La révolution numérique et le vivre ensemble de demain

Ce projet de colloque est basé sur le constat d’une crispation identitaire croissante conduisant progressivement à des replis communautaires sources du rejet de l’ "autre" et, par conséquent à la mise en question du vivre ensemble.

Perspective

Le vivre ensemble tel que le conçoivent  les organisateurs du colloque  correspond à la recherche de convergences vers une certaine unité dans le respect des diversités au sein de la société. Celles-ci sont  à la fois une richesse et un ferment pour le développement des solidarités indispensables pour réduire les fractures sociales.

On peut considérer que ces replis et les manifestations qui les accompagnent trouvent largement leur origine dans le basculement sociétal qui se profile, basculement lié à la nouvelle révolution numérique, à ses applications dans tous les domaines d’activité et à sa diffusion mondialisée.  S’il est d’autres facteurs qui menacent le vivre ensemble, tels que le dérèglement climatique et les périls écologiques ou  le terrorisme internationalisé, l’objet du colloque sera circonscrit aux transformations sociétales qu’engendre cette révolution numérique.
Si toutes les composantes de la Société contemporaine sont concernées par cette évolution, le REHNam a choisi d’interroger les universitaires sur l’impact potentiel de leur discipline sur le vivre ensemble de demain. Quelles clés de lecture peuvent-ils proposer pour rendre intelligible à nos contemporains la diversité des aspects du basculement sociétal, pour essayer de les comprendre? Ces interrogations se posent dans une perspective globale car toutes les disciplines sont impliquées si l’on prend en compte le cycle de vie complet des innovations technologiques : la création, la production industrielle, les applications et les multiples impacts?

Faute de pouvoir prendre en compte en une journée une telle approche globale, le choix  a porté sur cinq disciplines au cœur des débats actuels sur le vivre ensemble : l’ingénierie, l’analyse  économique et sociale, le religieux, la politique et la littérature et les arts.

Au programme

La révolution numérique et le vivre ensemble de demain
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Contenu

Révolution digitale : de quoi parle-t-on ?
Pierre Giorgini, recteur de l’Université de LilleGiorgini-4 bis.jpg

La conférence initiale vise à donner un panorama général des technologies au cœur de la révolution numérique (intelligence artificielle, big data, impression 3D, robotique,…), de leurs applications et de leurs impacts possibles sur le vivre ensemble.

Ancien DRH puis Directeur Groupe du développement des Compétences  chez France Telecom, créateur de l’ENIC (devenu Telecom Lille), ancien Directeur Général de l’ISEN, Pierre Giorgini est Président-Recteur de l’Université Catholique de Lille depuis 2012. Il porte un regard passionné sur l’innovation et plus largement sur les formidables évolutions qu’elle suscite ou accompagne dans nos entreprises et plus largement aussi dans notre société.

La révolution numérique et la croissance, l’emploi, les inégalités, la qualité de vie  Francois Bourguignon.JPG
François Bourguignon, professeur à l’Ecole d’économie de Paris

Dans une société mondialisée où la compétition effrénée dans  la course au numérique existe à tous les niveaux (régions, pays, continents), les perspectives de basculement sociétal  et des angoisses que celui-ci crée interpellent au premier plan la science économique.

François Bourguignon est chaire émérite à l'Ecole d'économie de Paris, école qu'il a dirigée de 2007 à  2013. Auparavant, il  a été l'économiste en chef et le premier vice‐président de la Banque Mondiale à Washington de 2003 à 2007. Le reste de sa carrière s'est déroulé à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales où il a été élu comme directeur d'étude en 1985. Ses travaux portent sur la distribution et la redistribution des revenus dans les pays développés et en développement. Il a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles de recherche dans les grandes revues scientifiques internationales.

La révolution numérique et ledit retour du religieuxJPS par Léah Schreiber.JPG
Jean-Philippe Schreiber, professeur à l’Université Libre de Bruxelles

Toute époque de basculement sociétal est génératrice d’angoisses quant à l’avenir, amplifiées de manière virale par les réseaux sociaux.

Y a-t-il un « Retour du religieux » et comment peut-on l’interpréter ? Quel est le rapport entre la révolution numérique et ce supposé retour du religieux ? Produit-elle de nouvelles manières de croire et de vivre sa foi ?

Jean-Philippe Schreiber est professeur ordinaire à l'Université libre de Bruxelles (ULB), où il a dirigé de 2003 à 2007 le Centre interdisciplinaire d’étude des religions et de la laïcité (CIERL). Il y enseigne notamment l’histoire des religions et des institutions. Il est également directeur de recherches au Fonds national de la recherche scientifique. Il a créé un portail Internet intitulé « Observatoire des Religions et de la Laïcité » (ORELA), site d'information et d'analyse sur l'actualité des religions

La révolution numérique et la démocratie
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Pierre Verjans, professeur à l’Université de Liège

Dans une société où le politique perd la main face aux inquiétudes, à la montée des antagonismes et à la spectacularisation de la société, quelles initiatives spécifiques pourra-t-il prendre dans ses domaines de compétence, comment gérera-t-il les attitudes culturelles et les évolutions des mentalités de la population ?

Né en 1956, Pierre Verjans présente en 1997 une thèse de doctorat en science politique. Nommé professeur en 2009, il a publié à la fois sur les systèmes politiques belges et sur leur insertion dans les systèmes internationaux de gouvernance.

Il est membre de REGIMEN. Il participe à l’Association internationale de science politique et à l’Association belge de science politique – communauté française dont il fut président de 2003 à 2006. Il participa au processus de reconstruction de l’Etat en République démocratique du Congo et est devenu professeur à l’Université du Graben à Butembo, dans le Nord Kivu en 2007. Il est également vice-président du Conseil Wallonie-Bruxelles de la Coopération internationale.

La révolution numérique et le mythe du posthumain dans le roman et le cinéma contemporain

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Vincent Engel, romancier, professeur à l’Université Catholique de Louvain et Amaury Dehoux, chercheur au centre de recherche Globalit de l’UCL

La littérature, le cinéma et, de façon générale, les arts véhiculent souvent une interrogation sur le futur par les récits et mythes qu’ils créent.

Dans cette conférence à deux voix, il s’agira dès lors de voir comment l’écrivain parvient à transposer dans la fiction son expérience du vivre ensemble contemporain et comment cette fiction – qu’elle soit romanesque ou cinématographique – offre au chercheur, au lecteur une façon de penser et de questionner le devenir numérique de ce vivre ensemble à travers le mythe du posthumain.


Amaury Dehoux est docteur en Littérature Comparée de l’Université catholique de Louvain. Il est actuellement chargé de cours invité dans cette même université. Il a réalisé une thèse de doctorat intitulée Le Roman posthumain ou la faillite de l’individu moderne. Étude comparée des figurations contemporaines de l’être technologique dans les littératures anglophone, francophone, hispanophone et japonaise (1980-2015). Il s’intéresse plus largement au roman contemporain et à l’étude des rapports entre littérature et globalisation. Outre des articles parus dans les revues Neohelicon et Poétique, il est aussi l’auteur d’une monographie intitulée L’Égarement comme signe d’une communauté. La Génération Perdue d’Aragon, Dos Passos, Fitzgerald et Hemingway (Peter Lang, 2013).

Table ronde
Dirigée par Philippe Busquin, ex-commissaire européen à la recherche
Intervenants :  François Bourguignon, Amaury Dehoux, Vincent Engel, Yves Pigneur, Jean-Philippe Schreiber, Pierre Verjans.

L’objectif est de dégager de possibles lignes de convergence/divergence par une analyse croisée des constats et propositions des différents conférenciers.

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Philippe Busquin  est diplômé de l’ULB en sciences physique et en philosophie.
Au cours de sa carrière politique en Belgique il a notamment assumé les responsabilités de député, ministre du Gouvernement fédéral et de la Région wallonne, sénateur, président du Parti Socialiste de 1992 à 1999, bourgmestre de Seneffe.
Il a été Commissaire européen à la recherche de 1999 à 2004 et élu au parlement européen de 2004 à 2009.
Il devient ministre d’Etat en 1992.
Il exerce la présidence  de l’Institut Géographique National depuis 2004 et celle de l’Institut des Radioéléments depuis 2007. Au cours de cette même année,  il devient membre de l’Office scientifique et technologique du Parlement européen.
Il est co-auteur du livre « Le déclin de l’empire scientifique européen » (2005)

Vincent Engel est un écrivain belge de langue française.Vincent Engel.jpg
Docteur en philosophie et lettres, il est  professeur de littérature contemporaine à l'Université catholique de Louvain (UCL) et d'histoire contemporaine à l'Institut des hautes études des communications sociales (Ihecs).
Participe, en 1994, au groupe G.D.R. interdisciplinaires "Éthique et esthétique en Psychanalyse".
Crée à l'UCL, en mai 1995,  le Centre d'études de la nouvelle.
Cofondateur à l’UCL, avec les professeurs C. Maeder et E. Durante, du centre de recherches  Globalit consacré  à l’étude de la globalisation dans ses interactions avec la littérature et, plus largement, avec l’industrie culturelle.
Il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques.
 Il a écrit de nombreux essais, romans, nouvelles ou pièces de théâtre.
Il est aussi critique littéraire et chroniqueur.
Son dernier roman « Le Miroir des illusions » est publié aux Escales (2016).

yvesUnilFace.jpgYves Pigneur est professeur de systèmes d’information à l’Université de Lausanne. Il a été professeur-invité à Georgia State University, University of Bristish Columbia, National University of Singapore et HEC Montréal. Il a un doctorat de l’Université de Namur. Il a été éditeur en chef de la revue “Systèmes d’information et Management” et vice-doyen de HEC Lausanne.

Avec Alex Osterwlader, ils sont les inventeurs du "Business Model Canvas" et co-auteurs du bestseller “Business Model Generation”, traduit en une quarantaine de langues. En 2015, ils ont publié un second ouvrage “Value Proposition Design”. Ils viennent aussi de recevoir le "Strategy Award" de Thinkers50 et sont rentrés dans le classement bisannuel des “50 Most Influential Business Thinkers”.

Comité scientifique

  • Françoise Pissart (Directrice Fondation Roi Baudouin)
  • Nicolas d’Allessandro (Professeur Université de Mons)
  • Henry Bogaert (Commissaire honoraire Bureau fédéral du Plan Belgique)
  • Philippe Defeyt (Administrateur Institut pour un développement durable)
  • Vincent Englebert ( Doyen de la Faculté d’informatique UNamur)
  • Dominique Lambert (Professeur UNamur, membre de l’Académie Royale de Belgique)
  • Philippe Maystadt (Président de l’ARES, ancien président  Banque Européenne d’Investissement)
  • Pierre Manneback (Professeur Université  de Mons)
  • Jean-Philippe Platteau (Professeur honoraire UNamur, professeur  Université d'Oxford)
  • Yves Pigneur (Professeur  Université de Lausanne)
  • Yves Poullet (Recteur Université de Namur, membre de l’Académie Royale de Belgique)
  • Jean Vanderdonckt ( Professeur Université Catholique de Louvain)

Pour vous inscrire

Ce colloque est ouvert à tous.

Inscription

  • 30 € (buffet et cocktail compris)
  • 25 € pour le buffet sans cocktail
  • 10 € sans buffet ni cocktail
  • 5 € pour moins de 25 ans, sans buffet ni cocktail

Ces frais sont à verser sur le compte BE10 2500 0740 2704  de L’Université de Namur, avec la mention « CPO 4945850 REHNam,  Colloque Révolution numérique, NOM et prénom ».

Organisation

Ce colloque "La révolution numérique et le vivre ensemble de demain" est organisé par le REHNam sous le patronage de la Faculté d’informatique de l’UNamur.

Comité organisateur

  • Anne-Marie Bogaert-Damin
  • Marie Gevers
  • Monique Noirhomme
  • Suzanne Thiry
  • François Bodart
  • Radu Cotet
  • Pierre Devos
  • Jean Donnay
  • Vincent Englebert ( Doyen de la Faculté d’informatique UNamur)
  • Joseph Fripiat
  • Pierre Manneback (Professeur Université  de Mons)
  • Manfred Peters
  • Jean Vanderdonckt ( Professeur Université Catholique de Louvain)

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