Martine Ernst

Liégeoise d’origine, Martine Ernst choisit les FUNDP pour étudier les romanes. Elle garde le souvenir de professeurs qui montraient beaucoup d’humanité à l’égard de leurs étudiants. Après les romanes, Martine Ernst enseigne dans le secondaire et se lance dans des études de communication... rapidement écourtées pour entrer à la RTBF. Elle réalise aujourd’hui des reportage pour deux émissions de la Une.
Martine ErnstEntre les romanes et le journalisme « télé », il y a un pas...

J’aurais en fait souhaité faire des études de journalisme, mais mes parents, craignant un manque de débouchés, m’ont incitée à commencer par les études de romanes. A la fin de mes études, j’ai rencontré mon mari... Il a bien fallut travailler ! J’ai d’abord été pion dans une école secondaire à Liège, puis je suis entrée à l’Institut technique et professionnel de Malmedy comme professeur de français, d’histoire et de sciences humaines à temps partiel. J’en ai profité pour reprendre des études de communication à l’Université de Liège. C’est dans ce cadre que j’ai commencé un stage à la RTBF Liège. Quand la RTBF m’a proposé un contrat de 15 jours au Centre de production de Liège, j’ai dit oui ! J’ai fait mes premières armes en radio, en apprenant le métier « sur le tas ». Je suis passée en TV dès que j’ai pu, c’est l’image qui m’intéressait.


Qu’est-ce qui vous pousse à choisir les études de romanes à 18 ans ?

J’aimais la lecture et l’écriture. J’ai beaucoup aimé cette formation, l’ouverture aux auteurs, à l’histoire, à la philosophie...

Vous pensiez enseigner ?

Lorsque je me suis inscrite en romanes, je me suis dit « Voilà, Martine, tu seras prof ! » J’ai enseigné 5 ans, j’en ai retiré beaucoup de joie et de bonheur, même si je ne me voyais pas répondre à l’appel de la cloche toute ma vie ! J’avais envie de rencontrer des univers différents, aller à la recherche de l’humain. Etant timide et réservée, le travail de journaliste était un prétexte pour aller vers les autres.

Vous avez traité plusieurs dossiers judiciaires pour la RTBF...

André Cools s’est fait assassiner en 91, nous étions 4 à être chargées par le rédacteur en chef de suivre l’affaire. J’ai ainsi été amenée à couvrir des affaires judiciaires et cela me plaisait. J’apprécie le côté humain, le côté enquête, la recherche de l’énigme... J’ai d’ailleurs fait mon mémoire sur le roman policier ! J’ai également couvert le procès Dutroux pour la RTBF.

Et aujourd’hui ?

Après le procès Dutroux, j’ai demandé de ne plus travailler pour le JT. Avec un mari travaillant à l’étranger et deux enfants, il devenait ingérable d’assurer les gardes, de couvrir des urgences à 20 heures, etc. Je travaille maintenant pour l’émission « Au quotidien » et pour le magazine « Questions à la une ». Les journalistes proposent leurs idées de reportage, un sujet prenant plus ou moins deux jours de travail. Cela me permet d’assurer une présence au niveau familial et de trouver un épanouissement professionnel.

Le journaliste peut-il ou doit-il être critique dans la présentation des informations ?

La déontologie de la RTBF requiert l’impartialité, l’objectivité, l’honnêteté, l’équilibre des points de vue, le recoupement des sources. Cependant, le journaliste ne travaille pas nécessairement de la même manière pour le JT ou pour un magazine. Dans « Questions à la une » par exemple, on observe une évolution vers la présentation d’une information dérangeante, qui suscite le débat, soulève des polémiques... On quitte le terrain de l’objectivité pure et dure pour faire réagir les gens.

Le métier de journaliste est assez « tendance » chez les jeunes, mais les places sont chères : que leur conseiller pour y arriver ?

Il n’est pas nécessaire d’avoir en poche une licence en communication pour être journaliste. Le droit, les sciences politiques, les romanes, etc. peuvent y conduire. Ils doivent écouter leur cœur et choisir leurs études en conséquence. Comme jeune journaliste, ils feront un peu de tout mais, au fil du temps, ils pourront s’orienter dans une fonction plus précise et traiter des dossiers dans leur domaine de spécialisation parce qu’ils y apporteront une valeur ajoutée.

Une association des anciens romanistes de Namur est en cours de constitution : cela manquait dans votre vie ?

(Rires) Je n’ai vraiment pas le temps ! Cela m’intéresserait d’avoir des nouvelles mais participer à des rencontres... Je n’y arrive déjà pas avec mon entourage tout proche ! Le jour où je passe à mi-temps...