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L’UNamur au service des mineurs de coltan

28.01.19

Le coltan, une fois purifié, donne deux métaux très prisés : le niobium, utilisé dans la constitution d'aimants, utilisés notamment dans des appareil médicaux. Et le tantale, que l’on trouve dans nos ordinateurs portables et GSM.

Ce minerai est principalement extrait en République Démocratique du Congo (RDC). Et plus spécifiquement dans la région Est du pays.

C’est dans la province du Sud-Kivu que Philippe Lambin, professeur émérite au département de physique de l’UNamur, ambitionne d’implanter un centre pilote. Le but :  offrir la possibilité aux mineurs de caractériser et de traiter sur place le coltan.

Ce projet de coopération au développement, mené en collaboration avec l'ULiège, ISP-Bukavu, et l'Université Catholique de Bukavu, est financé pour 5 ans par l’Académie de Recherches et d’Enseignements supérieurs.

Le coltan aux mains des mineurs

Bien que la RDC soit le 1ier producteur et exportateur de coltan, les mineurs ne profitent pas des dividendes engrangés. Ils travaillent et vivent le plus souvent dans des conditions désastreuses.

En élaborant un centre adapté aux conditions de la région, Philippe Lambin et son équipe proposent d'installer une expertise locale utile au secteur minier artisanal.

« Les mineurs n’ont pas souvent conscience de la valeur réelle d’une pépite et sont sous-payés » constate Philippe Lambin. L’unité de caractérisation du centre permettra dès lors aux exploitants artisanaux de mieux connaître la valeur de leur production. Et ainsi de mieux négocier les ventes du minerai.

« Nous envisageons également de cartographier les sites, pour déterminer les concentrations en métaux des minerais de coltan » ajoute-t-il.

Raffiner le coltan au Congo, bientôt possible ?

L'unité de purification du centre, quant à elle, serait la première du genre en RDC.

« C’est un challenge scientifique et technique, étant donné que la région souffre de pénurie d'eau et d'électricité. Mais ce n’est pas impossible. En parallèle, des études théoriques sur des applications potentielles de composés de tantale et de niobium seront menées à Bukavu en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Liège, partenaire "Nord" du projet ».

Purifier les pépites de coltan en tantales et niobium, directement sur place, offre de nombreux avantages : augmenter les recettes publiques du pays en apportant une valeur ajoutée aux produits exportés, revaloriser les salaires des mineurs, et améliorer leurs conditions de travail en général.

« L’intérêt du projet est donc autant scientifique que socio-économique, conclut le Pr. Lambin, d'autant plus que des études sur les relations humaines entre acteurs de la chaîne du coltan seront menées par des spécialistes de l'Université Catholique de Bukavu, partenaire Sud du projet ».

En parallèle à ce projet, le scientifique enseignera à l’Institut supérieur pédagogique de Bukavu où les étudiants congolais seront formés à ces technique physico-chimiques.

 C.S


Plus d'infos :

Philippe LAMBIN

Courriel : philippe.lambin@unamur.be
Téléphone(s) : +32 (0)81 72 47 21