Projet NIMBY (ARC-FSR)

Etude du phénomène NIMBY en perspective comparée (Wallonie-Québec). Approches historique et anthropologique de la réappropriation de l'environnement (18e-21e siècle)

L'équipe

Action de recherche concertée (ARC) et Fonds spécial de recherche (FSR)

Une collaboration du Laboratoire d'anthropologie prospective de l'UCL (LAAP) et du Pôle de l'histoire environnementale de l'UNamur (PolleN)

Logo pollen         logo-laap

Les promoteurs :

Les chercheurs :

L'équipe élargie :

Le projet

Thématique

Le phénomène ou syndrome NIMBY (Not In My BackYard) désigne les discours et les pratiques d’opposition de populations riveraines à l’implantation – existante ou projetée – d’installations nouvelles (entreprises, voies de communication, lieux d’hébergement de populations spécifiques…). Ce phénomène, appelé aussi « NIMBYsme », connaît un mouvement croissant en Europe et en Amérique du Nord. Complexe, il met aux prises différents acteurs (promoteurs, riverains, autorités, experts, médias) et possède une connotation négative (égoïsmes individuels ou de communautés locales), mais aussi positive (conscience citoyenne, préservation de l’environnement et de la qualité de la vie).

Souvent présenté comme un phénomène né dans les années 60-70, NIMBY a une genèse mal connue, faute de travaux historiques sur la question. En Belgique, il plonge ses racines dans le 18e siècle, lorsque de premières consultations de voisinage sont explicitement prévues par la loi lors de l’installation d’usines, voire avant cela (oppositions spontanées à certains projets industriels en milieu urbain). En Amérique du Nord, on le voit émerger au même moment, particulièrement avec la montée en puissance des entreprises minières. Au fil des siècles, le phénomène prend de multiples formes d’expression, parfois très violentes (actions judiciaires, atteintes aux installations, etc.), et concerne des projets de nature très variée : industries, stations d’épuration, centres d’incinération de déchets, voies de communication, mais aussi structures sociales telles que des centres de demandeurs d’asile, centres d’aide aux toxicomanes, prisons, salles de concert, lieux de culte, établissements scolaires… Les oppositions se manifestent surtout lorsque les infrastructures sont porteuses de mixité sociale et de nuisances environnementales.

Le projet envisage, à la fois sur la longue durée et pour une meilleure compréhension de la société actuelle, les phénomènes d’opposition de riverains à de nouvelles implantations et la manière dont ces mêmes riverains peuvent, suite à ces implantations, se réapproprier (ou non) leur environnement ainsi modifié. Sont visés par l’étude des secteurs historiquement importants à la fois en Wallonie et au Québec, à savoir l’industrie extractive, l’industrie métallurgique et les installations hydrauliques. Ces secteurs permettent non seulement d’adopter une approche comparative entre les deux régions étudiées, mais aussi d’envisager la problématique sur le long terme (du 18e au 21e siècle).

Les enjeux de l’étude des oppositions de riverains sont particulièrement riches et concernent de multiples facettes des transformations de notre société. Se trouvent ainsi en thématiques sous-jacentes les questions de confrontations entre intérêt général et intérêts particuliers, la problématique du local (la question foncière mais également d’autres aspects locaux de la vie sociale tels que la construction des identités collectives, le rejet de l’altérité, la protection de la vie privée…), les rapports entre les groupes humains et leur voisinage, en ce compris leur environnement, et les relations de ces groupes avec la chose publique, leur représentation de la technologie ou du politique…

Dimension collaborative et internationale

Le projet NIMBY s'inscrit dans une perspective comparative régionale, nationale et internationale et bénéficie des échanges scientifiques menés au sein de plusieurs réseaux et partenariats, en particulier :

Les terrains

article presse NimbyLes recherches anthropologiques qui nourrissent ce projet se caractérisent par une utilisation croisée et complémentaire de sources de diverses natures et de diverses méthodes d’investigation. L’observation participante, la récolte et l’analyse de sources orales (récits de vie, entretiens compréhensifs) et de sources écrites (presse, documents officiels, archives) constituent l’ancrage méthodologique de la dimension anthropologique du projet.

Celle-ci focalise son attention sur les questions que soulève la terminologie « conflit environnemental » : appropriation et usage de l’environnement, mobilisation citoyenne, résistance aux modifications du paysage, vie politique des questions environnementales.

L’équipe d’anthropologues dispose d'une expérience de terrain en Belgique, au Québec, au Guatémala, au Pérou et en Colombie.

Du point de vue historique, les terrains archivistiques explorés sont surtout les enquêtes de commodo et incommodo (fin 18e s.-début 20e s.) des provinces de Hainaut, de Namur et de Liège, la presse locale et régionale (19e-20e s., pays de Charleroi), les rapport des autorités communales (18e-20e s., Namur, Charleroi...), provinciales et centrales.

 

 

 

 Les activités

Séminaire international de lancementSéminaire Nimby

Un séminaire international de lancement a été organisé à l'UCL le 10 mai 2011, sur la base du projet et de ses premiers développements.

Après présentation du projet, trois répondants ont nourri le débat : Stéphane Castonguay (UQTR, Québec) - Histoire ; Danny Trom (EHESS, Paris) – Politologie et sociologie ; Serge Schmitz (ULG, Belgique) - Géographie.

Plusieurs discutants et spécialistes de l'histoire industrielle, de la sociologie des organisations et de l'anthropologie ont également apporté leur contribution à la discussion : Michel Letté (CNAM, Paris), Philippe Scieur (FUCAM-UCL), Françoise Bartiaux (UCL), Arnaud Péters (ULg, CHST), Charlotte Bréda (UCL, LAAP).

Séminaires mensuels

Chaque mois, l'équipe (restreinte ou élargie) se retrouve à l'UNamur ou à l'UCL pour:Conférence Lionel Simon

  • des échanges sur l'avancement du projet ;
  • des conférences :
    • Carole PAYEN (UNamur) : Nimby et sources historiques (FUNDP, 14 février 2011).
    • Olivier SERVAIS (UCL) : Energie, réappropriation locale de l'environnement et échelle inverse de permissivité (UCL, 12 octobre 2011). Recherche menée avec F. Bartiaux et N. Frognieux.
    • Lionel SIMON (UCL) : La mobilisation, ses enjeux, ses acteurs. Tentatives de modélisation à partir du cas sérésien (UNamur, 12 décembre 2011).

Colloques

Organisation

  • Deuxièmes Rencontres d'Histoire de l'environnement en Belgique, fin novembre-début décembre 2012 (UNamur).

Participations

  • Nuisances industrielles et impacts environnementaux. Quelles histoires pour quels usages ?, Journées d'étude à la Maison de l'industrie et de la métallurgie de Liège, 7-8 mars 2011, coorganisé par le CDHTE-CNAM Paris, le CHST ULg Liège et le PolleN UNamur.
      • Isabelle Parmentier (UNamur), Carole Payen (UNamur) et Olivier Servais (UCL) : La presse et le phénomène NIMBY. Acteur ou révélateur ? Première approche historiographique et qualitative.
      • Julien Maréchal (UNamur) : L’apport des systèmes d’information géographique pour l’étude historique du risque industriel à l’échelle de deux provinces.
  • Terres (dés)humanisées : ressources et climat, Chaire Singleton, 10-11-12 mai 2011, organisée par l'UCL (LAAP). Programme complet ici.
      • Olivier Servais (UCL) : Murdochville, ville minière ou ville de résistance ? Une étude ethnographique et historique d'un cas canadien de NIMBY.
      • Mélanie Chaplier (UCL) : Changes in the Land after the « Paix des Braves »: Does a new Relationship with Quebec means a new Relationship with the Land for the James Bay Cree ?
  • Quelles approches transversales pour intégrer le Développement durable dans la recherche ?, HERA Poster Session, organisée par la Fondation pour les Générations futures, 8 décembre 2011. Programme complet ici.
      • Carole Ledent (UNamur), Julien Maréchal (UNamur), Isabelle Parmentier (UNamur), Carole Payen (UNamur) : S'interroger sur la genèse du Développement durable. Histoire industrielle et émergence des préoccupations "DD".
  • Congrès de Liège, 23-26 août 2012 : Neuvième congrèsde l'Association des Cercles francophones d'Histoire et d'Archéologie de Belgique/LVIe congrèsde la Fédération des Cercles d'Archéologie et d'Histoire de Belgique.

    Publications

    HERMESSE J., « Réflexions éthiques de l’implication d’une anthropologue explorant les potentiels d’une catastrophe climatique  pour la recherche anthropologique », in Hermesse J., Singleton M. and A.-M. Vuillemenot, Anthropologie prospective : implications et explorations éthiques, Academia-Bruylant, Louvain-la-Neuve, 2012 (in press).

    HERMESSE J., « Paso de la tempestad tropical Stan en el Altiplano de Guatemala: de la naturaleza como producto social a la naturaleza como sujeto de una relación social »,Nueva antropología. Revista de Ciencias sociales, 2012, n°76 (in press).

    HERMESSE J., « Analysis of Cosmology, Praxis and Historical Inequalities in the Construction of Socionatural Disaster in the Mam Guatemalan Altiplano », Projections - MIT Journal of Planning, 2008, n°8: 86-99.

    MARÉCHAL J. et PAYEN C., "Étudier l’histoire de l’industrie sous l’angle environnemental : gestion du risque et phénomène NIMBY", dans Bulletin de l'Association d'histoire contemporaine, XXXIV-1, 2012.

    PAYEN C., Presse et environnement dans une région industrielle : les préoccupations environnementales dans La Gazette de Charleroi (1891-1951) (en préparation)

    CORNET A., PARMENTIER I., PAYEN C., SERVAIS O., SIMON L., Le phénomène NIMBY dans une perspective historique (en préparation)

    PARMENTIER I., The NIMBY Phenomenon on Both Sides of the Atlantic Ocean: United States and Belgium, 18th-21st century (en préparation).