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L E S  M É T I E R S  D E S  J U R I S T E S

Un métier en constante mutation

Les métiers du droit évoluent. Il ne s’agit plus seulement d’intervenir lors d’un litige pour défendre une partie ou pour trancher un différend. Les juristes sont aussi les conseillères et conseillers qui préviennent le conflit par l’examen pointu de la législation applicable ou la mise au point d’une démarche contractuelle. De plus en plus, ils sont appelés à intervenir dans des procédures non judiciaires de règlement des litiges, telles que la médiation.

Autre évolution notable : l’internationalisation. Les dossiers qui présentent un élément étranger ou qui sont soumis à un droit supranational comme le droit de l’Union européenne sont de plus en plus nombreux. Enfin, le développement des technologies de l’information modifie le travail quotidien des juristes, tout en ouvrant au sein du droit de nouveaux champs de spécialisation.

L’omniprésence du droit dans la vie sociale et économique explique la diversité des débouchés s’offrant aux juristes.

LES MÉTIERS DU JURISTE

Les juristes sont des professionnel·les polyvalent·es. Les fonctions décrites ici représentent le coeur du métier de juriste, mais la liste des débouchés est loin d’être exhaustive.

La magistrature

Les magistrates et magistrats sont nommé·es à vie par le Roi. On distingue parmi eux deux catégories, le ministère public et les juges.

  • Le ministère public
Les procureurs (appelés « auditeurs » au sein des juridictions du travail de premier degré) et leurs substituts, rassemblés au sein du parquet (appelé aussi « la magistrature debout » ou « le ministère public »), ont en charge l’ordre public. Ces magistrates et magistrats poursuivent les personnes qui ont commis des infractions, coordonnent les enquêtes de police, font citer les prévenu·es devant les tribunaux et veillent à l’exécution des peines prononcées. Ils interviennent dans des matières économiques et financières, environnementales, dans des affaires pénales de criminalité informatique, de protection de la jeunesse, d’infractions à la législation sociale… et bien sûr dans les affaires de droit commun (roulage, moeurs, vols, agressions…).
Le ministère public peut aussi être amené à donner un avis au tribunal concernant la solution adéquate du litige, en matière familiale, de droit du travail ou de sécurité sociale ou dans certains dossiers  commerciaux.
  • Les juges

Les juges (appelés aussi la « magistrature assise » ou « le siège ») sont chargés de trancher les litiges entre particuliers (au civil ou dans le domaine du droit social) et de juger les personnes poursuivies du chef d’infractions (au pénal). Les juges sont nommés au sein des différents cours et tribunaux comme les justices de paix, tribunaux de police, de première instance, du travail, de commerce, les cours d’appel, du travail ou la cour de cassation. Les juges sont investis de plus en plus souvent d’un rôle de conciliation. En dehors de leurs audiences, les juges étudient leurs dossiers, effectuent les recherches adéquates et rédigent leurs jugements. La plupart des juges sont spécialisés. Ainsi, les juges du tribunal de police tranchent, pour l’essentiel, les litiges relatifs aux infractions aux règles de la circulation et à la réparation des conséquences des accidents de la route ; les tribunaux du travail sont compétents pour les litiges entre employeurs et travailleurs ou en matière de sécurité et d’aide sociale ; les juges de paix connaissent notamment des conflits locatifs, des relations entre voisins, de la protection des malades mentaux ; le tribunal de la famille est compétent pour régler les litiges en matière familiale et veiller à la protection des enfants.

Pour devenir magistrate ou magistrat, les principales voies sont d’une part, le concours d’admission au stage judiciaire (suivi d’un stage de 24 mois) pour celles et ceux qui présentent une expérience d’au moins deux ans dans un métier juridique, et d’autre part l’examen d’aptitude professionnelle (permettant une nomination immédiate) pour celles et ceux qui font état d’une expérience dans un métier juridique d’au moins cinq ans pour devenir membre du parquet et d’au moins dix ans pour devenir juge.

  • Les notaires

Les notaires ont pour mission d’éviter les conflits entre des personnes qui souhaitent passer des accords dans le domaine immobilier (achat/vente de biens, emprunt…), familial (contrat de mariage, donation, succession…) et des affaires (constitution de sociétés, fusions…). Ils écoutent, conseillent et donnent des avis. Ils rédigent des actes authentiques qui consignent par écrit les accords, sous une forme juridiquement inattaquable. Pour emprunter la carrière de notaire il faut notamment passer avec succès un master de spécialisation en notariat et accomplir trois ans de stage auprès d’un notaire nommé.

  • Les avocates et avocats

Les avocat·es sont des indépendant·es chargé·es de conseiller des client·es confronté·es à des problèmes juridiques dans leur vie privée ou professionnelle, dans le strict respect de la législation et des règles de déontologie. Les avocat·es peuvent assister leurs client·es depuis la conception et le démarrage d’un projet (rédaction d’avis, de contrats) jusqu’aux différents stades du règlement d’un litige (négociation, médiation, procédure juridictionnelle). Leurs tâches sont variées : recherches en législation, jurisprudence et doctrine, rédaction de nombreux écrits (courriers, conclusions), organisation de réunions de conciliation, participation à des expertises, plaidoiries… Le métier d’avocat·e présente parfois des visages moins connus du grand public. Ainsi, ce sont des avocat ·es qui assurent souvent les fonctions de curateurs de faillite, de liquidateurs d’une succession vacante, de médiateurs ou de médiateurs de dettes, ou encore d’administrateurs des biens des personnes vulnérables…

Les avocat·es nouvellement inscrit·es au Barreau doivent effectuer un stage de trois ans auprès d’un·e avocat·e expérimenté·e avant de pouvoir s’inscrire au tableau de l’Ordre et exercer seul·es la profession. De nombreuses et nombreux avocats choisissent cependant de créer ou d’intégrer des associations, ce qui leur permet notamment d’offrir des services plus spécialisés et diversifiés.

  • Les huissières et huissiers

Les huissières et huissiers sont des officiers publics qui interviennent à différents stades des procédures judiciaires. Ils communiquent les actes de procédure aux justiciables (citations, jugements…). Ils sont aussi chargés de l’exécution forcée des décisions de justice, éventuellement en pratiquant une saisie. Ils établissent des constats (constat d’adultère, constat de l’offre de certains produits, constat de l’utilisation non autorisée d’une marque sur un site internet…). Leur image est injustement négative. En réalité, ils peuvent jouer un rôle de conciliation et garantir un traitement égalitaire des justiciables dans le respect des droits de chacun. Les diplômé·es en droit peuvent accéder à la fonction d’huissière ou d’huissier après un stage de deux ans et après la réussite d’un concours. Après cinq ans, ils peuvent alors postuler pour une
place vacante d’huissière ou d’huissier « titulaire ».

Les juristes dans les organisations publiques et privées

  • Les juristes d’entreprise

L’entreprise en général (industrie, banque, assurances, télécommunications…) emploie de nombreuses et nombreux juristes au sein de ses différents départements (gestion des ressources humaines, service contentieux, réglementations…). Seuls les membres de l’Institut des juristes d’entreprise peuvent porter le titre correspondant. Ces spécialistes sont consulté·es au quotidien par leurs employeurs pour toutes les questions relatives au droit (commercial, fiscal, environnemental, social…). Les juristes conseillent par exemple lors de la rédaction et la négociation de contrats. Ils interviennent aussi en cas de litige, même s’ils ne représentent pas l’entreprise en justice, n’étant pas avocat·es. Enfin, ils garantissent la légalité des différentes procédures décisionnelles au sein de l’entreprise (ils préparent par exemple les conseils d’administration).

  • Les fonctionnaires

Dans les services publics des niveaux fédéral, régional, communautaire, provincial ou communal (services publics fédéraux - SPF, CPAS, ONEM, Forem…), les juristes préparent à l’intention des responsables des avis sur les matières propres à leur administration, en se focalisant sur les aspects juridiques. Ils participent activement à la préparation des textes législatifs et réglementaires.

  • Les juristes dans les organisations

En fonction de leurs spécialités, les juristes sont aussi des conseillères et conseillers précieux dans le monde non marchand et dans le monde associatif (mutualités, syndicats, associations de consommateurs…), ainsi que dans les organisations internationales (Commission européenne, ONU, Cour internationale de justice…).

La police

Parmi les débouchés fréquents pour les juristes, on peut citer encore la police, tant dans le cadre opérationnel (enquêtes) qu’administratif..

Recherche et enseignement

Certain·es diplômé·es en droit poursuivent une activité de recherche en Belgique ou à l’étranger. Les universités et des fonds publics (par ex. le FNRS) financent la réalisation d’un doctorat (en général quatre ans). À côté d’autres formes de recherche fondamentale en droit, la recherche dite « appliquée » repose en général sur des partenariats avec des entreprises ou des institutions publiques qui souhaitent développer de nouveaux produits ou services et se posent des questions sur le cadre juridique. Par exemple, quelles sont les contraintes juridiques à prendre en compte pour la mise en place d’un service de vente par internet, quelles règles s’appliquent à l’utilisation de l’intelligence artificielle par le système judiciaire ?

Enfin, certain·es juristes enseignent en école secondaire, dans l’enseignement supérieur ou dans le monde de la formation continuée.

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