Raconte-nous ton histoire, qu’est ce qui t’a mené jusqu’à l’UNamur ?

J’étudie l’orthophonie en faculté de « liberal arts » (ici, philosophie et lettre) au sein de l’University of Louisiana.

J’ai appris là-bas que la ville de Lafayette et celle de Namur étaient jumelées. Ce lien a joué un rôle décisif dans ma décision de partir en échange, car il a rendu l’organisation du séjour beaucoup plus simple. Grâce au CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane), j’ai pu obtenir une bourse sans laquelle je n’aurais probablement jamais pu venir étudier à Namur.

Après 11h de vol, je suis arrivé en Belgique fin janvier où je resterai jusqu’à la fin du mois de juin pour passer mes examens.

Comment te sens-tu après ces premiers jours de cours ?

Je trouve les professeurs et les élèves très bienveillants. Ils sont aussi compréhensifs de ma situation et du fait que le français n’est pas ma langue maternelle. Ils sont présents pour moi si j'en ai besoin, pour m'aider, parler plus lentement ou encore répondre à mes questions. Je ressens leur volonté de me proposer l’expérience la plus agréable possible.

En revanche, je rencontre encore des difficultés à comprendre le français, c’est la raison pour laquelle j’ai choisi de suivre des cours dans lesquels j’ai déjà des connaissances approfondies, comme la linguistique générale par exemple. 

Les cours sont d’ailleurs assez différents de ceux des États-Unis. Là-bas, ils ont lieu plusieurs fois par semaine selon un horaire fixe. Ici, ils sont souvent regroupés en une seule séance et l’horaire peut changer en fonction des semaines. C’était un peu surprenant au début, mais on s’y habitue vite.

En parlant de différences, lesquelles t’ont le plus marqué depuis ton arrivée ?

D’abord, la ville est accessible pour les piétons. Aux USA, c’est très compliqué de se déplacer sans voitures et les transports publics doivent être améliorés. Ici, les transports en commun sont disponibles dans toutes les villes, même dans les régions les plus rurales, comme celle d’où je viens.

J’ai aussi été surpris par le fait que les magasins ne soient pas ouverts toute la nuit. En Louisiane, et même partout aux USA, les magasins sont ouverts 24h/24. C’est étrange pour moi, tout comme le fait qu’il n’existe pas vraiment de magasin dans lesquels il est possible de trouver absolument tout. Chez moi, il existe une chaîne d'hypermarchés proposant une offre massive à prix réduits. Dans ce magasin tu peux trouver, des vêtements, de la nourriture, … à peine quelques rayons plus loin.

Cependant, il existe aussi des similitudes entre la Louisiane et la Belgique. Par exemple, la culture francophone reste marquée en Louisiane, un peu comme le Wallon ici dans le sud de la Belgique.

À ton avis, en quoi cet échange va-t-il enrichir ton parcours et ta formation, au-delà de ce que t’offrait la Louisiane ?

En tant qu’étudiant en orthophonie, il faut que j’obtienne un diplôme de master. Le problème, c’est qu’accéder à une Université qui propose cette formation aux États-Unis, ce n’est pas évident car c’est un milieu très compétitif. En plus de développer mes compétences linguistiques, je pense que cet échange va me permettre de me démarquer des autres étudiants. Actuellement, je parle anglais, français et un petit peu espagnol et portugais. J'espère que ces capacités m’offriront un réel avantage pour être accepté dans cette école.

À la fin de ton séjour, qu’aimerais-tu avoir accompli ?

J’aimerais pouvoir voyager énormément. Pour le moment, j’ai déjà visité Dinant et Bruxelles, mais je souhaite découvrir encore beaucoup d’autres destinations européennes. 

Quand je parle à mes amis ou mes colocataires, je leur dis souvent que je voudrais aller au Portugal. Ils me répondent à chaque fois que c’est loin mais ça ne l’est pas pour moi, au contraire, c’est juste à côté. En Louisiane, je fais 40 minutes de trajet juste pour aller à l'université de Lafayette. Ici, après 40 minutes de route, je suis déjà presque arrivé à Bruxelles ! Les Européens n’ont pas la même notion des distances que les Américains.

Je me réjouis de découvrir plein d’autres choses à Namur, en Belgique et partout en Europe.

Tu es le premier étudiant louisianais à venir sur notre campus, ressens-tu une certaine responsabilité à ce sujet ?

Oui et j’espère franchement que mon expérience donnera envie à d’autres étudiants de tenter la même aventure dans les années à venir, y compris à ceux qui n’apprennent pas le français dans le cadre de leurs études.

Un échange de ce genre est toujours intéressant, que ce soit à Namur, dans d’autres pays francophones d’Europe ou même au Québec. 

Illustration sur Lafayette (Louisiane)

Les programmes de mobilité à l’UNamur

Crédit photos : NEW ASBL.