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Le regard

Le regard jour un rôle central dans l'organisation grammaticale et énonciative des langues des signes. C'est ce qu'a montré la première étude linguistique consacrée à la langue des signes de Belgique francophone (LSFB).

 "Le regard en langue des signes. Anaphore en langue des signes française de Belgique (LSFB) : morphologie, syntaxe, énonciation" a été publié en 2008 dans la collection Rivages linguistiques (Presses Universitaires de Rennes et Presses Universitaires de Namur".

Ce livre s'adresse aux chercheurs, enseignants et étudiants intéressés par l'analyse linguistique des langues signées, mais aussi à tous ceux qui sont sensibles à ce que le langage nous révèle sur l'humain.

L'ouvrage propose une première description de la LSFB en suivant comme guide principal le regard du signeur, dont il est montré qu'il joue une rôle fondamental dans l'ordonnancement de la langue.

La prise en compte de la relation qui s'établit entre les mains et le regard du signeur permet d'abord de décrire la systématique de la construction des références déictiques (ex: les pronoms personnels) et anaphoriques en LSFB (ex: les loci et les formes de transfert personnel, dénommées par l'auteur "formes de neutralisation personnelle").

L'étude propose ensuite une étude des spécificités morphologiques et syntaxiques de la LSFB. Ce travail constitue, au-delà de l'objet spécifique qu'est la LSFB, l'exposé d'une méthode d'analyse linguistique affranchie de toutes les catégories et notions étrangères à celles que fournit la logique grammaticale propre à la langue étudiée, et appréhendée à partir des données d'un corpus vidéo de narrations et de descriptions.

Enfin, trois constructions de la LSFB illustrent une modalité de relation syntaxique dénommée 'anaphore syntaxique'. Leur complexité syntaxique s'allie à la subtilité des effets polyphoniques qu'elles mettent en jeu et dans lesquels le comportement du regard, une fois encore, est un indice central.

Si la LSFB est visée au premier chef par ce travail explicatif, les outils théoriques mis en place pour son développement suscitent la mise en question de descriptions établies par l'étude d'autres langues signées : sont notamment revisitées les notions de 'classificateur' et de 'transfert personnel'. En outre, dans une perspective de linguistique générale et contrastive, ce travail invite à porter un regard neuf sur une langue orale de tradition linguistique longue comme l'est le français.

 

Ce travail est issu d'une thèse de doctorat menée à l'Université de Namur (alors Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix), sous la direction du Pr. Jean Giot.

Comité d'accompagnement : Myriam Vermeerbergen (VUB) et Peter Kelly (UCL et FUNDP)

Membres du jury : 

  • Giot, Jean, Promoteur
  • Brackelaire, Jean-Luc, Jury
  • Allaire, S., Jury, Personne externe
  • Engberg-Pedersen, E., Jury, Personne externe
  • JONGEN, René, Jury, Personne externe
  • Willems, M., Jury, Personne externe
  • Woll, B., Jury, Personne externe

 

Date de réussite : 27 juin 2006

 

 

Laurence Meurant - chercheur qualifié FRS-FNRS