Aller au contenu. | Aller à la navigation

Leçon 5 - Les communs. Comment changer « le », ou même, « de » droit ? (31/03/2020) REPORTÉ AU 29/09/2020

Que peut le droit face aux manières de vivre différentes de celles qu’il véhicule ? Et plus précisément, comment pourrait-il accueillir le retour contemporain des communs étant donné qu’il est historiquement tributaire de leur éradication ? Comment pourrait il appréhender des collectifs vivants dans lesquels toutes « choses » confondues (humains, terres, animaux, …) honorent le devenir de leurs interdépendances ? Le droit individualiste et humaniste est-il à la hauteur de ces collectifs qui se donnent leurs règles au gré des exigences qu’ils rencontrent, dont celle de durer ?

Aujourd’hui s’impose le constat d’un retour des communs, c.-à-d. d’un genre d’agir collectif mobilisant un groupe de personnes qui s’auto-organise autour de ressources qui les concernent et responsabilisent collectivement et où ils poursuivent des activités durables et génératives. Cette résurgence indique une volonté de vivre libérée de l’alternative infernale entre le marché et l’État.   

Il est clair que, sauf interstices et fissures marginales dans l’édifice de ses sources formelles, le droit semble bien loin d’être en état de pouvoir les accueillir dignement et de leur assigner une existence juridique. Ce qui ne doit pas surprendre du tout, car le contenu de notre droit est tributaire de leur éradication aux 17e-18e siècles. En effet, le « faire commun » questionne tant ses interprétations des normes auxquelles il doit se référer, que le système propre de la hiérarchie des sources formelles. Faire exister juridiquement des collectivités qui incluent l’ensemble des choses peuplant leur territoire, interroge très profondément l’imagination des juristes.