Microdev - la coopération chez les bactéries : mécanisme de survie

Burkholderia, Escherichia-c, Candida albicans, Staphylocoque et Brucella. Voici les noms des organismes étudiés depuis 5 ans par les chercheurs du projet « Microdev ». Leur but ?  Améliorer la compréhension de ces pathogènes afin de mieux les combattre.

Financée par Belspo, cette recherche réunit l’Unité de Recherche en Biologie des Microorganismes (URBM) de l’UNamur et les laboratoires de la KU Leuven, de l’Université Libre de Bruxelles, de l’Universitaire Catholique de Louvain et de l’Université de Ghent, coordinateur du projet.

« Chez la bactérie Brucella, bien qu’elle ne forme pas de biofilms, notre unité avait découvert que des mécanismes de quorum sensing étaient tout de même impliqués dans la virulence de cette bactérie » ajoute-t-il.
En étudiant le développement du pathogène dans chaque cellule hôte individuellement, son équipe a découvert que Brucella contrôle son cycle cellulaire pendant l’infection :
« Elle décide seule quand elle doit croître ou non, quand elle doit copier ses chromosomes, etc. Mais utilise aussi des « outils de décisions de groupe » afin d’accroitre sa contagion dans l’organisme » précise Xavier De Bolle.

Avoir une longueur d’avance sur les bactéries

Il est urgent aujourd’hui de cerner les moyens employés par les bactéries pour contourner les défenses de l’hôte. Car certains pathogènes posent actuellement de réels problèmes de santé publique.  

« Les communautés de bactéries présentent dans les hôpitaux sont ainsi très problématiques. Certaines peuvent se rassembler sur les cathéters et infecter des patients, ralentissant voire compromettant leur rétablissement, déplore le Pr. De Bolle. Et certaines deviennent au fil du temps très résistantes aux antibiotiques ».

Présentes sur Terre depuis 3 milliards et demi d’années, les bactéries ont en effet appris à s’adapter à n’importe quel environnement. Que ce soit dans la nature mais aussi dans notre organisme. Aussi, dès qu’une solution est trouvée pour les neutraliser, leur nombre leur permet souvent de mettre en place des méthodes de contournement.

« Des projets comme Microdev permettent de mieux appréhender ces pathogènes pour, à terme, avoir une longueur d’avance au lieu de renvoyer leurs attaques coup pour coup » conclut le chercheur.

Une étude qui doit se poursuivre à travers un nouveau projet de recherche rassemblant cette fois-ci les scientifiques de l’UNamur à ceux de l’ULB, de la KU Leuven et de la VUB.

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