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Le différend entre social et politique. Une tâche pour la philosophie politique aujourd'hui ?

Abstracts

Résumés des interventions.

Etienne Tassin, Social et politique : pertinence d’une frontière ? Réflexion à partir de Hannah Arendt

Nul ne doute que tout problème politique a une résonance sociale ni que la plupart des problèmes dits sociaux sont voués à recevoir un traitement politique. Hannah Arendt a pourtant construit sa réflexion philosophique sur la séparation du social et du politique, ce qui lui est régulièrement reproché. Quel est alors le sens de cette frontière ? Pourquoi l’approche du politique demande-t-elle une différenciation d’avec le plan social ? En quoi consiste le social s’il doit à son tour être pensé à distance du politique ?  C’est la pertinence théorique de cette frontière que nous proposons d’examiner.

 

Jakub Capek, Le social et le politique chez Hannah Arendt et Raymond Aron

Est-il possible de trouver dans la pensée de Raymond Aron une distinction parallèle à la distinction arendtienne du social et du politique ? Peut-on soutenir que ses réflexions, avant tout son Essai sur les libertés, tentent de prévenir « la substitution du social au politique » (Arendt) ? Pour répondre à ces deux questions, il faut tenir compte des profondes différences dans la manière dont les deux penseurs conçoivent non seulement les notions évoquées, mais aussi celle de la liberté.

 

Isabelle Delcroix, L'entre-deux comme source d’autonomie et de création : repenser le domaine des affaires humaines en compagnie d’Arendt et de Castoriadis

Au départ de la notion d'entre-deux chez Arendt, qui deviendra un concept opérationnel, j'aimerais d'une part repenser les divisions qu'opère Arendt entre privé et public, social et politique. D'autre part, en mettant en dialogue la pensée d'Arendt avec celle de Castoriadis, nous verrons comment seul l'agir en commun est à la fois source de réalités nouvelles et d'autonomie, et dans quelle mesure un tel agir peut être mobilisé, être porteur d'une intention et même s'institutionnaliser. De manière plus générale, je montrerai ainsi que l'action est d'abord une attitude qui se déploie entre êtres humains, et ouvrirai la discussion à de nouveaux champs possibles d'action (politique).

 

Mahamadé Savadogo, Critique sociale et engagement politique

La critique sociale n’est-elle pas indispensable à l’engagement politique ?

Puisque la réponse à cette première question semble aller de soi, dans la mesure où il est  admis que le renouveau actuel de la critique sociale sert à consolider l’action de la gauche politique, il conviendrait de reformuler notre préoccupation autrement pour percevoir l’enjeu qu’il vise : le sens de l’engagement politique s’épuise t-il dans la critique sociale ?

Outre qu’elle nous impose d’analyser les modes de l’engagement politique pour situer le rôle de la critique sociale, cette dernière question entraîne  la réflexion hors du champ de la sociologie politique des intellectuels pour l’amener sur celui de la réflexion philosophique sur la politique : quel lien, en définitive, convient-il d’établir entre pensée politique et engagement politique ?

 

Francis Guibal, Violence, discussion, dialogue. La responsabilité politique du philosophe selon E. Weil

La responsabilité politique du philosophe tient, selon E. Weil, à son devoir de comprendre la réalité pour en discerner les orientations raisonnables. Ce qui l’invite d’abord à prendre la mesure de la rationalisation socio-économique de la modernité et de sa violence potentielle. Cette nouvelle donne historique peut se révéler signifiante, mais à condition d’être justement régulée par une discussion politique s’ordonnant finalement à l’émergence pacifique d’une mondialité qui ferait place et droit au(x) dialogue(s) engagés par les « hommes de culture ».

 

Patrice Canivez, Pathologies de la reconnaissance. Une discussion de l'interprétation de la Philosophie du droit de Hegel par Axel Honneth

Partant d’une discussion de la lecture de la Philosophie du droit de Hegel par Axel Honneth, il s’agira de montrer que la reconnaissance n’est pas seulement une façon de remédier à certaines pathologies sociales ou d’établir des rapports d’authentique action intersubjective. La relation de reconnaissance peut être elle-même faussée et donner lieu à des « pathologies de la reconnaissance ». On en trouvera des exemples – qu’ils soient explicitement thématisés par Hegel ou pas – dans la famille, la société et l’Etat hégéliens.

 

Florence Caeymaex, Les logiques du social : le différend entre social et politique chez Jacques Rancière

Selon Rancière, l’histoire de la philosophie politique, de Platon à Marx, est l’histoire de l’oubli de la politique ou, plus exactement, des formes variables de son annulation. La « métapolitique » qui, sous la bannière de Marx et des sciences sociales, dénonce l’illusion (du) politique (le citoyen, le droit, l’Etat, la souveraineté du peuple) et réincorpore celui-ci dans la « vérité » du social (les classes, la production), constitue la figure proprement moderne de cette annulation. Mais il est encore une ultime figure de cette annulation, selon Rancière : c’est celle de la restauration de l’opposition du social et du politique, de l’affirmation de l’irréductibilité du bios politikos à l’égard de la vie travailleuse et productrice. Comment alors peut-on penser aujourd’hui le propre de la politique, sans négliger le fait que le social a été et demeure encore le lieu où elle se joue ? C’est qu’il y a des logiques du social, des manières distinctes de faire jouer le différend entre social et politique.

 

Arash Joudaki, Histoire politique de la religion et ontologie fondamentale, Gauchet lecteur de Heidegger     

 

 

Lieu : Auditoire L4 (3ème étage), Faculté de philosophie et lettres - 1, Rue Grafé - Namur

Entrée libre – Inscription souhaitée

Inscription et infos : mireille.meert@fundp.ac.be 0032(0)8172 4119 (ou 4102/4089)