Histoire et textes de la Philosophie de l'Antiquité
- Code de l'UE LPHIB005
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Horaire
45 15Quadri 1 + Quadri 2
- Crédits ECTS 6
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Langue d'enseignement
Français
- Professeur Boureau Mai-Lan
L’enjeu de cette unité d’enseignement est d’introduire les étudiants et les étudiantes à la philosophie de l’Antiquité à travers l’étude de ses textes fondateurs et des problèmes philosophiques qui ont structuré son développement.
Le cours de cette année prendra pour fil conducteur la notion d’âme (psychè), envisagée comme principe explicatif. Ce choix permettra de proposer une présentation problématisée des doctrines antiques, dans la mesure où l’âme occupe une place centrale dans des domaines très différents de la pensée antique : elle sert à expliquer non seulement les perceptions et les émotions, mais également la différence entre la vie et la mort, le rapport de l’homme à lui-même et à autrui, les conditions de la connaissance, ou encore l’ordre du monde. La variété des contextes théoriques dans lesquels l’âme est mobilisée (éthique, biologie, épistémologie, cosmologie…) peut surprendre le lecteur moderne, habitué à penser l’âme principalement dans un cadre religieux. De ce fait, l’étude de l’âme dans l’Antiquité apparaît comme un point d’entrée privilégié pour prendre conscience des spécificités des philosophies antiques. Elle permet en outre d’appréhender la pensée antique non comme une juxtaposition de doctrines, mais comme une tradition vivante de débats. Des présocratiques aux néoplatoniciens, les différentes écoles s’inscrivent en effet dans une tradition de discussion explicite : elles héritent de problèmes philosophiques formulés par leurs prédécesseurs, dont elles critiquent les solutions ou déplacent les termes.
Au premier quadrimestre, le cours présentera de manière synthétique les enjeux philosophiques de ces discussions en s’appuyant sur des extraits. Au second quadrimestre, il sera consacré à l’analyse et à la discussion d’une sélection de textes en rapport avec la thématique.
Au terme de l’unité d’enseignement les étudiants et les étudiantes seront capables de :
- Connaître les principales doctrines philosophiques de l’Antiquité ainsi que les grandes périodisations.
- Problématiser les doctrines philosophiques de l’Antiquité autour d’une question.
- Distinguer les formes de raisonnement et les genres argumentatifs de l’Antiquité.
- Comprendre le triple rôle de l’âme dans la philosophie ancienne comme principe explicatif : 1) de la vie, 2) de l’ordre du monde, 3) du rapport de l’homme au monde.
- Faire dialoguer enjeux contemporains (par exemple sur la conscience, sur la communauté politique, sur la science…) et débats antiques.
Le cours est structuré en quatre parties chronologiques. La première étudie la fonction de l’âme comme principe de vie et comme principe cosmique dans les philosophies présocratiques. La seconde se concentre sur les débats de Platon et Aristote autour du problème de l’hétérogénéité de l’âme et du corps. La troisième, consacrée à la période hellénistique et romaine, souligne les profondes divergences entre stoïciens et épicuriens malgré l’hypothèse commune de la corporéité de l’âme. La quatrième étudie les discussions de l’Antiquité tardive, où le néoplatonisme envisage l’âme comme principe de médiation.
1. Les philosophies présocratiques : l’âme comme principe de vie et comme principe cosmique
1.1. Le souffle vital homérique
1.2. Le monisme d’Anaximène
1.3. Expliquer les différents états de l’âme chez Héraclite grâce au feu
1.4. La métempsychose de Pythagore à Empédocle
1.5. Le nous ordonnateur d’Anaxagore
1.6. Le mécanisme de Démocrite
2. La période classique : Aristote contre Platon. Les enjeux de l’hétérogénéité de l’âme et du corps
2.1. L’âme platonicienne, principe de la vie et de la connaissance (Platon, Phédon, Ménon)
2.2. L’âme contre le corps ou l’âme avec le corps ? (Platon, Phédon ; Aristote, De l’âme)
2.3. Une âme multiple ou de multiples âmes ? (Platon, République, Phèdre ; Aristote, De l’âme)
2.4. Le monde a-t-il une âme ? (Platon, Timée ; Aristote, Métaphysique Λ)
3. La période hellénistique et romaine : débattre sur une âme matérielle
3.1. L’âme comme souffle igné des Stoïciens : un principe cosmique
3.2. L’âme comme agrégat d’atomes des Épicuriens : un accident temporaire
3.3. L’âme comme objet (et instrument) de la suspension du jugement (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, II)
3.4. L’enjeu de la tranquillité de l’âme
4. L’Antiquité tardive : l’âme comme principe de médiation
4.1. L’âme entre intelligible et sensible (Plotin)
4.2. L’âme comme principe explicatif systématique (Proclus)
4.3. L’âme comme intériorité : le lieu de la vérité (saint Augustin)
Commentaire de de texte de philosophie ancienne, paragraphe argumenté, exposé oral, débat oral.
Le cours s’appuie sur une sélection de textes commentés en classe. L’enseignement privilégie une démarche dialoguée et participative, visant à favoriser l’appropriation des textes vus en cours par les étudiants et les étudiantes, ainsi que des enjeux philosophiques de la fonction explicative de l’âme. Les étudiants sont amenés à mettre les différents documents en relation, à les problématiser et à les mobiliser au regard de la perspective du cours.
Les étudiants et les étudiantes sont invités à écrire régulièrement en classe et reçoivent un feedback sur leurs productions. Ces dernières ne sont pas évaluées mais elles servent d’appui à l’examen final. Au premier quadrimestre, l’évaluation consiste en un examen oral final qui comportera les éléments suivants :
- Une question de révision
- Une question d’argumentation
- Un bref entretien sur un des trois livres à lire intégralement (la liste est disponible sur Webcampus)
- Un entretien plus général partant des éléments précédents pour faire des liens avec le reste du cours.
Au second quadrimestre, l’évaluation consiste en un commentaire de texte écrit et en un examen oral.
Aristote, De l’âme, trad. Richard Bodéüs, Paris, GF-Flammarion, 1993.
Aristote, Métaphysique, trad. Marie-Paule Duminil et Annick Jaulin, Paris, GF-Flammarion, 2008.
Aristote, Physique, trad. Pierre Pellegrin, Paris, GF-Flammarion, 2000.
Aristote, Petits traités d’histoire naturelle, trad. Pierre-Marie Morel, Paris, GF-Flammarion, 2000.
Augustin, Confessions, texte établi et traduit par Pierre de Labriolle, 2 vol., Paris, Les Belles Lettres, « Collection des Universités de France », 1925-1926.
Augustin, La Foi chrétienne. De vera religione, De utilitate credendi, De fide rerum quae non videntur, De fide et operibus, trad. J. Pegon, Paris, Desclée de Brouwer, « Bibliothèque augustinienne », 1951.
Diels, Hermann et Kranz, Walther, Die Fragmente der Vorsokratiker, 6e éd., 3 vol., Berlin, Weidmann, 1951-1952.
Dumont, Jean-Paul, Delattre, Daniel et Poirier, Jean-Louis, Les Présocratiques, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1988.
Épictète, Manuel et Entretiens, dans Les Stoïciens, éd. Pierre-Maxime Schuhl, trad. Jean Pépin et Émile Bréhier, revue par Pierre Aubenque, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962.
Épicure, Lettres, maximes, sentences, trad. Jean-François Balaudé, Paris, Le Livre de Poche, 1994.
Guéroult, Martial, « La méditation de l’âme sur l’âme dans le Phédon », Revue de Métaphysique et de Morale, t. 33, no 4, octobre-décembre 1926, p. 469-491.
Homère, Iliade, trad. Mario Meunier, Paris, Le Livre de Poche, 1972.
Homère, Odyssée, texte établi et traduit par Victor Bérard, 3 vol., Paris, Les Belles Lettres, « Classiques en poche », 2012.
Jamblique, Protreptique, texte établi et traduit par Édouard des Places, Paris, Les Belles Lettres, « Collection des Universités de France », 1989.
Long, Anthony A. et Sedley, David N., Les Philosophes hellénistiques, trad. Jacques Brunschwig et Pierre Pellegrin, 3 vol., Paris, GF-Flammarion, 2001.
Lucien de Samosate, Œuvres complètes, trad. Émile Chambry, révisée et annotée par Alain Billault et Émeline Marquis, avec la collaboration de Dominique Goust, Paris, Robert Laffont, « Bouquins », 2015.
Lucrèce, De la nature, trad. José Kany-Turpin, Paris, GF-Flammarion, 1997.
Platon, Ménon, trad. Monique Canto-Sperber, Paris, GF-Flammarion, 1991.
Platon, Phédon, trad. Léon Robin, Paris, Gallimard, « Folio essais », 1985.
Platon, Œuvres complètes, trad. Léon Robin, avec la collaboration de Joseph Moreau, 2 vol., Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1953-1955, notamment Phèdre et Timée.
Platon, La République, trad. Georges Leroux, Paris, GF-Flammarion, 2002.
Plotin, Ennéades, texte établi et traduit par Émile Bréhier, 6 tomes en 7 vol., Paris, Les Belles Lettres, « Collection des Universités de France », 1924-1938.
Proclus, Éléments de théologie, trad., introduction et notes par Jean Trouillard, Paris, Aubier-Montaigne, 1965.
Proclus, Commentaire sur le Timée, trad. et notes par A.-J. Festugière, 5 vol., Paris, Vrin, 1966-1968.
Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes, introduction, traduction et commentaires par Pierre Pellegrin, Paris, Seuil, 1997.
| Formation | Bloc | Crédits | Obligatoire |
|---|---|---|---|
| Bachelier en philosophie | 2 | 6 | Oui |
| Bachelier en philosophie | 3 | 6 | Oui |