La Faculté de médecine est pourvue de plusieurs entités de recherche transversales qui s'appuient également sur la collaboration avec le CHU UCL Godinne au sein de l'Institut de recherche Namur Institute for Life Sciences (Narilis).
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Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
Face à la pénurie croissante de médecins généralistes dans les zones rurales, l’Université de Namur lance une initiative inédite pour encourager les futurs praticiens à découvrir ces territoires. Cette année, neuf pôles d’accueil en milieu rural ont été mis en place dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants d’effectuer un stage dans des conditions facilitant leur immersion. Pensé pour lever les freins liés au logement, à la mobilité et à l’isolement, ce dispositif pilote trouve à Chevetogne, en partenariat avec la Province de Namur et plusieurs communes, une première déclinaison particulièrement prometteuse.
Aujourd’hui, plus de la moitié des communes wallonnes sont confrontées à une pénurie de médecins généralistes, avec des situations particulièrement préoccupantes dans le Hainaut, le sud de la province de Namur et la province de Luxembourg. Les territoires ruraux sont les premiers touchés.
Pour le Dr Dominique Henrion, médecin généraliste et responsable du master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur (co-diplomation UCLouvain), il est essentiel d’agir dès la formation :
« Les stages répétés en milieu rural augmentent fortement les chances qu’un jeune médecin choisisse ensuite de s’y installer. Nous savons aussi que les étudiants y sont largement favorables. Il fallait donc transformer cet intérêt en possibilité réelle. »
Or, plusieurs obstacles freinent encore ces expériences de terrain : le logement, la mobilité et la crainte de l’isolement. C’est pour répondre à ces difficultés qu’a été imaginé le concept de pôle d’accueil en milieu rural.
Une formule intégrée pour lever les freins
Concrètement, ces pôles proposent aux étudiants de Bac 3 en médecine un stage organisé autour de trois éléments essentiels : un médecin tuteur, un logement à proximité et une solution de transport pendant toute la durée du stage.
Aurélie Strickaert, chargée de projet au sein du Département de médecine de l’UNamur, souligne la logique très concrète du dispositif :
« Nous avons voulu construire une solution simple et efficace, directement centrée sur les besoins des étudiants. En réunissant encadrement, hébergement et mobilité, nous créons les conditions qui rendent un stage en milieu rural réellement accessible et attractif. »
Cette année, neuf pôles d’accueil ont été créés dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants de vivre une expérience de stage diversifiée sur le terrain.
Chevetogne, un pôle pilote exemplaire
Parmi ces différents pôles, celui de Chevetogne se distingue par son caractère structurant et reproductible. Son originalité repose sur la mise à disposition d’un logement au sein du Domaine provincial de Chevetogne, capable d’accueillir sept étudiants effectuant leur stage auprès de médecins installés dans les communes de Ciney, Houyet et Rochefort. Pour faciliter leurs déplacements, chaque commune partenaire met à disposition une navette du CPAS ou un véhicule communal.
Pour la Province de Namur, ce projet s’inscrit pleinement dans ses priorités territoriales et de bien-être. Virginie Solbreux, cheffe de cabinet représentant la Députée provinciale Isabelle Joiret, explique :
« En soutenant cette initiative, la Province de Namur contribue à une réponse concrète à la pénurie de médecins en zones rurales. C’est une manière de soutenir les acteurs locaux, d’encourager l’attractivité du territoire et de participer à une démarche porteuse de sens pour les citoyens. »
Un cadre d’accueil pensé pour les étudiants
Le Domaine provincial de Chevetogne joue un rôle central dans cette phase pilote. En plus de proposer un hébergement adapté, il contribue à réduire le sentiment d’isolement en regroupant les stagiaires sur un même lieu de vie.
Pour Marie-Julie Baeken, directrice du Domaine provincial de Chevetogne, cette implication s’inscrit naturellement dans la vocation du site :
« Le Domaine de Chevetogne offre un cadre de vie confortable, convivial et propice à l’accueil temporaire des étudiants. En participant à ce projet, nous mettons nos infrastructures au service d’un enjeu sociétal important et d’une dynamique territoriale innovante. »
Au-delà de l’accueil pratique, le projet permet aussi de valoriser les coopérations locales entre l’université, les pouvoirs publics provinciaux, les communes et les professionnels de santé.
Une réponse locale à un enjeu de société
En rapprochant les étudiants des réalités de terrain, les pôles d’accueil en milieu rural visent un double objectif : améliorer les conditions de stage et susciter, à plus long terme, des installations médicales dans des zones aujourd’hui sous-dotées.
Avec cette initiative, l’UNamur et ses partenaires démontrent qu’une réponse innovante à la pénurie médicale peut naître de la collaboration entre monde académique, autorités publiques et acteurs locaux. À Chevetogne et dans la région de Ciney, cette dynamique est désormais bien lancée.
Une carte interactive pour objectiver C’est à la fructueuse collaboration interdisciplinaire entre les géographes Aliz Hevesi et Catherine Linard, l’informaticien Nicolas Matton et le Dr Dominique Henrion, que l’on doit la mise en ligne d’une carte présentant un nouvel indice de ruralité spécifique à la Wallonie, qui combine densité de population, typologie urbaine et temps d’accès aux pôles d’activités. Cette carte interactive vise à mieux planifier l’offre de soins dans les zones rurales et à guider les futurs généralistes dans leur choix d’installation. Ce nouvel outil a déjà été diffusé dans la presse spécialisée en vue de sa mise à disposition des professionnels. Publié en open source, la carte interactive est accessible gratuitement ci-dessous.
L’observatoire de médecine rurale de l’UNamur
Depuis 2023, l’Observatoire universitaire en médecine rurale de l’UNamur (OUMRu) travaille sur la question de la raréfaction de l’offre en médecine générale, en particulier dans les zones en pénurie en Wallonie, en vue d’identifier des pistes de solutions en collaboration avec les acteurs de terrain.
Le master de spécialisation en médecine rurale de l’UNamur
(en co-diplomation UNamur-UCLouvain)
Pilule contraceptive : de nouvelles preuves scientifiques en faveur des œstrogènes naturels
Pilule contraceptive : de nouvelles preuves scientifiques en faveur des œstrogènes naturels
Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’UNamur confirme une réalité encore trop peu connue du grand public : toutes les pilules contraceptives combinées n’exposent pas les femmes au même risque de thrombose veineuse. Ce travail a été mené par Lucie Raskin, chercheuse à l’Université de Namur, sous la supervision du Professeur Jonathan Douxfils, spécialiste de la thrombose et des effets des hormones sur la coagulation. Une avancée importante sur le plan de la santé publique.
En analysant les déclarations d’effets indésirables enregistrées dans la base de pharmacovigilance américaine de la Food and Drug Administration, des chercheurs de l’UNamur ont montré que certaines pilules contenant des estrogènes plus proches de ceux produits naturellement par l’organisme, comme le 17β-estradiol ou l’estétrol, étaient associées à moins de signalements de caillots sanguins que les pilules contenant de l’éthinylestradiol, un estrogène de synthèse largement utilisé depuis plusieurs décennies. Plus encore, les proportions observées avec ces nouvelles générations de contraceptifs étaient proches de celles rapportées avec des pilules ne contenant qu’un progestatif, réputés comme étant les plus sécuritaires au niveau cardiovasculaire.
Cette étude confirme les données collectées par la même équipe dans EudraVigilance, la base de données européenne de gestion et d’analyse des déclarations d’effets indésirables liés aux médicaments, et parues en 2025 dans la revue Contraception.
Les conclusions de ces travaux envoient un signal important en matière de santé publique, car la pilule est utilisée par des millions de femmes à travers le monde. Ces résultats conduisent à repenser certaines habitudes de prescription au profit d’options à profil thrombotique plus favorable voire neutre. Une contribution d’autant plus primordiale aujourd’hui, alors que de plus en plus de personnes se détournent des contraceptifs ou traitements hormonaux de substitution pourtant essentiels en termes de santé publique.
« Notre objectif est de faire bouger les lignes au niveau des recommandations de prescription. Les preuves biologiques et observationnelles en faveur des formulations à base d’estrogènes naturels se multiplient. Ces données nous montrent que des alternatives plus sûres existent, il est temps d’inverser la tendance. » - Lucie Raskin, Chercheuse au Département de pharmacie.
La recherche belge pionnière en matière de santé féminine
Au-delà des résultats eux-mêmes, cette publication illustre le rôle de la recherche académique belge dans un domaine à fort impact sociétal. À travers ce travail, Lucie Raskin incarne une nouvelle génération de chercheuses engagées sur des questions concrètes de santé des femmes, tandis que Jonathan Douxfils apporte l’expertise scientifique et clinique développée depuis plusieurs années sur les liens entre hormones, coagulation et risque thrombotique. Cette expertise dépasse aujourd’hui le cadre local et s’inscrit dans une dynamique européenne et internationale, notamment à travers la participation de Jonathan Douxfils à plusieurs réseaux d’experts internationaux consacrés à la sécurité contraceptive et à l’évaluation du risque thrombotique lié aux hormones.
Si la thrombose veineuse est la complication la plus grave liée à la prise de contraceptif hormonal, d’autres volets commencent par ailleurs à être étudiés par la communauté scientifique, notamment en termes de santé osseuse ou de santé mentale. Concernant les risques de cancer du sein, là aussi, les données sont en train d’être actualisées et démontrent des profils favorables en fonction du progestatif utilisé.
Prévenir, protéger, personnaliser
Ces travaux démontrent qu’un choix contraceptif plus éclairé est possible et qu’une meilleure utilisation des connaissances scientifiques peut améliorer la prévention, limiter des événements graves et renforcer une médecine plus personnalisée dans le domaine de la santé féminine.
Mieux distinguer les profils de risque entre contraceptifs permet d’améliorer l’information donnée aux femmes, d’aider les médecins à faire des choix plus individualisés et, à terme, de réduire des complications évitables. Il ne s’agit pas de remettre en cause la contraception hormonale, mais de contribuer à une contraception plus sûre, plus moderne et mieux adaptée au profil de chaque femme.
L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC)
L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC) de l'UNamur a pour mission principale de mener des études et des recherches visant à évaluer l'efficacité, la sécurité et l'impact clinique des médicaments, des traitements et des interventions médicales. Elle rassemble des chercheurs des différents départements de la Faculté de médecine.
VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
Soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche, et portés par les Universités de Liège au sein du Laboratoire de Spectrométrie de masse (MSLab, Faculté des sciences), et de Namur, au sein du Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer, (NARILIS, LBMC, Faculté de médecine), le projet VENOM2 explore le potentiel des peptides issus de venins animaux pour développer de nouvelles solutions diagnostiques et thérapeutiques en oncologie.
Crédit photo : (c) Shutterstock - Craig Cordier
Les venins animaux constituent une source remarquable de diversité moléculaire. Leur étude, appelée vénomique, permet d’identifier et de caractériser les peptides et les protéines qui les composent. Optimisés par l’évolution pour interagir de manière rapide et sélective avec des cibles biologiques, certains de ces peptides pourraient offrir de nouvelles opportunités pour mieux détecter, comprendre ou cibler des cellules cancéreuses.
Un projet soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche
C’est cette piste qu’explore le projet VENOM2 (Venom-based Exploration for Novel Oncology Molecules), qui vient de bénéficier d’un financement Win4SpinOff, une mesure du SPW Recherche destinée à soutenir la maturation de résultats de recherche en vue de la création de sociétés spin-off en Wallonie.
Cibler les cancers les plus résistants aux traitements
VENOM2 se concentre dans un premier temps sur un cancer réfractaire pour lequel les options thérapeutiques restent limitées. Ce choix repose notamment sur l’intérêt croissant pour certaines cibles biologiques impliquées dans la progression tumorale et la résistance aux traitements, que des peptides issus de venins pourraient contribuer à mieux détecter, moduler ou cibler.
Une thèse de doctorat en cotutelle entre l’ULiège et l’UNamur
Le projet est mené sous la supervision conjointe des Professeurs Loïc Quinton (Laboratoire de Spectrométrie de masse, MolSys / Faculté des Sciences, ULiège) et Jean-Pierre Gillet - sur la photo - (Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer (LBMC), Institut de recherche NARILIS, Faculté de médecine, UNamur). Il s’appuie sur la complémentarité de leurs expertises respectives : d’une part, la spectrométrie de masse, la protéomique et l’analyse fine de mélanges biologiques complexes tels que les venins ; d’autre part, l’étude des mécanismes de résistance des cancers aux traitements.
Il est porté par Lou Freuville, doctorante en cotutelle au MSLab ULiège et au LBMC UNamur. Elle bénéficie, dans ce cadre, de l’encadrement conjoint de ses deux promoteurs pour mener à bien ce projet.
Une approche combinant expertise analytique et biologie du cancer
Concrètement, VENOM2 combinera le fractionnement de venins, le criblage fonctionnel sur modèles cellulaires sains et cancéreux et des analyses structurales avancées afin d’identifier des peptides capables de cibler spécifiquement des cellules cancéreuses ou des mécanismes impliqués dans la progression tumorale. L’approche associe ainsi l’expertise analytique de l’ULiège dans la caractérisation des peptides et l’expertise de l’UNamur dans les modèles biologiques et cellulaires du cancer.
L’originalité du projet repose sur un double potentiel de valorisation. Certains peptides pourraient être développés comme agents de ciblage pour l’imagerie moléculaire, contribuant à un diagnostic plus précis. D’autres candidats pourraient présenter un potentiel thérapeutique, en modulant sélectivement des voies biologiques clés en oncologie.
« Avec VENOM2, nous voulons transformer une biodiversité encore largement sous-exploitée en opportunités pour l’oncologie de précision. Le financement Win4SpinOff nous donne les moyens de franchir de nouvelles étapes importantes en recherche et l’opportunité de confronter nos idées au marché. Il concrétise notre volonté de développer des solutions thérapeutiques innovantes pour les cancers réfractaires aux traitements conventionnels », soulignent les Professeurs Loïc Quinton et Jean-Pierre Gillet.
Vers une future spin-off wallonne
Au-delà de son ambition scientifique, VENOM2 s’inscrit dans une dynamique de transfert technologique et de création de valeur, en posant les bases d’une future entreprise spin-off spécialisée dans la valorisation de peptides issus de venins pour la santé humaine, avec l’appui des équipes de transfert de technologies de l’ULiège, de l’UNamur et de la société de valorisation et d’investissement de l’ULiège, Gesval.
« Ce projet se situe à l’interface entre plusieurs expertises : l’analyse fine des venins, la biologie du cancer et le développement de modèles cellulaires pertinents. L’objectif est d’identifier des peptides capables non seulement de reconnaître certaines cellules tumorales, mais aussi d’ouvrir de nouvelles pistes pour mieux comprendre et cibler des mécanismes impliqués dans les cancers résistants aux traitements actuels », explique Lou Freuville.
Le projet a été construit avec l’accompagnement des équipes de transfert de technologies : Yasmina Zeroual pour l’ULiège, Daniel Maréchal pour Gesval, ainsi qu’Eléana Somville et Joël Marinozzi pour l’UNamur.
En savoir plus
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
C’est une importante reconnaissance pour deux membres de la Faculté de médecine de l’UNamur : la Professeure Charlotte Beaudart, responsable de la filière "recherche clinique" du Master en sciences biomédicales, et le Professeur Jonathan Douxfils (Faculté de médecine, URPC – NARILIS) viennent de rejoindre le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique.
Cette nomination distingue de jeunes scientifiques belges dont les travaux contribuent de manière significative à l’avancement de la médecine et des sciences biomédicales.
Cette désignation représente avant tout une reconnaissance de notre engagement scientifique, académique et sociétal dans le domaine de la santé. Au travers de nos parcours respectifs, nous partageons une même volonté de contribuer, par la recherche, l’enseignement et le dialogue interdisciplinaire, à une meilleure compréhension des enjeux de santé publique et, plus largement, à l’amélioration de la santé de la population.
- Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils
« Cette désignation est également importante car elle nous permet de nous inscrire dans un espace de réflexion qui dépasse les cadres institutionnels habituels », ajoute Jontahn Douxifls.
Le Collège offre en effet une opportunité précieuse de collaborer avec des chercheuses et chercheurs issus d’autres universités, d’autres disciplines et d’autres générations scientifiques.
« Dans un contexte où les défis médicaux, scientifiques et sociétaux deviennent de plus en plus complexes, cette approche transversale et transgénérationnelle nous paraît essentielle pour faire émerger une intelligence collective, au service de l’Académie, de la communauté scientifique et de la société », poursuit-il.
Au sein de ce Collège, Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils apporteront leur expertise dans leurs domaines respectifs (pharmacologie clinique et toxicologie, ainsi que vieillissement), en contribuant à une dynamique de collégialité, de transmission et de mise en lien.
« Notre ambition est de participer au développement d’initiatives qui rapprochent recherche fondamentale, recherche clinique, santé publique et innovation, tout en soutenant une culture scientifique fondée sur la rigueur, l’ouverture, la coopération et le service du bien commun », concluent-ils.
Charlotte Beaudart
Lauréate de différentes prestigieuses distinctions, Charlotte Beaudart est professeure associée de recherche clinique à l'UNamur, membre de l’Institut NARILIS et conseillère principale auprès du Centre collaborateur de l'OMS pour l'épidémiologie de la santé musculo-squelettique et du vieillissement.
Elle vient de recevoir le Prix René de Cooman (mars 2026), une distinction attribuée tous les deux ans par la Société Belge de Gérontologie et Gériatrie (SBGG) qui récompense les contributions scientifiques majeures de jeunes chercheurs ou chercheuses belges dans le domaine médical et biomédical.
La Société européenne pour les aspects cliniques et économiques de l'ostéoporose, l'arthrose et des maladies musculo-squelettiques (ESCEO) et la Fondation internationale contre l'ostéoporose (IOF) viennent également de lui décerner le Prix Pierre Meunier 2026 ESCEO-IOF (https://www.osteoporosis.foundation/news/charlotte-beaudart-receives-prestigious-esceo-iof-pierre-meunier-young-scientist-award ) du jeune scientifique. Ce prestigieux prix annuel a été remis en avril 2026 lors du congrès WCO-IOF-ESCEO à Prague.
Les travaux de Charlotte Beaudart portent sur le vieillissement et, plus particulièrement, à la sarcopénie, une pathologie caractérisée par la perte de masse et de fonction musculaires chez les personnes âgées. À travers ses recherches, Charlotte Beaudart a contribué de manière significative à une meilleure compréhension de cette maladie, notamment via le développement de la cohorte SarcoPhAge (pour Sarcopenia and Physical Impairments with advancing Age), une cohorte belge incluant plus de 500 personnes de plus de 65 ans suivis prospectivement durant 10 ans, et la création du questionnaire SarQoL, aujourd’hui utilisé internationalement pour évaluer la qualité de vie des patients atteints de sarcopénie .
Jonathan Douxfils
Spécialisé en pharmacologie clinique et toxicologie, Jonathan Douxfils mène des recherches reconnues internationalement dans les domaines de l’hémostase, de la thrombose, du développement de nouveaux outils diagnostiques et de la pharmacovigilance. Il est Directeur de l'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC - https://www.unamur.be/fr/medecine/recherche/urpc ) de la Faculté de médecine de l’UNamur et membre de l’Institut de recherche NARILIS.
Depuis 2023, il dirige une unité de recherche en pharmacologie clinique et toxicologie, composée de sept académiques et d'une dizaine de doctorants. Le Professeur Douxfils collabore avec de nombreux chercheurs dans les secteurs industriel, hospitalier et universitaire pour développer des biomarqueurs précis et sensibles en hémostase, sérologie, oncologie, et plus récemment, en neurologie. Il a obtenu de nombreux financements pour ses recherches en thrombose, hémostase, maladies infectieuses, oncologie et thérapies géniques. Son approche multidisciplinaire et sa maîtrise des biomarqueurs sanguins lui permettent de travailler sur des projets interconnectés. Il a également exercé en tant qu'expert en pharmacovigilance à l'Agence européenne des médicaments en tant qu'évaluateur, co-préside le SSC Control of Anticoagulation à la Société internationale de thrombose et d'hémostase (ISTH), et est membre de l'équipe d'experts Haemostasis Diagnostics à l'ECAT ainsi que de la Société Belge de Thrombose et Hémostase (BSTH). Il coordonne les recommandations du Conseil international de normalisation en hématologie (ICSH) sur la mesure des anticoagulants directs oraux et est rédacteur associé dans plusieurs revues scientifiques.
En savoir plus sur le Collège des jeunes chercheuses et chercheurs
Sous l'impulsion de son Secrétaire perpétuel, Georges Casimir, l'Académie a souhaité la création d'un Collège des jeunes chercheurs avec lequel elle travaille de manière structurée et régulière. Il constitue une instance consultative et prospective de l’Académie.
Il a pour mission :
- d’attirer et d’impliquer les jeunes chercheurs dans la vie scientifique et académique de l’ARMB ;
- de favoriser la réflexion sur les enjeux actuels et futurs de la recherche (bio)médicale fondamentale, translationnelle et clinique ;
- de servir de creuset d’idées et de propositions pour le Bureau, les Sections et les Commissions de l’ARMB;
- d’organiser, en collaboration avec l’Académie, au moins une séance scientifique annuelle dédiée aux jeunes chercheurs.
Le Collège est composé de 36 membres effectifs, à raison de six membres par Section de l’ARM ; 4 membres effectifs complémentaires pourront être proposés par le Bureau pour atteindre 40. Les membres sont âgés de moins de 46 ans au 31 décembre de l’année de leur nomination et ont obtenu leur diplôme de master depuis au moins 11 années.
L’Institut de recherche NARILIS
NARILIS cherche à stimuler les interactions bidirectionnelles entre les chercheurs fondamentaux et les médecins, et à établir des passerelles entre le laboratoire et le chevet du patient. NARILIS vise donc à faciliter la transposition des résultats de la recherche fondamentale en applications cliniques. Sa mission est de promouvoir la recherche multidisciplinaire afin d'améliorer la santé humaine et animale et la qualité de vie.
Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
Pénurie de médecins généralistes en milieu rural : l’UNamur innove avec des pôles d’accueil
Face à la pénurie croissante de médecins généralistes dans les zones rurales, l’Université de Namur lance une initiative inédite pour encourager les futurs praticiens à découvrir ces territoires. Cette année, neuf pôles d’accueil en milieu rural ont été mis en place dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants d’effectuer un stage dans des conditions facilitant leur immersion. Pensé pour lever les freins liés au logement, à la mobilité et à l’isolement, ce dispositif pilote trouve à Chevetogne, en partenariat avec la Province de Namur et plusieurs communes, une première déclinaison particulièrement prometteuse.
Aujourd’hui, plus de la moitié des communes wallonnes sont confrontées à une pénurie de médecins généralistes, avec des situations particulièrement préoccupantes dans le Hainaut, le sud de la province de Namur et la province de Luxembourg. Les territoires ruraux sont les premiers touchés.
Pour le Dr Dominique Henrion, médecin généraliste et responsable du master de spécialisation en médecine générale de l’UNamur (co-diplomation UCLouvain), il est essentiel d’agir dès la formation :
« Les stages répétés en milieu rural augmentent fortement les chances qu’un jeune médecin choisisse ensuite de s’y installer. Nous savons aussi que les étudiants y sont largement favorables. Il fallait donc transformer cet intérêt en possibilité réelle. »
Or, plusieurs obstacles freinent encore ces expériences de terrain : le logement, la mobilité et la crainte de l’isolement. C’est pour répondre à ces difficultés qu’a été imaginé le concept de pôle d’accueil en milieu rural.
Une formule intégrée pour lever les freins
Concrètement, ces pôles proposent aux étudiants de Bac 3 en médecine un stage organisé autour de trois éléments essentiels : un médecin tuteur, un logement à proximité et une solution de transport pendant toute la durée du stage.
Aurélie Strickaert, chargée de projet au sein du Département de médecine de l’UNamur, souligne la logique très concrète du dispositif :
« Nous avons voulu construire une solution simple et efficace, directement centrée sur les besoins des étudiants. En réunissant encadrement, hébergement et mobilité, nous créons les conditions qui rendent un stage en milieu rural réellement accessible et attractif. »
Cette année, neuf pôles d’accueil ont été créés dans les provinces de Namur, du Hainaut et du Luxembourg, permettant à 26 étudiants de vivre une expérience de stage diversifiée sur le terrain.
Chevetogne, un pôle pilote exemplaire
Parmi ces différents pôles, celui de Chevetogne se distingue par son caractère structurant et reproductible. Son originalité repose sur la mise à disposition d’un logement au sein du Domaine provincial de Chevetogne, capable d’accueillir sept étudiants effectuant leur stage auprès de médecins installés dans les communes de Ciney, Houyet et Rochefort. Pour faciliter leurs déplacements, chaque commune partenaire met à disposition une navette du CPAS ou un véhicule communal.
Pour la Province de Namur, ce projet s’inscrit pleinement dans ses priorités territoriales et de bien-être. Virginie Solbreux, cheffe de cabinet représentant la Députée provinciale Isabelle Joiret, explique :
« En soutenant cette initiative, la Province de Namur contribue à une réponse concrète à la pénurie de médecins en zones rurales. C’est une manière de soutenir les acteurs locaux, d’encourager l’attractivité du territoire et de participer à une démarche porteuse de sens pour les citoyens. »
Un cadre d’accueil pensé pour les étudiants
Le Domaine provincial de Chevetogne joue un rôle central dans cette phase pilote. En plus de proposer un hébergement adapté, il contribue à réduire le sentiment d’isolement en regroupant les stagiaires sur un même lieu de vie.
Pour Marie-Julie Baeken, directrice du Domaine provincial de Chevetogne, cette implication s’inscrit naturellement dans la vocation du site :
« Le Domaine de Chevetogne offre un cadre de vie confortable, convivial et propice à l’accueil temporaire des étudiants. En participant à ce projet, nous mettons nos infrastructures au service d’un enjeu sociétal important et d’une dynamique territoriale innovante. »
Au-delà de l’accueil pratique, le projet permet aussi de valoriser les coopérations locales entre l’université, les pouvoirs publics provinciaux, les communes et les professionnels de santé.
Une réponse locale à un enjeu de société
En rapprochant les étudiants des réalités de terrain, les pôles d’accueil en milieu rural visent un double objectif : améliorer les conditions de stage et susciter, à plus long terme, des installations médicales dans des zones aujourd’hui sous-dotées.
Avec cette initiative, l’UNamur et ses partenaires démontrent qu’une réponse innovante à la pénurie médicale peut naître de la collaboration entre monde académique, autorités publiques et acteurs locaux. À Chevetogne et dans la région de Ciney, cette dynamique est désormais bien lancée.
Une carte interactive pour objectiver C’est à la fructueuse collaboration interdisciplinaire entre les géographes Aliz Hevesi et Catherine Linard, l’informaticien Nicolas Matton et le Dr Dominique Henrion, que l’on doit la mise en ligne d’une carte présentant un nouvel indice de ruralité spécifique à la Wallonie, qui combine densité de population, typologie urbaine et temps d’accès aux pôles d’activités. Cette carte interactive vise à mieux planifier l’offre de soins dans les zones rurales et à guider les futurs généralistes dans leur choix d’installation. Ce nouvel outil a déjà été diffusé dans la presse spécialisée en vue de sa mise à disposition des professionnels. Publié en open source, la carte interactive est accessible gratuitement ci-dessous.
L’observatoire de médecine rurale de l’UNamur
Depuis 2023, l’Observatoire universitaire en médecine rurale de l’UNamur (OUMRu) travaille sur la question de la raréfaction de l’offre en médecine générale, en particulier dans les zones en pénurie en Wallonie, en vue d’identifier des pistes de solutions en collaboration avec les acteurs de terrain.
Le master de spécialisation en médecine rurale de l’UNamur
(en co-diplomation UNamur-UCLouvain)
Pilule contraceptive : de nouvelles preuves scientifiques en faveur des œstrogènes naturels
Pilule contraceptive : de nouvelles preuves scientifiques en faveur des œstrogènes naturels
Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’UNamur confirme une réalité encore trop peu connue du grand public : toutes les pilules contraceptives combinées n’exposent pas les femmes au même risque de thrombose veineuse. Ce travail a été mené par Lucie Raskin, chercheuse à l’Université de Namur, sous la supervision du Professeur Jonathan Douxfils, spécialiste de la thrombose et des effets des hormones sur la coagulation. Une avancée importante sur le plan de la santé publique.
En analysant les déclarations d’effets indésirables enregistrées dans la base de pharmacovigilance américaine de la Food and Drug Administration, des chercheurs de l’UNamur ont montré que certaines pilules contenant des estrogènes plus proches de ceux produits naturellement par l’organisme, comme le 17β-estradiol ou l’estétrol, étaient associées à moins de signalements de caillots sanguins que les pilules contenant de l’éthinylestradiol, un estrogène de synthèse largement utilisé depuis plusieurs décennies. Plus encore, les proportions observées avec ces nouvelles générations de contraceptifs étaient proches de celles rapportées avec des pilules ne contenant qu’un progestatif, réputés comme étant les plus sécuritaires au niveau cardiovasculaire.
Cette étude confirme les données collectées par la même équipe dans EudraVigilance, la base de données européenne de gestion et d’analyse des déclarations d’effets indésirables liés aux médicaments, et parues en 2025 dans la revue Contraception.
Les conclusions de ces travaux envoient un signal important en matière de santé publique, car la pilule est utilisée par des millions de femmes à travers le monde. Ces résultats conduisent à repenser certaines habitudes de prescription au profit d’options à profil thrombotique plus favorable voire neutre. Une contribution d’autant plus primordiale aujourd’hui, alors que de plus en plus de personnes se détournent des contraceptifs ou traitements hormonaux de substitution pourtant essentiels en termes de santé publique.
« Notre objectif est de faire bouger les lignes au niveau des recommandations de prescription. Les preuves biologiques et observationnelles en faveur des formulations à base d’estrogènes naturels se multiplient. Ces données nous montrent que des alternatives plus sûres existent, il est temps d’inverser la tendance. » - Lucie Raskin, Chercheuse au Département de pharmacie.
La recherche belge pionnière en matière de santé féminine
Au-delà des résultats eux-mêmes, cette publication illustre le rôle de la recherche académique belge dans un domaine à fort impact sociétal. À travers ce travail, Lucie Raskin incarne une nouvelle génération de chercheuses engagées sur des questions concrètes de santé des femmes, tandis que Jonathan Douxfils apporte l’expertise scientifique et clinique développée depuis plusieurs années sur les liens entre hormones, coagulation et risque thrombotique. Cette expertise dépasse aujourd’hui le cadre local et s’inscrit dans une dynamique européenne et internationale, notamment à travers la participation de Jonathan Douxfils à plusieurs réseaux d’experts internationaux consacrés à la sécurité contraceptive et à l’évaluation du risque thrombotique lié aux hormones.
Si la thrombose veineuse est la complication la plus grave liée à la prise de contraceptif hormonal, d’autres volets commencent par ailleurs à être étudiés par la communauté scientifique, notamment en termes de santé osseuse ou de santé mentale. Concernant les risques de cancer du sein, là aussi, les données sont en train d’être actualisées et démontrent des profils favorables en fonction du progestatif utilisé.
Prévenir, protéger, personnaliser
Ces travaux démontrent qu’un choix contraceptif plus éclairé est possible et qu’une meilleure utilisation des connaissances scientifiques peut améliorer la prévention, limiter des événements graves et renforcer une médecine plus personnalisée dans le domaine de la santé féminine.
Mieux distinguer les profils de risque entre contraceptifs permet d’améliorer l’information donnée aux femmes, d’aider les médecins à faire des choix plus individualisés et, à terme, de réduire des complications évitables. Il ne s’agit pas de remettre en cause la contraception hormonale, mais de contribuer à une contraception plus sûre, plus moderne et mieux adaptée au profil de chaque femme.
L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC)
L'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC) de l'UNamur a pour mission principale de mener des études et des recherches visant à évaluer l'efficacité, la sécurité et l'impact clinique des médicaments, des traitements et des interventions médicales. Elle rassemble des chercheurs des différents départements de la Faculté de médecine.
VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
VENOM2 : Quand les venins animaux ouvrent de nouvelles pistes contre le cancer
Soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche, et portés par les Universités de Liège au sein du Laboratoire de Spectrométrie de masse (MSLab, Faculté des sciences), et de Namur, au sein du Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer, (NARILIS, LBMC, Faculté de médecine), le projet VENOM2 explore le potentiel des peptides issus de venins animaux pour développer de nouvelles solutions diagnostiques et thérapeutiques en oncologie.
Crédit photo : (c) Shutterstock - Craig Cordier
Les venins animaux constituent une source remarquable de diversité moléculaire. Leur étude, appelée vénomique, permet d’identifier et de caractériser les peptides et les protéines qui les composent. Optimisés par l’évolution pour interagir de manière rapide et sélective avec des cibles biologiques, certains de ces peptides pourraient offrir de nouvelles opportunités pour mieux détecter, comprendre ou cibler des cellules cancéreuses.
Un projet soutenu par le programme Win4SpinOff du SPW Recherche
C’est cette piste qu’explore le projet VENOM2 (Venom-based Exploration for Novel Oncology Molecules), qui vient de bénéficier d’un financement Win4SpinOff, une mesure du SPW Recherche destinée à soutenir la maturation de résultats de recherche en vue de la création de sociétés spin-off en Wallonie.
Cibler les cancers les plus résistants aux traitements
VENOM2 se concentre dans un premier temps sur un cancer réfractaire pour lequel les options thérapeutiques restent limitées. Ce choix repose notamment sur l’intérêt croissant pour certaines cibles biologiques impliquées dans la progression tumorale et la résistance aux traitements, que des peptides issus de venins pourraient contribuer à mieux détecter, moduler ou cibler.
Une thèse de doctorat en cotutelle entre l’ULiège et l’UNamur
Le projet est mené sous la supervision conjointe des Professeurs Loïc Quinton (Laboratoire de Spectrométrie de masse, MolSys / Faculté des Sciences, ULiège) et Jean-Pierre Gillet - sur la photo - (Laboratoire de Biologie Moléculaire du Cancer (LBMC), Institut de recherche NARILIS, Faculté de médecine, UNamur). Il s’appuie sur la complémentarité de leurs expertises respectives : d’une part, la spectrométrie de masse, la protéomique et l’analyse fine de mélanges biologiques complexes tels que les venins ; d’autre part, l’étude des mécanismes de résistance des cancers aux traitements.
Il est porté par Lou Freuville, doctorante en cotutelle au MSLab ULiège et au LBMC UNamur. Elle bénéficie, dans ce cadre, de l’encadrement conjoint de ses deux promoteurs pour mener à bien ce projet.
Une approche combinant expertise analytique et biologie du cancer
Concrètement, VENOM2 combinera le fractionnement de venins, le criblage fonctionnel sur modèles cellulaires sains et cancéreux et des analyses structurales avancées afin d’identifier des peptides capables de cibler spécifiquement des cellules cancéreuses ou des mécanismes impliqués dans la progression tumorale. L’approche associe ainsi l’expertise analytique de l’ULiège dans la caractérisation des peptides et l’expertise de l’UNamur dans les modèles biologiques et cellulaires du cancer.
L’originalité du projet repose sur un double potentiel de valorisation. Certains peptides pourraient être développés comme agents de ciblage pour l’imagerie moléculaire, contribuant à un diagnostic plus précis. D’autres candidats pourraient présenter un potentiel thérapeutique, en modulant sélectivement des voies biologiques clés en oncologie.
« Avec VENOM2, nous voulons transformer une biodiversité encore largement sous-exploitée en opportunités pour l’oncologie de précision. Le financement Win4SpinOff nous donne les moyens de franchir de nouvelles étapes importantes en recherche et l’opportunité de confronter nos idées au marché. Il concrétise notre volonté de développer des solutions thérapeutiques innovantes pour les cancers réfractaires aux traitements conventionnels », soulignent les Professeurs Loïc Quinton et Jean-Pierre Gillet.
Vers une future spin-off wallonne
Au-delà de son ambition scientifique, VENOM2 s’inscrit dans une dynamique de transfert technologique et de création de valeur, en posant les bases d’une future entreprise spin-off spécialisée dans la valorisation de peptides issus de venins pour la santé humaine, avec l’appui des équipes de transfert de technologies de l’ULiège, de l’UNamur et de la société de valorisation et d’investissement de l’ULiège, Gesval.
« Ce projet se situe à l’interface entre plusieurs expertises : l’analyse fine des venins, la biologie du cancer et le développement de modèles cellulaires pertinents. L’objectif est d’identifier des peptides capables non seulement de reconnaître certaines cellules tumorales, mais aussi d’ouvrir de nouvelles pistes pour mieux comprendre et cibler des mécanismes impliqués dans les cancers résistants aux traitements actuels », explique Lou Freuville.
Le projet a été construit avec l’accompagnement des équipes de transfert de technologies : Yasmina Zeroual pour l’ULiège, Daniel Maréchal pour Gesval, ainsi qu’Eléana Somville et Joël Marinozzi pour l’UNamur.
En savoir plus
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
Deux chercheurs de l’UNamur intègrent le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique
C’est une importante reconnaissance pour deux membres de la Faculté de médecine de l’UNamur : la Professeure Charlotte Beaudart, responsable de la filière "recherche clinique" du Master en sciences biomédicales, et le Professeur Jonathan Douxfils (Faculté de médecine, URPC – NARILIS) viennent de rejoindre le Collège des Jeunes Chercheurs de l’Académie Royale de Médecine de Belgique.
Cette nomination distingue de jeunes scientifiques belges dont les travaux contribuent de manière significative à l’avancement de la médecine et des sciences biomédicales.
Cette désignation représente avant tout une reconnaissance de notre engagement scientifique, académique et sociétal dans le domaine de la santé. Au travers de nos parcours respectifs, nous partageons une même volonté de contribuer, par la recherche, l’enseignement et le dialogue interdisciplinaire, à une meilleure compréhension des enjeux de santé publique et, plus largement, à l’amélioration de la santé de la population.
- Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils
« Cette désignation est également importante car elle nous permet de nous inscrire dans un espace de réflexion qui dépasse les cadres institutionnels habituels », ajoute Jontahn Douxifls.
Le Collège offre en effet une opportunité précieuse de collaborer avec des chercheuses et chercheurs issus d’autres universités, d’autres disciplines et d’autres générations scientifiques.
« Dans un contexte où les défis médicaux, scientifiques et sociétaux deviennent de plus en plus complexes, cette approche transversale et transgénérationnelle nous paraît essentielle pour faire émerger une intelligence collective, au service de l’Académie, de la communauté scientifique et de la société », poursuit-il.
Au sein de ce Collège, Charlotte Beaudart et Jonathan Douxfils apporteront leur expertise dans leurs domaines respectifs (pharmacologie clinique et toxicologie, ainsi que vieillissement), en contribuant à une dynamique de collégialité, de transmission et de mise en lien.
« Notre ambition est de participer au développement d’initiatives qui rapprochent recherche fondamentale, recherche clinique, santé publique et innovation, tout en soutenant une culture scientifique fondée sur la rigueur, l’ouverture, la coopération et le service du bien commun », concluent-ils.
Charlotte Beaudart
Lauréate de différentes prestigieuses distinctions, Charlotte Beaudart est professeure associée de recherche clinique à l'UNamur, membre de l’Institut NARILIS et conseillère principale auprès du Centre collaborateur de l'OMS pour l'épidémiologie de la santé musculo-squelettique et du vieillissement.
Elle vient de recevoir le Prix René de Cooman (mars 2026), une distinction attribuée tous les deux ans par la Société Belge de Gérontologie et Gériatrie (SBGG) qui récompense les contributions scientifiques majeures de jeunes chercheurs ou chercheuses belges dans le domaine médical et biomédical.
La Société européenne pour les aspects cliniques et économiques de l'ostéoporose, l'arthrose et des maladies musculo-squelettiques (ESCEO) et la Fondation internationale contre l'ostéoporose (IOF) viennent également de lui décerner le Prix Pierre Meunier 2026 ESCEO-IOF (https://www.osteoporosis.foundation/news/charlotte-beaudart-receives-prestigious-esceo-iof-pierre-meunier-young-scientist-award ) du jeune scientifique. Ce prestigieux prix annuel a été remis en avril 2026 lors du congrès WCO-IOF-ESCEO à Prague.
Les travaux de Charlotte Beaudart portent sur le vieillissement et, plus particulièrement, à la sarcopénie, une pathologie caractérisée par la perte de masse et de fonction musculaires chez les personnes âgées. À travers ses recherches, Charlotte Beaudart a contribué de manière significative à une meilleure compréhension de cette maladie, notamment via le développement de la cohorte SarcoPhAge (pour Sarcopenia and Physical Impairments with advancing Age), une cohorte belge incluant plus de 500 personnes de plus de 65 ans suivis prospectivement durant 10 ans, et la création du questionnaire SarQoL, aujourd’hui utilisé internationalement pour évaluer la qualité de vie des patients atteints de sarcopénie .
Jonathan Douxfils
Spécialisé en pharmacologie clinique et toxicologie, Jonathan Douxfils mène des recherches reconnues internationalement dans les domaines de l’hémostase, de la thrombose, du développement de nouveaux outils diagnostiques et de la pharmacovigilance. Il est Directeur de l'Unité de Recherche en Pharmacologie et toxicologie Clinique (URPC - https://www.unamur.be/fr/medecine/recherche/urpc ) de la Faculté de médecine de l’UNamur et membre de l’Institut de recherche NARILIS.
Depuis 2023, il dirige une unité de recherche en pharmacologie clinique et toxicologie, composée de sept académiques et d'une dizaine de doctorants. Le Professeur Douxfils collabore avec de nombreux chercheurs dans les secteurs industriel, hospitalier et universitaire pour développer des biomarqueurs précis et sensibles en hémostase, sérologie, oncologie, et plus récemment, en neurologie. Il a obtenu de nombreux financements pour ses recherches en thrombose, hémostase, maladies infectieuses, oncologie et thérapies géniques. Son approche multidisciplinaire et sa maîtrise des biomarqueurs sanguins lui permettent de travailler sur des projets interconnectés. Il a également exercé en tant qu'expert en pharmacovigilance à l'Agence européenne des médicaments en tant qu'évaluateur, co-préside le SSC Control of Anticoagulation à la Société internationale de thrombose et d'hémostase (ISTH), et est membre de l'équipe d'experts Haemostasis Diagnostics à l'ECAT ainsi que de la Société Belge de Thrombose et Hémostase (BSTH). Il coordonne les recommandations du Conseil international de normalisation en hématologie (ICSH) sur la mesure des anticoagulants directs oraux et est rédacteur associé dans plusieurs revues scientifiques.
En savoir plus sur le Collège des jeunes chercheuses et chercheurs
Sous l'impulsion de son Secrétaire perpétuel, Georges Casimir, l'Académie a souhaité la création d'un Collège des jeunes chercheurs avec lequel elle travaille de manière structurée et régulière. Il constitue une instance consultative et prospective de l’Académie.
Il a pour mission :
- d’attirer et d’impliquer les jeunes chercheurs dans la vie scientifique et académique de l’ARMB ;
- de favoriser la réflexion sur les enjeux actuels et futurs de la recherche (bio)médicale fondamentale, translationnelle et clinique ;
- de servir de creuset d’idées et de propositions pour le Bureau, les Sections et les Commissions de l’ARMB;
- d’organiser, en collaboration avec l’Académie, au moins une séance scientifique annuelle dédiée aux jeunes chercheurs.
Le Collège est composé de 36 membres effectifs, à raison de six membres par Section de l’ARM ; 4 membres effectifs complémentaires pourront être proposés par le Bureau pour atteindre 40. Les membres sont âgés de moins de 46 ans au 31 décembre de l’année de leur nomination et ont obtenu leur diplôme de master depuis au moins 11 années.
L’Institut de recherche NARILIS
NARILIS cherche à stimuler les interactions bidirectionnelles entre les chercheurs fondamentaux et les médecins, et à établir des passerelles entre le laboratoire et le chevet du patient. NARILIS vise donc à faciliter la transposition des résultats de la recherche fondamentale en applications cliniques. Sa mission est de promouvoir la recherche multidisciplinaire afin d'améliorer la santé humaine et animale et la qualité de vie.