Pour expliquer cette dynamique de conversion féminine, Catherine Guirkinger avance une hypothèse centrée sur les services de support proposés par ces églises, qui encouragent les femmes dans leur émancipation économique. « Dans un précédent travail de recherche mené au Bénin, nous avons observé que lorsque les femmes accèdent à de nouvelles sources de revenus, elles se convertissent plus facilement », précise Catherine Guirkinger. « Lorsqu’on les interroge, elles évoquent fréquemment ces services de support, qui les aident à surmonter les obstacles rencontrés dans l’accès à de nouvelles opportunités économiques. Ils ne sont pas uniquement d’ordre financier, mais incluent des services de "protection spirituelle", dans un contexte où les femmes "qui réussissent" sont souvent accusées ou victimes de sorcellerie. »
Ainsi, les premières analyses suggèrent que la conversion religieuse est corrélée au cycle économique : elle est plus fréquente lorsque les revenus augmentent. « C’est un constat assez inattendu », souligne la chercheuse. « La conversion religieuse est généralement interprétée comme une réponse à des difficultés, notamment financières. Or, il semblerait que la croissance économique favoriserait au contraire l’adhésion à ces nouvelles églises. »