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Leçon 4 - Émancipés ou lâchés par la vie privée ? (17/03/2020) REPORTÉ AU 15/09/2020

D’où nous vient la vie privée ? Comment émerge-t-elle dans le droit et sur quoi peut-elle juridiquement porter ? Quel est le rapport de la vie privée avec les autres droits fondamentaux ? Quel est le rôle du juge à cet égard ? La protection des données : le best fiend de la vie privée ?

La vie privée, telle que nous la connaissons, est le produit du mariage politique et constitutionnel du libéralisme, de l’individualisme, des droits humains et du capitalisme, et donc, de l’agencement de l’Etat de droit démocratique.  Politiquement et philosophiquement, elle est le produit et le prolongement de la liberté qui se trouve au cœur des discours politiques des Lumières. Un tel chevauchement soulève évidemment la question de savoir si la vie privée peut être un vecteur de changement, de résistance et d’émancipation dans le régime qui la fait exister (et vice versa). C’est d’ailleurs une question d’autant plus urgente que notre époque est non seulement celle du smart et des big data, mais aussi celle du retour en force de morales conservatrices et de politiques communautaristes et antilibérales, qui tendent à réduire libertés et vie privée.

Juridiquement parlant, par ailleurs, la vie privée n’émerge explicitement qu’un siècle après les Lumières, et cela lentement, en toutes directions et sans jamais faire l’unanimité, que ce soit dans la jurisprudence ou la doctrine. Dès lors, il nous reste toujours encore à comprendre ce qu’est la vie privée d’un point de vue juridique : que permet-elle aux juges et aux juristes ? Quel est son rapport aux autres droits fondamentaux et plus particulièrement à la protection des données personnelles ? De quels possibles est-elle encore porteuse ?

 

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