Sciences politiques

 

Une tradition fortement ancrée dans l’Institution est qu’un équilibre satisfaisant doit être trouvé entre les tâches d’enseignement, de recherche et de service à la communauté. Notre département s’efforce de poursuivre cet objectif, en veillant à ce que ses membres puissent consacrer une part significative de leurs activités à des tâches de recherche.

L’Université de Namur ne dispensant d’enseignement en Sciences politiques et sociales que dans le cycle fondamental, les thèmes de recherche sont portés par des équipes de taille variable, en fonction du poids pédagogique dans les programmes de premiers cycles et des domaines dont ils relèvent. Ainsi, les enseignants-chercheurs de la filière des Sciences politiques et sociales travaillent-ils essentiellement autour des axes disciplinaires suivants : la sociologie politique, l’analyse des politiques publiques, les relations internationales et les études européennes. L’épistémologie des sciences sociales irrigue ces  thèmes de travail.

  • Analyse des politiques publiques

Il s’agit de comprendre l’évolution actuelle des politiques publiques à travers l’analyse de différents courants théoriques contemporains (approche néo-institutionnaliste) ainsi que de saisir le double mouvement d’individualisation des droits et de subjectivation des politiques publiques. Cet axe repose essentiellement sur l’analyse des politiques publiques en matière de gestion des fins de carrière en lien avec l’évolution des conditions de travail.

  • Relations internationales et études européennes

Ces travaux, dont le centre de gravité est la problématique sécuritaire, mettent en exergue trois lignes de recherche qui sont développées en parallèle et souvent de manière entremêlée: primo, la culture stratégique des ensembles militaires dominants (grandes puissances et organisations régionales);secundo, la transformation sociale des problèmes publics en enjeux de sécurité (sécuritisation); tertio, enfin, l’instrumentation et la gestion des frontières externes de l’Union européenne, en particulier à travers l’affirmation de la compétence communautaire. Ces trois thèmes sont en outre articulés à l’aide de l’approche constructiviste qui saisit l’objet matériel – la sécurité – en termes culturel, discursif et instrumental. Plus concrètement, le défi que ce champ de recherche tente de relever consiste à déterminer comment combiner au mieux le constructivisme et l’analyse des questions stratégiques et de sécurité, sous leurs aspects cognitifs et matériels, à travers notamment le concept de « nouvelle essence de la puissance ».

  • Sociologie politique

Spécialisé en histoire politique de Belgique, Paul Wynants consacre la majeure partie de ses travaux à l’évolution du système des partis, aux transformations du «pilier » catholique et de son canal électoral (le PSC, devenu CDH) et à l’évolution institutionnelle du pays, jusqu’à nos jours.

Denise Van Dam a mené des recherches sur les mouvements flamands et wallons, dont elle étudié plus particulièrement les dimensions culturelles et identitaires. Depuis plusieurs années, ses recherches se sont réorientées vers le domaine du développement durable, et plus particulièrement l’agriculture biologique qu’elle interroge à partir de la littérature sur les mouvements sociaux. Etant psychologue et sociologue, elle propose une approche qui se nourrit de ces deux disciplines.

Les travaux de Natalie Rigaux se consacrent à un aspect essentiel, mais négligé des sciences sociales, en l’espèce la sociologie éthique et politique. En explorant le rapport entre vieillesse et dépendance, ses recherches portent par exemple sur la répartition de la responsabilité de l’aide requise par les personnes âgées dépendantes, et sur le sens que cette aide peut prendre pour les pourvoyeurs de soins. L’éthique du « care » sert de point d’appui à ses travaux.

  • Epistémologie et méthodes des sciences sociales

La particularité de cet axe de recherche est sa remarquable transversalité. En effet, les chercheurs du département peuvent éprouver et comparer – au-delà de la diversité des champs empiriques sur lesquels leurs efforts se concentrent – leurs postulats méthodologiques et leurs modes opératoires. Actuellement, Thierry Braspenning Balzacq prépare, en collaboration avec Frédéric Ramel de Paris XI, un ouvrage intitulé "Traité des relations internationales. Ces travaux intègrent, tout en la dépassant, la vision de l’épistémologie comme philosophie des sciences sociales. Ils complètent, dès lors, cette approche exclusive par une réflexion serrée sur la particularité, voire la singularité, de la transmission des connaissances en Sciences politiques. 

Les recherches menées au sein du département de Sciences politiques, sociales et de la communication profitent immédiatement aux étudiants, lesquels sont d’ailleurs souvent sollicités à l’occasion de séminaires ou de visites d’experts. Ainsi, le cours de « Questions de  sociologie politique » EPOL-B212 de seconde année est essentiellement consacré  à l’étude des mouvements sociaux. Les étudiants sont  amenés à réaliser, en sous-groupe, une recherche empirique sur un mouvement social de leur choix. La démarche pédagogique comprend, en outre, trois séances de témoignage d’acteurs sociaux sur le terrain, dont deux dans le domaine du développement durable, objet de recherche de Denise Van Dam.

Le cours EPOL-B362 « Relations internationales » est, lui aussi, nourri par les recherches conduites par les différents titulaires. Par exemple, Bruno Colson, spécialiste des questions militaires et stratégiques, a créé, à la demande la faculté d’histoire, un cours-séminaire LHIS-B319 «  Guerre et stratégie à l’époque contemporaine » auquel participent les étudiants de Sciences politiques intéressés. Ce cours vient compléter très utilement l’enseignement EPOL-B361 « Histoire des relations internationales » dont il a la charge. De son côté, dans le cours-séminaire EPOL-B364 « Questions de politique belge », Paul Wynants associe les étudiants à ses travaux en cours, sur lesquels des publications sont sous presse et d’autres en préparation. Ainsi, en 2009-2010, six groupes d’étudiants ont travaillé chacun, sous la conduite de l’enseignant et des assistants, sur un des aspects d’une thématique d’actualité : « Le CDH bruxellois et le communautarisme » (deux articles sous presse dans La Revue Nouvelle, avant une étude plus fouillée à paraître probablement dans Le Courrier hebdomadaire du CRISP).