langue et linguistique anglaises et linguistique générale à la Faculté de philosophie et lettres, s’y est intéressé d’un point de vue linguistique. Dans son nouvel ouvrage, coécrit avec Barbara Dancygier de la University of British Columbia, il décrypte comment ces créations jouent avec les mots, les images et la grammaire. 

Lieven Vandelanotte

Apparu pour la première fois en 1976, le concept de mème a été utilisé par le biologiste Richard Dawkins, qui l’utilisait pour désigner une idée ou une habitude se propageant d’une personne à l’autre. Avec l’essor du numérique, le terme a pris un nouveau sens, désignant désormais ces images partagées et détournées en ligne, souvent accompagnées de texte, qui commentent l’actualité, expriment une émotion ou racontent une situation en quelques mots. Mais pour Lieven Vandelanotte, professeur à la Faculté de philosophie et lettres, les mèmes représentent un nouveau type de langage. « Les mèmes ne sont pas de simples illustrations. Ils combinent texte et image d’une manière qui transforme la façon dont le sens est construit », explique-t-il.

Un regard linguistique sur un langage numérique

Spécialiste du discours et de la linguistique anglaise, Lieven Vandelanotte étudie depuis plusieurs années le discours rapporté ainsi que la multimodalité, c’est-à-dire des productions qui combinent plusieurs modes d’expression, comme l’image et le texte. 

Grâce à son mandat de Professeur de recherche Francqui, obtenu en 2023, il a pu consacrer davantage de temps à cette thématique. « Ce mandat me donne l’occasion d’approfondir mes recherches sur la multimodalité et de finaliser ce livre, un projet que je mûrissais depuis longtemps. »

L’objectif de son travail ? Montrer que dans les mèmes, l’image joue un rôle linguistique à part entière. « Elle peut remplacer un mot, compléter une phrase ou exprimer un point de vue. C’est une véritable composante grammaticale. »

Quand les images construisent le sens

Parmi les mèmes qu’il analyse, Lieven Vandelanotte cite le célèbre Distracted Boyfriend (le petit ami distrait) : un homme détourne le regard de sa compagne pour admirer une autre femme.
« Ce mème illustre l’idée de faire un choix, de changer de préférence, de se détourner d’une option vers une autre. Une idée assez similaire est exprimée par le même qui s’appelle « Sortie 12 » (Exit 12). Un exemple qui mélange les deux, montre que les utilisateurs savent bien que ces images ne servent pas vraiment à parler d’un scénario entre amoureux ou d’une situation sur l’autoroute, mais ils perçoivent que différentes formes, avec des images différentes, peuvent avoir plus ou moins le même sens. »

Mème distracted boyfriend exit 12

Un autre exemple est celui du mème Good Girl Gina, où une jeune femme souriante est associée à des phrases décrivant un comportement « positif ». Dans la version Gets mad at you / Tells you why, l’humour repose sur le contraste avec un stéréotype sexiste : la protagoniste se fâche, mais, contrairement au stéréotype, elle explique pourquoi. « Dans ce cas, l’image remplit le rôle de sujet de la phrase. Elle n’illustre pas le texte, elle en fait partie intégrante et participe pleinement à la construction du sens », souligne Lieven Vandelanotte.

Mème Get mad at you

Il cite aussi la catégorie des when-memes, où une phrase débutant par When… (Quand…) se conclut par une image. Par exemple : « When you’re at a party full of people you don’t know so you stay with your friend the whole time » (Quand tu es à une fête pleine de gens que tu ne connais pas, donc tu restes avec ton ami tout le temps), accompagné de la photo d’un petit koala accroché à une jambe. « Ici, l’image vient terminer la phrase. Elle n’illustre pas directement la situation, elle en fournit la conclusion, comme un segment syntaxique à part entière. »

mème when

Ces analyses sont au cœur de l’ouvrage The Language of Memes, coécrit par Barbara Dancygier et Lieven Vandelanotte et publié chez Cambridge University Press.

Présenté comme le premier livre d’analyse linguistique approfondie des mèmes Internet, il propose une nouvelle approche de l’étude des genres multimodaux et explore la manière dont les images et les textes s’articulent pour créer du sens.

Cover de l’ouvrage The Language of Memes

Quand ça se déroule dans le train…

Au cours des dernières années, Lieven Vandelanotte a participé à de nombreux colloques pour présenter les résultats de ses recherches sur les mèmes, mais aucun n'était aussi original que le récent colloque « Railway Aesthetics ». Celui-ci s'est déroulé dans des trains en mouvement. Allant de Vienne à Bucarest, puis de Bucarest à Istanbul, les participants vivant ensemble dans les wagons pendant toute la durée de la conférence. Avec Justin Bai de l'Université du Colorado, il y a présenté un exposé sur l'utilisation des trains dans les mèmes Internet et les discours sur les réseaux sociaux, comme dans l'exemple ci-joint (un « when-meme » mettant en scène le regretté chef Anthony Bourdain, l’air très cool, reflétant ironiquement l'attitude de quelqu'un qui parvient à ne pas se faire moquer par un serveur français). 

mème train

« Cartographier des mondes » : une même thématique pour relier cours et activités en langues germaniques à l’UNamur

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Après une première édition consacrée aux « Lignes de vie », le Département de langues et littératures germaniques de l’UNamur poursuit son projet de fil rouge en 2026-2027. Cette année, cours, rencontres, films et activités pédagogiques dialogueront autour d’une même thématique : « Cartographier des mondes ». Une manière de créer davantage de liens entre les enseignements et d’impliquer autrement les étudiants dans leur apprentissage. 

Le fil rouge germa

Un thème commun pour relier les cours, les lectures, les films et les rencontres : c'est le principe du fil rouge adopté l'an dernier par le Département de langues et littératures germaniques de l'UNamur. L'objectif est de créer davantage de cohérence entre les nombreuses activités proposées aux étudiants. 

En 2025-2026, le Département a testé la formule avec le thème « Lignes de vie », consacré aux trajectoires personnelles, aux langues et aux migrations. Fort de cette première expérience et des retours très positifs des étudiants, le Département poursuit l'aventure en 2026-2027 avec une nouvelle thématique : “Cartographier des mondes”. 

Un projet suivi tout au long de l’année

Inspiré du 500e anniversaire de la naissance du cartographe anversois Abraham Ortelius*, le nouveau fil rouge permettra aux étudiants de s’interroger sur les mondes que l’on construit, ceux dont on hérite ou encore ceux que l’on aimerait imaginer. Les langues, la littérature et les productions culturelles serviront de portes d’entrée pour questionner ces différentes représentations. “L’idée est de réfléchir aux mondes qui se dessinent et se redessinent, mais aussi au rôle que jouent le langage, la littérature et les produits culturels dans notre manière de les représenter”, ajoute Laurence Mettewie, Doyenne de la Faculté de Philo & Lettres et professeure de linguistique néerlandaise. 

Cette thématique se retrouvera dans plusieurs cours et activités organisés au fil de l’année. Le nouveau cours de Jeroen Darquennes, intitulé « Langue et colonialisme », invite, notamment, à une réflexion critique sur la manière dont les récits coloniaux européens ont contribué, au cours des siècles derniers, à façonner les cartographies (mentales) du monde au-delà de l’Europe. En littérature néerlandaise, les étudiants travailleront autour du roman Jaguarman (2020, traduction française 2023) de Raoul de Jong, sur la recherche de ses racines entre les Pays-Bas et le Suriname, ancienne colonie néerlandaise. L’auteur sera notre invité à Namur lors du dernier cours d’Elisabeth Leijnse. Du côté de la littérature germanophone, Guillaume Etienne et Valérie Leyh organiseront une journée d’études consacrée aux récits de voyages à pied et à la manière dont le monde est exploré sous cette forme de mobilité douce, qui accorde de l’importance au détail et à la lenteur.  Emma-Louise Silva et Lieven Vandelanotte croiseront analyses littéraires et linguistiques de cartographies imaginaires et artistiques dans le cadre du cours Language and Society, avant de faire découvrir des itinéraires inédits lors du voyage didactique à Londres.  

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Laurence Mettewie

“Le fil rouge permet de créer des liens entre ce que nous faisons déjà et de nouvelles activités qui peuvent apporter une plus-value à la thématique” 

Laurence Mettewie Doyenne de la Faculté de Philo & Lettres

Des liens entre enseignants

Au-delà de l'expérience proposée aux étudiants, le fil rouge a également modifié la manière dont l'équipe construit ses activités. Plutôt que de réfléchir chacun de son côté, les enseignants cherchent ensemble les projets, œuvres ou invités susceptibles d'apporter une nouvelle dimension à la thématique. “Cela crée une dynamique différente”, souligne Laurence Mettewie. “On réfléchit à l’apport de chacun à la thématique au départ de nos spécialités et de nos intérêts”. 

Le fil rouge n'a donc pas vocation à bouleverser les cursus. Il vient plutôt colorer et intensifier l’offre existante. En fédérant les activités proposées, il permet d’aborder langues et linguistique, littératures et cultures sous un prisme commun et ainsi ouvrir de nouvelles fenêtres sur les mondes qui nous entourent. 

Du XVIe siècle à aujourd'hui : deux professeurs de l'UNamur décryptent ce que les livres de l’imprimeur-éditeur Christophe Plantin ont encore à nous apprendre

Langues et littératures classiques
Histoire
Littérature
Histoire

Coordonné par deux professeurs de l'UNamur, un ouvrage collectif rassemble les travaux de 18 chercheurs autour d'une cinquantaine d'ouvrages rares, sélectionnés parmi les plus de 900 éditions de Christophe Plantin conservées à l'Université. Soutenu par la Fondation d'utilité publique Institut Moretus Plantin, ce projet marque une première étape avant le lancement, dès septembre, d'une nouvelle recherche sur le multilinguisme et les pratiques de traduction dans les éditions de l'imprimeur anversois. 

Pierre Assenmaker et Valérie Leyh
Pierre Assenmaker et Valérie Leyh

Avec ses 905 éditions sorties des presses de Christophe Plantin, la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin (BUMP) de l'UNamur abrite aujourd'hui l'une des plus importantes collections plantiniennes de Belgique. La plus importante est conservée au Musée Plantin-Moretus à Anvers, installé dans l'ancienne maison et imprimerie de Christophe Plantin. Cette richesse patrimoniale s'est considérablement étoffée en 2020, lorsque la collection constituée par Philippe de Dorlodot, grand collectionneur privé d’éditions plantiniennes, a été donnée à la Fondation Roi Baudouin, avec le souhait qu'elle soit conservée à l'UNamur. Un ensemble exceptionnel qui a déjà fait l’objet de l’édition d’un catalogue et qui a donné naissance à un ouvrage collectif consacré à l'héritage de ce grand imprimeur de la Renaissance. 

“Tout a commencé par un coup de téléphone du Pôle Patrimoine de la BUMP, qui souhaitait organiser une exposition consacrée à Christophe Plantin à l’occasion du 500e anniversaire de sa naissance en 2020", se souvient Pierre Assenmaker, professeur de langue et littérature latines à l'UNamur et codirecteur scientifique de l'ouvrage. Avec Valérie Leyh, professeure de littérature germanophone qui dispense également un cours d’histoire du livre, ils imaginent alors une collaboration autour de cette figure majeure de l'imprimerie européenne. Mais l'initiative a rapidement pris une autre dimension. “En voyant l’ampleur de cette collection, nous nous sommes dit qu'il fallait aller plus loin qu’une simple exposition”, souligne Valérie Leyh. “D’où l’idée de réaliser un ouvrage qui mette en valeur cette collection exceptionnelle conservée à l'UNamur.” 

L'ouvrage rassemble ainsi les contributions de 18 chercheurs, issus de l'UNamur et d'autres institutions en Belgique et aux Pays-Bas. La collection ayant déjà fait l'objet d'un catalogue exhaustif, publié avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, les auteurs ont choisi une approche thématique : comprendre comment Christophe Plantin est devenu, au XVIe siècle, l'un des imprimeurs les plus influents d'Europe. “Nous avons essayé d'identifier les différents facteurs de cette réussite”, explique Pierre Assenmaker. “Par son réseau d'humanistes mais aussi son incroyable sens des affaires, Christophe Plantin savait adapter ses livres à des publics différents, varier les formats, les langues, les illustrations. Il avait déjà cette capacité à penser plusieurs versions d'un même ouvrage selon les attentes de ses lecteurs.” 

“Nous avons essayé d'identifier les différents facteurs de cette réussite”

Les livres, témoins de plusieurs siècles d'histoire

Étudier les 905 ouvrages conservés à la BUMP aurait été un travail titanesque. Les chercheurs ont dû faire des choix. “Nous avons analysé une cinquantaine d’ouvrages qui nous semblaient les plus parlants”, poursuit Pierre Assenmaker. “Certains se distinguent par leur rareté, d'autres par leur beauté ou parce qu'ils illustrent particulièrement bien les stratégies éditoriales de Plantin. Forcément, toute sélection implique des renoncements et il reste encore énormément de trésors qui mériteraient d'être étudiés.” Les chercheurs ont également pu comparer plusieurs exemplaires d'une même édition. “Certains livres ont appartenu à plusieurs collectionneurs. D'autres ont été annotés au fil des siècles”, ajoute Valérie Leyh. “Ces notes manuscrites permettent de suivre la circulation des livres et de comprendre comment ils ont été utilisés ou transmis.”

 “Ces notes manuscrites permettent de suivre la circulation des livres et de comprendre comment ils ont été utilisés ou transmis.”

Au-delà des textes eux-mêmes, les chercheurs se sont aussi intéressés à l'objet-livre. Si l’on choisit aujourd’hui entre un grand format et un format poche, à la Renaissance, les possibilités étaient bien plus nombreuses. Au XVIe siècle, les livres étaient souvent vendus en cahiers non reliés. L'acquéreur décidait ensuite de la reliure, plus ou moins luxueuse, et pouvait même choisir d'ajouter certaines illustrations. Chaque exemplaire devenait alors un objet unique. De plus, comme le souligne Valérie Leyh, un même texte pouvait être décliné en plusieurs langues, avec ou sans illustrations, dans le but de toucher des publics différents. Une stratégie éditoriale particulièrement moderne pour l’époque, qui montre que l'imprimeur réfléchissait à la manière de s’adapter aux attentes de ses lecteurs. 

Un même texte pouvait être décliné en plusieurs langues, avec ou sans illustrations, dans le but de toucher des publics différents.

Ces recherches trouvent également un prolongement direct dans les enseignements de l’UNamur, notamment dans le cours « Le livre et la culture numérique » dispensé par Valérie Leyh. Les étudiants sont amenés à consulter une sélection d’ouvrages anciens conservés à la BUMP afin d’en étudier la matérialité. Une manière aussi de mettre ces objets en perspective avec les pratiques de lecture et les usages numériques actuels. 

Un nouveau chapitre s'ouvrira dès septembre

Si cet ouvrage marque l'aboutissement de plusieurs années de travail, il ouvre aussi la voie à de nouvelles investigations. Dès septembre, Pierre Assenmaker et Valérie Leyh ont lancé, avec le soutien de la Fondation d'utilité publique Institut Moretus Plantin, un projet de recherche de deux ans consacré au multilinguisme et à la traduction dans la production de Christophe Plantin. L'objectif sera d'étudier une quarantaine ou cinquantaine d'ouvrages conservés à la BUMP afin de mieux comprendre comment l'imprimeur anversois exploitait la diversité linguistique de son époque. “Aujourd'hui, avec les outils de traduction automatique ou l'intelligence artificielle, on a parfois tendance à oublier toute la complexité de la traduction”, constate Valérie Leyh. “À la Renaissance, traduire signifiait aussi adapter une œuvre à un nouveau public. Les traducteurs devenaient parfois co-auteurs.” 

Le projet, qui est mené en collaboration avec Asseline Sel engagée comme chercheuse postdoctorante, vise à mieux comprendre les stratégies éditoriales de Plantin à travers cette question des langues. Pourquoi certains ouvrages étaient-ils traduits ? À quels lecteurs s'adressaient-ils ? Comment un même texte pouvait-il être transformé, raccourci, enrichi ou illustré différemment selon le public visé ? Autant de questions auxquelles les chercheurs tenteront de répondre en analysant, non seulement le contenu des ouvrages, mais aussi leur matérialité, leurs annotations manuscrites et leur parcours au fil des siècles. 

Au-delà de l'histoire du livre, les deux chercheurs y voient aussi une invitation à mieux comprendre notre époque. “Le XVIe siècle est une période de profondes transformations, marquée par des crises politiques, religieuses et économiques, mais aussi par une formidable circulation des idées”, conclut Pierre Assenmaker. “Étudier cette période nous rappelle que les temps de crise ne sont pas incompatibles avec le développement de la culture et des connaissances. C'est sans doute l'un des enseignements les plus actuels que nous laisse aujourd'hui Christophe Plantin.” 

Envie d’en savoir plus ?

L’ouvrage, disponible aux Presses Universitaires de Namur, et le nouveau projet seront présentés le 8 octobre 2026 à l’UNamur (auditoire L03, accès via rue Grafé). L’inscription à cet événement est gratuite et possible via ce lien. Bienvenue à toutes et à tous ! 

Étudier cette période nous rappelle que les temps de crise ne sont pas incompatibles avec le développement de la culture et des connaissances.
Un projet rendu possible grâce au financement de la Fondation Roi Baudouin et de l'Institut Moretus Plantin

Le Département de langues et littératures germaniques mobilisé autour des lignes de vie

Langues germaniques
Pédagogie

Au Département de langues et littératures germaniques, l’année 2025-2026 est placée sous la thématique des « Lignes de vie » ou en langues cibles « Lifelines, Levenslijnen, Lebenslinien ». Pour la première fois, l’équipe enseignante et les étudiantes et étudiants se réunissent autour d’une thématique commune qui les accompagnera toute l’année académique. L’objectif : renforcer la cohérence entre les cours, créer une dynamique collective et explorer autrement les langues germaniques et leurs cultures.

Logo du Fil rouge du département de Langues et littératures germaniques

« Notre souhait était de créer une véritable dynamique dans notre enseignement et d’offrir de la cohérence à nos étudiantes et étudiants en travaillant toutes et tous autour d’une même thématique. Notre équipe s’est d’ailleurs inspirée des initiatives menées à la Faculté de droit, qui pratique le Fil Rouge depuis plusieurs années », explique Laurence Mettewie, directrice du Département de langues et littératures germaniques. « L’an dernier déjà, sans que cela ait été pensé explicitement, plusieurs activités de notre département tournaient autour de questions de reconstruction, de transmission ou encore de résilience. » Ce constat a incité l’équipe à officialiser cette approche en choisissant une thématique commune.

Le point de départ de cette première édition est le « Lifelines », organisé les 11 et 12 décembre 2025 par l’équipe de l’Unité d’anglais avec l’implication des étudiantes et étudiants du cours Language & Society, qui sera consacré au langage et à la littérature à travers les âges de la vie (infos Lifespan). 

Logo fil rouge langues et littératures germaniques 2025

Ainsi, le Département de langues et littératures germaniques a choisi de prolonger cette réflexion en s’intéressant à la manière dont les individus évoluent, grandissent et transmettent, avec une dimension intergénérationnelle qui tient particulièrement à cœur à l’équipe. 

Un programme d’activités pour explorer les lignes de vie

Lectures communes, cinéclub, voyages didactiques, sujets d’initiation à la recherche… ce sont plusieurs activités pédagogiques qui illustreront ce fil rouge tout au long de l’année.

Le Cinéclub de Germa proposera six films, en anglais, néerlandais et allemand. Pour inaugurer ce cycle, l’équipe a choisi un film qui illustre la thématique des lignes de vie : « Honig im Kopf » (« Du miel plein la tête ») de Til Schweiger. Ce film raconte, de manière à la fois humoristique et émouvante, l’histoire d’un grand-père atteint de la maladie d’Alzheimer et de sa petite-fille qui fera tout pour le « sauver », et porte ainsi un regard bienveillant sur des thèmes tels que la démence, la famille et la mémoire.

En néerlandais, les travaux de recherche en linguistique seront orientés vers la question de la transmission linguistique. Les étudiantes et étudiants exploreront ainsi comment les langues se transmettent, sont présentes à différentes étapes de la vie ou comment elles éclairent les liens intergénérationnels, par exemple à travers l’usage de WhatsApp.

Le traditionnel voyage d’études aux Pays-Bas s’inscrira lui aussi dans cette thématique. Cette année, direction Rotterdam et Fenix, son nouveau musée consacré à l’art et aux migrations, dont une des expositions retrace des histoires de mobilité, d’ancrage et de passages vers des vies qu’ils et elles espèrent meilleures. L’occasion pour les étudiantes et étudiants de confronter les notions de mémoire, de déplacement et d’héritage culturel au cœur même d’un parcours muséal pensé comme une succession de lignes de vie.

D’autres activités viendront enrichir le programme : projets étudiants spécialement conçus pour explorer les trajectoires de vie, analyses d’œuvres littéraires guidées par la thématique et des rencontres avec des autrices venues d’Irlande du nord et de Flandre : Wendy Erskine, et Lara Taveirne ainsi que son traducteur français Guillaume Deneufbourg. 

Découvrir le Département de langues et littératures germaniques

Quand les mèmes d’internet deviennent un objet de recherche

Littérature

Nés sur Internet, les mèmes font partie intégrante de la culture numérique. Ces images, souvent humoristiques, combinent texte et visuel pour faire passer un message. À l’UNamur, Lieven Vandelanotte, professeur de langue et linguistique anglaises et linguistique générale à la Faculté de philosophie et lettres, s’y est intéressé d’un point de vue linguistique. Dans son nouvel ouvrage, coécrit avec Barbara Dancygier de la University of British Columbia, il décrypte comment ces créations jouent avec les mots, les images et la grammaire. 

Lieven Vandelanotte

Apparu pour la première fois en 1976, le concept de mème a été utilisé par le biologiste Richard Dawkins, qui l’utilisait pour désigner une idée ou une habitude se propageant d’une personne à l’autre. Avec l’essor du numérique, le terme a pris un nouveau sens, désignant désormais ces images partagées et détournées en ligne, souvent accompagnées de texte, qui commentent l’actualité, expriment une émotion ou racontent une situation en quelques mots. Mais pour Lieven Vandelanotte, professeur à la Faculté de philosophie et lettres, les mèmes représentent un nouveau type de langage. « Les mèmes ne sont pas de simples illustrations. Ils combinent texte et image d’une manière qui transforme la façon dont le sens est construit », explique-t-il.

Un regard linguistique sur un langage numérique

Spécialiste du discours et de la linguistique anglaise, Lieven Vandelanotte étudie depuis plusieurs années le discours rapporté ainsi que la multimodalité, c’est-à-dire des productions qui combinent plusieurs modes d’expression, comme l’image et le texte. 

Grâce à son mandat de Professeur de recherche Francqui, obtenu en 2023, il a pu consacrer davantage de temps à cette thématique. « Ce mandat me donne l’occasion d’approfondir mes recherches sur la multimodalité et de finaliser ce livre, un projet que je mûrissais depuis longtemps. »

L’objectif de son travail ? Montrer que dans les mèmes, l’image joue un rôle linguistique à part entière. « Elle peut remplacer un mot, compléter une phrase ou exprimer un point de vue. C’est une véritable composante grammaticale. »

Quand les images construisent le sens

Parmi les mèmes qu’il analyse, Lieven Vandelanotte cite le célèbre Distracted Boyfriend (le petit ami distrait) : un homme détourne le regard de sa compagne pour admirer une autre femme.
« Ce mème illustre l’idée de faire un choix, de changer de préférence, de se détourner d’une option vers une autre. Une idée assez similaire est exprimée par le même qui s’appelle « Sortie 12 » (Exit 12). Un exemple qui mélange les deux, montre que les utilisateurs savent bien que ces images ne servent pas vraiment à parler d’un scénario entre amoureux ou d’une situation sur l’autoroute, mais ils perçoivent que différentes formes, avec des images différentes, peuvent avoir plus ou moins le même sens. »

Mème distracted boyfriend exit 12

Un autre exemple est celui du mème Good Girl Gina, où une jeune femme souriante est associée à des phrases décrivant un comportement « positif ». Dans la version Gets mad at you / Tells you why, l’humour repose sur le contraste avec un stéréotype sexiste : la protagoniste se fâche, mais, contrairement au stéréotype, elle explique pourquoi. « Dans ce cas, l’image remplit le rôle de sujet de la phrase. Elle n’illustre pas le texte, elle en fait partie intégrante et participe pleinement à la construction du sens », souligne Lieven Vandelanotte.

Mème Get mad at you

Il cite aussi la catégorie des when-memes, où une phrase débutant par When… (Quand…) se conclut par une image. Par exemple : « When you’re at a party full of people you don’t know so you stay with your friend the whole time » (Quand tu es à une fête pleine de gens que tu ne connais pas, donc tu restes avec ton ami tout le temps), accompagné de la photo d’un petit koala accroché à une jambe. « Ici, l’image vient terminer la phrase. Elle n’illustre pas directement la situation, elle en fournit la conclusion, comme un segment syntaxique à part entière. »

mème when

Ces analyses sont au cœur de l’ouvrage The Language of Memes, coécrit par Barbara Dancygier et Lieven Vandelanotte et publié chez Cambridge University Press.

Présenté comme le premier livre d’analyse linguistique approfondie des mèmes Internet, il propose une nouvelle approche de l’étude des genres multimodaux et explore la manière dont les images et les textes s’articulent pour créer du sens.

Cover de l’ouvrage The Language of Memes

Quand ça se déroule dans le train…

Au cours des dernières années, Lieven Vandelanotte a participé à de nombreux colloques pour présenter les résultats de ses recherches sur les mèmes, mais aucun n'était aussi original que le récent colloque « Railway Aesthetics ». Celui-ci s'est déroulé dans des trains en mouvement. Allant de Vienne à Bucarest, puis de Bucarest à Istanbul, les participants vivant ensemble dans les wagons pendant toute la durée de la conférence. Avec Justin Bai de l'Université du Colorado, il y a présenté un exposé sur l'utilisation des trains dans les mèmes Internet et les discours sur les réseaux sociaux, comme dans l'exemple ci-joint (un « when-meme » mettant en scène le regretté chef Anthony Bourdain, l’air très cool, reflétant ironiquement l'attitude de quelqu'un qui parvient à ne pas se faire moquer par un serveur français). 

mème train
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Jeroen Darquennes

Directeur du Département de langues et littératures germaniques

Manon VILAIN

Secrétaire des départements