Historique

Une rapide chronologie

La croissance du Département de physique de l'UNamur, d’un noyau de deux ou trois personnes à plusieurs dizaines de membres, a commencé vers la fin des années 1960 et au début des années 1970. C’est en effet pendant cette période que l’application des dispositions légales sur l’ « essaimage des candidatures » en Belgique a eu pour effet de provoquer l’afflux des étudiants en candidatures de plusieurs facultés, rendant ainsi nécessaire l’accroissement du personnel de tous les départements dont le nôtre.

Afin de favoriser le haut niveau universitaire des enseignements, les Pères jésuites Victor Mersch et Charles Courtoy, déjà présents comme enseignants-chercheurs depuis les années 1930 et 1940 respectivement, souhaitèrent développer l’activité de recherche du département. Le premier engagement de professeur fut celui de Gaston Deconninck (1963), spécialiste de la physique nucléaire à Louvain.

En 1967 et 1968 plusieurs assistants-chercheurs (Jacques Walrand, Ghislain Blanquet et Alain Moussiaux) viennent renforcer les ambrions d’équipes.

En 1969, un nouveau professeur, André Ronveaux, ingénieur mathématicien, est engagé pour aider à l’enseignement des mathématiques et pour développer la recherche en mathématique appliquée et physique mathématique.

De 1968 à 1975, plusieurs nouvelles vagues d’engagement ont lieu sous le rectorat du Père Denis. Guy Demortier, Franz Bodart et Georges Cardinael (1963) d’abord, Roland Caudano (1973), Amand Lucas (1974), Jean-Marie Gilles (1975), ensuite. Ceux-ci viennent renforcer les laboratoires existants ou en créer de nouveaux.

En 1976 le département compte plusieurs laboratoires de recherche distincts en pleine expansion : le LARN (Laboratoire d’Analyses par Réactions Nucléaires), le LSM (Laboratoire de Spectroscopie Moléculaire), le LISE (Laboratoire Interdisciplinaire de Spectroscopie Electronique, anciennement ESCA, Electron Spectroscopy for Chemical Analysis), le LPMPS (Laboratoire de Physique Mathématique et de Physique des Solides), le LASMOS (Laboratoire de Spectroscopie Moléculaire des Surfaces).
Pendant le reste de la décennie 1970, l’absence de licences en physique handicape sérieusement le fonctionnement et le progrès du département, surtout dans sa dimension de recherche : l’exode des étudiants physiciens après la seconde candidature entraîne la difficulté de recrutement d’assistants et de doctorants de première valeur.
Ces handicaps sont corrigés en 1981 avec la création des licences en physique, presque dix ans après celle des licences en mathématique, chimie et biologie. Ceci nécessite l’engagement d’une dernière vague de personnel, le prof. Jean-Pol Vigneron, ainsi que plusieurs assistants-chercheurs. Un nouveau laboratoire de recherche didactique est créé, l’UDP (Unité de Didactique en Physique), avec une extension de recherche formée plus tard sous le nom de LPME (Laboratoire de Physique des Matériaux Electroniques).
Pendant la période d’expansion jusqu’aux années actuelles et afin de pourvoir au remplacement des départs à la retraite des professeurs de première génération, de nouveaux professeurs sont promus de l’intérieur, Ghislain Blanquet, Jean-Jacques Pireaux, Paul Thiry, Philippe Lambin, Robert Sporken, Guy Terwagne, ou sont engagés de l’extérieur, L. Houssiau et Stéphane Lucas.
Les cours liés à l’agrégation de l’enseignement secondaire supérieur en physique ont d’abord été assurés par Jacques Keil ensuite par Mme Yvonne Verbist-Scieur, académique à temps partiel.
Pendant toute l’histoire du département et jusqu’à présent, des professeurs visiteurs vont et viennent de l’extérieur, pour assurer des suppléances de cours ou des cours à option, notamment Paul Paquet, Jean-Pierre Gaspard, Eric Courtens, Arlette Noels …

Histoire des laboratoires et unités de recherche

La recherche est du ressort des laboratoires individuels ou unités de recherche (UR). La création de la plupart des UR en place actuellement a eu lieu assez rapidement à la fin des années 1960 et au début des années 1970, à la faveur de l’arrivée du nouveau personnel d’enseignement et en vue de développer une recherche de haut niveau indispensable pour le statut universitaire du département. Dans l’ordre chronologique :

  • Laboratoire de Spectroscopie Moléculaire (LSM) -- (Ch. Courtoy, 1948)   
  • Laboratoire d’Analyse par Réactions Nucléaires (LARN)   -- (G. Deconninck, 1969)
  • Laboratoire de Physique Théorique et Mathématique (LPTM) -- (A. Ronveaux, 1971)
  • Laboratoire Interdisciplinaire de Spectroscopie Electronique (LISE, ancien ESCA) – (R. Caudano et J. Verbist, 1973)
  • Laboratoire de Physique Mathématique et de Physique des Solides (LPMPS, initialement LPTM, présentement LPS)   -- (A. Lucas, 1974)
  • Laboratoire de Spectroscopie Moléculaire des Surfaces (LASMOS) -- (J.-M. Gilles, 1976)
  • Unité Didactique de la Physique (UDP) -- (G. Cardinael, 1980)
  • Laboratoire de Physique des Matériaux Electroniques (LPME + UDP) -- (R. Sporken, 2001)
     

Les objectifs de ces UR sont sommairement mais assez clairement décrits par leur dénomination, physique atomique et moléculaire, physique de la matière condensée, physique et analyse élémentaire des surfaces, physique des matériaux, ….

L’ambition initiale des personnalités déjà présentes et des nouvelles recrues était le développement de la physique de l’état condensé, à la fois dans ses aspects expérimentaux et théoriques.

Tout d’abord, il était souhaitable d’éviter, autant que possible, la duplication de domaines de recherche déjà couverts par les autres universités francophones du Pays (tels l’astrophysique, la physique des particules élémentaires ou la physique statistique). La physique et l’analyse des solides et de leur surfaces et interfaces furent favorisées. Peu représentées dans les autres campus, ces orientations constituaient en effet une ouverture originale pour la recherche en physique aux FUNDP. Le domaine était d’autant plus prometteur qu’il est en relation directe avec les applications technologiques de la microélectronique, de la science des matériaux en plein expansion dans les années 1970 et 80 et des nanosciences du nouveau millénaire.

L’histoire des 30 dernières années a largement confirmé la justesse de ces choix initiaux, dans la mesure où le département, en s’impliquant progressivement dans un nombre croissant de projets de recherches interuniversitaires, et d’autres projets plus appliqués en collaboration avec l’industrie, s’est forgé une réputation indiscutable dans le Pays et à l’étranger.

 

Collaborations

Un des premiers projets collectifs dont trois des UR prirent l’initiative très tôt après leur création fut la participation au programme des Actions Concertées (AC) du Ministère de la Recherche, pour la première fois dès 1977. Soutenus par le Conseil de Recherche des FUNDP récemment mis en place, les UR LPMPS, LISE et LASMOS mirent sur pied un projet ambitieux de collaboration interuniversitaire intitulé IRIS (Institut de Recherche sur les Interfaces Solides), en collaboration avec deux des laboratoires de physique de l’Université de l’Etat à Mons.

L’originalité du projet initial était tel qu’un soutien financier supplémentaire fut accordé par les Facultés Polytechniques de Mons, la Faculté Universitaire Catholique de Mons et les Facultés de Gembloux qui, pendant le premier exercice de 3 ans, renoncèrent à leur dotation au titre des AC en faveur du projet IRIS. Le grand succès du projet lui assura sont renouvellement successif pour deux exercices supplémentaires de 3 ans, jusqu’à ce qu’une décision du Conseil d’Administration d’accorder les ressources des AC à d’autres Unités de recherche des FUNDP y mit un terme.

Pendant les années 1980, parallèlement aux AC régionales, le Gouvernement Fédéral devait initier un vaste projet de recherche intercommunautaire destiné à rassembler les forces de recherche fondamentale du Pays sur une trentaine de Centres d’Excellence, sous le nom générique de « Pôles d’Attraction Interuniversitaires » (PAI).

Forts de leur expérience de la collaboration et de leur réputation scientifique acquises grâce aux AC, les laboratoires précités (LPMPS, LISE et LASMOS) renforcés par le LARN et quatre laboratoires du département de chimie, furent reconnus comme Pôle d’Attraction (ou Centre d’Excellence) en charge de la coordination de la recherche collective. Le PAI impliquait, outre les FUNDP, plusieurs laboratoires de la KUL, RUCA, UIA, ULB et UG. Plusieurs centaines de personnes, professeurs, assistants et chercheurs, composaient ce vaste ensemble entièrement consacré à la recherche sur la physique des surfaces solides et interfaces entre solides.

La présidence en fut confiée au Prof. A. Lucas (LPMPS) qui, en 1985, s’était vu attribué le prestigieux Prix Francqui pour, justement, l’ensemble de ses travaux dans ce domaine. De nouveau, les nombreux succès scientifiques de cette vaste collaboration pendant la première période de cinq ans (1987-1991, Interface Sciences), devait assurer à ce PAI deux renouvellements successifs pour les périodes quinquennales (1992-1996, Interface Sciences and Mesoscopic Systems) et (1997-2001, Reduced-Dimensionality Systems). La qualité de la recherche du PAI sur les thèmes scientifiques les plus en pointe (supraconducteurs à haute température, fullerènes, nanotubes, micromagnétisme, céramiques,…), fut reconnue à plusieurs reprises par des audits réguliers organisés par le Ministère compétent et faisant appel à des referees étrangers de grande réputation. Ce projet PAI a continué pour une quatrième période de 5 ans (2002-2006, Quantum Size Effects in Nanostructured Materials), avec essentiellement les mêmes unités de recherche, sous la présidence du Prof. Y. Bruynseraede de la KUL.

Si les AC et les PAI rythmèrent dans une large mesure la vie scientifique des 25-30 dernières années au département, beaucoup d’autres projets furent mis sur pied par les UR qui contribuèrent également à la qualité et au dynamisme de la recherche en physique aux FUNDP : divers projets de la Région Wallonne, projets FIRST, projets Européens des 5 et 6èmes programmes cadre …, sans compter l’organisation de nombreux congrès scientifiques internationaux, écoles de doctorat, Advanced Study Institutes de l’OTAN, Chaire IBM d’Informatique, etc. En outre, les UR se sont engagées dans de multiples activités de recherches appliquées plus ponctuelles, en collaboration avec de nombreuses firmes industrielles locales ou internationales. Il n’est guère possible de passer tous ces projets en revue ici et force est de conseiller au lecteur intéressé de se référer aux rapports d’activité scientifique annuels des de la Faculté des Sciences.

 

Succession des directeurs du département de physique :

Père D. Lucas (1894-)
Père V. Merch (1930-1948)
Père Ch. Courtoy, Directeur du LSM (1948-1975)
G. Deconninck, Directeur du LARN (1968-1975)
A. Lucas, Directeur du LPMPS (1975-1978)
G. Demortier, co-Directeur du LARN(1978-1986)
R. Caudano co-Directeur du LISE (1986-1991)
J.M. Gilles, Directeur du LASMOS (1991-1995)
G. Blanquet, Directeur du LSM (1995-2001)
J. J. Pireaux, Directeur du LISE (2001-…)